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 Le passage au socialisme est un préalable

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Xuan
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   Posté le 28-01-2022 à 14:04:54   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article qui reflète l'état des discussions au sein du PCF notamment du réseau faire vivre. Il en ressort la nécessité du socialisme maintenant, ainsi qu'une critique du programme "les jours heureux"



SUBORDONNER L’EFFICACITÉ SOCIALE AU TAUX DE PROFIT PRIVÉ CONDUIT À LA RÉGRESSION

La rupture avec le capitalisme devient urgente


le dimanche 9 janvier par (Laurent Santoire),
Ces dernières années, plusieurs crises mondiales sont venues souligner un décalage croissant entre l’efficacité proclamée du système capitaliste et son efficacité sociale vue de manière globale, tant à l’échelle de chacune des nations capitalistes qu’à l’échelle de tous les pays du monde. Chaque crise y voit la précarité et la pauvreté gagner du terrain tandis que les conquis sociaux sont peu à peu et sans retour remis en cause. Si les profits se restaurent, on constate, simultanément, un décalage de plus en plus long entre cette reprise et la croissance réelle. Les indicateurs de développement humain tendent à stagner ou régressent. En revanche, dans de nombreux pays développés, le sentiment progresse parmi les nouvelles générations de vivre moins bien que les précédentes.

Un doute s’installe avec de plus en plus d’ampleur concernant l’efficacité sociale des sociétés capitalistes. Ce sentiment, sa dynamique, étaient encore impensables au sortir des Trente glorieuses et jusqu’à l’effondrement, autour des années 1990, du système socialiste de type soviétique. Il paraît donc important d’en comprendre l’origine et ce sur quoi il peut déboucher. Mais on est alors conduit à traiter un premier problème : de quelle efficacité parle-t-on ?

Je vais chercher, dans ce texte, à montrer qu’il existe deux grandes catégories d’efficacité au plan économique.

La première est « une efficacité privée, décentralisée et située en dehors des processus démocratiques », parce qu’elle est liée aux rapports capitalistes de production et aux institutions politiques qui les encadrent. La deuxième est « une efficacité collective, socialisée et située à l’intérieur des processus démocratiques », parce qu’elle correspond à des rapports de production socialistes. Toutes deux ont une efficacité sociale. Mais l’efficacité sociale de la première catégorie d’efficacité tend à décroître, ce qui plonge de nombreux pans de la société dans la misère. Il paraît donc urgent de remplacer cette efficacité socialement imparfaite par une efficacité sociale franche, socialiste, démocratique. La conscience de cette urgence n’est cependant pas acquise de façon majoritaire. Il faut remplacer le capitalisme, il faut rompre avec lui, mais par quoi le remplacer ?

Ce double phénomène, marqué par une certitude de plus en plus forte sur le présent (le capitalisme rend la société malade) mais aussi par l’incertitude sur ce que devrait être l’avenir, qui engendre « le doute » auquel je viens de faire allusion. L’idéologie dominante est ébranlée mais cet ébranlement n’a pas encore produit le besoin d’une nouvelle « volonté générale ».

I Efficacité sociale privée du Grand Capital et Efficacité sociale Populaire
A) Qu’est-ce que l’efficacité privée ?


L’efficacité du Grand Capital (car c’est de lui dont il est question aujourd’hui et non du petit Capital) se traduit dans des indicateurs économiques qui, comme le PIB, visent à cerner la quantité de richesse exploitable par les capitalistes. Elle se traduit également dans des indicateurs macroéconomiques comme la productivité sociale du travail ou le taux de profit moyen, calculés au niveau de toute la société.

Mais ces indicateurs ne sont que des résultats, des conséquences sociales d’actions privées, décidées au niveau local de chaque entreprise, de chaque groupe. Ensuite, ces indicateurs, calculés au plan de chaque Etat, ne reflètent pas correctement la réalité économique, qui est aujourd’hui mondialisée. Enfin, ils ne disent rien du développement humain d’une nation : espérance de vie, santé, éducation, sécurité, niveau culturel et sportif. Or ces données sont autant de données majeures de la vie d’une population et de sa capacité à produire. Pas plus que ne sont évalués le niveau, la qualité et le degré d‘accessibilité pour le plus grand nombre des infrastructures nécessaires au développement humain (transport, eau, électricité réseau de télécommunication…). Et que dire de l’état de la biodiversité et des milieux naturel, voire du climat, pourtant au cœur des préoccupations de l’Humanité en ce début du 21eme siècle ? Aucune évaluation n’en est faite, qui ne sont pas évalué alors même que des objectifs mondiaux sont recherchés.

