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 opposition à l'ingérence française en Afrique

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Xuan
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   Posté le 14-01-2012 à 22:24:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'article ci-dessous n'émane pas d'un marxiste-léniniste mais reflète l'opposition à l'ingérence étrangère en Afrique, notamment à l'ingérence française, et appelle la diaspora africaine en France à s'opposer aux candidats de la Françafrique.

L'article paru dans Pambazuka News est signé Yves Ekoué Amaïzo :


Togo : La dictature de la Cour constitutionnelle

Yves Ekoué Amaïzo

2011-10-31, Numéro 211

En Tunisie comme en Lybie, les Occidentaux s’étonnent de voir un islamisme triomphant s’imposer au pouvoir. Rien d’étonnant, pour Yves Ekoué Amaïzo. Les populations, après avoir fait basculer les dictatures qui les brimaient, n'ont fait que tourner le dos, en toute logique, aux systèmes impérialistes qui les soutenaient. Devant les «démocraties usurpées et falsifiées» d’Afrique, validées par des montages légaux mais illégitimes comme au Togo et au Cameroun, il note que les «cultures impériales» qui les soutiennent courent le même risque.
Alors que la Tunisie surprend les pays Occidentaux et la France en particulier par la crédibilité du déroulement des élections (…), c’est la vérité des urnes qui triomphe. A force de refuser de soutenir les démocrates indépendants, les pays occidentaux se réveillent avec des populations qui préfèrent faire confiance à ceux qui sont « indépendants » des cultures occidentales devenues des cultures « impériales » sans d’ailleurs trouver des solutions à la pauvreté tout en renforçant les dépendances des pays africains. Les partis islamiques en sont une émanation étonnante et dynamique.


Le choix occidental des agents appuyés par les pays occidentaux ne marche plus en Tunisie. L’Egypte devrait confirmer cette tendance avec une victoire programmée des « Frères musulmans » . Ce qui ne manquera pas d’avoir des effets sur la Libye, qui a d’ores et déjà choisi la « charia » et non la « laïcité » comme cadre de gouvernance. Il faut constater dans le cas du Cameroun ou du Togo qu’il n’y a pas eu d’ingérence militaro-onusienne lors des élections présidentielles. Il suffit que les dirigeants déclarés par la Cour constitutionnelle et qui ne reflètent pas la vérité des urnes, soient des « amis françafricains » .

La Diaspora africaine a un rôle à jouer. Encore faut-il en prendre conscience. Toutes ces ingérences occidentales sont un gâchis. Car pour obtenir le résultat qui émerge de la vérité des urnes en Tunisie, il a suffit de laisser les démocraties locales fonctionner ou empêcher les dictatures locales d’en stopper les dynamiques internes. Il faut donc influencer les dirigeants occidentaux pour leur éviter de croire qu’ils défendent leurs intérêts en défendant des dictatures en Afrique.

TOGO, DJIBOUTI ET MAROC A L’ONU POUR DEFENDRE QUI ?

Le mécanisme d’ingérence militaro-onusien a vu ses limites en Côte d’Ivoire et en Libye. Paradoxalement, personne n’y fait appel dès lors que les dirigeants africains s’affichent clairement comme des amis de l’ex-puissance coloniale ou, plus récemment, de la puissance militaire mondiale. La réalité pour les populations est que les arbitrages économiques se font d’abord en faveur des intérêts étrangers. Pour ce faire, il y a un nouveau phénomène qui tend à s’institutionnaliser, qu’il convient de mieux comprendre afin de saisir les difficultés de la lutte pour la liberté, la vérité des urnes et des comptes en Afrique, au Togo en particulier.

C’est ce phénomène qui permet de justifier le caractère propre des « démocraties usurpées ou falsifiées » et d’amener, dans le cadre d’une rotation, les pays comme l’Azerbaïdjan, le Guatemala, le Maroc, le Pakistan et le Togo à se faire élire comme membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour le biennum 2012-2013. Le problème est que chaque fois que les Nations-Unies choisissent des pays avec si peu d’influence ou carrément s’alignant assez régulièrement sur la France au plan international, il y a une guerre qui se profile à l’horizon. Il ne faudra pas s’étonner de voir le Togo prendre position pour qu’une guerre intervienne en Iran, dès lors que cet objectif longuement décidé par ceux qui optent pour la dépendance et le désordre mondial sous le couvert de l’ingérence, finissent par imposer cette position à des pays qui, pour lever la main et faire un choix au Conseil de Sécurité, se tournent systématiquement vers ceux qui leur ont octroyé le siège pour 2 ans comme membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

L’INSTITUTIONNALISATION DE LA DICTATURE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

La Cour de justice de la CEDEAO, en se plaçant au-dessus des lois nationales, rappelle l’application du principe de la subsidiarité que le Togo a accepté dans le cadre de l’intégration régionale. Le problème est que les liens ésotériques et autres formes d’achat des consciences devaient permettre de neutraliser l’application de cette subsidiarité. L’article de 106 de la Constitution togolaise dit en substance ceci : « Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civils, militaires et juridictionnelles » .

