| | | | | | | | robertbibeau | | Militant de valeur | | 280 messages postés |
| Posté le 11-06-2014 à 16:01:44
| robertbibeau@hotmail.com Nous amorçons aujourdhui la publication dune série de neuf (9) articles portant spécifiquement sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier et populaire : 1) Dabord le problème du sectarisme cette maladie qui sévit depuis des décennies parmi la gauche et au sein du mouvement. Une maladie de la phase sénile du gauchisme et qui mine lunité du mouvement ouvrier. 2) Ensuite, nous aborderons la question de lunité des forces ouvrières. 3) Nous présenterons les trois instances de la lutte de classe : linstance économique, politique et idéologique. Laction militante prendra différentes tangentes. 4) Enfin, à lapproche du 97e anniversaire de la Révolution dOctobre, nous présenterons cinq leçons apprises de la Révolution bolchévique.
********* CHAPITRE 1 : LE SECTARISME MALADIE SÉNILE DU GAUCHISME Le sectarisme cest
Le sectarisme caractérise une attitude intolérante, étroite desprit en matière idéologique et politique. Le dictionnaire ajoute quun sectaire est dogmatique, quil n'admet aucun compromis, et quil refuse d'entériner lopinion dautrui. Enfin, le sectaire proclame détenir la vérité et connaître la seule théorie capable dexpliquer lhistoricité de lhumanité. Tous auront compris que cette définition doctorale est parfaitement adaptée à lidéalisme bourgeois qui aime bien présenter ses milliers didées approximatives, fautives et votives comme autant de dénis du sectarisme et comme autant de preuves de sa libéralité desprit, sachant pertinemment que de toute manière nul ne pourra sy soustraire. Le complément étant que : « Chacun a raison et toutes les opinions se valent à laune du jugement de frivolité ». Ergotez, manants, il en restera toujours quelque chose. Le bourgeois connait son pouvoir et il sait que de toutes les idées qui peuvent germer « spontanément » dans la tête des gens, la plupart seront redevables à sa propagande. Le Bourgeois gentilhomme croit que la science des idées nexiste pas et que lunivers nest quirrationalité relative, mouvante, impénétrable et inaltérable. Lopinion de chacun serait le fruit de son imagination et vaut autant que celle de tout un chacun : « Tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil » pourvu quil se plie à la dictature de la bourgeoisie qui détient le portefeuille, lantenne de télévision, le goupillon, la police et la « justice » pour faire triompher LA vérité de la classe bourgeoise. En dautres termes, que chacun déblatère pour analyser et expliquer le monde pourvu quil ne tente pas de le transformer ni de le gouverner, déclame le bourgeois lucide. Plus loin nous vous proposerons une autre définition du sectarisme que ce salmigondis pour érudits. Le sectarisme est une maladie dégénérative La maladie du sectarisme a été inoculée dans le mouvement de la gauche internationale par les intellectuels bourgeois et les progressistes contaminés par la pensée et lidéologie moniste et les pratiques communalistes et communautaristes propres à la petite bourgeoisie et aux lumpens prolétaires. Le sectarisme a pris de lextension dans les rangs des salariés après les grandes défaites ouvrières subséquentes à la Révolution bolchévique dOctobre et suite au reflux conséquent du mouvement ouvrier mondial (nous traiterons de ces questions dans la quatrième partie de cette série). Dinstigatrice et de moteur du mouvement révolutionnaire, dans les pays de la vieille Europe notamment, la classe ouvrière fut par la suite relégué au rang de spectateur, de faire valoir, de meneur de claques, dafficheur et de marcheur, de distributeur de journaux, de porteur de bannières dans les manifs, et de foule anonyme délecteurs et délectrices pour les partis sociaux-démocrates, socialistes, «communistes révisionnistes», frontistes et populistes, etc. La petite bourgeoisie courtisane, intellectuelle, syndicale, affairiste, électoraliste, dirigeante dONG et dorganisations communautaires populistes, s'est engouffrée dans les organisations de masse de la gauche plurielle et multicolore, imposant son idéologie, sa pensée et sa méthodologie qui ne pouvaient être prolétariennes puisque ces gens ne connaissaient rien à la classe ouvrière. Aujourdhui, ces altermondialistes, ces anarchistes, ces nationalistes, ces socialistes, ces écologistes, ces frontistes populistes, ces anarcho-syndicalistes font carrière à la gauche de léchiquier politique bourgeois, chacun dans leur cellule communautaire sectaire, attendant que la bourgeoisie daigne les appelés à partager une parcelle de son pouvoir. Il ny a rien détonnant là-dedans, rien de surprenant dans cet engouement des sous-fifres de laile