| | | | | | | | robertbibeau | | Militant de valeur | | 280 messages postés |
| Posté le 09-05-2013 à 01:20:48
| robertbibeau@hotmail.com La crise générale du système capitaliste Les ouvriers et les employés, du moins ceux qui ont la possibilité de travailler malgré le chômage qui assaille léconomie, font face à un problème gravissime leurs régimes de retraite sont menacés dinsolvabilité. Cest le cas aux États-Unis, au Canada et au Québec. Les régimes de retraite quon ne retrouve habituellement que dans les pays développés dOccident sont des concessions que les capitalistes monopolistes ont accordées aux ouvriers et aux employés afin de les apaisés après les grands soulèvements des années 1968-1972. Ce sont des chaînes dorées pendues au cou des salariés afin de les maintenir en servage dans les usines et pour leur faire oublier leurs conditions de métayers exploités de qui on soutire la plus-value et les profits. Limmense exploitation, par les monopoles impérialistes transnationaux, de tous les peuples néo-colonisés dAfrique et dAsie a permis aux riches daccorder cette concession aux ouvriers des pays avancés. Mais depuis des années la conjoncture sest dégradée. Depuis le début du millénaire les affaires des milliardaires tournent à lenvers. La crise économique de 2008 a marqué la fin dun cycle et louverture dun nouveau cycle dans le développement impérialiste. Ce nest pas la crise de 2008, pas plus que la prochaine, qui a entraîné la débâcle économique. Ces crises à la chaîne sont la conséquence de la crise générale du système de production qui ne parvient plus à se reproduire. La crise financière, boursière et monétaire qui saccélère est lexpression ostentatoire de cette débandade du mode de production et la preuve indiscutable du déplacement du centre de gravité du système impérialiste mondial de New-York vers Shanghai, la nouvelle Mecque de limpérialisme international. La crise des régimes de retraite nest quune conséquence ultime de la crise générale du système déconomie politique décadent. La solution des milliardaires par la voix de leurs «experts» universitaires et des petits hommes daffaires est la même que pour toute autre affaire faire payer les ouvriers pour la dégringolade des régimes de pensions accompagnant la déroute du système impérialiste en banqueroute. Létat des lieux Au Québec le système de pension pour les aînés est structuré en trois étages. Au premier étage, se trouve le régime de la Sécurité de la vieillesse. Il sagit dune prestation mensuelle offerte à la plupart des citoyens canadiens mise en place par le gouvernement fédéral à même les impôts soutirés aux ouvriers, et comprenant la Pension de la sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, et lAllocation au conjoint. En vertu de ce régime plus dun million trois cent mille québécois et québécoises reçoivent chacun un montant annuel de 6 553 $ imposable. Eh oui imposable, pas question de planquer cette « fortune » dans un paradis fiscal. Le deuxième étage est constitué dun régime à cotisation variable pour tous les travailleurs le Régime des rentes du Québec sous gestion du gouvernement québécois, administré fiduciairement par la Caisse de Dépôt. Au 31 décembre 2011, le Régime des rentes du Québec comptait quatre millions de cotisants et 1,5 million de bénéficiaires dune rente de retraite. À 65 ans, la rente maximale peut aller jusquà 12 150 $ par année imposable. Encore une fois pas de fraude fiscale vers les Iles Caïmans avec cette «fortune» économisée par les salariés (1). Le troisième étage regroupe les initiatives engagées par les employés en vue de financer leur retraite, soit les régimes complémentaires établis par des travailleurs du secteur public ou du secteur privé auxquels sajoutent pour le tiers (33%) dentre eux des économies personnelles telles que les régimes enregistrés dépargne-retraite (REER) (2). La crise des régimes de retraite Depuis le tournant du siècle, rien ne va plus pour ces régimes de retraite, principalement ceux à prestations déterminées (3). Alors que dans les années 1990 ces régimes accumulaient des surplus, laccentuation de la crise