C’est ainsi qu’idéalement, il conviendrait de définir un indicateur global de développement humain qui permette de comparer le niveau de développement réel de nos sociétés entre elles et par la même d’évaluer l’efficacité des sociétés capitalistes. De fait, cela est pratiquement impossible car ces données du développement ne sont pas commensurables. Il existe plusieurs indicateurs du développement humain mais aucun ne s’impose car il n’est pas possible d’agréger dans un indicateur l’ensemble des paramètres. L’espérance de vie ou le niveau d’éducation sont néanmoins des paramètres qui nous invite à réfléchir à relativiser l’efficacité du Capital au regard de son efficacité sociale.

Viser l’amélioration de l’efficacité sociale privée, c’est imposer aux entreprises de contribuer au développement humain et au bien commun en prélevant une partie de leur valeur ajoutée. Il s’agit de socialiser une part croissante de cette valeur ajoutée au détriment des profits privés, sans pour autant remettre en cause les salaires. C’est cette contribution socialisée que nous devrons augmenter si nous voulons atteindre des objectifs ambitieux sur le climat, la biodiversité, l’éradication de la pauvreté, ainsi que des progrès importants de santé, ou d’éducation ou de recherche, au niveau national et mondial.

L’efficacité sociale est une notion par nature étrangère aux entreprises capitalistes prises individuellement. Elles n’ont en fait qu’une seule finalité : la rentabilité effective de leur capital à court terme. La maximisation du profit privé, les pousse à réduire leurs propres coûts de production pour maximiser leur valeur ajoutée. Mais ce faisant, elles ne maximisent pas la valeur ajoutée ou le profit de la société. La mondialisation capitaliste des entreprises a fait passer la distorsion entre privé et social à un niveau supérieur.
Prises individuellement, elles n’ont aucune raison de traiter des questions transverses de long terme auxquelles est confrontée la société, comme la santé, le climat l’espérance de vie ou le respect de l’environnement.

Pour autant, les entreprises capitalistes, par leurs activités, interfèrent directement sur leur environnement et donc avec l’intérêt général. Ces interactions avec l’intérêt général sont nommées « externalités » et peuvent être classées en deux catégories antagonistes : « les externalités positives » (ex : accroissement du niveau de santé et de savoir global par les activités d’éducation et de recherche ainsi que le développement des entreprises) et « les externalités négatives » (ex : pollutions ou dégradations du milieu naturel, ainsi que stress et contraintes de vie supportables imposées aux populations).

Individuellement, chaque entreprise capitaliste ne peut pas traiter spontanément ces externalités de manière adéquate. Les externalités positives ne sont pas encouragées car elles constituent un coût que chaque entreprise considère comme indu, parce qu’il ne concoure pas à la production de sa propre la valeur ajoutée et donc à celle de son propre au profit. Quant aux externalités négatives elles ne sont pas spontanément prises en compte car les actions nécessaires à leur réduction (voire aux réparations des dommages qu’elles causent) entraîneraient une augmentation des coûts de chacune et donc la diminution de sa valeur ajoutée.

C’est donc nécessairement par des interventions plus ou moins fortes mais toujours extérieures à chaque entreprise considérée isolément et décidées au niveau de l’État, qu’historiquement le capitalisme a traité de l’intérêt général. Ces interventions sont du ressort de la puissance publique qui peut influer sur le fonctionnement des entreprises par la mise en place de cadres réglementaires, de normes, d’incitations, de subventions voire d’investissements directs ou encore par la création d’entreprises publiques et même, fait exceptionnel, par la création de services publics en situation de monopole. L’ensemble de ces mesures étant financées par l’impôt, par des cotisations ou des taxes. Mais les deux points cruciaux à noter sont d’abord que ce type d’intervention a principalement été de nature correctrice et non de nature anticipatrice, et qu’ensuite, avec la mondialisation capitaliste, il est devenu de plus en plus problématique.

