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 Maximilien Rubel et la dictature du prolétariat

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Xuan
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   Posté le 20-03-2013 à 00:42:51   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A propos de la thèse de Maximilien Rubel, « Marx anarchiste ? »
Ou sociaux-démocrates anciens et modernes.



Michel Peyret présente dans Rouge Midi la thèse de Maximilien Rubel « Marx anarchiste ? »
Maximilien Rubel ( « spécialiste internationalement reconnu de Karl Marx » nous dit Peyret) avance une thèse pour le moins inattendue : « Il convient donc de rappeler qu’en épousant la cause de l’émancipation ouvrière, Marx s’est d’emblée situé dans la tradition de l’anarchisme plutôt que dans celle du socialisme ou du communisme » .

Rubel compare Marx et Proudhon : « A la morale réaliste de Proudhon, cherchant à sauver « le bon côté » des institutions bourgeoises, Marx oppose l’éthique d’une utopie dont les exigences sont à la mesure des possibilités offertes par une science et une technique suffisamment développées pour subvenir aux besoins de l’espèce.
A un anarchisme tout aussi respectueux de la pluralité des classes et des catégories sociales que favorable à la division du travail et hostile à l’associationnisme prôné par les utopistes, Marx oppose un anarchisme négateur de classes sociales et de la division du travail, un communisme qui reprend à son compte tout ce qui, dans le communisme utopique, pourrait être réalisé par un prolétariat conscient de son rôle émancipateur et maître des forces productives... »

Il manque un élément essentiel dans cette comparaison, ce sont les conditions dans lesquelles les classes disparaissent , précisément le cadre dans lequel le prolétariat est « maître des forces productives » .

Rubel cite Marx dans l’Anti-Proudhon , 1847 : « Est-ce à dire qu’après la chute de l’ancienne société il y aura une nouvelle domination de classe se résumant dans un nouveau pouvoir politique ?
« Non !...
« Dans le cours de son développement, la classe laborieuse substituera à l’ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n’y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l’antagonisme dans la société civile. »


Rubel ne cite pas l’intégralité du texte de Marx :

« Est-ce à dire qu'après la chute de l'ancienne société il y aura une nouvelle domination de classe, se résumant dans un nouveau pouvoir politique ? Non.
La condition d'affranchissement de la classe laborieuse c'est l'abolition de toute classe, de même que la condition d'affranchissement du tiers état, de l'ordre bourgeois, fut l'abolition de tous les états et de tous les ordres.
La classe laborieuse substituera, dans le cours de son développement, à l'ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l'antagonisme dans la société civile.
En attendant, l'antagonisme entre le prolétariat et la bourgeoisie est une lutte de classe à classe, lutte qui, portée à sa plus haute expression, est une révolution totale. D'ailleurs, faut-il s'étonner qu'une société, fondée sur l'opposition des classes, aboutisse à la contradiction brutale, à un choc de corps à corps comme dernier dénouement ? »


Rubel écarte donc juste ce détail : l’abolition de toute classe est la condition d’affranchissement de la classe laborieuse.
Et plus loin : « En attendant, l'antagonisme entre le prolétariat et la bourgeoisie est une lutte de classe à classe, lutte qui, portée à sa plus haute expression, est une révolution totale. »
Il est clair que cette abolition met fin à toute nouvelle domination de classe, constituant en fait la négation de la négation de l’Etat bourgeois et de toute forme d’Etat.
Les classes ayant disparu, disparaît avec elles la nécessité d’un instrument d’oppression d’une classe sur une autre.
Mais Marx ne précise pas ici dans quelles conditions peut s’effectuer le passage entre la lutte « de classe à classe », « la révolution totale », et « l’abolition de toute classe » .
Il ne faut pas chercher ici la recette de la transition entre le capitalisme et le communisme car ce n’est pas le propos.

