| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 26-01-2015 à 21:50:28
| Le Prophète Muhammad a été attaqué dès le début de la Révélation. Il nous faut définir tout de suite la conception islamique de lislam qui diffère de la conception chrétienne, où la religion - ou la religiosité - nest dentifiée ni par un prophète, ni par une règle. Lislam se présente comme un acte de foi ; cest la reconnaissance dune adhésion consciente à lÊtre suprême. Pour les musulman-e-s, appréhender la dimension du Transcendant signifie se libérer de toute manifestation du contingent. On retrouve ainsi lidée de la reconnaissance de lUnique pour se libérer de tout ce qui relève des contingences de la vie ; reconnaître ce quIl est, cest se libérer de toute soumission à ce quIl a créé : influences des être humains, modes, tensions personnelles, émotionnelles ou matérielles. Lislam se définit donc par cet état de reconnaissance. Quand, au XVIII[sup]ème [/sup]siècle, certains penseurs comme Montesquieu ou Voltaire commencent à sintéresser à la question de lislam, on les entend parler de « mahométans ». Cette appellation en soi est une grave erreur car elle fait référence, par analogie, à ce que lon connaît pour le christianisme et le Christ. Or, dans la tradition musulmane, on se réclame dun acte de reconnaissance du Créateur de tous les hommes, et non pas dun être humain, même sil est le modèle des musulmans, même sil est celui qui va leur permettre de se rapprocher de Dieu. Cest un aspect fondamental, car ici le rapport du Créateur à sa Création est déplacé et se différencie de la conception chrétienne. Certes, ces aspects peuvent paraître secondaires, voire des évidences, mais il faut savoir les dire dans un contexte qui a en quelque sorte enraciné dans linconscient collectif des représentations faussées qui remontent au Moyen Âge. Lislam étant la dernière des religions, il ne pouvait manquer de susciter un courant dhostilité qui, au cours de lhistoire, a revêtu des formes diverses : la force armée avec les expéditions militaires, les attaques par lécriture, une législation ressentie comme agressive et discriminanteet enfin, les blasphèmes. Lislam est dabord attaqué par lépée. Les Croisades débutent en 1095 pour se dérouler sur trois siècles, avec lobjectif de chasser les musulmans de la ville de Jérusalem. Lislam sort finalement renforcé de cette épreuve, avec la constitution de lEmpire ottoman qui va embrasser le Proche-Orient, lEurope des Balkans, lAfrique du Nord et une bonne partie de lEurope de lEst. Lislam est ensuite attaqué par la plume, avec des écrits comme « la Chanson de Roland » (lauteur représente lislam comme le grand ennemi de la chrétienté), « la divine Comédie » de Dante. Dans la croisade intellectuelle qui se poursuit, des figures de la littérature se distinguent. Citons en vrac Pascal (dans ses pensées, on trouve le chapitre : « contre Mahomet »), Voltaire (avec son « le Fanatisme ou Mahomet le Prophète »), Salman Rushdie et les fameux « Versets sataniques », Michel Onfray pour qui « lislam est un problème », etc. La législation va même être utilisée contre lislam. En France, cest la loi de 2004, appelée pudiquement « loi encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics », qui interdit de facto le port du voile islamique, dénoncé comme symbole doppression, de soumission, de manque de respect à légard de de la femme. C'est ainsi que de jeunes musulmanes qui se couvraient la tête ont été exclues de leurs écoles alors que certaines de leurs camarades y sont toujours admises avec des tenues dénudant le nombril. Comment peut-on imaginer que limposition du dévoilement pour rester scolarisée puisse se dérouler sans provoquer un sentiment de négation, de mépris et dhumiliation alors que, dans la plupart des établissements, les petites croix portées en pendentifs sont tolérées (car hypocritement considérées comme non ostentatoires) ? Les témoignages présents dans le livre « les Filles voilées parlent », paru en 2008, sont significatifs. Les derniers dérapages de Charlie hebdo ont constitué en quelque sorte la cerise sur le gâteau. Olivier Cyran (qui a travaillé de 1992 à 2001 à la direction de lhebdomadaire satirique) ny va pas par quatre chemins. « Le pilonnage obsessionnel des musulmans auquel Charlie hebdo se livre depuis une grosse dizaine dannées a des effets tout à fait concrets. Il a puissamment contribué à répandre dans lopinion « de gauche » lidée que lislam est un « problème » majeur de la société française. Que rabaisser les musulmans nest plus un privilège de lextrême-droite », mais un droit à limpertinence sanctifié par la laïcité, la république, le « vivre ensemble ». Et même, ne soyons pas pingres sur les alibis, par les femmes étant largement admis aujourdhui que lexclusion dune gamine voilée relève non dune discrimination stupide, mais dun féminisme de bon aloi consistant à sacharner sur celle que lon prétend libérer. Drapés dans ces nobles intentions qui flattent leur ignorance et les exonèrent de tout scrupule, voilà que des gens qui nous étaient proches et que lon croyait sains desprit se mettent brusquement à débonder des crétineries racistes. À chacun ses références : la Journée de la Jupe, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Caroline Fourest, Pascal Bruckner, Manuel Valls, Marine Le Pen ou combien dautres, il y en a pour tous les goûts et toutes les « sensibilités ». Mais il est rare que Charlie hebdo ne soit pas cité à lappui de la règle dor qui autorise à dégueuler sur les musulmans. [
] Ils ne manquent jamais de se récrier quand on les chope en flag : mais enfin, on a bien le droit de se moquer des religions ! Pas damalgame entre la critique légitime de lislam et le racisme anti-arabes ! ». Olivier Cyran a écrit ce texte en décembre 2013, soit à peine plus dun an avant lattentat qui a décimé la direction de Charlie hebdo. Bien entendu, on naura pas échappé à une récupération politique de cette affaire. Les débats médiatiques et politiques nont eu de cesse de stigmatiser ces dernières années les musulmans en les amalgamant fréquemment à lintégrisme, au djihadisme, au terrorisme, etc. Pourtant, les frères Kouachi et Coulibaly ne sont pas la production dun produit étranger ou dun certain islam (toutes les explications exclusives à une communauté sont inévitablement racistes). Ils sont au contraire le résultat des carences, des inégalités, des humiliations et des contradictions de la société française. Alors quun arsenal juridique impressionnant forme le dispositif français de lutte contre lantisémitisme, alors que les formations de la droite extrême ont remplacé celui-ci par lislamophobie, alors que les grands partis de droite et de gauche laissent régulièrement percer leur haine de lislam et défendent les mesures prises par lÉtat (au nom de la laïcité ou de la défense des femmes), ce racisme ne rencontre pas la riposte quil mérite. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-luttons-plus-que-jamais-contre-l-islamophobie-125435258.html
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