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 le PKRF et la lutte de classe en Russie

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Xuan
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   Posté le 04-09-2018 à 19:51:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ziouganov: Nous manifestons contre cette réforme scélérate qui prétend réformer le régime des retraites

03
SEP
http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/09/03/ziouganov-nous-manifestons-contre-cette-reforme-scelerate-quipretend-reformer-le-regime-des-retraites/

Le 2 septembre, une manifestation de masse a eu lieu à Moscou contre la réforme antipopulaire des retraites. Selon les estimations des organisateurs, un nombre beaucoup plus important de citoyens (1) ont participé à la marche et au rassemblement que lors de la précédente manifestation tenue le 28 juillet.

Nous vous proposons ici de lire le discours prononcé par Ziouganov à cette occasion


Service de presse du Comité central du parti communiste. Photo de Sergey Sergeev

02-09-2018

http://kprf.ru/party-live/cknews/178564.html
viddéo http://youtu.be/cbpJgZcCGwc


– Bonjour, chers amis, mes camarades!



Comme convenu, nous organisons aujourd’hui une action de protestation dans toute la Russie contre cette réforme cannibale, appelée on ne sait pourquoi réforme des retraites. Une fois encore, je tiens à vous rappeler qu’un pays fort, intelligent et instruit est extrêmement important pour nous tous. Mais cela commence par prendre soin des enfants, des personnes âgées et des femmes. Et cette préoccupation doit d’abord se matérialiser dans les lois.



J’ai été très frappé que le président, parlant récemment, ait déclaré que seule «la Russie unie» fait passer des lois utiles. Je vous assure que Russie unie a imposé à travers la Douma toutes les lois qui empêchent le pays de se développer normalement. A la faveur des vacances d’été, elle a fait passer il y a quelques années la loi sur la vente de nos terres. En conséquence, 41 millions d’hectares de terres arables sont envahis par les mauvaises herbes. Puis, profitant une fois de plus des vacances scolaires, elle a introduit la loi sur l’éducation, introduit le contrôle national par QCM (« EGE » et privé nos jeunes de l’expérience unique des écoles russes et soviétiques. Ils font tout pour continuer à imposer cette loi, qui n’est pas acceptée par 90% des citoyens de notre pays.



Je veux vous expliquer ce que nous offrons, et j’espère que vous nous soutiendrez activement. Ils disent qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. Mais notre équipe a proposé un budget de développement de 25 000 milliards de dollars il y a un an, et non pas 16 comme aujourd’hui. Et dans le cadre de cette proposition, nous avons soumis nos lois, à commencer par la nationalisation des minéraux et de matières premières, l’impôt progressif sur le revenu et l’introduction du monopole de l’état sur l’industrie de l’alcool. De ce fait, personne n’aurait souffert sauf l’oligarchie, les escrocs et les criminels. Mais notre proposition n’a pas été acceptée.



Nous avons suggéré de réduire le nombre de fonctionnaires. Aujourd’hui, ils sont 6 millions, soit deux fois plus qu’à l’époque soviétique. Mais le gouvernement a refusé d’accepter cette décision aussi.



Nous avons insisté pour arrêter la fuite de capitaux. Pendant un an et demi, près de 4 billions de roubles ont quitté du pays. Ont peut rapidement prendre des mesures et résoudre ainsi le problème de l’augmentation des pensions et des salaires. Mais ils n’ont pas non plus pris cette décision.



Nous avons dit au président: invitez 200 clans, la soi-disant oligarchie, qui a capté 90% de la richesse nationale, pour les contraindre à payer des impôts à une échelle progressive. Mais ils l’ont également refusé.



Je veux rappeler, et tout d’abord, au parti du pouvoir: la limite supérieure des impôts dans les principaux pays d’Europe est de 45%. En Amérique c’est 35%. En Chine – autant. Et nous avons des oligarques et des riches qui paient juste autant qu’un pauvre enseignant ou un ouvrier. Nous pensons que ce n’est pas juste, c’est absolument honteux!



Nous avons insisté pour stimuler au maximum le développement de la production. Le président dans son discours a exigé que le pays atteigne le taux de développement mondial de 3,5%. Si ce chiffre avait été réalisé, le produit brut aurait été augmenté de 3 000 milliards de dollars et la question des pensions aurait été réglée pour les cinq années à venir. Au lieu de cela, le président a désigné pour diriger l’économie des gens absolument incapables de résoudre ces problèmes, et le pays continue de s’affaisser et d’échouer dans le domaine de la production.



Ils disent qu’il n’y a personne pour travailler et qu’il n’y a pas de productions. C’est faux. Chez nous, la capacité de production est réalisée à moins de 40-50%, des branches entières continuent de stagner et de s’effondrer.



Nous avons proposé tout un ensemble de mesures pour développer les entreprises nationales. Nos entreprises sous la direction de Pavel Groudinine, Ivan Kazankov, sont devenues les meilleures du pays. Mais au lieu de mettre cette expérience en service, le pauvre Groudinine est soumis à un véritable lynchage pour le cinquième mois consécutif. Bien que la ferme d’État Lénine dirigée par lui soit toujours la meilleure et la plus progressiste aujourd’hui.



Je suis sûr que nous allons faire face à ces difficultés et à ces problèmes. Et je veux vous remercier. Regardez: de cette tribune à la gare de Kazan, toute l’avenue déborde de ceux qui travaillent aujourd’hui et qui déterminent le destin de notre pays. Et son destin est déterminé par les travailleurs et les paysans, les enseignants et les médecins, les ingénieurs et les jeunes. Cette réforme, proposée par les autorités, prive nos femmes d’une pension normale. Cette réforme ne permet pas aux jeunes d’obtenir un emploi normal. Chez nous, un jeune homme sur quatre est sans travail, et un sur trois ne trouve pas de travail dans la spécialité.



Les autorités promettent de recycler les gens et de donner des petites primes. Mais réfléchissez-y, nous avons par cinq fois proposé notre loi sur les enfants de la guerre. Ils sont 12 millions, les plus méritants, les plus honnêtes, les plus consciencieux. A la campagne, leur pension est de 8-9 mille roubles et dans la ville de 12-14 mille. Ce n’est pas une pension, mais une allocation misérable, une aumône.



Nous sommes certains qu’en adoptant notre programme, avec lequel nous allons aussi aux prochaines élections, nous résoudrons le problème principal. Le pays va se développer, vraiment entrer dans le top cinq des plus puissants. Les entreprises modernes recevront les jeunes cadres les plus talentueux. 1,5 million de nos compatriotes qui ont quitté le pays reviendront et seront heureux de travailler ici.



Notre programme est un programme de création, de développement, un programme de protection qui respecte la dignité et les intérêts du pays. Aujourd’hui, il n’y a pas de confiance dans ce pouvoir et en Russie unie. Mais la confiance sera encore plus sérieusement mise à mal s’ils ne se conforment pas aux consignes que Poutine a données dans son message afin de mener le pays parmi les cinq plus dynamiques. Cette confiance sera d’autant plus compromise si la réforme des retraites est adoptée, à partir de laquelle aucun retraité et jeune ne verra sa situation s’améliorer. Elle sera compromise si, en réponse à la terrible et odieuse attaque terroriste qui a entraîné la mort du chef de la République démocratique de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, nous ne répondrons pas avec une volonté ferme et les mesures nécessaires.



Nous avons proposé dix fois à la Douma, au président et aux législateurs: reconnaissons les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. Prenons une décision. Nous avons pris une telle décision sur l’Ossétie du Sud, sur l’Abkhazie, à la suite de quoi la terreur et la violence ont cessé. Si nous prenons une décision similaire sur le Donbass, je vous assure, tout s’arrêtera rapidement là.



Nous devons montrer notre volonté!



Vive la classe ouvrière et la paysannerie! Vive l’intelligentsia laborieuse! Vive l’amitié entre nos peuples! Vive le socialisme! En avant les amis, vers la victoire de l’union patriotique de notre peuple aux prochaines élections! Hourra!

Traduction Marianne Dunlop pour H & S

(1) 80.000 à Moscou selon Euronews, plus des milliers dans plusieurs dizaines de villes

Plus de photos : http://kprf.ru/photoreports/703.html

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Xuan
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   Posté le 13-11-2018 à 09:13:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

UN jeune communiste de 31 ans président de la République de Khakassie

12
NOV

http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/11/12/un-jeune-communiste-de-41-ans-president-de-la-republique-de-khakassie/?fbclid=IwAR00DLgOPCnkC4ZGywshbpXsqsBMjNDNE7w1TtZf1LQ_rmUpsThh3zNLEIU



Vous vous souvenez sans doute de la manière dont nous avions rendu compte des élections locales en Russie, on avait en effet assisté à une percée du parti communiste de la fédération de Russie dans toute la Russie, mais en particulier dans la zone sibérienne.Ces élections avaient néanamoins donné lieu comme partout à des bourrages d’urnes et des fraudes manifestes de la part du parti présidentiel Russie uNie. A Vladivostok mais aussi en dans la République de Khakassie .

La Khakassie est une République située en Sibérie peuplée de 537.513 habitant.e.s. Et cette République de Sibérie vient d’élire un nouveau Président, un communiste, un jeune âgé de 31 ans, Valentin Konovalov avec 57,45% des votes en sa faveur contre 41,35% opposées (selon 94,07% des bulletins dépouillés).

Lors des élections du 9 septembre 2018, le communiste Valentin Konovalov (KPRF) avait déjà obtenu plus de 44,8% des voix alors que jusqu’ici la présidence était assurée par un élu de Russie unie. Viktor Zimin de Russie Unie obtenait près de 32,4% des voix, une chute mémorable par rapport aux dernières élections (63,41%). Le Parti communiste passait de 8,66% en 2013 à plus de 44,8% des voix.Il faut resituer cette victoire historique dans un contexte d’affaiblissement de Russie unie et de Poutine lui-même à cause de la réforme des retraites très impopulaires et contre laquelle se sont battus les communistes. C’est. une victoire historique du Parti communiste, doublée par une victoire à l’Assemblée législative de cette République.

Le Président sortant, battu, a retiré sa candidature pour le second tour des élections. Lors du second tour de l’élection du gouverneur de la Khakassie, 57,5% des électeurs se sont prononcés en faveur du candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), Valentin Konovalov, […ce qui est une forte participation avec une candidature unique.

L’implantation des communistes en Sibérie et plus généralement au-delà de l’Oural est un des phénomènes les plus passionnants et si l’âge me permettait une telle expédition, je voudrais mieux comprendre ce qui favorise cette reconquête. Il y a bien des hypothèses. En tous les cas le jeune gouverneur a fait la preuve de sa capacité à intervenir dan



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pzorba75
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   Posté le 13-11-2018 à 10:45:49   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Il faut raison garder, cette république dirigée par jeune communiste s'apparente au mieux par sa taille et son influence à un arrondissement de montagne française où un communiste présiderait le conseil départemental.
Etre président c'est souvent honorifique, même loin de son grand chef.
Pour autant, si ce succès remobilise les russes et sibériens autour des valeurs soviétiques, c'est une bonne nouvelle. Au moins aussi bonne que la naturalisation de Depardieu.

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Xuan
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   Posté le 13-11-2018 à 13:44:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   



Plus grand que ça quand même. La Guyanne fait 86 504 km² et la Khakasie 61 900 km² soit un peu plus du dixième de la France hors colonies.
Après le plus grand département français est la Gironde avec 10 000 km².


Edité le 13-11-2018 à 14:01:32 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 13-11-2018 à 14:24:58   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :



Plus grand que ça quand même. La Guyanne fait 86 504 km² et la Khakasie 61 900 km² soit un peu plus du dixième de la France hors colonies.
Après le plus grand département français est la Gironde avec 10 000 km².

En poids démographique et économique, cette république de Sibérie ne pèse pas grand chose, un peu comme Romorantin pour notre pays. Pour les communistes "russes", l'Ukraine orientale est une enjeu bien plus significatif, et là l'influence communiste semble bien faible.

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Xuan
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   Posté le 17-11-2018 à 14:59:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

RUSSIE : VALENTIN KONOVALOV (KPRF) DEVIENT LE TROISIÈME CANDIDAT COMMUNISTE À REMPORTER DES ÉLECTIONS PROVINCIALES EN 2018
Vendredi 16 Novembre 2018
17
NOV

http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/11/17/russie-valentin-konovalov-kprf-devient-le-troisieme-candidat-communiste-a-remporter-des-elections-provinciales-en-2018-vendredi-16-novembre-2018/?fbclid=IwAR2JuHVUPiE05mtOL5b1FILGjSjG0PgDPAvMDJcFFwdq93cIiEHcOpqqj_4


Cet article traduit par Nicolas Maury ne provient pas des communistes russes, mais d’un observateur disons de gauche… Il montre à quel point il se passe en Russie des changements et le rôle joué et reconnu des communistes.malgré le verrouillage du parti présidentiel, le bourrage des urnes, les communistes avancent. Nous avons ici même fait état de la réussite du jeune gouverneur de la république de Khankassie, c’est le troisième à être élu et un quatrième à Vladivostock va probablement les rejoindre, mais lisez plutôt. Ce qui me frappe pour rester dans l’actualité de notre Congrès, c’est à quel point les liquidateurs de notre parti pour fonder leur tendance ont besoin de brosser un portrait complètement hors réalité de la défaite du communisme. Ils doivent ignorer la réalité de ce qui s’est passé comme celle du monde actuel en plein mouvement dans lequel les partis communistes jouent un grand rôle pour cvendre leur tentative de liquidation du parti. cela est vrai pour la Chine, pour la Russie mais aussi en Europe pour des partis comme le parti communiste du Portugal ou le PTB? cela au prix d’une absence totale de solidarité avec les communistes réprimés. (note de danielle Bleitrach)



repris du blog de nicolas maury

http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Valentin-Konovalov-KPRF-devient-le-troisieme-candidat-communiste-a-remporter-des-elections-provinciales-en-2018_a13662.html?fbclid=IwAR1CIi0j4anjoxqpt–gQpRxclIQEDYGzGFJQJ0djx_VtDHUCq-Adrgv0Rs

La victoire de Konovalov (KPRF) dans la République Khakassie et la probabilité qu’un autre candidat communiste, Andrey Ischenko, l’emporte dans la province du Primorsky krai en décembre, indiquent un mécontentement croissant contre le président Vladimir Poutine et de son parti, Russie unie – traduction Nico Maury

Valentin Konovalov (KPRF) devient le troisième candidat communiste à remporter des élections provinciales en 2018
Ce 11 novembre, Valentin Konovalov, candidat du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), a été élu à la tête de la République de Khakassie dans le district fédéral de Sibérie. Konovalov rejoint Sergeï Levchenko, gouverneur de la région d’Irkoutsk, et Andrey Klychkov, gouverneur de la région d’Orel, pour devenir le troisième gouverneur du Parti communiste dans le pays.

Konovalov, âgé de 30 ans, fait partie des trois candidats de l’opposition qui ont remporté des victoires cette année lors d’élections directes contre les candidats du parti au pouvoir, Russie unie, auquel appartient l’actuel président Vladimir Poutine. Ces victoires sont perçues comme un signe de mécontentement croissant contre l’hégémonie de Poutine et de son parti.

Une élection sans précédent

La victoire de Konovalov est intervenue à la suite d’un certain nombre de situations particulières. Le candidat du KPRF a recueilli le plus grand nombre de voix au premier tour des élections le 9 septembre, avec une avance de 12,4% sur le président sortant Viktor Zimin. Les deux candidats devaient s’affronter au deuxième tour. Cependant, le 21 septembre, Zimin a retiré sa candidature pour des raisons de santé.

Selon les lois électorales, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix est censé se présenter, qui était dans ce cas Andrey Filyagin de Russie Juste, un parti social-démocrate. Filyagin avait recueilli 11,2% des voix au premier tour, ce qui était inférieur à la marge entre les deux premiers candidats. Le 2 octobre, Filyagin a également retiré sa candidature. Quelques jours plus tard, le seul autre candidat, Alexander Myakhar, a également refusé de se présenter. C’est la première fois depuis la dissolution de l’Union soviétique qu’un candidat se présentait sans opposition. Les élections ont donc été reportées au 11 novembre, lorsque la Commission électorale centrale a autorisé l’organisation d’une élection sans aucune opposition.

Le 11 novembre, avec une participation électorale légèrement accrue au second tour (45,7%) par rapport au premier (41,8%), Konovalov a obtenu environ 57,6% des voix et remporté les élections. Il devient ainsi le quatrième Président de la République Khakassie.

Retombées de la réforme des retraites

Plus tôt cette année, les élections présidentielles ont vu Vladimir Poutine remporter le secrutin avec 76,7% des voix, soit une avance la plus élevée de la Russie post-soviétique. Mais avec les résultats des élections à Khakassie, trois États ont voté pour des candidats de partis d’opposition au pouvoir, défaisant les élus en place de Russie unie. Les deux autres sont Sergey Furgal, gouverneur de la région de Khabarovsk, et Vladimir Sipgay, gouverneur de la région de Vladimir (un oblast et un krai sont équivalents aux provinces). Les deux candidats appartiennent au parti d’extrême droite libéral démocrate (LPDR). Pendant plus d’une décennie, les gouverneurs ont généralement été remportés par les dirigeants de Russie unie ou par des candidats soutenus par le parti. Au mieux, un candidat de l’opposition obtenait une victoire surprise.

Une série récente de mobilisation contre la réforme des retraites explique certains de ces résultats. Entre juillet et septembre et du 5 au 7 novembre, la Russie a été balayée par des vagues de protestations contre la décision du gouvernement Poutine de relever l’âge de la retraite. La réforme a relevé l’âge de la retraite des hommes de 60 à 65 ans et de la femme de 55 à 63 ans. L’espérance de vie moyenne en Russie est d’environ 71 ans (66 ans pour les hommes et environ 77 ans pour les femmes). La réforme signifiait qu’un Russe moyen devait travailler presque toute sa vie adulte pour avoir droit à une pension.

Les manifestations ont été menées en grande partie par le KPRF, avec le soutien d’autres partis de gauche. C’était la plus longue et peut-être la plus grande agitation nationale depuis la dissolution de l’Union soviétique. Les communistes organisèrent de grandes manifestations et soutinrent le mouvement pendant plus de deux mois. En fin de compte, le gouvernement a dû se retirer, ramenant de 63 à 60 ans l’âge de la retraite des femmes. Alors que le mouvement n’a pas pu durer au-delà d’un point en raison de l’attitude implacable du gouvernement, la population a continué à le suivre.

Étant à la pointe du mouvement, le KPRF a été l’un des principaux bénéficiaires des élections locales qui ont suivi. Alors que le LPDR n’était pas activement impliquée dans les manifestations, sa plate-forme politique était celle du protectionnisme économique, la plaçant contre les réformes des retraites. Ainsi, une partie du vote anti-Russie unie semble leur être allée également.

Une autre victoire communiste est-elle imminente?

Dans le kraï de Primorski, le sujet fédéral le plus oriental de la Russie, là aussi il ya des retombées des manifestations. En septembre, les élections des gouverneurs dans ce sujet fédéral (équivalent d’un État ou d’une province en Russie) ont été âprement disputées et les résultats ont finalement été déclarés nuls.

Les élections ont eu lieu presque immédiatement après l’apogée des manifestations. Au premier tour, aucun candidat n’a obtenu le nombre de voix requis. Le gouverneur par intérim sortant, Andrey Tarasenko, de Russie unie, est arrivé en tête avec 46,6% des voix, suivi par Andrey Ischenko, du KPRF, avec 26,6% du total des voix.

Au deuxième tour, une partie considérable des votes de l’opposition a été remportée par le communiste Ischenko, qui faisait partie des leaders des manifestations dans la région. Cependant, les résultats finaux ont été profondément controversés. Ischenko avait une avance de 1-2% sur le candidat de Russie Unie Tarasenko jusqu’à 99% des voix. Cependant, lorsque le dernier 1% a été compté, Tarasenko est sorti vainqueur, ce qui impliquait qu’il avait remporté presque tous les votes comptés vers la fin. Le KPRF a contesté les résultats, alléguant des manipulations électorales. Après avoir examiné les plaintes, la Commission électorale centrale a invalidé les résultats et programmé de nouvelles élections le 16 décembre.

Le parti Russie unie a désormais remplacé Tarasenko par le candidat Oleg Kozhemyako. Kozhemyako a également succédé à Tarasenko en tant que gouverneur par intérim. Ischenko est le candidat du KPRF et les sondages d’opinion le place en tête.

Une victoire Ischenko enverra un message fort dans tout le pays, car Kozhemyako n’est pas un novice. Il a précédemment occupé les postes de gouverneur des oblasts de Sakhaline et d’Amour et celui de chef de l’ancien sujet fédéral de Koryak. Alors qu’il s’est toujours présenté comme un candidat indépendant, il a bénéficié du ferme soutien de Russie unie et de Vladimir Poutine. Il a souvent apporté son aide au parti en défaisant avec une grande facilité toute opposition naissante. Les prochaines élections dans le Primorsky krai auront donc d’énormes implications nationales et feront l’objet d’une surveillance étroite dans le monde entier.

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Xuan
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   Posté le 07-04-2019 à 23:55:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Serguei Levtchenko: L’initiative stratégique est de notre côté et la victoire sera à nous



06
AVR


Nous présentons le discours du gouverneur de la région d’Irkoutsk S.G. Levtchenko à la VII assemblée plénière du Comité central et de la Commission centrale de contrôle du Parti communiste de Russie (mars 2019).

Service de presse du Comité central du Parti communiste

04-04-2019
source


https://kprf.ru/party-live/cknews/183946.html

Levtchenko Serguei Gueorguievitch

Membre du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, Premier secrétaire du Comité régional d’Irkoutsk du Parti communiste de la Fédération de Russie et Gouverneur de la région d’Irkoutsk.



– Cher Guennadi Andreïevitch, chers participants au plénum! Je suis heureux de vous saluer au nom de la région d’Irkoutsk. Aujourd’hui, je ne ferai pas que rendre compte de la situation dans notre région. Mon exposé sera consacré à la manière dont aujourd’hui nous mettons en œuvre les idées de la planification centralisée.



Tout au long de la période post-soviétique, l’approche planifiée a été constamment critiquée. L’économie a étéimmédiatement soumise à l’arbitraire du marché, la sphère sociale a également été progressivement transférée sur les rails du marché, avec toutes les conséquences qui en ont découlé. Cependant, il est rapidement devenu évident que la navigation à vue était impossible. Dans la gestion des processus socio-économiques, il est au minimum nécessaire de s’engager dans la fixation d’objectifs, l’harmonisation des décisions économiques et la coordination des actions entre les ministères.



Dès 1995, la situation socio-économique avait incité les dirigeants du pays à adopter une loi fédérale sur la prospective nationale et les programmes de développement socio-économique. Bien entendu, il ne contenait que les bases générales du système d’organisation du développement des prévisions et des programmes. Et, comme il arrive souvent, l’application pratique de cette loi s’est accompagnée de difficultés. Pour parler franchement, les dirigeants du pays n’avaient aucun penchant pour la planification. Cependant, le fait même de l’adoption de cette loi montre la pertinence constante de l’idée de planification par l’État.



Je ne vais pas retracer toute l’histoire de la question. Vous savez que dans les années suivantes, les concepts de prévision, de stratégie et de programme ont été constamment utilisés dans l’administration publique. Enfin, en 2014, la loi sur la planification stratégique n ° 172 a été adoptée, loi pour laquelle notre faction se battait depuis plusieurs années. Nous sommes tous témoins des problèmes liés à sa mise en œuvre. Cependant, la loi elle-même et les règlements adoptés dans le cadre de son application nous ramènent à l’utilité pratique de la planification.



Dans la région d’Irkoutsk, nous avons décidé de ne pas aborder cette question de manière formelle, d’imaginer des stratégies pour faire bien, mais d’élaborer un véritable plan pour notre région dans le cadre de la législation en vigueur. Le résultat a été un document stratégique pour cinq ans – le plan d’état pour le développement socio-économique de la région d’Irkoutsk, qui a commencé à fonctionner à partir du 1er janvier de cette année.



Nous avons choisi cette durée de cinq ans du Gosplan car il s’agit d’une période de planification réaliste à moyen terme qui répond aux besoins des citoyens, des entreprises et de l’appareil administratif. Il est commode pour tous ces secteurs de l’économie nationale de planifier leurs activités précisément pour cinq ans.



À propos, l’automne dernier à Irkoutsk a eu lieu une conférence internationale à laquelle ont participé des experts de la Chine, de l’Inde, du Canada, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche. Et ils ont réagi avec intérêt et approbation à la réalisation de l’idée de planification étatique dans notre région.



En préparant les travaux sur le plan d’État, nous nous sommes principalement concentrés sur l’expérience de notre pays et sur les activités du Comité de planification de l’URSS (Gosplan), sur la base desquelles la majeure partie de la richesse nationale de la Russie moderne a été créée. D’ailleurs, l’expérience de la planification en Union soviétique est très utile pour faire renaître la Russie sur de nouvelles bases. En Union soviétique, la base scientifique la plus large a été créée et une méthodologie a été élaborée sur la manière de dresser un plan.



Lorsque notre équipe a remporté les élections en 2015, il y avait beaucoup de problèmes dans la région. De plus, pendant cette période, le pays est entré dans une nouvelle crise économique. Et nous nous sommes fixé pour objectif de maximiser le potentiel interne de la région d’Irkoutsk. Olga NikolaevnaNosenko, vice-présidente de l’Assemblée législative, siège ici. Elle se souvient très bien dans quel état j’ai trouvé la région avec un trou dans le budget de 5 milliards de roubles dans une région dont les entrées budgétaires représentaienten tout 97 milliards. Aujourd’hui, c’est 170 milliards de revenus et nos collègues de Russie unie tentent de partager ces revenus supplémentaires en oubliant comment ils faisaient plonger la région Irkoutskil y a seulement quelques années.



Pour mettre les choses en pratique, nous avons dû introduire de nouveaux principes de gestion économique dans la région, basés sur la planification de son développement. Nous nous sommes appuyés sur le modèle d’un Étaten développement. Cela implique le renforcement du rôle de l’État dans la régulation économique. Et dans le cadre de ce modèle, l’État agit en tant que stratège engagé dans la planification intégrée du développement de tous les secteurs de l’économie nationale ou en tant que régulateur des processus économiques fondamentaux. Nous avons donc abordé la question de la planification par l’État, en rejetant catégoriquement une gestion économique inefficace et réactive, lorsque des mesures ne sont prises qu’au coup par coup.



Le travail direct sur le texte du plan d’État a été lancé l’été dernier et, à la fin de l’année, il était déjà prêt sur le plan méthodologique. Le 31 décembre de l’année dernière, la première version a été approuvée par moi et nous travaillons maintenant à son application pratique dans chaque ville et village de la région d’Irkoutsk. Le plan de l’État vise essentiellement trois axes de croissance et trois objectifs stratégiques: la croissance économique, la croissance du budget et l’élévation du niveau de vie.



Pour illustrer le contenu spécifique du plan d’état, je me concentrerai sur certains indicateurs et activités prévues. En même temps, je ferai un rapport sur ce qui a déjà été réalisé dans la région d’Irkoutsk.



Nous nous sommes concentrés sur l’amélioration de la qualité de la gestion à l’aide d’un modèle d’État en développementet de l’introduction d’éléments de planification centrale. Ainsi, le produit régional brut de la région d’Irkoutsk augmente chaque année. En 2017, il s’élevait à 1 169 milliards de roubles, plus de 1 242 milliards de roubles l’an dernier. Les PRB ont crû à un taux de 4,6% par an ces derniers temps et, pour les cinq prochaines années, nous enregistrons la même croissance régulière du produit régional brut. Je dois vous informer que six grands projets d’investissement dans la Fédération de Russie ont été approuvés au niveau national. Trois d’entre eux se trouvent dans la région d’Irkoutsk.



Le Gosplan fournit des conditions préférentielles et des mesures de soutien aux grands projets d’investissement qui réduisent leurs délais d’amortissement. Et le volume des investissements en actifs fixes attirés par l’économie de la région d’Irkoutsk l’an dernier s’est élevé à 316 milliards de roubles, contre 100 milliards il y a trois ans. Dans le secteur de la construction de machines, le volume des investissements a été multiplié par 4, dans le secteur de la chimie par 3, dans le raffinage du pétrole et dans les industries alimentaires par 2,6.



