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 de la nature de la mondialisation

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Xuan
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   Posté le 15-01-2017 à 14:04:55   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine Populaire soutient la mondialisation. Le point de vue de la Chine est que la mondialisation est une nécessité historique et que sa tendance est irréversible.
Mais en même temps la mondialisation reflète les rapports impérialistes et hégémonistes mondiaux.
La Chine considère que les rapports mondiaux se sont transformés l'an dernier et que le monde multipolaire a commencé. Elle milite donc pour une nouvelle mondialisation, qui ne sera pas dominée par les USA.


Il est temps de lancer la mondialisation 2.0


French.xinhuanet.com - Publié le 2017-01-14 à 16:34


BEIJING, 14 janvier (Xinhua) -- Une vague de protectionnisme semble avoir balayé l'Occident en 2016, comme en ont témoigné le référendum pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) et l'élection de Donald Trump en tant que président des Etats-Unis.

Cependant, le passage à des politiques et à des économies repliées sur les pays ne devrait pas être considéré comme un symptôme de la fin de la mondialisation, mais plutôt comme le signe qu'il est temps de passer à la mondialisation 2.0.

Il est indéniable que la version actuelle de la mondialisation a des failles, malgré les immenses réussites qu'elle a obtenues au cours des dernières décennies. Sans cela, l'année 2016 n'aurait pas été marquée par autant d'événements inattendus, qui ont été considérés comme le résultat de la colère et de la frustration des peuples.

Le creusement des écarts de richesse dans le monde pose un grave problème. A l'heure où le capital joue un rôle croissant, les riches ne cessent de s'enrichir et les pauvres sont de plus en plus pauvres. La possession d'actifs est ce qui rend immensément riche, et non la diligence ou l'intelligence. Ainsi, le monde semble dénué de justice.

L'accroissement des échanges dans le monde entraîne également des problèmes liés au racisme. Les migrations transfrontalières sont de plus en plus faciles et fréquentes, et saluer un nouveau voisin d'une origine ethnique différente ou un nouveau collègue d'une autre religion n'a plus rien d'exceptionnel. Cela ne dérange personne lorsque l'économie est florissante, mais en temps de récession, les nouveaux arrivants sont systématiquement accusés de voler le travail de la population locale.

Cependant, face aux imperfections de la mondialisation, fermer les portes n'a jamais été et ne sera jamais une solution viable. Loin de là.

Aux Etats-Unis, le souhait de Donald Trump de construire un mur gigantesque à la frontière avec le Mexique et de faire payer l'addition à son voisin du Sud ne fera qu'aggraver les problèmes d'immigration du pays.

Au Royaume-Uni, la livre sterling s'est effondrée et le statut de Londres en tant que centre financier international a été sérieusement remis en question, avant même que l'article 50 du Traité de Lisbonne n'ait été activé.

Dans d'autres parties de l'Europe, où le mouvement anti-mondialiste gagne du terrain, des voix de rejet ont également été entendues. En France, le "burkini", un maillot de bain recouvrant intégralement le corps, porté par certaines femmes musulmanes, a été interdit l'été dernier dans une trentaine de villes. Ces arrêtés municipaux ont par la suite suscité un débat public et été rejetés par le Conseil d'Etat.

Pour que la mondialisation s'adapte aux circonstances actuelles, le monde a besoin de lancer sa version 2.0.

La nouvelle version devrait reposer sur un modèle de répartition des richesses plus équitable, accroître la participation des pays en développement et leur apporter davantage de bénéfices. Il faut remédier à la polarisation des richesses, qui menace la stabilité et le développement du monde.

L'intégration, et non la séparation, devrait rester la principale tendance. Seule l'intégration efficace d'acteurs issus de milieux différents peut permettre au monde d'avancer à un rythme sain. Une politique plus inclusive en matière d'immigration devrait être envisagée, moyennant des directives minutieusement élaborées et une plus grande patience.

La mondialisation n'est pas encore devenue un modèle idéal. Mais elle pourrait l'être avec les efforts conjugués de tous.