gauche politique pour lendoctrinement et lembrigadement des travailleurs. Ce qui étonne cest que les forces marxistes révolutionnaires plutôt que de demeurer sur place, parmi les ouvriers, à se colletailler pour présenter lidéologie marxiste, se sont retirés dans leurs tranchées sans regimber, abandonnant la classe à la mouvance opportuniste et réformiste gauchiste. Il faut noter que toutes ces organisations communautaires et populaires de la gauche sectaire présentent quelques caractéristiques similaires : A) Une ligne politique opportuniste, économiste et réformiste qui fait consensus puisque la révolution ouvrière est niée ou remise aux calendes grecques. B) Des méthodes organisationnelles laxistes, communalistes, communautaristes et claniques. C) La lutte de classe anémiée, étouffée, muselée, réprimée au nom de lunicité de la pensée : « Pas de polémique dans lorganisation unifiée par sa ligne politique opportuniste, économiste et réformiste unique ». D) La lutte de classe est remplacée par lagiotage, les rumeurs, les ragots, le trafic dinfluence, léchange de votes et de postes cooptés «Tu me grattes le dos, je te frotte la bedaine». Ton ennemi est mon ennemi et ton ami est aussi mon ami. Dans une organisation opportuniste canadienne, les militants avaient droit à des sessions de réflexion sur la façon de semparer de la direction dun conseil syndical régional, seule, ou en concertation avec une autre organisation de la gauche populiste réformiste. Voilà le type de « lutte de classe » que mène une organisation sectaire. Les organisations de la gauche sectaire sont obnubilées par le nombre de militants enrégimentés et disposés à voter pour leurs candidats. Cette lubie du nombre est reliée à limpérative nécessité du marchandage électoral. Les organisations sectaires ont leurs vedettes éphémères, un outil indispensable en campagne électorale bourgeoise pour qui désire semparer de la direction dorganisations de masse, dorganisations populistes et négocier la répartition des postes de permanents rémunérés. Les organisations de la gauche sectaire font consensus à propos des pseudos luttes féministes totalement déconnectées des combats pour lémancipation de toute la classe ouvrière (femmes et hommes) et contre lexploitation et laliénation capitaliste source profonde de loppression des femmes. Ces écervelées oublient que le patriarcat nest quune forme particulière de lexploitation capitaliste. Il nest pas sectaire de présenter limpérative nécessité de mener la lutte de classe sur tous les fronts. Les batailles stylistiques et orthographiques féministes, futiles et mesquines, dont sont friands les syndicalistes daffaires et certaines organisations populaires, nont rien à faire avec la lutte de classe pour semparer du pouvoir dÉtat qui abolira le patriarcat et expropriera limmense fortune des patriarches rentiers et rentières, en même temps que le pouvoir capitaliste privé sur les moyens de production et déchanges. Le consensus est complet parmi les organisations opportunistes, réformistes et populistes sectaires sur la nature providentielle et paternelle de lÉtat des riches (lÉtat providence). Les sectaires pensent que cet État dévoyé peut parfois dévier de sa route de neutralité, mais que de bonnes élections devraient le remettre dans la bonne direction au service des citoyens et des citoyennes. Les militants de gauche nont pas à respecter ce consensus chimérique et ils ont pour devoir de démasquer lÉtat bourgeois partout où des travailleurs sassemblent sous la gouverne de ces organisations de la gauche prostrée en train de pleurer sur la déchéance de lÉtat des riches. Le sectarisme est anti-ouvrier Ainsi, une organisation politique sectaire nest pas une organisation de classe, mais un regroupement dindividualistes unis par leurs centres dintérêt disparates, leurs passe-temps, leurs lieux de travail, leurs relations sociales, leurs quartiers, leur statut demploi précaire, leurs loisirs menacés, tous amalgamés selon le plus petit commun dénominateur idéologique et politique qui en société bourgeoise ne peut être que politiquement bourgeois. Ainsi, tous les amis de la fratrie organisationnelle conviendront que les politiques et les mesures daustérités sont à dénoncer et tous seront invités à pleurer sur la lâcheté de lÉtat des riches qui ose tolérer depuis des années les échappatoires et les paradis fiscaux. Le petit bourgeois remédiera à cette injustice inéluctable par la puissance des bulletins de scrutins. Et les libertaires sectaires seront heureux de leur fait de collusion et de leur méfait de propagande. Ils ont accrédité la petite bourgeoisie universitaire qui a pleurniché sur les iniquités et laissé supposer que lon pouvait régler cette