| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 04-03-2026 à 21:09:41
| | La Chine appelle à isoler l’hégémonisme La guerre déclenchée par les USA suivant la théorie de « l’ingérence humanitaire » ne peut pas dissimuler ses véritables finalités : briser l’essor du monde multipolaire, des BRICS, et de la Chine en particulier. Deux contradictions sont à l’origine de ce conflit, d’une part celle entre l’hégémonisme et le monde multipolaire, et d’autre part celle entre le capitalisme et le socialisme. Et le « changement de régime » en Iran n’est qu’un rideau de fumée pour les dissimuler. Encore une fois l’ordre unipolaire entrave le développement des échanges mondiaux, et l’échec du blitzkrieg prévu initialement se traduit pas un ralentissement et un renchérissement du commerce international. Encore une fois l’ONU et les règles internationales de la coexistence pacifique sont bafoués par le gangstérisme sans foi ni loi des USA. La mainmise des USA sur l’Iran vise évidemment la route de la soie et le commerce chinois, et l’essor de ce pays socialiste n’est pas seulement pour l’hégémonisme une menace économique et financière, mais aussi une menace politique et idéologique. La Chine Populaire ne veut pas remplacer l’hégémonisme US par le sien. Elle n’ajoute pas la guerre à la guerre et ne prétend pas se poser en chevalier blanc de la libération mondiale. Son but, défini dans ses propositions de gouvernance mondiale, est un monde multipolaire où chaque pays ait droit à la parole et soit respecté, quelle que soit sa taille. Où les instances internationales, l’ONU et les lois de la coexistence internationale soient respectés et fassent autorité. Aussi s’adresse-t-elle à la communauté internationale : levez-vous, prenez la parole « De l'effondrement des systèmes coloniaux à la fin de la Guerre froide, et à l'essor collectif des pays du Sud, la multipolarisation du monde et la démocratisation des relations internationales sont des tendances irréversibles de notre époque. La loi du plus fort n'a plus d'avenir et l'hégémonie est impopulaire. La communauté internationale doit s'unir davantage, faire respecter la justice, défendre l'État de droit et pratiquer le multilatéralisme afin d'éradiquer définitivement les jeux de pouvoir. » Xi Jinping ne se croise pas les bras en attendant passivement la fin du conflit. Il applique les principes de la guerre révolutionnaire de Mao Zedong, encercler la ville par les campagnes et unir tout ce qui peut être uni contre l’ennemi principal. Xuan pour Histoire & Société ____________________ La communauté internationale doit adopter une position plus claire et plus ferme contre la loi du plus fort : éditorial du Global Times Par Global Times Publié le 2 mars 2026 à 00h11 https://www.globaltimes.cn/page/202603/1356042.shtml Le week-end qui vient de s'achever a été marqué par des frappes surprises menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, entraînant la mort du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et de plusieurs hauts responsables. Cette opération a plongé le Moyen-Orient dans un abîme de danger. Ce qui choque profondément la communauté internationale, c'est que cette attaque ait été perpétrée en plein processus de négociations entre les États-Unis et l'Iran. De nombreux analystes estiment que l'Iran a été délibérément trompé. Plus inacceptable encore, les États-Unis et Israël ont ouvertement assassiné le dirigeant d'une nation souveraine, incité à un changement de régime, puis s'en sont vantés comme d'une sorte de « succès ». Ces actions témoignent d'un mépris flagrant et d'une violation des normes fondamentales des relations internationales. Quelle que soit la minutie avec laquelle les États-Unis et Israël ont pu planifier, le cours d'une guerre ne peut jamais être tracé avec précision par l'homme. Un conflit est comme un immense tourbillon : une fois aspiré, nul ne peut prédire où il nous emportera. L'histoire du Moyen-Orient l'a maintes fois démontré. Le chaos engendré par les États-Unis et Israël en Iran et dans l'ensemble du Moyen-Orient est très probablement le prélude à un bouleversement tragique encore plus grave. Un chercheur d'un think tank britannique a averti que cela pourrait entraîner « instabilité, migrations, radicalisation, prolifération de groupes armés, voire des répercussions régionales », ouvrant potentiellement la voie à « un nouveau cycle de conflits catastrophiques ». De fait, les actions inconsidérées des États-Unis et d'Israël ont déjà déclenché une réaction en chaîne. Les attaques ont fait de nombreux morts et blessés parmi les civils iraniens. Les flammes de la guerre se sont propagées d'Iran et d'Israël aux pays voisins, notamment Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Qatar. L'aéroport international de Dubaï a été