B) Dans les pays capitalistes, sous la pression des luttes et en raison de l’émergence de sociétés socialistes, l’efficacité sociale, quoique privée, a néanmoins tendu à s’accroître .

Historiquement, l’intérêt collectif s’est trouvé principalement pris en charge dans par chacun des États-nations puisque c’est à ce niveau que s’organisa à la fois le système économique ainsi que les structures politiques et le droit qui en découlent. C’est à l’échelle de la nation que s’est construite la représentation de l’intérêt général et mais aussi les outils de régulation imposant sa la prise en compte par les agents économique, principalement les entreprises et les services publics.

Plus la nation se prévaut de l’intérêt général, plus il est lui est loisible de définir, en regard, des critères d’efficacité sociale permettant de le traduire et de le prendre réellement en compte cet intérêt général. Par nature une nation socialiste se fixe des objectifs de développement élevés et de reconnaissance totale, prioritaire, de l’intérêt général.

Concernant la juste reconnaissance de l’intérêt général, les états capitalistes ont eu à aussi à faire face aux revendications du prolétariat et notamment au mouvement communiste en interne, tout comme il ont dû faire face à la pression exercée sur les besoins populaires par la montée des États socialistes, très en pointes dans la défense de l’efficacité sociale. En effet, dans ces États, la socialisation des moyens de production et d’échanges, la socialisation des décisions comme le fait de ne pas avoir de nécessité de rémunérer les propriétaires/actionnaires, permet d’imposer à l’ensemble de l’économie des critères autres que ceux de la rentabilité immédiate.
On ne discutera pas ici de l’efficacité sociale réelle des pays socialistes historiques. Mais à voir comment ils ont, en peu de temps, rattrapé une part essentielle de leur retard économique sur les pays historiquement développés, à voir comment y furent développés les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture et du sport, on peut en déduire que le degré d’efficacité sociale qui y fut atteint, fut loin d’être négligeable. Cette efficacité a de fait pesé sur les choix nations capitalistes, qui furent entraîné à augmenter leur propre efficacité sociale afin de rester des sociétés attractives. Il ne s’agit pas non plus de taire ici les limites de ces expériences socialistes en matière de développement humain. Mais si les pays socialistes ont par exemple sous estimé pendant un certain temps l’impact du développement humain sur l’environnement, il est difficile de considérer que ce retard n’est pas aujourd’hui sérieusement pris en compte. La Chine par exemple se veut exemplaire sur la question du climat ou de la préservation des espèces e met en place des plans d’actions à long terme. On aimerait là encore que nos pays capitalistes puissent suivre cet exemple et reconsidérer eux aussi leurs choix économique au regard d’une vraie efficacité environnementale.
En France notamment, un secteur non marchand s’est progressivement imposé contribuant de fait à exclure de la domination absolue du champs capitaliste une partie, qui fut importante, de l’activité économique.

La sortie, hors du secteur marchand, de cette partie de l’économie fut une concession faite aux luttes sociales intérieures et à la pression extérieure exercée par le système socialiste. Elle est peut-être appréhendée comme le signe précurseur d’un changement nécessaire de modèle, dans la mesure où, au-delà des facteurs politiques (l’exemple du socialisme, les luttes), elle reflète que la vie en société ainsi que la production et la consommation sont de plus en plus socialisées.

L’aspect le plus fondamental, de cette concession, fut celui des services publics, constitués au cours du 20 siècle pour répondre tant aux exigences populaires qu’au développement du capitalisme monopolistique d’Etat. Par définition, les services publics sont en situation de monopole et sont des centres de coûts, non assujettis aux critères de la production marchande mais à la réalisation d’objectif sociaux. Ainsi l’éducation nationale a-t-elle pour but de produire des individus pleinement formés, non seulement dans le sens de futurs salariés les plus productifs possible mais encore comme citoyens, réellement formés pour faire face à la vie.

