| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 14-01-2012 à 22:24:34
| L'article ci-dessous n'émane pas d'un marxiste-léniniste mais reflète l'opposition à l'ingérence étrangère en Afrique, notamment à l'ingérence française, et appelle la diaspora africaine en France à s'opposer aux candidats de la Françafrique. L'article paru dans Pambazuka News est signé Yves Ekoué Amaïzo : Togo : La dictature de la Cour constitutionnelle Yves Ekoué Amaïzo 2011-10-31, Numéro 211 En Tunisie comme en Lybie, les Occidentaux sétonnent de voir un islamisme triomphant simposer au pouvoir. Rien détonnant, pour Yves Ekoué Amaïzo. Les populations, après avoir fait basculer les dictatures qui les brimaient, n'ont fait que tourner le dos, en toute logique, aux systèmes impérialistes qui les soutenaient. Devant les «démocraties usurpées et falsifiées» dAfrique, validées par des montages légaux mais illégitimes comme au Togo et au Cameroun, il note que les «cultures impériales» qui les soutiennent courent le même risque. Alors que la Tunisie surprend les pays Occidentaux et la France en particulier par la crédibilité du déroulement des élections (
), cest la vérité des urnes qui triomphe. A force de refuser de soutenir les démocrates indépendants, les pays occidentaux se réveillent avec des populations qui préfèrent faire confiance à ceux qui sont « indépendants » des cultures occidentales devenues des cultures « impériales » sans dailleurs trouver des solutions à la pauvreté tout en renforçant les dépendances des pays africains. Les partis islamiques en sont une émanation étonnante et dynamique. Le choix occidental des agents appuyés par les pays occidentaux ne marche plus en Tunisie. LEgypte devrait confirmer cette tendance avec une victoire programmée des « Frères musulmans » . Ce qui ne manquera pas davoir des effets sur la Libye, qui a dores et déjà choisi la « charia » et non la « laïcité » comme cadre de gouvernance. Il faut constater dans le cas du Cameroun ou du Togo quil ny a pas eu dingérence militaro-onusienne lors des élections présidentielles. Il suffit que les dirigeants déclarés par la Cour constitutionnelle et qui ne reflètent pas la vérité des urnes, soient des « amis françafricains » . La Diaspora africaine a un rôle à jouer. Encore faut-il en prendre conscience. Toutes ces ingérences occidentales sont un gâchis. Car pour obtenir le résultat qui émerge de la vérité des urnes en Tunisie, il a suffit de laisser les démocraties locales fonctionner ou empêcher les dictatures locales den stopper les dynamiques internes. Il faut donc influencer les dirigeants occidentaux pour leur éviter de croire quils défendent leurs intérêts en défendant des dictatures en Afrique. TOGO, DJIBOUTI ET MAROC A LONU POUR DEFENDRE QUI ? Le mécanisme dingérence militaro-onusien a vu ses limites en Côte dIvoire et en Libye. Paradoxalement, personne ny fait appel dès lors que les dirigeants africains saffichent clairement comme des amis de lex-puissance coloniale ou, plus récemment, de la puissance militaire mondiale. La réalité pour les populations est que les arbitrages économiques se font dabord en faveur des intérêts étrangers. Pour ce faire, il y a un nouveau phénomène qui tend à sinstitutionnaliser, quil convient de mieux comprendre afin de saisir les difficultés de la lutte pour la liberté, la vérité des urnes et des comptes en Afrique, au Togo en particulier. Cest ce phénomène qui permet de justifier le caractère propre des « démocraties usurpées ou falsifiées » et damener, dans le cadre dune rotation, les pays comme lAzerbaïdjan, le Guatemala, le Maroc, le Pakistan et le Togo à se faire élire comme membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour le biennum 2012-2013. Le problème est que chaque fois que les Nations-Unies choisissent des pays avec si peu dinfluence ou carrément salignant assez régulièrement sur la France au plan international, il y a une guerre qui se profile à lhorizon. Il ne faudra pas sétonner de voir le Togo prendre position pour quune guerre intervienne en Iran, dès lors que cet objectif longuement décidé par ceux qui optent pour la dépendance et le désordre mondial sous