économique a complètement changé la donne. Alors que les employeurs sattribuaient fréquemment des congés de cotisations en raison des forts rendements boursiers, depuis lapprofondissement de la crise ces régimes se sont mis à accumuler des déficits. Aujourdhui, on observe que : un tiers des Canadiens nont aucune épargne-retraite personnelle et ils sont encore plus nombreux au Québec ; à la fin de 2011, 93 % des régimes de retraite à prestations déterminées étaient sous-capitalisés, selon le Bureau du surintendant des institutions financières du Canada ; ces problèmes touchent surtout le secteur privé, mais aussi le secteur public, principalement les municipalités (le quart du déficit global). « Face à cette situation, bien des régimes canadiens ont été modifiés pour transférer le risque des employeurs sur le dos des salariés. Ainsi, le nombre de salariés bénéficiant de régimes à prestations déterminées (dont le risque est assumé par lemployeur à même la plus-value arrachée aux ouvriers, NDLR) diminue tandis que le nombre de ceux qui participent à des régimes à cotisations déterminées (dont le risque est assumé par le salarié à même son salaire, NDLR) explose. Au Québec le nombre dadhérents à des régimes à cotisations déterminées a plus que doublé (hausse de 135 %) entre 1992 et 2011, tandis que le nombre dadhérents à des régimes à prestations déterminées diminuait légèrement (de 5 %) » (4). Le Québec compte quatre millions de salariés, dont 1,9 million (47%) qui ne participent à aucun régime de retraite collectif ni même à aucun régime personnel (5). Dautre part, 1,4 million de travailleurs participent à lun ou lautre des 750 régimes complémentaires de pension, soit 513 000 salariés dans le secteur privé et 866 000 employés dans le secteur public. Au moins soixante-dix pourcent (70%) de ces régimes de pension sont dans limpasse financière sévère et leur dette cumulée totalise 41 milliards de dollars. Voilà lhéritage des congés de cotisation que les patrons se sont accordés dautorités (!) Devant cette faillite appréhendée la solution des riches est connue il faut hausser les «taxes» de retraite, presser davantage le citron de louvrier consommateur-contribuable-taxable à merci. Mais pas facile de hausser les cotisations de ceux qui sont toujours mis à contribution par limpôt, les taxes, les cotisations, les frais des services et des transports publics, les « tickets modérateurs », les taxes municipales, les cotisations syndicales, etc. Surtout, que rien ne garantit que ces augmentations de cotisations sauveront leurs régimes de pension en perdition. Un comité d« experts » Un comité dexperts sur lavenir du système de retraite québécois a donc été mis sur pied comme chaque fois quun gouvernement souhaite préparer lopinion publique à pressurer louvrier et à « produire du consentement » chez les gens. Le Comité présidé par M. Alban DAmours a déposé son rapport le 22 avril 2013. Ces «experts» ont identifié quatre causes pour expliquer linsolvabilité des régimes : 1) « Les travailleurs vivent trop vieux, sils mouraient plus nombreux ça irait mieux ». Ridicule, comme vous limaginez. Les actuaires et les démographes qui dans les années quatre-vingt ont calculé les primes à payer et les indemnités à recevoir ont parfaitement apprécié cette hausse de longévité. Tout comme ils ont prévu que dans les sociétés occidentales avancées nous avons aujourdhui atteint un palier de longévité quil sera difficile de dépasser pour au moins quelques années. 2) « Les ouvriers et les employés néconomisent pas suffisamment ». Comment thésauriser quand le salaire gagné suffit à peine à assurer la reproduction de la force de travail et les commodités de la famille ; que lemploi est sans cesse menacé par le chômage généralisé ; et que le salaire est comprimé par la concurrence des chercheurs demplois harcelés par les nervis dEmploi Canada qui coupent dans les prestations dassurance chômage ? 