Le second aspect à retenir correspond à la situation des grandes entreprises nationalisées en situation de monopoles, comme EDF/GDF, et qui, sans actionnaires privés détenaient ou détiennent encore, mais de moins en moins, une pleine délégation de services public.
Le troisième aspect est celui de l’économie dite solidaire, au travers des associations à but non lucratif, de la Sécurité sociale (spécificité française), des mutuelles et autres associations d’intérêt général. Sans actionnaires, sans l’obligation de rémunérer un Capital, le ces organismes furent positionnés sur des missions d’intérêt général, tout en étant partiellement substitués à l’état.

Pour tous ces acteurs, la bonne prise en compte de l’intérêt général ne peut être traduite en acte que dans les limites fixées par l’État, lequel réglemente leur intervention. Mais dans un État qui reste capitaliste, des limites furent imposées, contrecarrant le but d’atteindre l’efficacité sociale le plus grand possible. Le capitalisme ne peut pas mener l’efficacité sociale à son maximum. C’est contre sa nature, qui est privée et décentralisée. Ainsi, en France, la Sécurité sociale ne fut jamais universelle. Un autre exemple de cette limitation est celui fourni par le domaine de la santé, qui reste pour une large part dominée par un secteur libéral capitaliste n’ayant d’autres visées que le profit privé. Il en va ainsi notamment de l’industrie du médicament, mais aussi des cliniques privées …

II Que s’est-il passé lorsque le Capitalisme monopoliste d’Etat est entré en crise, il y a 50 ans ?

Avec la crise des années 1970, les grands groupes monopolistes ont réussi progressivement à reprendre la main et remettent en cause les conquêtes sociales.


En effet, depuis les années 1970-1980, les travailleurs des pays développés ont été particulièrement confrontés à une phase aiguë de crise structurelle du capitalisme. Partout dans le monde, après une période d’embellie qui dura entre dix et vingt ans, la croissance a marqué le pas alors que les bénéfices restaient florissants. Faute de se créer de nouveaux débouchés par une croissance soutenue et l’augmentation des revenus salariaux, le Capital a eu besoin de reprendre la main pour lutter contre la baisse tendancielle des taux moyens de profits. Mais il l’a fait et continue de le faire de manière destructrice et prédatrice.

A) La reprise en main des conquis sociaux par le Capital monopoliste ou la Contre-Révolution Conservatrice

Le Grand Capital agit pour reprendre en main les services publics, les secteurs non marchands, pour les privatiser et en réduire les prestations et le personnel
Les services publics ont été créés en France au nom de l’efficacité sociale et pour faire face à la socialisation des forces productives dans le cadre national. Léon Duguit, qui fut le principal théoricien de ces activités, considérait que le Capital avait « une mission sociale ». Les services publics n’ont jamais été conçus comme des activités révolutionnaires. Cela dit, bien que d’inspiration profondément réformistes, elles ont rendu de grands services à la population, bien au-delà des ouvriers et des employés. Elles ont aidé les entreprises, grandes et petites, à fonctionner.

Aujourd’hui, dans le cadre de la mondialisation capitaliste, le réformisme lui-même n’a plus droit d’existence. La crise qui traverse en profondeur la société française conduit les représentants du Grand Capita à vouloir à privatiser les secteurs non soumis à l’économie marchande pour alimenter sa course au profit, et par conséquent à détruire ce que furent les services publics. C’est pourquoi l’on assiste au mouvement actuel de recul profond, de démantèlement, de destruction, de privatisation, de ces formes socialisées de production.

Le coût du capital, que ce soit au travers des dividendes versés aux actionnaires, des frais engendrés par la mise en concurrence brutale des entreprises, des réformes ravageuses des statuts des personnels, de l’impôt, des modalités nouvelles de gestion et de toutes les formes de spoliation dont la richesse nationale est l’objet, sont autant de ressources qui leurs sont retirées. Ces manques grèvent durement l’efficacité des secteurs ainsi libéralisés. On le voit dramatiquement aujourd’hui sur les secteurs des transports ferroviaire ou de l’énergie électrique.