Je vais aborder un autre sujet très important pour nous, car nous sommes la plus grande province forestière de la Fédération de Russie. Littéralement au début de cette semaine, j’ai envoyé une lettre au président indiquant que l’absence de droits de douane à l’exportation lorsque le bois exporté a un faible degré de transformation était utilisé par des entreprises peu scrupuleuses afin de ne pas acquitter de droits de douane lors de l’exportation de bois. En conséquence, j’ai proposé d’interdire l’exportation de bois sous forme de rondins. Maintenant, probablement, il est clair pourquoi certaines questions sont soulevées à la télévision.



Un autre problème est l’exploitation forestière illégale. A une époque, il nous a semblé que ce problème n’était pas solvable en principe. Cependant, ce n’est pas le cas. L’année dernière, nous avons réduit l’exploitation forestière illégale de 47%. Le gouvernement de la Fédération de Russie est heureux de faire rapport à ce sujet lors de divers événements. De plus, nous mettons en œuvre un projet pilote de marquage de tout le bois récolté. Nous conservons des enregistrements des activités des bûcherons et des exportateurs dans le système de contrôle de l’information que nous réalisons, depuisl’abattagejusqu’à l’expédition par chemin de fer et la transformation du bois.



Je dois dire que nous avons l’un des taux les plus bas de la Fédération de Russie pour les « revenus conditionnels »qui ne sont contrôlés par personne. En moyenne dans le pays, je vous rapporte que, selon les statistiques, le niveau de ces revenus est de 26,5%. Il existe des régions, notamment dans le sud de la Fédération de Russie, où ces revenus conditionnels illégaux dépassent 53%. En trois ans, nous avons réduit ce chiffre à 4,5%. Maintenant, on comprend mieux pourquoi des questions se posent.



Grâce au développement de l’économie, nous pouvons augmenter les revenus. Guennadi Andreïevitch l’a déjà dit, et je ne peux que le confirmer : en deux ans, nous avons augmenté de près de 30% les recettes budgétaires, de 32 milliards de roubles. Aujourd’hui, je le répète, nos collègues d’autres partis sont heureux de les partager.



Au cours de nos travaux, nous sommes entrés dans le top 10 du classement des régions russes en termes d’efficacité des activités des organes exécutifs. L’année dernière, le ministère des Finances de la Fédération de Russie a attribué à la région d’Irkoutsk le premier degré de gestion de la qualité des finances régionales, estimé pour l’année précédente.



Mais l’essentiel est là : le développement économique et la mise en place d’une politique fiscale nous permet d’assurer la croissance du bien-être de la population et de lutter contre la pauvreté. Notre objectif stratégique est d’améliorer le niveau et la qualité de vie de la population. Je vais donner un autre exemple. Depuis plusieurs années nous avons adopté dans la région d’Irkoutsk la loi sur les enfants de la guerre. Pour vous, ce sera peut-être une surprise. Savez-vous qui a proposé de payer 2 000 roubles aux enfants de la guerre à l’occasion du 9 mai? Vous ne le devineriez pas, c’est « Russie unie ». De plus, sachant que nous soutiendrions ce projet et que notre faction le préparait, ils nous ont devancés de quinze minutes lorsqu’ils se sont adressés à moi pour présenter ce projet de loi. Et il est passé à l’unanimité.



Ces dernières années, nous avons poursuivi une politique visant à accroître les revenus des habitants de la région d’Irkoutsk. En plus de ce que j’ai déjà dit, nous avons récemment adopté une loi sur les anciens combattants de la région d’Irkoutsk, qui concerne environ 70 000 personnes. Nous leur accordons tous les privilèges nécessaires sur le compte du budget régional. Pour le titre qu’ils reçoivent, le travail dans les organes du parti soviétique est également pris en compte.



Le mécanisme du contrat social est l’une des mesures prioritaires visant à réduire la pauvreté. Si quelqu’un a écouté attentivement le message du président il y a trois semaines, il disait que le gouvernement avait reçu pour instruction d’introduire de tels contrats sociaux. Je vous informe qu’ils fonctionnent déjà chez nous et qu’en février, lorsqu’il a proposé cette mesure et a chargé le gouvernement de le mettre en place, nous dressions déjà les bilans. L’année dernière, 918 contrats sociaux ont été conclus et plus de 900 sont déjà programmés pour cette année. Donc notre modèle est suivi.



Une dernière chose que je voulais dire, pour changer un peu des chiffres. Tout récemment, le Forum économique de Sotchi a eu lieu et il y a eu une discussion plénière. À côté de moi se trouvait le plus grand dirigeant d’une société américaine qui fabrique et vend des médicaments. Ils ont le monopole chez nous pour le traitement de certains types de maladies. Et quand j’ai parlé du plan de l’État, il a applaudi, s’est levé, s’est incliné et a déclaré: «Enfin, enfin, la Russie a surmonté cette maladie du manque de planification. » Je l’ai déçu en disant que jusqu’à présent, seule la région d’Irkoutsk était concernée.



Et pour finir, du point de vue des conversations avec les gens et de notre propagande. Lorsque nous leur parlons du produit régional brut, de toutes sortes d’affaires budgétaires, cela est probablement très lointain pour les citoyens, et ils peuvent très mal l’appliquer à eux-mêmes. Mais si nous parlons de planification, je vois que les gens ouvrent grand les yeux. Par exemple, lors d’une conférence de presse à Interfax, on m’a récemment demandé: «Pourquoi un plan d’État? Pourquoi l’avez-vous imaginé? » En réponse, j’ai posé la question suivante: «Y a-t-il au moins une personne ici qui ne planifie rien? Y a-t-il une personne qui ne planifie pas les dépenses familiales? Y a-t-il un enseignant qui ne planifie pas son cours? Y a-t-il un médecin qui ne prévoit à l’avance son intervention chirurgicale? Pourquoi sommes-nous tous en train de planifier, et l’État dans ses différents organismes se contente de prévisions, de concepts, de stratégies? Tout sauf la planification. C’est très simple, ils ne veulent pas endosser la responsablilité.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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Gennady Zyuganov: Nous devons saisir la chance d’un changement de cap pacifique

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JUIL

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/07/24/gennady-zyuganov-nous-devons-saisir-la-chance-dun-changement-de-cap-pacifique/

L’ université d’automne du PCF aura lieu le 4 et le 5 octobre 2019 à Venissieux parce que, comme dans cet article l’enjeu est clairement posé: dans le monde tel qu’il est aujourd’hui chaque nation doit considérer sa souveraineté par rapport aux défis socio-économiques d’aujourd’hui ou alors c’est le servage auquel le capitalisme contraindra les peuples. C’est parce que chaque nation est confrontée à sa souveraineté que l’internationalisme, la rencontre entre partis communistes et forces progressistes est plus nécessaire que jamais autour du véritable défi : construire un monde de coopération et le socialisme qui met au pas l’impérialisme et ses oligarques destructeurs des hommes et de l’environnement. Venissieux va organiser ces rencontres, ces échanges autour d’un thème clair: le socialisme. Voilà ce qui me parait être à l’ordre du jour d’un université du PCF, inscirvez-vous dès maintenant parce que cela va être un grand moment pour notre parti et pour notre pays. (note et traduction de Danielle Bleitrach)


23 juillet 2019 12h00 – le parti communiste

Gennady Zyuganov, président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, a écrit un article pour le journal Pravda – «Nous sommes dans l’obligation de saisir la possibilité d’un changement de cap pacifique» dans lequel il a analysé la situation politique, géopolitique et économique en Russie. »Red Line » publie le texte de l’article sur son site.

En règle générale, les résultats du premier semestre de juillet sont publiés en juillet: ils soulignent les événements qui se sont avérés déterminants pour le pays. Mais je suis sûr qu’en analysant les résultats, il est nécessaire d’abord de parler de la tendance principale, visible derrière eux. Et cela consiste à comprendre la crise telle qu’elle se développe dans les domaines les plus importants, l’incapacité de plus en plus évidente des autorités à mettre fin à la crise, sans changer le cours social et économique complètement en faillite qui provoque une méfiance massive face à cette société. D’où on peut en tirer la réponse à la question de savoir quel sera l’événement principal du second semestre de 2019. Il s’agit d’élections aux organes législatifs et exécutifs locaux, qui auront lieu dans de nombreuses régions en septembre. Il est nécessaire de bien comprendre que voter pour un changement fondamental de la politique et du renouvellement du personnel signifie utiliser une chance réelle de rétablir pacifiquement la situation,telle qu’elle est dans cette société.

Des Menaces nécessitant des réponses

Lors des élections de l’année dernière, nous avions insisté sur le fait que la campagne électorale n’avait jamais eu lieu dans une situation socio-économique aussi alarmante et dans le contexte d’une baisse rapide de la confiance des citoyens dans le gouvernement actuel. Nous devons aujourd’hui affirmer que la situation n’a fait qu’empirer. Les dirigeants du pays continuent de nous rassurer, se référant à des projets nationaux et ils font référence à des décrets et des messages présidentiels: entrer dans les cinq plus grandes économies du monde, réaliser une percée technologique et une croissance industrielle intensive, surmonter la pauvreté de masse. Nous avons non seulement pleinement souscrit à ces objectifs, mais nous avons également proposé un programme spécifique pour les atteindre. Cependant, le gouvernement a ignoré ce programme, mais n’a pas été en mesure de formuler le sien.

En conséquence, au lieu de la croissance économique nécessaire pour résoudre les tâches stratégiques susmentionnées, le pays a enregistré un ralentissement du PIB et de la production industrielle, un renforcement de la dépendance extérieure de l’économie et de la sphère financière russes et un nouvel appauvrissement massif. En formulant de bons objectifs , le gouvernement lui-même a échoué dans la mise en oeuvre concrète pour les atteindre, il méprise les perspectives de renaissance du pays, en continuant à s’accrocher à la trajectoire qui pousse la Russie de plus en plus profondément dans une crise systémique. Dans le même temps, il s’attend à ce que des promesses qui ne sont pas réalisées suffisent désormais pour obtenir un soutien lors des élections.

Mais le gouvernement n’a pas le droit de tabler sur la confiance du public avec des résultats aussi désastreux. Et les citoyens devraient considérer toute possibilité d’exprimer leur position dans les bureaux de vote non seulement comme une occasion de soutenir certains candidats, mais également comme une occasion de dire un « non » décisif aux politiques destructrices et à ceux qui les poursuivent.

Au cours de la première quinzaine de juillet, des audiences parlementaires ont eu lieu à la Douma d’Etat sur deux thèmes extrêmement importants: le développement de l’économie numérique et la garantie de la stabilité stratégique dans les conditions modernes. S’adressant aux participants à ces auditions, j’ai déclaré que, dans la situation actuelle, les autorités responsables sont obligées d’élaborer leurs politiques de manière à répondre pleinement aux principales menaces pesant sur la Russie, mais ils ne pourront le faire sans surmonter les obstacles auxquels nous ne pouvons pas survivre en tant qu’État fort et souverain.

La première de ces menaces est géopolitique . Notre pays occupe près de 15% du territoire mondial, où se concentrent d’énormes richesses naturelles et stratégiques. Mais si dans un pays qui occupe un tel territoire et possède une telle richesse, la population ne croît pas, mais décline rapidement, se meurt, s’appauvrit, comme c’est le cas aujourd’hui, alors ceux qui veulent nous mettre à genoux et finalement nous réduire en esclavage pourront le faire aisément. Par conséquent, les tâches les plus importantes pour nous sont le renforcement de l’Union eurasienne et le rétablissement de relations de bon voisinage avec l’Ukraine. Mais pour résoudre ces problèmes et contrecarrer les plans des adversaires qui ne cherchent qu’à nous détruire, ce n’est possible que si nous sommes un État fort, indépendant et en plein développement. Parce que quand nous sommes faibles, nos adversaires ne peuvent être contrecarrer et ne le seront pas.

La deuxième menace est militaire . L’OTAN cherche constamment à nous couvrir d’une casquette espace-fusée, à encercler nos bases autour de nos frontières. Cela exige que nous menions une politique étrangère solide, qui montrera l’ennemi: nous n’avons pas l’intention d’accepter l’apparition d’un arsenal de missiles nucléaires dirigé contre la Russie dans les États baltes et en Ukraine. Mais une telle politique ne peut s’appuyer que sur le développement réussi du complexe de défense, qui nécessite une augmentation des dépenses budgétaires, et non sur un déclin récent et causé par une politique gouvernementale irresponsable.

La troisième menace est technologique . Pour survivre et se développer en tant que puissance indépendante, nous devons surmonter le retard dans le domaine des hautes technologies, qui est aujourd’hui énorme et qui nous condamne à une dépendance totale. Mais cela nécessite un réexamen fondamental des politiques fiscale et industrielle et, partant, une révision du cours socio-économique.

La quatrième menace concerne les sanctions . Plus nous serons faibles et dépendants, plus notre économie et notre sphère financière seront affaiblies par les sanctions occidentales, qui cherche à les utiliser comme une arme dans la guerre d’extermination déclarée à la Russie.

La cinquième menace est numérique . Elle n’est pas encore toute compries. Mais en fait, c’est le plus important. Alors que notre arriération technologique augmente, le capital transnational et les architectes du mondialisme moderne utilisent les dernières technologies pour s’acquitter de leur tâche: placer les États souverains et leurs citoyens sous le contrôle d’un seul centre de contrôle. Et nous ne parlons pas seulement de gestion politique et économique, mais de gestion illimitée de la conscience des masses. Le capitalisme mondial a exploité hier le travail, les ressources intellectuelles et naturelles. Aujourd’hui, il commence à exploiter votre comportement. C’est l’essence de la concurrence mondiale dans le domaine du numérique et de l’économie numérique. Et les passeports et les relevés d’emploi seront-ils transférés sur des supports numériques et sera-t-il encore plus pratique de commander des biens via Internet? Mais nous sommes en train de perdre la concurrence mondiale dans ce domaine, la défaite qui menace directement la sécurité et la souveraineté nationales. Et nous perdrons encore plus si les priorités politiques et socio-économiques et l’orientation sur laquelle elles reposent ne changent pas.

Et la sixième menace est oligarchique . Elle est associée à un système socio-économique et financier destructeur, totalement contradictoire avec les tâches de développement imposées à la Russie. Tant que ce système n’aura pas été modifié, il ne permettra pas à notre pays de se libérer des chaînes de la crise et de la dégradation. Cela ne permettra pas de constituer un budget à part entière, d’orienter les investissements dont il a besoin dans l’économie et de passer à la mise en œuvre réelle des tâches stratégiques les plus importantes. Parce que ce système existe uniquement dans l’intérêt d’un étroit clan de super-riches, prêt à sacrifier tous les autres groupes sociaux de la société et le pays dans son ensemble au profit de ses énormes profits.

Ces menaces exigent de toutes les branches du gouvernement le travail le plus responsable et le plus professionnel. Dans le même temps, la question de la contrôlabilité du pouvoir exécutif, de ses initiatives et actions du pouvoir législatif devient particulièrement importante et pertinente. On ne peut donc que souscrire à l’idée du Président de la Douma d’Etat V.V., exprimée dans l’article intitulé «La Constitution vivante du développement». Volodin sur la nécessité de renforcer l’influence du parlement sur la formation du personnel du gouvernement et sur les décisions prises par le cabinet des ministres.

Le programme CPRF vise à surmonter les menaces stratégiques susmentionnées, sans lesquelles il est impossible de sauver le pays.

Je ne doute pas que la décision de voter pour notre programme devrait être évidente pour quiconque est au courant de la situation dans le pays à cause du système de capitalisme sauvage mis en place en Russie il y a près de trois décennies. Et qui comprend que c’est le seul programme efficace offert aujourd’hui par le Parti communiste de la Fédération de Russie et nos alliés.

Le cours nécessaire de faire pour l’industrie ?

En termes de potentiel, la Russie est le pays le plus riche du monde. Les plus grandes réserves de minéraux les plus importants sont concentrées sur notre territoire. Mais parallèlement, en termes de taux de croissance économique, de développement technologique et de qualité de vie de la majorité des citoyens, nous nous rapprochons rapidement des États sous-développés. Pourquoi cela se passe-t-il ainsi? La raison principale en est le cours socio-économique qui, pour satisfaire les nouveaux riches, a pris le pouvoir après la destruction du système socialiste. L’économie universelle construite pendant l’ère soviétique, grâce à laquelle le pays pouvait se fournir pleinement et ne pas dépendre de la pression externe, a été transformée en une économie de matières premières par les efforts de «réformateurs» – un socle primaire, vulnérable, incapable d’assurer la sécurité nationale de la Russie, dont le capital transnational cherche à s’approprier son immense richesse en acquérir le contrôle total.

À bien des égards, c’est déjà le cas. Le contrôle de nos industries clés appartient en réalité au capital étranger. Sa part dans l’énergie électrique est de 95%, dans la métallurgie des métaux non ferreux – 75%, dans l’ingénierie ferroviaire – près de 70%, dans le commerce – environ 80%.

La production nationale dépend à 90% de machines-outils, de robots et de machines étrangères. Aujourd’hui, il y a 500 robots pour 10 000 travailleurs en Corée du Sud, 40 en Chine et nous n’en avons que deux.

Notre programme stipule de manière inconditionnelle: le rétablissement de la souveraineté économique est une condition préalable à la résolution de la crise systémique et à l’accélération du rythme du développement. Si nous n’y parvenons pas, notre économie ne pourra à se relever, peu importe à quel point les autorités assurent que cela a déjà été réalisé.

Dans la situation actuelle, nous sommes simplement obligés d’accroître la puissance du complexe de défense et de son financement: il ne nous reste plus d’autre choix. Mais la politique fiscale du gouvernement a entraîné une augmentation de la production au cours des deux dernières années et l’industrie de la défense a été soumise à la récession. Les investissements publics dans ce domaine sont réduits et les dettes des entreprises du complexe militaro-industriel s’accroissent. Payer un prix si dangereux pour le pays pour maintenir le cap de l’oligarchie et de ses partisans au pouvoir est tout simplement criminel dans les conditions de la vraie guerre déclarée à la Russie.

Presque toutes les industries, à l’exception des matières premières, ont déjà été soumises à un pogrom déclaré.

Voici juste un échantillon de statistiques montrant ce qui se passe dans notre secteur non primaire. Nous avons un veston pour 70 hommes par an, un moulin à café pour 1 500 familles, seulement 500 landaus et 23 000 parapluies – un pour 6 000 personnes. La part des importations dans l’industrie légère atteint 80%. Le pays achète 80% des biens destinés aux enfants à l’étranger, 70% des médicaments et 80% des produits médicaux sont également importés de l’étranger.

L’année dernière, 1,8 million de voitures ont été assemblées en Russie. Mais seule la sixième partie est équipée de moteurs nationaux et seule la huitième – avec ses propres organes de production. Le reste est importé.

Nous produisons du matériel informatique pour 4 dollars par personne et par an. Pratiquement tous les composants électroniques sont achetés à l’étranger. C’est une véritable honte pour le pays qui, au cours des années de socialisme, a été capable de créer la plus grande science et de bouleverser le monde entier avec ses réalisations dans le domaine spatial!

Ceux qui pensent que nous pouvons survivre longtemps à partir du commerce des ressources naturelles se trompent profondément, ils croient encore aux promesses, que le gouvernement avait faites de libérer la Russie au cours de la dernière décennie, sans toutefois tenir sa promesse. Les problèmes technologiques captivent de plus en plus l’industrie des matières premières, ce qui entraîne une baisse de la qualité de ses produits et des volumes de production. Dans le même temps, les États-Unis ne ménagent aucun effort pour évincer la Russie du marché mondial du pétrole, ce qui sera un coup dur pour nous. L’Amérique a déjà atteint la première place mondiale en termes de production de pétrole. Et elle envisage d’augmenter ses livraisons en Europe d’un ordre de grandeur dans les deux prochaines années.

Enfin, il est nécessaire de comprendre que la crise croissante du système capitaliste mondial n’est pas un mythe répandu par les communistes, comme le prétendent nos adversaires, mais une réalité de plus en plus évidente. L’une de ses manifestations est le déclin de la croissance économique moyenne mondiale, particulièrement aigu en Russie, du fait que nous avons la version la plus laide et la plus primitive du capitalisme. Et cette diminution entraîne inévitablement une diminution de la demande de matières premières sur les marchés mondiaux. La Banque centrale a récemment publié un «Rapport sur la politique monétaire», dans lequel elle mettait en garde: un ralentissement de l’économie mondiale pourrait entraîner un effondrement des prix du pétrole – à 30-40 et, selon les pires prévisions – à 20 dollars le baril d’ici 2021. Dans ce cas, l’industrie pétrolière russe deviendra non rentable, L’Etat devra prendre entièrement en charge ses subventions. Et le budget, que le gouvernement actuel corrige déjà au détriment des secteurs de développement les plus importants du point de vue stratégique, avec une telle diminution du revenu en matières premières sera complètement à nu.

Pour éviter cela, il est temps de prendre pleinement conscience: il est nécessaire de constituer de toute urgence un budget basé sur la tâche de créer un environnement industriel et productif fondamentalement différent, axé sur un développement plus rapide, sur la croissance d’une économie de haute technologie. Ce dont nous avons besoin, c’est d’orienter les efforts de gestion et les ressources financières vers la réindustrialisation à grande échelle de la Russie, projetée il y a bien longtemps au fil des années du capitalisme oligarchique. C’est l’un des points essentiels de notre programme de développement, qui implique un changement radical de la stratégie économique, une nouvelle industrialisation, une véritable modernisation de l’économie et son retrait des rails innovants, plutôt que la redécoration inutile d’un système pourri que le gouvernement nous invite à faire. objectifs stratégiques énoncés dans les décrets et les messages du président.

Une Économie maintenue affamée

L’un des principaux outils de ce sabotage est la politique financière du gouvernement, qui est ouvertement contradictoire avec nos intérêts nationaux. Le Parti communiste insiste sur son principal changement. Dans notre programme, il est dit: les ressources en crédit devraient être orientées vers la restauration de l’économie du pays. À cette fin, nous réduirons les intérêts bancaires des entreprises nationales, mettrons fin au retrait incontrôlé de capitaux à l’étranger, concentrerons tous les fonds disponibles sur la production nationale et humaine, créerons des possibilités d’injections à grande échelle dans l’économie, soutiendrons les petites et moyennes entreprises, les entreprises nationales et les entreprises collectives.

Regardez comment le pouvoir stimule de manière agressive l’économie nationale en Chine, qui se développe à un rythme effarant sous le leadership des communistes. Dans ce pays, rien qu’en juin de cette année, le secteur bancaire a émis des prêts d’un montant total de 1,6 billion de yuans (240 milliards de dollars) aux entreprises. La croissance de l’investissement en immobilisations au premier trimestre de cette année était d’environ 6% par rapport au premier trimestre de 2018. La production industrielle et le PIB du pays ont augmenté de plus de 6% en juin en juin.

La Russie pourrait obtenir des résultats similaires si nous avions une planification responsable répondant aux intérêts stratégiques. Mais que voyons-nous à la place? Les investissements en immobilisations au premier trimestre de 2019 ont diminué de près de 3% par rapport au premier trimestre de l’année précédente. La réduction globale des dépenses publiques consacrées au soutien de l’économie dans les mêmes conditions annuelles a été de 20%.

Dans un contexte d’appauvrissement massif des citoyens, les profits du secteur bancaire russe ne cessent de croître. Seulement au premier semestre de 2019, elle a dépassé le billion de roubles. Mais le gouvernement et la banque centrale ne veulent pas contribuer au crédit à grande échelle de la production nationale, ils continuent à maintenir l’économie affamée, l’étouffant en fait.

Mais notre gouvernement se plie volontiers au pillage de ressources financières, qui sont continuellement transférées à des banques étrangères et à des sociétés offshore. Au cours des cinq premiers mois de 2019, la Russie a presque deux fois plus d’argent que la même période en 2018: plus de 35 milliards de dollars contre 19 milliards l’année dernière. En roubles, les capitaux investis à l’étranger de janvier à mai s’élèvent à près de 2 300 milliards de dollars.

La même attitude irresponsable à l’égard de la saturation financière de l’économie est démontrée par ses «commandants» du gouvernement lors de l’établissement du budget.

En juin, la Douma d’Etat a examiné des amendements au budget fédéral actuel. Par rapport à l’automne 2018, année de son adoption, ses revenus ont augmenté de près de deux milliards de roubles. Notre faction a insisté sur le fait que ces fonds devraient servir à soutenir l’économie nationale et la sphère sociale. Mais les ministres et les députés de Russie unie ont encore une fois ignoré nos revendications. Seule la huitième partie de l’augmentation du budget a été dépensée en dépenses nouvelles. Le reste des fonds a été chargé de nouveau dans le pot de sauvegarde. C’est, en fait, un vol organisé du pays.

Dans le contexte de ses politiques médiocres et destructrices, le gouvernement attribue une plus grande responsabilité financière aux régions en ce qui concerne le respect des obligations sociales, la maintenance des infrastructures et d’autres dépenses importantes. Le ministère des Finances prédit que la dette totale des régions russes, actuellement de 2,2 trillions de roubles, augmentera d’un trillion de milliards d’ici 2021.

Le Parti communiste de la Fédération de Russie a soumis à la Douma 12 projets de loi permettant de constituer un budget de développement, le portant à 25 000 milliards de roubles. Nous proposons une politique régionale fondamentalement différente. Dans le programme du Parti communiste de la Fédération de Russie, il est dit: notre tâche historique consiste à assurer la renaissance de la Russie «provinciale». Nous allons aplanir les budgets régionaux, garantir le soutien des petites villes, des villages et des zones rurales, assurer le retour des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures sociales, déployer du gaz, de l’électricité, de l’eau et des égouts dans les logements privés, gratuitement pour les citoyens.

Avec une telle politique financière menée aujourd’hui, il est impossible de s’attendre à atteindre les objectifs déclarés par le gouvernement: la croissance de l’économie nationale à un taux supérieur à la moyenne mondiale et sa percée technologique. Avec le cours actuel, ces objectifs seront enterrés aussi inconditionnellement que le programme de modernisation, annoncé solennellement il y a 10 ans et transformé en zilch.

C’est ce que montrent les résultats économiques ministériels des premiers mois de 2019 annoncés par le cabinet. Au premier trimestre de cette année, la croissance du PIB n’était que d’un demi-point de pourcentage par rapport à la même période en 2018. Et par rapport au quatrième trimestre de l’année dernière, l’économie a complètement chuté. En termes de croissance économique, nous sommes désespérément à la traîne non seulement de la superpuissance telle que la Chine, mais également de nombreux pays récemment classés dans la catégorie des pays sous-développés. Par exemple, la Malaisie sur cet indicateur dépasse aujourd’hui notre pays de 8 fois.

Le gouvernement affirme veiller constamment sur le développement des petites et moyennes entreprises et d’en prendre soin de toutes les manières possibles. Mais de telles assurances ne sont absolument pas vraies. Les sondages effectués en mai et juin par les plus grands services sociologiques ont révélé une nette détérioration du climat des affaires dans tous les secteurs de l’économie et un manque de confiance des entreprises dans le fait qu’un pays doté d’une telle politique pourrait sortir de la crise. Seulement 15% des entrepreneurs ont déclaré attendre la croissance des entreprises de leur secteur. Le nombre d’entreprises qui prévoient d’agrandir leur personnel est tombé à 6%. Plus de la moitié des dirigeants d’entreprises ont déclaré: dans les 5 prochaines années, la situation économique s’aggravera.

Grâce à cette politique financière, nous n’occupons que la 118ème place mondiale en termes de coûts de santé en termes de PIB. En termes de dépenses d’éducation – 88ème place. Mais le gouvernement, à en juger par ses actions, cherche à faire en sorte que nous tombions encore plus bas.

Cette politique contribue directement au fait que, parallèlement à l’industrie nationale, les sciences appliquées et l’éducation, qui constituent le fondement le plus important du développement technologique, sont exposés à un pogrom déclaré.

Souvenons-nous: au XXe siècle, chaque seconde invention de la planète a été réalisée en URSS. Un passager sur trois dans le monde utilisait un avion soviétique. Chaque seconde des mathématiciens qui ont assuré le succès des principales sociétés informatiques du monde est née dans notre pays. Mais ceux qui gèrent aujourd’hui l’économie et la sphère financière russes piétinent littéralement la science et l’éducation nationale, les condamnent à l’oubli.

Au cours des six derniers mois, les trois principaux oligarques russes ont perçu un revenu supplémentaire de 840 milliards de roubles. Et l’État consacre 200 milliards de moins au financement d’un programme présidentiel de cinq ans pour le développement de la science.

