| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18513 messages postés |
| Posté le 28-08-2014 à 21:56:18
| | A propos du billet de Paul Craig Robert « Occulter léchec économique » P. Craigs Robert fait une critique réformiste de la dissimulation de la crise aux USA, des délocalisations et de leur justification théorique. Son article contient des informations intéressantes sur l'origine du profit et les délocalisations. La crise aux USA est structurelle et de longue durée. P.C. R. démonte lannonce dune reprise aux USA, évidemment signalée par nos médias puis rapidement oubliée et qui revient comme le serpent de mer, avec la "croissance en hausse du PIB". La paupérisation touche les classes populaires et les classes moyennes, et se manifeste directement dans la consommation. Ceci confirme les observations dOnubre Einz (blog crise usa), pour qui la paupérisation atteint en particulier les afro-américains et les hispaniques, tandis que le pouvoir dachat des classes moyennes stagne. Il signale de plus que la pauvreté atteint tous ceux en âge de travailler et les jeunes en particulier. Lemploi ne se développe pas. On trouve sur ce blog dautres indications sur le caractère structurel et prolongé de la crise aux USA. La gravité de cette crise néchappe évidemment pas à la bourgeoisie américaine, et ceci nest pas indépendant de sa politique extérieure agressive et belliciste. La corruption du capitalisme US détruit les forces productives P. C. R. dénonce lendettement des entreprises « Le rachat massif dactions démontre que le capitalisme américain est désormais corrompu. » En fait cette corruption est endémique dans le système capitaliste puisque cest la recherche du profit maximum qui est à lorigine de ce que certains appellent ici une « financiarisation excessive » . On sait pourtant depuis K. Marx que la tendance naturelle du capitalisme cest que le capital financier domine nécessairement le capital industriel et le capital commerçant. En France la vampirisation des profits par les banques na dégale que losmose entre la finance et les grands monopoles. Mais la corruption se déroule ici directement dans le cadre du conseil dadministration : ce sont les capitalistes industriels eux-mêmes qui tuent la poule aux ufs dor. Le capitalisme américain ne fait quanticiper et confirme ainsi quaucun retour au capitalisme de papa -un capitalisme purement industriel et productif nest possible. Délocalisations : le process de production est à la source du profit P. C. R. sen prend aussi à la délocalisation et démonte largument du transfert des profits industriels vers les profits commerciaux en rappelant que la plus-value est créée dans le process de production et non dans les circuits commerciaux, même si leur marge est bien supérieure à celle des industries locales. Ceci devrait éclairer un vieux débat portant sur la « disparition de la classe ouvrière » ou sa moindre importance, et des conséquences désastreuses dans le choix des alliances de classe. Quelques remarques sur les délocalisations P. C. R. ne dit pas évidemment que ce déséquilibre est le reflet de la position impérialiste dominante des USA. A léchelle mondiale, ce déséquilibre repose encore sur la supériorité technologique et scientifique. Mais la situation est en train de se transformer. La politique douverture de la Chine a pour but de prendre chez les pays capitalistes ce qui est positif pour son propre développement. Cela signifie que les délocalisations sont conçues du point de vue chinois comme une bonne chose sous certains aspects, lautre aspect étant lexploitation du peuple chinois, considérée comme un mal nécessaire et transitoire. La Chine a entamé les transferts de technologie dans les années 80. Le budget pour la science et la technologie atteint 20 % par an depuis 1995. Sa présence dans la presse scientifique mondiale a commencé dans les années 2000 notamment au premier semestre 2007. En 2005 elle passe en 5e position pour le nombre de publications et 2e en nanotechnologies. Elle est devenue n° 2 mondial pour les dépenses en R&D. [Source : http://s244543015.onlinehome.fr/ciworldwide/wp-content/uploads/2010/01/guenec_strategie_chinoise.pdf] Il résulte que lavantage initial de la superpuissance US se transforme en son contraire : le déséquilibre technologique et scientifique tend à disparaître tandis que se développe un déséquilibre industriel au détriment des USA. Les délocalisations plombent la balance commerciale US Mais P. C. R. sinquiète quà léchelle de son pays un autre déséquilibre est lenrichissement des pays producteurs au détriment de la balance commerciale US, ce qui nentre pas dans les calculs des entreprises qui délocalisent. Il constate ainsi que limpérialisme