Autrement dit, le gouvernement togolais s’est totalement immunisé car cet article 106 permet d’instaurer une nouvelle forme de la dictature de la Cour constitutionnelle togolaise. Pour être clair, les décisions de la Cour Constitutionnelle s’imposent aussi en matière électorale. Aussi, dès lors qu’il y a inversion ou la falsification de la vérité des urnes, il suffit pour le gouvernement de transmettre les informations à la Cour constitutionnelle et que celle-ci l’avalise, pour que le Coup d’Etat juridique ait lieu.

Il n’y a donc plus une dictature civilo-militaire traditionnelle mais une forme moderne et tolérée par la Communauté internationale qu’il faut bien qualifier de dictature de la Cour constitutionnelle. Il suffit maintenant, pour le gouvernement, de crier à l’atteinte à sa souveraineté et à son indépendance politique pour que le tour soit joué. Autrement dit, tous les dirigeants togolais qui s’afficheraient pour défendre la souveraineté du Togo sur la base d’une décision de la Cour constitutionnelle qui est mise en cause par le droit régional ou international, en substance la Cour de Justice de la CEDEAO ou une instance supranationale de l’Union africaine, est un traître au Togo et un ennemi du Peuple togolais.

PAS D’INGERENCE MILITARO-ONUSIENNE DANS LES PAYS « AMIS »

Alors que dit la Communauté internationale ? Il suffit de voir la position ambivalente de la France sur les élections présidentielles camerounaises du 9 octobre 2011 pour se faire une idée du principe de l’indignation verbale sans les actions coercitives. Avec la réélection de Paul Biya pour un mandat de 7 ans, avec 77,99 % des suffrages, les critiques américaines restent verbales. L’Administration Obama avait déjà pris des mesures contre des politiciens camerounais jugés corrompus, en leur retirant le visa américain en 2009 et a refusé de recevoir Paul Biya en juin 2011. Alors, tous les démocrates africains doivent être vigilants pour savoir quand est-ce que Barack Obama va faire le contraire de ce qu’il a déclaré dans son discours historique d’Accra du 12 juillet 2009 1. (1)

La France a choisi le positionnement au clignotant, c’est-à-dire que le ministère des Affaires étrangères, en moins de quelques jours, a estimé que « l’élection présidentielle au Cameroun s’était déroulée « dans des conditions acceptables » , puis a rappelé qu’il y a eu de « nombreuses défaillances et irrégularités » 2. (2) Mais concrètement, pas de demande d’ingérence pour « sauver les populations civiles » . C’est donc la jurisprudence électorale togolaise qui a été choisie au point que même John Fru Ndi, l’opposant historique et président du Social Democratic Front (SDF), se contente de dire que les élections camerounaises ont été « hyper-frauduleuses » et s’interroge sur les relations qu’entretient la France avec le Cameroun.

A 78 ans et au pouvoir depuis 1982, personne ne veut véritablement gêner le 6e mandat de Biya, puisque c’est la cour suprême (l’équivalent de la Cour constitutionnelle du Togo) qui a proclamé les résultats donnant 77,98 % au président sortant et 10,71 % à John Fru Ndi. La France ne peut donc pas ne pas soutenir un président qu’elle a toujours soutenu malgré des élections fortement contestées. Il s’agit donc, pour la Communauté internationale, de s’assurer que les élections se déroulent dans le calme et que les populations africaines optent pour la résignation…

Il est vrai que ni le Cameroun, ni le Togo ne connaissent de « printemps arabe » et ce ne sont pas les alternances des saisons de pluies, qui ne viennent plus en leur temps, qui pourront faire émerger un mouvement collectif puisque les dirigeants de l’opposition, au Togo comme au Cameroun, sont incapables d’organiser, démocratiquement, des primaires en leur sein afin de faire émerger une candidature commune et un programme commun au moins deux ans avant la prochaine élection présidentielle.

Il suffit maintenant de s’assurer que les élections se déroulent mieux dans les scrutins législatifs et municipaux pour faire oublier la dictature de la Cour constitutionnelle. Cette stratégie française a fonctionné à merveille dans les pays francophones, mais la corruption, les achats de conscience, ainsi que le secret et le silence coupable des groupes et cercles ésotériques y sont pour beaucoup.