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Xuan
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   Posté le 15-01-2017 à 14:09:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La Chine a une chance et la responsabilité d'assumer un leadership mondial


French.xinhuanet.com - Publié le 2017-01-15 à 17:34
ZURICH (Suisse), 14 janvier ([ur=]http://french.xinhuanet.com/2017-01/15/c_135983873.htmlXinhua[/url]) -- La Chine a aujourd'hui une réelle chance et même la responsabilité d'assumer un rôle de leadership mondial, notamment en matière d'environnement, estiment plusieurs experts et hommes d'affaires suisses à l'occasion de la venue du président chinois Xi Jinping au 47e Forum économique mondial de Davos.

"Il est bon de voir que le président Xi vient ici pour dire que la Chine entend continuer de travailler avec les institutions internationales et entend faire partie du groupe de tête qui entend vraiment les encourager" , confie Andries Diener, vice-président de l'Association Suisse-Chine et partenaire d'une société suisse menant des projets immobiliers durables en Chine.

"J'espère que cela renforcera davantage les forces positives dans le monde. Utilisons-les et incitons les autres à participer", exhorte-t-il dans un entretien à Xinhua.

"Le monde se portait bien lorsque régnaient ouverture, échanges et respect mutuel. Mais aujourd'hui, les tendances protectionnistes et populistes vont complètement à l'opposé" , se désole-t-il. "Ca rend le monde moins prévisible".

M. Diener, qui a été autrefois chef du marketing en Chine pour les ascenseurs Schindler, dit fonder de grands espoirs sur la présence du président Xi à Davos.

"A Davos, on peut s'adresser directement aux décideurs et aux dirigeants. Cela donne une grande opportunité de convaincre d'autres de travailler ensemble sur des questions telles que comment garder le monde ouvert, préserver l'environnement, etc. J'espère sincèrement que Xi pourra convaincre certaines personnes de travailler avec lui" , dit-il.

Dans une tribune parue vendredi dans le quotidien Neue Zürcher Zeitung, M. Xi explique que le Forum de Davos constitue une bonne opportunité de doper la confiance pour faire face aux défis et de redynamiser la croissance économique mondiale, disant avoir hâte d'avoir des échanges francs et approfondis avec les participants.

"A l'heure actuelle, les gens s'inquiètent des perspectives de l'économie mondiale. Face à la montée sensible des mouvements anti-mondialisation, du populisme et du protectionnisme commercial et aux appels croissants à un réexamen et à une transformation des voies de développement, des systèmes de distribution de la richesse et des modes de gouvernance, on s'interroge sur l'orientation de l'économie mondiale" , écrit M. Xi qui visitera également les organisations onusiennes et internationales à Genève et à Lausanne lors de son séjour en Suisse.

Pour Diego Salmeron, un expert en environnement et aménagement du territoire qui a une grande expérience de l'Asie, l'amélioration par une meilleure coordination de la gouvernance mondiale en matière d'environnement figure en tête de ses priorités.

"Il existe une forte volonté de maintenir la dynamique de la mondialisation et de gérer les défis du développement" , selon lui. "Les organisations internationales et d'autres acteurs prônent toujours un monde durable avec une gouvernance mondiale durable" , résume-t-il en réclamant plus d'efforts coordonnés.

"Ce dont nous avons besoin, c'est d'une meilleure coordination. C'est à la base de la gouvernance. Une bonne gouvernance mondiale implique la coordination de différents secteurs et obligations à un niveau mondial. Nous avons besoin d'institutions qui exercent leurs responsabilités, certains pouvoirs exécutifs et les moyens financiers correspondant afin de mener correctement cette tâche de coordinatio n", plaide M. Salmeron, qui a travaillé sur de nombreux projets de développement durable en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud.

Quant aux défis et aux responsabilités auxquelles la Chine fait face aujourd'hui, l'expert pense que celle-ci est devenu un acteur environnemental majeur.

"La Chine fait face à des défis liés aux conséquences de la dégradation de l'environnement. En tant qu'acteur économique, politique et social majeur, elle doit aussi assumer sa responsabilité globale en matière de protection de l'environnement" , observe-t-il.