Les luttes de classe et tout particulièrement la Commune de Paris donneront sur ce point- et à Marx le premier - l’occasion d’éclaircir ce que pourra être la négation de l’Etat bourgeois.
Mais la thèse de Rubel n’a pas pour vocation de dormir entre deux étagères ou d’enflammer les débats d’intellectuels « marxiens » cacochymes.
En fait l’objectif de Rubel et de régler son compte à la dictature du prolétariat :
« La fiction d’une « dictature du prolétariat » fait partie de l’arsenal des idées imposées par les nouveaux maîtres dans l’intérêt de leur propre puissance ; plusieurs décennies de barbarie nationaliste et militaire à l’échelle du monde font comprendre le désarroi mental d’une intelligentsia universelle victime du mythe dit « Octobre socialiste » .

Ainsi la subtile distinction qu’introduit Rubel selon les termes de Peyret : « On lui doit, dit-il, une distinction radicale entre « marxien » qui, comme le précisent les auteurs, se rapporte selon lui exclusivement à l’œuvre de Marx » et « marxiste » qui « renvoie aux épigones de toutes sortes. » vise très clairement à travers les « épigones de toutes sortes » mais sans les citer dans ces extraits, Lénine et tout le mouvement communiste historique.

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Si l’on s’en tient simplement au Manifeste du Parti Communiste, les éclaircissements attendus ne se font pas attendre concernant la négation de l’Etat bourgeois, puis la négation de la négation l’abolition des classes :
« Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d'une classe pour l'oppression d'une autre.
Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s'il s'érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l'ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe. »


Il est parfaitement clair ici que la destruction des classes repose sur deux conditions :
1 - Le prolétariat « s'érige par une révolution en classe dominante »
2 – « comme classe dominante, [il] détruit par la violence l'ancien régime de production »
Or la caractère dominant de la nouvelle classe ne peut se manifester qu’à travers un nouvel instrument de domination, dont le but est de détruire par la violence l’ancien régime de production. Condition sine qua non de l’abolition de l’antagonisme de classe.
Cet instrument de domination, pouvoir politique organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre , c’est l’Etat prolétarien, la dictature du prolétariat.

Voyons maintenant ce qu’en ont dit les épigones :
L’enseignement essentiel de la Commune de Paris, Engels le consigne dans la conclusion de son introduction à la Guerre Civile en France :
« Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat.
Londres, pour le 20e anniversaire de la Commune de Paris. 18 mars 1891.
Friedrich ENGELS »

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Mais la social-démocratie a la peau dure. Moins de trente ans plus tard, Lénine devait déjà dans l’Etat et la Révolution remettre les points sur les i en reprenant point par point le texte de Marx, précisément celui cité par Rubel :

"La classe laborieuse, écrit Marx dans la Misère de la philosophie , substituera, dans le cours de son développement, à l'ancienne société bourgeoise une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l'antagonisme dans la société bourgeoise" (p. 182 de l'édition allemande 1885).
Il est instructif de comparer à cet exposé d'ensemble de l'idée de la disparition de l'Etat après la suppression des classes l'exposé donné dans le Manifeste communiste écrit par Marx et Engels à quelques mois de là, plus précisément en novembre 1847.
"En esquissant à grands traits les phases du développement du prolétariat, nous avons retracé l'histoire de la guerre civile, plus ou moins latente, qui travaille la société actuelle jusqu'à l'heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie."
"Nous avons déjà vu plus haut que la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution" (littéralement : l'élévation) "du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie."
"Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives"
(pp. 31, 37 de la 7e édition allemande de 1906).

