| Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 25-01-2023 à 20:37:32
| | Sur lidée de révolution chez Lénine, par Jean Salem 25 JANVIER 2023 https://histoireetsociete.com/2023/01/25/sur-lidee-de-revolution-chez-lenine-par-jean-salem/ A propos de la transition de la transition, cest-à-dire la question de la prise du pouvoir, nos analyses doivent être approfondies. Je crois que toutes ces analyses évitent le fondamental du contexte actuel, sinon la guerre civile, à tout le moins la montée des luttes dont le but dépasse nettement la revendication officielle comme dans le cas des retraites. Là il faut distinguer ce qui relève de lentente au sommet entre organisations. Une unité événementielle, dans laquelle il est nécessaire de donner un objectif précis justement pour que chaque composante puisse jouer son rôle: de ce point de vue il faut souligner la pertinence politique de Fabien Roussel (le fait que son opposition interne au PCF parmi tant dincohérence narrive pas à voir que cest au moment où le PCF affirme son autonomie quil réussit à participer à un vaste mouvement unitaire, chose dont Pierre Laurent sest montré incapable) qui propose un objectif politique comme le referendum et des meetings communs sans le patronage encombrant de la NUPES. Mais il faut dans le même temps aller plus loin dans la mise en évidence du facteur dunité de divers mouvements sur le plan politique structurel qui chacun à leur manière posent la question du changement de société : la foule qui se rassemble va au-delà de la revendication dans un mécontentement global et diffus. Des formes de lutte posent le problème de la relation entre Etat, propriété et citoyenneté, je pense à lélectricité délivrée à tarif réduit aux boulangers par la CGT 13, comme à la proclamation anti-guerre de la CGT du Val de Marne, et dans ce domaine du politique qui met en cause le droit dun point de vue historique, pointe ce qui demeure quon le veuille ou non une révolution. Quel rôle joue la guerre à lintérieur de la guerre impérialiste comme accoucheuse de lhistoire ? Limiter cette question à la violence révolutionnaire et à des images dépinal fait partie de la propagande contrerévolutionnaire, mais mesurer à quel point la guerre aide et accélère la manière dont la nécessité dun changement de pouvoir et de société devient force matérielle est incontournable.. (note de Danielle Bleitrach dans histoireetsociete) Jean Salem p.349-360TEXTE NOTES AUTEUR TEXTE INTÉGRAL 1 Paris-Moscou, Éditions sociales et Éditions du Progrès, 1966-1976, 47 volumes. Nous écrirons désor (
) 1Concernant lidée de révolution, cinq thèses principales nous paraissent ressortir dun examen systématique des uvres complètes de V. I. Lénine1. 1. LA RÉVOLUTION EST UNE GUERRE ; ET LA POLITIQUE EST, DE MANIÈRE GÉNÉRALE, COMPARABLE À LART MILITAIRE 2 LÉtat et la Révolution, chap. VI, 2 [août-septembre 1917], OC, t. XXV, p. 520. 3 Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, § 2 [juillet 1905], OC, t. (
) 2Lénine a repris très volontiers à son compte la déclaration de Kautsky, qui avait écrit en 1909 dans sa brochure intitulée le Chemin du pouvoir : « Lère des révolutions commence2. » Quelques semaines après la révolte du cuirassé Potemkine, en 1905, Lénine avait dailleurs lui-même annoncé la fin de la « longue période de réaction politique presque ininterrompue » qui avait prévalu en Europe depuis lécrasement de la Commune de Paris3. 4 Cf. Le socialisme et la guerre (Lattitude du Parti ouvrier social-démocrate de Russie à légard d (
) 5 « La Révolution en Russie et les tâches des ouvriers de tous les pays » [12 (25) mars 1917 ; 1re p (
) 3 Au lendemain de la révolution « bourgeoise » de février 1917, les prévisions des socialistes, qui ne sétaient pas laissés « griser par la mentalité belliciste, sauvage et bestiale », se trouvèrent en effet justifiées. Le Manifeste adopté en 1912 à la conférence socialiste de Bâle avait explicitement invoqué le précédent de la Commune de Paris, cest-à-dire la transformation dune guerre de gouvernements en guerre civile4. Or la guerre inter-impérialiste avait bel et bien commencé de se transformer en guerre civile, cest-à-dire en « une guerre [
] des travailleurs et des opprimés contre leurs oppresseurs, contre les tsars et les rois, contre les propriétaires fonciers et les capitalistes, pour délivrer complètement lhumanité des guerres, de la misère des masses, de loppression de lhomme par lhomme ! Cest aux ouvriers russes, ajoutait Lénine, que sont échus lhonneur et la joie de déclencher les premiers la révolution, cest-à-dire la grande guerre, la seule guerre juste et légitime5 ». 6 Le socialisme et la guerre, OC, t. XXI, p. 309. 7 Ibid., t. XXI, p. 309. 8 Ier Congrès de lenseignement extra-scolaire de Russie, « Comment on trompe le peuple avec les mot (
) 9 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 67. 4En effet, « il y a guerre et guerre ». Lhistoire a connu maintes guerres qui furent « progressives », cest-à-dire utiles au développement de lhumanité6 : guerres de la classe opprimée contre celle qui lopprime, des esclaves contre les propriétaires desclaves, des paysans serfs contre les seigneurs terriens, etc.7 Et, bien entendu, une guerre révolutionnaire, « cest aussi une guerre, cest une chose aussi pénible, sanglante et douloureuse8 ». En tout état de cause, les adversaires de la révolution ne manqueront pas de rivaliser en matière dindignation sélective : « La bourgeoisie impérialiste internationale a fait exterminer 10 millions dhommes et estropier 20 millions dautres dans sa guerre, déchaînée pour savoir qui, des rapaces anglais ou allemands, dominera le monde. Si notre guerre, la guerre des opprimés et des exploités contre leurs oppresseurs et leurs exploiteurs, entraîne un demi-million ou un million de victimes dans tous les pays, la bourgeoisie dira que les premiers sacrifices étaient légitimes et les seconds criminels9. » 10 « À propos du programme de paix » [Le Social-Démocrate, no 52, 25 mars 1916], OC, t. XXII, p. 17 (