La situation des dépenses de R & D, à savoir la recherche, le développement et les travaux technologiques envisagés dans le cadre des plus importants programmes d’État, qui ne peuvent être gagnés sans un appui scientifique adéquat, est scandaleuse. En 2019, ces coûts ont fait l’objet d’une réduction inacceptable par rapport aux coûts de 2014. Dans le cadre du programme national « Développement économique et économie de l’innovation » – de 16%, le programme « Activité spatiale de la Russie » – de 20%, le programme « Développement de l’industrie aéronautique » – de près de 40% et le programme « Développement de l’industrie de l’énergie nucléaire » – de près de 66%. % Les dépenses de R & D prévues par le programme «Développement de l’industrie et augmentation de sa compétitivité» ont diminué de 95% au cours des 5 dernières années!

Le tableau franchement catastrophique de la dimuntion des crédits consacrés à la science est exacerbé par la même attitude perfide à l’égard de l’éducation. Dans le système actuel, il ne devient pas le principal moyen de développement intellectuel et de renforcement des bases du personnel du pays, mais un magasin commercial conçu non pour les plus talentueux, mais pour les plus riches. C’est la voie directe vers la dégradation sur laquelle le système du capitalisme sauvage travaille de manière agressive.

Le rapport du Cabinet des ministres à l’Assemblée fédérale indiquait ceci: d’ici 2024, le nombre de places budgétaires dans les établissements d’enseignement supérieur russes diminuera encore de 17%. Dans le même temps, selon les calculs du gouvernement, le nombre de candidats augmenterait d’ici là de 15%. Ainsi, les chances réelles d’obtenir une éducation supérieure gratuite seront réduites de 25%.

Le pays ne peut pas compter sur une avancée novatrice sans lui fournir une base scientifique et humaine digne de ce nom. Par conséquent, notre programme dit: la base de la nouvelle industrialisation ne peut être que la science moderne, basée sur une éducation de haute qualité. Pour réussir leur développement, il est nécessaire d’augmenter la part des dépenses publiques consacrées à la science et à l’éducation à au moins 7% du PIB. L’histoire se confirme sans réserve: seuls les pays qui ont suivi cette règle ont réussi à résoudre le problème de la modernisation technologique et de l’accélération fondamentale de la croissance économique. Mais dans notre budget fédéral, les dépenses consacrées aux sciences représentent moins de 0,4% et celles consacrées à l’éducation, à seulement 3,6% du PIB.

Refusant d’affecter des ressources financières au développement, le gouvernement continue d’augmenter rapidement la dette extérieure de l’État. Il examine de plus près l’accroissement des emprunts extérieurs par l’entreprise oligarchique russe, dont les dettes doivent être remboursées avec des fonds de l’État. C’est-à-dire aux dépens des citoyens russes. Cela est doublement irresponsable et dangereux dans la situation actuelle, lorsque notre dette extérieure est activement utilisée par l’Occident pour accroître la pression hostile sur la Russie.

Récemment, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté un amendement au projet de budget de la défense pour 2020 prévoyant l’imposition de sanctions à l’encontre de la dette du gouvernement russe. Il s’agit d’une interdiction d’acheter des obligations russes aux États-Unis. Dans le même temps, les États-Unis vont faire pression sur les pays de l’UE, les incitant à prendre des mesures similaires. Si de telles sanctions entrent en vigueur, la Russie sera confrontée à la nécessité d’éteindre les dettes à la demande de créanciers étrangers, sans avoir la possibilité de se refinancer en vendant de nouvelles obligations. En conséquence, nos réserves de change seront utilisées pour rembourser la dette extérieure. Et l’indépendance de la Russie s’érodera encore plus.

Ce n’est pas par hasard que Brad Sherman, membre du Congrès démocrate de Californie, auteur de cet amendement de sanction anti-russe, a déclaré: « Les sanctions actuelles contre la Russie sont une illusion ». Et il a assuré: ce sont les sanctions contre la dette de l’État qui nous permettront d’exercer une pression véritablement tangible et productive sur notre pays.

Dans le même temps, selon le rapport de la Banque centrale, la dette extérieure totale de la Russie, c’est-à-dire la dette totale de l’État et des entreprises privées vis-à-vis des créanciers étrangers, est de 482 milliards de dollars (30,4 milliards de roubles). Pour le premier semestre de 2019, il a augmenté de 6% et a atteint la troisième partie du PIB et près de deux budgets annuels du pays. La dette publique envers les créanciers étrangers s’accumule à un rythme encore plus rapide. Au cours des six derniers mois, il a atteint 64,3 milliards de dollars, soit 1,5 fois plus qu’au premier semestre de 2018. Il s’agit d’un taux de croissance record de la dette extérieure publique de notre histoire. Dans le même temps, les réserves de change de la Russie s’élèvent aujourd’hui à 518 milliards de dollars, c’est-à-dire que notre dette extérieure totale dépasse moins de 36 milliards. Presque autant au cours des cinq premiers mois de 2019 ont été retirés du pays au profit de banques et d’officiers étrangers. À titre de comparaison, avant la crise de 2008-2009, les réserves d’or et de change de la Russie dépassaient de 200 milliards de dollars sa dette extérieure consolidée. Mais depuis lors, le rapport entre eux et la dette extérieure n’a cessé de diminuer.

Il est nécessaire de reconnaître que la politique financière des autorités non seulement ne contribue pas au soutien de la production, de la science ou de l’éducation nationales, mais aide également les adversaires à attaquer notre pays, à rechercher son affaiblissement et à porter atteinte à la souveraineté de la Russie.

Politique qui engendre la déception

Nous l’avons déjà dit plus d’une fois: le gouvernement annule constamment ses propres promesses et garanties prévues par la Constitution, qui stipule que la Russie est un État social. La validité de cette conclusion est pleinement confirmée par la politique en matière de fiscalité et de dépenses sociales. Son échec à prouver et les résultats du premier semestre de 2019.

Plus tôt cette année, la taxe sur la valeur ajoutée était passée de 18% à 20%. En envoyant un projet de loi à la Douma pour augmenter cette taxe, le gouvernement a assuré: le budget générera ainsi un revenu supplémentaire de 620 milliards de roubles par an. Mais le résultat réel s’est avéré être exactement celui sur lequel le Parti communiste de la Fédération de Russie avait mis en garde, s’opposant à l’augmentation de la TVA et insistant dans son programme pour qu’elle ne soit pas augmentée, mais essentiellement réduite. Le budget n’a reçu aucun revenu supplémentaire. Mais les citoyens ont eu une augmentation supplémentaire du coût des biens et services de 10% en moyenne, en raison de l’augmentation de cette taxe.

L’augmentation de la TVA a eu un impact négatif sur les entreprises: elle a provoqué une baisse de leur rentabilité et certaines d’entre elles ont été condamnées à la faillite. Si, en février de cette année, il y avait un peu plus de deux mille entreprises en faillite dans le pays, leur nombre a grimpé à près de 3 300. Selon ce chiffre déplorable, la Russie est nettement en avance sur tous les pays européens.

En 2015, le gouvernement avait mis en place une nouvelle procédure de calcul de la taxe foncière pour les particuliers. Il a commencé à compter compte tenu de la valeur cadastrale. Et voici le résultat: en 2019, les gens paient une taxe sur l’immobilier de 20% de plus qu’il y a 4 ans.

Depuis le 1 er juillet, l’accord entre le gouvernement et les fabricants sur le gel des prix de l’essence a été résilié. L’année dernière, ils avaient déjà bondi de 9% en raison de l’augmentation des taxes imposée par le gouvernement. Cela a entraîné une augmentation du coût du transport et une augmentation d’au moins 7% du coût des biens essentiels. Selon les prévisions des experts, les prix de l’essence augmenteront encore plus cette année, contrairement aux promesses que le gouvernement a récemment faites.

Le fardeau fiscal et fiscal des citoyens et des entreprises est encore exacerbé par le système Platon, ainsi que par la loi sur le jardinage citoyen pour ses propres besoins, entrée en vigueur le 1er janvier en raison des nouvelles règles régissant la collecte des déchets.

Refusant constamment de réviser le système d’imposition actuel des personnes et ne voulant pas augmenter le fardeau fiscal de l’oligarchie fabuleusement enrichie, le gouvernement préfère colmater des trous financiers à l’aide de mesures de plus en plus effrontées dirigée contre les travailleurs et les retraités appauvris. Une telle politique ne peut être décrite que comme antisociale et anti-populaire.

La politique opposée est inscrite dans notre programme. Il garantit la révision du système fiscal actuel en faveur des citoyens à revenu faible et moyen, une augmentation fondamentale des impôts des super-riches et une réduction de ceux-ci pour les pauvres – jusqu’à une exonération totale des impôts.

Parallèlement à cela, nous soutenons l’abolition de la « réforme » des retraites franchement perfide et un retour aux règles existantes de la législation sur les retraites. Cela correspond parfaitement à l’exigence exprimée par les neuf dixièmes de nos citoyens et cyniquement ignorée par les autorités.

Selon la Banque mondiale, le taux de mortalité des hommes de moins de 65 ans en Russie est le plus élevé d’Europe: 43% n’atteignent pas cet âge. Une femme russe sur cinq quitte la vie avant d’atteindre 65 ans. L’âge moyen de la capacité de travail dans notre pays est de 63 ans. La plupart de ceux qui ont dépassé cet âge ne sont pas dans un état de santé qui leur permet de fonctionner pleinement. Mais tout cela n’a pas empêché le président, le gouvernement et Russie unie d’introduire des amendements à la loi sur les retraites, qui, malgré des protestations massives, sont entrés en vigueur le 1er janvier.

Les coûts économiques inévitables, qui compensent totalement les «avantages» promis par le gouvernement de la «réforme» des retraites, ne les ont pas arrêtés non plus. Les économistes estiment que 3 à 4 millions de nouveaux emplois seront nécessaires chaque année pour créer des emplois pour ceux qui doivent désormais travailler 5 ans de plus. Cela représente 9 000 milliards de roubles d’investissements supplémentaires, alors que les économies promises par le gouvernement au détriment de la réduction du nombre de retraités sont tout simplement insignifiantes. La justesse des opposants à la «réforme» est pleinement confirmée par les récentes prévisions publiées par le ministère du Travail: en 2020, le chômage en Russie augmentera de 1,6 fois. Et cela se produira justement à cause de l’afflux sur le marché du travail de ceux qui ont été privés de la possibilité de prendre leur retraite.

Le gouvernement a promis d’atténuer les effets négatifs de la «réforme» à l’aide du programme d’État «Développement du système de retraite», qui stipulait que la pension moyenne serait de deux salaires de subsistance, et non d’un salaire et demi, comme c’est le cas actuellement. Mais l’autre jour, cela a été annoncé: le gouvernement refuse ce programme . Il a été promis à tous les bénéficiaires d’une pension d’ajouter au moins 1 000 roubles. Mais les retraités n’ont pas non plus bénéficié de cette augmentation misérable. Non-travail cette année ajouté seulement 523 roubles. Ils promettent aux travailleurs d’en ajouter 244 à compter du 1er août. 244. L’augmentation promise depuis longtemps des paiements aux retraités de l’armée a été reportée à octobre. Et même s’ils l’attendent, ce ne sera que 4,3%.

Qu’est-ce que c’est, sinon une claire moquerie de personnes qui ont gagné le droit de gagner du repos et des pensions décentes pour de nombreuses années de dur labeur? Qu’est-ce, si ce n’est une tromperie directe du peuple, que les autorités, sans hésiter, continuent d’appeler à voter lors des élections?

Une conséquence directe du cours antisocial est l’appauvrissement constant, qui dure depuis 5 ans. Au cours des six derniers mois, les revenus réels des citoyens ont encore diminué de 1,3%. Et dans certaines régions, leur chute de janvier à juin a été encore plus rapide et a varié de 6 à 9%.

Les statistiques officielles admettent que 13% des Russes sont des mendiants et affirment que le salaire moyen dans le pays avoisine les 50 000 roubles. Mais, selon les calculs de spécialistes, le salaire que la majorité reçoit est inférieur à 27 000. Aucune personne sensée ne nierait qu’avec les prix actuels des biens et services, les tarifs en constante augmentation et les extorsions, il s’agit d’un montant dérisoire, même pour une personne. Sans parler de ceux qui doivent nourrir leur famille pour un tel salaire.

En janvier-mai 2019, les Russes ont dépensé 415 milliards de roubles pour l’achat de deux milliards de paquets de médicaments. Les ventes de médicaments importés coûteux en mai de cette année par rapport à mai 2018 ont diminué de près de 10%. En général, les ventes de médicaments ont diminué de 3,7%, mais les vendeurs les ont aidées de 1,2% de plus qu’il ya un an. En d’autres termes, les citoyens appauvris sont obligés de réduire leur consommation de drogues tout en y consacrant de plus en plus d’argent. La hausse moyenne des prix des médicaments nationaux au cours de la dernière année a été de 5,6%, celle des produits importés de 8%.

La hausse des prix dans l’industrie est en moyenne de 12%. Rosstat a publié début juillet des données sur la hausse des prix des denrées alimentaires en 2018. Le mil et le chou ont augmenté de 73%, le sucre de 28%, les œufs de 26%, les oignons et les betteraves de presque un quart, la viande de poulet et les carottes de 20%. En ce qui concerne les prix des produits alimentaires pour l’année en cours, les statistiques ne donnent encore que des informations fragmentaires: pour les cinq premiers mois de 2019, les légumes ont augmenté en moyenne d’un quart, les fruits, de plus de 7%. À son tour, l’association nationale russe des aliments pour animaux a émis un avertissement: cette année, le prix de la viande augmentera d’au moins 10%.

La baisse continue des revenus, qui s’accompagne d’une hausse des prix des biens essentiels, pousse les citoyens dans le piège de la dette. Aujourd’hui, près de 60 millions de Russes – 40% – ont contracté au moins un prêt. La dette totale des citoyens envers les créanciers dépasse 15 000 milliards de roubles – un montant proche du budget fédéral cette année. Récemment, la direction de la Banque centrale a déclaré: En moyenne, les débiteurs russes envoient jusqu’à 44% de leurs revenus pour rembourser leurs emprunts.

Les économistes insistent de plus en plus sur le fait qu’une croissance de la dette en crédits comparable à une avalanche pourrait, au cours des deux prochaines années, nous conduire à une crise financière similaire à celle déclenchée par la «bulle du crédit» éclatée en 2008-2009. Mais cette nouvelle crise ne sera plus une crise mondiale mais une crise interne à la Russie. Et ses conséquences seront encore plus difficiles pour notre pays.

Stopper l’appauvrissement et libérer les citoyens de l’étranglement de la dette ne peut que mettre en œuvre notre programme. Nous allons contrôler les prix des produits de base et des biens essentiels, pour les tarifs des services publics. Nous allons réduire les prix des médicaments et les tarifs pour tous les types de transport. Les demandes de réparations majeures seront annulées. Les tarifs des services publics ne doivent pas dépasser 10% du revenu familial.

Système d’inégalité et de sous développement

Le cours actuel ne profite qu’à un groupe social – l’oligarchie et les représentants du gouvernement qui servent ses intérêts. Mais leur prospérité est achetée à un prix criminel que le pays ne peut continuer à payer. Ce prix est une inégalité flagrante et un génocide social réel, qui a pour conséquence l’extinction de la Russie.

Le rapport conjoint de la Haute école d’économie et de la Vnesheconombank indique: 3% des Russes les plus riches concentrent près de 90% de tous les actifs financiers du pays. En termes de concentration de la richesse parmi les couches les plus riches des riches, la Russie a eu des résultats triple de ceux du Japon et de la France, plus que doublé l’Italie, la Grande-Bretagne et le Canada et presque doublé les États-Unis. Le niveau d’inégalité est prohibitif, même selon les normes de l’Amérique latine et de l’Asie. Ainsi, au Brésil, 1% de la population ne possède que 43% des actifs et en Inde, 51%.

L’ONU publie chaque année le rapport «Indices et indicateurs de développement humain», qui reflète la situation dans 189 pays du monde. Dans le dernier rapport, les experts de l’organisation ont classé la Russie à la 49ème place en termes de développement humain. Et ils ont cité deux raisons principales pour lesquelles notre pays était à la fin du quatrième dix: faible espérance de vie et pauvreté de masse.

L’inégalité et la crise démographique sont deux malheurs qui vont de pair. S’étant effondrés du fait du capitalisme oligarchique au niveau des pays les plus arriérés en termes d’ampleur de l’injustice sociale, nous tombons au même niveau et en termes d’ampleur d’une catastrophe démographique.

La perte de la population autochtone de Russie depuis l’année dernière augmente à un rythme que même les dirigeants du gouvernement sont forcés de reconnaître comme catastrophique: rien que pour les cinq premiers mois de 2019, il s’élevait à 180 000 personnes.

L’année dernière, les dirigeants de la CIA ont organisé une réunion spéciale sur les conflits et les crises mondiaux, que les services de renseignements américains s’attendent à développer dans les 20 prochaines années. La chute démographique de la Russie est l’un des principaux facteurs de crise. Il s’agit du seul des 50 principaux pays du monde où la population diminue constamment.

Les principaux facteurs de la crise démographique sont la pauvreté, l’absence de logement, le risque de chômage, l’affrontement de la jeunesse russe par l’épée de Damoclès et l’incertitude quant à l’avenir, inévitable pour une société plongée dans un capitalisme sauvage.

Au cours des cinq dernières années, le nombre de mariages en Russie a diminué de plus de 20%. Dans le même temps, le taux de natalité diminue plus rapidement. Cette année, il a diminué de 12% par rapport à 2018. Tout cela est la conséquence directe d’une politique sociale et économique dévastatrice, dans laquelle des citoyens démunis qui n’ont pas confiance en leur avenir craignent de fonder une famille et d’avoir des enfants.

Selon des estimations d’experts nationaux et étrangers, notre pays se classe aujourd’hui entre 125 et 130ème en termes d’espérance de vie pour les hommes et entre 80 et 90 ans en termes d’espérance de vie pour les femmes. Le gouvernement a promis qu’en 2024 nos citoyens vivraient en moyenne 5 à 6 ans de plus. Mais est-il possible de croire de telles promesses avec la politique qu’elle tient? À titre de comparaison: en France, qui ne connait pas une politique sociale et économique aussi choquante que celle que nous avons aujourd’hui,a réussi à obtenir une augmentation similaire de l’espérance de vie moyenne en 22 ans. Et le pouvoir nous promet des miracles d’une percée démographique, pas un truc sans sortir de la trajectoire destructrice provoquant une catastrophe démographique.

On peut y mettre un terme en s’acquittant des obligations de notre programme relatives à la protection sociale de la famille, à la maternité et à l’enfance et à l’aide de l’État à la médecine.

Le programme du Parti communiste de la Fédération de Russie garantit des soins médicaux gratuits et de haute qualité ainsi que le financement des soins de santé à un niveau non inférieur à 7% du PIB. L’État est obligé d’assumer tous les coûts liés au traitement des personnes gravement malades. Il est nécessaire de supprimer l’optimisation audacieuse de la sphère médicale, qui conduit à sa commercialisation rapide, à la réduction du nombre d’hôpitaux et de cliniques et à la perte de spécialistes hautement qualifiés.

Nous plaidons pour le soutien total de la maternité et de l’enfance, la restauration du système d’éducation préscolaire et une place garantie à la maternelle pour chaque enfant, le développement du sport de masse pour les enfants et l’organisation de cercles libres et de studios de création dans tout le pays, de subventions publiques pour la production de biens pour enfants.

En parlant des conséquences démographiques de la politique du capitalisme criminel, on ne peut s’empêcher de dire à propos de la catastrophe que les autorités et l ‘«opposition libérale» continuent de faire taire. C’est l’extinction du peuple russe qui forme l’Etat et qui, depuis l’époque de la destruction perfide de l’URSS, continue de décroître au rythme le plus rapide. Le cours actuel le détruit avec la même brutalité avec laquelle, dans les années 40 du siècle dernier, a détruit la plus terrible guerre de l’histoire du monde.

Voici l’expertise des démographes de l’OTAN: si en 1989 le nombre de Russes était de 120 millions, il en comptait 111 millions en 2010, pas plus de 103 millions en 2020 et moins de 98 en 2025. 35 ans de politique du capitalisme sauvage, si elle continue notre pays, coûtera 22 millions de vies au peuple russe!

Quels autres arguments sont nécessaires pour confirmer que le système qui nous est imposé est un système de génocide déclaré qui n’a pas le droit d’exister? Quelles autres preuves faut-il avoir que, depuis la fin du XXe siècle, le plan d’extermination de l’un des plus grands et des plus grands peuples de la planète soit effectivement mis en oeuvre? Et quelle folie est la réticence à admettre que la mise en œuvre de ce plan monstrueux est directement encouragée par la politique socio-économique menée dans le pays, qui a longtemps prouvé son danger mortel!

Changement de cap pacifique ou explosion sociale?

«L’opposition libérale», dans l’espoir d’utiliser la crise et de profiter de l’explosion sociale imminente pour venger le «parti des années 90», persiste à imposer à la société le mythe selon lequel il faut chercher précisément à se débarrasser de la crise systémique de la Russie par cette voie. Mais c’est un mythe pour les dupes. Il est contredit par l’attitude des libéraux locaux eux-mêmes, qui, à l’instar du gouvernement actuel, sont favorables à la préservation des industries stratégiques entre les mains de l’oligarchie et insistent pour que l’inégalité gigantesque en matière de propriété soit reconnue comme une condition «normale» de la concurrence capitaliste. Ce mythe est également réfuté par les conclusions des plus grands économistes et financiers occidentaux, qui reconnaissent aujourd’hui:

Joseph Stiglitz, économiste américain, lauréat du prix No-Belev, a publié un article intitulé «Background» sur le site Web de Project Syndicate. En Occident, il est devenu la publication économique qui a eu le plus d’écho de ces derniers mois. Les idées principales de l’un des experts les plus influents dans le domaine de l’économie sont les suivantes: l’expérience néolibérale, couronnant l’histoire du capitalisme mondial, a échoué. Les taux de croissance sont maintenant inférieurs à ceux du quart de siècle qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Après des décennies de stagnation et de baisse des revenus, le néolibéralisme doit être déclaré mort. La seule alternative raisonnable pour lui est le centrisme de gauche progressiste. Il est nécessaire de rompre le lien entre le pouvoir économique et l’influence politique, de réduire l’influence de l’argent sur la vie politique et de réduire de manière persistante les inégalités sociales. Si ces objectifs ne sont pas atteints,

En fait, l’un des économistes modernes les plus éminents fait écho au programme CPRF, qui exige que l’oligarchie soit privée de toute influence politique et de tout contrôle sur l’économie.

Non seulement des scientifiques, mais aussi des représentants de l’élite financière de l’Occident ont déjà lancé des appels en faveur d’un renversement fondamental du système socio-économique vers l’idéologie de gauche. En juin, près de deux douzaines de milliardaires américains ont adressé une lettre collective aux candidats à la présidentielle américaine dans laquelle ils appelaient à une augmentation substantielle du fardeau fiscal des super-riches. «L’inégalité nourrit le mécontentement et la discorde dans la société. Il en résulte une méfiance croissante à l’égard des institutions démocratiques et même pire », indique leur message.

Alan Schwartz, un vétéran de Wall Street, responsable de la banque d’investissement Guggenheim Partners, a déclaré que lorsque les masses pensent que les élites gagnent trop, l’une des deux choses suivantes se produit: une redistribution législative de la richesse ou de la révolution.

Jamie Dimon, président de la banque américaine JP Morgan, se fait l’écho de ces propos: «Le gouvernement s’éloigne progressivement de la réalité dans laquelle vit l’homme du commun. Les gens ont perdu confiance dans la capacité des institutions à remplir leur mission et à fournir un soutien social et une protection. Ils ont besoin de changement, et nous devrons admettre que le changement est mûr ».

L’un des principaux investisseurs américains, Ray Dalio, a résumé les conclusions de ces milliardaires occidentaux: « Nous avons atteint un point critique au-delà duquel tout dépend de notre capacité à parvenir à un accord. »

En fait, le système du capitalisme mondial signe sa propre faillite par la bouche de ses représentants éminents. Et si vous ne savez pas que leurs appels concernent la situation en Occident, vous pourriez penser qu’ils s’adressent au gouvernement russe, notre gouvernement actuel. Réfléchissons bien: même si les économistes et les financiers évaluent ainsi la situation dans les pays occidentaux les plus développés, que peut-on dire du parcours suivi en Russie et de ce à quoi il pousse notre pays et notre société?

Comme pour faire écho aux conclusions ci-dessus, le président Poutine, prenant la parole lors du sommet du G-20 en juin, a déclaré que l’ère du libéralisme prenait fin, les partisans de cette idéologie ayant commis trop d’erreurs. Mais l’idée libérale elle-même était dépassée et entrait en conflit avec les intérêts de la grande majorité des gens. Il est impossible d’être en désaccord. Cependant, le président a réduit l’idéologie libérale presque exclusivement à la question des migrations, ignorant la composante socio-économique destructrice de cette idéologie. Et pour ne rien dire du fait que le gouvernement russe suit un cours axé sur les idées néolibérales les plus radicales.

Si le chef du pays reconnaît que cette idéologie s’est épuisée et contredit les intérêts de la majorité absolue, il doit reconnaître que le cours socio-économique suivi dans notre pays s’est épuisé et va à l’encontre des intérêts de la société.

Notre gouvernement ne peut pas offrir au pays une alternative anti-crise à une impasse libérale. Il continue à suivre le même cours libéral. Cela est prouvé par ses actions dans le domaine socio-économique et par sa politique de migration, non loin de la politique de l’Union européenne, critiquée par le président.

De nombreux experts, commentant la situation socio-économique, disent: il est impossible de nommer un autre pays, sauf la Russie, où, avec une crise aussi longue et un aussi appauvrissement prolongé, le gouvernement ne changerait pas. La grande majorité de nos citoyens sont outrés. Mais les dirigeants du pays ne semblent pas se rendre compte que l’indignation populaire croissante menace sérieusement une explosion sociale.

Au lieu de se concentrer sur la prévention de cette menace et de corriger fondamentalement les politiques dans l’intérêt des citoyens, le

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   Posté le 02-02-2020 à 23:55:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le blog de Danielle Bleitrach :

Les communistes russes ont demandé la convocation d’une assemblée constitutionnelle


https://histoireetsociete.wordpress.com/2020/01/31/les-communistes-russes-ont-demande-la-convocation-dune-assemblee-constitutionnelle/?fbclid=IwAR0fWCY-J1J6aA4TSZZbHJVz1kK7qaoCsDDQoxUCsUV1_5kRMfpdMoy-Yo4
31
JAN


Les communistes présentent les amendements nécessaires à leur approbation des changements constitutionnels proposés par le président: nationalisation des ressources minières et distribution des profits aux citoyens, indexation du coût de la vie, retour à la retraite à 60 ans pour les hommes et à 55 ans pour les femmes, mise en place d’une assemblée constituante (note et traduction de Danielle Bleitrach)

30 janvier 2020 12:00 – Parti communiste
Les communistes ont demandé la convocation d'une assemblée constitutionnelle
Le Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie a adopté une déclaration officielle signée par le chef du parti Gennady Zyuganov, qui a formulé l’attitude des communistes à l’égard de la réforme constitutionnelle, a déclaré Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste.

«Le fait est que nous avons formulé nos amendements à la deuxième lecture du projet de loi sur les amendements à la Constitution. Et notre attitude vis-à-vis des réformes dépendra de l’attitude à leur égard » , a déclaré Dmitry Novikov à Interfax. Premièrement, a-t-il dit, « il est proposé de consacrer l’appartenance des ressources minérales russes au peuple, de proscrire leur privatisations sans ambiguïté et de créer ainsi une base constitutionnelle qui accorderait à tous les citoyens de la Russie leur part des revenus de l’exploitation minière, afin que cette part soit concrète » .

Deuxièmement, les communistes suggèrent « d’indexer sur le coût de la vie les pensions et les avantages sociaux, les bourses, et de le faire au moins une fois par an ». « Une condition indispensable devrait être l’indexation d’au moins la valeur de l’indice de croissance des prix à la consommation pour l’année précédente » , a déclaré Dmitry Novikov.