spoliation de classe par des machinations et des tractations électorales. Le consensus politique sectaire suppose que nul ne remette en cause le mode de production capitaliste comme vecteur fondamental de toute cette misère et que nul na le droit de prétendre que sans le renversement violent de toute la superstructure étatique de lÉtat des riches il ne peut y avoir de solutions aux maux de laustérité. Les révolutionnaires doivent-ils fuir ces assemblées endoctrinées de peur dy apporter la vérité controversée ? Nullement, cest à nous dapporter lautre point de vue qui fera contraste et remettra en cause la dictature du consensus petit-bourgeois et féministe collaboratrice. Ce nest pas lharmonie au prix des compromis qui nous tient à cur, mais darmer notre classe dune conscience de meneur et de vainqueur. La petite bourgeoisie dispose de lappui de lappareil dÉtat comprenant les ONG, les associations populaires subventionnées, les syndicats de la formule Rand assurée, et les médias à la solde pour imposer leurs idées et les présenter comme allant de soi, normales et convenues entre tous ceux désireux « de corriger les inégalités sociales et les iniquités qui se sont malencontreusement glissées dans ce système économique et politique si précieux à leurs yeux » (sic). Le sectarisme consiste pour les Partisans à se retirer de ces organisations de masse pour se terrer dans leurs quartiers, et leurs organisations loin des ouvriers et de leurs alliés. La classe ouvrière est révolutionnaire La révolution sera la réalisation de la classe ouvrière. Elle sera spontanée, violente, imprévisible, non planifiée, et elle sera luvre de millions douvriers violents, décidés, déchaînés, désorganisés, désorientés. Ils sauront tous ce quils ne veulent plus loppression, lexploitation, la spoliation, laliénation, laustérité, la misère, le chômage, linsécurité et la guerre . Ils sauront comment détruire leur présent, mais ils ne sauront pas comment construire leur avenir. De ces rangs militants surgiront spontanément des idées qui présenteront des alternatives. Le tout, pour un temps, ressemblera à une anarchie spontanéiste et créatrice. Une certitude cependant, lémancipation de la classe ouvrière sera luvre de la classe ouvrière elle-même. Les révolutionnaires ne pourront contribuer à cette construction exemplaire quen étant au centre de la classe pas en retrait, pas à ses côtés pas à labri des méfaits des opportunistes, des économistes, des anarcho-syndicalistes et des réformistes mais au cur du combat, parmi tous ceux qui auront la prétention davoir raison. Les associations communautaristes, les clans et les sectes communalistes, qui se seront habituées à tout contrôler, à diriger leur groupuscule daffidés pusillanimes, disciplinés, outragés et aliénés seront alors désemparées. Depuis bien des années, au nom de lunité pour « fraterniser » et se « solidariser » entre militants inter-clans, les gourous à la tête de ces tribus interdisent les discussions, bannissent la polémique, détournent les débats, transforment chaque argument politique en mantras solipsistes et chaque confrontation de principe en une suite darguties personnalisées et en sophismes anecdotiques, travestissant chaque questionnement en inepties vindicatives. Les appels à la « solidarité » ouvrière (sic) Les organisations opportunistes, réformistes, populistes raffolent de ces appels à la « solidarité » ouvrière et populaire, manifestant ainsi leurs conceptions politiques et idéologiques sectaires. La classe ouvrière et son avant-garde ne sont pas « solidaire » lune envers lautre. Elles ne forment quune seule entité, lune et lautre, soudée en un seul bloc de classe. Peut-on dire que le cur est « solidaire » du cerveau ? Il ny a que des gens venant den dehors de la classe ouvrière pour avoir des idées aussi saugrenues, aussi étrangères à la classe ouvrière. Récemment, nous demandions à des militants dune organisation sectaire : « Pourquoi, près de 150 luttes de libération nationale dans le monde, depuis 60 ans navaient produit aucun État socialiste ? » La stupeur se lisait sur le visage de nos interlocuteurs. Comment des marxistes osaient-ils les questionner dans une assemblée sectaire publique ? Ces potentats gauchistes, ces boss syndicaux, ces chefs de cliques, ces vedettes fumistes ne cherchent pas tant lunité des combattants de la liberté de classe, que de rassembler sous leur autorité leur couvée de militants bien drillés. Le dicton de ces mentors de la gauche retors est bien connu : « Vaut mieux être Roi de Saint-Ouen que Prince à Berlin ». À SUIVRE
MANIFESTE DU PARTI OUVRIER http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073
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