contraint de suspendre ses activités et une épaisse fumée s'échappe de l'hôtel Burj Al Arab. La fermeture du détroit d'Ormuz plonge également les chaînes d'approvisionnement énergétique et de transport maritime mondiales dans l'incertitude. La priorité immédiate – et le large consensus de la communauté internationale – est de mettre un terme sans délai aux opérations militaires, d'empêcher la propagation du conflit et d'éviter que la situation ne devienne totalement incontrôlable. La plupart des pays espèrent que les parties impliquées parviendront rapidement à une désescalade par les voies politiques et diplomatiques. Ils espèrent assister à un tournant décisif dans la confrontation entre les États-Unis et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part – un tournant qui, tout en maîtrisant les risques, crée les conditions d'une reprise du dialogue et empêche les chocs géopolitiques de dégénérer en crises économiques et sécuritaires internationales de plus grande ampleur. Cette frappe unilatérale a révélé une tendance dangereuse. L'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran n'est pas une « exception » isolée ; elle est plutôt le fruit d'un schéma persistant où quelques pays appliquent la loi du plus fort. Par le passé, les États-Unis ont contourné l'ONU pour lancer des guerres en Afghanistan et en Irak, imposant arbitrairement des sanctions unilatérales et une juridiction extraterritoriale, et laissant derrière eux des conflits et des souffrances sans fin dans ces régions. Plus grave encore, ces actions ont érodé le système international centré sur l'ONU et sapé les normes fondamentales des relations internationales. Plus de vingt ans se sont écoulés, et ces actions unilatérales non seulement n'ont pas disparu, mais ont au contraire ressurgi à maintes reprises, engendrant sans cesse de nouvelles crises humanitaires, ce qui est véritablement désolant. Lorsque la loi du plus fort trouvera un terrain fertile dans le monde actuel et que la logique de la survie du plus apte sera tacitement acceptée, elle deviendra bien plus qu'une simple catastrophe régionale. Si les « frappes préventives » peuvent servir de prétexte pour contourner l'ONU, ignorer les procédures diplomatiques et recourir sans ménagement à l'action militaire contre d'autres pays, alors le système international établi après la Seconde Guerre mondiale, centré sur l'ONU, perdra tout son sens. Imaginons un scénario où des sanctions unilatérales et des frappes militaires peuvent arbitrairement bafouer la Charte des Nations Unies, où les grandes puissances peuvent faire fi des vies civiles pour servir leurs propres intérêts et attiser imprudemment les tensions régionales. Les tragédies qui se déroulent aujourd'hui au Moyen-Orient pourraient tout aussi bien se reproduire demain aux quatre coins du monde, rendant la sécurité impossible pour toutes les nations. La communauté internationale doit s'élever plus clairement et plus fermement contre le retour à la loi du plus fort. Ce consensus devrait être le plus fort de la communauté internationale actuelle. Les bouleversements soudains au Moyen-Orient ont encore accentué l'urgence et l'importance capitale de promouvoir une réforme du système de gouvernance mondiale. Ils confirment une fois de plus que l'égalité souveraine est la pierre angulaire de la paix mondiale, tandis que l'arrogance et l'intimidation des plus faibles sont les causes profondes des conflits et des troubles. Quelques pays et groupes, forts d'une prétendue « position de force », se livrent à des pratiques de pouvoir et d'intimidation. Ces comportements constituent le principal facteur de perturbation de l'ordre international actuel. Pourquoi agissent-ils avec une telle impunité ? Une raison importante réside dans la faiblesse des mécanismes de contrôle du système international actuel. Si l'état de droit international était plus solide, si les pays s'engageaient davantage dans un véritable multilatéralisme, et si les actions hégémoniques étaient soumises à une forte pression internationale et entraînaient des conséquences politiques importantes, le monde serait plus proche de l'équité et de la justice. De l'effondrement des systèmes coloniaux à la fin de la Guerre froide, et à l'essor collectif des pays du Sud, la multipolarisation du monde et la démocratisation des relations internationales sont des tendances irréversibles de notre époque. La loi du plus fort n'a plus d'avenir et l'hégémonie est impopulaire. La communauté internationale doit s'unir davantage, faire respecter la justice, défendre l'État de droit et pratiquer le multilatéralisme afin d'éradiquer définitivement les jeux de pouvoir. Le Moyen-Orient, qui a subi les ravages de la guerre et les aléas de la vie, aspire à une paix et une tranquillité véritables.