Le Parti communiste propose également d’inscrire dans la Constitution que «le salaire minimum, la pension minimum ne peuvent pas être inférieurs au salaire vital, et le salaire vital lui-même devrait être correctement calculé, comme cela est fait dans un certain nombre d’autres pays, et permette de garantir ainsi la satisfaction des besoins humains en logement, la nourriture, les vêtements, les soins médicaux, ainsi que l’accès à l’éducation, aux valeurs culturelles, aux transports publics dans certaines limites . »

Dmitry Novikov a également fait part de la proposition du Parti communiste de la Fédération de Russie « de consolider notre base de retraite, qui fonctionne depuis longtemps: 60 ans pour les hommes, 55 ans pour les femmes » .

Selon le vice-président du Comité central, les amendements incluent également un bloc politique. « Nous pensons que la procédure actuelle pour la formation du Conseil de la Fédération n’est pas la plus démocratique, et étant donné le rôle de cette autorité dans un certain nombre de postes sont il est proposé d’augmenter le rôle, il faut qu’il y ait plus d’élection des membres du Conseil de la Fédération au scrutin secret direct » , a déclaré Dmitry Novikov. Le Parti communiste considère ces amendements comme contraignants, les communistes vont certainement les présenter au projet de loi, a souligné le politicien.

Mais le Parti communiste de la Fédération de Russie n’a pas l’intention de se limiter à cette liste d’amendements, a noté Novikov. «Nous pensons que si nous parlons déjà de réforme constitutionnelle, elle devrait être complète et, par conséquent, elle devrait s’appliquer à l’ensemble de la Constitution, en particulier aux première et deuxième parties. Et pour cela, il est nécessaire, selon la Loi fondamentale, que cela se fasse avec l’Assemblée constitutionnelle » , a déclaré le parlementaire.

«Nous n’avons même pas de loi sur l’Assemblée constitutionnelle. Nous pensons que celle-ci l devrait être adopté d’urgence et qu’une discussion sur de nouveaux amendements devrait avoir lieu sur la mise en place de cette Assemblée constitutionnelle » , a déclaré Novikov.

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   Posté le 13-04-2020 à 21:04:17   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Lénine et le socialisme au XXIème siècle Rapport de Gennady Zyuganov au CC du CPRF




Lundi 13 avril 2020, par lepcf.fr,

Il me semble que ce rapport du jubilé par le CPRF constitue une contribution d’une grande valeur pour l’avancement du socialisme et du communisme.

Hervé Fuyet


________________________________




L’héritage idéologique de Lénine et la lutte des travailleurs pour le socialisme au XXIe siècle
Rapport du jubilé par le président du CC du CPRF Gennady Zyuganov lors de la 10ème session plénière du Comité Central du Parti.


La durée de vie des grandes idées se mesure en siècles et en millénaires. Répondant aux aspirations des gens ordinaires, elles se perpétuent parmi les masses et les inspirent dans la lutte pour la construction d’un monde nouveau et juste. C’est pourquoi les idées de Lénine continuent à vivre et à triompher.

Bientôt 150 ans se seront écoulés depuis la naissance de Vladimir Lénine. Il nous incombe de nous souvenir de son héritage, de l’étudier en profondeur et de l’appliquer énergiquement et correctement dans les conditions modernes.

Aller de l’avant, évoluer avec son temps

Dans les heures les plus sombres de l’histoire, avant l’aube, le génie de Lénine a brillé pour éclairer la nouvelle voie de développement de l’humanité. C’est arrivé lorsque le capitalisme s’est étendu au monde entier. Il a divisé les continents en colonies et a établi un système sophistiqué d’exploitation des personnes et des ressources. Les défenseurs zélés du capitalisme le saluaient déjà comme le triomphe de la raison, le proclamant comme la seule voie possible de développement. Mais les bienfaits de ce système n’ont profité qu’à une poignée de capitalistes. Cherchant à s’enrichir, il a condamné les masses populaires à la pauvreté et à la privation de droits, et les a utilisées comme chair à canon.

Au tournant des XIXème et XXème siècles, le capitalisme entrait dans la phase de l’impérialisme. Les grandes puissances ont commencé à rediviser la planète. Elles n’ont pas seulement déclenché des conflits locaux. Des millions de personnes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale, sacrifiées au Moloch de l’avidité et de la soif de gain.

C’est à cette époque que le monde a entendu parler de Lénine. Ses slogans immoraux - Paix aux peuples ! Du pain pour les affamés ! La terre aux paysans ! Des usines aux travailleurs ! Le pouvoir aux Soviétiques ! sonnent comme un clairon pour les ouvriers qui transpirent et se fatiguent dans les champs, les usines et les mines. Le léninisme leur a donné l’espoir de se débarrasser de la souffrance, d’avoir une vie décente et heureuse.

Le génie de Lénine n’était pas un accident. Le fondateur du bolchevisme n’était ni un philosophe solitaire, ni un surhomme debout sur un piédestal au-dessus de la foule. Bien au contraire, il a consacré sa vie à servir les travailleurs, les libérant des chaînes de l’oppression, de l’ignorance et du manque de foi en leur force. Comme l’a écrit Vladimir Maïakovski,

« Il s’est montré tendre envers ses camarades.
Il était dur comme un clou envers ses ennemis. »


Profondément convaincu du vaste potentiel des masses populaires, Lénine ne s’est jamais éloigné des travailleurs ordinaires. Il entretenait des liens étroits avec eux, s’inspirant de leur lutte et de leurs efforts créatifs.

Lénine étudia en profondeur et développa le grand héritage théorique de Marx et Engels. En même temps, il était un organisateur de talent, un révolutionnaire et le fondateur d’un nouveau type d’État, le premier État socialiste du monde. Comme l’a écrit l’éminent révolutionnaire chinois Sun Yatsen, « au cours des siècles de l’histoire du monde, il y a eu des milliers de dirigeants et d’érudits avec de belles paroles sur les lèvres, des paroles qui n’ont jamais été mises en pratique. Vous, Lénine, êtes une exception. Vous n’avez pas seulement parlé et enseigné, mais vous avez mis vos paroles en pratique, vous avez créé un nouveau pays. Vous nous avez montré la voie ».

Ces mots ont un noyau particulièrement important. Le marxisme-léninisme n’est pas un ensemble de dogmes et de prescriptions pour toutes les situations de la vie. Penser ainsi, c’est commettre une erreur, c’est transformer un enseignement de génie en une sorte de culte religieux. Lénine lui-même a souligné que la doctrine communiste n’est pas tant un ensemble de dispositions qu’une méthode d’analyse de la réalité. Le marxisme est un système scientifique cohérent. Il combine des points de vue philosophiques, économiques, sociopolitiques qui servent d’instruments de connaissance et de transformation du monde. « Appliquer la dialectique matérialiste pour retravailler toute l’économie politique, de ses fondements à l’histoire, aux sciences naturelles, à la philosophie, à la politique et aux tactiques de la classe ouvrière - c’est ce qui intéresse le plus Marx et Engels, c’est leur contribution la plus essentielle et la plus récente, c’est leur pas de génie dans l’histoire de la pensée révolutionnaire » . C’est ainsi que Lénine a défini l’essence du marxisme. Il a été guidé par cela toute sa vie. Pendant la lutte contre le marxisme légal, l’économisme et le menchevisme ; lors de la création du parti de la classe ouvrière, le RSDLP ; en exposant les révisionnistes de la Seconde Internationale ; en avril 1917, lorsqu’il soulève la question de la révolution socialiste en Russie.

Comprendre le marxisme comme un guide d’action est ce qui a fait de Lénine un grand penseur et un leader populaire. Le résultat de son approche créative fut le bolchevisme. « Nous ne considérons nullement la théorie de Marx comme quelque chose de complet et d’intouchable, a-t-il souligné, au contraire, nous sommes convaincus qu’elle n’a fait que poser les pierres angulaires de la science que les socialistes doivent faire avancer dans toutes les directions s’ils veulent se tenir au courant de la vie » .

Lénine nous donne l’exemple d’une approche approfondie de chaque sujet. Pour s’attaquer à n’importe quel problème, Lénine a commencé par étudier toutes les sources disponibles. Lors de la rédaction de son ouvrage "Le développement du capitalisme en Russie" , il a fait 583 références à diverses sources. Les notes préparatoires à "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme" , comptent près de 800 pages.

Nadezhda Krupskaya s’en souvient : « Lorsque nous vivions à Londres en 1902-1903, Vladimir Ilyich (Lénine) passait la moitié de son temps au British Museum qui possède une très grande bibliothèque » . Dans une lettre de 1916 à sa mère, Lénine écrit : « Nous vivons actuellement à Zurich. Nous sommes venus ici pour étudier dans les bibliothèques locales » .

La sphère d’intérêt de Lénine ne se limitait pas aux problèmes sociaux. Ainsi, les découvertes dans le domaine de la physique l’ont incité à écrire son livre Matérialisme et empirio-critique. Lénine considérait les réalisations des sciences naturelles comme le début d’une révolution scientifique grandiose. Il leur fournit une base philosophique et développa la doctrine du matérialisme dialectique, démolit les théories bourgeoises du machisme, du pragmatisme et donna un brillant exemple du développement créatif de Marx.

Un communiste doit être un fervent adepte du matérialisme dialectique et historique. C’est pourquoi les congrès de la FCRP et les sessions plénières de son Comité central procèdent à une analyse approfondie des tendances modernes, étudient leur dynamique et l’alignement des forces de classe. Si nous voulons réussir et diriger les masses, nous devons déployer des efforts laborieux. Notre tâche immédiate est de suivre la méthode dialectique, de développer le marxisme-léninisme et, sur cette base, d’arriver à des conclusions pratiques. Sans cela, nous ne pouvons pas assurer la victoire des travailleurs.

Nombreux sont ceux qui, dans le mouvement de gauche, rejettent le bagage théorique et pratique des précédents combattants du socialisme. Nous entendons toutes sortes de choses de la part des adeptes de divers pseudo-socialismes. C’est souvent le résultat d’une incapacité ou d’une réticence à maîtriser notre théorie dans toute sa profondeur. C’est à ces personnes que Lénine s’est adressé en 1920 lors du troisième congrès de la Ligue de la jeunesse communiste de Russie : « Vous ne pouvez devenir communiste que lorsque vous avez enrichi votre mémoire de la connaissance de toutes les richesses élaborées par l’humanité » . Aujourd’hui, les propres idées de Lénine font partie du trésor intellectuel de l’humanité. Elles occupent une place centrale dans la vie politique du monde moderne.

Le mondialisme : forme moderne d’impérialisme

Alors que nous célébrons le 150ème anniversaire de la naissance de Lénine, nous devons mettre en lumière les éléments les plus importants de son grand héritage idéologique.

Tout d’abord, l’enseignement sur l’impérialisme. Joseph Staline l’a formulé de manière très précise : « Le léninisme est le marxisme de l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne » . En analysant les tendances du développement du capitalisme, Lénine est arrivé à la conclusion que celui-ci était entré dans sa plus haute et dernière étape. Il a identifié les principales caractéristiques de l’impérialisme :

- l’émergence de monopoles qui jouent le rôle clé dans l’économie ;

- l’émergence du capital financier et de l’oligarchie financière ;

- la priorité de l’exportation des capitaux sur l’exportation des marchandises ;

- la formation d’alliances monopolistiques de capitalistes qui divisent le monde ;

- division territoriale finale du monde entre les plus grandes puissances.

Comme le soulignait Lénine, la concentration de la production sociale entre les mains des monopoles ne supprime pas les contradictions capitalistes. Des conflits apparaissent à l’intérieur des États et sur la scène mondiale. Les crises économiques deviennent de plus en plus profondes et destructrices. Les contradictions entre le travail et le capital se font plus aiguës. Les monopoles exploitent et ruinent non seulement les travailleurs, mais aussi les paysans et la petite bourgeoisie.

La thèse de Lénine sur la réaction croissante sous l’impérialisme est très pertinente aujourd’hui. Le capitalisme monopoliste établit sa dictature. Il supprime le mouvement ouvrier et démocratique et élimine les droits et les libertés. Les patrons des monopoles cherchent des annexions et contestent l’indépendance nationale. Lénine l’a appelé le pivot « de la démocratie à la réaction politique » et a souligné que dans la politique étrangère comme dans la politique intérieure, l’impérialisme cherche à violer la démocratie et à promouvoir la réaction. En ce sens, il est incontestable que l’impérialisme est une négation de la démocratie en général.

Tout aussi pertinentes sont les paroles de Lénine selon lesquelles l’impérialisme apporte à la classe ouvrière une intensification sans précédent de la lutte des classes, de la pauvreté, du chômage, des prix élevés, de l’oppression par les trusts, du militarisme et de la réaction politique qui se manifeste dans tous les pays, même les plus libres.

Dans ces conditions, tout discours sur la "liberté" et la "démocratie" n’a qu’un seul but : distraire et tromper les masses populaires. En réalité, comme Lénine ne se lassait pas de le souligner, le capital financier et les monopoles « apportent partout la domination et non la liberté » .

La recherche du profit par les oligarques et l’approfondissement des contradictions sous l’impérialisme conduisent à des conflits militaires dévastateurs et à des guerres mondiales. Affaiblies et divisées par la réaction, les couches démocratiques sont souvent incapables d’arrêter les agissements des bellicistes criminels. Pour parvenir à l’unité, il faut une force prolétarienne de base.

La découverte de Lénine n’a rien perdu de sa pertinence aujourd’hui : les caractéristiques de l’impérialisme n’ont pas disparu et la mondialisation a mis en évidence toutes les contradictions. Ainsi, la concentration, entre les mains des monopoles, des moyens de production, des sources de matières premières, des transports, des communications, des découvertes scientifiques et techniques et des travailleurs qualifiés et des ingénieurs a atteint un niveau sans précédent. Cinq cents entreprises dominent l’économie américaine, dont la moitié possède des actifs dans cinq secteurs ou plus. Elles emploient 20 % de la main-d’œuvre totale et réalisent 60 % des bénéfices.

En 2020, les fusions et les rachats représentent 4.000 milliards de dollars. Le groupe pétrolier et gazier américain Chevron a racheté la société Anadarco pour devenir le deuxième plus grand groupe mondial après ExxonMobil. La fusion du conglomérat américain United Technologies avec la société Raytheon a créé un géant industriel militaire qui contrôle la production de moteurs d’avion, d’hélicoptères, de missiles de croisière, de systèmes de défense aérienne et d’autres armements.

En Russie aussi, les fusions et les rachats représentent des milliards de dollars. Ainsi, la banque VTB a racheté la chaîne de magasins Magnit. La société gazière de Leonid Mikhelson, NOVATEK, a racheté Severneft-Urengoy Geotransgas, Urengoy Gas Company et plusieurs autres.

L’impérialisme mondial renforce le rôle des sociétés transnationales. Une grande entreprise est aujourd’hui un complexe multisectoriel complexe de structures de production, de commerce, de finance et d’investissement. Grâce à un réseau d’entrepreneurs et de sous-traitants, elle est liée à une multitude de petites et moyennes entreprises qui ne peuvent être qualifiées d’indépendantes que de loin. En étendant la production à différents pays, la société mère fait naître une multitude de succursales. Mais le centre de décision de ce conglomérat international reste le siège principal.

Les TNT sont bien plus efficaces que les autres entreprises. Elles sont en mesure d’éviter les barrières douanières, d’accumuler des capitaux dans les zones les plus rentables et d’allouer des ressources massives à la R/D.

La capitalisation des principales STN dépasse le PNB de la plupart des pays. Elles contrôlent plus de la moitié de la production industrielle mondiale, plus de 60 % du commerce mondial, plus de 80 % de l’ensemble des brevets et licences de nouvelles technologies.

Comme le soulignait Lénine, la domination des STN dans le monde est assurée par l’exportation de capitaux. Les investissements étrangers directs ont été multipliés par 20 entre 1982 et 2006, 90 % d’entre eux provenant des STN. Un pour cent des plus grandes entreprises contrôlent 50 % de tous les investissements étrangers.

Seule une petite partie de l’économie mondiale fonctionne dans un environnement de marché libre. Les prix de transfert interne sont fixés par les entreprises. En général, les STN fonctionnent strictement selon un plan, ce qui garantit le succès. C’est ce qui a offert des avantages concurrentiels à l’Union soviétique. Le fondateur de la société japonaise THK Hirosi Teramachi a écrit : « En 1939, vous les Russes étiez intelligents et nous les Japonais étions stupides. En 1949, vous êtes devenus plus intelligents alors que nous étions encore des imbéciles. En 1955, nous sommes devenus plus intelligents et vous êtes devenus des enfants de cinq ans. Tout notre système économique est une copie conforme du vôtre. Toutes nos entreprises affichent vos slogans de l’ère stalinienne. » .

Contrairement à ce que disent les démagogues, la mondialisation n’a pas changé la nature du capitalisme. L’ouvrage de Lénine qui a fait date, "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme" , est prophétique. Il explique le monde moderne encore plus qu’il n’explique le millésime mondial 1916.



Les meilleurs cerveaux de notre temps arrivent à la conclusion que le colonialisme économique et politique n’a pas disparu. Il est plus sophistiqué et plus dur qu’au XXème siècle. L’attaque contre la souveraineté des États se poursuit. Le mouvement de libération nationale est réprimé. La diversité culturelle est supplantée par la culture de l’ersatz de consommation. Comme l’écrit William Robinson, la mondialisation supplante l’État-nation comme principe essentiel de la vie sociale sous le capitalisme.

L’économie mondiale devient une économie transnationale. Les idéologues libéraux voudraient nous faire croire que ce processus n’est pas lié au capitalisme et parlent d’une réalité "post-capitaliste". Mais, comme le fait remarquer le chercheur britannique Barry Jones, la mondialisation est le stade le plus élevé de l’intégration capitaliste de l’économie mondiale. Et ses collègues ajoutent que les relations capitalistes s’étendent et s’approfondissent pour englober les domaines toujours plus nombreux de l’activité humaine.

Soyons clairs : si la mondialisation reflète des processus objectifs d’intégration des pays et des peuples, le mondialisme est la forme moderne de l’impérialisme qui étouffe le monde dans son étreinte.

Les fraudeurs et les voleurs

La base idéologique du mondialisme est le néo-libéralisme. Lors de la 9ème session plénière du CC du CPRF en octobre 2019, nous avons rappelé que son père fondateur est considéré comme étant Friedrich Hayek, économiste et philosophe autrichien et un anticommuniste farouche. Ses idées sont un croisement entre le fascisme, le racisme social et la théorie colonialiste de l’expansion mondiale du capital. L’élève de Hayek, Freedman, a transformé l’université de Chicago en une usine de néo-libéraux. Ses diplômés étaient des collègues et des conseillers de l’homme fort indonésien Suharto, du général chilien Pinochet et de l’usurpateur russe Eltsine.

L’école de Chicago a donné la forme finale au programme néo-libéral. Ses principes clés sont le retrait de l’État de l’économie, une privatisation totale, la liberté totale du commerce, une réduction des dépenses sociales et la saisie de tous les secteurs par l’économie privée. En politique, le néo-libéralisme cherche à détruire la souveraineté nationale et à consolider le pouvoir du capital mondial pour semer le "chaos géré" comme moyen d’établir un nouvel ordre mondial, le tout sous le couvert d’une "société ouverte". L’État se voit confier le rôle de gardien des intérêts du capital contre ceux du peuple. Comme nous l’avons souligné dans les documents du dernier plénum du CC, « Tout en héritant formellement des slogans de la liberté d’expression et des élections démocratiques, le néolibéralisme exclut l’expression d’une réelle volonté populaire. Il ne reconnaît que le pouvoir total du capital, le droit des petits esclaves de s’enrichir et de tous les autres de s’appauvrir et de mener une maigre existence » .

La nature du néo-libéralisme écrase en mille morceaux les théories étoilées de "l’humanisation du capitalisme". L’appauvrissement des travailleurs, les inégalités et les injustices croissantes, la violence et les réactions dans tous les domaines - tout cela correspond à la description du capitalisme de Lénine. Le philosophe marxiste occidental David Harvey note des méthodes du capitalisme telles que l’usage de la force, la fraude, les pratiques prédatrices et le pillage.

Il existe une multitude d’exemples qui justifient son évaluation. Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde ne cesse d’augmenter. Selon le rapport des Nations unies sur la sécurité alimentaire de juillet 2019, 821 millions de personnes souffrent de la faim et le nombre de personnes sous-alimentées a atteint deux milliards. La pauvreté, la faim et le manque de soins de santé accessibles portent leurs fruits. Cinq millions d’enfants meurent chaque année avant d’atteindre l’âge de cinq ans. Deux milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. L’ONU admet que l’objectif d’élimination de l’extrême pauvreté ne sera pas atteint d’ici 2030.

Le rapport sur l’inégalité dans le monde, présenté par une équipe dirigée par Thomas Picketty et Facundo Alvaredo, indique qu’au cours des 30 dernières années, les inégalités de revenus ont augmenté dans presque tous les pays. C’est en Russie, aux États-Unis et dans les pays asiatiques que la croissance a été la plus rapide. La raison en est l’effondrement de l’URSS et l’avènement du néo-libéralisme. Les grandes entreprises, bien sûr, en ont profité. La privatisation à grande échelle, la modification du système fiscal, l’accès plus difficile à l’éducation et la réduction des programmes sociaux ont fait leur travail. Cinquante pour cent des pauvres du monde gagnent la moitié du revenu de 1 % des riches du monde. Et le fossé ne cesse de se creuser.

L’ancienne communauté socialiste connaît un clivage dramatique. En Russie, la part des revenus des dix pour cent les plus riches est passée de 20 à 55 pour cent, ce qui est l’un des indicateurs les plus élevés au monde.

Dans les années 1990, le prix Nobel Joseph Stieglitz a attesté : « Peu après mon arrivée à la Banque mondiale, j’ai commencé à me pencher sur ce qui se passait et sur les stratégies. Lorsque j’ai fait part de mes préoccupations sur l’état des choses, un économiste de la Banque mondiale qui a joué un rôle clé dans la privatisation s’y est opposé avec véhémence. Il a cité des voitures Mercedes bloquées dans la circulation à Moscou et des magasins remplis de produits de luxe. J’ai concédé que de nombreux Russes étaient devenus si riches qu’ils provoquaient des embouteillages et créaient une demande pour les chaussures Gucci. Mais les embouteillages causés par les voitures Mercedes dans un pays où le revenu par habitant est de 4730 dollars (1997) sont un signe de malaise et non de santé. » . Cela montre clairement que la richesse de la société est concentrée dans les mains de quelques-uns et non pas répartie entre la majorité.

Le tableau est encore plus frappant si l’on considère non pas les revenus, mais la propriété de la richesse nationale. Selon le rapport annuel du Credit Suisse sur la richesse mondiale, la moitié de la richesse de la planète est détenue par 1 % de super-riches.

Cela n’est pas surprenant si l’on considère qu’après 2010, la richesse totale des milliardaires a augmenté au rythme de 13 % par an, soit six fois plus vite que les revenus des salariés. Après 1980, presque tous les pays, qu’ils soient riches ou en développement, ont connu un flux massif de propriété de l’État vers le secteur privé, expliquent les auteurs du rapport sur l’inégalité dans le monde. Ainsi, la pratique néo-libérale fait des grandes entreprises les bénéficiaires.

En Russie, 10 % des personnes aisées ont saisi 83 % de la richesse totale de l’ensemble des ménages. En 2019, le nombre de milliardaires dans le pays est passé de 74 à 110 et celui des millionnaires, de 172.000 à 246.000. Vingt-trois des oligarques russes les plus riches se sont enrichis de 53 milliards de dollars.

Contrairement à ceux qui figurent sur la liste de Forbes, les Russes ordinaires continuent de s’appauvrir. Leurs revenus réels n’ont cessé de diminuer. Aujourd’hui, l’aggravation de la crise du capitalisme est aggravée par la chute des prix du pétrole, la dévaluation du rouble et l’épidémie de coronavirus.

L’opposition au capital s’accroît. Des études montrent que près de 60 % des habitants de la planète pensent que le système capitaliste fait plus de mal que de bien à l’humanité. Dans certains pays, les trois quarts de la population partagent ce point de vue. La désaffection massive pour le capitalisme et le déplacement à gauche des sentiments publics se produisent sur tous les continents. Aux États-Unis, Bernie Sanders a obtenu un soutien sans précédent lors des élections primaires du candidat à la présidence. Ces dernières années, des rassemblements de masse ont balayé la France, l’Inde, le Chili et la Colombie. Des millions de manifestants dans le monde entier descendent dans la rue pour dire "Non" à la pauvreté et à l’absence de droit. Les gouvernements capitalistes ont plus d’une fois utilisé la police et l’armée contre les travailleurs. Cependant, les luttes de classes vont s’intensifier.

La pandémie de coronavirus a aggravé les contradictions. Le monde est confronté à de formidables défis. Seul le socialisme garantit une réponse à ces défis. C’est le cas de l’URSS qui pouvait résoudre les problèmes les plus aigus. La Chine en a fait la démonstration et a réussi à stopper la dangereuse épidémie par la mobilisation et les actions collectives concertées.

Le fait est que la principale menace pour l’humanité est le virus du capitalisme . Les diverses manifestations de la crise mondiale sont les signes avant-coureurs de l’effondrement du système scientifiquement prédit par Lénine. L’effondrement inévitable se manifeste déjà dans la conscience des personnes qui se rebellent contre le système d’exploitation, d’injustice et de mensonges généralisés.

La Russie aussi est amenée à une confrontation accrue entre les classes. La lutte contre la réforme des retraites et pour la défense des entreprises populaires démontre le potentiel unificateur du CPRF. De temps en temps, la bourgeoisie fait des concessions. Mais elle n’abandonnera pas volontairement les politiques néo-libérales. Le capital préfère noyer le monde dans le sang plutôt que de régner sur son appétit. Craignant la protestation populaire, il se rabat sur les idées les plus flagrantes. Il encourage le fascisme en Ukraine et dans les pays baltes. Il fomente l’extrémisme religieux en dressant les sunnites contre les chiites au Moyen-Orient, les musulmans et les hindous en Inde. Son racisme se manifeste par la persécution des Indiens au Brésil et en Bolivie. Un exemple d’anticommunisme de l’âge des cavernes est la résolution du Parlement européen qui met sur le même pied le communisme et le fascisme et qui accuse l’URSS d’avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale. Pour aider tous ceux qui luttent contre les mensonges cyniques, j’ai écrit un article intitulé " La grande victoire de la civilisation soviétique : Mythes calomnieux et vérité de l’histoire" . Je vous encourage à utiliser activement les faits et les arguments qui y sont exposés.

La veille de la révolution socialiste

Le mondialisme a encore une autre caractéristique de l’impérialisme notée par Lénine. Il s’agit de la redivision des marchés par les "grandes" puissances et les monopoles qui les soutiennent. La destruction traître de l’Union soviétique a éliminé un ennemi dangereux et a donné aux sociétés transnationales un marché énorme. Pendant une courte période, cela a stabilisé le système capitaliste. Mais les appétits des prédateurs du marché exigeaient davantage de victimes. Leurs bouches sanguinolentes et avides ont déchiré la Yougoslavie, l’Irak, la Libye et ont tenté de dévorer la Syrie.

La crise financière mondiale de 2008 a été la crise la plus grave depuis la Grande Dépression. Elle a révélé les failles des fondements mêmes du capitalisme mondial. La réduction des marges bénéficiaires exacerbe la rivalité pour les ressources et les marchés. Aux États-Unis, elle est devenue particulièrement évidente après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Pour garantir les profits des entreprises américaines, il a abandonné les tactiques des alliances impérialistes et a choisi la voie du protectionnisme et de la pression sur les rivaux. Cela a accru les tensions avec l’Union européenne, la Turquie, le Japon et a provoqué une guerre commerciale avec la Chine.

Les coups économiques sont souvent suivis de frappes militaires. Telle est la logique de l’impérialisme si brillamment mise à jour par Lénine. Cependant, le capitalisme n’est pas éternel. Après avoir examiné ses contradictions, Lénine a conclu que l’impérialisme est la veille de la révolution socialiste.

À mesure que l’impérialisme se développe, le capital financier est concentré et les entreprises fusionnent avec l’État. Les oligarques ont largement recours aux mécanismes d’aide du gouvernement. Cela a été mis en évidence en 2008 lorsque les gouvernements ont utilisé tous les leviers pour renflouer les faiseurs de bulles financières en faillite. Le même scénario est utilisé pour les événements de cette année.

