| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 29-08-2014 à 19:00:08
| On ne peut que constater dans le monde daujourdhui la détérioration croissante des identités nationales. La mondialisation culturelle, ce phénomène du XXI[sup]ème[/sup] siècle, se traduit dans les faits par la diffusion dun modèle culturel global : le modèle occidental, et plus particulièrement « étasunien ». On parle ainsi doccidentalisation ou daméricanisation de la culture. Du fait de la superpuissance des idées culturelles occidentales et surtout américaines, ce sont essentiellement ces modèles-là qui servent à toute une partie de lhumanité. Un jeune Japonais portera ainsi le même jean quun Français tandis quun Indien et un Brésilien acquerront simultanément le même téléphone dernier cri. Les exemples ne manquent pas. Comment sopère cette « vulgarisation », cette diffusion à léchelle globale de la culture occidentale ? Les multinationales ont joué un grand rôle, en contribuant à répandre dans le monde lorganisation et les méthodes de gestion utilisées dans leur pays respectif. Elles diffusent leurs produits par le biais de campagnes publicitaires ciblées. Cest ainsi que lon peut uniformiser les règles de fonctionnement dun McDonalds dans nimporte quel endroit du monde où il est implanté. Les produits sont en effet strictement standardisés et similaires avec un cahier des charges précis imposant aux producteurs locaux des exigences particulièrement contraignantes. Les entreprises multinationales ont largement bénéficié au cours des trois dernières décennies des politiques de libéralisation du commerce mondial et de la déréglementation opérée sur la circulation des marchandises et des capitaux. Les décisions prises par ces entreprises concernent des dizaines de milliers de salariés et parfois des millions de consommateurs. Elles ont une telle puissance que pour les mesurer, on compare leurs chiffres daffaires à celui du produit intérieur brut de pays relativement importants. Une comparaison qui se révèle parfois plus éloquente que de longs discours. Exxon Mobil était en 2013 la cinquième plus grande entreprise mondiale. Le pétrolier étasunien avait généré en 2013 un chiffre daffaires de 438 milliards de dollars. Comparé aux performances économiques des pays, cela représente presque dix milliards de dollars de plus que le PIB autrichien. Avec quelques milliards de plus, Exxon Mobil dépasserait même lactivité de Taïwan ou de lArgentine. Le problème aujourdhui est que le pouvoir des multinationales est non seulement économique, mais aussi politique. Ces entreprises peuvent exercer leur pouvoir en influençant les décisions des gouvernements par le biais des groupes de pression (lobbies) et en finançant les partis politiques (comme aux États-Unis). Il leur arrive même parfois de corrompre directement les agents publics pour parvenir directement à leurs fins. Tout ceci aboutit bien évidemment à rendre de moins en moins transparentes aux yeux des électeurs les décisions prises en politique. On peut même se demander si ces dernières ont été adoptées dans lintérêt du bien public (ce qui devrait être la norme) ou si elles lont été pour satisfaire les volontés de telle ou telle entreprise dont les intérêts, bien évidemment, se trouvent aux antipodes de ceux des citoyens. Les médias ne sont pas en reste et jouent également un rôle primordial dans la légitimation de ces entreprises. La télévision est accessible à tous grâce aux satellites et les informations circulent dans le monde entier quasiment en temps réel. Les images proviennent essentiellement des États-Unis ou, à tout le moins, du monde occidental. Elles ne sont globalement pas neutres dans la mesure où elles traduisent les perceptions propres de ceux qui font les reportages. Quant à Internet, son développement renforce la dépendance technologique vis-à-vis de lOccident en même temps quil contribue à généraliser lusage de langlais comme moyen de communication universelle. La politique tout entière est aujourdhui soumise à ces entités supranationales. Les partis politiques traditionnels dits de gouvernement ne représentent plus une alternative car ils sont contraints, une fois aux manettes, de se plier aux exigences des multinationales. Ils ne détiennent plus le pouvoir de décision qui leur a échappé depuis bien longtemps. Ceux qui tentent de sopposer à lhégémonie néolibérale ne manqueront pas en revanche dêtre taxés dantidémocratisme et seront immanquablement perçus comme un obstacle au bon fonctionnement du marché. Pour avoir mis à jour les contradictions du monde capitaliste, on les traitera indistinctement de communistes, voire de fascistes. Malgré toutes les évidences, nos représentants semblent croire que les individus sont conduits à leur insu par cette fameuse « main invisible » grâce à laquelle le marché sautorégulerait. Surtout, ils ne prennent jamais véritablement position contre la financiarisation de léconomie dont on sait quelle a favorisé la spéculation à léchelle internationale sur les monnaies mais aussi sur les matières premières et alimentaires, entraînant un développement rapide et effrayant de toutes les inégalités sur la planète. La dichotomie entre la gauche et la droite est bel et bien dépassée, et la démocratie représentative nest plus démocratique quen apparence. Aujourdhui, le pouvoir est entre les mains dentreprises privées qui régissent lensemble des aspects politiques, économiques et sociaux de notre société et de nos vies. Sinscrire dans ce système, cest perpétuer la primauté de léconomie sur la politique et entretenir lillusion de lalternance démocratique. Méditons cette phrase de lauteur italien Lampedusa dans le Guépard : « il faut que tout change pour que rien ne change ». En loccurrence, il a fallu que laristocratie italienne acceptât une forme de révolution, acceptât de perdre apparemment son pouvoir pour conserver la réalité de celui-ci. Et lhistoire lui a donné raison. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-multinationales-et-democratie-ne-font-pas-bon-menage-124460877.html
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