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 Mort de Juliette Broder

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Finimore
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Finimore
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   Posté le 28-12-2009 à 07:43:31   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Lu sur http://www.ptb.be/nouvelles/article/juliette-broder-le-depart-dune-resistante-de-tous-les-instants.html

Juliette Broder, le départ d’une résistante de tous les instants

Ce mercredi 2 décembre, le PTB (Parti du Travail de Belgique) a perdu une camarade exceptionnelle et exemplaire. Juliette Broder, âgée de 85 ans, est décédée.
Le Bureau du Parti du Travail de Belgique


Juliette Broder est restée fidèle à ses convictions et à son parti à travers toutes les épreuves. (Photo Jean Flinker)
Résistante à 15 ans, militante antifasciste et communiste, elle a été fidèle à ses convictions et à son parti à travers toutes les épreuves. Élue au comité central du PTB lors de son premier congrès en 1979, elle en est restée membre jusqu’au moment où sa santé ne le lui permettait plus. Elle a inspiré de nombreux jeunes militants tant par son exemple qu'à travers ses formations et ses écrits.

Un lien avec l’histoire du mouvement communiste belge
Lorsqu’elle a adhéré à Amada-TPO (plus tard le PTB) en 1973, elle incarnait la continuité avec le passé communiste de la Belgique. Elle a combattu avec le Parti Communiste (PCB) dans la Résistance antifasciste, lors des grandes grèves de 1950 et de 60-61. Elle a combattu au sein de ce parti pour qu’il reste fidèle à ses idéaux révolutionnaires. Malheureusement en 1963, avec beaucoup d’autres, elle en a été exclue. Mais elle savait que sans parti il est impossible de vaincre l’ennemi capitaliste puissant et organisé. Elle n’a eu de cesse de chercher un parti qui était resté fidèle aux idéaux communistes de ses parents. En 1973, lors de la grève des dockers à Anvers, elle a vu Wies De Schutter, la femme d’un docker membre d’Amada (ancêtre du PTB, ndlr), parler à la télévision. C’est ce qui l’a décidé à rejoindre le précurseur du PTB.

Elle a appris aux premiers militants d’Amada, tous beaucoup plus jeunes qu’elle, d’être fiers de l’histoire du mouvement communiste, du rôle du PCB dans la lutte de classes des années trente et surtout dans la résistance à l’occupation nazie. Elle a fait connaître dans le parti, par des conférences et des articles, le grand communiste belge Julien Lahaut. Elle a fait publier les mémoires de son propre père, Pierre Broder, qui a joué un rôle de premier plan dans la résistance à Charleroi.

Elle leur a appris à être critique à l’égard des erreurs que nous commettons inévitablement. Jamais Juliette ne se taisait quand elle était en désaccord. Ses interventions lors des réunions étaient toujours bien réfléchies et toujours elles visaient à améliorer le travail du parti. Avant de tomber malade, elle travaillait à un livre sur l’histoire du PCB avant, pendant et après la deuxième guerre mondiale. Elle voulait comprendre et nous faire comprendre où se trouvaient les racines des erreurs qui allaient finalement conduire à la disparition du camp socialiste en Europe et au recul d’un grand nombre de partis communistes auparavant si influents.

Fidélité au parti
Pour elle, une attitude critique devait aller de pair avec une fidélité sans failles au parti. Dans un texte sur « La morale révolutionnaire », elle écrivait : « Le parti est le seul instrument pour réaliser nos objectifs, le socialisme et le communisme. Il faut rester fidèle au parti même dans les moments difficiles, de défaite, de recul. (...) Il importe de ne pas se laisser aller au pessimisme, au défaitisme, d'être conscient des difficultés et de faire en permanence le bilan de notre activité. C'est ainsi qu'on peut rectifier le travail et adopter la ligne de conduite la plus efficace, la plus juste possible dans les conditions données ».

A chaque fois que notre parti et le mouvement communiste étaient confrontés à de graves problèmes, elle a mis en pratique cette attitude. Notamment lors du renversement du socialisme en 1989. Son attitude alors a inspiré beaucoup de militants.

