| | | | | | | | supernova | | "rêver, mais sérieusement" | | Jeune Communiste | | 67 messages postés |
| Posté le 04-06-2024 à 00:40:30
| De la Palestine à la France, trois lignes de démarcations Lopération du « déluge dAl Aqsa » du 7 octobre 2023 a remis la question palestinienne au centre des préoccupations en déstabilisant le mythe de linvincibilité de lEtat colonial dIsraël. Elle a poussé toutes les forces politiques à prendre position sur la scène mondiale et à dévoiler sans fard leurs positions. Après 6 mois de destruction ininterrompue de Gaza, sous forme dune punition collective, les Autorités françaises criminalisent encore et toujours le soutien à la cause palestinienne présenté comme ce qui jette de « lhuile sur le feu » dans une société déchirée. Le mouvement de solidarité fait donc face à des attaques externes mais il a aussi à se questionner sur son orientation propre, le pathos ne pouvant remplacer le combat politique. La revue Supernova a présenté une analyse historique et politique de la situation en Palestine occupée (Cf. le numéro 5 de la revue). Dans cet article, nous souhaitons aborder des questions concernant le type de solidarité que lon doit développer ici, au cur dun centre impérialiste, partie prenante du conflit. Nous poserons donc quelques considérations relatives aux principes et repères qui doivent orienter notre combat internationaliste, selon une conception du monde communiste. La Palestine et les démocraties impérialistes Le premier point est un rappel qui devrait aller de soi. La Sainte Alliance des Etats capitalistes et la France impérialiste font partie du problème pour la Palestine et pas de la solution. Le 6 février 1996, à luniversité de Cincinnati, Kwame Ture1 militant panafricaniste révolutionnaire, prenait la parole pour rappeler une logique politique élémentaire à laquelle nous devons être particulièrement attentif : « Lanticolonialisme nest rien sans lanticapitalisme, car le colonialisme nest rien dautre quune ramification, quun aspect du capitalisme. Donc si vous êtes anticolonialiste, vous devez être anticapitaliste. Si du moins vous voulez être logique dans votre pensée et dans votre action ». Il ajoutait : « Si vous êtes anticapitaliste vous devez être pour le socialisme. Le capitalisme ne peut pas unir lAfrique, lAfrique ne peut sunir quavec le socialisme ». Les deux points soulignés par Kwame Ture sont capitaux. Pour comprendre les racines de la lutte anticoloniale et pour dégager une perspective révolutionnaire. Ces deux points sont cruellement absents de la plupart des expressions de soutien à la cause palestinienne car la « culture militante de gauche » actuelle ne propose pas une lecture globale de la nature du conflit au Proche-Orient. Il y a plusieurs façons de caractériser la nature du conflit en Palestine occupée. En mettant de côté linterprétation religieuse (Juifs contre Musulmans) qui se nourrit dune vision idéaliste, falsifiée et pessimiste de lhistoire, on peut comprendre le conflit de trois façons : a) Il sagit dune contradiction entre le colonialisme juif et les Palestiniens b) Il sagit dune contradiction entre le colonialisme juif et le monde arabe et iranien c) Il sagit dune contradiction entre Israël, colonie, construite de toutes pièces par des centres impérialistes, et les peuples palestiniens et arabes qui veulent rétablir leurs droits nationaux. Les deux premières interprétations sont réductrices, seule la troisième permet de comprendre les racines du conflit, de construire la solidarité et denvisager une solution. La colonisation de la Palestine historique par des européens juifs ashkénazes, souvent jugés indésirables dans leur pays dEurope de lEst, naurait pu être possible sil ny avait déjà eu un capitalisme mondial. Elle a eu lieu avec des moyens européens et une conception européenne (lavant-poste de la civilisation contre la barbarie). Dans un premier temps, cette colonisation européenne spécifique navait aucun succès véritable (Après la première mondiale, 1.8 million démigrés juifs dEurope partaient aux USA, 60000 seulement rejoignaient la Palestine mandataire, une terre du monde arabe dans laquelle ils ne se reconnaissaient pas un destin). Lordre capitaliste français et anglais avait prévu déjà cet Etat (lEtat sioniste), qui servirait leurs intérêts depuis au moins la déclaration Balfour en 