La socialisation de la production dans le cadre des STN est en contradiction flagrante avec les rapports de production capitalistes. Ces rapports, selon Lénine, sont une coquille qui ne correspond plus au contenu. Elle va inévitablement pourrir si son élimination est artificiellement retardée.

Les membres de l’oligarchie financière sont de plus en plus conscients des vents de changement historique. Ils sont de plus en plus préoccupés par la perspective de l’effondrement du capitalisme. Le financier Ray Dalio, dont la valeur nette, selon Forbes, s’élève à 17 milliards de dollars, a récemment déclaré que l’inégalité croissante crée une situation révolutionnaire, de sorte que le système a un besoin urgent de réforme.

Cependant, il est impossible de guérir les plaies du capitalisme. Elles ne peuvent être camouflées que temporairement. La vraie réponse est de renverser ce système inhumain. La première grève a été livrée par la grande révolution d’octobre 1917. La formation de l’Union soviétique, la création du système socialiste mondial et l’effondrement du colonialisme ont ébranlé, mais pas détruit, l’hégémonie capitaliste. La destruction de l’URSS a apporté un répit et a injecté du sang neuf dans le corps vieillissant.

Cependant, le cours de l’histoire ne peut être inversé. La crise systémique s’est à nouveau aggravée. C’est la tâche de tous les opprimés et des personnes de bonne volonté de s’unir dans la lutte pour détruire le capitalisme. Cette perspective seule garantit un avenir décent et même la survie de l’humanité. La pensée académique insiste de plus en plus sur ce point. Le message est exprimé de plus en plus fort par des autorités telles que le prix Nobel Joseph Stieglitz et l’économiste le plus lu, Thomas Picketty.

Telles sont les principales conclusions auxquelles Stieglitz est parvenu : la situation échappe à tout contrôle, l’injustice sociale est devenue une menace pour le monde entier. Ses paroles sont également en accord avec le marxisme : la domination du système de crédit financier sur l’économie réelle n’augmente pas seulement l’inégalité et la pauvreté, mais constitue un frein à l’économie mondiale dans son ensemble.

Thomas Picketty va encore plus loin. Il appelle à une redistribution massive de la richesse mondiale. Il préconise l’introduction de limites légales sur le montant du capital qu’une personne peut posséder. Envisageant l’élimination totale de l’oligarchie en tant que classe, il propose des mesures socialement révolutionnaires.

Il faut souligner que ce ne sont pas des gens que la communauté scientifique considère comme des excentriques et des marginaux. Leurs idées sont au centre de l’attention des économistes et des sociologues. Elles sont discutées dans les cercles politiques. Elles sont étudiées dans des institutions de premier plan en Europe et en Amérique. Elles trouvent même un écho chez les millionnaires qui comprennent que si le mécontentement croissant se transforme en un bouleversement social, le vent de l’histoire les balayera impitoyablement, eux et leurs fortunes. Ce n’est pas un hasard si le milliardaire Ray Dalio a déclaré lors d’une conférence en Arabie Saoudite que dans les dix prochaines années, l’économie mondiale connaîtra des processus susceptibles de déboucher sur des conflits et des révolutions. Les affrontements internes dans les principaux pays vont changer l’ensemble de l’ordre mondial dans les années à venir. Cette position a été publiquement partagée par le président de Goldman Sachs, John Waldron.

La faillite totale du capitalisme approche. Les processus en cours dans le monde justifient les idées de Lénine et démontrent la grande puissance de son appel au socialisme. Son appel à l’humanité renforce notre foi dans la victoire des idées d’égalité et de justice sociale.



Le prolétariat est le fossoyeur du capitalisme

Parmi les idées les plus importantes de Lénine figure la définition du rôle du prolétariat dans le renversement du pouvoir du capitalisme. À la suite de Marx et Engels, il a défendu l’idée que la mission historique de la classe ouvrière est de devenir le fossoyeur du capitalisme et de créer une société communiste. Il a écrit que les conditions mêmes de la vie des travailleurs les rendent capables de lutter et les incitent à lutter. Le capital rassemble les travailleurs en grandes masses dans les grandes villes, les unit et leur apprend à agir ensemble. À chaque étape, les travailleurs se retrouvent face à leur principal ennemi, la classe capitaliste. En luttant contre cet ennemi, le travailleur devient socialiste, réalise la nécessité d’une restructuration totale de toute la société, d’une destruction totale de toute pauvreté et de toute oppression.

Aujourd’hui, cet argument est l’une des principales cibles des idéologues bourgeois et des opportunistes de toutes tendances. Ils déclarent que la classe ouvrière en tant que telle n’existe plus et qu’elle a été remplacée par des propriétaires, si petits soient-ils. Ils ont quelque chose à perdre et ils ne veulent pas de bouleversements. Mais il faut être réaliste. Oui, les réformes libérales et la désindustrialisation ont porté un coup puissant à la classe ouvrière russe. Elle a diminué numériquement, s’est fragmentée et est devenue moins qualifiée. Cependant, elle forme toujours la majorité de la population valide. Selon l’agence statistique russe Rosstat, il y a 67 millions de travailleurs embauchés pour un million d’employeurs. Le nombre de travailleurs qualifiés dans l’industrie, la construction, le transport et les emplois connexes est proche de 19 millions. Ils constituent le noyau de la classe ouvrière.

Si l’on ajoute les travailleurs engagés dans le commerce de détail, la pêche et les spécialistes de diverses industries, décrits par Engels comme des prolétaires du travail intellectuel, il devient clair que la classe ouvrière est la plus grande force sociale en Russie.

Il en va de même dans la plupart des pays du monde. Le nombre total de travailleurs embauchés sur la planète est de plus de 2 milliards. Dont 760 millions sont employés par l’industrie, soit 200 millions de plus qu’il y a vingt ans, et beaucoup plus qu’au début du XXèmee siècle.

Cependant, il ne s’agit pas seulement de chiffres. Lénine a souligné que la force du prolétariat dans le développement historique est incommensurablement plus grande que sa part dans la population totale. Mais si la classe ouvrière doit devenir le moteur du changement révolutionnaire, elle doit être consciente de ses intérêts de classe. Le prolétariat doit comprendre pleinement et clairement que tant que la bourgeoisie existera, elle sera inévitablement exploitée, car le capitaliste ne peut réaliser des profits qu’en exploitant la main-d’œuvre salariée.

Tant que la propriété privée et le marché capitaliste seront en place, le pouvoir de la bourgeoisie perdurera. Tant que les forces productives seront entre les mains du capital, le prolétaire vendra son travail pour survivre. Il ne peut être question de justice dans ces conditions.

Marx et Engels soulignaient en leur temps que pour se libérer de l’exploitation, le prolétariat doit devenir "une classe pour lui-même", prendre conscience de ses intérêts particuliers, créer sa propre organisation et mettre en avant son programme. « Le prolétariat doit avant tout acquérir une domination politique, s’élever à la position de la classe nationale, se constituer en nation » , comme ils l’ont écrit dans Le Manifeste Communiste.

Ce n’est que la lutte acharnée pour ses intérêts qui fait de la classe ouvrière "une classe pour elle-même" . La politisation du mouvement ouvrier commence par la lutte économique sur le lieu de travail. La lutte des syndicats contre les employeurs est une école nécessaire pour le prolétariat. Elle permet d’acquérir les habitudes d’organisation, et de comprendre le lien entre l’économie et la politique.

Dans son ouvrage "Que faire ?" , Lénine a souligné que la lutte des travailleurs contre les propriétaires d’usines pour leurs besoins quotidiens confronte inévitablement les entreprises à des questions d’État, à des questions politiques, à des questions sur la façon dont l’État russe gère, sur la façon dont les lois et les règles sont élaborées et sur les intérêts qu’elles servent. Lénine a mis en avant le principe fondamental selon lequel la conscience socialiste n’apparaît pas spontanément. Elle est introduite dans les masses prolétariennes par le parti révolutionnaire. Il a ainsi brisé les constructions cérébrales de "l’économisme" qui adoraient la spontanéité dans le mouvement ouvrier et donnaient la priorité à la lutte pour des améliorations économiques partielles.

Au lieu de cela, Lénine a souligné l’importance d’une théorie révolutionnaire. Il a montré l’interconnexion inséparable de toutes les formes de lutte de classe du prolétariat - politique, économique et idéologique. Seul un parti marxiste peut être la force directrice du mouvement ouvrier de masse. Le parti doit être son organisateur et montrer le chemin sur la base d’une théorie.

Le nouveau type de parti

Le génie de Lénine s’est manifesté par rapport aux questions de la construction du parti. « Il ne peut y avoir de mouvement révolutionnaire sans une théorie révolutionnaire » , a-t-il écrit. « Le rôle du combattant avancé ne peut être joué que par un parti guidé par une théorie avancée » . Il a fait un travail brillant en créant un tel parti.

Une organisation efficace et une discipline stricte dans le parti prolétarien impliquaient une rupture avec la clanique. Lénine fit remarquer que si « toutes les couches sociales saines et en développement du peuple tout entier étaient favorables à la démocratie et au socialisme, pour mener une lutte systématique contre le gouvernement, nous devons amener l’organisation révolutionnaire, la discipline et la technique de conspiration au plus haut degré de perfection » .

L’organisation marxiste des travailleurs doit être intolérante envers l’opportunisme, le révisionnisme et l’apaisement. Lénine a justement créé un tel parti, le parti des Bolcheviks. Il a formulé le principe du centralisme démocratique qui est obligatoire pour un parti authentiquement communiste. Il s’agit aujourd’hui d’une disposition fondamentale de la Charte du CPRF.

Le parti bolchevique est devenu un parti prolétarien d’un nouveau type. En ce qui concerne ses principes, ses formes et ses méthodes de travail, il correspondait pleinement aux conditions de l’époque de l’impérialisme et de la révolution socialiste. La charte du RSDLP élaborée par Lénine envisageait un parti qui était une unité de combat révolutionnaire dans laquelle chacun est un combattant dévoué. C’était une différence fondamentale par rapport aux partis d’Europe occidentale de la Deuxième Internationale. Engagés dans un travail parlementaire légal, ils ont perdu leur caractère révolutionnaire et ont glissé vers la voie de l’apaisement de la bourgeoisie. Nous avons toujours gardé cela à l’esprit, en mettant en garde le parti contre le risque d’être emporté par le parlementarisme.

Les partisans de Lénine ont rejeté les méthodes des Narodniks (populistes) révolutionnaires et des révolutionnaires socialistes comme menant à une impasse. La conséquence des tactiques de conspiration et de terreur est l’aliénation des masses. Mais le parti marxiste ne peut pas exister sans un lien étroit avec les masses et un travail constant avec les masses. L’unification de la classe ouvrière autour d’un parti marxiste est une condition essentielle pour rassembler tous les travailleurs et créer une alliance pour une révolution socialiste réussie. Cette alliance, a souligné Lénine, n’est possible que sous la forme d’une dictature prolétarienne, c’est-à-dire le pouvoir de la majorité ouvrière.

Les anticommunistes utilisent le terme "dictature du prolétariat" comme un " bogey " (une monstruosité). Cependant, Lénine a constamment souligné que sa signification principale n’est pas la violence mais l’unification de la majorité des travailleurs pour détruire la dictature du capital. C’est pourquoi la dictature du prolétariat est « un million de fois plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises » .

L’histoire a donné raison à Lénine. Le développement créatif du marxisme, l’idée de l’alliance entre le prolétariat et la paysannerie ouvrière, la découverte des Soviétiques comme la meilleure forme d’État prolétarien ont rendu possible la Grande Révolution socialiste d’Octobre. L’émergence de l’État soviétique a marqué un grand pas en avant. Le rêve séculaire de justice de l’humanité commence à être mis en pratique. L’effondrement du système de classes qui divisait le peuple en maîtres et en esclaves a libéré les forces qui sommeillaient dans le peuple. La discipline bolchevique était une condition préalable à la Grande Révolution d’Octobre et à la victoire sur l’Intervention et les Gardes Blancs.

L’industrialisation, la révolution culturelle, la défaite du fascisme, la conquête de l’espace extra-atmosphérique ont été les jalons de la progression de la société socialiste vers l’avenir. La Grande Révolution d’Octobre a donné une impulsion au réveil des peuples dans les colonies et les dépendances. Lénine s’attribue le mérite de l’idée d’un front révolutionnaire-démocratique uni contre l’impérialisme. Ces tactiques ont entraîné l’effondrement des empires coloniaux et les victoires des forces révolutionnaires en Chine, au Vietnam, en Corée, au Laos et à Cuba.

Ni la contre-révolution du début des années 1990, ni l’effondrement de l’URSS, ni les complications qui s’ensuivirent dans le mouvement communiste mondial n’ont dévalorisé l’héritage de Lénine. La crise du capitalisme, l’appauvrissement des masses, la réticence des peuples à croupir dans un état d’injustice rendent le socialisme de plus en plus attrayant. Nous avons le droit d’en dire plus : seules nos idées peuvent éloigner l’humanité de l’abîme dans lequel la folle politique du capitalisme pousse le monde. Comme dans les années de la lutte contre le fascisme, seuls les communistes sont capables de protéger la civilisation de la réaction la plus folle.

Pour atteindre notre objectif, nous avons besoin d’un parti qui soit fort sur le plan idéologique, organisationnel et moral. Nous avons besoin d’une discipline stricte et consciente de la lutte de classe du prolétariat pour le pouvoir des travailleurs. Staline l’appelait "la discipline de fer". Les règles de la charte sont contraignantes pour tous. pour tous. Le statut de membre du CC ou de secrétaire du comité régional du parti n’est pas un document qui donne droit à des privilèges. On doit gagner la confiance des camarades en travaillant avec une énergie redoublée. Il faut se conformer aux normes les plus élevées.

L’exemple de Lénine en matière de discipline

Le parti d’un nouveau type ne pourrait pas être formé sans une discipline stricte. Pour en apprécier l’essence, Lénine insiste sur la nécessité d’examiner le problème de l’antagonisme entre l’intelligentsia et le prolétariat. Comme d’autres marxistes, il décrivit l’intelligentsia philistine comme "flasque" et nota sa philosophie de l’élu "se tenant au-dessus des masses". Les élus considèrent que la discipline de parti est quelque chose d’obligatoire pour les autres, mais pas pour eux.

Certes, l’antagonisme entre l’intelligentsia et le prolétariat est d’un autre ordre que celui entre le travail et le capital. Un membre de l’intelligentsia n’est pas un capitaliste. Il doit vendre le produit de son travail et souvent sa force de travail. Il souffre souvent de l’exploitation par le capitaliste et de l’humiliation sociale. L’intellectuel ne ressent aucune hostilité économique envers le prolétariat. Mais sa position non prolétarienne dans la vie et les conditions de travail lui dicte une autre mentalité. Ces caractéristiques ont été relevées par Karl Kautsky que Lénine a soutenu sans réserve sur ce point.

Dans son article de 1904 "Un pas en avant, deux pas en arrière" , Lénine, à la suite de Karl Kautsky qui était encore à l’époque un marxiste convaincu, souligne que le prolétariat tire toute sa force de l’organisation. Il se sent grand quand il fait partie d’un organisme fort. Le prolétarien mène sa lutte en faisant partie d’une grande masse de compagnons d’armes. Il ne recherche pas les avantages personnels ou la gloire, il se soumet volontairement à la discipline et remplit son devoir dans n’importe quelle fonction.

Il n’est pas pour autant membre de l’intelligentsia. Son arme n’est pas le pouvoir de l’action collective, mais les qualités, les connaissances et les capacités personnelles. Il reconnaît la nécessité de la discipline pour la masse, mais pas pour "quelques privilégiés". Une telle attitude est évidemment une entrave à la lutte des classes qui exige que tous les participants se consacrent à l’objectif commun, l’instauration de la dictature du prolétariat.

Bien sûr, de nombreux sociaux-démocrates et bolcheviks sont issus de milieux intellectuels. Mais ils se sont imprégnés de l’esprit prolétarien et ont marché au même rythme que les autres personnes travaillant à quelque titre que ce soit pour la cause de la classe ouvrière. Les auteurs du " Manifeste communiste" , Karl Marx et Friedrich Engels, ont donné l’exemple d’un respect strict de la discipline. La vie a toujours divisé l’intelligentsia en révolutionnaires, prêts à accepter une discipline rigoureuse, et en bourgeois, qui ont évité la lutte des classes. Lénine a distingué l’intelligentsia ouvrière. Étant l’unité de première ligne de la révolution, elle a ouvert la voie au prolétariat dans la lutte contre le tsarisme et la bourgeoisie. Les barricades héroïques de la première révolution russe ont produit une galaxie d’intellectuels ouvriers : Ivan Babouchkine, Kliment Vorochilov, Mikhail Kalinin, Alexandre Shotman, Innokenty Dubrovsky, Grigory Petrovsky, Alexandre Artyukhin, Anatoly Vanin et Pyotr Zaporozhets.

De nombreux intellectuels ouvriers sont morts sur les champs de bataille de la Grande guerre patriotique. Avant la guerre contre le fascisme, ils ont réussi à maîtriser les sciences à temps partiel et à former le noyau des bâtisseurs du socialisme.

La mère patrie n’oubliera pas les représentants éminents de l’intelligentsia prérévolutionnaire, les académiciens Pavlov, Fersman, Vernadsky, les géants littéraires Gorky, Alexey Tolstoy et les metteurs en scène Stanislavsky et Nemirovich-Danchenko.

Le panthéon de la multinationale soviétique comprend les principaux représentants de l’intelligentsia ouvrière Kurchatov et Korolyov, Semyonov et Kapitsa, Khariton et Landau, Keldysh et Paton, Koptyug et Alfyorov. Ils ont donné des exemples brillants de discipline exceptionnelle et d’efforts créatifs inlassables, perpétuant la tradition des grands intellectuels de type prolétarien, Lénine et Staline.

L’histoire a donné au CPRF une noble mission, celle d’unir tous les penseurs et les honnêtes gens. À la fin du XIXème siècle, Lénine a noté que la Russie avait une "intelligentsia de travail" et a insisté sur le fait que « nous devrions fléchir nos efforts pour élargir constamment ses rangs, pour répondre à leurs hautes ambitions intellectuelles afin que ses rangs produisent des dirigeants du parti travailliste social-démocrate russe » .

Pour devenir un véritable travailleur-intellectuel, il faut surmonter l’attitude bourgeoise en matière de discipline. Pour le parti, il ne s’agit pas d’une question bureaucratique formelle divisée des aspirations nobles et des sentiments moraux. Le leader du prolétariat a écrit en 1904 "Red-tapism", qui peut être traduit en russe par "esprit de clocher". Le red-tapisme signifie soumettre les intérêts de la cause aux intérêts de la carrière, accorder une attention particulière aux localités et ignorer le travail...

Lénine a souligné qu’en politique, l’individualisme de l’intellectuel conduisait à l’opportunisme. Il a travaillé sans relâche pour l’unité du parti. La discipline de parti a élevé les bolcheviks au rang historique d’avant-garde prolétarienne et son absence a plongé les mencheviks dans le bourbier de l’opportunisme.

Le bolchevisme a été tempéré dans la lutte contre le menchevisme, qui était enclin à faire des concessions au capital, contre les révolutionnaires petit-bourgeois (les SR) et contre le nihilisme intellectuel des anarchistes. Il a affiné son approche de classe dans l’analyse des faits et des phénomènes en évitant les extrêmes du révolutionnisme "de gauche" et l’apaisement de la bourgeoisie.

Le bolchevisme a cultivé la discipline du respect et de la confiance mutuels, une attitude exigeante les uns envers les autres, l’ouverture et la "glasnost". Sa condition indispensable est le collectivisme dans le travail et la prise de décision collégiale. C’est le genre de discipline pour laquelle Lénine a appelé les mencheviks lorsque la RSDLP était encore unie, jusqu’en 1912. Il appelait à une critique ouverte du parti et pensait qu’il était inadmissible de « dissimuler au parti les raisons émergentes et croissantes d’une scission » . Cependant, selon Lénine, la critique entre camarades était possible « tant que la lutte ne mène pas à l’anarchie et à la division » .

En 1921, le parti est confronté à une crise liée au débat sur les syndicats. Lénine propose des mesures pour mettre fin à l’individualisme de l’intelligentsia et à l’anarchisme. Il fustige « l’unilatéralisme, la tendance à l’emportement, l’exagération et l’obstination » de Trotsky et la discipline de groupe de « l’opposition ouvrière, distincte de la discipline commune » .

L’approche de Lénine envisageait la critique du fond tout en ne permettant pas le factionnalisme. Une telle critique est appelée à tenir compte de la position du parti et à éviter ses formes qui pourraient aider les ennemis de classe du prolétariat. Il est inadmissible d’utiliser la critique de manière spéculative en la remplaçant par une critique caricaturale dans le but de faire avancer sa carrière.

Les rebondissements de l’histoire du PCUS ont donné des leçons importantes et tragiques au mouvement communiste. Une chose qui les rend pertinentes pour nous est que la majorité des membres du PCUS ne sont pas des membres de la classe ouvrière. Ce sont des intellectuels travailleurs, des cols blancs et des membres de la petite bourgeoisie. Le travail individuel et le travail dans de petits collectifs de travail rendent ces personnes vulnérables à l’influence de l’individualisme et de l’égoïsme de groupe. Ceci est couplé au changement de générations au sein de la CPRF dans le contexte de l’anticommunisme, qui est devenu une partie de la politique de l’État dans la Russie actuelle.

La situation exige de nous que nous soyons rigoureux et rigoureux dans nos efforts pour parvenir à des évaluations communes et à l’unité d’action. Il est essentiel d’accorder une plus grande attention aux questions d’idéologie, de théorie et de croissance idéologique de nos camarades. La dure confrontation entre le parti et le régime au pouvoir dicte une fois de plus l’exigence de fonte : se conformer sans relâche aux normes du centralisme démocratique.

La génération qui rejoint le parti aujourd’hui n’a pas toujours une attitude ferme en matière de vision du monde. Elle a rejoint nos rangs en raison de sentiments de protestation. Ces nouveaux membres ne sont pas à l’abri de sentiments d’optimisme facile, de carriérisme et de flou idéologique. Parfois, nos jeunes camarades sont sujets à l’agitation et à la panique petites-bourgeoises, aux sautes d’humeur, aux poussées d’activité et à la dépression. Le monde virtuel des réseaux sociaux tend à masquer l’état réel de la société et le sens de l’équilibre des forces politiques. Le bagage théorique de nombreux membres fait défaut.

La cause que nous servons a grand besoin de la fermeté idéologique léniniste. Nous comprenons que les jeunes communistes ont besoin d’une base solide. À cette fin, le parti a créé le Centre d’éducation politique qui fait un excellent travail. Nous avons toutes les raisons de remercier ses organisateurs et ses conférenciers. Nous pouvons et devons maintenant aller de l’avant. Nous devons tout faire pour renforcer et déployer les programmes éducatifs du parti.

[à suivre]


Edité le 13-04-2020 à 21:09:14 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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Le grand Lénine et la Grande Victoire

Nous célébrons deux dates avec un court intervalle entre elles : Le jubilé de Lénine et les 75 ans de la Victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre Patriotique.

La statue de bronze de Lénine,
Le pollen de peuplier,
Ruines d’une gare bombardée.
Les Allemands sont entrés dans la ville dans la soirée.
Et ont fait tomber la statue de son piédestal...
L’Oberst nazi dormait vite la nuit
Et le matin, il a failli devenir fou de peur :
Le bronze de Lénine était debout comme avant,
Soulevée de la poussière par une force invisible.


Ce poème de Stepan Schipachev a été publié dans les premiers jours de la Grande Guerre patriotique. Il ne reflète pas seulement un grand et émouvant épisode du conflit avec le nazisme. Aujourd’hui, le message symbolique de cette histoire poétique s’est renforcé. C’est un rappel vivant de la lutte constante entre les partisans de la vérité de Lénine et ses ennemis.

Au début de la lutte acharnée contre le nazisme, le grand écrivain Cholokhov a envoyé un télégramme à Moscou depuis le village de Veshenskaya : « Cher camarade Timochenko, Veuillez accepter le prix Staline de première classe qui m’a été décerné pour le Fonds de défense de l’URSS. Je suis prêt, à votre appel, à tout moment à rejoindre les rangs de l’Armée rouge des ouvriers et des paysans. Pour défendre la Mère Patrie socialiste, la grande cause de Lénine et de Staline jusqu’à la dernière goutte de mon sang. Signé : Commissaire de régiment (retraité de la RAWP, auteur Mikhaïl Cholokhov » . La signature est d’une importance fondamentale.

Au début du mois de juin 1941, le commandement de la Wehrmacht a envoyé un ordre spécial à ses troupes. Il prescrit que les commissaires et les travailleurs politiques ne doivent pas être faits prisonniers et doivent être fusillés sur place. C’était une revanche pour les principes, les idées, la détermination de Lénine. Son parti, cependant, ne pouvait pas céder, ne pouvait que vaincre l’horrible bête fasciste.

Vladimir Maïakovski, un poète de génie, a trouvé une formule poétique importante : « Nous disons le Parti et nous voulons dire Lénine, nous disons Lénine et nous voulons dire le Parti » . En identifiant ces deux images, Maïakovski a souligné les sources spirituelles impeccables de l’idéologie du parti. Lénine n’était pas seulement un stratège et un organisateur, un révolutionnaire et un homme d’État. Lénine était le dirigeant politique le plus éclairé de son temps.

Ses goûts et ses convictions ont été formés par Nekrasov, Herzen, Belinsky, Saltykiov-Schedrin et Tchernychevsky. En 1902, il parle de "l’importance mondiale" que la littérature russe acquiert. Lénine était fier de la culture russe et appelait l’œuvre de Léon Tolstoï "le miroir de la révolution russe". Dans la difficile année 1918, il avait sur son bureau un volume de vers de Fiodor Tutchev et, en 1919, dans son article "Sur les tâches de la Troisième Internationale" , il attira l’attention sur le roman "Fire" d’Henri Barbusse, le décrivant comme un roman artistiquement convaincant et extrêmement utile pour la formation de la conscience révolutionnaire d’un individu.

La révolution russe a donné naissance à des personnages littéraires uniques. Comme les portraits de commissaires créés par Furmanov dans "Chapayev", Vishnevsky dans "Une tragédie optimiste" et Cholokhov dans "Terre vierge retournée".

Les écrivains russes sont sensibles à la marche triomphale du socialisme. Les écrivains progressistes hors de Russie étaient très conscients de cette sincérité. Ils réagissent au chant retentissant de la Révolution russe. Ils ont contribué à colorer le XXème siècle de l’écho de la percée du socialisme. Cette grande percée a donné naissance à des générations de Soviétiques qui n’ont pas cédé à la peste nazie, qui ont tenu bon et qui ont gagné.

L’exemple personnel des travailleurs politiques soviétiques a inspiré l’héroïsme de masse des soldats soviétiques. Les noms du commissaire de régiment Efim Fomin dans la forteresse de Brest, de l’instructeur politique Alexandre Pankratov qui a copié l’exploit héroïque d’Alexandre Matrosov, de l’instructeur politique d’une compagnie de mitrailleuses Alexandra Nozadze qui est mort en sauvant des soldats sous une grêle de balles sont inscrits dans l’histoire. L’instructeur politique principal d’un escadron aérien, Andreï Danilov, qui a abattu et éperonné trois avions Messerschmitt en juin 1941.

Les envahisseurs allemands considéraient les travailleurs politiques de l’Armée rouge comme la force de frappe du parti bolchevique. L’Académie politique de Lénine a été marquée comme la cible principale sur la carte de Moscou trouvée sur un aviateur allemand abattu.

L’un des historiens allemands qui a écrit sur la guerre était Paul Karel, le pseudonyme du SS Obersturmfuhrer Schmidt. Il réfléchit sur le rôle des commissaires rouges dans son livre Le front de l’Est : « Depuis la bataille de Koursk, le commissaire soviétique est de plus en plus considéré comme un auxiliaire dans la lutte contre les commandants myopes et les bureaucrates stupides... En réalité, les commissaires étaient des soldats politiquement actifs et fiables, mieux formés que la majorité des officiers soviétiques. Ils pouvaient être impitoyables, mais dans la plupart des cas, ils ne s’épargnaient pas non plus » . Venant de la bouche de notre ennemi, c’est le plus grand éloge de la force de notre idéologie.