"La tendance générale montre que la Chine se concentre aujourd'hui davantage sur la qualité que la quantité. Tout dépend de la façon dont elle va gérer les détails" , dit l'expert selon qui "si la Chine prouve qu'elle peut surmonter ces défis, elle pourra alors être vraiment un acteur important dans la gouvernance environnementale globale" .

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marquetalia
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   Posté le 15-01-2017 à 16:55:24   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Les peuples qui vont en tirer profit sont,par exemple,les Serbes,et en particulier ceux du Kosovo,qui voient d un bon oeil la domination mondiale de la Chine,qui les avait soutenu il y a presque 18 ans lors de la guerre impérialiste de l Otan contre la Fédération Yougoslave,cela d autant plus que Pékin n a pas reconnu l entité grande albanaise pseudo-kosovare Uck.


Edité le 15-01-2017 à 16:57:00 par marquetalia




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   Posté le 15-01-2017 à 17:00:06   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Idem pour les peuples muselés par les États-Unis,le régime autoritaire sud coréen est en train de s effondrer,les prisons a ciel ouvert que sont le Guatemala,le Honduras,le Paraguay ou Haïti vont s emanciper.

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Xuan
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   Posté le 18-01-2017 à 23:49:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Davos : Xi fixe un cap à la mondialisation avec un plan chinois


Publié le 2017-01-18 à 20:34

Le président chinois, Xi Jinping, prononce un discours durant la cérémonie d'ouverture de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse, le 17 janvier 2017. (Photo : Lan Hongguang)

DAVOS, 18 janvier (Xinhua)

DAVOS (Suisse), 18 janvier (Xinhua) -- Le président chinois Xi Jinping a présenté mardi son plan visant à jouer un rôle de premier plan dans les efforts mondiaux pour fixer un cap à la mondialisation économique.

Le discours prononcé par M. Xi à l'ouverture de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos (Suisse) a insufflé une confiance particulièrement nécessaire dans l'économie mondiale sur fond d'inquiétudes croissantes face à la montée du protectionnisme et des incertitudes à la suite du Brexit et de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

UNE CLARIFICATION DE LA MONDIALISATION

Bien que la mondialisation économique ait entraîné de nouveaux problèmes, cela ne justifie pas qu'elle soit rejetée de fond en comble, a souligné Xi Jinping, premier chef de l'Etat chinois à prendre la parole au forum de Davos.

"Nous devons plutôt nous adapter à la mondialisation économique et la guider, atténuer ses effets négatifs et faire en sorte que ses bienfaits profitent à tous les pays et à toutes les nations" , a déclaré M. Xi à Davos.

Le président chinois a mis en garde contre les tentatives visant à en revenir au protectionnisme.

"Que cela nous plaise ou non, l'économie mondiale est un vaste océan dont on ne peut s'échapper. Tout effort visant à entraver la circulation des capitaux, des technologies, des produits, des industries et des personnes entre les économies ou à tenter de ramener les eaux de l'océan vers des criques et des lacs isolés n'est tout simplement pas réalisable" , a-t-il dit.

"Personne ne sortira gagnant d'une guerre commerciale" , a-t-il martelé.

Le président a appelé la communauté internationale à chercher à trouver des solutions aux problèmes générés par la mondialisation plutôt que de les esquiver.

"Face aux opportunités et aux défis de la mondialisation économique, la bonne chose à faire, c'est de saisir chaque opportunité, répondre ensemble aux défis et fixer un bon cap à la mondialisation économique" , a déclaré M. Xi.

Saluant le discours du président chinois, Honson To, président de la filiale chinoise de KPMG, s'est dit "profondément touché par la forte détermination de la Chine à jouer un rôle de leader responsable sur la scène mondiale" .

"Je pense qu'il est très important que le président chinois Xi ait clarifié ce concept pour tout le monde, qu'il continue de promouvoir la mondialisation et le développement mondial" , a dit Justin Yifu Lin, ex-économiste en chef de la Banque mondiale.

UN PLAN SOLIDE

En analysant les causes profondes de la morosité de l'économie mondiale et la tendance de faire de la mondialisation un bouc émissaire, le président Xi a fait état d'un manque de forces motrices solides pour la croissance mondiale, d'une gouvernance économique mondiale inadéquate et d'un développement mondial inégal.