) 11 « À propos du mot dordre des États-Unis dEurope » [Le Social-Démocrate, no 44, 23 août 1915], OC (
) 12 « La situation et les tâches de lInternationale » [Le Social-Démocrate, no 33, 1er nov. 1914], OC (
) 5 La guerre (et celle de 14, en tout premier lieu !) est la continuation, par les moyens de la violence, de la politique menée par les classes dominantes des puissances belligérantes bien avant louverture des hostilités10. Elle nest nullement en contradiction avec les principes de la propriété privée ; elle en est plutôt le « développement direct et inévitable11 ». Elle constitue même une forme aussi naturelle de la vie capitaliste que la paix12. 13 La faillite de la IIe Internationale [1915], OC, t. XXI, p. 214. 14 « Nouveaux objectifs, forces nouvelles » [Vperiod, no 9, 23 février (8 mars) 1905], OC, t. VIII, p (
) 15 IVe Congrès de lInternationale communiste, 2 : « Cinq ans de révolution russe et les perspectives (
) 16 IVe Congrès extraordinaire des Soviets de Russie, chap. II : « Rapport sur la ratification du trai (
) 17 « La tâche principale de nos jours » [11 mars 1918], OC, t. XXVII, p. 163-165. 18 Cf. cette déclaration de Barère, après que la Convention eut voté par acclamation la guerre à lEs (
) 6Symétriquement, lorsquil parle du parti ouvrier, Lénine se plaît à recourir à des métaphores militaires. Les partis socialistes ne sont pas des clubs de discussion, en effet, mais des organisations du prolétariat en lutte13 ! Une époque révolutionnaire est pour la social-démocratie « ce que le temps de guerre est pour une armée14 », etc. Lénine présente-t-il, à la fin de lannée 1922, les premiers résultats de dix-huit mois de NEP (Nouvelle Politique Économique) ? Il évoque spontanément la nécessité, pour les bolcheviks, de toujours savoir se ménager une « retraite ». Or le capitalisme dÉtat constitue précisément une telle « ligne de retraite », une position de repli, pour qui a prétendu « passer tout de suite » aux formes purement socialistes de lorganisation du travail15. Enfin, touchant la conduite dopérations authentiquement militaires, Lénine avait justifié avec un même réalisme tactique la paix signée à Brest-Litovsk : « Aussi précaire, aussi courte, pénible et humiliante que soit la paix », cette paix, déclarait-il alors, vaut mieux que la guerre ; car elle permet aux masses populaires de « souffler16 ». Aussi fustigeait-il alors les déclamations selon lesquelles « une paix accablante est un abîme de perdition, tandis que la guerre serait le chemin de la vaillance et du salut17 »: Lénine imitait en cela, notons-le, le réalisme lucide dun Robespierre, lequel avait, dans des circonstances analogues, laissé aux Girondins ou à un Barère le privilège des déclarations à lemporte-pièce et des propos de boutefeux18. 2. UNE RÉVOLUTION POLITIQUE EST AUSSI ET SURTOUT UNE RÉVOLUTION SOCIALE, UN CHANGEMENT DANS LA SITUATION DES CLASSES EN LESQUELLES LA SOCIÉTÉ SE DIVISE 19 La victoire des cadets et les tâches du parti ouvrier, V [avril 1906], OC, t. X, p. 254. 20 Programme agraire de la social-démocratie dans la première révolution russe de 1905-1907, OC, t. X (
) 21 Cf Journées révolutionnaires, I [Vperiod, no 4, janvier 1905], OC, t. VIII, p. 98. 22 Contre le boycottage, V [1907], OC, t. XIII, p. 31-32. À propos de « super- » et d« infrastructur (
) 7 Durant le « tourbillon révolutionnaire », une « colère accumulée pendant des siècles » sextériorise en actions, et non en paroles, en actions de millions de gens, et non pas dindividus isolés19. À des décennies dévolution dite « pacifique », « cest-à-dire dune évolution où des millions dhommes se laissent pacifiquement tondre par les dix mille des étages supérieurs20 », succèdent des années au cours desquelles la vie devient extraordinairement riche21. Cest durant des périodes de ce genre que se créent les fondements de la nouvelle « superstructure » politique, laquelle se maintient longtemps ensuite sur la base de rapports de production rénovés22. 23 « Changements dans la situation des classes » [Pravda, no 92, 27 juin 1917], OC, t. XXV, p. 136. 24 « Comment les capitalistes cherchent à intimider le peuple », OC, t. XXIV, p. 450. 25 « Changements dans la situation des classes », OC, t. XXV, p. 135. 8Ainsi la révolution « bourgeoise » du 27 février 1917 a-t-elle fait passer le pouvoir des mains des féodaux de la propriété foncière (Nicolas II en tête) à celles de la bourgeoisie. Et, quand la révolution russe alla plus loin, jusquà labolition complète de la monarchie et à la création des Soviets de députés ouvriers, soldats et paysans, cette bourgeoisie libérale « devint franchement contre-révolutionnaire23 ». En dautres termes, « la révolution du 27 février fut aussi une révolution sociale24 ». Et, de façon plus générale, toute révolution politique, toute révolution véritable qui ne se réduit pas à une simple relève de coteries se ramène à un « changement dans la situation des classes » en lesquelles la société se divise25. 26 « Deux tactiques » [article paru dans Vperiod, no 6, 1er février 1905] ; OC, t. VIII, p. 148. Cf. (
) 27 « Pour bien juger de la révolution russe » [publ. le 19 mars 1908, dans la revue polonaise Przegla (