US sappauvrit en exploitant la force productive dautres pays. Mais par quel mystère ? Cest que la propriété privée des moyens de production et la course au profit maximum entre en contradiction avec la balance des échanges commerciaux US, puisque les prix sont définis avant limportation en intégrant lensemble des profits Relocaliser : la solution ? On devine que lobjectif de P. C. R. est de relocaliser lindustrie US. Mais cela nest réalisable pour les capitalistes quau prix de la baisse des salaires, afin de retrouver localement lavantage des salaires étrangers. Ou bien ils devraient faire une croix sur une partie de leurs profits. Mais cela ne suffirait pas car un produit identique fabriqué dans un pays émergent se négocierait moins cher sur le marché mondial que celui produit et commercialisé sur le sol américain. De quelque côté quil se tourne, le capitalisme US est dans une impasse. Et cette impasse ferme lhorizon de tous les pays capitalistes. Ici une remarque simpose : le déséquilibre impérialiste, cest-à-dire celui des monopoles capitalistes sobserve partout, y compris dans notre production nationale. La part du lion de la plus-value revient au capital commercial et financier. Le fait est particulièrement visible dans les rapports entre la production agricole et la grande distribution. Ce qui devrait nous faire réfléchir à ceci : dans le cadre du capitalisme le rapatriement des industries délocalisées ne règlerait absolument pas les contradictions internes dun système fondé sur la recherche du profit maximum, que ce soit à létranger ou sur le sol national.
_________________ 7 Août 2014 Occulter léchec économique, par Paul Craig Roberts « Un billet de Paul Craig Roberts
Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans ladministration Reagan (1981-1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics. Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Sa vision décape, en général
» Blog les crises http://www.les-crises.fr/occulter-l-echec-economique/ Paul Craig Roberts, 4 août 2014 Lajustement statistique est le facteur de production le plus puissant de lAmérique. Lestimation approximative faite par le gouvernement la semaine passée, selon laquelle la croissance réelle du PIB serait de 4 % pour le second trimestre 2014, semble absurde à première vue. Il ny a aucun signe dune augmentation du revenu médian par foyer ni dune hausse des crédits à la consommation susceptible de faire repartir léconomie, en baisse au premier trimestre, vers une croissance de 4 % au deuxième trimestre. Les fermetures de magasins fréquentés par la classe moyenne (Sears, Macys, J.C. Penney) se sont étendues aux magasins « Tout à un dollar » [NdT : Dollar stores ] fréquentés par les personnes aux revenus modestes. Family Dollar [Le Dollar Familial], une chaîne qui ferme actuellement des centaines de magasins, a été racheté par Dollar Tree [L'Arbre à Dollars], la seule des chaînes de magasins à bas prix qui ne soit pas en difficulté. Les ventes de Wal-Mart ont décliné au cours des cinq derniers trimestres. Des ventes en baisse et des fermetures de magasins indiquent un déclin du pouvoir dachat des consommateurs. Les faits liés au commerce de détail ne sont pas cohérents avec un prétendu taux de croissance de PIB de 4 % pour le second trimestre ni avec les chiffres de vendredi dernier faisant état de 26 700 nouveaux emplois dans le commerce de détail en juillet. Quen est-il du marché immobilier ? Est-ce que les gros titres accompagnant les chiffres de lemploi vendredi dernier, comme « Les embauches en augmentation constante », signifient que plus de gens travaillent et que le redressement du marché de limmobilier favorise la croissance ? Non. Ce que la presse économique ne dit pas, cest que les États-Unis sont dans une dépression structurelle en termes demploi. Sur une période de 12 mois entre juillet 2013 et juillet 2014, 2,3 millions dAméricains ont atteint lâge de travailler. Parmi ces 2,3 millions, seuls 330 000 dentre eux ont rejoint la population active. Jen déduis que le marché du travail est si dégradé que seulement 14 % des personnes nouvellement en âge de travailler entrent dans la population active. La baisse du taux de participation au marché du travail est une mauvaise nouvelle pour le marché de limmobilier. Le taux de participation au marché du travail américain, qui culminait à 67,3 % en 2000 [NdT : 67,3 Américains adultes sur 100 travaillent ou veulent travailler], na cessé de chuter depuis. Ce déclin sest accentué en octobre 2008 avec le sauvetage des banques et l« assouplissement quantitatif » de la politique monétaire [NdT : Quantitative Easing]. Entre octobre 2008 et aujourdhui, 13,2 millions dAméricains ont atteint