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| Posté le 04-03-2026 à 21:13:28
| | Franck Marsal : Les aventuriers de l’impérialisme perdu admin531928 février 2026 C’est le titre de l’un des chapitres de mon petit livre pamphlet le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire. ET après ? Tous les jours nous tenterons d’en tirer quelques leçons : Je constate avec joie que l’équipe d’histoire et societe est en train de franchir son propre seuil de réflexion par rapport à la déception de n’avoir pas su, y compris en tant que collectif, porter plus loin sa propre démarche. Au point, malgré un certain succès éditorial, de n’avoir pas su vaincre la censure de la société française et l’état réel du médiatico-politique, la manière dont nous sommes nous mêmes bloqués par l’anomie, l’individualisme avec « l’existentiel » ou ce que nous estimons tel et qui détruit le collectif au lieu d’être un approfondissement. L’impérialisme n’est plus capable d’autre chose que, à chaque manoeuvre, d’approfondir son échec et celui de ceux qui sont ses vassaux victimes. Nous sommes dans l’illusion des « solutions » qui évitent cette autocritique matérialiste dont le texte de Xuan fait état par ailleurs, elles confortent simplement ce qui a créé les conditions de l’échec, le choix de la défaite de la nation par incapacité à donner à celle-ci son potentiel internationaliste dans ce monde multipolaire. Par parenthèse, on ne peut pas se limiter au manifeste à propos de Marx et de tout l’apport théorique du socialisme réel ses victoires et ses échecs, et nous avons besoin de travailler, travailler, encore travailler comme le disait Lénine. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete) _____________________________ Cet article et le texte sur les 100 ans du PCC sont très éclairants quant aux difficultés de notre époque : sur la nécessité des développements de la bonne compréhension théorique, sur le risque à chaque étape de développement de commettre des erreurs qui se traduisent inévitablement par des reculs et des échecs parfois importants, et sur l’articulation entre ces développements théoriques, les stades de construction du socialisme, et le développement des forces productives, qui donne l’énergie et le temps nécessaire pour franchir les seuils avec succès ou si nécessaire, reconstruire après des échecs et des erreurs. Les idéalistes de tous poils veulent constamment éviter cette question des seuils, en imaginant un processus continu (sans révolution) de transition directe du capitalisme au communisme. Ils nous accusent d’ »étapisme », et voient dans cette logique de « transition continue sans révolution » tout acquis temporaire comme « du communisme déjà-là ». Pourtant, l’expérience confirme la théorie de Marx: l’histoire sociale progresse par bonds. Il y a des seuils, des étapes et des stades et non seulement le stade général du socialisme existe, entre la prise du pouvoir et l’établissement d’une société communiste totalement développée, d’une société sans classes, mais ce stade du socialisme est un stade de transition, lui-même constitué d’un mouvement qui, comme l’explique le document du PCC, se déroule sur une longue période de développement historiqueCe développement historique lui-même est constitué de sauts qualitatifs et de mouvements d’accumulation des forces productives. Comme nous l’avons déjà évoqué (et comme Marx l’explique, notamment dans le Manifeste du Parti Communiste), la révolution prolétarienne, doit se constituer, conquérir le pouvoir et développer de nouveaux rapports sociaux sur une base nationale (Marx dit « le prolétariat se constitue lui-même en nation, quoique nullement au sens bourgeois du mot »), mais en même temps, doit résoudre des tâches internationales et en particulier, lutter contre l’impérialisme, établir des nouveaux rapports mondiaux progressistes et basés sur le respect de la souveraineté et la coopération. Or, pendant ce processus, les forces productives se développant, sortent chaque jour davantage du cadre national et se « mondialisent ». Le développement du