1917 et les accords de Sykes-Picot en 1920, accords qui partagent les dépouilles de lEmpire ottoman entre les deux puissances coloniales. Le conflit a donc des racines dans le capitalisme européen et américain, il est rendu possible par la défense acharnée de leurs intérêts depuis des décennies. Le rôle fonctionnel dIsraël est dêtre un avant-poste des intérêts impérialistes dans la région2. Tel Aviv est une « bulle européenne » richissime et libérale, tandis que Sderot abrite les « petits blancs » du sionisme qui trouve leur dignité dans le nationalisme agressif. Un schéma typiquement européen. Lorigine du sionisme réellement existant est expliqué par Samir Amin de façon limpide : « Soutenu par les Etats-Unis et lEurope, inconditionnellement et massivement, financièrement et militairement, Israël a pu de ce fait, refaire en plein XX°siècle, lhistoire dune conquête coloniale, chassant un peuple tout entier de son pays. Avec larrogance que ce soutien permet, Israël sest livré à des agressions quotidiennes contre les peuples arabes, bombardant impunément le Liban, la Tunisie et lIrak ; son armée se livre à lexercice criminel de casser les mains des enfants palestiniens qui écrivent sur les murs. Mais on lui trouve toujours des excuses
Est-ce donc un produit de limagination arabe de constater que les opinions dominantes aux Etats-Unis et en Europe se débarrassent de cette manière honteuse de leur « problème » ? Je veux dire par là que lignominie antisémite qui est bien un produit occidental-lequel a certes culminé dans le génocide hitlérien mais ne se réduit pas à lui (nombreux sont les européens qui nont pas une conscience nette dans cette affaire) -a ainsi trouvé sa « solution normale » dans lutilisation par lOccident des enfants de ses victimes pour poursuivre ses objectifs impérialistes propres contre les peuples du tiers-monde »3 Lisraélien est un avatar tardif du monde euro-américain et il a été rendu possible par la destruction des juifs dEurope. Mais alors, la vision binaire du conflit qui le limite à un horrible face à face entre colons sionistes et Palestiniens doit être révoqué. Il faut savoir cerner la nature profonde de lennemi contre lequel se battent les Palestiniens et contre lequel nous nous battons si nous rejoignons leur combat. Ce combat nest pas universel dans un sens symbolique comme le seraient des archétypes tragiques qui incarnent « la terreur et la pitié » même sil y a beaucoup dAntigones en Palestine. Ce combat est universel car il concerne lordre que produit le capitalisme mondial, aujourdhui toujours dominé par les euro-américains malgré la montée en puissance des BRICS. La dépossession des Palestiniens est une des ramifications de la dépossession capitaliste. La centralité de la cause palestinienne, qui peut poser problème si on ne lie pas cette cause à celle des autres peuples opprimés par limpérialisme, est en fait celle de la centralité dIsraël dans les agendas et stratégies impérialistes au Moyen-Orient. La lutte palestinienne est certes une lutte contre loccupant mais aussi contre limpérialisme euro-américain, et contre le capitalisme comprador des bourgeoisies arabes. En effet, la colonisation sioniste ne cherche pas uniquement à coloniser la Palestine, mais aussi toute une partie de la région arabe. Or, les diverses classes sociales et les diverses fractions des classes dirigeantes arabes nont pas la même attitude vis-à-vis de ce projet. Cest pour cette raison que la nature de la lutte palestinienne a été diverse. Cest une lutte à caractère national et aussi à caractère de luttes de classes. Il faut se rappeler quau début de lère coloniale, lors de la conquête du monde par lEurope, il y avait une élite indigène qui servait le capital (les compradors, fondés de pouvoir des firmes étrangères). Lhistoire récente de la cause palestinienne est confrontée aux nouveaux compradores : la haute bourgeoisie rentière du Golfe, qui propose depuis les années 1970 des plans de capitulations ; les autorités égyptiennes et jordaniennes qui ont conclu des paix séparées et collaborent sécuritairement avec Israël et les puissances occidentales, ou encore les accords dOslo qui ont détruit lancien mouvement national palestinien, en faisant de lOLP un relais de loccupation et des intérêts de la bourgeoisie daffaires palestinienne (qui ne vit que de prébendes