Il a insisté sur l'importance de développer un modèle de croissance dynamique axé sur l'innovation, un modèle de coopération ouvert et mutuellement bénéfique caractérisé par une approche bien coordonnée et interconnectée, un modèle de gouvernance juste et équitable en phase avec son temps, ainsi qu'un modèle de développement équilibré, équitable et inclusif.

"La Chine cherche à s'attaquer aux problèmes d'inégalité, de fermeture et d'inefficacité dans le processus de mondialisation précédent, ainsi qu'à fournir à la planète de meilleurs outils de gouvernance mondiale" , a déclaré Fan Yongpeng, professeur agrégé à l'Institut chinois de l'Université Fudan.

"Depuis le sommet du G20 de Hangzhou cette année, nous avons entendu davantage la voix modérée, rationnelle et constructive de la Chine au moment où personne ne veut jouer un rôle de premier plan" , selon lui.

Le président Xi a promis que le développement de la Chine continuerait d'offrir des opportunités aux milieux d'affaires d'autres pays.

Ces cinq prochaines années, la Chine devrait importer 8.000 milliards de dollars de marchandises, attirer 600 milliards de dollars d'investissements étrangers et réaliser 750 milliards de dollars d'investissements à l'étranger, a annoncé M. Xi, ajoutant que les touristes chinois effectueront 700 millions de visites à l'étranger.

La Chine, a-t-il poursuivi, fera avancer la construction d'une zone de libre-échange en Asie-Pacifique et les négociations sur le Partenariat économique global régional (RCEP) en vue de former un réseau mondial d'accords de libre-échange.

Dans le cadre de "la Ceinture et la Route", une initiative lancée par la Chine dans l'objectif de construire un réseau de commerce et d'infrastructures pour connecter l'Asie, l'Europe et l'Afrique le long des anciennes Routes de la soie, M. Xi a affirmé que le cercle des amis de la Chine ne cessait de s'agrandir et que cette initiative a apporté d'importants bienfaits.

Plus de 100 pays et organisations internationales ont affiché leur soutien à cette initiative, tandis que plus de 40 pays et organisations ont signé des accords de coopération avec la Chine depuis 2013, année où l'initiative a officiellement été présentée par le président chinois.

En outre, les investissements chinois le long de ces routes ces trois dernières années ont dépassé les 50 milliards de dollars. Un grand nombre de projets ont été lancés dans des pays concernés, entraînant le développement économique de ces pays et la création de nombreux emplois, a noté M. Xi.

La Chine a l'intention d'organiser en mai à Beijing un forum sur la coopération internationale autour de l'initiative "la Ceinture et la Route", afin de réfléchir sur le développement interconnecté. Il s'inscrira dans le cadre des efforts chinois pour rendre la mondialisation plus inclusive et bénéfique à tous, a poursuivi le président.

LA CHINE ASSUME UN ROLE DIRECTEUR

M. Schwab, fondateur et directeur général du FEM, explique dans un entretien exclusif à Xinhua qu'au moment où le monde fait face aux dangers de la démondialisation et de l'éclatement de la coopération internationale, la voix de la Chine en tant que "grande puissance économique et géopolitique" est "particulièrement importante" .

"Je pense qu'il est très important que la Chine soit perçue comme une puissance responsable et réactive dans le monde" , dit-il.

La présidente suisse Doris Leuthard a noté la "situation difficile" dans laquelle se trouve le monde, confiant son espoir que la Chine pourrait "montrer son statut de puissance mondiale" et qu'elle pourrait être "un facteur de stabilité" .

Faisant référence aux discours de M. Xi au sommet de l'APEC en 2015 aux Philippines, à celui du G20 à Hangzhou l'an dernier et à Davos cette année, Jack Ma, fondateur et patron du groupe Alibaba, a dit voir son pays jouer un rôle plus mature sur la scène mondiale, montrant un leadership croissant et davantage de responsabilité en tant que grand pays. "L'instinct et la clairvoyance affichés par le président Xi dans son discours aujourd'hui (à Davos) sont impressionnants" , a-t-il commenté.