mode de production socialiste se produit dans ces conditions très complexes. L’URSS naît dans le contexte de la 1ère guerre mondiale, transformée en guerre civile par la révolution. Comme nous l’avons déjà souligné, elle accomplit une série de tâches historiques fondamentales, dont la modernisation de la société russe, l’établissement d’une forme précoce de socialisme, la reconstruction du mouvement révolutionnaire mondial et surtout, susr le plan inernational, la fin de la guerre impérialiste, la victoire contre le nazisme et le fascisme, puis la liquidation des vieux empires coloniaux, anglais et français notamment. En revanche, l’émergence des USA comme nouveau centre impérialiste et nouveau mode d’accumulation capitaliste, crée une situation que l’URSS ne parvient pas à démanteler, pour des raisons à la fois objectives (ralentissement du développement des forces productives après les « réformes » de Khrouchtchev) et subjectives (erreurs et trahisons). D’où la phase de recul que nous avons vécu depuis 70 ans. Le développement de la Chine, dont on perçoit bien le caractère avancé, tant sur le plan technologique, que sur les plans historiques et sociaux, en marque en réalité la fin. Le stade auquel nous arrivons est manifestement un stade critique mondial, celui où le développement des forces productives de type socialiste arrive en situation de l’emporter en termes de dynamique politique et sociale) sur le système capitalisme lui-même. C’est la situation que nous devons analyser et sur laquelle nous devons prendre collectivement des orientations les plus correctes Je complète mon propos : Lorsque je dis que les forces productives socialistes sont en situation de l’emporter sur le système capitaliste (à son stade impérialiste finissant), je ne dis pas qu’elle l’ont emporté et c’est très différent. C’est pour moi la situation que Danielle décrit sous le terme de Zuzgzwang. L’impérialisme est loin d’être encore vaincu, il est même par certains côtés très puissant. Mais la configuration des forces fait que sa situation, quoi qu’il fasse, ne peut que se dégrader. Cela donne une nouvelle compréhension de la situation de la transition du capitalisme au socialisme. Après la révolution d’octobre 17 et la création de la Russie soviétique, après la victoire des rouges dans la guerre civile et contre les interventions impérialistes, certains (c’était le point de vue de Trotski en particulier) ont pensé que la révolution devait s’étendre comme un feu de prairie, qu’elle devait gagner des pays industriellement avancés, et notamment l’Allemagne. Pour eux, le socialisme ne pouvait survivre ni se développer dans un pays arriéré comme la Russie. Cela a été essayé. Trotski a notamment supervisé la tentative d’insurrection par le KDP en Allemagne en 1923. Mais cette tentative a échoué, comme les autres tentatives de cette période. La révolution – comme le souligne Marx – s’effectue d’abord sur des bases et des conditions nationales. Le succès d’une révolution dans un autre pays crée un facteur favorable, mais non décisif. La doctrine dite du « Socialisme dans un seul pays », qui est formulée par Staline mais qui est en fait celle de l’immense majorité des communistes au niveau mondial n’est pas un choix : c’est un constat. Lenine considérait que la survie de la Russie après la guerre civile était l’acquis le plus précieux du mouvement ouvrier mondial. Après les échecs des révolutions dans d’autres pays, l’URSS se retrouve isolée et doit entériner la nécessité de poursuivre la construction du socialisme dans ces conditions : non seulememt isolée, mais avec tout autour d’elles des puissances impérialistes hostiles et plus tard, le nazisme. L’URSS va relever ce défi, développer son industrie, développer une diplomatie internationale (s’alliant avec les impérialistes britanniques, français et étas-uniens, qui ne sont pas du tout des « amis » du socialisme) qui lui permettra non seulement dde survivre, mais de vaincre et de contribuer à changer durablement les rapports mondiaux. Mais malgré tous ces soubresauts et de violentes