| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18513 messages postés |
| Posté le 21-12-2015 à 16:43:01
| Reconstituer lunité des classes populaires Journal germinal Germinal , Cahiers de formation politique pour lUnion de lutte des classes populaires, est une publication de la Société populaire déducation . La nouvelle série a été inaugurée en 2007. Elle succède au bulletin Germinal dont lexistence remonte aux années 70. Germinal ne se pose pas comme lorgane dun Parti, dans la mesure où les conditions nécessaires à la reconstitution dun véritable Parti, au sens historique de ce mot, ne sont pas aujourdhui réunies. Prenant en compte cette situation, lobjectif de Germinal est de contribuer à créer les conditions dune reconstitution de lorganisation des classes populaires, afin que celles-ci puissent se ressaisir de linitiative historique. Germinal vise à jouer le rôle dun journal organisateur concourant à la réalisation de cet objectif. Pour lheure cependant, les facteurs de reconstitution dune organisation des classes populaires et dun ressaisissement de leur initiative historique, sont loin dêtre forgés. Aussi bien lambition de Germinal sinscrit-elle dans une perspective à long et moyen terme. Des tâches théoriques et pratiques découlent de cette ambition. En premier lieu, il sagit de situer les perspectives davenir des classes populaires dans lordre du possible historique . Quels que puissent être les besoins, les attentes, ces classes ne peuvent lutter de la même façon lors des périodes de revers historique, de perte de repères, et lors des périodes favorables à lessor, à loffensive, à la transformation du monde. La relation entre analyse de la réalité et action, entre politique et délimitation du possible, simpose à chaque moment de lhistoire. En second lieu, il sagit sur cette base de dégager les éléments dune formation politique générale qui permette aux classes populaires délever leur conscience, de situer leur propre mouvement, tant au regard des finalités communes quelles peuvent sassigner, quau regard des conditions au sein desquelles se déroule ce mouvement. Il nexiste pas dautre fondement pour quon puisse effectivement parler d organisation politique du peuple. Ces tâches, telles que Germinal se les est assignées, résultent dun travail de longue haleine qui est loin dêtre achevé. Les tâches à accomplir sont de la même envergure que celles qui furent réalisées par les premiers socialistes et communistes français entre 1830 et 1848, puis après 1870 par la reconstitution de lorganisation ouvrière, enfin par les théoriciens et organisateurs de la révolution soviétique, qui avaient eux-mêmes pris appui sur la théorie et la pratique des premiers socialistes et sur la théorisation marxiste. Dans le contexte actuel, il peut se révéler difficile de saisir la nécessité et lampleur des tâches dordre historique qui sont à mener. La situation porte davantage à se tourner vers un passé estimé meilleur, elle porte aussi au découragement, au fatalisme, au désespoir, ou encore à un aventurisme qui égare le peuple et le conduit à terme à épuiser en vain ses forces subsistantes. Dans cette conjoncture, seul un petit nombre se révèle à même de relever le flambeau, satteler aux tâches de reconstitution de lorganisation populaire. Les forces théoriques ou pratiques sont limitées, du moins dans un premier temps, comme il en a été le cas lors dautres périodes de reconstitution de lorganisation du peuple. Depuis quelques années cependant, ces forces sont en développement, car elles répondent aux besoins de repérage politique qui sexpriment au sein des classes populaires. Les tâches générales que sassigne Germinal peuvent sembler très abstraites, et comme telles, réputées inaccessibles à lintelligence commune. Les classes populaires pourtant, nen déplaisent aux experts, perçoivent très bien quelles ont besoin dune vision densemble de la situation dans leur pays et dans le monde, si elles veulent pouvoir dresser des perspectives pour lavenir. Elles savent aussi quelles ont besoin de cette vision générale pour connaître les conditions au sein desquelles se déroulent leurs luttes, savoir quelles actions elles peuvent engager, qui soient capables de répondre tant à leurs intérêts immédiats quà leur intérêt historique, comme à celui de lensemble de la société [1]. Notes 1. Faute de cette vision densemble, les diverses chapelles qui prétendent défendre les intérêts particuliers de différentes catégories sociales essaient de «tirer la couverture» de leur côté en fonction de leurs souhaits respectifs, sans se