3) « Les employés ne paient pas assez et ils sont trop gourmands quand vient le temps dencaisser la pension quils se sont payés avec prestations déterminées ». Les hommes daffaires-commissaires suggèrent que les employés devraient renoncer aux avantages acquis avec largent quils ont épargné. Pourtant, une enquête fédérale révèle que 22 % des foyers canadiens vivent sous le seuil de pauvreté dont nombre de familles de personnes âgées-retraitées. Pour le gouvernement canadien, est pauvre tout individu disposant de moins de 18 421 $ par année. Cette somme pourrait sembler énorme aux ouvriers du tiers-monde mais le coût de la vie étant ce quil est au Canada ce montant suffit à peine à survivre misérablement (6). 4) « La durée de la vie active en nombre dannées de travail-cotisant au régime de retraite diminue constamment » rajoute Maître Alban. En effet, le chômage frappe si durement que lemployé cotise moins dannées. Par contre, nombre de travailleurs retardent leur prise de retraite au-delà de lâge autorisé (65 ans) et nombreux sont ceux qui retournent travailler après avoir pris leur retraite car la pension reçue ne suffit plus pour survivre. De fait, les régimes de pension des travailleurs, sont strictement des fonds dépargne collectifs, auxquels seuls louvrier contribue, même quand les cotisations transitent par la plus-value, expropriée par lemployeur, puis rétrocédée et déposée dans ces «bas de laine pour thésauriser» comme les appelaient les anciens canadiens. Les fonds de pension sont victimes de la crise économique du système capitaliste. Ces immenses fonds de capitaux, gérés par les capitalistes financiers qui se payent une commission au passage, sont par eux dilapidés à spéculer sur le marché boursier en déroute et à renflouer leurs entreprises en banqueroute. Rien de ce quils pourront imaginer pour sauver leur système ne fonctionnera. Ce nest quune question de temps avant quil seffondre inexorablement emportant dans lhorreur les épargnes des travailleurs. Les vrais raisons de linsolvabilité des régimes de pension 1. Au Canada la crise a détruit au moins 677 000 emplois depuis 2008, autant de cotisants en moins dans les régimes de retraite collectifs. 2. De plus, toute proportion gardée, les salaires réels sont pour ainsi dire gelés depuis des années. Comme les cotisations sont calculées en pourcentage du salaire gagné, si le salaire naugmente pas les cotisations naugmentent pas. 3. La crise des « subprimes » et des «produits boursiers-dérivés frauduleux» de 2008 a fait disparaître des milliers de milliards de dollars dépargne que les institutions de gestion des fonds de pension Caisse de Dépôt et de placement du Québec, Fonds de Solidarité FTQ et CSN notamment avaient engagées dans ces paris risqués de la loterie boursière frauduleuse. 4. Enfin, la crise économique a fait seffondrer les rendements des placements et a mené à la faillite de nombreuses entreprises qui ont emporté les fonds de pension des ouvriers dans leur délocalisation, en fuite vers lAsie-Pacifique (7). 5. De plus, à cause des immenses dettes souveraines qui grèvent la plupart des États capitalistes, les taux demprunt courant sont maintenant très bas, ce qui entraîne que les rendements sur les placements financiers sont diminués. Pour le moment le capital industriel rapporte, du moins pour un certain nombre de monopoles très concurrentiels comme Samsung qui vient de déclarer 4,9 milliards deuros de bénéfices pour le premier trimestre de 2013, alors que le capital financier spéculatif donne des rendements très décevants (8). Un exemple parmi dautres de la fraude des pirates des fonds de pension, le monopole américain Singer, installé à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 1906, a décidé de délocaliser son usine vers lAsie. Il a fermé ses portes par étapes entre 1964 et 1986 emportant avec lui le régime de retraite des salariés. Les travailleurs ont aussitôt entrepris de longues procédures judiciaires pour récupérer leurs dollars économisés et spoliés. Sensuivit une enfilade de procès quils ont gagné si bien quaprès vingt ans de procédures les quelques vieux ouvriers toujours vivants ont reçu une petite indemnité tout juste suffisante pour les enterrer. Voilà limpérialisme dans toute sa nudité (9). Voilà les raisons profondes de la faillite des fonds de pension