Le Grand Capital agit pour réduire l’impôt qui finance l’efficacité sociale

Mais ce n’est pas la seule pression exercée par le capital pour tenter d’accroître son profit. Il mène en parallèle une grande campagne destinée à réduire l’impôt sur les sociétés en mettant en concurrence les États entre eux, y compris par l’optimisation fiscale sans cesse plus poussée et facilité par la concentration et la mondialisation.
La réduction de l’impôt sur les entreprises ne fait pas que restaurer artificiellement les profits disponibles. Elle a aussi pour corollaire de pousser à la réduction de la dépense publique par suite de la baisse des recettes de l’État. La dépense publique est de plus en plus contrainte et, de ce fait, contribue de moins en moins fortement à l’efficacité sociale.

Il est à noter que ce qui reste de la dépense publique est aussi financé par des prélèvements sur les citoyens aux moyens des impôts ainsi que des taxes en hausse sensible et parfois très forte mais aussi des cotisations sociales. Le Grand Capital vise à réduire les premiers car ils nuisent à sa profitabilité mais, paradoxalement, il combat aussi les cotisations car elles sont à tord assimilées à un prélèvement sur les salaires qui entraînerait donc la une limitation du pouvoir d’achat des consommateurs. La capital y voit finalement, lune réduction des débouchés pour ses productions marchandes.

Le Grand Capital augmente sa rentabilité en agissent à la baisse sur les coûts de fonctionnement de ses entreprises.

Pour contrecarrer la baisse tendancielle du taux moyen de profit, les monopoles, au sein du capitalisme en crise, agissent en restructurant en profondeur l’économie des pays développés. Leurs actions se concentrent sur trois leviers principaux :
La délocalisation (investissements dans des zones plus rentables du fait de coûts de main d’œuvre plus faibles et de durées du travail plus longues).

L’augmentation du taux d’exploitation de la part non délocalisée de la main-d’œuvre en prenant appuis sur un renforcement du chômage et les nouvelles technologies ;
La concentration du capital par fusion ou acquisition de sociétés dans des conglomérats toujours moins nombreux, contrôlant une part croissante de l’économie. Ces conglomérats finissant par s’émanciper des États-nations, comme le montre l’émergence des GAFAM

De ce fait les recettes des Etats tendent à baisser :

La délocalisation réduit l’activité économique des pays développé et singulièrement l’industrie en France
La moindre rémunération des salariées diminue l’assiette des impôts sur le revenu et le produit de la TVA (Par la limitation de la consommation)
La concentration du capital favorise l’optimisation fiscale à l’échelle de la planète.
L’ensemble de ces mécanismes contribuent à la baisse de la base de prélèvement qui vient donc se rajouter à la baisse globale des taux de prélèvement donc in-fine à la baisse de la dépense publique.

B) Les gouvernants des États nations et les bureaucraties mondiales contribuent à leur tour, de manière spécifique, à la dégradation de l’efficacité sociale dans chaque nation et dans le monde

Réduction drastique de la dépense publique


Les représentants politiques du Capital monopoliste, confrontés à la baisse des ressources liée à l’impôt, ont enclenché de vastes programmes pour limiter la dépense publique. Cette orientation devient un dogme. C’est ainsi que progressivement les principaux critères d’évaluation des services publics ne sont plus liés à l’efficacité sociale mais à l’efficacité du Capital, avec comme finalité la réduction des dépenses affectées aux services publics ainsi qu’aux missions d’intérêt général.
Ce changement de paradigme fait que l’on nie l’efficacité sociale. La question de l’hôpital n’est plus celle de la qualité des soins ou de l’amélioration globale de l’espérance de vie mais celle de la réduction du « déficit ». Ainsi moins d’impôts pour moins d’Etat devient, à terme, moins de services publics, moins d’investissement dans les objectifs de développement à long terme. Les fondamentaux de l’efficacité sociale sont remis en cause avec l’affaiblissement des systèmes de santé, de recherche, d’éducation.

Les structures supra-étatiques sont un cheval de Troie du Capital mondialisé pour attaquer l’efficacité sociale dans chaque État développé

Mais la remise en cause de l’efficacité sociale est aussi portée par les structures internationales ont a vu leur poids se renforcer depuis les années 1980. Le capitalisme en crise, dont les agents moteurs, les monopoles, ont misé sur la nouvelle étape de la mondialisation de l’économie pour accroître l’efficacité privée de leurs propres capitaux, se sont dotés des outils nécessaires.