Les convictions inébranlables de Juliette trouvaient leurs sources d'abord dans son engagement dans la Résistance. Lorsque les nazis ont envahi la Belgique, elle n’avait pas encore 15 ans. Elle en a gardé une haine viscérale du fascisme et de toute forme de racisme. La lutte contre l'exploitation capitaliste et le fascisme ne faisaient qu'un. Elle avait vu comment le grand patronat dans de nombreux pays avaient poussé au devant de la scène des Hitler, des Franco, des Degrelle pour en finir avec l'Union soviétique, les partis communistes et le mouvement ouvrier. Sa dernière activité publique de grande envergure a été en 1995, la mise sur pied avec d’anciens résistants et des personnalités dont l’écrivain Johan Anthierens, d'un comité d’opposition à la réhabilitation d’Irma Laplasse, cette collaboratrice exécutée après la Seconde Guerre mondiale. Le combat a été gagné car Juliette a également toujours tenu à rassembler dans le combat le plus grand nombre d'alliés.

Résistante anti-fasciste
Jusqu'à son dernier jour elle a été attentive aux nouvelles formes que prenait le danger fasciste. Elle a soutenu de toutes ses forces sur son lit de malade le combat contre les persécutions de militants de gauche sous inculpation de terrorisme comme c’est le cas de Bahar Kimyongür poursuivi sur base de la législation anti-terroriste. Là aussi elle était fière du large front, que le CLEA (Comité pour la Liberté d’expression et d’action), animé par son fils et son petit-fils avait réussi à créer.

Elle puisait sa conviction aussi dans son engagement aux côtés des travailleurs et des peuples victimes de l'impérialisme et du colonialisme. Toute sa vie, elle a été militante syndicale dans le secteur des grands magasins et, même après sa retraite elle restait active au sein de son organisation syndicale.

Son engagement aux côtés des travailleurs allait de pair avec son travail de solidarité internationale. C'est ainsi qu'un jour elle a visité avec une délégation de femmes afghanes les travailleuses qui occupaient les Galeries Anspach menacées de fermeture.

Sa troisième source d'inspiration, et sans doute non la moindre, a été sa connaissance phénoménale de l'histoire du mouvement ouvrier et du marxisme. Elle savait comment l'abandon des principes marxistes avait transformé certains partis communistes influents, craints par le patronat en des partis moins influents ayant perdu leur force révolutionnaire. Elle imputait cette évolution en premier lieu à l'abandon de la formation politique dans les classiques du marxisme dans ces partis et plus particulièrement la confusion régnante dans ces partis sur la nature de l'Etat capitaliste. Elle n'a pas hésité une minute quand le parti lui a demandé de mettre sur pied une école nationale pour les cadres. Elle a ainsi contribué à former la deuxième génération de cadres du PTB.

Juliette a aussi été la première rédactrice en chef d’Études marxistes. L’éditorial du premier numéro, qui date de 1988 et où elle met en exergue l’actualité du marxisme, aurait pu être écrit aujourd’hui.

Le travail et la vie de notre camarade Juliette resteront pour les futures générations du PTB une source d'inspiration permanente.

Pour lui rendre un dernier hommage, une commémoration sera organisée à Bruxelles, le samedi 9 janvier 2010, à 10h, au Pianofabriek, rue du Fort 35, 1060 Saint Gilles (Bruxelles).

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Lu sur http://yclljc-solidarite.blogspot.com/2009/12/mort-dune-camarade-juliette-broder-nous.html

Mort d’une camarade : Juliette Broder nous a quittés

Ce mercredi 2 décembre, Juliette Broder, âgée de 85 ans, est décédée. Maria McGavigan, qui met la dernière main à une histoire de sa vie, nous fait le portrait de cette femme exceptionnelle.

Maria Mc Gavigan

Invalide depuis un accident domestique en 2007, son état de santé s’est brusquement empiré il y a quelques jours. La crémation aura lieu de façon privée, mais le PTB organisera très bientôt un hommage en son honneur.

Élue au comité central du PTB lors de son premier congrès en 1979, elle en est restée membre jusqu’au moment où sa santé ne le lui permettait plus.

Lorsque les Allemands ont envahi la Belgique, Juliette n’avait pas encore 15 ans. Quand on lui demandait comment elle s’était engagée dans la Résistance si jeune, elle répondait qu’elle n’avait aucun mérite, que cela allait de soi. « J’ai été élevée par des parents communistes qui sont restés fidèles à leur idéal jusqu’à leur dernier souffle. Du plus loin que je me souvienne, ils ne m’ont jamais mise à l’écart de leurs discussions, ni des entretiens qu’ils avaient avec leurs camarades de combat, ni de leurs activités. » Juliette allait suivre leur exemple.