le couvert de lingérence, finissent par imposer cette position à des pays qui, pour lever la main et faire un choix au Conseil de Sécurité, se tournent systématiquement vers ceux qui leur ont octroyé le siège pour 2 ans comme membre non-permanent au Conseil de sécurité de lONU. LINSTITUTIONNALISATION DE LA DICTATURE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE La Cour de justice de la CEDEAO, en se plaçant au-dessus des lois nationales, rappelle lapplication du principe de la subsidiarité que le Togo a accepté dans le cadre de lintégration régionale. Le problème est que les liens ésotériques et autres formes dachat des consciences devaient permettre de neutraliser lapplication de cette subsidiarité. Larticle de 106 de la Constitution togolaise dit en substance ceci : « Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles daucun recours. Elles simposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civils, militaires et juridictionnelles » . Autrement dit, le gouvernement togolais sest totalement immunisé car cet article 106 permet dinstaurer une nouvelle forme de la dictature de la Cour constitutionnelle togolaise. Pour être clair, les décisions de la Cour Constitutionnelle simposent aussi en matière électorale. Aussi, dès lors quil y a inversion ou la falsification de la vérité des urnes, il suffit pour le gouvernement de transmettre les informations à la Cour constitutionnelle et que celle-ci lavalise, pour que le Coup dEtat juridique ait lieu. Il ny a donc plus une dictature civilo-militaire traditionnelle mais une forme moderne et tolérée par la Communauté internationale quil faut bien qualifier de dictature de la Cour constitutionnelle. Il suffit maintenant, pour le gouvernement, de crier à latteinte à sa souveraineté et à son indépendance politique pour que le tour soit joué. Autrement dit, tous les dirigeants togolais qui safficheraient pour défendre la souveraineté du Togo sur la base dune décision de la Cour constitutionnelle qui est mise en cause par le droit régional ou international, en substance la Cour de Justice de la CEDEAO ou une instance supranationale de lUnion africaine, est un traître au Togo et un ennemi du Peuple togolais. PAS DINGERENCE MILITARO-ONUSIENNE DANS LES PAYS « AMIS » Alors que dit la Communauté internationale ? Il suffit de voir la position ambivalente de la France sur les élections présidentielles camerounaises du 9 octobre 2011 pour se faire une idée du principe de lindignation verbale sans les actions coercitives. Avec la réélection de Paul Biya pour un mandat de 7 ans, avec 77,99 % des suffrages, les critiques américaines restent verbales. LAdministration Obama avait déjà pris des mesures contre des politiciens camerounais jugés corrompus, en leur retirant le visa américain en 2009 et a refusé de recevoir Paul Biya en juin 2011. Alors, tous les démocrates africains doivent être vigilants pour savoir quand est-ce que Barack Obama va faire le contraire de ce quil a déclaré dans son discours historique dAccra du 12 juillet 2009 1. (1) La France a choisi le positionnement au clignotant, cest-à-dire que le ministère des Affaires étrangères, en moins de quelques jours, a estimé que « lélection présidentielle au Cameroun sétait déroulée « dans des conditions acceptables » , puis a rappelé quil y a eu de « nombreuses défaillances et irrégularités » 2. (2) Mais concrètement, pas de demande dingérence pour « sauver les populations civiles » . Cest donc la jurisprudence électorale togolaise qui a été choisie au point que même John Fru Ndi, lopposant historique et président du Social Democratic Front (SDF), se contente de dire que les élections camerounaises ont été « hyper-frauduleuses » et sinterroge sur les relations quentretient la France avec le Cameroun. A 78 ans et au pouvoir depuis 1982, personne ne veut véritablement gêner le 6e mandat de Biya, puisque cest la cour suprême (léquivalent de la Cour constitutionnelle du Togo) qui a proclamé les résultats donnant 77,98 % au président sortant et 10,71 % à John Fru Ndi. La France ne peut donc pas ne pas soutenir un président quelle a toujours soutenu malgré des élections fortement contestées. Il sagit donc, pour la Communauté internationale, de sassurer que les élections se déroulent dans le calme et que les populations africaines optent pour la résignation