L'on trouve formulée ici l'une des idées les plus remarquables et les plus importantes du marxisme au sujet de l'Etat, celle de la "dictature du prolétariat" (comme devaient s'exprimer Marx et Engels après la Commune de Paris); nous y trouvons ensuite une définition de l'Etat, intéressante au plus haut point, et qui est également au nombre des "paroles oubliées" du marxisme : "L'Etat, c'est-à-dire le prolétariat organisé en classe dominante."
Cette définition de l'Etat n'a jamais été commentée dans la littérature de propagande et d'agitation qui prédomine dans les partis social-démocrates officiels. Bien plus : elle a été très précisément oubliée parce qu'elle est absolument inconciliable avec le réformisme; elle heurte de front les préjugés opportunistes habituels et les illusions petite-bourgeoises quant à l' "évolution pacifique de la démocratie" .
"L'Etat, c'est-à-dire le prolétariat organisé en classe dominante" , — cette théorie de Marx est indissolublement liée à toute sa doctrine sur le rôle révolutionnaire du prolétariat dans l'histoire. L'aboutissement de ce rôle, c'est la dictature prolétarienne, la domination politique du prolétariat.
Mais si le prolétariat a besoin de l'Etat en tant qu'organisation spéciale de la violence contre la bourgeoisie, une question s'impose : une telle organisation est-elle concevable sans que soit au préalable détruite, démolie, la machine d'Etat que la bourgeoisie a créée pour elle-même ? C'est à cette question que nous amène le Manifeste communiste et c'est d'elle que parle Marx quand il résume l'expérience de la révolution de 1848-1851.



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Plus tard encore en 1928, Staline autre épigone de Marx, disait dans son discours « du danger de droite dans le parti communiste (bolchevick) de l’URSS » (p. 201 de la version électronique) :

« Existe-t-il chez nous, dans notre pays des Soviets, des conditions rendant possible la restauration du capitalisme? Oui, elles existent. Cela vous paraîtra peut-être étrange, mais c'est un fait, camarades. Nous avons renversé le capitalisme, instauré la dictature du prolétariat et nous développons, à un rythme renforcé, notre industrie socialiste, en soudant avec elle notre économie paysanne. Mais nous n'avons pas encore arraché les racines du capitalisme.
Où donc résident-elles?
Elles résident dans la production marchande, dans la petite production de la ville et surtout de la campagne. La force du capitalisme, comme dit Lénine, réside
«dans la force de la petite production , car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production; or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d'une manière spontanée et dans de vastes proportions» ( La Maladie infantile , t. XXV, p. 173, éd. russe).
Il est clair que, pour autant que la petite production revêt chez nous un caractère de masse, voire prépondérant, et pour autant qu'elle engendre le capitalisme et la bourgeoisie, surtout dans les conditions de la Nep, constamment et dans de vastes proportions, il existe chez nous des conditions rendant possible la restauration du capitalisme. »


Et en 1931 :

« Boukharine croit que sous la dictature du prolétariat la lutte de classes doit s'éteindre et être liquidée afin qu'en résulte la suppression des classes. Or, Lénine nous enseigne, au contraire, que les classes ne sont abolies qu’après une lutte de classe persévérante, plus acharnée encore sous la dictature du prolétariat qu'avant celle-ci.

L’abolition des classes, dit Lénine, sera le résultat d'une longue lutte de classes , difficile et opiniâtre, qui après le renversement du pouvoir du Capital, après la destruction de l'Etat bourgeois, après l'instauration de la dictature du prolétariat, ne disparaîtra pas (comme se l'imaginent les pieds plats du vieux socialisme et de la vieille social-démocratie), mais changera ses formes devenant, sous bien des rapports, plus acharnée encore. (Lénine - Œuvres Complètes «Salut aux ouvriers hongrois», t. XXIV, p. 315, éd. russe.) »

[J. Staline – les questions du léninisme – de la déviation de droite dans le PC(b) de l’URSS (page 142 de l’édition numérique)]