Ainsi l’Union Européenne, et des organisations internationales comme Le FMI ou l’OMC, pèsent directement sur les États pour obtenir une définition de plus en plus restrictive de « l’intérêt général » au nom de la libre concurrence. Ces organismes encadrent l’action des États-nations, dans le sens d’une remise en cause toujours plus poussée de l’ensemble des secteurs non marchands. Ils en empêchent le subventionnement. Ils exigent que les entreprises d’intérêt général et de service public perdent leur statut de monopole. Ils les livrent à l’appétit grandissant des multinationales. Les services d’intérêt généraux perdent progressivement leur statuts protégés (extérieur à l’économie marchande) pour devenir des services marchands comme les autres soumis à la concurrence et pour être, finalement, transférés à de grands groupes capitalistes, en mal de débouchés et de rentabilité.

Une mention spéciale pour l’Union européenne

Une structure comme l’UE est dominée par les logiques les plus libérales, c’est-à-dire par les grands groupes monopolistes d’implantation européenne. En effet, la Commission européenne, le Parlement européen, sont sans lien direct ou réel avec les peuples. En revanche, ils font l’objet d’un lobbying démentiel de la part des grands oligopoles et des GAFAM. De ce fait, l’Union européenne est devenue le fer de lance du capitalisme mondialisé, au service du Capital monopoliste d’implantation européenne. Par suite de leur adhésion à cette structure, les États-nations qui la composent lui ont délégué une part de plus en plus importante de leur souveraineté. Par cet artifice le Grand Capital impose l’idée que les régressions seraient inéluctables car résultant de directives « extérieures », alors que ce sont les gouvernements européens eux-mêmes qui s’accordent sur les reculs inscrits dans les traités.
La baisse de l’efficacité sociale est consubstantielle de la crise systémique du capitalisme.

En fait la baisse de l’efficacité sociale résulte des mesures prises par le Grand Capital pour contrecarrer la baisse du taux moyen de profit. Ainsi la hausse du taux d’exploitation, la baisse généralisée des salaires, l’extension de la précarité, sont devenus des moyens permanents de restauration des taux de profit. Mais ces actions ont entraîné a baisse de l’efficacité sociale du système par rapport au niveau qui avait été atteint après 1945. Aujourd’hui, elles mettent l’économie et la société en état de régression.

Le fait qu’une part croissante de la population soit à la fois précarisée et appauvrie influe directement sur le niveau de soin ou d’éducation de la population en général. La dégradation de l’état de santé d’une population relativement appauvrie et précarisée nécessiterait une plus grande mobilisation des systèmes de santé. Mais en rendant ces systèmes payants on exclut de fait les populations les plus fragiles qui voient ainsi leur mortalité augmenter. C’est ainsi que, dans les pays les plus libéraux, les plus soumis au pouvoir de la grande bourgeoisie monopoliste, à commencer par les États-Unis et la Grande Bretagne, on observe, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, que l’espérance de vie est en train de baisser.
Le renoncement au développement humain, si aucune force ne s’y oppose, est la contrepartie majeure et inévitable du plus grand dynamisme économique de la forme néo-libérale de l’économie capitaliste.

III Peut-on espérer inverser, par des luttes, mais dans le cadre du système, la tendance à la baisse générale et durable de l’efficacité sociale ?

A) Le système socialiste existant


Eh bien, d’abord, il convient justement de constater que cette baisse n’est pas générale !
Les pays socialistes actuels (ceux qui le sont resté du moins) ne présentent pas de dégradation de leur efficacité sociale. A Cuba ou au Vietnam, qui sont pourtant des pays industriellement sous-développés, l’espérance de vie, le système de santé, le niveau d’éducation tiennent la route par rapport à leurs homologues des pays capitalistes développés et tendent à leur être supérieurs dans des domaines de plus en plus nombreux. Cela dit, le développement de leur économie est encore largement dépendant de l’économie mondiale. L’accès au marché des pays riches serait pour eux vital.