Il est vrai que ni le Cameroun, ni le Togo ne connaissent de « printemps arabe » et ce ne sont pas les alternances des saisons de pluies, qui ne viennent plus en leur temps, qui pourront faire émerger un mouvement collectif puisque les dirigeants de lopposition, au Togo comme au Cameroun, sont incapables dorganiser, démocratiquement, des primaires en leur sein afin de faire émerger une candidature commune et un programme commun au moins deux ans avant la prochaine élection présidentielle. Il suffit maintenant de sassurer que les élections se déroulent mieux dans les scrutins législatifs et municipaux pour faire oublier la dictature de la Cour constitutionnelle. Cette stratégie française a fonctionné à merveille dans les pays francophones, mais la corruption, les achats de conscience, ainsi que le secret et le silence coupable des groupes et cercles ésotériques y sont pour beaucoup. RECOMMANDATIONS : INFLUENCE DU VOTE AFRICAIN EN FRANCE Il est donc difficile de concevoir des alternatives et changement stratégique de gouvernance dans une Afrique francophone dominée par la France, sans un changement de politique française envers la Françafrique. La Diaspora africaine doit en prendre conscience. Les Africains qui peuvent voter en France doivent donc identifier dans les programmes des candidats non seulement ceux qui se proposent de mettre fin à ces pratiques françafricaines qui tuent les populations pauvres en Afrique francophone, tout en transférant la propriété des capacités productives africaines à des sociétés souvent en perte de compétitivité au plan mondial. Le CVU-Togo-Diaspora suggère à la Diaspora africaine de mener la lutte pour la liberté chez eux. La plateforme panafricaine ne peut exister que si le vote massif des Africains de France ne séparpille pas entre les candidats dès le premier tour des élections présidentielles de 2012 en France. Le CVU-Togo-Diaspora demande aux Africains-Français de voter massivement au premier tour pour le candidat qui non seulement remet en cause le système de la Françafrique, mais a les moyens de le faire afin déviter le syndrome « François Mitterrand » qui a excellé dans le coup déclat de la continuité du service françafricain. Face à linversion du rapport de forces où les intérêts privés finissaient par « commander » laction de ceux qui sont en charge du service public, lactuel locataire de lElysée na manifestement pas choisi de corriger le tir, mais sest autoproclamé, par commodité, un simple agent de facilitation 3 (3) dun système qui tue la démocratie en Afrique. La Cour constitutionnelle a servi de garde-fou pour préserver ce qui, sous dautres cieux, serait qualifié de scandale démocratique avec des démissions à la clé. Mais, on est en Afrique francophone, là où tous les coups sont permis dès lors que cest le candidat de la France qui les fait, avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle. Une dictature par le droit.
________________ NOTES 1) Organisation de la Presse Africaine (2009). « Discours de Barack Obama à Accra, Ghana », The White House, voir : http://appablog.wordpress.com/2009/07/12/obama-ghana-traduction-francaise-du-discours-du-president-obama-au-ghana, accédé le 25 octobre 2011. 2) Ursula Soares (2011). « Cameroun: la France lâche-t-elle Paul Biya ? » , RFI Afrique, 24 octobre 2011, voir : http://www.rfi.fr/afrique/20111024-cameroun-france-lache-elle-paul-biya, accédé le 25 octobre 2011. 3) Fabrice Arfi et Karl Larske (2011). « Affaires africaines. Lentretien qui accuse Sarkozy » , in Mediapart.fr, 24 octobre 2011. Jacques Dupuydauby, Président du Groupe portuaire Progosa à la retraite, dénonce la « sarkafrique : « Quand Bolloré simplante quelque part (en Afrique), il prend possession de tout, les infrastructures stratégiques en matière de transport, notamment tout, et il utilise le Président français comme son VRP de luxe. M. Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait pressions. Comment voulez-vous quun Chef dEtat résiste ?