On voit ici que la lutte idéologique entre marxisme-léninisme et social-démocratie se manifeste au sein même du parti communiste, et on mesure également toute la portée de ce texte aujourd’hui.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Lors de la scission du Mouvement Communiste International au début des années 60, l’enjeu de la dictature du prolétariat s’est encore retrouvé au cœur des contradictions entre le marxisme-léninisme et la social-démocratie (ou révisionnisme moderne).
Dans les « Propositions concernant la ligne générale du mouvement communiste international. Réponse du comite central du Parti Communiste Chinois à la lettre du 30 mars 1963 du comite central du Parti Communiste de l’Union Soviétique - 14 juin 1963 » , plus connues sous le nom « la lettre en 25 points », le Parti Communiste Chinois reprend avec insistance la thèse de la « dictature du prolétariat » , qu’il oppose dans le point 18 à la thèse khrouchtchévienne du « peuple tout entier » :

18). Marx et Lénine estiment que toute la période qui précède l'accès au stade supérieur de la société communiste constitue la période du passage du capitalisme au communisme, la période de la dictature du prolétariat. Dans cette période de transition, la dictature du prolétariat, c'est-à-dire l'Etat prolétarien, doit passer par le processus dialectique de l'établissement, de la consolidation et du renforcement pour aboutir au dépérissement graduel.
Dans la "Critique du Programme de Gotha" , Marx a posé la question de la façon suivante : "Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l'Etat ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat." (Œuvres complètes de Marx et d'Engels, tome 19.)

Lénine a constamment rappelé avec force la grande théorie de Marx sur la dictature du prolétariat. Il a tout particulièrement, analysé, dans sa grande œuvre "L'Etat et la révolution" , le processus du développement de la théorie de Marx sur la dictature du prolétariat, et il a lui-même écrit : "Le passage de la société capitaliste, qui évolue vers le communisme, à la société communiste est impossible sans une 'période de transition politique' ; et l'Etat de cette période ne peut être que la dictature révolutionnaire du prolétariat." (V. I. Lénine : Œuvres, tome 25.)
Il a dit en outre : "Ceux-là seuls ont assimilé l'essence de la doctrine de Marx sur l'Etat, qui ont compris que la dictature d'une classe est nécessaire non seulement pour toute société de classes en général, non seulement pour le prolétariat qui aura renversé la bourgeoisie, mais encore pour toute la période historique qui sépare le capitalisme de la 'société sans classes', du communisme." (Ibidem.)
Comme il est dit plus haut, l'idée essentielle de Marx et de Lénine est la suivante : la dictature du prolétariat continuera inévitablement à exister dans toute la période historique du passage du capitalisme au communisme, c'est-à-dire dans la période qui précède la suppression de toutes les différences de classes et l'accès à une société sans classes, au stade supérieur de la société communiste.

Qu'adviendra-t-il lorsque, à mi-chemin, on proclame que la dictature du prolétariat n'a plus sa raison d'être ?
Cela n'est-il pas foncièrement en contradiction avec la thèse de Marx et de Lénine sur l'Etat de la dictature du prolétariat ?
Cela ne signifie-t-il pas encourager le développement de "cette infection , [de] cette peste, [de] cette plaie que le capitalisme a léguées au socialisme" ?
En d'autres termes, cela entraînera des conséquences extrêmement graves et mettrait d'autant plus le passage au communisme hors de question.
Pourrait-il y avoir un prétendu "Etat du peuple tout entier" ? Pourrait-on substituer un prétendu "Etat du peuple tout entier" à l'Etat de la dictature du prolétariat ?
Ce n'est pas là une question qui relève des affaires intérieures d'un pays quelconque, mais une question fondamentale qui concerne la vérité universelle du marxisme-léninisme.
Selon les marxistes-léninistes, il n'existe pas d'Etat sans caractère de classe ni d'Etat au-dessus des classes. Tout Etat doit invariablement avoir un caractère de classe. Tant que l'Etat existe, il ne peut être un Etat du "peuple tout entier" . Une fois les classes disparues de la société, l'Etat cessera d'exister.
Que serait donc ce qu'on appelle "Etat du peuple tout entier" ?