lâge de travailler, mais seuls 818 000, soit 6 % dentre eux, sont entrés sur le marché du travail. [ NdT: « labor force » = population active, y compris les chômeurs . http://en.wikipedia.org/wiki/Labor_force Ce qui est pointé du doigt ici n'est pas la hausse du taux de chômage - qui a décru ces dernières années aux US - mais la baisse du taux de participation de la population active i.e. beaucoup de gens ne font pas de démarches pour chercher du travail car ils ne pensent pas pouvoir en trouver] http://investmentresearchdynamics.com/americas-structural-job-depression-is-here-to-stay/ Malgré ce quaffirment le gouvernement et la presse économique, la politique pluri-annuelle de la Réserve fédérale de faire tourner la planche à billets pour acheter des bons du trésor, na profité ni au marché de limmobilier ni à celui de lemploi. Quen est-il du marché des actions ? Bien quil ait baissé ces derniers jours, son niveau demeure historiquement élevé. Le marché des actions nest-il pas lindicateur dune économie en bonne santé ? Pas si les actions montent parce que les sociétés rachètent leurs propres titres. Les entreprises sont maintenant les plus grosses acheteuses dactions. Récemment, nous avons appris que de 2006 à 2013, les entreprises ont autorisé le rachat de leurs actions pour un montant de 4 140 milliards de dollars. En outre, il apparaît que les entreprises ont emprunté de largent aux banques dans le but de racheter leurs actions. Lannée dernière, 754,8 milliards de dollars ont été utilisés pour le rachat dactions et 782,5 milliards de dollars pour des emprunts dentreprise. Au cours des trois premiers mois de lannée, les mêmes corporations ont acheté pour 160 milliards de dollars de leurs propres actions. http://wallstreetonparade.com/2014/07/another-wall-street-inside-job-stock-buybacks-carried-out-in-dark-pools/ Emprunter pour racheter ses propres actions ne fait quendetter une entreprise sans quun nouvel investissement permette de générer des revenus pour couvrir cette dette. Le rachat massif dactions démontre que le capitalisme américain est désormais corrompu. Pour maximiser les avantages financiers personnels à court terme provenant des bonus, stock options et des plus-values, les PDG, conseils dadministration et actionnaires sont en train de décapitaliser les entreprises cotées et de les surcharger de dettes. Fort bien, léconomie nest-elle pas aidée par le retour de lindustrie manufacturière en Amérique ? Apparemment non. Les données de 1999 à 2012 indiquent que la délocalisation de lactivité manufacturière a augmenté de 9 %. Une économiste, Susan Hester, de la Retail Industry Leaders Association [« Association de dirigeants du commerce de détail »], a décidé de transformer cette perte d’emplois manufacturiers en vertu. Son argument est que les emplois de vente au détail éclipsent les emplois manufacturiers et que plus demplois américains peuvent être créés en vendant encore plus de produits importés plutôt quen encourageant la production dans le but dexporter. Daprès les recherches de Mme Hester, les États-Unis gagnent plus dargent sur la vente au détail que sur la production. Elle en conclut que la valeur ajoutée à un produit en le fabriquant à létranger ne représente quun petit pourcentage de la valeur ajoutée « en supervisant la production depuis létranger, en gérant les droits de douane, les entrepôts, la distribution, en faisant le marketing des produits dhabillement et en employant des millions de personnes pour remplir les rayons et tenir les caisses enregistreuses ». Autrement dit, les emplois manufacturiers américains qui ont été délocalisés ne représentent pas grand-chose. Largent vient de la vente des importations. Ce que Mme Hester omet de mentionner, cest que lorsque la production délocalisée arrive aux États-Unis pour y être commercialisée, elle est comptabilisée comme importation, ce qui alourdit le déficit commercial américain. Les étrangers utilisent les dollars qui leur sont versés en échange des produits quils fabriquent pour le compte des sociétés américaines pour se porter acquéreurs dobligations américaines, dactions et dactifs réels tels que des terres, des bâtiments et des entreprises. Par conséquent, lintérêt, les profits, les plus-values et les loyers associés aux achats étrangers dactifs américains sont maintenant perçus par des étrangers et non par des Américains. Le compte courant sen trouve dégradé. Cela fonctionne ainsi : lexcès dimportations aux États-Unis par rapport aux exportations depuis les États-Unis donne des droits aux étrangers sur les revenus et la richesse des Américains, lesquels sont soldés par les achats étrangers dactifs américains. Le revenu produit par ces actifs séchappe