. Ce que je dénonce, cest que le Président de la République française, directement puis indirectement, fasse pression sur les Chefs dEtat africains pour que des concessions soient données à Bolloré, en leur disant : « si vous ne faites pas ce que lon vous demande en donnant telle ou telle chose à Bolloré, vous ne pourrez plus compter sur laide de la France» » . * Dr Yves Ekoué AMAÏZO est Coordinateur Provisoire du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU), groupe indépendant de la Diaspora togolaise
Edité le 14-01-2012 e 22:25:21 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-01-2013 à 15:41:21
| Un autre article émanant d'un intellectuel libéral africain ivoirien dénonce d'autres aspects de la politique française en Afrique, opposée à l'éveil des nations. Cet article qui date d'octobre 2012 reste particulièrement d'actualité à la lumière de la guerre au Mali. source 12/01/2013 Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident! Publié en octobre 2012 dans Le Nouveau Courrier, cet article me semble toujours pertinent alors que la crise malienne souligne cruellement l'incapacité des Etats africains à se doter d'une véritable politique de défense commune. Et conforte les options stratégiques de la France, développées ci-après. Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie quil est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong. Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de lHexagone, qui dirige LEtat du monde , encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne sy est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (
) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret» , a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche. Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy reste dactualité. Que dit ce document sur le monde, la France et lAfrique ? Le déclin de lOccident anticipé
et redouté Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de lEurope», et «laffirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «Laccélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on sen doutait un peu
Quanticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne lAfrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique saccroître sous leffet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions dAfrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de lEst/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, lEurope a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de lOuest et en Afrique du Nord quailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? Lactualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants. Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays dAfrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups damicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte dIvoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en lavènement dune émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation dune partie de larmée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : labsence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de lÉtat, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de lhistoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée
)» , indique le document. Lanalyse nest pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il sagit de lAfrique, par exemple, indiquent dune certaine manière quelle nest pas pressée que la situation change. Les pouvoirs quelle soutient nencouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de lEtat. Naccompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et na-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait lEtat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ? Sécessions et migrations «La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie
). La rupture du tabou de lintangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur lensemble du continent, voire au-delà» , anticipe le rapport. Lon se souvient forcément quà Paris, la perspective dune sécession du Nord-Mali, tant quelle ne disait pas son nom et quelle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer leffroi» parmi des nations africaines désireuses de saffranchir ou de tester certaines formes dindocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit létude. Ce qui se passe dans lOuest de la Côte dIvoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à lavancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par lexode rural et de «labandon» dune partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de lérosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et lintelligentsia du continent. Le nationalisme africain
menace pour lOccident ! Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, cest quil classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de linstrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en labsence de perspective dintégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement et paradoxalement les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux» . Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour lOccident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, lindépendance des nations pour une sorte dabsolu ! Comme si cela nétait pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à lesprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte dIvoire. Lavenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» lassimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de lopposition ivoirienne en exil ? Nétait-il pas question, au final, dassimiler deux types dacteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» dune certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que lon aille en guerre ? Ce débat nest pas superficiel. Dès lors que lon se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de lHexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «lAfrique digne», il devient évident que lalliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisquil sagit de sauver lAfrique contre elle-même en «empêchant les massacres». La France veut continuer doccuper militairement lAfrique Il y a une quinzaine dannées, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de larmée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce nest plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de lEurope et un maintien plus que jamais dactualité de la présence militaire française. Lamoindrissement de la part relative de lEurope en tant que principal fournisseur daide publique au développement est susceptible daffecter le tropisme européen des pays dAfrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de lincapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et lextension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a lintention, dans les prochaines décennies, dinvestir plus que jamais lAfrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone dintérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours dun mode dintervention qui nentend pas changer en Afrique, y compris au cur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière dassistance, appelées à sinscrire dans la durée. La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités dévacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés» , écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de lUnion africaine quil est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, dinstitutions vassales (comme la CEDEAO) ou dinstitutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc
«La France continuera daccompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). Linsuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous légide de lUnion africaine, quels quen soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces» , écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» den tirer toutes les conséquences. Froidement. Théophile Kouamouo
Edité le 23-01-2013 e 15:41:58 par Xuan
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 23-01-2013 à 21:35:05
| la "pacification" du sahara algérien a duré jusqu au début du siècle dernier;les "socialistes"francais tueront ils les touaregs jusqu au dernier tout en soutenant les djihadistes sunnites en syrie qui posent des bombes en plein damas comme le gia en algérie en 1997?