RECOMMANDATIONS : INFLUENCE DU VOTE AFRICAIN EN FRANCE

Il est donc difficile de concevoir des alternatives et changement stratégique de gouvernance dans une Afrique francophone dominée par la France, sans un changement de politique française envers la Françafrique. La Diaspora africaine doit en prendre conscience. Les Africains qui peuvent voter en France doivent donc identifier dans les programmes des candidats non seulement ceux qui se proposent de mettre fin à ces pratiques françafricaines qui tuent les populations pauvres en Afrique francophone, tout en transférant la propriété des capacités productives africaines à des sociétés souvent en perte de compétitivité au plan mondial.

Le CVU-Togo-Diaspora suggère à la Diaspora africaine de mener la lutte pour la liberté chez eux. La plateforme panafricaine ne peut exister que si le vote massif des Africains de France ne s’éparpille pas entre les candidats dès le premier tour des élections présidentielles de 2012 en France.

Le CVU-Togo-Diaspora demande aux Africains-Français de voter massivement au premier tour pour le candidat qui non seulement remet en cause le système de la Françafrique, mais a les moyens de le faire afin d’éviter le syndrome « François Mitterrand » qui a excellé dans le coup d’éclat de la continuité du service françafricain. Face à l’inversion du rapport de forces où les intérêts privés finissaient par « commander » l’action de ceux qui sont en charge du service public, l’actuel locataire de l’Elysée n’a manifestement pas choisi de corriger le tir, mais s’est autoproclamé, par commodité, un simple agent de facilitation 3 (3) d’un système qui tue la démocratie en Afrique.

La Cour constitutionnelle a servi de garde-fou pour préserver ce qui, sous d’autres cieux, serait qualifié de scandale démocratique avec des démissions à la clé. Mais, on est en Afrique francophone, là où tous les coups sont permis dès lors que c’est le candidat de la France qui les fait, avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle. Une dictature par le droit.

________________



NOTES

1) Organisation de la Presse Africaine (2009). « Discours de Barack Obama à Accra, Ghana », The White House, voir : http://appablog.wordpress.com/2009/07/12/obama-ghana-traduction-francaise-du-discours-du-president-obama-au-ghana, accédé le 25 octobre 2011.

2) Ursula Soares (2011). « Cameroun: la France lâche-t-elle Paul Biya ? » , RFI Afrique, 24 octobre 2011, voir : http://www.rfi.fr/afrique/20111024-cameroun-france-lache-elle-paul-biya, accédé le 25 octobre 2011.

3) Fabrice Arfi et Karl Larske (2011). « Affaires africaines. L’entretien qui accuse Sarkozy » , in Mediapart.fr, 24 octobre 2011. Jacques Dupuydauby, Président du Groupe portuaire Progosa à la retraite, dénonce la « sarkafrique : « Quand Bolloré s’implante quelque part (en Afrique), il prend possession de tout, les infrastructures stratégiques en matière de transport, notamment tout, et il utilise le Président français comme son VRP de luxe. M. Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait pressions. Comment voulez-vous qu’un Chef d’Etat résiste ?…. Ce que je dénonce, c’est que le Président de la République française, directement puis indirectement, fasse pression sur les Chefs d’Etat africains pour que des concessions soient données à Bolloré, en leur disant : « si vous ne faites pas ce que l’on vous demande en donnant telle ou telle chose à Bolloré, vous ne pourrez plus compter sur l’aide de la France» » .


* Dr Yves Ekoué AMAÏZO est Coordinateur Provisoire du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU), groupe indépendant de la Diaspora togolaise


Edité le 14-01-2012 à 22:25:21 par Xuan




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   Posté le 23-01-2013 à 15:41:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un autre article émanant d'un intellectuel libéral africain ivoirien dénonce d'autres aspects de la politique française en Afrique, opposée à l'éveil des nations.
Cet article qui date d'octobre 2012 reste particulièrement d'actualité à la lumière de la guerre au Mali.


source
12/01/2013

Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident!


Publié en octobre 2012 dans Le Nouveau Courrier, cet article me semble toujours pertinent alors que la crise malienne souligne cruellement l'incapacité des Etats africains à se doter d'une véritable politique de défense commune. Et conforte les options stratégiques de la France, développées ci-après.

Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.
Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde , encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret» , a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.
Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?

Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté

Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…
Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.

Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci

Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)» , indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?

Sécessions et migrations

«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà» , anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.

Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !

Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux» . Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».

La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique

Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée. La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés» , écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces» , écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.

Théophile Kouamouo


Edité le 23-01-2013 à 15:41:58 par Xuan




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marquetalia
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   Posté le 23-01-2013 à 21:35:05   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

la "pacification" du sahara algérien a duré jusqu au début du siècle dernier;les "socialistes"francais tueront ils les touaregs jusqu au dernier tout en soutenant les djihadistes sunnites en syrie qui posent des bombes en plein damas comme le gia en algérie en 1997?


Edité le 23-01-2013 à 21:35:30 par marquetalia




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Xuan
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   Posté le 16-03-2013 à 20:02:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

DECLARATION CONJOINTE
PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)
PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE DE COTE D’IVOIRE (PCRCI)
PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAÏQUE (PCRV, BURKINA FASO)



Sur la situation de la sous-région ouest africaine et au Mali




Au regard de la gravité de la situation dans la sous-région ouest-africaine et particulièrement au Mali, les Partis politiques soussignés réunis à Cotonou ce jour 08 Mars 2013, ont décidé de rendre publique la Déclaration que voici :

Le vendredi 11 janvier 2013, l’impérialisme français sous la conduite de François Hollande a déclenché une guerre d’agression néocoloniale au Mali avec le soutien des autres puissances impérialistes telles celles de l’Union Européenne et les USA. Les gouvernements des pays membres de la CEDEAO servant d’appui dans cette intervention armée avec l’envoi des troupes comme forces supplétives de l’armée française. Les prétextes évoqués par l’impérialisme français pour tenter de légitimer et justifier cette guerre réactionnaire sont entre autres :

Stopper de toute urgence la progression des djihadistes terroristes vers le sud du Mali et vers Bamako- Libérer le Nord du Mali et rétablir l’intégrité territoriale du pays ; Eviter la déstabilisation des Etats de l’Afrique de l’Ouest…

En réalité, comme nos trois partis (PCB- PCRCI- PCRV) le soulignaient dans leur déclaration conjointe du 10 décembre 2012, les enjeux véritables de cette guerre réactionnaire néocoloniale, sont :
- Politiques, géostratégiques, et militaires en rapport avec la lutte pour le repartage du monde et du continent africain :

- Economiques (accès au pétrole du golfe de Guinée, de l’uranium du Niger et des métaux précieux dont regorge la sous-région, de l’énergie solaire, du cacao, du café, etc.)
- La lutte des impérialistes anglo-saxons (USA, Grande Bretagne) et français pour contrer la pénétration dans la sous-région de nouveaux acteurs tels que la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. ;
- La volonté des puissances impérialistes d’étouffer toute sorte de contestation des masses populaires acculées à la misère et souffrant du manque de liberté politique, ainsi que de la répression exercée sur elles par des pouvoirs corrompus, leur volonté d’écraser tout mouvement révolutionnaire insurrectionnel.


L’impérialisme français avait, en fait programmé et minutieusement préparé cette agression au Mali par une suite d’actes dont les principaux sont :

- 1°- Aide aux régimes corrompus de Konaré et d’Amadou Touré dans la destruction de l’armée malienne.

- 2°- Après le coup d’Etat de mars 2012, l’organisation par le biais des Etats pro-impérialistes français de l’UEMOA de l’embargo sur le Mali et principalement du blocus dans les ports voisins de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Sénégal, des armes payées par les sous maliens.

- 3°- Enfin par l’organisation méthodique de la division du pays par l’intermédiaire de la créature française qu’est le MNLA. Rappelons que la proclamation de la fameuse république dite d’Azawad a été faite depuis Paris.

Le déroulement même de la guerre en ce moment au Mali conforte ces assertions. Les objectifs politiques et militaires sont fixés unilatéralement par l’impérialisme français sans considération pour ses laquais de la CEDEAO, de l’UA et pour ceux au pouvoir à Bamako ; au mépris des intérêts et de aspirations du peuple malien. Les informations sur le déroulement de la guerre sur les fronts sont monopolisées par les impérialistes français qui les manipulent à leur guise. Les journalistes étant éloignés du champ de bataille. La collusion de l’impérialisme français avec le MNLA aujourd’hui à Kidal où même l’armée malienne est interdite d’entrée et ce par la décision de l’armée française révèle clairement la fausseté de la volonté de François Hollande du rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali.

Ainsi, l’armée française d’occupation a décidé de mener des opérations conjointes avec les troupes du MNLA, sa créature instigatrice de l’agression qui a permis aux djihadistes (AQMI, Ansar Dine, MUJAO, Boko Haram) de s’installer au nord-Mali.