maintenant vers létranger ; conséquence : le revenu perçu par les étrangers sur leurs investissements aux États-Unis dépasse le revenu perçu par les Américains sur leurs investissements à létranger. Selon le raisonnement de Mme Hester, les Américains sen sortiraient mieux sils ne produisaient rien de ce dont ils ont besoin et si, au lieu de fabriquer eux-mêmes, ils sen remettaient aux créateurs de mode américains et concepteurs qui définissent les productions délocalisées destinées aux marchés américains, aux inspecteurs des douanes et agents du fret, aux employés chargés de planifier et accélérer la production, et aux dockers et employés du chemin de fer, enfin, qui livrent les produits fabriqués à létranger sur le marché américain des biens de consommation. Pour Mme Hester la valeur ajoutée issue de la fabrication délocalisée est quantité négligeable. Comment se fait-il alors que la Chine soit devenue riche grâce à elle, atteignant le rang de seconde économie mondiale et employant 100 millions de personnes dans le secteur manufacturier (à comparer aux 12 millions des États-Unis), et quelle ait acquis la plus forte réserve de devises du monde ? Lorsque Mme Hester aura répondu à cette question, elle pourra expliquer pourquoi les grandes sociétés américaines se donnent la peine de délocaliser leur production, si la contribution à la valeur ajoutée est si faible. La valeur ajoutée est de toute évidence suffisamment conséquente pour que léconomie sur la masse salariale couvre les coûts de transport de lAsie vers les États-Unis, les coûts de mise en service et de gestion des installations délocalisées, et le coût de la mauvaise publicité résultant de labandon des communautés américaines au profit de lAsie, tout en générant assez de bénéfices pour augmenter les profits et faire monter le prix des actions et les bonus des dirigeants. Mme Hester se raconte des histoires. La faible valeur qui, selon ses calculs, est ajoutée au prix dune chemise par le travail chinois, indien ou vietnamien, reflète le faible coût du travail étranger, pas la faible valeur de la chemise sur les marchés américains ou la faible valeur dun iPhone sur les marchés européens. Le marketing, le stockage et la distribution sont effectués aux États-Unis par du personnel mieux payé, et cest la raison pour laquelle nous avons limpression que la valeur ajoutée vient de sources autres que la fabrication. Mme Hester passe à côté du fait que le coût inférieur de la main-duvre étrangère ne se traduit pas par un produit moins valorisé, mais bien par des profits plus élevés. Les économistes présument que les économies sur la masse salariale sont répercutées sur les consommateurs par une baisse des prix, mais je nai pas constaté de baisses des prix sur les chaussures de sport Nike ou Merell, sur les chemises Brooks Brothers et Ralph Lauren, les ordinateurs Apple, ou quoi que ce soit dautre suite à la délocalisation de la production américaine. Les gains sur les coûts de main-duvre partent en bénéfices, bonus pour les managers et plus-values pour les actionnaires. Cest une des causes de lextraordinaire augmentation des inégalités de revenus et de richesse aux États-Unis. Concentrés sur les profits à court terme, producteurs et revendeurs sont en train de détruire le marché de la consommation aux États-Unis. Le salaire annuel moyen dun ouvrier du secteur textile aux États-Unis est de 35 000 $. Le salaire moyen dun employé du secteur du commerce de détail aux États-Unis représente moins de la moitié de ce montant, et ne lui laisse aucun revenu disponible susceptible de stimuler les dépenses de consommation dans les magasins. La délocalisation de la production par les entreprises américaines a mis le gouvernement Obama dans limpossibilité de tenir sa promesse de création demplois manufacturiers et dexportation. Dans lincapacité de créer des emplois et des exportations réels, le gouvernement américain a proposé den créer des virtuels grâce à des « fabricants sans usine ». Afin de tenir sa promesse de doubler la croissance des exportations américaines, le régime Obama veut comptabiliser les fabrications délocalisées comme production américaine. Le « fabricant sans usine » est une catégorie statistique qui vient dêtre inventée. Cest une entreprise comme Nike ou Apple qui sous-traite la production de ses biens aux entreprises étrangères. Le régime Obama propose de redéfinir les entreprises comme Apple qui détiennent une marque ou le design dun produit comme des fabricants, même si ces entreprises ne fabriquent pas. En dautres termes, quune entreprise américaine soit ou non un fabricant ne dépend pas de son activité, mais de la propriété dune marque quelle sous-traite à un fabricant