secousses révolutionnaires dans de nombreux pays, malgré la construction de partis révolutionnaire de masse dans de nombreux pays, la révolution socialiste ne gagne toujours pas les centres dominants de l’économie mondiale. On passe du « socialisme dans un seul pays » au « socialisme dans une poignée de pays », mais ces pays sont toujours des pays en retard sur le développement mondial des forces productives, qui doivent tous engager prioritairement le rattrapage de ce retard. Cette situation reste bloquée et se dégrade (ce qui est d’un point de vue matérialiste dialectique logique : ce qui ne se développe pas va se dégrader), jusqu’au démantèlement de l’URSS. Et rien ne surgit jusqu’au moment où la Chine socialiste, par son développement productif conséquent, par la création des BRICS, change les rapports mondiaux en brisant le plafond de verre du développement représenté par le contrôle des USA sur le système monétaire / financier et sur la technologie. On connait le schéma de Marx sur le mouvement du capital : A – M – A’ : l’argent s’investit en marchandises productives, dont la force de travail puis les marchandises produites sont réalisées en argent (marchandise équivalent général), en quantité supérieure à ce qui a été investit. En contrôlant le système monétaire et financier, les USA sont en situation de contrôler la transformation de l’argent en marchandises productives : où et comment va-t-on investir. En contrôlant la technologie, ils sont capables de contrôler la majorité de la captation de la plus-value, en constituant des monopoles technologiques et en captant ainsi une rente de monopole. S’adjoint une troisième domination impérialiste : la domination politico-militaire, qui vient couper à la racine toute menace de destabilisation de leur contrôle. Ce n’est pas une nouvelle révolution, et surtout pas dans un pays impérialiste (ou le mouvement ouvrier est en décomposition complète partout) qui vient bouleverser cette situation : c’est le développement socialiste des forces productives de la Chine et son émergence avec les BRICS, l’OCS comme système financier et technologique mondial capable d’offrir une alternative au capitalisme à son stade impérialiste finissant, présentant lui-même des signes évidents de pourrissement. Cela conforte l’analyse selon laquelle l’échec de l’extension de la révolution socialiste entre 1917 et 1950 n’est pas imputable seulement à des facteurs subjectifs. Il y a des facteurs objectifs et les facteurs objectifs et subjectifs sont liés dialectiquement. La transition vers le socialisme est un phénomène complexe, car il se déroule sur deux niveaux différents (c’est en fait le cas de toute transition). Le capitalisme a constitué des états-nations unifiés et un système mondial inégalitaire entre ces états-nations, le système impérialiste colonial puis néo-colonial. Ce système impérialiste est la solution que le capitalisme a trouvé pour gérer des forces productives organisées sur une échelle mondiale alors que sa base politique et sociale n’est que nationale. Le socialisme en tant que phénomène social et politique ne peut naître que dans la nation, et n’a pu naître que dans des nations affaiblies, victimes ou aux marges de l’impérialisme, colonisées, ou semi-colonisées, arriérées et ne parvenant plus à se hisser au rang de puissances impérialistes dominantes. La solution a ce problème a nécessité plus d’un siècle, de lutte, de guerres, de révolutions mais aussi de construction de nouvelles forces productives et de développement. Il a fallu agir à la fois sur les facteurs objectifs et subjectifs, et il a fallu parvenir au stade les forces productives de type socialiste ont pu se réinjecter dans l’appareil productif mondialisé, s’y combiner avec les forces de type capitalistes encore dominantes au niveau mondial pour s’y développer et créer des conditions nouvelles de transformation en même temps que des forces productives d’un type nouveau, d’un stade supérieur : électrification généralisée, maîtrise développée de l’énergie atomique, numérisation complète et robotisation