publics ou privés. Voilà ce que le Comité de pseudos experts sur les régimes de retraite a voulu taire à la grogne populaire. Le système économique impérialiste est en faillite et toutes les bases financières sur lesquelles il repose seffritent emportant avec elles les fonds de pension des travailleurs comme elles emportent tout le reste. La Comité d«experts» a accouché dune recommandation pour « renflouer » les fonds de pension minés par la crise économique et le krach boursier. Ces gens daffaires et autres thuriféraires, tous parangons du capital parasitaire, proposent non pas de forcer les entreprises à verser leur dû à même la plus-value extorquée et de renflouer les fonds de pension quils ont pillés, mais de créer un nouveau fonds de pension, la « Rente Longévité » qui accaparera 3,3% supplémentaire du salaire des ouvriers déjà lourdement grevé léquivalent de 4 milliards de dollars par année de cotisation supplémentaire arrachée aux salariés déjà paupérisés, argent que les institutions financières administreront en prenant leur quote-part au passage et quelles placeront dans des fonds boursiers risqués qui failliront un jour ou lautre (10). Les ouvriers nont aucun contrôle ni aucun pouvoir sur la gouvernance et le développement du mode de production impérialiste, ni sur ladministration du système bancaire-financier-boursier, même pas sur la gestion de leur propre régime de pension dont ladministration est accaparée par des trusts financiers monopolisés ; ils ne sont donc pas responsables de leffondrement de ce mode de production moribond. Il est hors de question que nous exigions la gestion de ces fonds de pension, qui ne peuvent que sétioler en même temps que le système impérialiste dans son entièreté, peu importe qui ladministrera. Lautogestion de la crise impérialiste nest ni une option, ni une solution. Les ouvriers doivent se préparer à renverser toute cette coterie de pseudos génies chargés de les embrouiller, de les culpabiliser et de leur imposer un nouveau régime de « sécurité » ; un nouveau régime de pension-longévité qui ne peut que finir dans le caniveau et dans linsécurité comme tous les précédent, tous ceux existants et tous les suivants. _________________________________ COMPLÉMENT DINFORMATION http://www.robertbibeau.ca/palestine.html 1. R. Bibeau (10.04.2013) Dun paradis fiscal à lautre ils font fructifier leur capital. http://les7duquebec.org/7-au-front/dun-paradis-fiscal-a-lautre-ils-font-fructifier-leur-capital/ 2. http://www.politicoglobe.com/2012/11/amelioration-des-regimes-de-retraite/ 3. À prestation déterminée signifie que le travailleur qui cotise à ce régime un temps déterminé est assuré de recevoir un montant précis déjà fixé et garanti au moment de sa retraite et jusquà sa mort. À cotisation déterminée cest louvrier qui assume le risque. Il sait combien il dépose chaque mois dans sa cagnotte dépargne mais il ne sait nullement combien il touchera au moment de sa retraite. 4. http://www.politicoglobe.com/2012/11/amelioration-des-regimes-de-retraite/ 5. Sauf évidemment au Régime fédéral de sécurité de la vieillesse et au Régime des rentes du Québec, tous deux obligatoires pour tout citoyen et pour chaque travailleur. 6. http://www.pauvrete.org/seuildepauvrete.html 7. http://www.tuac.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=2433%3Aby-the-numbers-income-distribution-and-the-poverty-line&Itemid=306&lang=fr 8. http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/sgc-cms/histoires_de_chez_nous-community_memories/pm_v2.php?id=story_line&lg=Francais&fl=0&ex=395&sl=2785&pos=1 9. http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20130426.OBS7292/apple-samsung-la-bataille-des-resultats-financiers.html 10. Le rapport http://www.rrq.gouv.qc.ca/fr/ salle_presse/2012/Pages/20121106.aspx&usg=AFQjCNHYuMC5BeuMpIo4kh7P-rlXI9gpXA et aussi article dans le quotidien Le Devoir. http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/375995/4-milliards-par-annee-pour-une-rente-longevite?utm_source=infolettre-2013-04-18&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
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