étranger. Par exemple, les iPhones dApple fabriqués en Chine et vendus en Europe seraient comptabilisés en tant quexports de biens américains de produits manufacturés, et les iPhones vendus aux États-Unis ne seraient plus considérés comme des importations, mais comme de la production locale américaine. Les employés dApple ne travaillant pas en production seraient assimilés à des employés dusine. Le but évident de cette tromperie statistique est de gonfler le nombre demplois manufacturiers américains, la production industrielle américaine et les exportations américaines, et dassimiler les importations à de la production domestique. Cest un montage qui, par une redéfinition, élimine le déficit considérable de la balance commerciale américaine. Avec ce changement de classification, le Bureau gouvernemental des Mensonges Statistiques aurait cependant à gérer lanomalie suivante : des produits fabriqués en Chine, Inde, Indonésie ou nimporte où deviendraient du PIB américain du moment que la marque déposée appartient à une société américaine, mais les paiements aux travailleurs asiatiques qui ont fabriqué les produits resteraient autant de créances sur la richesse américaine susceptibles d être converties en possession de bons du trésor américains, de sociétés et dimmobilier. Par exemple, les travailleurs chinois produisent les produits Apple, et, par conséquent, la Chine a des créances à faire valoir sur la richesse des États-Unis. Comment ces créances sont-elles comptabilisées statistiquement suivant la nouvelle définition de ladministration Obama ? Les États-Unis peuvent ajouter la production chinoise au PIB américain, mais comment les États-Unis déduisent-ils les produits Apple fabriqués en Chine du PIB chinois ? Et comment la nouvelle définition du régime Obama escamotera-t-elle les paiements faits par Apple aux entreprises chinoises qui ont fabriqué les produits ? Ces paiements constituent des créances sur la richesse américaine. Autrement dit, cette reclassification entrainerait un double comptage de la production des produits Apple. Si chaque pays fait ça, le PIB mondial augmentera statistiquement en dépit du fait quaucun bien ou service ne sera produit en supplément. Peut-être est-ce là la manière déluder la pauvreté mondiale. Michael Porter, professeur à Harvard, avait anticipé lapparition de ces « fabricants sans usine » dans son rapport de 2006 sur la compétitivité, qui justifie les délocalisations. En défendant les emplois délocalisés, Porter a dédramatisé laugmentation du déficit commercial des États-Unis et le déclin du taux de croissance du PIB américain causé par les délocalisations. Porter raisonnait en effet que cest la propriété des revenus et des biens qui devrait déterminer leur classement, et pas lendroit où ils sont produits. Comme je lavais fait remarquer dans ma critique (voir The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West [Échec du capitalisme du laissez-faire et dissolution économique de l'Occident] , livre de Paul Craig Roberts) , cela conduirait à accroître le PIB américain du montant des productions sous-traitées à létranger et de la production des filiales américaines outre-mer, et à diminuer le PIB des pays dans lesquels la fabrication a effectivement lieu. La cohérence voudrait alors que les voitures allemandes et japonaises, par exemple, qui sont produites aux États-Unis avec une main-duvre américaine viennent en déduction du PIB américain et soient prises en compte dans le PIB allemand ou japonais. Comme je lai souligné depuis des années, lOccident vit déjà dans la dystopie prédite par George Orwell. Les emplois sont créés par des ajouts hypothétiques aux chiffres de lemploi et par lutilisation injustifiée dajustements saisonniers. Linflation est gommée en substituant dans lindice de linflation des articles à bas prix à ceux dont le prix augmente et par la requalification des augmentations de prix en améliorations de qualité. La croissance de PIB réel apparaît magiquement en abaissant le PIB nominal à laide de ce taux dinflation sous-estimé. Maintenant, des sociétés sans usine vont fabriquer des produits manufacturés américains, des exportations américaines et des emplois industriels américains ! Chaque domaine de lexistence occidentale est défini par la propagande. Par voie de conséquence, nous avons atteint un état parfait de nihilisme. Nous ne pouvons rien croire de ce que nous disent le gouvernement, les entreprises et les médias presstitués [NdT : mot-valise «presse + prostitués »]. Nous vivons dans le mensonge, et ce mensonge ne cesse de grandir
Edité le 28-08-2014 e 22:00:00 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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