de la production, intelligence artificielle, interconnexion généralisée … Ce stade désormais atteint, des tâches nouvelles surgissent à un rythme accéléré. C’est le moment où le facteur subjectif doit s’aligner sur le facteur objectif nouveau, alors que la réaction se raidit et tente de bloquer le processus de développement. Pour un vieux pays impérialiste comme la France, un pays en voie de déclassement accéléré, du fait de l’inadaptation de ses rapports sociaux au nouveau stade, un pays désormais aux marges du centre impérialiste dominant et du nouveaux monde de l’Eurasie et de celui émergeant de l’Afrique, c’est un moment crucial : l’opportunité historique de reprendre son cycle révolutionnaire inachevé, et d’entreprendre la modernisation de ses rapports sociaux, leur mise à jour. La France dispose d’atouts certains, matériels et surtout l’énergie combattante et la créativité du peuple, qui n’a jamais renoncé à se battre durant toutes ses années de libéralisme. Elle a besoin que son Parti Communiste fasse lui-même sa mue, se dégage à nouveau de l’emprise réformiste, retrouve sa capacité auto-critique, sa discipline, se reconnecte prioritairement avec le prolétariat qui déjà se met en mouvement par plein de signes (dont un des plus marquants fût la révolte des gilets jaunes).
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 08-03-2026 à 20:51:39
| | Guerre contre l’Iran : des souffrances à court terme, des gains à long terme pour la Chine 7 mars 2026 https://histoireetsociete.com/guerre-contre-liran-des-souffrances-a-court-terme-des-gains-a-long-terme-pour-la-chine/?fbclid=IwY2xjawQasj9leHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe9NPYWrHdUhnYWYTJjgRZnyG8sSwiDa4Kp_UoYQBSKUjQHzQ1SZzx42KUUTU_aem_J7XiuHqTeoq5OnJngtc69g Tandis que la vie politique en occident vit au rythme des événements, la situation autour d’Hormuz appartient déjà à une autre temporalité. Si pour la première fois un sous marin nucléaire des USA frappe un navire iranien en face du Sri Lanka pour envoyer un message à la Chine et à ses routes de l’énergie et à son commerce, pour la Chine, qui pense dans d’autres temporalités, mesure à quel point elle peut souffrir de chaque baril de pétrole bloqué à Ormuz mais sait aussi que sur le long terme cela ouvre une fenêtre d’opportunité. Si son apparente inertie peut entraîner un renforcement de la dépendance des pays menacés par les Etats-Unis, sur le long terme c’est l’inverse parce que ce qu’a obtenu Trump est très fragile (1). C’est l’Asie centrale qui de ce point de vue est le plus caractéristique mais les autres continents du sud et des pays de l’aire traditionnelle occidentale seront contraints de se transformer ou s’effondreront économiquement voire deviendront politiquement ingérables. De ce point de vue ce que ne dit pas l’article et qui joue un rôle essentiel est la montée des mécontentements populaires face à cette guerre perpétuelle et ses conséquences. C’est ce qui me fait défendre l’hypothèse d’une nouvelle étape de développement du monde multipolaire dans lequel devra s’affirmer l’originalité de cette multipolarité par rapport à l’égalité dans la souveraineté des nations et des régions, les multiples rapports de coopération et le tout dans l’explosion des revendications populaires que provoquent les guerres (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete). (1) il ne faut pas faire de la Chine un simple acheteur, elle est mêlée au système de raffinage mondial avec des géants comme petrochina et Sinopec et si elle bloque l’exportation du pétrole et du diesel en privilégiant son approvisionnement à partir des raffineries cela peut jouer aussi sur la tendance. reçoivent l’ordre de suspendre TOUTES leurs exportations de diesel et d’essence alors que celui du gaz qui est encore plus sur tension l’est par les désordre au sein du détroit. Sans parler de la manière dont son monopole sur le traitement des terres rares pèse sur l’équipement militaire des USA, d’Israël et des Européens ce qui ne les rend pas moins dangereux au contraire puisqu’ils sont pris par le temps.