préoccuper des conditions réelles, sans savoir si les revendications proclamées se font ou non au détriment des autres. Cest alors la loi de la jungle, la lutte de tous contre tous, la réaction, qui simposent, et non la lutte historique des classes populaires, qui elle, vise à instaurer un régime social abolissant lanarchie du mode de production capitaliste et ses effets destructeurs sur lensemble de la société. Réflexions autour du mot fascisme Aujourdhui, le fascisme est toujours évoqué en rapport aux courants dextrême droite. Ce qui ne permet pas de comprendre comment sest présenté le fascisme historiquement, et comment il pourrait se présenter aujourdhui. Du point de vue historique en effet, les fascismes les plus marquants (le nazisme allemand notamment) se sont présentés comme « révolutionnaires » et « anti-capitalistes », voire comme « anti-impérialistes », et non comme « réactionnaires » ou « dextrême-droite ». Il a fallu plusieurs années de destructions pour que des populations abusées aient mis au jour les véritables objectifs des organisations fascistes, par leurs luttes et le développement de leur conscience. Pour ce qui touche à lutilisation du mot fascisme, la situation aujourdhui se présente différemment. Comme ce mot a laissé un mauvais souvenir, quon a bien compris que le fascisme nétait nullement « révolutionnaire » ou contre le capitalisme, les processus de fascisation ne peuvent plus se développer sous ce nom. Comme hier pourtant, et pour tromper les peuples, les processus de fascisation peuvent se déguiser, sous les formules de « lanticapitalisme » ou de « lanti-impérialisme ». Cela nest pas nouveau. Les différents fascismes ont toujours pratiqué le détournement et le retournement du vocabulaire. On peut ainsi encore se laisser prendre, surtout dans le cadre de la désorientation politique actuelle, baisser la garde, être séduit par des mots, des formules, qui cachent les véritables objectifs poursuivis. Pour ne pas être abusé, il est nécessaire de déceler les traits spécifiques qui permettent de reconnaître ce quest le fascisme, quand il ne se présente pas sous son nom. Et, bien quil nexiste pas à ce jour de véritable théorie du fascisme, on doit essayer de dégager des éléments de caractérisation, historiques et politiques, qui signalent quun processus de fascisation est en cours, ou quon a à faire à des régime fascistes (toujours sans oublier que le fascisme ne se réduit nullement à des organisations se revendiquant de lextrême droite). Caractérisation historique : Le fascisme, manifestation dun nud de contradictions à lépoque du capitalisme impérialiste On ne peut pas identifier le fascisme à la folie ou à la méchanceté des hommes (ou dun seul homme), comme certains « spécialistes » ont pu le faire croire. Le fascisme se développe en raison de déterminations générales, dans des conditions propres à une période historique. Si lon observe lhistoire, les processus de fascisation et le fascisme se positionnent à lintersection de deux catégories de contradictions : des contradictions de classes : contradictions sociales entre la classe bourgeoise et la classe prolétarienne, sans oublier les contradictions au sein des différentes classes et les contradictions de type ancien (qui peuvent mobiliser des classes liées à des structures plus ou moins «féodales» recyclées ou non dans les circuits capitalistes). ; des contradictions entre puissances : rivalités, directes ou indirectes, pour le partage et le repartage des zones dinfluence mondiales. Parvenue à un certain degré dacuité, la conjonction entre ces deux catégories de contradictions, induit sous des formes diverses, une tendance générale à la réaction et à la fascisation, dans divers pays du monde. Mais cette tendance ne simpose pas à nimporte quel moment, ni avec la même force partout. Cela dépend des conjonctures historiques. Cela dépend aussi des capacités de résistance et dorganisation politique des différents peuples, de leur histoire propre. Quun régime fasciste (ou apparenté ) parvienne ou non à simposer, on constate que lorsque les deux catégories de contradictions saggravent (comme dans la période de lentre deux guerres : crise économique et sociale et tensions exacerbées entre puissances), les classes dominantes cherchent à restreindre ou annihiler toute possibilité dexpression politique des classes populaires, cherchent à déconstituer leurs formes dorganisation politique, par la manière forte ou par la séduction. Les processus de fascisation révèlent en fait un état de crise profond des régimes en place, une faiblesse