Les commentaires sur les réseaux sociaux n'ont pas manqué lors de la diffusion de son discours en direct. "La Chine est humble, bonne, utile et ne cesse de se renforcer, apportant davantage sa contribution au monde" , écrit ainsi un certain Cheah KH. Un autre, Bern Chen, voit en Xi "un homme d'Etat exemplaire qui a du coeur et qui partage ses points de vue avec d'autres dirigeants de la planète et la communauté internationale" .

M. Xi est arrivé dimanche en Suisse pour une visite d'Etat de quatre jours et le forum de Davos, qui se déroule cette année sur le thème "Un leadership réactif et responsable" . Quelque 50 chefs d'Etat et 1.700 représentants du monde entier issus de la politique, des affaires, de la recherche et des médias ont participé à la cérémonie d'ouverture.

A l'occasion de ce qui est son premier voyage à l'étranger en 2017, Xi Jinping se rendra également à Genève et à Lausanne pour visiter les sièges du Comité international olympique (CIO), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Office des Nations Unies à Genève (ONUG).

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   Posté le 16-06-2019 à 19:21:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

« HISTOIRE GLOBALE », BERCEAU OCCIDENTAL
Où est née la mondialisation ?


L’intention est légitime : construire une « histoire mondiale » échappant à la surestimation de l’histoire occidentale. Pour autant, cela nous interdit-il d’observer que des faits historiques majeurs ont bien eu l’Europe pour acteur initial ? Ainsi, par exemple, la mondialisation. Longtemps instrument de domination de l’Occident, celle-ci a aujourd’hui trouvé d’autres artisans ailleurs.
PAR ALAIN BIHR

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/BIHR/59013

APPARUE dans les années 1980 aux États-Unis, où son succès a été foudroyant au sein du monde académique, la world history, global history ou encore big history(bien que ces expressions ne soient pas strictement synonymes) s’est répandue en Europe, en Amérique latine et en Asie au cours des deux décennies suivantes.
Elle ne constitue pas à proprement parler une nouvelle école historique, tant les ouvrages qui s’en réclament présentent de divergences sur les plans méthodologique et épistémologique, sans parler des conclusions auxquelles ils aboutissent.
Elle propose plutôt une nouvelle manière d’envisager et d’écrire l’histoire de l’humanité, en se plaçant à l’échelle du monde.

Ce qui implique tout d’abord de la décentrer : non seulement en rompant avec la réduction de cette histoire à la juxtaposition d’autant d’histoires nationales compartimentées qu’il s’est formé d’États-nations, mais aussi en s’émancipant de l’européocentrisme ou de l’occidentalocentrisme.
Jusqu’à une date récente, celui-ci a conduit les historiens à ne prendre en compte que le point de vue de l’Europe ou de l’Occident, qui, durant les derniers siècles, ont exercé leur domination sur le reste de l’humanité, quand ils ne sont pas allés jusqu’à lui dénier toute histoire propre.
La world history se propose par conséquent de multiplier les approches comparatives entre nations, continents, aires de civilisation, en repérant leurs points communs autant que leurs différences, tout en maintenant une part égale entre eux ; ce qui la rapproche des connected histories (1).
Elle s’intéresse de près aux emprunts réciproques, aux allées et venues entre les divers espaces ainsi mis en rapport, aux mélanges et aux métissages tant culturels que biologiques, tous suscités par l’expansion européenne.

De la sorte, elle relativise, voire « provincialise », l’Europe (pour reprendre l’expression éloquente de Dipesh Chakrabarty), son histoire, les formes qu’elle a prises autant que ses catégories de pensée et ses valeurs, en lui ôtant tout statut d’exceptionnalité et en la privant définitivement du privilège qu’elle s’est longtemps assuré d’être la mesure des autres et du monde (2).
Elle souligne que non seulement sa domination n’a pas été sans rencontrer de résistance (d’où la connexion de la global history avec les subaltern studies (3)), mais aussi que, bien souvent, elle n’a pu s’exercer qu’en instrumentalisant les ressources et les acquis, souvent originaux, des formations sociales ainsi dominées, en faisant en somme des dominés des acteurs à part entière de l’histoire mondiale.
La world history en vient même à opérer une révolution copernicienne en considérant que ce n’est pas l’Europe (ou l’Occident) qui a été le véritable centre ou moteur de l’histoire, mais d’autres continents ou formations — selon le cas, la Chine, l’Inde, l’Afrique même —, souvent bien en avance sur l’Europe, qui n’aura dû sa première place qu’à ses emprunts aux civilisations non européennes (4), inaugurant ainsi une parenthèse qui serait d’ailleurs en train de se refermer (5).