_______________________ par Tom Harper 5 mars 2026 La Chine a réagi aux attaques conjointes américano-israéliennes contre l’Iran par une ferme condamnation diplomatique. Dans un article publié le 1er mars, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua a qualifié les attaques de « violation flagrante » des buts et principes de la Charte des Nations Unies. Le même article a qualifié l’intervention de violation des « normes fondamentales des relations internationales ». Cette réaction rappelait celle de la Chine suite à la capture par les États-Unis de l’ancien dirigeant vénézuélien, Nicolas Maduro, début janvier. À l’époque, les autorités chinoises avaient condamné ce qu’elles qualifiaient de violation du droit international. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait averti qu’aucun pays ne devait se prendre pour un « gendarme du monde » ni « se prétendre juge international ». Au-delà des condamnations diplomatiques, la contribution la plus significative de la Chine au conflit iranien jusqu’à présent réside dans son système de navigation par satellite, BeiDou. Ces dernières années, BeiDou s’est imposé comme une alternative possible au système de positionnement global (GPS), dominant et détenu et contrôlé par le gouvernement américain. Durant les douze jours de guerre entre l’Iran et Israël en 2025, le brouillage généralisé du GPS a fortement perturbé les systèmes civils et militaires iraniens. La désactivation du GPS et le passage à BeiDou ont ainsi conféré à l’armée iranienne une plus grande profondeur stratégique. Cela lui a permis, par exemple, de mieux surveiller les moyens militaires américains. Le conflit en Iran risque d’entraîner plusieurs problèmes pour la Chine. L’Iran est une source d’approvisionnement essentielle en pétrole pour le gouvernement chinois, ayant exporté plus de 520 millions de barils de pétrole brut vers la Chine en 2025. Seule l’Arabie saoudite a fourni à la Chine davantage de pétrole que l’Iran cette année-là. L’impact final du conflit sur les exportations de pétrole iranien reste à déterminer. Mais il perturbe déjà considérablement le détroit d’Ormuz, principale voie de passage reliant les ports iraniens du golfe Persique et d’autres grands fournisseurs de pétrole de la région du Golfe à l’océan Pacifique. Les répercussions économiques de cette perturbation devraient être particulièrement douloureuses pour la Chine, qui importe plus de la moitié de son pétrole brut des pays du Golfe. Dans le même temps, la faiblesse perçue de la Chine, qui n’a pas réagi de manière proactive au conflit, pourrait inciter certains États à la prudence quant à un rapprochement avec Pékin. Certains pays, notamment en Amérique latine, ont déjà cherché à réduire leur dépendance excessive à l’égard de la Chine au cours de l’année écoulée, suite aux pressions et aux menaces du gouvernement américain. En janvier, par exemple, la Cour suprême du Panama a invalidé un contrat qui autorisait Panama Ports Company, filiale d’une entreprise basée à Hong Kong, à exploiter deux ports sur le canal de Panama. Cette décision est intervenue un an après que Trump a menacé de prendre le contrôle du canal afin de limiter l’influence chinoise sur cette voie maritime. Toutefois, il est tout aussi possible que cette guerre serve les efforts plus larges de Pékin pour s’imposer comme un contrepoids mondial aux États-Unis. Des pays qui entretenaient auparavant des relations tendues avec Pékin, tels que le Canada, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont déjà cherché à renforcer leurs liens économiques avec la Chine ces derniers mois, face aux inquiétudes concernant la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire. Lors de sa participation à la Conférence de Munich sur la sécurité en février, Wang Yi a insisté sur la nécessité d’une ONU renforcée et d’une coopération internationale accrue. L’imprévisibilité de l’administration Trump, illustrée récemment par sa décision d’attaquer l’Iran, pourrait conforter le message de stabilité véhiculé par la Chine. Parallèlement, Pékin pourrait instrumentaliser les frappes de représailles iraniennes contre les États du Golfe pour dissuader les