Exclue du Parti Communiste Belge en 1963 avec Jacques Grippa, elle n’a eu de cesse de chercher un parti qui serait resté fidèle aux idéaux communistes de ses parents. En 1973, lors de la grève des docks à Anvers, elle a vu Wies De Schutter d’Amada (ancêtre du PTB, ndlr) haranguer la foule à la télévision. Alors qu’elle ne connaissait pas un mot de néerlandais, elle est partie à Anvers à la recherche de ce parti flamand qu’elle a fini par rejoindre.

Pour Amada-TPO (plus tard le PTB), elle incarnait la continuité avec le passé communiste de la Belgique, depuis la fondation du PCB en 1921. Elle a appris aux premiers militants d’Amada, tous beaucoup plus jeunes qu’elle, d’être fiers des moments glorieux de cette histoire, du rôle du PCB dans la lutte de classes des années trente, par exemple, et surtout dans la résistance à l’occupation nazie (c’est ainsi que l’on a appelé le PCB « le parti des fusillés »). En même temps, il fallait être critique à l’égard des erreurs et limitations des communistes. Elle a fait connaître dans le PTB, par des conférences et des articles, ce grand communiste belge qu’était Julien Lahaut. Elle a fait publier les mémoires de son propre père, Pierre Broder, qui a joué un rôle de premier plan dans la résistance à Charleroi1. Toujours son souci fut que les jeunes sachent ce qu’avaient été les communistes et leurs luttes.

Dans le parti, elle a travaillé dans presque tous les secteurs, aussi bien dans le domaine national qu’international. Toute sa vie elle a été militante syndicale dans le secteur des grands magasins et, même après sa retraite elle a visité avec une délégation de femmes afghanes les travailleuses qui occupaient les Galeries Anspach.

Entre étude et action

Un domaine où elle s’est particulièrement distinguée fut l’étude et la formation. Les fondateurs du PTB avaient beaucoup étudié les classiques du marxisme, mais il n’en allait pas nécessairement de même avec l’ensemble des cadres et des militants. Dans le parti, une tendance existait de négliger, ou même de mépriser l’étude, au nom de l’action. Juliette, avec sa connaissance de l’histoire du mouvement communiste, était bien placée pour constater les dangers d’une telle attitude. La direction du parti, estimant qu’il fallait en premier lieu s’adresser à l’éducation des responsables, a décidé de mettre sur pied une école nationale pour les cadres et lui en a confié la direction. C’est ainsi que la première génération de cadres du PTB a été formée, à travers l’étude des auteurs classiques, dans la méthode, la philosophie et l’économie marxistes, dans le matérialisme historique, la théorie marxiste de l’État, la conception du parti communiste et des alliances, notamment. C’est certainement grâce en partie à cette formation que le parti a pu traverser relativement sereinement la crise de la place Tien an Men et de la chute du mur de Berlin en 1989.

Juliette a aussi été la première rédactrice en chef d’Études marxistes. L’éditorial du premier numéro, qui date de 1988 et où elle met en exergue l’actualité du marxisme, aurait pu être écrit aujourd’hui2. Elle y a aussi contribué un article de fond sur le PCB, avant, pendant et après la guerre 40-453.

Mais le combat qui lui tenait le plus à cœur était certainement celui contre le racisme et le fascisme. C’est ainsi, notamment, qu’elle a mis sur pied en 1995, avec d’anciens résistants et des personnalités dont l’écrivain Johan Anthierens, un comité d’opposition à la réhabilitation d’Irma Laplasse, cette collaboratrice exécutée après la Seconde Guerre mondiale. Le combat a été gagné, car Irma Laplasse n’a pas été réhabilitée. C’est la dernière activité publique de grande envergure à laquelle elle a participé.

1 Pierre Broder, Des juifs debout contre le nazisme, EPO, 1994

2 Éditorial, Études marxistes n° 1, novembre 1988 http://www.marx.be/FR/cgi/emall.php?action=get_doc&id=1&doc=315

3 Juliette Pierre, Le PCB, avant, pendant et après la guerre 40-45, Études marxistes n° 1, novembre 1988, http://www.marx.be/FR/cgi/emall.php?action=get_doc&id=1&doc=318

Publié par LJC-Q à l'adresse 00:53


Edité le 28-12-2009 à 07:48:18 par Finimore




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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
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