historique de la classe bourgeoise, qui ne parvient plus à maintenir démocratiquement ses alliances avec les classes laborieuses. Dans les pays encore partiellement féodaux, ils révèlent une même faiblesse historique des bourgeoisies nationales, qui par crainte des masses populaires, ont laissé à des classes féodales ou pré-féodales, le soin de verrouiller la société. Le libre déploiement de tels processus révèle aussi la faiblesse ou linsuffisance de la force organisée du peuple, qui na pu résister aux entreprises conjointes de lintimidation et de la séduction. Caractérisation politique : Le fascisme et la dissolution de lexpression politique des classes populaires À côté de la violence et de la terreur, tout processus de fascisation (quel que soit le nom quon lui donne), tend à « flatter » les différentes fractions du peuple, Profitant de leurs difficultés et de leur malaise, il tend à les enfermer dans des « identités » catégorielles ou partielles (de « race », « dethnie », de religion
). Cette « flatterie » identitaire conduit les exploités à se diviser, à lutter les uns contre les autres, à détruire leur unité de classe, au profit dune imaginaire communion avec les classes qui les oppriment (en mettant en avant une prétendue « communauté » de « race » ou de « culture »). Dans ce contexte daggravation des contradictions, les classes dominantes (bourgeoisie, ou féodaux entrés dans les circuits financiers capitalistes), doivent pour leur propre survie, empêcher lunification politique du peuple, ou décomposer cette unité quand elle avait été forgée. Il leur faut interdire aux classes populaires de contester la base du régime économique, de se donner pour but la réalisation dune société meilleure pour le peuple (le socialisme). Si, au cours de lentre deux guerres, on voulait empêcher les classes populaires de suivre lexemple soviétique, aujourdhui, on leur impose lidée que leur objectif démancipation est irréalisable, ou fondamentalement mauvais. Toutes les fractions des classes dominantes ne deviennent pas pour autant « fascistes », mais un certain accord se réalise lorsquil sagit de dissoudre lorganisation politique des classes populaires et leurs perspectives historiques. Comme les régimes bourgeois traditionnels, le fascisme, qui peut se présenter comme « anti-capitaliste », ne vise pas à détruire les fondements du capitalisme, pas plus que ceux des autres régimes dexploitation. Il vise seulement, cette fois-ci de façon radicale, à interdire toute possibilité dexpression des contradictions de cette base, toute expression politique de la lutte des classes populaires. Les tenants du fascisme ne veulent pas sattaquer aux formations sociales fondées sur des antagonismes de classes, et à la lutte qui en résulte. Ils ne dénient pas toute forme de lutte de classe, bien au contraire. Ils cherchent à radicaliser le combat des classes dominantes, en faisant régresser les formes politiques qui avaient permis au peuple de sorganiser, de poursuivre un but commun. (Ces formes avaient dailleurs aussi permis à la bourgeoisie révolutionnaire de poursuivre ses propres buts il y a deux siècles). Ce que les tenants du fascisme tentent de supprimer, détruire, décomposer, cest lexpression politique générale de la lutte des classes populaires, plus spécialement celle de la classe ouvrière. Lors des processus de fascisation, puis du fascisme, cette décomposition des cadres dexpression politique se concrétise : par la dissolution (ouverte ou masquée), des formes politiques modernes : république, démocratie, liberté dexpression, puis par leur destruction ; par la décomposition (ouverte ou masquée) des organisations politiques des classes populaires, puis par leur destruction. Au cours des processus de fascisation, les modes de regroupement politique des classes populaires sont empêchés ou affaiblis, leurs forces «désassemblés». Certaines organisations bourgeoises ou petites-bourgeoises, peuvent en subir le contrecoup. Ceci au profit dautres formes de regroupements : formes corporatives, formes locales ou communautaristes, avec mise en avant didentités partielles, ethniques ou culturelles, contre lunité de classe. Le processus de décomposition seffectue selon deux voies combinées : par la séduction : flatterie identitaire, et parfois par «lachat» des populations au moyen davantages immédiats. par loppression spirituelle, lintimidation (physique et idéologique), puis par la terreur. Ces deux voies sont intimement liées. Il faut bien voir que la violence ne simpose pas toujours sous langle de la violence physique, surtout