Edité le 23-01-2013 e 21:35:30 par marquetalia
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-03-2013 à 20:02:20
| | DECLARATION CONJOINTE PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB) PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE DE COTE DIVOIRE (PCRCI) PARTI COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE VOLTAÏQUE (PCRV, BURKINA FASO) Sur la situation de la sous-région ouest africaine et au Mali Au regard de la gravité de la situation dans la sous-région ouest-africaine et particulièrement au Mali, les Partis politiques soussignés réunis à Cotonou ce jour 08 Mars 2013, ont décidé de rendre publique la Déclaration que voici : Le vendredi 11 janvier 2013, limpérialisme français sous la conduite de François Hollande a déclenché une guerre dagression néocoloniale au Mali avec le soutien des autres puissances impérialistes telles celles de lUnion Européenne et les USA. Les gouvernements des pays membres de la CEDEAO servant dappui dans cette intervention armée avec lenvoi des troupes comme forces supplétives de larmée française. Les prétextes évoqués par limpérialisme français pour tenter de légitimer et justifier cette guerre réactionnaire sont entre autres : Stopper de toute urgence la progression des djihadistes terroristes vers le sud du Mali et vers Bamako- Libérer le Nord du Mali et rétablir lintégrité territoriale du pays ; Eviter la déstabilisation des Etats de lAfrique de lOuest
En réalité, comme nos trois partis (PCB- PCRCI- PCRV) le soulignaient dans leur déclaration conjointe du 10 décembre 2012, les enjeux véritables de cette guerre réactionnaire néocoloniale, sont : - Politiques, géostratégiques, et militaires en rapport avec la lutte pour le repartage du monde et du continent africain : - Economiques (accès au pétrole du golfe de Guinée, de luranium du Niger et des métaux précieux dont regorge la sous-région, de lénergie solaire, du cacao, du café, etc.) - La lutte des impérialistes anglo-saxons (USA, Grande Bretagne) et français pour contrer la pénétration dans la sous-région de nouveaux acteurs tels que la Chine, lInde, le Brésil, etc. ; - La volonté des puissances impérialistes détouffer toute sorte de contestation des masses populaires acculées à la misère et souffrant du manque de liberté politique, ainsi que de la répression exercée sur elles par des pouvoirs corrompus, leur volonté décraser tout mouvement révolutionnaire insurrectionnel. Limpérialisme français avait, en fait programmé et minutieusement préparé cette agression au Mali par une suite dactes dont les principaux sont : - 1°- Aide aux régimes corrompus de Konaré et dAmadou Touré dans la destruction de larmée malienne. - 2°- Après le coup dEtat de mars 2012, lorganisation par le biais des Etats pro-impérialistes français de lUEMOA de lembargo sur le Mali et principalement du blocus dans les ports voisins de Guinée, de Côte dIvoire et du Sénégal, des armes payées par les sous maliens. - 3°- Enfin par lorganisation méthodique de la division du pays par lintermédiaire de la créature française quest le MNLA. Rappelons que la proclamation de la fameuse république dite dAzawad a été faite depuis Paris. Le déroulement même de la guerre en ce moment au Mali conforte ces assertions. Les objectifs politiques et militaires sont fixés unilatéralement par limpérialisme français sans considération pour ses laquais de la CEDEAO, de lUA et pour ceux au pouvoir à Bamako ; au mépris des intérêts et de aspirations du peuple malien. Les informations sur le déroulement de la guerre sur les fronts sont monopolisées par les impérialistes français qui les manipulent à leur guise. Les journalistes étant éloignés du champ de bataille. La collusion de limpérialisme français avec le MNLA aujourdhui à Kidal où même larmée malienne est interdite dentrée et ce par la décision de larmée française révèle clairement la fausseté de la volonté de François Hollande du rétablissement de lintégrité territoriale du Mali. Ainsi, larmée française doccupation a décidé de mener des opérations conjointes avec les troupes du MNLA, sa créature instigatrice de lagression qui a permis aux djihadistes (AQMI, Ansar Dine, MUJAO, Boko Haram) de sinstaller au nord-Mali. En intervenant militairement au Mali, limpérialisme français la fait pour réaliser un plan réactionnaire quil a élaboré depuis des années 1950 avec le