et non dun système productif propre), sans obtenir en contrepartie le moindre droit national. Dun côté la « start up nation » sioniste vit des centaines de milliards dinvestissements euro-américains, de lautre une bourgeoisie palestinienne dénuée de toute marge de manuvre, ne pouvant importer et exporter sans autorisation expresse de loccupant. Celle-ci se maintient par des financements internationaux au prix de sa soumission définitive. La paix dOslo a été une autre copie de la guerre, lhumiliation de la collaboration en plus. Face à la nature réelle et profonde du conflit, la leçon essentielle pour le mouvement de solidarité est de soutenir toutes les formes de résistance (du boycott à la lutte armée) et non de demander à la communauté internationale des Etats impérialistes dintervenir puisque cest précisément leur intervention qui opprime. Cest pour cette raison que la déploration humanitaire face à Gaza ravagée et à sa famine organisée ne peut pas être le programme du mouvement de solidarité. Les mêmes puissances qui larguent les colis sont celles qui rendent possible chaque jour le massacre. Pour la libération de la Palestine ou pour une démocratisation du sionisme ? En dehors de la rhétorique humanitaire qui ferait des Palestiniens des victimes passives, un autre biais nourrit de très nombreux courants du mouvement de solidarité. Il sagit de lidée défendue que les principes pour prendre position doivent être ceux du droit international. Cette position sappuie sur la reconnaissance du « droit des peuples à disposer deux-mêmes » et du refus de loccupation dans les documents principaux qui ont formé les Nations Unies depuis 1945. Ce droit qui structure les relations internationales sest bien exprimé à plusieurs reprises en faveur de la fin de loccupation (du moins celle des territoires de 1967) mais cest aussi ce droit qui a entériné la création dIsraël, par la résolution n° 181 de lONU par laquelle les grandes puissances impérialistes ont décidé du partage de la Palestine historique entre deux Etats , un juif et un arabe. Dans les faits, cette décision a entériné non seulement une dépossession mais aussi une protection militaire et politique de la colonisation. Le droit international valide les faits accomplis et leur donne laura dune légitimité internationale. Ce qui existe ce ne sont pas des résolutions abstraites mais des rapports de forces réels qui les rendent possible ou non. Comme le dit un proverbe haïtien : « Konstitution sé papié, bayonet, sé fé », la constitution cest du papier, la baïonnette cest du fer. Toute la stratégie de lAutorité palestinienne a été depuis Oslo de tenter de faire reconnaître les droits nationaux des Palestiniens par dautres Etats et par des Cours internationales. Cette position, si elle devient la seule arme que lon brandit, au nom dune inexistante solution par le droit, équivaut à une intériorisation de la défaite. Le droit international ne permet pas à une lutte de libération nationale daboutir. Il ne peut être quun des moyens tactiques denregistrer un rapport de force qui place le projet de colonisation dans une situation si délicate quil est contraint de négocier. Ce nest pas le droit qui crée le rapport de forces mais le rapport de forces qui crée le droit. Le droit peut donc être un point dappui mais ce nest pas le plus légitime, ni le plus efficient. Il en va ainsi aujourdhui avec la plainte déposée par lAfrique du Sud devant la Cour Internationale de Justice. Elle a abouti à la reconnaissance dun « risque plausible de génocide ». Nous pouvons et nous devons saluer la démarche sud-africaine en ce quelle a considérablement gêné le bloc impérialiste dans sa propagande. Mais nous devons nous rappeler comment on cloue le bec à la rapportrice spéciale de lONU pour les territoires palestiniens occupés. Le 25 mars 2024, Francesca Albanese, a présenté son rapport sur la base de la décision de la Cour et dune série de documents supplémentaires. Elle demande alors un embargo sur les armes, des sanctions contre Israël et une présence militaire de protection du peuple palestinien. La réponse française est éloquente. Le point presse du Quai dOrsay affirme le 26 mars 2024 que : « Madame Albanese nengage pas le système des Nations unies. Nous avons eu loccasion par le passé de nous inquiéter de certaines de ses prises de positions