) 28 Ibid., t. XV, p. 55 et 58. 9 À vrai dire, le changement dans les rapports sociaux avait commencé en Russie dès labolition du servage, cest-à-dire dès 1861. Or, près de cinquante ans plus tard, lautocratie tsariste était demeurée pratiquement inchangée, toujours plus « vétuste » en regard de ce bouleversement qui avait introduit le capitalisme dans les campagnes26. Il peut y avoir et il y a eu des révolutions bourgeoises dans lesquelles la bourgeoisie commerçante ou commerçante-industrielle a joué le rôle de principale force motrice quitte à laisser la paysannerie et lélément plébéien des villes fournir les armées qui soutinrent le combat de la bourgeoisie jusquà sa victoire. Tel fut le cas pendant la Réforme en Allemagne et la Guerre des paysans du xvie siècle ; pendant la Révolution anglaise du xviie siècle ; et, plus encore, en France en 179327. Mais, affirme Lénine, il en va tout autrement en Russie. Car « la prédominance de la population paysanne, loppression effrayante que font peser sur cette population les gros propriétaires fonciers semi-féodaux, la force et le niveau de conscience du prolétariat déjà organisé en parti socialiste » y constituent autant de faits qui donnent un « caractère particulier » à la révolution bourgeoise russe. Aussi cette conjoncture originale fait-elle de la dictature du prolétariat et de la paysannerie une « nécessité » absolue pour parvenir à la victoire dans une telle révolution. Car, dans un tel pays, la bourgeoisie est presque demblée contre-révolutionnaire ; et, dans un tel pays, sans la direction ou linitiative du prolétariat, la paysannerie ne serait
presque « rien28 ». 3. UNE RÉVOLUTION EST FAITE DUNE SÉRIE DE BATAILLES. CEST AU PARTI DAVANT-GARDE DE FOURNIR À CHAQUE ÉTAPE UN MOT DORDRE ADAPTÉ À LA SITUATION OBJECTIVE ; CEST À LUI DE RECONNAÎTRE LE MOMENT OPPORTUN POUR LINSURRECTION 29 À savoir : 1°/ 1905-1907 ; 2°/ février 1917 ; 3°/ octobre 1917. 30 La maladie infantile du communisme (Le « gauchisme »), chap. IX [1920], OC, t. XXXI, p. 80-81. 10 La « loi fondamentale de la révolution », écrit Lénine en 1920 loi confirmée par toutes les révolutions et notamment par les trois révolutions russes du xxe siècle29 , « la voici : pour que la révolution ait lieu, il ne suffit pas que les masses exploitées et opprimées prennent conscience de limpossibilité de vivre comme autrefois et réclament des changements. [
] Cest seulement lorsque ceux den bas ne veulent plus et que ceux den haut ne peuvent plus continuer de vivre à lancienne manière, cest alors seulement que la révolution peut triompher30 ». 31 « La dictature révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie » [Vperiod, no 14, 12 avril 190 (
) 32 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 64. 33 Ibid., t. XXVIII, p. 64. La perspective Nevski, à Saint-Pétersbourg, est une artère rectiligne, lo (
) 11Il faut, à lévidence, avoir « une idée enfantine de lhistoire », pour se figurer que « tout ira sans bonds comme sur une ligne droite lentement et régulièrement ascendante31 ». Celui qui nadmet la révolution du prolétariat qu« à la condition » quelle se déroule avec facilité et sans heurt ; que laction commune des prolétaires des différents pays soit acquise demblée ; que la révolution suive une voie large, dégagée, bien droite ; quon nait pas, en marchant à la victoire, à faire parfois les plus grands sacrifices, à « résister dans une forteresse assiégée » ou à se frayer un passage par détroits sentiers tortueux et pleins de périls, celui-là « nest pas un révolutionnaire », écrit V. Lénine32. Et de citer Tchernychevski, qui avait eu cette formule bien connue : « La marche de lhistoire nest pas aussi rectiligne que la perspective Nevski33. » 34 Que faire ? [mars 1902], OC, t. V, p. 528. 35 Cf. « Le prolétariat révolutionnaire et le droit des nations à disposer delles-mêmes » [vers octo (
) 36 « Ceux qui sont effrayés par la faillite de lancien et ceux qui luttent pour le nouveau » [janv. (
) 37 « Lettre ouverte à Charles Naine, membre de la Commission socialiste internationale à Berne » [déc (
) 38 « La plate-forme de la social-démocratie révolutionnaire », II [Proletari, no 14 et 15, 4 et 25 ma (
) 39 Ibid., t. XII, p. 215. Engels sétait ainsi exprimé dans une lettre à Turati, en date du 26 janvie (
) 12On ne saurait se représenter la révolution elle-même « sous la forme dun acte unique34 ». Cette « série de batailles35 » pour des réformes économiques et démocratiques dans tous les domaines, cette transition du capitalisme au socialisme ressemblera plutôt, pour reprendre une formule de K. Marx, à une « longue période denfantement douloureux36 ». Pour lheure, les sociaux-démocrates ne sont pas hostiles à la lutte en faveur des réformes ; mais ils la subordonnent à la lutte pour la révolution, écrit Lénine en décembre 191637. Sil est très vrai que, pendant les périodes ordinaires, les « concessions » faites par la classe qui détient le pouvoir servent fréquemment à duper et à corrompre38, il demeure que le parti de la classe ouvrière doit savoir ne pas renoncer à accepter des acomptes, pour reprendre un mot de Friedrich Engels39. 40 « Deux tactiques » [Vperiod, no 6, 1re (14) février 1905], OC, t. VIII, p. 149. Il sagit ici de l (
) 41 « De certains traits de la désagrégation actuelle » [Proletari, no 32, 2 (15) juillet 1908], OC, t (
) 42 « Une caricature du bolchevisme » [supplément au no 44 du Proletari, 4(17) avril 1909], OC, t. XV, (
) 43 Le VIe Congrès extraordinaire des Soviets de députés ouvriers, paysans, cosaques et des soldats de (
) 44 « Lettre aux membres du Comité central » [24 octobre (6 novembre) 1917 ; 1re publ. : 1924], OC, t. (
