| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 28-05-2015 à 07:48:38
| Les médias italiens annonçaient le 5 mai à cor et à cri que de très nombreux migrants étaient en passe de débarquer sur les côtes transalpines : ils étaient exactement 369 à Pozzallo, 496 à Palerme, 250 à Crotone, 194 à Catane, etc. Cétaient des hommes, des femmes, des enfants. Certains ont perdu la vie. Des milliers meurent ainsi chaque année en tentant de rejoindre lEurope. Ils fuient la pauvreté et le pillage auxquels est soumise lAfrique. Il est faux en tout cas de dire quils sont en quête du « rêve européen ». Ils fuient simplement le cauchemar quest devenue leur terre. Ils prennent au passage les mêmes chemins que les immenses richesses qui ont été soustraites à leur propre pays. Il est surprenant en effet que lUnion européenne veuille bien faire main basse sur les ressources de lAfrique tout en déclarant persona non grata tout migrant africain. Le 19 avril, 900 personnes avaient déjà péri en Méditerranée. Cette tragédie faisait suite à une autre survenue trois jours plus tôt. Un demi-million de migrants pourraient tenter cette année la dangereuse traversée, estime lOrganisation maritime internationale (OMI), une organisation de lONU et 22.000 migrants seraient morts en tentant de rejoindre lEurope depuis 2000 selon les estimations dun rapport émanant de lorganisation internationale pour les migrations relatif aux mouvements de migration dans le monde. Qui est responsable ? Où sont les coupables ? Les médias pointent du doigt les trafiquants ou les passeurs, parfaits dans leur rôle de boucs-émissaires. Mais ces morts atroces ne sont que le résultat direct de linvasion en Libye, en 2011. Une intervention militaire au service du capital international, effectuée par lOTAN avec le soutien de mercenaires infiltrés en Libye par les services secrets, tant étasuniens queuropéens. Une guerre que lappareil médiatique soutint à lépoque corps et âme
Les mercenaires ont rapidement été baptisés rebelles. Ne combattaient-ils pas la dictature de Kadhafi ? LOccident ne pouvait donc pas rester les bras croisés. Une intervention humanitaire simposait ; elle allait de pair avec une intervention militaire. La « démocratie » ne devait pas rester aux portes de la Libye
On a un peu vite oublié que la Libye était du temps de Kadhafi lun des pays africains au plus haut niveau de vie. Beaucoup de travailleurs étrangers, originaires dautres contrées africaines, sy installèrent pour travailler. À la veille de la guerre civile, la population libyenne avait accès, en majorité, aux équipements de santé et aux médicaments de base. En 2009, la Libye était classée en deuxième position du continent africain sur lindex du développement humain (IDH) des Nations Unies, qui a progressé de 0.741 en 2005 à 0.760 en 2011. Le gouvernement dispensait gratuitement les soins de base dans les hôpitaux et les dispensaires publics du pays, les principaux se situant à Benghazi et Tripoli. Par ailleurs, la Libye était parvenue en 2007 à une scolarisation universelle dans lenseignement primaire, et présentait un taux dinscription de 94 % dans le secondaire. Le taux moyen dalphabétisation de la population sélevait à 87 % (94 % des hommes et 78 % des femmes). Bien entendu, de nombreux progrès restaient à faire. Il nempêche que le pays a des avantages qui nont pas échappé au capital international. La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigéria et lAlgérie. Elle dispose de la plus grande réserve de pétrole dAfrique ; ses réserves sont estimées à 46,4 milliards de barils en 2011. Le pétrole libyen est de qualité, peu cher à produire et proche des centres de production. Kadhafi a jugé en 2009 que « la nationalisation [du secteur pétrolier NDLR] était un droit légitime », ce qui na pas manqué de susciter la crainte des sociétés installées en Libye. La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel (1.548 m[sup]3[/sup]). Enfin, cest en marge des explorations pétrolières des années cinquante que lon découvrit dimmenses quantités deau emprisonnées dans quatre grands bassins sédimentaires, deux à lest du pays (Sarir et Koufra) et deux à louest (Murzuq et Hamadah), totalisant des réserves de 120.000 milliards de m3. Ces réserves dor bleu constituent à côté de lor une véritable manne pour ce pays recouvert à 90 % par un désert aride. Entre le dessalement de leau de mer qui coûte très cher et dépendant de la technologie étrangère, et le pompage de leau des nappes, il ne fallut pas longtemps à lancien dirigeant de la Jamahiriya pour choisir : les Libyens ont pompé leau située entre 500 et 800 mètres de profondeur comme ils pompent le pétrole et ce, grâce aux pétrodollars. Et, en lieu et place de déplacer des populations, quelque peu réticentes, des côtes vers les nappes aquifères, on décida de leur acheminer leau grâce à des canalisations. La grande satisfaction apportée par ce projet de grande rivière artificielle, cest quen plus dapporter leau, elle a permis à la Libye dêtre un pays phare en matière dhydrologie, la rendant même à lépoque capable de vendre son expertise à dautres pays. Mais aujourdhui, la Libye se décompose. Les rares structures politico-administratives mises en place après 2011 seffondrent. La vie économique est à larrêt. Lune après lautre, les grandes missions diplomatiques sen vont, de même que lONU et nombre dONG. Tripoli, la capitale, et Benghazi et les grandes villes, celles qui hébergent la moitié dune population de quelque sept millions dhabitants, sont le théâtre daffrontements entre bandes armées rivales. Enlèvements, assassinats, mélange fréquent de grand banditisme et de règlements de comptes politiques, le tout entrecoupé de bombardements dartillerie. La Libye a été victime des bombardements « humanitaires ». Cette guerre, appelons les choses par leur nom, na pas apporté la démocratie (qui leût cru ?). Elle a en revanche permis aux multinationales occidentales de modifier les termes de leurs contrats et de ne plus payer que des droits dexploitation symboliques. Elle a également contribué à mettre en place un gouvernement fantoche pour créer une apparence de légalité au vol des ressources libyennes. Lagression occidentale a par conséquent toutes les apparences dune guerre coloniale classique. LUnion européenne a toujours les valeurs de démocratie, de tolérance, douverture et de liberté. Or, il est possible de rendre toute idée, même la plus noble, absurde
quand il ne sagit pas de la falsifier. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/limmigration-un-genocide-capitaliste/
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