projet de lOCRS( Organisation Commune des Riverains du Sahara) pour diviser les peuples du Mali et dautres pays de la zone sahélo-saharienne( Algérie, Niger, Mauritanie, Burkina-Faso) pour faire main basse sur les immenses richesses dont regorge cette zone. Les Etats membres de la CEDEAO et de lUA ont été entraînés dans la guerre réactionnaire néocoloniale en cours au Mali par limpérialisme français au mépris des aspirations et de la sécurité des peuples de ces Etats. La sécurité des peuples des pays membres de la CEDEAO et de lUA est doublement menacée Dune part par limpérialisme français et ses alliés qui prennent des mesures liberticides pour museler les peuples et étouffer à leur niveau toute forme de contestation et toute forme de mouvement insurrectionnel populaire( proclamation de létat durgence, désignation dorganes spéciaux despionnage et de répression etc.) dautre part les groupes djihadistes terroristes qui menacent de porter la guerre dans tous les pays qui ont envoyé des troupes au Mali pour les combattre (organisation dattentats terroristes contre diverses cibles etc.) Les conséquences dramatiques de cette guerre réactionnaire (perte en vies humaines, destruction, catastrophes humanitaires etc) sont passées sous silence ou minimisées par limpérialisme français dont larmée doccupation est seule habilitée à diffuser et à contrôler et à autoriser informations à diffuser. Linconséquence et le cynisme de limpérialisme français et des impérialistes anglo-saxons( USA, Grande Bretagne) sont patents ; eux qui prétendent combattre les djihadistes terroristes au Mali alors quils se sont alliés avec des djihadistes terroristes quils ont armés et financés en Lybie pour renverser Kadhafi et en Syrie pour tenter de renverser Bachar el ASSAD avec laide des pouvoirs islamistes obscurantistes dArabie Saoudite et de Qatar (qui finance et arme les djihadistes opérant au Mali) Au regard de ce tableau densemble nos trois partis le PCB, le PCRCI et le PCRV déclarent que la guerre déclenchée et dirigée par limpérialisme français au Mali est une guerre dagression impérialiste comme celles menées en Côte dIvoire et en Lybie en 2011- et vise essentiellement à réaliser un plan réactionnaire des puissances impérialistes et de leurs alliés de la sous-région pour maintenir et renforcer leur domination et pour lappropriation de ses immenses ressources. Cest pourquoi nous, PCB, PCRCI et PCRV, signataires de la présente Déclaration : 1°- Condamnons cette guerre injuste menée contre la souveraineté du peuple malien et ses intérêts légitimes. 2°- Déclarons que cette guerre nest pas seulement dirigée contre le peuple malien mais contre lensemble des pays et peuples de la sous-région ouest-africaine 3°-Dénonçons par conséquent la présence des troupes dagression étrangère impérialistes au Mali, et dans les autres pays dAfrique de lOuest, (française, américaine, anglaise etc.) y compris celles des pays membres de la CEDEAO et de lUA.et exigeons leur départ immédiat. 4°- Exigeons par conséquent le retrait des troupes béninoise, ivoirienne et burkinabè du territoire malien et tiendrons pour responsables les Gouvernements de ces pays de tous les dégâts que subiraient ces militaires envoyés au Mali. 5°- Soutenons le prolétariat et les peuples du Mali dans la situation difficile quils connaissent et sommes convaincus quils sauront trouver entre eux les formes dorganisation idoine pour une vie épanouie pour toutes les nationalités du Mali, sans exclusive aucune. 6°- Lançons un appel au prolétariat, aux peuples, aux forces démocratiques et révolutionnaires dAfrique et du monde pour quils sopposent à lintervention militaire de leur pays au Mali ainsi que partout ailleurs en Afrique. 7°- Déclarons solennellement que toute question politique, de quelle que nature que ce soit, doit être laissée avant tout à la souveraineté du peuple du pays concerné et que les interventions étrangères par expérience nont jamais résolu aucun problème dans lintérêt des peuples. Fait à Cotonou le 08 Mars 2013 Parti Communiste du Bénin (PCB) Parti Communiste Révolutionnaire de Côte dIvoire (PCRCI) Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV) Burkina Faso). Sources : Bénin-Témoignages J. Tourtaux
Edité le 16-03-2013 e 20:04:14 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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