Le cœur et le cerveau de la planète

En fait, la global history illustre une fois de plus le principe selon lequel l’histoire s’écrit toujours au présent.
Son inspiration lui vient de ce que l’on nomme couramment la mondialisation (6), c’est-à-dire la dernière époque en date du devenir-monde du capitalisme, dans laquelle nous sommes entrés au cours de la seconde moitié du XXe siècle, plus précisément à la faveur (si l’on peut dire) de la crise structurelle du capitalisme qui débuta dans les années 1970 et de la mise en œuvre, en réponse à cette crise, des politiques néolibérales.

La mondialisation a étendu, intensifié et accéléré la circulation des marchandises, des capitaux, des informations et, dans une moindre mesure, des femmes et des hommes au niveau planétaire ; elle a tendu à faire éclater les cadres des États-nations et des coalitions d’États-nations constitués dans les périodes et phases antérieures du devenir-monde du capitalisme, et remis en question, par conséquent, toutes les positions antérieurement acquises, voire procédé à quelques spectaculaires renversements de situation, certains fragiles et précaires, d’autres sans doute plus durables — pensons au relatif déclin industriel de l’Europe occidentale et des États-Unis face à la montée en force des « pays émergents » : Chine, Inde, Brésil, etc., après les « tigres » et « dragons » du Sud-Est asiatique.
Par là, elle a incontestablement pavé la voie des renversements de perspective auxquels nous invite la world history.
Bien évidemment, l’aggravation continue de la crise écologique planétaire a elle aussi contribué à nous faire comprendre combien l’humanité tout entière partage une communauté de destin et de dangers.

Mais, si le présent incite toujours à relire le passé avec un regard neuf, encore faut-il se garder des illusions rétrospectives qu’il peut faire naître.
Ainsi, lorsque la global historynous fait comprendre que la mondialisation ne date pas d’hier, on ne peut que la suivre.
En revanche, on se montrera beaucoup plus réservé lorsqu’elle cherche à nous faire croire que la mondialisation daterait de l’aube de l’humanité ou que, du moins, son origine se perdrait dans la nuit des temps (7).
Que les migrations d’Homo sapiens aient tôt couvert la planète, au bénéfice de nombreux métissages biologiques et culturels, c’est avéré.
Qu’il se soit toujours trouvé des échanges de divers types et des emprunts réciproques entre les formations sociales ou aires de civilisation, entre les « mondes » (qu’il se soit agi d’« empires-mondes » ou d’« économies-mondes », pour parler comme Fernand Braudel et Immanuel Wallerstein) qui se sont développés sur les continents eurasiatique et africain, entre lesquels n’existe aucune solution de continuité territoriale, cela n’est pas moins certain.
Mais, jusqu’à ce qu’elle se produise, l’humanité n’avait jamais rien connu de pareil à l’expansion que les navigateurs, marchands et conquistadors européens entreprennent à partir du XVe siècle en direction de l’Afrique, de l’Asie et des Amériques.

Cette expansion va aboutir dans les trois siècles suivants à intégrer de larges pans de ces trois continents dans un même réseau de relations économiques, politiques et idéologiques centré sur l’Europe occidentale et largement commandé par elle ; non seulement à interconnecter une pluralité de mondes qui, jusqu’alors, s’étaient largement ignorés, mais encore à faire naître à partir de là un même monde, articulant et subordonnant plus ou moins les précédents, dont l’Europe occidentale va constituer le cœur et le cerveau, ses autres membres s’ordonnant hiérarchiquement autour d’elle en fonction de ses propres exigences, dont la principale : la valorisation de la valeur, la formation et la reproduction de ce « procès de valorisation » (Karl Marx) qu’est le capital.
C’est alors et alors seulement que, pour la première fois, quelquefois pour le meilleur et bien souvent pour le pire, les espaces occupés par l’humanité sur terre ont été saisis et organisés en un même monde.
En ce sens, parler d’« histoire globale » ou d’« histoire mondiale » antérieurement à ce processus d’expansion ne peut constituer qu’un abus de langage.