publiques problématiques et de sa contestation du caractère antisémite des attaques terroristes du 7 octobre dernier. ». Le droit au génocide assumé au nom du 7 octobre. Cette approche par le droit et son insuffisance manifeste on la retrouve, sur un autre plan, dans les « solutions » proposées qui font limpasse sur la libération nationale de la Palestine en lui substituant lidée dune égalité des citoyens dans un Etat commun. Le droit à légalité civique vaudrait finalement plus que le droit à lauto-détermination. En somme, faute de pouvoir démanteler le sionisme dans une lutte de longue haleine, il sagit de constater quil ny a aujourdhui quun seul Etat dans les faits et dexiger légalité des droits. On avance alors comme arguments limbrication des deux populations, la présence de 800000 colons en Cisjordanie, dans des places fortes devenues inexpugnables. La lutte de libération étant impossible à court terme et la promesse du « deux peuples, deux Etats » nétant pas tenue, un mouvement de droits civiques remplacerait ainsi la lutte de libération nationale. Au final, un Etat commun, un Etat binational, un Etat « de tous les citoyens présents » serait la seule solution possible et souhaitable. Cette idée est aujourdhui portée par des israéliens progressistes comme Eyal Sivan ou Shlomo Sand mais aussi par certains intellectuels palestiniens quils soient dans les territoires de 1948 ou dans ceux de 1967 ou en exil. Elle a irrigué diverses expressions de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Cette solution se présente comme une alternative à larche croulante du mantra « Deux peuples, deux Etats ». Le problème essentiel de ce genre de solution » est quelle suppose deux postulats : 1) Il est possible que le sionisme change de nature 2) il est impossible quil puisse se passer des Palestiniens. Ces deux postulats sont erronés. Le premier parce quaucune domination politique ne choisit le suicide comme option, le second parce que se débarrasser des Palestiniens et compter sur une immigration du travail est envisageable pour le sionisme. Le problème central du sionisme est et a toujours été le colonialisme, en loccurrence la tentative de remplacement des Palestiniens par une population de colons dans le but détablir une société distinctement différente sur des terres volées. Le colonialisme de peuplement en question possède une logique délimination comme le dit Patrick Wolfe. Cette logique est celle dempêcher le retour des peuples autochtones sur leur terre et en fait compte de ne laisser exister quune nostalgie proposée aux peuples disparus et exilés de force. Dans son dernier livre, Shlomo Sand va jusquà dire que Menahen Begin, le dirigeant sioniste de droit, premier ministre de 1977 à 1983, était un partisan de la citoyenneté israélienne pour tous les arabes qui la souhaitait. Cette mesure souhaitée viendrait se son noble souci de ne pas ressembler à la Rhodésie raciste. Cest une vision entièrement romanesque de lhistoire. Il ny a pas eu un seul gouvernement israélien au pouvoir ou une personnalité sioniste de premier plan qui nait, dune manière ou dune autre, défendu et fait progresser ces objectifs fondamentaux. Même avant la montée des dirigeants israéliens de droite actuels au lendemain de la guerre doctobre 1973, le nettoyage ethnique et lasservissement des Palestiniens étaient la pratique établie de la direction « socialiste » autoproclamée et dirigée par les travaillistes. Des centaines de milliers de Palestiniens se sont retrouvés victimes dun nettoyage ethnique par beaucoup de ceux qui se présentaient comme étant de gauche. Il semble que, quelles que soient les divergences du régime au pouvoir concernant la gestion du projet colonial, l'assujettissement des Palestiniens a été un fil conducteur constant et cela continuera de l'être sous tout nouveau gouvernement israélien. Le mouvement de solidarité a comme responsabilité de lutter contre le mythe dun sionisme « à visage humain », acceptable et démocratique ou au mythe dun bon gouvernement israélien qui contrairement à celui de Netanyahu ne serait pas dirigé par des illuminés racistes favorables au transfert. Il ny a pas de bon gouvernement pour les colonisés. La violence des opprimés Un dernier point sera soulevé ici, il sagit de la question dite du « terrorisme » cest-à-dire pour utiliser le langage courant