Tous ceux qui possèdent quelques notions du marxisme-léninisme savent qu'un "Etat du peuple tout entier" n'a rien de nouveau. Les représentants de la bourgeoisie ont toujours appelé l'Etat bourgeois "Etat du peuple tout entier" , ou bien "Etat dans lequel le pouvoir appartient à tout le peuple" . D'aucuns diront que chez eux c'est déjà la société sans classes. Nous leur répondons : Non. Les classes et la lutte de classe existent dans tous les pays socialistes sans exception.
Puisqu'on y voit encore subsister des éléments des anciennes classes exploiteuses qui tentent de restaurer leur domination, que de nouveaux éléments bourgeois y apparaissent encore continuellement et qu'il y a encore des parasites, des spéculateurs, des fainéants, des voyous, des gens qui s'approprient des biens d'Etat, etc., comment peut-on dire alors qu'il n'y a plus de classes, plus de lutte de classe ?
Comment peut-on dire alors que la dictature du prolétariat n'a plus sa raison d'être ?
Le marxisme-léninisme nous apprend que, outre la répression des classes adverses, la dictature du prolétariat doit encore avoir pour mission historique, au cours de l'édification socialiste, d'apporter une juste solution à la question des rapports entre la classe ouvrière et la paysannerie, de consolider leur alliance sur les plans politique et économique et de créer les conditions pour la suppression graduelle des différences de classe entre ouvriers et paysans.
En examinant la base économique de la société socialiste, on constate que dans tous les pays socialistes sans exception, les différences entre la propriété du peuple entier et la propriété collective existent, et que la propriété individuelle existe encore.
La propriété du peuple entier et la propriété collective constituent deux formes de propriété, deux formes de rapports de production dans la société socialiste; les ouvriers des entreprises relevant de la propriété du peuple entier et les paysans des fermes relevant de la propriété collective constituent dans la société socialiste deux catégories de travailleurs. C'est pourquoi il existe dans tous les pays socialistes, sans exception, des différences de classe entre ouvriers et paysans. Ces différences ne pourront disparaître que lorsqu'on aura accédé au stade supérieur du communisme.
Actuellement, le niveau atteint par tous les pays socialistes dans leur développement économique est encore bien loin de celui du stade supérieur du communisme que régit le principe "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins" .
C'est pourquoi il faut encore une très très longue période avant de faire disparaître les différences de classe entre ouvriers et paysans. Et tant que ces différences de classe n'auront pas disparu, on ne peut pas dire qu'il s'agit là d'une société sans classes et que la dictature du prolétariat n'a plus sa raison d'être.
En appelant un pays socialiste "Etat du peuple tout entier", veut-on substituer la théorie bourgeoise de l'Etat à la théorie marxiste-léniniste de l'Etat ? Veut-on substituer un Etat d'un autre caractère à l'Etat de la dictature du prolétariat ?
Si c'est bien le cas, cela ne peut que signifier une régression considérable de l'histoire. Le changement de caractère du système social en Yougoslavie est à ce sujet une sérieuse leçon.


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La théorie du « peuple tout entier » avait effectivement pour objectif de mettre fin à la dictature du prolétariat.
Que montre précisément la restauration du capitalisme en URSS ?
Qu’un « Etat du peuple tout entier » n’est qu’une fiction et que la lutte des classes se poursuit dans la société socialiste, tant que le prolétariat par l’intermédiaire de son parti et de son Etat n’a pas intégralement « détruit par la violence l'ancien régime de production » .
A fortiori, imaginer une société communiste sans classe et sans Etat au lendemain de la révolution, et où le principe « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » puisse d’emblée être appliquée est absolument irréaliste.

Quelle est la finalité de cette thèse où l’on pourrait passer immédiatement du capitalisme au communisme ?
C’est de rejeter avec la plus grande énergie la dictature du prolétariat, autrement dit retirer à ce dernier tout moyen pratique de détruire l’ancien régime de production.
Sous des dehors humanistes , cette thèse est contre-révolutionnaire.

Xuan

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