En prenant l’exemple cubain, on peut dire que, maintenant que le Comecon n’existe plus, les gouvernements successifs des États-Unis savent ce qu’ils font en maintenant un embargo sévère sur Cuba. Malgré cela, ce petit pays de 11 millions d’habitants résiste et le géant américain ne le fera pas plier.

Il en va différemment de la Chine, qui est une économie de la taille d’un continent et dont la population est près de cinq fois plus nombreuse que celle des États-Unis . Son statut de seconde puissance mondiale, la dimension de son marché intérieur, mais aussi le marché des pays qui lui sont favorables, la rendent plus autonome dans ses choix de la pandémie, qui fut très mise sous contrôle et qui le demeure. On note ensuite la rapidité avec laquelle ce pays a surmonté la crise de 2008, en prenant de plus en plus appui sur son marché intérieur et en procédant au lancement de grands travaux intérieurs, comme de grands projets extérieurs, en particulier les routes de la Soie.

Et puis, il y a les tendances de fond au premier rang desquelles la fin de la misère absolue. Le socialisme en Chine a réalisé la fin de toutes les famines et la fin de la pauvreté. De 600 millions à 800 millions de Chinois ont été sortis de cet état en un quart de siècle. Cela signifie clairement que le développement économique planifié de la Chine, son orientation socialiste résolue, ont atteint un objectif majeur en termes d’efficacité sociale. Mais l’efficacité sociale chinoise se manifeste aussi par l’amélioration continue de l’espérance de vie de la population, par l’élévation du niveau d’éducation, par une capacité scientifique de plus en plus assurée d’elle-même et nullement agressive, par contraste absolu avec le comportement de la grande bourgeoisie nord-américaine.

Les pays socialistes font donc bien figure d’exception dans un monde dominé par la régression de l’efficacité sociale soulignant par-là que c’est bien dans la nature du système capitaliste que se pose le problème

A terme c’est la viabilité même du système capitaliste qui est en cause. L’efficacité sociale du Capital tend à diminuer de manière absolue en raison des contraintes et des limites que le système impose à la société et aux travailleurs pour la seule survie de sa rentabilité. Ainsi, le vieillissement des infrastructures ou la disparition des services publics sont-ils, à terme, problématique pour le fonctionnement même du Capital. La privatisation, par exemple, des secteurs de l’énergie entraîne des surcoûts dans la production industrielle, laquelle réduit la compétitivité des acteurs capitaliste. Il en va de même avec la difficulté croissante à trouver une main-d’œuvre qualifiée et/ou en bonne santé. La dégradation persistante de la situation climatique, la difficulté à mettre sous contrôle la pandémie en cours, indiquent clairement l’existence d’un manque d’efficacité devenant structurel et profond, et constituant autant de freins au développement économique.

B) Les mesures prises pour restaurer l’efficacité sociale dans le cadre du système sont vouées à l’échec

Les capitalistes, leurs représentants politiques, proclament haut et fort qu’ils ou elles agissent pour une plus grande efficacité sociale. Partout dans le monde capitaliste, depuis la crise de 2008, des programmes de soutien à l’économie sont allés vont se multipliant sous couvert d’en retrouver les bienfaits. Ainsi Le plan de relance européen validé le 20 juillet 2020pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie est-il paré de la vertu de préparer la transition énergétique en vue d’atteindre les objectifs climatiques.
Mais malgré des effets d’annonce parfois colossaux comme le plan de reprise initié par Joe Biden aux USA ou le plan de relance Européen cette efficacité sociale n’est pas restaurée et ne le sera pas.
En faisant confiance aux marchés et aux multinationales, les initiateurs de ces plans vont, en réalité, au secours du marché capitaliste et non au secours de l’efficacité sociale. Les sommes injectées grossissent les profits des grands groupes avant même que de contribuer, même modestement, à la restauration de l’efficacité sociale.
Les sommes considérables investies au niveau mondial dans les Énergies dites renouvelable n’ont à ce jour pas redressé le moins du monde la situation du climat. De même les aides gouvernementales au développement des vaccins, des tests et autres médicaments liés au COVID19 ont d’abord contribué à enrichir quelques grands groupes pharmaceutiques multinationaux sans permettre une avancée décisive contre la pandémie.