En intervenant militairement au Mali, l’impérialisme français l’a fait pour réaliser un plan réactionnaire qu’il a élaboré depuis des années 1950 avec le projet de l’OCRS( Organisation Commune des Riverains du Sahara) pour diviser les peuples du Mali et d’autres pays de la zone sahélo-saharienne( Algérie, Niger, Mauritanie, Burkina-Faso) pour faire main basse sur les immenses richesses dont regorge cette zone.

Les Etats membres de la CEDEAO et de l’UA ont été entraînés dans la guerre réactionnaire néocoloniale en cours au Mali par l’impérialisme français au mépris des aspirations et de la sécurité des peuples de ces Etats.

La sécurité des peuples des pays membres de la CEDEAO et de l’UA est doublement menacée

D’une part par l’impérialisme français et ses alliés qui prennent des mesures liberticides pour museler les peuples et étouffer à leur niveau toute forme de contestation et toute forme de mouvement insurrectionnel populaire( proclamation de l’état d’urgence, désignation d’organes spéciaux d’espionnage et de répression etc.) d’autre part les groupes djihadistes terroristes qui menacent de porter la guerre dans tous les pays qui ont envoyé des troupes au Mali pour les combattre (organisation d’attentats terroristes contre diverses cibles etc.)

Les conséquences dramatiques de cette guerre réactionnaire (perte en vies humaines, destruction, catastrophes humanitaires etc) sont passées sous silence ou minimisées par l’impérialisme français dont l’armée d’occupation est seule habilitée à diffuser et à contrôler et à autoriser informations à diffuser.

L’inconséquence et le cynisme de l’impérialisme français et des impérialistes anglo-saxons( USA, Grande –Bretagne) sont patents ; eux qui prétendent combattre les djihadistes terroristes au Mali alors qu’ils se sont alliés avec des djihadistes terroristes qu’ils ont armés et financés en Lybie pour renverser Kadhafi et en Syrie pour tenter de renverser Bachar el ASSAD avec l’aide des pouvoirs islamistes obscurantistes d’Arabie Saoudite et de Qatar (qui finance et arme les djihadistes opérant au Mali)

Au regard de ce tableau d’ensemble nos trois partis le PCB, le PCRCI et le PCRV déclarent que la guerre déclenchée et dirigée par l’impérialisme français au Mali est une guerre d’agression impérialiste –comme celles menées en Côte –d’Ivoire et en Lybie en 2011- et vise essentiellement à réaliser un plan réactionnaire des puissances impérialistes et de leurs alliés de la sous-région pour maintenir et renforcer leur domination et pour l’appropriation de ses immenses ressources.

C’est pourquoi nous, PCB, PCRCI et PCRV, signataires de la présente Déclaration :

1°- Condamnons cette guerre injuste menée contre la souveraineté du peuple malien et ses intérêts légitimes.

2°- Déclarons que cette guerre n’est pas seulement dirigée contre le peuple malien mais contre l’ensemble des pays et peuples de la sous-région ouest-africaine

3°-Dénonçons par conséquent la présence des troupes d’agression étrangère impérialistes au Mali, et dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest, (française, américaine, anglaise etc.) y compris celles des pays membres de la CEDEAO et de l’UA.et exigeons leur départ immédiat.

4°- Exigeons par conséquent le retrait des troupes béninoise, ivoirienne et burkinabè du territoire malien et tiendrons pour responsables les Gouvernements de ces pays de tous les dégâts que subiraient ces militaires envoyés au Mali.

5°- Soutenons le prolétariat et les peuples du Mali dans la situation difficile qu’ils connaissent et sommes convaincus qu’ils sauront trouver entre eux les formes d’organisation idoine pour une vie épanouie pour toutes les nationalités du Mali, sans exclusive aucune.

6°- Lançons un appel au prolétariat, aux peuples, aux forces démocratiques et révolutionnaires d’Afrique et du monde pour qu’ils s’opposent à l’intervention militaire de leur pays au Mali ainsi que partout ailleurs en Afrique.

7°- Déclarons solennellement que toute question politique, de quelle que nature que ce soit, doit être laissée avant tout à la souveraineté du peuple du pays concerné et que les interventions étrangères par expérience n’ont jamais résolu aucun problème dans l’intérêt des peuples.

Fait à Cotonou le 08 Mars 2013
Parti Communiste du Bénin (PCB)
Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI)
Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV) Burkina Faso).

Sources :
Bénin-Témoignages
J. Tourtaux


Edité le 16-03-2013 à 20:04:14 par Xuan




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