| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 05-10-2014 à 19:36:26
| Au temps du fascisme, le contrôle des gouvernants sur les peuples sexerçait de manière autoritaire et la répression était la règle contre les opposants au régime. Aujourdhui, le droit de vote constitue la clé de voûte de la démocratie. Établi en France par la Constitution des droits de lhomme et du citoyen de 1789, il permet à chacun dexprimer pleinement ses libertés individuelles. Choix des dirigeants, moyen de faire entendre sa voix, voter reste selon la vulgate officielle le moyen le plus efficace et le plus direct de participer à la vie démocratique. La pétition, la grève, la manifestation, etc. ne sont que le corollaire du droit de vote qui reste le rouage fondamental du système démocratique. Cet horizon semble généralement indépassable. Alors, quand Herbert Marcuse affirme « qu une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté, la non-liberté efficace, lisse, raisonnable, qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même », cette phrase interpelle. Pour bien comprendre ce que le philosophe allemand voulait dire, il est nécessaire de comprendre les nouvelles formes dassujettissement de la société postmoderne daujourdhui, royaume de lillusion réconfortante chère à Chomsky. Depuis la disparition du Rideau de Fer et la chute du mur de Berlin, daucuns se croient entrés dans une ère post-idéologique. Une ère libérée des dogmatismes du XX[sup]ème[/sup] siècle, un monde dans lequel chaque individu est en mesure de déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles, morales, politiques et religieuses. « On pense à ce que lon veut et on pense soi-même à ses idées », nous dit-on. À partir de la fin des années soixante-dix, le néolibéralisme apparaît comme la nouvelle idéologie dominante. Elle sera dabord mise en application aux États-Unis avec le président Ronald Reagan et en Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher avant de se propager au reste du monde. Sur le plan politique, le néolibéralisme prône une réduction maximale de lÉtat ce qui, mécaniquement, accentue le pouvoir de loligarchie. Sur le plan économique, cest le développement du marché dans tous les domaines, la financiarisation dune partie du capital et la mondialisation du commerce. LÉtat nest plus à même de réguler à lui seul le marché, en conformité avec lequel la politique doit désormais évoluer. On assiste à un renforcement de la libéralisation, de la privatisation et de la dérégulation. Lesconséquences sociales de ces mutations économiques sont de plus en plus perceptibles et douloureuses : lémergence dune « classe supérieure » adaptée au nouvel environnement concurrentiel va de pair avec celle dun groupe sans cesse grandissant de personnes laissées pour compte. Les intérêts du marché lemportent sur ceux de la société. Ces mutations économiques et politiques influencent profondément le monde des idées et de la culture. Ces activités humaines ne doivent-elles pas elles aussi se soumettre aux lois du marché ? Les produits culturels deviennent interchangeables, la solidarité humaine est réduite à des rapports entre producteurs et consommateurs et les institutions culturelles deviennent des entreprises du marché de la culture. Cest dans les médias, qui règnent à présent en maîtres sur le domaine culturel, que la commercialisation de la culture est la plus évidente. Les médias sont désormais plus importants dans la socialisation que ne létaient lenseignement et lEglise autrefois. La télévision occupe aujourdhui une place prépondérante dans notre société. Elle est pour ainsi dire le ciment social ; elle constitue le cadre référentiel, quasi unique, de la société. Les médias, on peut sen douter, fonctionnent à tous égards selon des critères privés, inspirés du marché. Il y a encore une vingtaine dannées, les journaux dépendaient (en partie) pour leur financement dorganisations politiques ou philosophiques. La presse dopinion était encore bien présente. De nos jours, tous les journaux sont des produits commerciaux dirigés par des entrepreneurs (des patrons) et soumis fatalement aux lois du marché. Il en va de pair avec la télévision. Ne parlons pas de labrutissement dont est victime le secteur médiatique dans sa quasi-totalité. La plupart des journaux et émissions télévisées réduisent linformation et dactualité aux futilités de la vie quotidienne. Les actualités se traduisent en taux daudience, si bien que linformation nest plus diffusée quà la condition de générer du profit. Les médias sont pour ainsi dire des producteurs de matière idéologique. Ils déterminent ce dont on parle et ce dont ne parle pas, ce qui peut être regardé et ce qui ne peut pas lêtre, qui est ou qui nest pas « expert ». Ils définissent les limites de la critique permise ; ils font partie de la grande industrie du divertissement, source denrichissement infinie pour les propriétaires et ses vedettes. Le concept didéologie se voit dans ce contexte singulièrement réduit à une pensée unique. « Symbole dun marché désincarné et sans visage, cette dernière évoque une représentation insaisissable du pouvoir, entre dispersion et disparition, dissémination et dissolution ». Notre époque est finalement la plus idéologique qui soit. Comme lécrivait Marx il y a près de deux siècles dans lIdéologie allemande, « les pensées de la classe dominante sont les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle ». Ainsi, les pensées dominantes ne sont pas autre chose que lexpression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme didées, donc lexpression des rapports qui font dune classe la classe dominante. Ce sont en quelque sorte les idées de sa domination. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, la société dans son ensemble, sont dominés par les relations sociales quimpose cette pensée unique. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. Sous les apparences de liberté se cache en réalité une dictature suffisamment subtile pour faire croire au plus grand nombre quil est encore libre. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-le-liberalisme-une-dictature-qui-se-met-en-marche-124720020.html
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9384 messages postés |
| Posté le 05-10-2014 à 20:15:08
| sous l Empire Romain,ca s appellait "panem et circenses",du pain et des jeux.
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