de lutilisation de la violence contre les civils. Chacun sait que cest cet épouvantail absolu qui est brandi face au soutien à la cause palestinienne. « Vous pouvez soutenir la cause des palestiniens mais pas quand ils prennent des armes et quils sen servent pour toucher des cibles quils ont défini ». Les opprimés sont bons lorsquils sont désarmés, impuissants, pétris dans la défaite. En France et en Allemagne, il est même prescrit que dans lespace public toute prise de parole sur la situation palestinienne souvre par une condamnation rituelle totale de lopération du 7 octobre et des centaines de morts parmi les civils israéliens. Le terrorisme est moralement condamnable nous dit-on. Très bien. Si on veut bien accepter cette prémisse, force est de constater que le terrorisme est avant tout dorigine étatique. Les morts civils sont massivement le fait dEtat qui bombardent des populations récalcitrantes. Cest un fait des guerres modernes. Et du point de vue de la morale, il faut condamner toute mort provoquée, toute tragédie personnelle. Or, la morale ne permet pas de juger une situation politique, cest-à-dire de savoir si un combat est juste ou non. Il faut donc se demander ce quon condamne politiquement et non moralement dans un usage de la violence. La doctrine dengagement des forces israéliennes ne fait pas de distinction entre civils et combattants palestiniens. Chacun a pu sen apercevoir avec les bombardements meurtriers de Gaza en prétextant que la population civile était un bouclier humain du Hamas. Déjà pour le soldat otage Gilad Shalit, les bombardements avaient fait 1200 victimes civiles. Il sagit des règles dengagement de la « doctrine Dahiya » élaborée lors de lenlèvement des soldats israéliens par le Hezbollah libanais. Toute attaque doit entraîner une riposte israélienne qui consiste à détruire les infrastructures civiles et militaires, y compris des villages, des quartiers entiers de villes. Cest une politique de terre brulée. Cette situation signifie que si les combattants attaquent des cibles militaires, la réponse sera la même que sils attaquent des cibles civiles. Cest cette situation et celle du blocage politique et diplomatique complet qui est à lorigine de lopération du 7 octobre4. Au final, la principale différence entre les crimes commis par Israël contre les civils palestiniens et ceux commis par les Palestiniens réside donc dans lexistence dun réseau international qui légitime, précise et codifie la logique qui sous-tend les actions militaires israéliennes. Cela lui donne une apparence de respectabilité, même lorsque le raisonnement sous-jacent semble profondément erroné ou justifier le massacre à grande échelle de civils palestiniens à Gaza. La question présente est celle dune situation qui atteint des civils du camp ennemi dans une lutte de libération nationale. Les impérialistes tuent des civils dans chacune de leurs guerres (Yougoslavie, Libye, Afghanistan, Irak) en les désignant comme des « dommages collatéraux ». On peut être tenté de répondre de la même manière et dune façon correcte, les morts civils sont le prix à payer dune occupation coloniale. Mais la question qui se pose en termes politiques est encore plus précise : cest celle de la légitimité puis celle de lefficacité. La cause est-elle légitime ? Lopération a-t-elle fait chuter la sympathie internationale pour la cause palestinienne ? Il y a donc ici un principe de réalité : les luttes de libération nationale se développent et gagnent lorsque le prix pour maintenir « lordre » de la domination est trop élevée. La société française ne voulait plus de 500000 soldats mobilisés en Algérie pour maintenir une colonie de peuplement qui avait perdu les « curs et les esprits ». La société étatsunienne ne voulait plus supporter le poids moral et humain de la guerre du Vietnam. La lutte armée des colonisés crée un capital politique qui oblige les centres impérialistes à modifier leur politique. Il est utile de rappeller dailleurs que cela se fait dans ce sens et non dans le sens inverse. La lutte armée dans les pays dominés fait changer les esprits dans les métropoles. Et cest déjà sa vertu de nous rappeler dans quel monde nous vivons. Supernova revue communsite n.6 2024 https://revuesupernova.blogspot.com/2024/05/supernova-n6-2024.html
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