| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 27-05-2014 à 00:19:42
| Nous sommes au mois de juin 2013. La mort de Clément Méric, militant dextrême-gauche antifasciste tué lors dune rixe avec un groupe de skinheads dextrême-droite, déclenche une vague dindignation dans tout le pays. Les partis de gauche descendent dans la rue pour lui rendre hommage et faire barrage au fascisme. Or, près de soixante-dix ans se sont écoulé depuis la disparition des leaders historiques se réclamant de ce dernier. Il nous semble donc opportun de faire le point sur le combat de lantifascisme et sa réalité daujourdhui. Dans les années trente, Hitler et Mussolini régnaient respectivement sur lAllemagne et lItalie. En Espagne, Franco sortait victorieux dune guerre civile qui fit quelque 300.000 victimes et instaura, avec lappui de lÉglise catholique, une dictature qui dura trente-six ans. La France et lEurope virent lapparition de mouvements et organisations se réclamant plus ou moins ouvertement du fascisme. La Révolution de 1789 était ouvertement fustigée et ses acquis honnis. Le 6 février 1934, une manifestation pour protester contre le limogeage du préfet de police Jean Chiappe tourne à lémeute. Dans la soirée, des milliers de manifestants, dont certains sont armés, tentent de marcher vers le Palais-Bourbon. Le putsch est évité de justesse. La mobilisation républicaine et antifasciste des Français permet à notre pays de faire face à la tentative insurrectionnelle des forces réactionnaires de tous poils. La France est sauvée
mais pour peu de temps. En Allemagne et en Italie, un système implacable se met en place. La politique sociale du gouvernement est naturellement conditionnée par la politique économique. Elle est même complètement assujettie à lobjectif essentiel du régime : servir les intérêts du grand capital. Le fascisme a tenté de voiler son vrai caractère sous la frondaison rhétorique et la démagogie. Il a imposé à la classe ouvrière les plus grands sacrifices, non pas au nom de la bourgeoisie, mais au nom de la Nation
et de la production. Gouvernement anti-ouvrier ? Non, persistent et signent les fascistes : « cest un gouvernement italien, en marge des classes, subordonnant les intérêts particuliers à lintérêt supérieur de la lÉtat », déclarait Mussolini lors de son premier discours au Parlement après son coup dÉtat, ajoutant même : « aucun privilège aux classes travailleuses, tutelle sur tous les intérêts qui sharmonisent avec ceux de la production et de la Nation
». « Dans le système fasciste, les travailleurs ne sont plus exploités ; ils sont collaborateurs de la production », disait le Duce le 22 juin 1926. Mussolini ne peut sempêcher malgré tout quelques accès de franchise, et déclarait ainsi devant le Sénat le 9 juin 1923 que le régime était un « mouvement antisocialiste et par conséquent anti-ouvrier ». Cette déclaration du dictateur italien nétait pas nécessaire pour que le prolétariat en soit convaincu. Les violences contre le mouvement ouvrier, la destruction de leurs organisations bâties sur des décennies defforts et de combats, le régime de terreur instauré à lusine, les attentats permanents et systématiques à la situation matérielle et juridique de la classe travailleuse ont été pour cette dernière plus éloquents que toute la phraséologie des fascistes. À laube du XXI[sup]ème[/sup] siècle, léconomie capitaliste et ses conséquences (démembrement des services publics, imposture de la dette, précarité, reculs sociaux, démantèlement du code du travail, etc.) apportent la violence que les antifascistes dhier dénonçaient mais contre laquelle certains antifascistes daujourdhui sont étrangement silencieux... Leur pseudo-antifascisme joue aujourdhui le rôle dune gauche désormais conciliée avec lordre néolibéral, qui doit se déclarer antifasciste pour ne pas avouer faire partie du système en place, qui peut sagiter dans les mouvements de rues mais accepte en silence les tortures imposées par le système : le chômage de masse, la pauvreté rampante et le démantèlement de notre système social hérité du CNR (conseil national de la Résistance). La matraque a aujourdhui changé de forme mais les coups portés font toujours aussi mal. Dans un tel état de choses, un véritable pouvoir populaire nest pas seulement légitime en tant quinstrument propre au renversement des exploiteurs et à lécrasement de leur résistance, mais encore absolument indispensable pour toutes celles et tous ceux qui souffrent. Il représente le seul moyen de défense contre la ploutocratie au pouvoir qui a déjà causé la guerre et qui en prépare encore dautres. Le point le plus important, que ne comprennent pas ces antifascistes de pacotille et qui constitue leur myopie théorique, leur emprisonnement dans les préjugés et leur trahison politique avec le monde du travail, cest que dans la société capitaliste, dès que saggrave la lutte de classe qui est à sa base, il ny a pas de milieu entre la dictature de la bourgeoisie et un pouvoir réellement populaire. Tous les rêves dune solution intermédiaire ne sont que des lamentations réactionnaires de petits bourgeois. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-le-grand-paradoxe-de-l-antifascisme-d-aujourd-hui-123739354.html
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