À partir de là, la question de l’« exceptionnalité » ou du « privilège » de l’Europe ne peut manquer de se reposer.
Car, somme toute, ce qu’il s’agit d’expliquer, c’est bien pourquoi, à partir du XVIe siècle, ce sont des vaisseaux européens — portugais et espagnols d’abord, puis rapidement néerlandais, anglais et français, sans oublier quelques Danois, Prussiens et Suédois — qui se sont mis à croiser, outre dans l’Atlantique, dans l’océan Indien, les mers de Chine et du Japon, en reliant leurs ports à Lisbonne, Séville, Anvers, Amsterdam, Hambourg et Londres, prélude à leur prédominance dans ces eaux et à leur monopolisation de leurs échanges, et non pas des vaisseaux japonais, chinois, malais, indiens, perses, arabes ou swahilis, partis de Nagasaki, Ningbo, Banten, Malacca, Calicut, Surat, Ormuz, Mascate, Aden ou Malindi qui ont abordé les côtes africaines, américaines ou européennes de l’Atlantique pour en faire autant.
Ou encore pourquoi, par un jour de mai 1498, c’est Vasco de Gama qui débarque à Calicut après avoir traversé l’Atlantique et doublé le cap de Bonne-Espérance, alors que, quelques décennies auparavant, les expéditions conduites par l’amiral chinois Zheng He se sont arrêtées sur les côtes africaines orientales et n’ont pas envisagé de les descendre pour effectuer le périple inverse et débarquer, par exemple, dans le port de Lisbonne.

La manière dont la question a été jusqu’à présent examinée n’est pas acceptable ni même seulement satisfaisante : elle postule soit une seule et même voie de « développement » sur laquelle sont censées progresser toutes les sociétés humaines, l’Europe n’ayant finalement eu que la chance de s’y engager plus tôt que les autres ; soit quelques spécificités culturelles européennes (le « miracle grec », le droit romain, l’autonomie politique des villes, l’émergence de l’individualité entrepreneuriale, etc.) qui lui auraient ouvert cette voie ; soit, pis encore, quelque supériorité irréductible de l’« homme blanc », quand il n’était pas question de la « race blanche ».
Cela ne doit pas pour autant conduire à récuser la question, mais oblige plutôt à la poser à nouveaux frais.

Dès lors, pourquoi l’Europe ?
On se doute bien que pareille question n’appelle pas de réponse simple.
Sa complexité ne doit cependant pas servir d’alibi pour ne pas risquer d’y répondre de manière claire.
L’hypothèse directrice ici retenue est que l’originalité historique de l’Europe est d’avoir servi de berceau au capital entendu au sens que lui donne Marx : comme rapport social de production, impliquant notamment l’accumulation de capital-argent (essentiellement sous forme de capital marchand) et l’expropriation des producteurs immédiats, « libérant » par conséquent forces de travail et moyens de production en leur permettant de devenir des marchandises appropriables par les détenteurs de capital-argent, dont la combinaison productive de ces conditions subjectives et objectives du procès de production va considérablement élargir la sphère de valorisation.

Marx lui-même ne nous a pas dit grand-chose sur les conditions historiques de cette formation, tout en soulignant son caractère crucial.
Quelques intuitions éparses dans son œuvre ouvrent cependant des pistes heuristiques (8).
La première conduit à considérer que, de tous les modes de production auxquels le devenir historique des sociétés humaines a pu donner naissance, le féodalisme, tel qu’il s’est formé en Europe à la fin du premier millénaire et dans l’archipel nippon dans la première moitié du second millénaire, est le plus favorable — à la limite, le seul favorable — à la formation de ce rapport de production (9).
Même si cette dernière continue à se heurter à de nombreux obstacles qui limitent son développement, tant quantitativement (dans l’étendue, le rythme et le volume de l’accumulation du capital) que qualitativement (dans les formes qu’il peut prendre). En somme, selon la formule consacrée, si le féodalisme a constitué une condition nécessaire à la formation du capital comme rapport social de production, il n’en a pas assuré la condition suffisante.