) 13 Quant à la date de la révolution populaire, elle « ne peut pas être fixée davance », concède Lénine au milieu dune des très nombreuses polémiques qui lopposent à dautres membres du Parti social démocrate. Mais la date de linsurrection, ajoute-t-il aussitôt, « peut être fixée, si ceux qui la fixent ont de linfluence sur les masses et savent apprécier le moment avec justesse40 ». Les « mots dordre », en effet, ne doivent pas être considérés comme des «talismans » donnés une fois pour toutes41. Pour les révolutionnaires, dira Lénine un peu plus tard, il ne suffit pas dapprendre des mots dordre par cur : « Il faut apprendre également à choisir le moment opportun pour les lancer42. » Lheure de la révolution, autrement dit, nest pas prévisible. Et comme il appelle encore et encore de ses vux une révolution mondiale qui pourrait venir à la rescousse des Soviets, il répète en novembre 1918 : « La révolution internationale est proche, mais il nexiste pas dhoraire daprès lequel elle puisse se dérouler43. » Toutefois, en période révolutionnaire, « ce serait le plus grand des crimes » que de « laisser échapper le moment44 ». 45 « Les marxistes révolutionnaires à la conférence socialiste internationale (5-8 septembre 1915) » (
) 46 « Sur notre révolution », A propos des mémoires de N. Soukhanov, II [1923], OC, t. XXXIII, p. 493. 47 « Lettre aux membres du Comité central », OC, t. XXVI, p. 241. 48 Cf. préface à la traduction russe des Lettres de K. Marx à L. Kugelmann [1907], OC, t. XII, p. 108 (
) 14Car les dirigeants ouvriers ne sauraient se borner, à la différence des libéraux ou des ennemis de la révolution, à reconnaître celle-ci une fois quelle a éclaté
Cest avant son avènement que les révolutionnaires en font comprendre la nécessité aux masses et leur en expliquent les voies et méthodes45. Et lorsque les conditions objectives dune crise politique profonde sont réunies, alors ils doivent savoir créer loccasion ou, tout du moins, ils doivent savoir la saisir. Napoléon, écrira Lénine au soir de sa vie, a dit : « On sengage et puis
on voit. » Cest ce que nous avons fait46. « Attendre pour agir, cest la mort », « il faut à tout prix régler cette affaire ce soir ou cette nuit » : cest ce quil avait dit et redit, dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917, lorsque, depuis le Smolnyj, il avait lancé le mot dordre de linsurrection contre un gouvernement provisoire déjà suspendu dans le vide47. Quant à ceux qui lui reprochaient alors son « aventurisme », il eût pu leur répondre en les renvoyant à ce mot de Marx : « Ce serait évidemment fort commode de faire lhistoire, si lon ne devait engager la lutte quavec des chances infailliblement favorables48. » 4. LES GRANDS PROBLÈMES DE LA VIE DES PEUPLES NE SONT JAMAIS TRANCHES QUE PAR LA FORCE 49 LÉtat et la Révolution, chap. I, 1 [juin-septembre 1917] ; OC, t. XXV, p. 419. 50 Ibid., chap. II, 1 ; OC, t. XXV, p. 436. 51 Cf. ibid., chap. I, 3 ; OC, t. XXV, p. 424. Il sagit, en loccurrence, dune citation que Lénine (
) 52 LÉtat et la Révolution, chap. I, 2 ; OC, t. XXV, p. 421. 53 Cf la prolifération des polices ou autres milices privées, lesquelles constituent depuis de nombre (
) 15 Selon Marx, note V. Lénine, lÉtat crée un « ordre » qui « légalise et affermit » loppression dune classe par une autre49. LÉtat, cest «lorganisation de la violence destinée à mater une certaine classe50 ». LÉtat antique et lÉtat féodal, comme le soutint Engels, furent avant tout les organes à laide desquels les propriétaires desclaves, puis les nobles, purent mater et exploiter les esclaves et les serfs. De même, lÉtat représentatif moderne est linstrument de lexploitation du travail salarié par le capital51. Larmée permanente et la police, affirme encore Lénine, sont « les principaux instruments de la force du pouvoir dÉtat52 », règle qui, notons-le au passage, peut souffrir des entorses très remarquables en période de mondialisation néolibérale53. 54 LÉtat et la Révolution, chap. II, 3 ; OC, t. XXV, p. 445. 55 « Une des questions fondamentales de la révolution » [Rabotchi Pout, no 10, 14 (27 septembre) 1917 (
) 56 LÉtat et la Révolution, chap. II, 1 ; OC, t. XXV, p. 437. 57 « Une des questions fondamentales de la révolution », OC, t. XXV, p. 398-406. Il nest que de repe (
) 58 Cf. la lettre de Marx à Kugelmann du 12 avril 1871, lettre écrite, comme on le voit, pendant la Co (
) 16Cest pourquoi, pouvons-nous lire dans LÉtat et la Révolution, celui qui « reconnaît uniquement la lutte des classes nest pas pour autant un marxiste ». Celui-là seul mérite ce nom qui étend la reconnaissance de la lutte des classes jusquà la reconnaissance de la dictature du prolétariat54. Pour le dire à peine autrement, la question du pouvoir est la question « la plus importante de toute révolution55 ». Car le prolétariat a besoin du pouvoir dÉtat, dune organisation centralisée de la force, aussi bien pour réprimer la résistance des exploiteurs que pour diriger la grande masse de la population dans la « mise en place » de léconomie socialiste56. Cet appareil dÉtat, note Lénine, peut servir une bourgeoisie républicaine en instituant une république qui est une « monarchie sans monarque », comme la IIIe République en France, mais il est « absolument incapable dappliquer des réformes, ne disons pas abolissant, mais même rognant ou limitant effectivement les droits du capital, les droits de la sacro-sainte propriété privée57 ». Lidée de Marx était que la classe ouvrière doit briser, démolir (zerbrechen) la « machine de lÉtat toute prête », la machine bureaucratique et militaire, et non pas se borner à en prendre possession58. 59 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 263. 60 Ibid., t. XXVIII, p. 262. 61 « Sur le gouvernement révolutionnaire provisoire » [Proletari, no 2 et 3, 21 et 27 mai 1905], OC, (