En France, certains rêvent à de nouveaux leviers, comme la nationalisation ou la sécurité d’emploi et de formation ou l’intervention accrus des travailleurs dans la gestion des entreprises. Ils envisagent la constitution de pôles publics, notamment dans le domaine bancaire pour reprendre en main la finance. De telles mesures, qui visent à la restauration les critères d’efficacité sociale détruits par le Grand Capital ont une allure moderne. Mais elles se heurtent à l’hostilité la plus totale de la part de ce Capital. Elles sont strictement contraires à ses intérêts immédiats comme de plus long terme. Elles ne sauraient donc être mise en œuvre, tant la grande bourgeoisie monopoliste dispose des moyens d’empêcher leur émergence, que ce soit au sein de l’UE ou de l’OMC, sans que le pouvoir de cette classe sociale et ses ramifications dans l’appareil d’État, soient anéantis.

C) Et si le socialisme était la solution ?

En fait, si aucune force politique constituée, au sein des différents pays capitalistes, ne s’est montrée à ce jour en mesure d’agir durablement contre la crise du capitalisme, ce n’est probablement pas parce que les forces progressistes n’ont pas encore trouvé la bonne recette mais parce que les solutions à mettre en œuvre passent justement par une rupture avec le système capitaliste lui-même.
Nous avons vu qu’une pleine efficacité sociale supposait à la fois la socialisation des moyens de production mais aussi un régulateur politique fort que seul un État-nation est à même d’imposer.

C’est ainsi que les États socialistes contemporains, à commencer par la Chine, arrivent à protéger et à renforcer leur efficacité sociale malgré les crises mondiales. D’aucun rétorqueront que la Chine, qui est en passe de devenir la première puissance mondiale, peut justement utiliser sa position dominante pour soustraire une part importante des revenus de son propre capital au renforcement de son efficacité sociale. Mais que ce n’est pas le cas des autres nations (à commencer par la France) qui ne disposent pas des mêmes atouts dans la compétition internationale. C’est oublier un peu vite que son PIB par habitant, même s’il est en hausse constante et rapide, atteint à peine le quart du PIB par habitant d’un pays comme la France. Et que dire de Cuba ou du Vietnam, bien moins importants sur le plan économique que les Etats capitalistes développés, mais qui font aux aussi face aux crises sans renoncer à leurs objectifs d’efficacité sociale ?

En Chine, le maintien d’un taux de croissance élevé et d’un renforcement concomitant des indicateurs d’efficacité sociale est donc d’abord lié à la caractéristique socialiste de son économie comme en témoigne à contrario la violence de la crise en cours dans les autres pays émergeant, comme le Brésil et l’Inde.
A l’heure ou s’écrivent cette ligne les communistes français se sont engagés dans une campagne présidentielle avec pour objectif de rompre avec le capitalisme pour construire des jours heureux.

Ces jours heureux ne passeraient-ils pas par la construction d’un socialisme à la française qui intègre l’apport historique des communistes ? Ce que l’on a appelé « l’exception française », si longtemps revendiquée mais aujourd’hui si menacée, si mise à mal, avec la Sécurité sociale, les services publics, comme ceux de l’énergie, ne seraient-ils pas les éléments précurseurs d’un socialisme à réinventer ? N’est-il pas temps de s’interroger sur ce qui a manqué en en 1945 pour aller vers une efficacité sociale réellement durable ?

Et si le problème ne venait pas des mesures proposées, ou d’un rapport de force insuffisant, mais du cadre capitaliste ou elles devaient s’appliquer ?

Et si ce qui avait manqué alors, c’est la force et/ou la volonté ? de renverser le système capitaliste pour entrer dans une économie socialiste ?

Et si, comme Marx l’a en son temps affirmé, seul le changement de nature de l’économie qui permet de résoudre la crise ?

L’ensemble des critères d’efficacité sociale expérimentés au 20ème siècle seraient alors à considérer comme autant d’outils modernes, susceptibles de permettre le plein développement d’une société nouvelle. Mais le passage au socialisme serait le préalable à l’obtention d’une efficacité sociale maximale et non sa conséquence résultante

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