Quant à cette dernière, elle va précisément consister dans l’expansion commerciale et coloniale, qui débute à la fin du Moyen Âge et qui se poursuit durant tous les temps modernes, sur la base des acquis du féodalisme et de sa subversion par les prémices de la formation des rapports capitalistes de production.
Expansion dont les principaux aspects seront la découverte et la colonisation des Amériques ; l’afflux en Europe de métaux précieux lié au pillage et à l’exploitation minière de ces mêmes Amériques ; le développement du système de plantations esclavagistes, toujours aux Amériques, et la traite négrière qui les ravitaillera en main-d’œuvre à partir des côtes africaines ; la conquête des marchés asiatiques et le début de la colonisation de certaines contrées orientales ; la rivalité entre puissances européennes pour s’approprier ces flux de richesses marchandes et monétaires, exacerbée par la mise en œuvre de politiques mercantilistes, dégénérant régulièrement en guerres qui finiront par prendre une dimension mondiale ; la nécessité par conséquent d’un renforcement militaire, mais aussi administratif et fiscal, des États européens ; la nécessité de développer aussi le crédit public ; etc.
Le tout élargissant l’échelle et accélérant le rythme de l’accumulation du capital sous toutes ses formes, en réunissant notamment les conditions de ce qu’on nomme habituellement la révolution industrielle, et en permettant la montée en puissance de la bourgeoisie comme classe sociale.

En somme, c’est à la faveur de cette première mondialisation, par laquelle l’Europe a commencé à s’instituer en centre du monde, en organisant et contrôlant les relations économiques, politiques, culturelles entre l’ensemble des civilisations de la planète, que le rapport capitaliste de production s’est parachevé dans le mouvement même par lequel il donnait, simultanément, à l’Europe les moyens de sa domination mondiale.

ALAIN BIHR Professeur honoraire de sociologie à l’université de Franche-Comté.
Ce texte est extrait de l’ouvrage Le Premier Âge du capitalisme (1415-1763). L’expansion européenne,Page 2 - éditions Syllepse, Lausanne-Paris, à paraître en septembre 2018.

(1) NDLR : terme employé par l’historien Sanjay Subrahmanyam pour désigner une démarche historique visant à démanteler la compartimentation entre les histoires nationales et les espaces culturels par l’étude des interactions à plusieurs échelles, du local au global.
(2) Jack Goody, L’Orient en Occident, Seuil, coll. « La librairie du XXe siècle », Paris, 1999 ; Jack Goody, Le Vol de l’histoire. Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, Gallimard, coll. « NRF essais », Paris, 2010 ; Dipesh Chakrabarty, Provincialiser l’Europe. La pensée postcoloniale et la différence historique,Éditions Amsterdam, Paris, 2009.
(3) NDLR : mouvement d’idées issu des travaux du Groupe d’études subalternes, qui renouvela l’historiographie de l’Inde coloniale en délaissant l’histoire des élites pour se concentrer sur les couches sociales de base. Lire Partha Chatterjee, « Controverses en Inde autour de l’histoire coloniale », Le Monde diplomatique, février 2006.
(4) John M. Hobson, The Eastern Origins of Western Civilisation, Cambridge University Press, 2004. (5) Andre Gunder Frank, ReOrient : Global Economy in the Asian Age, University of California Press, Berkeley, 1998.
(6) Serge Gruzinski, « Faire de l’histoire dans un monde globalisé », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 66e année, no 4, Paris, octobre-décembre 2011.
(7) Andre Gunder Frank et Barry K. Gills, The World System : Five Hundred Years or Five Thousand ?, Routledge, Oxford, 1993.
(8) NDLR : qui contribue à la découverte par l’évaluation d’hypothèses successives.
(9) Cf. La Préhistoire du capital. Le devenir-monde du capitalisme, Page 2, 2006.

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