) 62 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 260. Voir F. Engels : « Über (
) 17Il est de règle, déclare Lénine, que, « dans toute révolution profonde, les exploiteurs conservant durant des années de gros avantages réels sur les exploités, opposent une résistance prolongée, opiniâtre, désespérée59 ». Il leur reste, en effet, « largent (impossible de le supprimer dun coup), quelques biens mobiliers, souvent considérables ; il leur reste des relations, des habitudes dorganisation et de gestion, la connaissance de tous les secrets de ladministration ; il leur reste une instruction plus poussée, des affinités avec le haut personnel technique (bourgeois par sa vie et son idéologie) ; il leur reste une expérience infiniment supérieure de lart militaire, etc. ». Si les exploiteurs, par surcroît, ne sont battus que dans un seul pays, ils restent néanmoins plus forts que les exploités, puisque leurs « relations internationales » sont « immenses60 ». Ainsi, dans les conditions de la Russie du début du xxe siècle, ne suffira-t-il pas « dachever ensemble lautocratie, cest-à-dire de renverser complètement le gouvernement autocratique » ; il faudra encore « repousser ensemble les tentatives inévitables, acharnées, de restauration de lautocratie ». Et le « repousser ensemble », appliqué à une époque révolutionnaire, nest « rien dautre que la dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie61 ». Est-ce que la Commune de Paris aurait pu se maintenir plus dun jour, demandait Engels, si elle ne sétait servie de lautorité dun peuple en armes contre la bourgeoisie ? Ne pouvons-nous pas, au contraire, la blâmer de ce quelle ait fait trop peu usage de cette autorité62 ? 63 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 265. 64 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 70. 18Or, lindice nécessaire, la condition expresse de la dictature, cest « la répression violente des exploiteurs comme classe et par suite la violation de la démocratie pure, cest-à-dire de légalité et de la liberté à légard de cette classe63 ». Et puis, ajoute Lénine, quand les républicains bourgeois renversaient les trônes, « ils ne se souciaient nullement de légalité formelle des monarchistes et des républicains ». Quand il sagit de jeter bas la bourgeoisie, « seuls des traîtres ou des crétins peuvent réclamer légalité formelle pour la bourgeoisie64 ». 65 LÉtat et la Révolution, chap. V, 2 ; OC, t. XXV, p. 500. 66 Ier Congrès de lenseignement extra-scolaire de Russie, IV-6-19 mai 1919, OC, t. XXIX, p. 360. 67 Cf. notam. : LÉtat et la Révolution, chap. V, 2, OC, t. XXV, p. 498 ; ou encore : ibid., chap. II (
) 68 LÉtat et la Révolution, chap. III, 3 ; OC, t. XXV, p. 457-458. Cf Pobedonostsev (C.P.), Questions (
) 69 Ier Congrès de lInternationale communiste du 2 au 6 mars 1919, § 2 [publ. 1920 (éd. allemande) (
) 70 Congrès extraordinaire des cheminots de Russie des 5-30 janvier (18 janvier-12 février) 1918, OC, (
) 19 En outre, la « démocratie », dans la société capitaliste, ne peut jamais être « quune démocratie tronquée, misérable, falsifiée, une démocratie uniquement pour les riches, pour la minorité65 ». Tous sont égaux, indépendamment des ordres, tous sont égaux, le millionnaire comme le va-nu-pieds66 ! La « démocratie capitaliste », aime à répéter Lénine, autorise les opprimés, une fois tous les trois ou six ans, à décider quel membre de la classe dirigeante les représentera et foulera aux pieds leurs intérêts au Parlement67 ! Le marxisme de Lénine rejoint, sur ce point au moins, les imprécations anti-« occidentalistes » dun Pobedonostsev et des plus réactionnaires des slavophiles de la fin du xixe siècle : « Considérez, lisons-nous par exemple dans LÉtat et la Révolution, nimporte quel pays parlementaire, depuis lAmérique jusquà la Suisse, depuis la France jusquà lAngleterre, la Norvège, etc., la véritable besogne dÉtat se fait dans la coulisse : elle est exécutée par les départements, les chancelleries, les états-majors. Dans les parlements, on ne fait que bavarder, à seule fin de duper le bon peuple68. » Les capitalistes, déclare encore Lénine, « ont toujours donné le nom de liberté à la liberté de sengraisser pour les riches, à la liberté de mourir de faim pour les ouvriers69 ». Cest pourquoi « la meilleure forme de la démocratie, la meilleure république démocratique, cest le pouvoir sans grands propriétaires fonciers et sans riches70 ». 5. À LÈRE DES MASSES, LA POLITIQUE COMMENCE LÀ OÙ SE TROUVENT DES MILLIONS DHOMMES, VOIRE DES DIZAINES DE MILLIONS. DEPLACEMENT TENDANCIEL DES FOYERS DE LA RÉVOLUTION VERS LES PAYS DOMINÉS 71 « La situation et les tâches de lInternationale » [Le Social-Démocrate, no 33, 1er nov. 1914], OC (
) 72 La Faillite de la IIe Internationale, II [1915], OC, t. XXI, p. 220. 73 « Le programme militaire de la révolution prolétarienne », OC, t. XXIII, p. 93. 74 La Faillite de la IIe Internationale, II [1915], OC, t. XXI, p. 220. 20 Être révolutionnaire, cest enfin, Lénine ne cesse pas de le répéter, se comporter en militant internationaliste. Ne pas voter les crédits militaires, ne pas encourager le chauvinisme de « son propre » pays, combattre au premier chef le chauvinisme de « sa propre » bourgeoisie, sans se borner aux formes légales de lutte lorsque survient une crise et que la bourgeoisie abroge elle-même la légalité quelle a créée, voilà la ligne daction qui doit être celle des partis révolutionnaires71. Cest là le « devoir » des socialistes : « stimuler », « agiter » le peuple (et non pas lendormir par le chauvinisme, comme le font Plekhanov, Axelrod, Kautsky), utiliser la crise pour « précipiter » la chute du capitalisme72. Ne pas accomplir ce devoir, à linverse, ou se réfugier au-delà des nuages, sur les cimes dun vague mot dordre de « désarmement73 » voilà en quoi consiste la trahison des partis actuels, leur mort politique, labdication de leur rôle, leur passage aux côtés de la bourgeoisie, constate Lénine un an après le début de la Première Guerre mondiale74. 75 « Remarques à propos dun article sur le maximalisme [sur un projet darticle de Zinoviev] » [rédi (