pays de s’aligner sur Washington. Cette situation pourrait amener des alliés traditionnels des États-Unis en Asie, tels que le Japon et la Corée du Sud, à s’interroger sur la capacité du système d’alliances régional, longtemps maintenu par Washington, à garantir véritablement leur sécurité. Pivot vers l’Asie S’il est difficile de prédire comment le conflit en Iran va évoluer, certains analystes envisagent la possibilité d’une guerre prolongée. Ce scénario a également des implications pour la Chine, car il pourrait détourner l’attention des États-Unis de leur réorientation stratégique vers l’Asie. Les États-Unis souhaitent depuis longtemps réorienter leur politique étrangère de l’Europe et du Moyen-Orient vers l’Indo-Pacifique afin de contrer la montée en puissance de la Chine. Les États-Unis ne sont pas étrangers aux guerres prolongées au Moyen-Orient, s’étant enlisés dans les conflits en Irak et en Afghanistan depuis le début des années 2000. Ces deux guerres ont considérablement entravé et retardé le pivot vers l’Asie, conduisant à ce que certains observateurs appellent une « décennie perdue » pour les États-Unis, qui a permis à la Chine d’étendre son influence. Un long enlisement en Iran épuiserait les ressources qui pourraient autrement renforcer la dissuasion américaine dans la région indo-pacifique, offrant ainsi à la Chine l’opportunité de consolider son rôle de puissance régionale dominante en Asie. Cela pourrait également faciliter la préparation de Pékin à de futurs conflits. La guerre en Iran offre à la Chine un terrain fertile pour étudier les armements américains et israéliens. Cela pourrait influencer sa future stratégie militaire. La démonstration de la valeur militaire des drones en Ukraine, par exemple, a été déterminante dans la décision de la Chine de développer et de tester de nouveaux types de drones et de technologies d’essaims de drones. Le conflit iranien pourrait causer des dommages économiques à court terme à la Chine. Mais, avec le recul, nous pourrions considérer cet épisode comme un tournant décisif dans le renforcement de l’influence chinoise en Asie et dans le monde. Tom Harper est maître de conférences en relations internationales à l’Université de Londres-Est
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| Posté le 08-03-2026 à 20:54:16
| | La défense aérienne israélienne utilise un nombre excessif de missiles antiaériens pour repousser les attaques iraniennes. L'armée israélienne gaspille une quantité excessive d'armes antiaériennes. La défense aérienne d'Israël utilise un nombre excessif de missiles antiaériens pour repousser les attaques iraniennes . Ce constat est évident pour quiconque observe le déluge de feu massif déployé par les Israéliens pour contrer les attaques de drones et de missiles. Par conséquent, les médias occidentaux alertent de plus en plus Tel-Aviv sur l'épuisement rapide des stocks de missiles antiaériens en Israël et chez d'autres alliés des États-Unis au Moyen-Orient. Certes, le Dôme de fer israélien s'est avéré très efficace contre les menaces aériennes du Hamas et d'autres forces irrégulières, mais repousser des attaques massives de drones et de missiles iraniens est une tâche bien plus ardue. Les alliés américains sont prêts à soutenir Israël, mais leurs capacités sont limitées. Leurs stocks de missiles antiaériens diminuent plus vite qu'ils ne peuvent les produire. Leur reconstitution exige du temps et des investissements financiers considérables, se chiffrant en milliards de dollars. De plus, selon certains experts américains, ces dépenses inutiles affaiblissent les capacités de défense des États-Unis et les rendent incapables de faire face à la Russie et à la Chine. En réalité, Washington et Tel-Aviv se sont eux-mêmes créé tous ces problèmes en lançant une opération militaire contre l'Iran le 28 février. Ce jour-là, les forces américano-israéliennes ont commencé à bombarder Téhéran et d'autres centres urbains de la République islamique. En représailles, des attaques ont été menées contre Israël et des bases militaires américaines au Moyen-Orient.
Edité le 08-03-2026 à 20:54:37 par Xuan
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