Dans la lutte contre le fascisme, le parti a beaucoup compté sur le pouvoir de la parole. L’appel de Staline aux "frères et sœurs" a atteint la profondeur de l’âme du peuple. Il a été suscité par les vers poignants des poètes soviétiques. Les cœurs qui ne sont pas devenus insensibles sont encore émus jusqu’aux larmes par le poème de Konstantin Simonov "Toi, souviens-toi, Aliocha, les routes de la province de Smolensk", "Lève-toi, le vaste pays" , cet hymne de la Grande guerre patriotique, a un formidable pouvoir d’évocation.

La parole du parti léniniste a combattu avec les soldats de l’Armée rouge. Après la guerre, les radios ont diffusé dans toute l’Union soviétique la merveilleuse chanson de Mikhail Matusovsky "Commissaires" :

Vous avez envoyé des gens dans des combats au corps à corps,
Vous, les instructeurs politiques,
Anciennement appelés commissaires
Frappé par l’ennemi .
Dans une hutte brûlée,
Après avoir tenu bon pendant cinq jours,
Vous avez laissé la dernière balle pour vous
Comme récompense.
Le matin, retour au feu.
Et la route sans fin qui s’ouvre devant nous.
Gagner ou mourir,
C’est votre principal travail politique.


La grande guerre patriotique a montré que l’idéologie de la justice et de l’éducation dans la vision du monde soviétique a permis à nos pères et à nos grands-pères de survivre dans des conditions insupportables. Sous la direction du parti bolchevique, le peuple soviétique a réussi à se rallier à la lutte et à la victoire. Le pouvoir socialiste fondé par Lénine a offert au monde des exemples incroyables d’héroïsme. Son Armée rouge, commandée par le généralissime Staline, a apporté la liberté aux peuples d’Europe et a hissé un drapeau rouge au-dessus du Reichstag. Nous avons protégé la bannière de la victoire avec un marteau et une faucille pour éviter qu’elle ne soit barbarement coupée par le parti au pouvoir. Aujourd’hui, elle flotte avec défi au-dessus du vaste pays et des colonnes du Régiment des Immortels.

Le médicament contre la peste

Trente ans de néo-libéralisme ont assuré le recul de la Russie sur tous les fronts. La restauration des voies capitalistes a entraîné une régression tragique, une désindustrialisation, une profonde crise socio-économique et sociale. En quête de profits, la classe dirigeante n’a pas pu accepter la grande image de l’avenir qui a propulsé le peuple soviétique, l’a inspiré pour des actes héroïques, des découvertes et des réalisations.

Le régime en place a des objectifs très différents. Ils sont tout à fait utilitaires et sont axés sur les intérêts d’une poignée d’oligarques. Alors que leurs profits augmentent, la science s’effondre, la production de haute technologie est anéantie, l’éducation et les soins de santé se détériorent et les inégalités sociales battent tous les records. La bourgeoisie russe n’hésite pas à mettre la main dans la poche des personnes âgées. Le mépris du peuple s’est traduit par la réforme des retraites et le refus du parti Russie Unie d’adopter une loi fédérale sur les enfants de la guerre.

Vingt millions de nos concitoyens vivent dans l’extrême pauvreté. Mais les chiffres officiels sont sous-estimés, comme même Rosstat l’a admis. Selon ses données, déjà la moitié des familles russes n’ont pas les moyens d’acheter des biens de consommation durables. Seuls 2,7 % des Russes peuvent acheter ce qu’ils veulent.

La baisse des revenus réels, les prestations misérables, la diminution de l’accessibilité et de la qualité des services de santé et d’éducation ont déclenché une nouvelle vague de dépeuplement. L’année dernière, le déclin naturel de la population a atteint un niveau record au cours des 11 dernières années. L’afflux de migrants n’a pas compensé ces pertes. La population se réduit à nouveau. La principale cause de dépeuplement est la baisse du taux de natalité qui a touché 80 des 85 régions. À Ivanov, Novgorod et dans certaines autres régions, le taux de natalité a chuté de 18 à 23 %. Le caractère catastrophique de ce qui se passe est évident.

Les autorités, cependant, maintiennent le cap libéral. Dans le cadre du plan de privatisation des biens de l’État pour 2020-2022, la banque VTB, la Sovkomflot, les ports maritimes de Novorossiisk et de Makhachkala et Almazyuvelireksport - des centaines de biens de l’État en tout - vont passer sous le marteau.

La survie de la Russie en tant qu’État indépendant est en jeu. Le capital mondial a hâte de s’emparer des ressources de notre pays. Notre bourgeoisie nationale finira tôt ou tard par céder aux assauts de prédateurs plus puissants. Seule la puissance des travailleurs peut sauver la Russie. Cela aussi justifie les ordres de Lénine. Reprenez et relisez le brillant ouvrage du leader bolchevique "La catastrophe imminente " et " Comment la combattre ". Vous verrez que chaque mot sonne comme un tocsin et montre la voie à suivre pour sortir de l’impasse. Aujourd’hui encore, le système de mesures qu’il a mis en place est le seul qui puisse sauver la Russie.

Le programme du CPRF a assimilé les ordres de Lénine. Il les a adaptés aux exigences du moment pour devenir notre programme anti-crise. Les idées créatives du parti ont été renforcées par ses activités législatives. Le deuxième Forum économique Oryol a résumé nos propositions comme le point de départ d’une lutte significative au Parlement et dans la rue, dans les collectifs de travail et avec nos alliés.

L’équipe du CPRF défend les intérêts des travailleurs avec honnêteté, compétence et énergie. I.I Melnikov, V.I.Kashin, Yu.C. Afonin, D.G.Novikov, N.C.Kolomeytsev, S.E.Savitskaya, N.M.Kharitonov, N.N. Ivanov, L.I.Kalashnikov, V.S.Shurchanov, K.K.Taysayev, V.V.Chikin, N.O.Komotskaya, O.N.Smolin, A.A.Kravets, N. I.Osadchiy, T.V.Pletneva, S.A.Gavrilov, A.C.Kurinniy, N.A.Octanina, A.A.Ponomaryov, S.I.Kazxaankov, L.G.Paranova, L.N.Shvets, L.N.Dobrokhotov et bien d’autres travaillent chacun dans leur domaine de responsabilité.

La CPRF a été le parti qui a réagi immédiatement à la proposition de modification de la constitution. La loi principale actuelle est héritée de l’époque d’Eltsine, marquée par l’ivresse et le sang. Pour faire court, elle doit être remplacée dans son intégralité. Il va sans dire que les autorités n’y sont pas parvenues. Mais après avoir "ouvert" le texte de la Constitution, le régime au pouvoir a indirectement admis qu’il ne répondait pas aux exigences de la société.

En tant que force politique, il nous incombe de tirer le meilleur parti possible du débat public qui s’est ouvert. Oui, les autorités s’efforcent de le "modérer". Mais nous sommes habitués à nous heurter au poids de la propagande administrative.

La CPRF a une position bien réfléchie sur laquelle elle peut se reposer. Elle répond pleinement aux intérêts des travailleurs. Elle doit être promue avec vigueur. Permettez-moi de vous rappeler nos quinze idées principales pour la réforme de la Constitution :

1. Les ressources naturelles du pays appartiennent au peuple russe.

2. Le peuple russe joue le rôle de formateur d’État dans la famille des peuples égaux.

3. L’âge de la retraite doit être fixé à 60 ans pour les hommes et à 55 ans pour les femmes.

4. Indexation annuelle des pensions, des prestations sociales et des allocations en fonction de la croissance de l’indice des prix à la consommation.

5. Les salaires et pensions minimums ne doivent pas être inférieurs au minimum vital.

6. Les tarifs des services publics ne doivent pas dépasser 10 % du revenu familial.

7. Contrôle du travail des bureaucrates, en fixant les concepts "interrogation parlementaire", "enquête parlementaire".

8. Le droit de la Douma d’État de décider de ne pas faire confiance au gouvernement, à ses ministres, vice-premiers ministres et aux chefs des organes exécutifs fédéraux

9. Élection du Conseil de la Fédération, des gouverneurs et des maires par la population au scrutin secret direct sans "filtre".

10. Élection des juges de paix, des juges régionaux et municipaux.

11. Sanctions sévères pour le trucage des votes comme empiètement sur les fondements du système constitutionnel.

12. Détermination de la croissance économique et du bien-être des citoyens en tant que tâches de la Banque de Russie.

13. Le droit de l’autonomie locale à une part des recettes fiscales qui garantit l’exercice de ses pouvoirs.

14. Une réforme profonde de la Constitution dans l’intérêt du peuple. La formation d’une Assemblée constitutionnelle.

15. L’adoption d’une nouvelle loi sur le référendum. L’approbation des amendements proposés par l’Assemblée constitutionnelle par référendum.

La tâche qui nous attend aujourd’hui est de poursuivre la campagne d’agitation et d’expliquer agressivement notre position. Si le travail est mené avec compétence, notre position bénéficie du plus large soutien. Pour le parti et ses alliés, c’est un élément important de mobilisation à l’approche d’une grande campagne électorale. Leur préparation est déjà au centre de l’attention de tout le Comité central, en particulier du quartier général des élections du CPRF dirigé par I.I.Melnikov.

Dans l’ensemble, la "réparation" de la Constitution répond à la demande de changement de la société. Mais les cercles dirigeants passent largement à l’acte et leur "réforme" est en partie devenue une couverture pour "mettre les mandats présidentiels à zéro". Seul le CPRF a voté contre. Ce fait devrait être au centre du travail de propagande de nos branches. C’est un tournant important dans l’évaluation de principe du comportement des partis politiques, en particulier ceux qui sont représentés au Parlement.

Notre parti est appelé à unir toutes les forces saines du pays dans un véritable Front Populaire de résistance et de victoire. Nous appelons à l’unité tous ceux qui lient leur avenir à la Russie plutôt que de préparer des "terrains d’atterrissage sûrs" sous la forme de domaines étrangers et de comptes bancaires offshore.

Seul le prolétariat dirigé par son parti peut être le noyau de l’unité victorieuse du peuple travailleur. Le plénum d’octobre 2014 du CC a été consacré à la position de la classe ouvrière. Augmenter l’influence du CPRF dans le milieu prolétarien est notre tâche principale. Le Comité central a réaffirmé à plusieurs reprises l’importance d’attirer les masses ouvrières à rejoindre les rangs de la CPRF et à sauvegarder son esprit prolétarien. Il ne s’agit pas d’un salut à la tradition, mais d’un besoin pressant. Seul un noyau prolétarien fort peut tenir à distance la dégénérescence de la petite bourgeoisie, les apaisements opportunistes, les illusions parlementaires et la peur de travailler au milieu des masses. Lénine a mis en garde contre cette menace en disant que « l’essence de l’opportunisme est de sacrifier les intérêts solides et durables du prolétariat à ses intérêts éphémères » .

Le caractère prolétarien du parti implique son influence croissante sur les travailleurs et sur les syndicats. Il est vrai qu’il y a peu de syndicats actifs. Il est d’autant plus important de renforcer notre présence en leur sein. Lénine a écrit que « nulle part dans le monde le prolétariat ne s’est développé ou ne pourrait se développer autrement que par les syndicats, par leur interaction avec le parti des travailleurs » .

Ce n’est qu’en devenant l’avant-garde du mouvement ouvrier et en y introduisant la conscience socialiste que nous pourrons former un véritable poing de combat. C’est particulièrement important pour le large front populaire. Le parti ne peut éviter d’être dilué par ses compagnons de route et devenir le centre des forces patriotiques de gauche qu’en assurant son influence sur les travailleurs. Rappelons-nous le principe de Lénine : « à travers tous les compromis, dans la mesure où ils sont inévitables, nous devons rester fidèles à nos principes, à notre classe et à notre tâche révolutionnaire » .

Il est impossible d’avancer sans aller vers le socialisme. C’est notre principal objectif. Tout doit être orienté vers cet objectif : alliances, compromis, agitation, travail dans les organes du pouvoir, participation aux élections et activités de rue. C’est ce que Lénine nous a demandé, à nous, communistes du XXIe siècle : « En éduquant le parti ouvrier, le marxisme éduque l’avant-garde du prolétariat capable de prendre le pouvoir et de conduire tout le monde vers le socialisme, de diriger et d’organiser le nouveau système, d’être un enseignant et un dirigeant de tous les travailleurs et de tous les exploités en organisant leur vie sociale sans la bourgeoisie et contre la bourgeoisie » .

Renforcer la solidarité

En développant son enseignement sur l’impérialisme, Lénine a découvert la loi du développement économique et politique inégal du capitalisme. Dans de telles conditions, les révolutions socialistes mûrissent à des moments différents dans des pays différents. Il en découle une conclusion extrêmement importante : « Le socialisme ne peut pas triompher dans tous les pays simultanément. Il triomphera d’abord dans un ou plusieurs pays tandis que les autres resteront bourgeois ou pré-bourgeois pendant un certain temps » .

Lénine a également souligné la diversité des formes de la transition des nations vers le socialisme. Il a souligné : « Toutes les nations arriveront au socialisme, c’est inévitable, mais elles ne le feront pas de la même manière, chacune apportera ses caractéristiques à telle ou telle forme de démocratie, telle ou telle variété de dictature prolétarienne, tel ou tel rythme de transformations socialistes des divers aspects de la vie sociale » .

Malgré les différences de vitesse, de forces motrices et de formes concrètes de la lutte des travailleurs pour le socialisme, leur solidarité internationale est vitale. Lénine a accordé une attention particulière à l’internationalisme. La trahison des dirigeants de la Seconde Internationale qui ont soutenu le massacre mondial a confirmé la nécessité pour les travailleurs de tous les pays de s’unir. On ne peut s’empêcher de rappeler la campagne massive de solidarité avec la Russie soviétique dans les pays occidentaux. Elle a joué un rôle majeur pour mettre fin à l’intervention étrangère contre la Terre des Soviétiques.

Lénine s’attribue le mérite d’avoir découvert la solidarité des mouvements prolétariens et de libération nationale comme une forme d’internationalisme. « Nous sommes maintenant non seulement les représentants des prolétaires de tous les pays, mais aussi les représentants des peuples opprimés » , disait Lénine en 1920. La même idée sera formulée par Staline lors du 19ème Congrès du PCUS.

L’agressivité croissante des mondialistes rend nécessaire le renforcement du front international contre la toute-puissance du capital. Des réunions internationales des partis communistes et ouvriers se tiennent régulièrement. La dernière en date, qui s’est tenue en Turquie, a réuni des délégations de 74 partis de 58 pays. Des résolutions et des déclarations communes aident à déterminer les tactiques communes de la lutte anticapitaliste.

L’Union des partis communistes - Parti communiste de l’Union soviétique compte 18 membres à part entière et trois partis observateurs. Nous préparons actuellement un congrès de notre Union qui permettra de synchroniser les veilles et d’établir des plans d’activités communes.

Avec nos camarades du monde entier, nous avons organisé des événements de grande envergure pour marquer le centenaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Cette année est consacrée au 150ème anniversaire de la naissance de Lénine et au 75ème anniversaire de la victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre patriotique. Nous sommes déterminés à organiser le forum international, les conférences scientifico-pratiques et les manifestations du jubilé.

Le développement des relations bilatérales entre les partis est très important. Les liens entre la CPRF et le Parti communiste chinois se renforcent. Les résultats du voyage de notre délégation en RPC en décembre dernier ont permis la signature d’un mémorandum de coopération. Il fait suite à l’accord précédent et durera jusqu’en 2024.

La solidarité avec les mouvements de libération nationale est extrêmement importante. Les partis communistes et ouvriers soutiennent les peuples d’Amérique latine, d’Afrique et du Moyen-Orient dans leur lutte contre l’impérialisme. Nous continuerons à dénoncer les intrigues du capital qui se fait le champion des "droits de l’homme" et des minorités nationales pour cacher sa véritable nature de conquérant et de pilleur.

En dépit des tentatives de la propagande bourgeoise pour enterrer le communisme, le ridiculiser et le reléguer aux oubliettes, des millions de personnes à travers le monde refusent d’accepter le "paradis capitaliste". La Chine et le Vietnam font des progrès spectaculaires. La RPDC et le Laos suivent avec confiance leur cours. Sans aucun doute, malgré les "guerres commerciales", la crise économique mondiale et le défi du coronavirus, la RPC atteindra bientôt son objectif de mettre fin à la pauvreté et de construire une "société à revenus moyens".

Cuba, le Venezuela et le Nicaragua mènent une lutte héroïque contre l’impérialisme. Malgré une forte pression extérieure, ils mettent en œuvre d’importants programmes sociaux pour sortir les gens de la pauvreté et garantir l’accès aux soins de santé et à l’éducation.

Les partis communistes de l’Inde, du Brésil, de la RSA, du Japon, du Portugal, de la Grèce et d’autres pays jouissent d’une grande confiance. Dans les rues et les places, dans les quartiers industriels et les villages isolés, dans les parlements et dans les pages des journaux, ils défendent les intérêts des travailleurs, exposent les maux du capitalisme, du néolibéralisme et œuvrent pour un avenir socialiste de la planète.

« La destruction du capitalisme et de ses vestiges, l’introduction de l’ordre communiste forment la substance de la nouvelle ère de l’histoire du monde qui a commencé » . Ces paroles de Lénine n’ont pas été recouvertes de la poussière du siècle dernier. Ils figurent en bonne place sur notre bannière rouge sous laquelle nous marchons vers de nouvelles victoires de la cause socialiste.

De nouveaux efforts

La montée des sentiments de gauche dans la société russe renforce logiquement l’autorité de Lénine et de Staline. Les réactionnaires réagissent en intensifiant la propagande antisoviétique.

Les opposants à Lénine voudraient nous faire croire que Lénine était strictement un révolutionnaire, ce qui est pour eux un terme péjoratif. Eh bien, bonne chance à eux pour essayer de faire une percée révolutionnaire dans la vie de la société, dans la science et la culture. C’est l’énergie révolutionnaire de Lénine couplée à la profondeur intellectuelle qui lui a permis d’apporter une contribution gigantesque au développement de la science de la société, aux contradictions de classe, à la nature des crises capitalistes, à l’inévitabilité de la lutte des opprimés pour la justice sociale. Érudit de génie, il a utilisé dans ses travaux de manière convaincante la méthode du matérialisme historique. Grâce à ses travaux scientifiques, il a accompli la plus grande révolution sociopolitique de l’histoire de l’humanité.

Il y a encore un autre aspect du génie de Lénine. Les opposants au bolchevisme versent des larmes de crocodile sur la disparition de l’empire russe, mais oublient miraculeusement un fait simple : il s’est éteint de lui-même, c’est pourquoi.il est arrivé au bout du chemin au début de 1917. Alors que le gouvernement tsariste plongeait le pays dans une horrible crise globale, le gouvernement provisoire, en l’espace de huit mois, provoquait l’effondrement territorial du pays. Lénine a reçu des ministres capitalistes un pays impitoyablement dévasté.

En parlant péjorativement de Lénine le révolutionnaire, ses critiques dressent le portrait d’un démolisseur, dans le style de Soljenitsyne. Ils gardent délibérément le silence sur les réalisations colossales du premier président du Conseil des commissaires du peuple en matière de construction de l’État. Ces messieurs refusent de reconnaître Lénine comme un bâtisseur d’État exceptionnel. Cependant, le prix Nobel et philosophe et mathématicien britannique Bertrand Russel a noté que les hommes d’État de la stature de Lénine n’apparaissent pas plus d’une fois par siècle dans le monde et que beaucoup d’entre nous ne vivront probablement pas assez longtemps pour voir quelqu’un qui lui ressemble. Notre siècle passera sans doute à l’histoire comme celui de Lénine et d’Einstein.

Aujourd’hui, le monde est témoin d’une résurgence de l’effroyable ignorance. Cependant, le démantèlement des monuments de Lénine en Ukraine et d’autres actes de vandalisme ne font que confirmer la grandeur du génie et la pertinence de son héritage. La lutte à grande échelle dans le monde s’intensifie et Lénine reste l’homme de droite sur les barricades de notre époque. Les nombreux volumes de ses œuvres, son héritage idéologique et théorique, et les succès pratiques du socialisme aux XXe et XXIe siècles continuent à lutter pour une vie juste, pour les intérêts des travailleurs et la dignité humaine.

Les héritiers spirituels des fascistes s’en donnent à cœur joie non seulement en Ukraine, en Pologne et dans les pays baltes. En Russie aussi, ils encouragent l’antisoviétisme et la russophobie, érigent des centres Eltsine et demandent que les personnes enterrées sur la Place Rouge soient déshéritées. Des anticommunistes de divers degrés d’agressivité persistent. Ils font l’éloge de Mannerheim, Kolchak et Krasnov. Cédant à leur pression, le mausolée de Lénine est caché par des boucliers de contreplaqué lors des parades du Mayday. Leurs adeptes tentent d’effacer l’héritage universel de Lénine : idéologique, théorique, révolutionnaire-transformateur et créatif soviétique.

Les tentatives des antisoviétiques de rabaisser la stature de Lénine nous rappellent une vérité séculaire : ceux qui tentent de falsifier et de dévaloriser les génies sont généralement ceux qui sont incapables de créer quelque chose de grand par eux-mêmes. Les personnalités exceptionnelles disent la vérité de manière articulée et convaincante. L’éminent scientifique Albert Einstein a fait une évaluation approfondie de Lénine. Il a déclaré qu’il respectait Lénine qui avait engagé toutes ses forces dans un abnégation totale pour mettre en œuvre la justice sociale. Les gens comme lui sont les gardiens et les rénovateurs de la conscience de l’humanité.

Ce sont des mots à méditer. Aujourd’hui, ils aident les communistes à prendre conscience de leur responsabilité dans la défense du nom de Lénine et nous donnent la force de lutter pour mettre ses idéaux en pratique.

Nous voyons l’anticommunisme et la russophobie fusionner dans leur ferveur destructrice. Leur opposition commune à l’héritage de Lénine n’est pas accidentelle. En dénigrant le grand enseignement, en déformant l’histoire, ils cherchent à priver le peuple de sa volonté de liberté et de justice, à le dépouiller des qualités que lui a inculquées la mission d’être le pionnier d’une nouvelle société. Leur rêve le plus cher est de faire disparaître l’héritage de Lénine. Mais leur bataille est perdue d’avance. Ceux qui font reculer le monde sont condamnés.

Même parmi les ennemis idéologiques de Lénine, nombreux sont ceux qui ont eu le courage de reconnaître sa justice et sa grandeur historiques. Le philosophe religieux russe Nikolay Berdyayev, après avoir repensé dans l’émigration l’expérience de la révolution d’Octobre, a écrit ceci sur Lénine : « Son caractère incarnait les traits du peuple russe : simplicité, intégrité, aversion pour les embellissements et la rhétorique, sens pratique. Personnellement, il n’était pas cruel. La Russie était menacée par l’anarchie, la désintégration, qui a été arrêtée par la dictature communiste qui a trouvé les slogans auxquels le peuple a accepté de se soumettre » .

Les petits détracteurs de Lénine ont utilisé toutes les astuces du livre pour le décrier. En fouillant dans son passé, certains "patriotes" n’ont pas compris que Lénine incarnait les meilleurs traits de l’âme russe. C’est ce qui l’a rendu universel. Il est tout aussi large et illimité que les espaces sans limites développés par le peuple russe. Seule une telle âme pouvait aimer tout le monde, quelle que soit la couleur de la peau et la forme des yeux. C’est pourquoi il a été écouté, compris et loué dans différentes parties de notre planète.



Lénine était sur les lèvres d’Ernst Thalmann qui est mort dans la prison d’Hitler, Lénine a inspiré Mao Zedong et Ho Chi Minh qui ont arraché leurs peuples à l’enfer colonial. Lénine a appelé Fidel Castro et Ernesto Che Guevara à mener une révolution héroïque à Cuba. Lénine a donné de la force à Nelson Mandela dans la lutte contre l’apartheid. Lénine a aidé Hugo Chavez à faire renaître l’espoir de la victoire du socialisme au XXIe siècle.

Lénine est devenu le symbole d’une lutte résolue et d’un effort créatif grandiose. Son nom était sur les lèvres de Korolyov et de Gagarine qui ont inauguré l’ère spatiale. Les personnes qui ont accompli un vol vers l’avenir" se sont tenues sur les épaules" du plan GOELRO de Lénine. Pour la puissance soviétique, c’était plus qu’un grand projet économique. La "lampe d’Ilyich" a éclairé le chemin pour les siècles à venir. Elle a rendu possible l’éducation universelle. Elle a ouvert les portes à l’épanouissement créatif de millions de personnes.

« L’homme a l’air fier »

Staline a repris la ligne de Lénine non seulement par le rythme grandiose des plans quinquennaux et par la construction d’une industrie puissante. Il a tout fait pour que la révolution culturelle transforme le pays afin de permettre à son peuple de dire : « L’homme a l’air fier ».

« Je ne suis qu’un humble élève de Lénine » , disait Joseph Staline. Il était fidèle à son maître lorsqu’il se souciait de la croissance intellectuelle, spirituelle et culturelle constante des masses populaires. Il glorifiait les grandes actions de ses ancêtres. Il rappelait aux gens les grandes réalisations de l’histoire nationale. Il a parlé haut et fort de l’importance mondiale de la littérature russe en célébrant le centenaire de la naissance de Pouchkine en 1937.

Les autorités actuelles ont mis de côté la tendance révolutionnaire-démocratique des classiques russes. Cela a rendu l’enseignement de la littérature au lycée et à l’université, non historique. Plus que cela. Un tel processus d’éducation déforme grossièrement la conscience de la jeune génération dans la période de formation. Léon Tolstoï n’est plus qu’un philosophe religieux et moraliste et non plus « le miroir de la révolution russe ». Dostoïevski n’est plus un réaliste qui exposait les maux sociaux, mais seulement un chercheur de Dieu. Sergey Yesenin n’est qu’un poète lyrique et non un homme qui a fait l’éloge de Lénine dans Anna Snegina.

Et qu’en est-il de Maïakovski ? Et Cholokhov ? Ils ne peuvent être séparés du communisme. Les bureaucrates anti-soviétiques ont trouvé une issue. Tant pis pour eux, ils ont décidé et ont jeté leurs noms hors des programmes scolaires.

En conséquence, une génération d’examens d’État unifiés a vu le jour. Ils ne sont pas seulement innocents de Nikolay Ostrovsky. Ils ne peuvent même pas reconnaître Pouchkine et Lermontov. Ce n’est pas seulement un sujet de plaisanteries caustiques. Il s’agit d’une tragédie nationale. La tragédie a sa cause, sa source. C’est la lutte contre l’idéologie communiste. En toute logique, elle a été couronnée par le triomphe de l’idéologie néo-libérale. Les tentatives visant à dissimuler les faits et à dissimuler la situation, à revêtir les dogmes libéraux de l’habit du "patriotisme" battant du tambour ont échoué. Leur essence destructrice fait son travail.

Mais le vent de l’histoire peut emporter les déchets de la falsification. Aujourd’hui, 46 % des jeunes de 18 à 25 ans choisissent le socialisme et 81 % ont une attitude positive à l’égard des idées socialistes. Ces chiffres nous ouvrent d’énormes possibilités. Nous n’avons pas encore pu les exploiter pleinement.

Joseph Staline a déclaré : « La jeunesse est notre avenir, notre espoir... elle doit porter notre bannière jusqu’à une fin victorieuse » . Mais si les jeunes veulent poursuivre notre cause avec confiance, ils doivent passer par une école d’éducation communiste. La tâche d’un communiste et d’un jeune communiste est d’étudier le marxisme, de comprendre les lois du développement social, d’apprendre les faits et les phénomènes de notre époque et de se faire une idée de la réalité actuelle et des tendances de son développement. Il faut être capable de choisir dans le corpus de connaissances ce qui est nécessaire pour la victoire.

Lénine a appelé les jeunes à s’imprégner des connaissances acquises par l’humanité. Il pensait qu’il était important de les compléter par l’éducation : « Notre école doit donner aux jeunes les bases de la connaissance, la capacité d’élaborer eux-mêmes la vision communiste, d’en faire des personnes instruites... des participants à la lutte pour la libération des exploiteurs » .

Les réformateurs d’Eltsine ont fait un effort concerté pour éliminer ce caractère de l’éducation à l’université et à l’école. Ils ont dit qu’il était nécessaire de nettoyer l’éducation des caractéristiques qui ne lui sont pas inhérentes. Cela a été fait afin d’épuiser l’esprit soviétique, ses valeurs d’honneur, de vérité, de justice, de respect pour l’armée et l’exploit de travail des héros populaires. L’éducation soviétique était imprégnée de nobles sentiments civiques et patriotiques. Cela a été un grand obstacle aux réformes destructrices, à l’accaparement des biens nationaux et à la déclaration selon laquelle « le patriotisme est le refuge des scélérats » .