) 76 LImpérialisme, stade suprême du capitalisme [1916], Préface de 1920 aux éd. française et allemand (
) 77 Cf. OC, t. XXVI, p. 497. 21 Limpérialisme nest rien autre chose que « lexploitation des millions dhommes des nations dépendantes par un petit nombre de nations riches ». Et, de ce fait, il est fort possible de trouver la plus grande démocratie à lintérieur dune nation riche, alors même que cette dernière continue à exercer sa domination sur les nations dépendantes. On tend trop souvent, remarque Lénine, à oublier cette situation qui fut mutatis mutandis celle des hommes libres dans les cités démocratiques mais esclavagistes de la Grèce antique, et qui se retrouve dans lAngleterre et la Nouvelle-Zélande du début du xxe siècle75. Demi-intellectuels et ouvriers surqualifiés oublient aisément que le monde est plus vaste que la métropole dans laquelle quelques miettes leur sont concédées : cette couche douvriers « embourgeoisés », «entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde », constitue la base sociale de lopportunisme, cest-à-dire de laccommodation au système76. Marx et Engels avaient dailleurs déjà estimé en leur temps que « le mouvement [peut commencer] plus facilement dans les pays qui nappartiennent pas au nombre des pays exploiteurs, pouvant piller avec plus de facilité et ayant les moyens de corrompre les couches supérieures de leurs ouvriers77 ». Quand la nouvelle manufacture mondiale avec ses 100 millions de chômeurs et de vagabonds, quand la Chine séveillera, les hommes du xxie siècle remarqueront, à nen pas douter, que la classe ouvrière nest nullement en voie dextinction. 78 « Journées révolutionnaires », § 3 [Vperiod, no 4, 18 (31) janvier 1905], OC, t. VIII, p. 102. 79 Ve Congrès des Soviets des députés ouvriers, paysans, soldats de Russie 4-10 juillet 1918, § 1 : (
) 80 IIIe Congrès de lInternationale communiste-22 juin-12juillet 1921, § 4 : OC, t. XXXII, p. 513. 81 15 février 2003. Cinquante scientifiques de la base McMurdo, dans lAntarctique, défilèrent autour (
) 22 Lénine souligne également à lenvi que le xxe siècle, plus que tout autre siècle avant lui, sera une ère de masses innombrables lère des foules78. Nous savons, déclarera-t-il en 1918, que désormais « une révolution nest vraiment une révolution que le jour où des dizaines de millions dhommes se sont levés dans un élan unanime79 ». Non sans une grande lucidité prospective, Lénine annonce que, lors des batailles à venir, le mouvement des pays coloniaux, le mouvement de la majorité de la population terrestre, orienté au départ vers la libération nationale, se tournera contre le capitalisme et limpérialisme, et jouera un rôle révolutionnaire de premier ordre80. Et il va de soi, ajouterions-nous volontiers, que le xxie siècle connaîtra des batailles encore plus massives, planétaires à nen pas douter, qui engageront non plus des dizaines mais des centaines de millions dhommes dans des luttes atteignant une échelle encore jamais atteinte : la manifestation qui rassembla le même jour 15 millions de Terriens au Japon, en Europe, au Proche-Orient, en Australie, aux États-Unis même contre la menace dun déclenchement des hostilités en Irak constitue, cela va sans dire, le modèle encore balbutiant dune révolte mondialisée81. *** 82 Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, § 13 [juin-juillet 1905], (
) 83 Ibid., § 13, OC, t. IX, p. 111. 84 Bilan dune discussion sur le droit des nations à disposer delles-mêmes, § 10 [oct. 1916], OC, t. (
) 85 MARX (K.), Manuscrits de 1844, Paris, Garnier-Flammarion, 1996, p. 157. 23Les révolutions, disait Marx, sont les « locomotives de lhistoire ». La révolution, ajoute Lénine, est la « fête des opprimés et des exploités82 ». Jamais la masse populaire ne peut apparaître comme un créateur aussi actif du nouvel ordre social que pendant la révolution. « En ces époques, le peuple est capable de faire des miracles83. » Et cest lavant-garde de la révolution, le prolétariat avancé, qui, selon Lénine, exprimera la vérité objective de cette lutte de masse « disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité » ; elle conférera cohérence et beauté, elle donnera forme à cette « explosion » quauront suscitée les « opprimés et mécontents de toute espèce84 ». Car le communisme demeure, selon le mot de K. Marx, la forme nécessaire et le principe énergétique du futur prochain85. NOTES 1 Paris-Moscou, Éditions sociales et Éditions du Progrès, 1966-1976, 47 volumes. Nous écrirons désormais : OC. 2 LÉtat et la Révolution, chap. VI, 2 [août-septembre 1917], OC, t. XXV, p. 520. 3 Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, § 2 [juillet 1905], OC, t. IX, p. 25-26. 4 Cf. Le socialisme et la guerre (Lattitude du Parti ouvrier social-démocrate de Russie à légard de la guerre), chap. I [juillet-août 1915], OC, t. XXI, p. 324. 5 « La Révolution en Russie et les tâches des ouvriers de tous les pays » [12 (25) mars 1917 ; 1re publ. : 1924], OC, t. XXIII, p. 378. 6 Le socialisme et la guerre, OC, t. XXI, p. 309. 7 Ibid., t. XXI, p. 309. 8 Ier Congrès de lenseignement extra-scolaire de Russie, « Comment on trompe le peuple avec les mots dordre de liberté et dégalité » [19 mai 1919], OC, t. XXIX, p. 345. 9 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 67. 10 « À propos du programme de paix » [Le Social-Démocrate, no 52, 25 mars 1916], OC, t. XXII, p. 177. Lénine fait grand cas de la célèbre formule de Clausewitz à laquelle il fait allusion ici. Il la cite à plusieurs reprises ; voyez, entre autres : OC, t. XXIV, p. 408-409. 11 « À propos du mot dordre des États-Unis dEurope » [Le Social-Démocrate, no 44, 23 août 1915], OC, t. XXI, p. 354. 12 « La situation et les tâches de lInternationale » [Le Social-Démocrate, no 33, 1er nov. 1914], OC, t. XXI, p. 34. 13 La faillite de la IIe Internationale [1915], OC, t. XXI, p. 214. 14 « Nouveaux objectifs, forces nouvelles » [Vperiod, no 9, 23 février (8 mars) 1905], OC, t. VIII, p. 215. 15 IVe Congrès de lInternationale communiste, 2 : « Cinq ans de révolution russe et les perspectives de la révolution mondiale », rapport présenté le 13 novembre 1922 [Pravda, no 258, 15 novembre 1922], OC, t. XXXIII, p. 432-433. 16 IVe Congrès extraordinaire des Soviets de Russie, chap. II : « Rapport sur la ratification du traité de paix 14 mars 1918 », OC, t. XXVII, p. 186. 17 « La tâche principale de nos jours » [11 mars 1918], OC, t. XXVII, p. 163-165. 18 Cf. cette déclaration de Barère, après que la Convention eut voté par acclamation la guerre à lEspagne (7 mars 1793) : « Un ennemi de plus pour la France nest quun triomphe de plus pour la liberté ! » ; cité par A. Soboul, Précis dhistoire de la Révolution française [1962], Paris, rééd. Gallimard, 1970, t. I, p. 341. 19 La victoire des cadets et les tâches du parti ouvrier, V [avril 1906], OC, t. X, p. 254. 20 Programme agraire de la social-démocratie dans la première révolution russe de 1905-1907, OC, t. XIII, p. 231. 21 Cf Journées révolutionnaires, I [Vperiod, no 4, janvier 1905], OC, t. VIII, p. 98. 22 Contre le boycottage, V [1907], OC, t. XIII, p. 31-32. À propos de « super- » et d« infrastructure », Lénine ne se lasse pas de citer le célèbre texte de la « Préface » de Marx à la Contribution à la critique de léconomie politique (1859) : « À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui nen est que lexpression juridique avec les rapports de propriété au sein desquels elles sétaient mues jusqualors. [
] Alors souvre une époque de révolution sociale », etc. Voyez, entre autres : OC, t. I, p. 152-153 ; OC, t. IX, p. 126 ; OC, t. XXI, p. 50. 23 « Changements dans la situation des classes » [Pravda, no 92, 27 juin 1917], OC, t. XXV, p. 136. 24 « Comment les capitalistes cherchent à intimider le peuple », OC, t. XXIV, p. 450. 25 « Changements dans la situation des classes », OC, t. XXV, p. 135. 26 « Deux tactiques » [article paru dans Vperiod, no 6, 1er février 1905] ; OC, t. VIII, p. 148. Cf. également : Le développement du capitalisme en Russie [1899], OC, t. III, p. 7-645. 27 « Pour bien juger de la révolution russe » [publ. le 19 mars 1908, dans la revue polonaise Przeglad Socjaldemokratyczny, no 2], t. XV, p. 55 ; Lénine renvoie ici à létude dEngels intitulée : « Sur le matérialisme historique » [1892]. 28 Ibid., t. XV, p. 55 et 58. 29 À savoir : 1°/ 1905-1907 ; 2°/ février 1917 ; 3°/ octobre 1917. 30 La maladie infantile du communisme (Le « gauchisme »), chap. IX [1920], OC, t. XXXI, p. 80-81. 31 « La dictature révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie » [Vperiod, no 14, 12 avril 1905], OC, t. VIII, p. 300. 32 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 64. 33 Ibid., t. XXVIII, p. 64. La perspective Nevski, à Saint-Pétersbourg, est une artère rectiligne, longue de 4,5 km, reliant le monastère Alexandre Nevski au pavillon de lAmirauté (i. e. à lembouchure de la Neva, non loin du golfe de Finlande). 34 Que faire ? [mars 1902], OC, t. V, p. 528. 35 Cf. « Le prolétariat révolutionnaire et le droit des nations à disposer delles-mêmes » [vers octobre 1915 ; 1re publ. : 1927], OC, t. XXI, p. 424-425. 36 « Ceux qui sont effrayés par la faillite de lancien et ceux qui luttent pour le nouveau » [janv. 1918 ; 1re publ. : janv. 1929], OC, t. XXVI, p. 419. Cf les lettres de K. Marx à W. Liebknecht du 6 avril 1871 et à L. Kugelmann du 12 avril 1871. 37 « Lettre ouverte à Charles Naine, membre de la Commission socialiste internationale à Berne » [décembre 1916 ; 1re publ. : 1924], OC, t. XXIII, p. 246. 38 « La plate-forme de la social-démocratie révolutionnaire », II [Proletari, no 14 et 15, 4 et 25 mars 1907], OC, t. XII, p. 215. 39 Ibid., t. XII, p. 215. Engels sétait ainsi exprimé dans une lettre à Turati, en date du 26 janvier 1894. 40 « Deux tactiques » [Vperiod, no 6, 1re (14) février 1905], OC, t. VIII, p. 149. Il sagit ici de lune des discussions opposant Lénine à Martynov, lun des tenants de l« économisme », qui devint après le IL Congrès du POSDR lun des rédacteurs de la « nouvelle Iskra » menchevik. 41 « De certains traits de la désagrégation actuelle » [Proletari, no 32, 2 (15) juillet 1908], OC, t. XV, p. 162. 42 « Une caricature du bolchevisme » [supplément au no 44 du Proletari, 4(17) avril 1909], OC, t. XV, p. 412. Souligné par nous. 43 Le VIe Congrès extraordinaire des Soviets de députés ouvriers, paysans, cosaques et des soldats de lArmée rouge 6-9 novembre 1918, OC, t. XXVIII, p. 166. 44 « Lettre aux membres du Comité central » [24 octobre (6 novembre) 1917 ; 1re publ. : 1924], OC, t. XXVI, p. 241. 45 « Les marxistes révolutionnaires à la conférence socialiste internationale (5-8 septembre 1915) » [Le Social-Démocrate, no 45-46, 11 oct. 1915], OC, t. XXI, p. 408. 