Lénine a souligné que l’Union des jeunes communistes doit combiner son éducation avec « le travail des ouvriers et des paysans » : « Chacun doit voir, a-t-il insisté, que chaque membre de l’Union des jeunes communistes est alphabétisé et en même temps capable de travailler... L’Union des jeunes communistes doit élever tous ses membres par un travail consciencieux et discipliné... ». « Ne pas attendre que les jeunes viennent à vous, mais sortir et travailler avec eux là où se trouve la jeunesse » : ce sont les mots de Molotov s’adressant aux jeunes à l’occasion du 15ème anniversaire de la Ligue des jeunes communistes. Ils constituent toujours un guide d’action pour les YCL d’aujourd’hui.

En cette année qui voit les jubilés de la naissance de Lénine et de la Grande Victoire, chaque communiste et notre jeunesse ont toutes les chances de faire leurs preuves. L’appel spécial au parti et à l’UCJ devrait renforcer nos rangs. Nous devons accélérer ce travail.

Dans le cadre de la célébration du 75ème anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne nazie, nous attendons une réponse énergique à l’action " Jardin de la Mémoire - Jardin de la Vie" , le soutien à la marche de relais socio-patriotique " Notre Grande Victoire " et la participation au travail massif du Parti pour soutenir les forces antifascistes qui sont cruciales pour l’émergence de l’État des Républiques populaires de Donetsk et de Lugansk.



Le régiment de Staline est devenu une partie importante de l’action du régiment d’Immortels. Nos militants porteront les portraits du généralissime Staline, des maréchaux de la Victoire et des héros antifascistes. Cela devient une bonne tradition qui doit être consolidée.

Le CPRF à la Douma d’Etat a soulevé la question du financement systématique des unités de recherche, le mouvement qui cherche à récupérer les noms des héros morts dans la Grande Guerre Patriotique. Nos jeunes camarades et leurs instructeurs mènent activement ce travail à Sébastopol et à Belgorod. Moscou et la région de Moscou.

La cause de la jeunesse éclairée a été servie par l’action de la Bannière de notre victoire. Les enseignements "Les jeunes héros de la nation, Nous étions les premiers, Commandants de la victoire, Leçons de courage" se sont bien acquittés de leur tâche. Dans le cadre du projet "Terre des Talents", les membres de l’UCJ de Crimée, des régions d’Astrakhan, de Belgorod, de Samara et de Sverdlovsk ont été les plus actifs.

Nous accordons une grande attention à la santé de notre nation. Nous donnons la priorité aux sports les plus populaires. Le club sportif de la FCRP va de plus en plus loin. Nous attendons avec impatience un match de mini-football difficile contre l’équipe de Barcelone en demi-finale des champions de l’UEFA. Nous organisons des tournois pour les enfants et les jeunes dans différents sports dans la capitale et les provinces.

Le mouvement des Jeunes Pionniers du Foulard Rouge compte plus de 200.000 membres. Ces garçons et ces filles ont prêté serment de servir leur mère patrie et les idéaux de justice et se sont engagés à aider les vétérans. Les régions de Moscou, Irkoutsk, Oryol, Volgograd et la République de l’Altaï ont accumulé une expérience utile dans le développement du mouvement des Jeunes Pionniers. Des milliers de jeunes garçons et filles ont participé à la cérémonie d’adhésion aux Jeunes Pionniers sur la Place Rouge.

Une initiative de première ligne vise à impliquer les jeunes dans la lutte pour les droits socio-économiques et politiques. Après les actions anticapitalistes et la formation du syndicat étudiant Discours, d’autres mesures sont nécessaires pour renforcer notre influence sur les jeunes dans la société russe.

* * *


La lutte idéologique se poursuit jour après jour. Beaucoup de mensonges circulent dans le monde au sujet de Lénine, de Staline et du pouvoir soviétique. Cependant, il est surprenant qu’ils aient tous été exposés comme des mensonges avant même leur apparition. Ils avaient été révélés par toute une galaxie d’hommes politiques, de scientifiques et de personnalités culturelles d’envergure mondiale. Ils ont attesté de manière vivante et convaincante de la grandeur de Lénine, de l’ampleur de sa personnalité, de l’influence de son génie, de son impact sur ses contemporains et ses descendants, et de son rôle historique mondial colossal.

L’écrivain français Romain Rolland, prix Nobel, a ainsi réagi à la mort de Lénine : « Je ne connais pas d’individualité plus puissante dans l’Europe moderne. Sa volonté a si profondément sillonné l’océan chaotique d’une humanité flasque que sa trace reste longtemps dans l’eau et désormais son navire, bravant les tempêtes, avance à pleine voile vers un monde nouveau » .

Le pionnier de l’exploration spatiale Konstantin Tsiolkovsky a écrit : « Lénine a initié la cause qui, avec le temps, embrassera toute la Terre, toute sa population. Au fil du temps, la stature de Lénine grandira. Personne n’avait autant foi dans le pouvoir créatif des masses, et personne n’a exprimé les pensées et les aspirations chères au peuple de manière aussi précise et complète. Il est pur de cœur, profond de raison, infiniment juste et clairvoyant. Lénine est le plus grand génie qui ait jamais vécu et je l’appelle grand sans réserve » .

Le cœur de Lénine, qui répondait si facilement à la souffrance des masses opprimées, a cessé de battre il y a près d’un siècle. Mais ses grandes idées continuent de vivre. Tout comme son exemple de service dévoué et désintéressé à la cause de la libération de l’humanité. Ce grand exemple nous inspire pour de nouvelles batailles. Il nous conduit à la victoire du travail honnête, de la règle du peuple et de la justice sociale.

Il est du devoir des communistes au XXIème siècle d’en faire un siècle de triomphe du socialisme. Que l’exemple de Lénine nous donne la force, la confiance et la présence des vainqueurs.

Traduction Hervé Fuyet

http://cprf.ru/2020/04/lenins-ideological-legacy-and-the-struggle-of-working-people-for-socialism-in-the-21st-century/#more-1788


Edité le 13-04-2020 à 21:10:15 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 01-07-2020 à 09:16:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

https://histoireetsociete.com/2020/06/30/kprf-la-nouvelle-realite-politique-et-les-taches-du-parti-communiste-dans-la-lutte-pour-les-interets-des-travailleurs/


KPRF : La nouvelle réalité politique et les tâches du Parti communiste dans la lutte pour les intérêts des travailleurs


DANIELLE BLEITRACH30 JUIN 2020

Un texte essentiel pour comprendre les orientations de nos camarades du KPRF, la manière dont ils jugent y compris la politique de Poutine, la nécessité de renforcer les liens avec la Chine, mais aussi leurs propres tâches (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société).

Rapport du président du Comité central du Parti communiste G.A. Ziouganov au X Plénum du Comité central du Parti

https://kprf.ru/party-live/cknews/195599.html

Chers camarades!


Le monde traverse une période très troublée. Il y a trente ans, notre pays immensément riche, notre grande puissance, a été rejeté aux marges de l’histoire. Il a été fait de force un appendice des matières premières du capitalisme mondial, qui est maintenant saisi par le feu de la crise.

Ce système n’est pas seulement confronté à des problèmes, il approche de l’effondrement. Même la survie élémentaire de la Russie dans ces conditions devient impossible. Si nous n’abandonnons pas le cours dicté par l’oligarchie, nous serons inévitablement parmi ceux pour qui la crise systémique deviendra la plus destructrice.

Pandémie de capitalisme

Cela fait une décennie et demie que les idées de Francis Fukuyama sur la fin de l’histoire sont reconnues en faillite. Non seulement les communistes croient maintenant: sans une révision fondamentale du modèle néolibéral, une révolution sociale est inévitable. Les grands économistes Joseph Stiglitz et Thomas Piketty ont déclaré sans ambages que le néolibéralisme n’est pas capable de relever les principaux défis. L’humanité est confrontée à la croissance rapide des inégalités, à la destruction de l’économie, à l’appauvrissement massif, au conflit croissant entre les “maîtres de la vie” et la grande majorité des exploités.


Bien avant le coronavirus, il est devenu évident que l’économie mondiale était en déclin. Les prix sur le marché des matières premières connaissaient une chute vertigineuse. Même dans les pays développés, le pouvoir d’achat des jeunes est devenu bien inférieur à celui de leurs parents à leur âge.


La planète ne croit plus au capitalisme. À la fin de l’année dernière, Edelman a mené une étude du Trust Barometer sur tous les continents. 56% des habitants du monde sont convaincus que le capitalisme fait plus de mal que de bien. 48% sont convaincus qu’il contredit catégoriquement leurs intérêts. Seuls 18% partagent le point de vue opposé. Il est bien évident qu’au cours des derniers mois, le nombre d’opposants au capitalisme spéculatif n’a cessé de croître.
L’injustice flagrante de la structure socio-économique devient de plus en plus visible. La crise rompt le destin et enfouit les rêves des travailleurs d’une vie meilleure. Mais cela n’interfère pas avec l’enrichissement des gros milliardaires, qui regardent indifféremment la «foule» appauvrie et brimée. Le capital des principaux sacs à argent atteint des sommets. Rien qu’au cours des derniers mois, les 25 personnes les plus riches de la planète ont augmenté leur richesse combinée de centaines de milliards de dollars.


Le nombre de chômeurs aux États-Unis est passé à 40 millions.C’est un huitième de la population. Et il n’est pas nécessaire de raisonner naïvement que les manifestations à grande échelle aux États-Unis ne sont causées que par un mécontentement racial. Oui, ces plaies sont évidentes. Mais la cause profonde est l’augmentation de l’inégalité sociale. C’est elle qui détruit le monde civil et arrache le vernis de prospérité des vitrines du capitalisme.


Le grand capital fait tout pour maintenir ce système injuste. Mais ses manœuvres sont de moins en moins réalisables. Au XXe siècle, ce problème a été résolu grâce aux guerres. Les première et deuxième guerres mondiales ont cédé la place à la guerre froide. Les ennemis extérieurs et la “cinquième colonne” ont réussi à détruire l’Union soviétique et à se régaler des décombres de notre patrie. Maintenant, les tâches d’invasion et de pillage sont résolues à l’aide des guerres hybrides et du chaos contrôlé.


Aujourd’hui, les mondialistes accusent le coronavirus des problèmes mondiaux. En fait, la crise systémique n’est pas provoquée par l’épidémie. Les crises sont les marques de naissance du capitalisme. À nos yeux, la mondialisation libérale dégénère finalement en un système clanique de spéculateurs financiers. C’est leur volonté que la production réelle dans les pays du «milliard d’or» soit supplantée par l’économie virtuelle des valeurs mobilières et fasse du reste du monde un appendice aux matières premières, un subordonné bon marché aux nouveaux propriétaires. La Russie est promise au destin le moins prometteur.


La crise mondiale continue de prendre de l’ampleur. En mars, les experts ont exprimé l’espoir que l’économie de la planète éviterait une récession pour l’année. Mais déjà en avril, ils ont commencé à prévoir une baisse du PIB mondial. Les experts d’Alfa-Bank, Citibank et Raiffeisenbank prévoient un effondrement de l’économie russe de 20 à 45% sur la période de quarantaine.


Cette crise grave peut durer considérablement et la situation peut empirer. Tout cela fait partie de la nouvelle réalité russe. L’activité économique devra être redémarrée. Des industries entières doivent renaître. Pour ce faire, il faut dépenser 8 000 milliards de roubles, soit 8% du PIB. Cependant, le gouvernement n’est pas prêt pour de tels investissements. Jusqu’à présent, le Cabinet des ministres a l’intention de diriger moins de 3% du PIB pour soutenir l’économie. Comparons maintenant: les États-Unis dépenseront 10% du PIB, le Royaume-Uni – 16%, l’Italie – 20%, l’Allemagne – jusqu’à 37%.


La Russie, en tant que pays du capitalisme périphérique, ne peut s’en tirer dans une crise mondiale. Tout le reste n’est que bavardage. Notre pays ne se trouvera pas mieux que les États occidentaux. Ils ont de puissantes ressources financières, une production plus développée et ils ont appris à piller le monde mieux que les autres. Il s’agit d’une loi économique immuable: les avant-postes du capitalisme sont plus à même de supporter la crise que ceux qui leur servent d’appendice auxiliaire.


Dans l’histoire des derniers siècles, il n’est pas encore arrivé que des branches entières de production se soient arrêtées. Dans ce régime, aucune économie ne peut exister. Mais le grand capital parasite peut tirer les marrons du feu dans les guerres et les chocs économiques. Il se dépêche d’utiliser l’épidémie de coronavirus à son avantage. La réaction mondiale s’attend à élaborer de nouvelles restrictions afin de paralyser ceux qui s’opposent à ce système extrêmement injuste. Des forces rêvant d’instaurer une dictature numérique ont ressuscité. Mais nous sommes convaincus que les astuces des mondialistes n’arrêteront pas l’effondrement historiquement inévitable d’un système infecté par le virus de la pourriture, de l’exploitation et du manque de spiritualité. La question est de savoir combien cela coûtera à l’humanité de vaincre le capitalisme.


Dans ces conditions, les pays qui s’appuient sur des principes socialistes réussissent. La Chine évince de plus en plus avec confiance les États-Unis dans leur position de leader économique, montrant un exemple moral des relations humaines. Le Vietnam affiche une dynamique de développement brillante et les taux de croissance du PIB les plus élevés. Leur expérience prouve que seul le socialisme donne une réponse salvatrice à l’humanité aux défis de l’époque.


L’épidémie a accéléré la formation d’une nouvelle réalité politique et économique. La Russie a un choix difficile: tomber sous les ruines d’un système condamné ou emprunter la voie souveraine et épineuse de la construction d’un état de justice sociale – d’une grande puissance socialiste. De plus, nous avons une expérience soviétique unique de modernisation léniniste-stalinienne.

La Russie et la crise mondiale

Le capitalisme oligarchique continue d’accabler la Russie. Ce défi peut devenir une catastrophe plus importante que l’échec des défauts de paiement en 1998 et la crise de 2008-2009 et 2014-2015.


L’année dernière n’a pas été couronnée de succès pour la Russie. Mais cette année, nous avons déjà un grave déclin économique. Les revenus du budget des matières premières se sont effondrés de 70%. Après six années de déclin, les revenus réels des citoyens ont encore diminué de 22%. Selon des estimations prudentes, le chômage a augmenté de plusieurs fpos au cours de la pandémie.


Le déclin de l’industrie manufacturière de la Russie est le plus important depuis 20 ans. L’industrie légère a “plongé” de moitié. L’industrie automobile a presque «mis à zéro» – sa production s’est effondrée de 80%. Mais des branches entières y sont liées. Le transport aérien a diminué de plus de 90%. Les ventes au détail ont diminué d’un quart. La construction de logements a baissé de plus d’un tiers. Dans l’agriculture, la baisse de la demande des consommateurs, les problèmes d’achat d’équipement et de fourniture de composants, de carburant et de lubrifiants se feront inévitablement sentir.


Les petites et moyennes entreprises sont dans un état lamentable. Cependant elles fournissent des emplois à plus de 20 millions de personnes. Il semble que près de la moitié de ces personnes ont déjà perdu leur emploi.


En Russie, de nombreuses entreprises sont sur le point de s’effondrer. Le gouvernement aide faiblement l’économie. La moitié des entreprises pourraient ne pas survivre aux restrictions «sanitaires». On pense que le pouvoir, chassant le virus, est capable de démolir toute la « maison ». C’est peut-être une image excessive, mais elle est enracinée dans l’esprit de millions de personnes. En toute justice, nous ajoutons que les gouvernements de nombreux pays ont agi de cette façon.


Les analystes rivalisent pour dépeindre une dépression désespérée sur le marché du travail. L’école supérieure d’économie s’attend à ce que le chômage atteigne 5 millions et l’Agence Nationale de cotation 12,5 millions. Il y a des estimations assez terrifiantes de 25 millions de chômeurs. Une partie des gens est en congé non rémunéré. Plus de la moitié des travailleurs ont subi des baisses de salaires.


La situation nous plonge dans la crise des années 90. Cependant, cette analogie n’est pas entièrement valable. La situation peut devenir bien pire, car l’héritage soviétique est gaspillé et mangé. Évaluez simplement: combien d’emplois une économie de matières premières peut-elle créer?


S’il n’y a pas de travail, alors il n’y a pas de revenu. L’engrenage des problèmes forme une chaîne implacable. Moins il y a d’argent dans les poches, moins vous avez de chances de vendre des produits. La demande est beaucoup plus faible que l’an dernier. Selon la Sberbank, les citoyens dépensent 25% de moins en biens et services qu’auparavant. Les économies sont drastiques.


Vous vous souvenez de la tour Gazprom à Saint-Pétersbourg, qui a défiguré l’aspect historique de la ville?En dépit des protestations, elle a été construite comme un symbole de la richesse et du pouvoir d’une société gazière. Mais la vie fait ses propres ajustements: il semble que ce “symbole” devra être vendu pour dettes. Au premier trimestre, Gazprom a perdu plus de 300 milliards de roubles. Les pertes attendues d’ici la fin de l’année sont de 20 milliards de dollars. Tous les espoirs de créer un empire des matières premières se sont effondrés en poussière. Le Parti communiste a mis en garde plusieurs fois contre une telle finale.


Gazprom est tiraillé de partout. La Pologne a suspendu son approvisionnement en gaz et engagé une action en justice pour 1,5 milliard de dollars. L’Ukraine a déjà remporté un procès de 3 milliards de dollars pour sous-approvisionnement en gaz sur son territoire. La Turquie a réduit ses achats de carburant russe de 7 fois, mais a augmenté ses approvisionnements du Qatar de 16%. Le Qatar lui-même dépend depuis longtemps du gaz naturel liquéfié, fournissant des navires à de nombreux pays, dont le Japon et les États-Unis. L’UE se réoriente également vers le gaz liquéfié. Nord Stream 2 est soumis à une loi selon laquelle Gazprom ne peut remplir le tuyau qu’à 50%.


De plus, la Russie elle-même est loin d’être complètement gazéifiée.Des centrales au charbon enfument toujours nos villes. Une situation également familière aux habitants de Krasnoïarsk et d’Arkhangelsk. Et dans la région d’Omsk, on est allé jusqu’à déconnecter plusieurs zones gazéifiées auparavant.


Unique par son échelle, ses ressources naturelles et son potentiel, notre pays requiert une approche particulière du développement. Les conditions de départ dans les régions de la Russie ne sont pas les mêmes. L’écart dans la provision budgétaire entre les sujets riches et pauvres de la Fédération est de sept fois. C’est une pratique vicieuse. La vocation de l’État est d’assurer un développement équilibré de ses territoires.


Dans 10 régions, le ratio de la dette publique au revenu total est de 80% ou plus. Hélas, il s’agit de la région d’Orel et de la Khakassie. Mais il ne s’agit pas de décisions de gestion locale. La Région d’Orel a augmenté en trois ans ses revenus tirés de l’impôt sur les bénéfices et de l’impôt sur le revenu des particuliers de 14%. Les recettes fiscales totales ont atteint 2,7 milliards de roubles. Elle a réduit la dette publique de 516,8 millions de roubles. L’année dernière, la région a assuré une croissance des superficies ensemencées et un rendement record de 41 quintaux par hectare. Dans le même temps, en 2015-2017, le volume des subventions fédérales pour la région a diminué de 2,7 milliards de roubles. Grâce aux efforts du jeune et talentueux gouverneur Klytchkov [Parti Communiste, NdT] en 2018-2019, cette chute a pu être “compensée” pour 380 millions de roubles. Le volume des recettes gratuites a augmenté de 4 milliards de roubles.


La Région d’Irkoutsk pour la période de direction par Levtchenko[Parti Communiste, NdT] a augmenté le produit régional brut de 19%. Le volume des recettes budgétaires et des investissements en immobilisations a doublé. Le salaire mensuel moyen a augmenté de 28% en 2015. Il y a eu un développement des infrastructures sociales et communales. Des routes construites et entretenues. Des immeubles d’habitation et autres bâtiments sont sortis de terre. Les terres arables envahies par les mauvaises herbes ont été remises en culture. Mais au lieu de généraliser cette expérience au reste du pays, le pouvoir continue de persécuter notre camarade jusqu’à aujourd’hui.


Le Parti communiste a proposé à plusieurs reprises une révision des relations entre le centre et les régions. Nous exigeons de nouvelles relations intergouvernementales. Notre programme de développement socio-économique du pays est soutenu par le Forum économique international Orel – 2020.


Nous avons un grand pays. Le Nord, la Sibérie et l’Extrême-Orient sont également hétérogènes. La nature, le climat, la densité de population et le potentiel économique sont différents. Il y a des régions qui sont profondément déprimées et il y a des donateurs. Mais la structure de l’économie des régions donatrices est axée sur la production d’hydrocarbures. Et il n’a pas été possible de la diversifier. Une coopération interrégionale efficace n’a pas été établie.


Dans le complexe économique national de l’URSS, les républiques et les territoires, les régions et les autonomies étaient conscients de leur place dans un espace socio-économique unique. Ils ont bien compris la logique générale du développement. Le Parti communiste insiste sur l’utilisation de l’expérience soviétique avancée dans la répartition des forces productives, la spécialisation et la coopération. Au lieu de districts fédéraux, on devrait se tourner vers la pratique du zonage économique fondé sur des données scientifiques. Il n’y a tout simplement pas d’alternative adéquate aux unités industrielles et aux complexes de production territoriaux.


Sous la pression du Parti communiste en 2014, la loi Sur la planification stratégique a été adoptée. Mais même dans sa rédaction édulcorée, elle n’a pas été mise en œuvre. Cinq ans se sont écoulés. Il semblerait qu’il existe des programmes publics. Mais aujourd’hui, ils sont détachés d’une logique de développement unique et ne correspondent pas aux principes de la planification stratégique.


Le principal risque pour l’Extrême-Orient est l’exode de la population. En 27 ans, il est passé de 10,5 millions de personnes à 8,2 millions (compte tenu de la population de Bouriatie et de Transbaïkalie). Les flux migratoires montrent chaque année de 30 à 40 000 personnes quittant la région. Les raisons sont le coût élevé de la vie, les infrastructures médiocres, les faibles revenus, un climat difficile, le désir d’éduquer les enfants et de se réaliser. La proportion de logements délabrés et insalubres est 2,5 fois plus élevée que la moyenne nationale.


La Russie est une puissance arctique. Mais prenez tous les indicateurs de la qualité de vie dans la zone arctique. 60% des indicateurs dans 31 régions sont pires que la moyenne de la Russie. Cela s’applique également à l’espérance de vie, à la disponibilité des soins médicaux, à la qualité de l’éducation, au logement et à la culture. Jusqu’à 90% des diplômés du lycée partent pour poursuivre leurs études et ne reviennent jamais.


Nous sommes convaincus que l’Arctique, le Nord, la Sibérie et l’Extrême-Orient ne peuvent pas seulement servir la cause du développement des ressources naturelles. Ici, il est nécessaire de créer une économie diversifiée et d’assurer une vie décente. Il faut procéder à la régionalisation du pays, établir les coefficients de la prime salariale, donner aux gens des garanties et des compensations. La Russie doit être abordée de manière globale.

Les menaces se multiplient et s’aggravent

Ceux qui gèrent l’économie et les finances affirment que la Russie se remettra du choc mondial plus rapidement que l’Occident. Leurs rapports pleins d’entrain au président sont régulièrement diffusés par les chaînes de télévision. Accompagné par des chants triomphants, notre pays continue d’être entraîné dans un parcours destructeur.


Le système imposé à la Russie est de nature purement coloniale. Le pays est tributaire des exigences des structures transnationales. Le rôle de leurs émissaires est joué par le bloc économique du gouvernement et tout un troupeau de conseillers oligarchiques. Lorsqu’il n’y a pas de véritable souveraineté, la crise mondiale frappe particulièrement durement. L’URSS a assuré l’indépendance non pas en paroles mais en actes. Le gouvernement russe n’est pas en mesure de surmonter la dictature extérieure. Mais elle explique avec empressement tous les problèmes du pays par l’influence externe.


Les réflexions du Parti communiste sont partagées par les économistes les plus sérieux. Les scientifiques appellent à stopper l’exportation effrénée de capitaux par la Russie. Il s’agit d’une forme de vol lorsque plus d’un billion de dollars ont été versés dans des banques étrangères et à l’étranger au cours des années de «réformes» – plus de trois budgets fédéraux! La période pandémique a été marquée par un nouveau vol du pays. Depuis le début de l’année, environ 2 500 milliards de roubles ont été exportés de Russie. Ce montant équivaut à la moitié des dépenses du budget fédéral pour l’économie et deux fois plus que les dépenses de santé et d’éducation.


Il est nécessaire d’augmenter les investissements publics dans les industries de haute technologie. La banque centrale est tenue de remplir les fonctions de banque d’État et de protéger la souveraineté financière de la Russie. Il est temps de la rendre responsable de la croissance économique, l’obligeant à accorder des prêts aux entreprises nationales au taux le plus bas possible.


Toutes ces tâches sont vitales. Sans elles il est impossible au pays de sortir de la crise, de prendre la place qui lui revient dans le monde. Une condition essentielle pour aller de l’avant est le passage des ressources financières du pays sous un contrôle réel de l’État.


Comme le Parti communiste, les scientifiques exigent de libérer l’économie des diktats du dollar. Il est nécessaire de réaliser dans le cadre de la coopération économique euro-asiatique, un système de paiement et de règlement utilisant les monnaies nationales. Cela renforcera et augmentera le statut international du rouble. La Russie doit cesser d’émettre des actions et des obligations en devises étrangères.


Mais nous devons constamment expliquer que ces tâches ne peuvent être réalisées sans le retrait de l’oligarchie de la gestion économique. Sans la priver d’influence politique. Sans nationalisation des industries stratégiques. Sans se débarrasser de la «gestion» oligarchique, il est impossible de suivre un cours de développement indépendant, de mener des projets nationaux, d’améliorer le système financier et de construire une économie moderne de haute technologie.
Le pouvoir oligarchique pille un pays immensément riche, plongeant le peuple dans la pauvreté. Une personne sur six n’a pas les moyens de manger, même aux normes minimales du ministère de la Santé. L’oligarchie s’enrichit de façon incontrôlable. Pendant la seule période de quarantaine, la fortune totale des milliardaires russes de la liste Forbes a augmenté de 62 milliards de dollars. Au rythme actuel, cela représente 4 billions de roubles, soit un cinquième du budget fédéral.


Pour une raison inconnue, l’argent du Fond National de Stabilisation destiné à soutenir l’économie ne peut pas être utilisé. Une règle budgétaire vicieuse n’a pas été révisée. Elle sert de chaîne coloniale, mais le gouvernement la met fermement en œuvre. Et cela signifie que la Russie n’est pas autorisée à être sevrée de la drogue aux matières premières. Car nous n’avons pas réalisé d’investissement dans une économie de haute technologie. Bien que le fonds de stabilisation enfle, les ministres évoquent des difficultés financières. Presque chaque argument du pouvoir est cousu de fil blanc.


La réserve d’or russe se dilapide rapidement. Depuis novembre de l’année dernière, 17 tonnes d’or ont été transportées dans les coffres de Londres. Ce sont les deux tiers des réserves qui étaient conservées par la Sberbank. En échange, nous obtenons de la monnaie pour les structures oligarchiques et les fonctionnaires voleurs. Non, messieurs les réformateurs, ce n’est pas une stabilisation financière. C’est du vol cynique!


Les principaux architectes des «réformes libérales» font froidement le bilan de leur activité. Le créateur de l ‘”airbag” financier Koudrine a déclaré que l’économie de rente vivait ses derniers jours. Le contremaître de la privatisation prédatrice Tchoubaïs raconte le proverbe cowboy: “Si le cheval a crevé, il faut en descendre”. Mais les «capitaines libéraux» ne pipent mot sur leur responsabilité pour avoir créé un système vicieux, pour la tragédie du pays. Ils ne doutent pas de leur impunité.