46 « Sur notre révolution », A propos des mémoires de N. Soukhanov, II [1923], OC, t. XXXIII, p. 493. 47 « Lettre aux membres du Comité central », OC, t. XXVI, p. 241. 48 Cf. préface à la traduction russe des Lettres de K. Marx à L. Kugelmann [1907], OC, t. XII, p. 108, ainsi que la lettre de Marx à Kugelmann datée du 17 avril 1871. 49 LÉtat et la Révolution, chap. I, 1 [juin-septembre 1917] ; OC, t. XXV, p. 419. 50 Ibid., chap. II, 1 ; OC, t. XXV, p. 436. 51 Cf. ibid., chap. I, 3 ; OC, t. XXV, p. 424. Il sagit, en loccurrence, dune citation que Lénine reprend dans louvrage de F. Engels : Lorigine de la famille, de la propriété privée et de LÉtat [1884], Paris, Éd. sociales, 1966, p. 157. 52 LÉtat et la Révolution, chap. I, 2 ; OC, t. XXV, p. 421. 53 Cf la prolifération des polices ou autres milices privées, lesquelles constituent depuis de nombreuses années de véritables institutions dans certaines grandes villes dAmérique latine ; cf. également, dans le cadre de lactuelle occupation de lIrak, le fait que lorganisation de la torture semble avoir été déléguée pour une part à des officines privées, mercenaires, indépendantes jusquà un certain degré à légard du Pentagone et de toute législation internationale. 54 LÉtat et la Révolution, chap. II, 3 ; OC, t. XXV, p. 445. 55 « Une des questions fondamentales de la révolution » [Rabotchi Pout, no 10, 14 (27 septembre) 1917], OC, t. XXV, p. 398. 56 LÉtat et la Révolution, chap. II, 1 ; OC, t. XXV, p. 437. 57 « Une des questions fondamentales de la révolution », OC, t. XXV, p. 398-406. Il nest que de repenser au destin des nationalisations effectuées en France sous le gouvernement de P. Mauroy (1981-1984) : 1°/ rachat au plus haut prix par lÉtat des actions des entreprises nationalisables (50 milliards de FF, soit 7,5 milliards deuros) ; 2°/ « restructurations industrielles », parfois assurées par danciens dirigeants syndicaux reconvertis pour loccasion en commis de lÉtat ; 3°/ dénationalisations néolibérales. 58 Cf. la lettre de Marx à Kugelmann du 12 avril 1871, lettre écrite, comme on le voit, pendant la Commune (citée ibid. : OC, t. XXV, p. 448-449). 59 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 263. 60 Ibid., t. XXVIII, p. 262. 61 « Sur le gouvernement révolutionnaire provisoire » [Proletari, no 2 et 3, 21 et 27 mai 1905], OC, t. VIII, p. 469. 62 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 260. Voir F. Engels : « Über das Autoritätsprinzip » [= « Sur le principe dautorité »], 1873. 63 La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky, OC, t. XXVIII, p. 265. 64 « Lettre aux ouvriers américains » [Pravda, no 178, 22 août 1918], OC, t. XXVIII, p. 70. 65 LÉtat et la Révolution, chap. V, 2 ; OC, t. XXV, p. 500. 66 Ier Congrès de lenseignement extra-scolaire de Russie, IV-6-19 mai 1919, OC, t. XXIX, p. 360. 67 Cf. notam. : LÉtat et la Révolution, chap. V, 2, OC, t. XXV, p. 498 ; ou encore : ibid., chap. III, 3, OC, t. XXV, p. 456. Il sagit là, dailleurs, dune citation de Marx (La guerre civile en France, Adresse du 30 mai 1871, Paris, Éd. sociales, 1963, p. 65). 68 LÉtat et la Révolution, chap. III, 3 ; OC, t. XXV, p. 457-458. Cf Pobedonostsev (C.P.), Questions religieuses, sociales et politiques. Pensées dun homme dÉtat [= Recueil de Moscou], Paris, Baudry et Cie, 1897, p. 39. 69 Ier Congrès de lInternationale communiste du 2 au 6 mars 1919, § 2 [publ. 1920 (éd. allemande) et 1921 (éd. russe)], OC, t. XXVIII, p. 485. 70 Congrès extraordinaire des cheminots de Russie des 5-30 janvier (18 janvier-12 février) 1918, OC, t. XXVI, p. 518. 71 « La situation et les tâches de lInternationale » [Le Social-Démocrate, no 33, 1er nov. 1914], OC, t. XXI, p. 33-34. 72 La Faillite de la IIe Internationale, II [1915], OC, t. XXI, p. 220. 73 « Le programme militaire de la révolution prolétarienne », OC, t. XXIII, p. 93. 74 La Faillite de la IIe Internationale, II [1915], OC, t. XXI, p. 220. 75 « Remarques à propos dun article sur le maximalisme [sur un projet darticle de Zinoviev] » [rédigé en 1916], OC, t. XLI, p. 396. 76 LImpérialisme, stade suprême du capitalisme [1916], Préface de 1920 aux éd. française et allemande, t. XXII, p. 210. 77 Cf. OC, t. XXVI, p. 497. 78 « Journées révolutionnaires », § 3 [Vperiod, no 4, 18 (31) janvier 1905], OC, t. VIII, p. 102. 79 Ve Congrès des Soviets des députés ouvriers, paysans, soldats de Russie 4-10 juillet 1918, § 1 : « Rapport du Conseil des commissaires du peuple/5 juillet 1918 » [publ. pour la 1re fois en 1924], OC, t. XXVII, p. 542. 80 IIIe Congrès de lInternationale communiste-22 juin-12juillet 1921, § 4 : OC, t. XXXII, p. 513. 81 15 février 2003. Cinquante scientifiques de la base McMurdo, dans lAntarctique, défilèrent autour de leur station de recherche, cependant que 10000 personnes manifestaient de lautre côté du globe, dans les rues de Trondheim, en Norvège. Les manifestations touchèrent ce jour-là 600 villes réparties dans 60 pays différents. 82 Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, § 13 [juin-juillet 1905], OC, t. IX, p. 111. 83 Ibid., § 13, OC, t. IX, p. 111. 84 Bilan dune discussion sur le droit des nations à disposer delles-mêmes, § 10 [oct. 1916], OC, t. XXII, p. 383-384. 85 MARX (K.), Manuscrits de 1844, Paris, Garnier-Flammarion, 1996, p. 157. AUTEUR Jean Salem Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Du même auteur Spinoza au XIXe siècle, Éditions de la Sorbonne, 2008 Figures de Sieyès, Éditions de la Sorbonne, 2008 Rousseau et la philosophie, Éditions de la Sorbonne, 2004
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
|