Pendant ce temps, la crise économique prolongée dans le monde devient plus réelle. Selon les calculs des principaux experts, les pertes de l’économie russe à la suite de la crise actuelle s’élèveront à 18 billions de roubles. C’est un montant qui s’approche du budget du pays. Même les agences officielles généralement optimistes donnent des prévisions sombres. Le ministère du Développement économique de la Russie n’exclut pas une baisse de 7,5% du PIB. Les experts indépendants s’attendent à bien pire. Selon les résultats de 2020, la baisse du PIB sera de 10% à 20%. L’armée des chômeurs pourrait augmenter de 15 millions.

Les dépenses budgétaires de la Russie au titre des mesures anti-crise devraient être doublées. L’inefficacité des mesures que le gouvernement a péniblement élaborées au cours d’une période très longue est déjà évidente. Elles remplissent des centaines de pages. Coût de la réalisation – cinq mille milliards de roubles. Une belle somme attirant les convoitises ! D’ici la fin de 2021, il est prévu que l’économie atteigne une croissance stable. Mais combien on en a vus, de ces plans de stabilisation et de croissance! Tous ont échoué, mais personne n’a été tenu responsable.

Néanmoins, Poutine a annoncé l’élaboration d’un «plan national» pour soutenir les entreprises et le public. Des mesures très impopulaires sont possibles. La séquestration du budget fédéral et l’introduction de taxes supplémentaires sont également en discussion. Rien de nouveau. Toujours la même soupe, mais de plus en plus maigre. Nous glissons sur la même voie libérale.

Nous ne sortirons pas rapidement de la crise économique. Tout est allé trop loin. Le manque de professionnalisme des cadres, la structure détruite de la gestion économique, la dépendance aux matières premières, la destruction d’industries entières, la perte de discipline, la perte de souveraineté, la destruction de la science et de l’éducation, la corruption et le vol – tout cela fait un mélange explosif et n’engendre pas l’optimisme. Et la patience des gens est à bout.

Les héritiers libéraux de l’eltsinisme, qui enserrent le chef de l’Etat dans un étau, aspirent à la vengeance et s’efforcent de saper la situation dans le pays. Ils tracent le chemin de l’assujettissement final de la Russie aux intérêts des forces extérieures. Au lieu de changer radicalement de cap et d’accomplir des tâches de développement, ils préparent la «perestroïka-2». Il y a maints signes à cela.

Les forces patriotiques populaires et le Parti communiste ne l’accepteront pas! Nous nous battrons pour un nouveau cours! Pour la vie digne des travailleurs! Pour la justice sociale! Pour le socialisme!

La Santé de la nation: les 12 propositions du Parti communiste

La gravité et l’urgence des problèmes est apparue particulièrement évidente pendant les mesures de quarantaine. L’épidémie a révélé la perversité de l ‘«optimisation» de la médecine, sa commercialisation totale et son transfert cynique au secteur des services. Au cours des «réformes», le nombre de places dans les hôpitaux et les cliniques a diminué d’un tiers. Et leur personnel seulement au cours des trois dernières années a diminué de plus de 40%.

Au plus fort de l’épidémie, les citoyens devaient acheter des masques avec des majorations de prix exorbitantes. Encore une fois, nous avons ressenti le massacre de notre industrie. Les fabricants russes couvrent le besoin d’équipements de protection de 20%. On voit clairement que le gouvernement n’a pas fourni de véritable substitution aux importations. Cela crée une menace directe pour la sécurité nationale.

Pendant la pandémie, il y a eu de graves problèmes de pénurie de lits et de nouveaux équipements dans les hôpitaux. Sans oublier le manque de personnel de santé et les problèmes d’approvisionnement en médicaments. On est arrivé au point que les polycliniques et les ambulances n’avaient pas la bonne quantité d’équipement de protection individuelle. Tous ces problèmes reposent sur le sous-financement chronique du système de santé et l’inefficacité globale de la gestion. Le montant total des fonds affectés aux soins de santé est inférieur à 4% du PIB.

Pendant les «réformes», plusieurs milliers de lits, y compris ceux présentant un profil d’infection, ont été «optimisés». Même à la veille de la pandémie, les experts ont confirmé un niveau de préparation insuffisant pour les services infectieux. C’est pourquoi, sous la menace d’une infection massive des citoyens, les autorités n’ont rien trouvé de mieux que les restrictions d’une mise en quarantaine sans précédent. Sinon, les hôpitaux auraient été bondés et la situation exactement la même qu’aux États-Unis.

Dans l’urgence ont été créées 140 000 places, dans des hôpitaux préfabriqués ou dans des hôpitaux réhabilités. Ainsi, les autorités ont en fait confirmé que la fermeture des installations médicales et l’«optimisation» de leur personnel étaient une idée vicieuse conduisant à l’échec.

Au cours des derniers mois, les principales forces ont été dirigées contre la pandémie. Mais cela n’a pas fait disparaître les autres maladies. Les patients n’avaient pratiquement aucune possibilité de venir en consultation. Et la télémédecine ne compense pas cela. Depuis le début de l’année, plus de 300 000 personnes sont décédées de maladies cardio-vasculaires. Les maladies du système digestif et nerveux ont coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes. Les experts prédisent une augmentation des maladies non transmissibles et une augmentation de leur mortalité.

Les conclusions du Parti communiste sont présentées en 12 points, qui sont présentés aux autorités et à la société. Elles contiennent des mesures urgentes pour protéger la santé de la nation. Les voici en bref:

1. Rétablir immédiatement le réseau des organisations médicales et surmonter la pénurie de médecins. Relancer l’Académie des sciences médicales et le système des principaux instituts de recherche. Renforcer le rôle de la science dans l’élaboration des décisions gouvernementales. Faire entrer des grands scientifiques au Conseil d’État.

2. Fournir, à partir du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2021, un financement adéquat du système de santé.

3. Déclarer l’industrie pharmaceutique une industrie stratégiquement importante. Assurer une substitution rapide des importations. Les substances et composants des médicaments, tous les médicaments nécessaires doivent être produits en Russie. Il s’agit d’un problème de sécurité nationale.

4. Garantir un financement décent aux centres de virologie. Reprendre la formation ciblée des spécialistes des maladies infectieuses épidémiologiques. Les inclure dans la grande majorité des institutions médicales.

5. Prendre un contrôle strict des salaires des agents de santé. Assurer le paiement rapide des indemnités et des primes à ceux qui sont engagés dans la lutte contre l’épidémie. Les responsables de la perturbation de cette tâche devraient être lourdement sanctionnés.

6. Fournir aux citoyens un équipement de protection individuelle afin de lutter contre l’infection à coronavirus. Les autorités sont tenues de garantir leur distribution gratuite par le biais des services sociaux et autres.

7. Instituer des Prix d’État pour les professionnels de la santé qui se sont distingués dans la lutte contre le virus. Reconfigurez la politique d’information de l’État pour soutenir ceux qui montrent un exemple de dévouement et de professionnalisme.

8. Accroître la responsabilité des autorités de protection sociale dans la distribution de médicaments aux personnes âgées et aux personnes gravement malades. Les retards dans la prestation de soins aux personnes souffrant d’oncologie, de cardiologie et d’autres maladies sont inacceptables.

9. Renforcer le contrôle des polycliniques sur l’état de santé des citoyens qui sont enregistrés auprès d’eux. Renforcer la connexion des personnes âgées et des personnes souffrant de maladies chroniques avec les médecins locaux.

10. Fournir un dépistage massif, couvrant tous les citoyens de la Russie, des infections à coronavirus. Renforcer la prévention de la morbidité et procéder à des examens médicaux réguliers de la population.

11. Faire le bilan de l'”optimisation” destructrice, qui a réduit d’un tiers le nombre de lits d’hôpital et fortement réduit le personnel médical, en particulier dans les campagnes. Créer une commission d’État spéciale et enquêter sur ce crime devant le pays. Développer un programme de réhabilitation.

12. Empêcher l’interruption du projet national «Santé». Poursuivre sa mise en œuvre en tenant compte des enseignements de 2020. Pour en faire une partie intégrante d’un plan national à grande échelle pour sauver la médecine russe.

Notre parti se battra vigoureusement pour la mise en œuvre de ce programme. Il est d’une importance fondamentale pour le pays et chaque travailleur .

Pour une Constitution de démocratie et de justice

Chers camarades, nous avons souligné à plusieurs reprises qu’en Russie, il existe une politique de destruction, de dégradation et de catastrophe démographique. Les mesures prises par le président et le gouvernement sont inadéquates dans les situations d’urgence. Laisser faire et attendre que ça se passe ne sert à rien. La «main invisible du marché» ne résout les problèmes que dans la théorie des néolibéraux. On ne peut pas travailler comme ça!

Notre parti a élaboré en détail les propositions de restauration de la sphère économique et sociale de la Russie. Ils ne sont pas en contradiction avec les propositions de spécialistes respectés et responsables, dont les idées sont confirmées par les meilleures pratiques mondiales.

La première proposition est le plan d’Etat. Sous notre pression, la Douma d’État a adopté la loi sur la planification stratégique. Mais au niveau gouvernemental, les choses n’ont pas bougé. Nous devons soulever la question avec fermeté, exigeant une réponse intelligible. Les factions du Parti communiste doivent utiliser le rapport du nouveau gouvernement à la Douma d’État. Il est prévu pour le 22 juillet de cette année.

Seule la présence d’une structure à part entière chargée des programmes de développement stratégique permettra de rectifier la situation. Les responsables du ministère parlent régulièrement d’une approche programmatique, mais «mijotent» des ensembles d’activités mal coordonnés. Toutes les tentatives pour avancer sans une Commission de planification de l’État sont vouées à des échecs douloureux, à des détournements cyniques, à l’inefficacité et à l’inactivité, couvertes par une agitation stupide.

L’Union soviétique dans un court laps de temps historique a relevé le pays des ruines de deux guerres. Elle a transformé la Russie agraire en une puissance industrielle et spatiale, sauvé le monde du fascisme et est devenue l’un des leaders mondiaux. C’est pourquoi Albert Einstein a déclaré: ” Le jour viendra où toutes les nations seront reconnaissantes à la Russie d’avoir démontré la faisabilité d’une économie planifiée .”

Cette approche stratégique du développement a été reprise par d’autres. Des départements de planification existent maintenant dans les gouvernements des États-Unis, du Japon, de la France et de la plupart des pays développés. Les 47 sociétés transnationales qui se partagent les marchés mondiaux font de même. Seuls les responsables russes sont idiots, ignorant l’héritage de l’URSS.

La deuxième proposition est la réforme fiscale. Une révision des principes de la politique budgétaire est arrivée à maturité. Il est temps d’abolir la TVA qui étouffe les entreprises et la demande des consommateurs. Il est nécessaire d’éliminer la taxe de transport et le système Platon. La justice et le bon jugement nécessitent un taux d’imposition progressif et l’exemption pour les foyers modestes. Tout cela sera un puissant élan pour la croissance de l’industrie et de l’agriculture.

En attendant, le chef du ministère du Travail, Kotiakov, affirme qu’il est temps de prélever un pourcentage supplémentaire sur les salaires pour «l’assurance chômage»! Rappelons-lui donc que les citoyens, à travers les impôts et taxes, donnent déjà plus de 60%.

Troisièmement, l’augmentation des salaires. Il est temps de revoir de manière décisive les relations «salarié – employeur» et «employeur – État». L’État doit impérativement rendre aux travailleurs à la fois la journée de travail de huit heures et une rémunération décente du travail. Pour cela, il est nécessaire de restaurer l’influence créatrice des syndicats sur les employeurs. Les employeurs eux-mêmes doivent obtenir des règles stables d’activité économique.

Les travailleurs pour le capitaliste sont une classe à exploiter. Le capital n’est pas prêt à investir dans son développement social. Mais ce sont les gens qui sont la principale valeur de la Russie. Nous insistons: les enfants devraient étudier gratuitement, un diplômé universitaire devrait avoir un premier emploi garanti et un employé expérimenté devrait être encouragé à améliorer ses compétences. La venue d’un enfant devrait apporter le bonheur à une famille et non être la cause de sa pauvreté. L’allocation pour une période d’invalidité temporaire devrait non seulement aider à survivre, mais aussi à retourner avec confiance dans les rangs des professionnels.

Nous avons déjà forcé les autorités à relever le smic au niveau du minimum vital. Maintenant, la tâche consiste à augmenter ce «minimum» au moins deux fois en deux ans et à le tripler au cours des cinq prochaines années. Sinon, la pauvreté des travailleurs, leur pouvoir d’achat insignifiant et la dégradation du système socio-économique se poursuivront sur tous les plans.

Quatrièmement – la création d’une base juridique et financière pour un bond en avant. Sans sa création accélérée, les mesures gouvernementales sont vouées à l’effondrement. Il est temps de supprimer de nombreuses charges pesant sur la population et le secteur réel. Il y a trop d’impôts, tandis que les prêts abordables sont impossibles à obtenir pour sa propre entreprise. De nombreux «Rosnadzor» et autorités de délivrance des licences sont capables de geler toute vie dans le pays. Mais elles ne forment pas une protection efficace contre les accidents technologiques et autres excès. La preuve en est la récente tragédie avec le déversement de carburant dans l’une des entreprises de Norilsk Nickel.

Nous savons que la suppression du joug administratif ne dévastera pas le budget. Les citoyens auront un revenu décent, les entreprises auront la possibilité de produire et d’étendre leurs activités de manière stable. Le trésor ne fera que gagner. Il recevra des sources de revenus stables. Cette proposition du Parti communiste s’applique également à la règle budgétaire, à laquelle le gouvernement tient avec une persévérance enviable.

Cinquièmement – le soutien aux entreprises nationales et collectives. Le Parti communiste cherchera à créer les opportunités les plus larges pour leur développement. Comme le montre l’expérience, les fermes collectives sont extrêmement efficaces. Cela a été confirmé par la pratique des États–Unis, de la Finlande, de l’Espagne, du Japon, d’Israël et de la Corée du Sud. Le secteur coopératif apporte une grande contribution au PIB de nombreux pays et fournit des emplois à des millions de personnes. La lauréate du prix Nobel Elinor Ostrom adémontré que les entreprises nationales résistent aux crises. Les travailleurs qui y sont employés, en tant que copropriétaires de leurs entreprises, reçoivent non seulement un salaire décent, mais également une protection sociale sérieuse. Les participants aux fermes collectives travaillent à la fois pour des résultats économiques et pour le développement social. Ces entreprises préfèrent ne pas licencier, mais conserver des équipes, améliorer les compétences des salariés et leur donner de nouvelles qualifications.

Sixièmement – garantir l’emploi. Les principaux moyens de créer des emplois sont la nouvelle industrialisation et la croissance économique. Forçant le développement des industries manufacturières, nous allons employer des millions de travailleurs. La croissance des industries de haute technologie aidera les nouvelles générations à obtenir des emplois prometteurs. Il est nécessaire d’éliminer les distorsions sur le marché du travail, de relancer un système d’enseignement professionnel puissant, efficace et flexible. Ces tâches ne peuvent être résolues de manière harmonieuse qu’en s’appuyant sur un plan détaillé de développement économique et social. Grâce à lui, les étapes du lancement de nouvelles industries, l’évolution des industries existantes, les mouvements de personnel à travers l’économie et le territoire du pays apparaîtront clairement.

Septièmement, la stimulation de la demande. Il y a une vérité simple: l’augmentation de la demande augmente l’offre. Il est grand temps de mettre en route ce mécanisme. La demande ne peut se constituer sans le soutien matériel de la population. Les cris des libéraux au sujet de la hausse inévitable de l’inflation sont sans fondement. Arrêtez d’écouter ces contes. Rappelez-vous les approches du gouvernement Primakov-Maslioukov, et vous comprendrez tout. La croissance des salaires et les paiements aux personnes dans le besoin sont socialement justes et économiquement justifiés. Il existe d’autres outils pour stimuler l’activité d’achat. La suppression de la TVA et le renoncement à la taxation du transport rendront les prix et les services beaucoup plus attractifs.

Huitièmement : un bond en avant dans l’innovation. Hélas, la Russie est désormais incapable de compenser la pénurie de produits, même les plus simples – les masques médicaux et les désinfectants. Que dire des produits plus complexes! Mais si vous ne résolvez pas des tâches ambitieuses, vous resterez à jamais en marge du développement mondial. L’URSS a occupé des positions de premier plan dans l’espace, la science et l’éducation, dans la plupart des domaines révolutionnaires. Pour les restaurer, il est temps de consacrer 7% du PIB à l’éducation et à la science. La Russie a un besoin urgent de robotique et de microélectronique, de machines-outils et de biotechnologie. L’héritage soviétique a été détruit. Le décalage n’est plus des années, mais des décennies. Une nouvelle industrialisation est nécessaire comme l’air, l’oxygène pour les poumons d’un patient atteint de coronavirus.C’est impossible sans un investissement massif dans l’industrie de haute technologie.

La vie nous rappelle dans ce contexte d’épidémie: aussi bien une «économie de services» qu’une «économie gazière» sont intenables en cas de crise. Ce n’est pas la thérapie de choc qui protège contre toutes sortes de chocs, mais un secteur réel diversifié, construit sur des technologies avancées et un personnel intelligent, bien formé et patriotique. L’histoire le prouve encore. C’est pourquoi le Parti communiste insiste sur la mise en œuvre de son programme anti-crise, sur ses projets de loi, sur la formulation d’un budget de développement, sur la mise en œuvre des idées du Forum économique international d’Orel, dont nous avons distribué les documents à des millions d’exemplaires.

Nous continuerons de progresser vers la création de la Commission nationale de planification. Nous rechercherons le retour au peuple des ressources minières, le développement des entreprises nationales, le changement du système fiscal, le rétablissement d’un âge de la retraite équitable, le soutien au logement et aux services communaux, la percée scientifique, culturelle, éducative et technologique. Et nous n’avons aucun doute sur un large soutien!

La Russie a besoin d’un gouvernement de confiance nationale! Le Cabinet des ministres et le “parti au pouvoir” ignorent de manière hostile les propositions raisonnables du Parti communiste. Et elles ne sont pas simplement justifiées. Elles sont largement incontestées. Cela signifie que la Russie a besoin d’une nouvelle équipe de direction capable de changements décisifs pour le bien du pays et de ses citoyens.

Le travail créatif du Parti communiste a permis la formation d’un programme pour la relance de la Russie. Il a été possible de prouver son efficacité même dans les conditions actuelles. Il est confirmé par les travaux de l’usine de Kirov dans la capitale du nord. Il est représenté de manière convaincante par les succès de la ferme d’État de Lénine dans la région de Moscou sous la direction de Groudinine. Vivement reflété dans les résultats pratiques de Rostselmash. Mis en œuvre avec succès dans le travail des entreprises nationales de Bogatchev, Kazankov et Sumarokov. Nos approches ont permis à Levchenko et Lokot, Klychkov et Konovalov de gérer efficacement leurs régions.

Malgré la crise aiguë, le gouvernement ne veut pas changer de cap. Même la réforme constitutionnelle est apparue comme un mauvais cosmétique sur le visage ridé de l’eltsinisme. L’idée même de réforme a été soutenue par le Parti communiste. Notre programme d’action implique une refonte fondamentale de la Constitution. La loi fondamentale du pays doit être transformée en un document garantissant la démocratie, le retour des ressources naturelles et de la base de production de la Russie sous le contrôle de la société. Sans cela, nous sommes condamnés à continuer de glisser vers l’abîme.

Vous et moi avons insisté pour un large débat public. La faction du Parti communiste à la Douma d’État a présenté un projet de loi sur l’Assemblée constitutionnelle et proposé un référendum complet. Le parti était prêt pour un travail honnête et de haute qualité sur le document principal du pays. Nous avons apporté 108 amendements, dont 15 sont absolument fondamentaux. En rapport avec eux, nous avons préparé un ensemble de projets de loi. Mais la Russie unie les a complètement rejetés.

Cette «réforme», menée à la hâte, sans changer l’orientation politique, sans réviser le diktat présidentiel et le régime oligarchique, n’a pas pu obtenir notre soutien. Nous sommes pour une refonte complète, pas pour une imitation. Plus précisément, nous sommes pour une nouvelle Constitution d’un pays résolument renouvelé, bâtissant le socialisme et tourné vers l’avenir.

Notre vote contre la deuxième édition de la Constitution Eltsine est un refus direct de faire des choix dans le cadre du modèle vicieux qui nous est imposé.

Nous n’avons pas succombé aux appels au boycott du vote et n’avons pas hésité à lutter politiquement. C’est la tactique la plus sûre: dire honnêtement non à la politique de destruction d’un grand pays.

La lutte n’est pas terminée. Nous chercherons constamment à amender la Constitution dans le but d’affirmer une véritable souveraineté et la justice sociale dans le pays. Le “parti du pouvoir” estime que le travail est fait et que le problème est résolu. Le Parti communiste pense le contraire. Pour nous, ce n’est que le premier pas vers la Constitution d’une véritable démocratie.

Le système oligarchique se heurte à la résistance

La pandémie de coronavirus a déclenché la crise la plus grave en Russie et dans le monde en 20 ans. La situation entraîne inévitablement des changements sociaux structurels. En premier lieu – l’augmentation des inégalités sociales, une forte augmentation de la pauvreté, l’appauvrissement général des travailleurs.

Les autorités russes manifestent le désir d’aider les gens. Seulement, elles n’ont pas envie de distribuer de l’argent, ils n’y a pas de masques, et les tests sont chers … Elles ont décidé de sanctionner ceux-là même à qui elles ont refusé les masques. L’impression est qu’en cas de guerre, le gouvernement ne distribuera pas d’armes, mais sanctionnera les soldats pour en être dépourvus.

Des mesures d’aide vraiment importantes n’ont été prises ni pour des millions de salariés, ni pour les petites et moyennes entreprises. L’oligarchie continue d’augmenter son capital en exploitant les travailleurs. Le processus de monopolisation est fortement accéléré. Il conduit à une prolétarisation accrue de la population, à la ruine des petits entrepreneurs, commerçants du marché et propriétaires d’ateliers.

Dmitry Peskov soutient qu’il n’y a pas d’oligarchie en Russie. Mais pendant que les gens étaient confinés chez eux, les riches sont devenus encore plus riches. Le propriétaire de Norilsk Nickel Potanine s’est enrichi de 6,4 milliards de dollars, le propriétaire de Novatek Mikhelson – 5,5 milliards, le copropriétaire de Lukoil Alikperov – 5 milliards, le propriétaire de Severstal Mordashov – 3 milliards de dollars. Certains ont eu le virus pendant que d’autres ont vu leurs revenus augmenter!

Et regardez Sberbank. Pendant cinq ans, elle a affiché un rendement de 41% et a pris la sixième place parmi les banques du monde. La moitié plus une action de Sberbank appartenaient récemment à la Banque centrale. Maintenant, le gouvernement les a rachetés avec notre argent prélevé sur le Fonds national de stabilité (FNS). Cela a coûté plus de 2 billions de roubles. Mais le bloc d’actions n’a pas été transféré à la Propriété de l’Etat. Il est resté dans les avoirs du FNS. Quelles en sont les implications?

Premièrement, les dividendes de Sberbank iront désormais au FNS, et non au budget fédéral. Or c’était un apport notable. Ainsi, selon les résultats de 2018, le budget de l’État a reçu 180 milliards de roubles de la Sberbank via la Banque centrale.

Deuxièmement, les actions Sberbank sont comptabilisées comme faisant partie du FNS à leur valeur de marché. En cas d’effondrement des marchés financiers, le fonds déclinera de manière drastique. Autrement dit, dans les bons moments, ils créeront l’illusion de réserves importantes pour le «jour de pluie», mais quand ce jour viendra, le mirage se dissipera.

Troisièmement, en cas de crise profonde et d’épuisement des fonds du FNS, le ministère des Finances devra vendre des actions de la Sberbank selon les règles du fonds. Et il y a des amateurs de friandises. L’État perdra le contrôle de la plus grande banque d’État.

Il est également intéressant de savoir qui détient déjà la seconde moitié des actions de la Sberbank. Ainsi, plus de 45% sont entre les mains d’entités juridiques non résidentes. Et ce sont des citoyens des États-Unis, du Canada et d’autres pays. Il n’y a rien de tel dans aucun pays qui se respecte. De plus, les actionnaires reçoivent un jackpot sans précédent. Ainsi, le taux directeur et les intérêts sur les dépôts n’atteignent pas 5%, et un prêt à quelque fin que ce soit avec Sberbank commence à 13%. Un tel revenu est meilleur que n’importe quel pétrole. Mais l’argent de la poche des citoyens est tout simplement versé à des actionnaires étrangers.

Dans le même temps, depuis 6 ans à compter de la date de la réunification de la Crimée avec la Russie, aucune succursale de la Sberbank n’y est apparue. N’est-ce pas la preuve de la nature oligarchique du pouvoir? La preuve de la nature compradore de l’oligarchie? La nationalisation du secteur bancaire, comme tous les secteurs clés de l’économie, n’a que trop tardé.

L’humeur de la société évolue clairement vers le rejet du pouvoir. Le ” Groupe Belanovsky ” a publié un rapport récent: ” La nouvelle gamme des humeurs politiques dans la société russe en 2020 “. Les auteurs rapportent: «La tendance d’une attitude négative envers le gouvernement fédéral … est fortement renforcée par la pandémie de coronavirus … Les émotions prédominantes chez les personnes sont l’irritation, l’anxiété et la colère. La propagande progouvernementale de l’État a cessé de fonctionner. Dans tous les segments de la société, elle provoque un rejet croissant. Le président Poutine lui-même est devenu personnellement la cible de déclarations négatives … Il n’a pas été à la hauteur des espoirs placés en lui et a construit un système d’État qui ne fonctionne pas . »

Un diagnostic similaire est posé par le sociologue Mikhail Dmitriev et la psychologue Anastasia Nikolskaya : la confiance dans le pouvoir diminue, la demande de changement augmente. Le Centre Levada a estimé la disposition personnelle des gens à manifester à 28%. La crise socio-économique se transforme en crise politique. Les autorités n’ont rien à offrir au peuple, à l’exception du bâton et de la «boîte à zombies» [la TV, NdT].

Des personnes jusque-là «apolitiques» sont massivement attirées par la politique. Elles peuvent rapidement commencer à déterminer la situation idéologique du pays. C’est pourquoi il a fallu une nouvelle loi «sur la police» et des amendements à la législation électorale. Ils ouvrent de plus en plus la porte à l’arbitraire et à la falsification. Les cercles dirigeants s’habituent à poursuivre une politique de répression de plus en plus sévère. Oui, les autorités ne connaissent pas l’histoire de la Russie. Mais il y a une nouvelle expérience des États-Unis, qui prouve que lorsque la vague de protestations est à la hausse, elle ne peut pas être arrêtée. Et la police est à genoux.

Ainsi, en Russie, diverses formes de protestation se multiplient. L’aptitude des collectifs de travailleurs à faire grève augmente. Les gens expriment leur mécontentement par des démissions. Les citoyens vont aux piquets de grève, réalisent leur activité sur Internet et mènent des campagnes sur les réseaux sociaux. Les motifs d’insatisfaction sont les plus variés: ce sont les «optimisations», les retards de salaires, la fraude en matière de soutien social, le harcèlement des détenteurs d’intérêts, la solidarité avec les médecins grugés et l’indignation générale face à la politique du gouvernement.

Voici quelques faits tirés du panorama des événements récents. À Oulianovsk, à l’usine Aviastar, qui produit des Iliouchine de transport militaire, les travailleurs se sont opposés à une baisse des salaires. Les détenteurs d’actions escroqués par l’homme d’affaires Nail Alimov ont lancé une «vague» de protestations illimitées dans la ville sur le principe: chaque jour dans différentes parties de la ville.

Les transporteurs de Novokouznetsk dans la région de Kemerovo ont protesté contre les décisions du bu

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   Posté le 01-07-2020 à 16:52:58   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Ou alternativement déclarer la guerre à Alexandre Loukachenko, signer un armistice juste après, et le laisser gérer le pays !

C'est plus court.

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   Posté le 01-07-2020 à 19:33:09   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Plaristes a écrit :

Ou alternativement déclarer la guerre à Alexandre Loukachenko, signer un armistice juste après, et le laisser gérer le pays !

C'est plus court.


N'importe quoi, comme souvent!

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   Posté le 01-07-2020 à 23:28:13   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   

Apparemment c'est une blague locale :

https://www.youtube.com/watch?v=RRpSs3cBScU

Balancé après une hymne à Poutine. En disant Poutine est bien, mais il y a mieux.

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   Posté le 03-07-2020 à 00:06:28   Voir le profil de Plaristes (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Plaristes   




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