au début. Mais il y a violence quand on veut décomposer ou détruire ce qui permet au peuple de sorganiser, de sunir, de lutter pour le bien commun. Caractérisation «impérialiste» : Le fascisme et la volonté de faire adhérer le peuple aux ambitions de « son » impérialisme, contre une hégémonie rivale Les classes ou fractions de classes qui visent, par la fascisation ou le fascisme, à dissoudre ou détruire les organisations politiques du peuple, cherchent aussi à faire adhérer lensemble de la population à leurs ambitions. Pour ce faire, leur propagande dénonce presque exclusivement les impérialismes concurrents, ceci sous diverses « étiquettes » de droite comme de gauche. Une telle propagande, pour mieux combattre les rivaux, peut même avoir recours à des formules dapparence marxiste : « lanti-capitalisme », « lanti-impérialisme » », en dénaturant le sens de ces formules, les coupant de la théorie qui leur sert de fondement. Il faut rappeler quau cours de lentre-deux-guerres, le fascisme sest imposé dans les pays capitalistes qui revendiquaient un repartage des zones dinfluence mondiale à leur profit (Italie, Allemagne, Japon), contre les puissances en place (Angleterre, États-Unis, France). Il faut rappeler, car on la oublié, que ces puissances fascistes, pour rallier dautres puissances à leur cause, ou pour tenter de séduire leurs populations, dénonçaient dans leur propagande le communisme, mais aussi « le capital international » ou la politique des rivaux capitalistes (notamment « limpérialisme » anglo-saxon ou « lhégémonisme américain »). Pour parvenir à leurs buts mondiaux, ces régimes fascistes sefforçaient en effet de constituer des blocs à léchelon dun continent, en soumettant dautres nations, afin de battre lhégémoniste adverse. Aujourdhui, on a parfois limpression quil en est encore ainsi, quon travaille à enrôler les masses derrière son propre « camp » contre lempire rival, quon oublie que « lessence » de limpérialisme, cest la rivalité entre puissances mondiales (oubli qui se manifeste au sein même de courants qui se réclament du marxisme). Pour faire adhérer les masses à la cause de « leur » impérialisme (aujourdhui à léchelon dun continent), la propagande sest avérée, et savère, un moyen très efficace. Les principes de violence et de séduction sont à luvre ici aussi. Comme lindiquait le dirigeant fasciste-nazi, Adolphe Hitler, la propagande sadresse à tous les mécontents, à la masse la moins éduquée (politiquement). La propagande ne cherche pas à élever leurs facultés rationnelles, la conscience, mais au contraire à mobiliser « les ressorts des passions fanatiques ». De plus, pour ne pas éparpiller les forces combatives contre des ennemis multiples, il recommandait que lattention soit concentrée, par amalgame, sur un seul ennemi (ainsi, selon lui, la figure du juif devait regrouper toutes les figures des ennemis de la puissance impérialiste allemande : les communistes, la finance internationale, lhégémonisme américain, la tradition nationale révolutionnaire française, etc.). Etre vigilant face aux fausses orientations qui aggravent la situation de tous les peuples Ces quelques éléments de caractérisation du fascisme, et des processus de fascisation, sont bien entendu insuffisants, pour être à même de déceler, à coup sûr, si aujourdhui encore le danger se révèle imminent. Quelques évolutions récentes doivent cependant nous rendre vigilants. Nobserve-t-on pas depuis quelques décennies une décomposition de la nation républicaine en France, une déconstitution des organisations politiques populaires, la mise au ban de leurs perspectives historiques démancipation, la valorisation des regroupements communautaires, lappel « aux passions fanatiques », les atteintes à la liberté dexpression, la diabolisation du communisme, mais aussi dun seul impérialisme (le rival américain), la grande discrétion à légard des buts impériaux poursuivis au nom de la « construction européenne » ? À chacun de réfléchir, en se fondant sur la raison, en éclairant sa conscience par le recours à létude, lanalyse. Et non en restant soumis à des réflexes, des « passions fanatiques », comme on y est incité lors de tout processus de fascisation. Ces articles peuvent également vous intéresser Les mots et l'histoire « Mondialisation » et remise au premier plan des rivalités impérialistes Les puissances impérialistes en rivalité et les tentatives denrôlement des luttes populaires à leur profit Lénine, Limpérialisme, stade suprême du capitalisme Fascisme et communisme. Deux conceptions antagoniques de la propagande De la crise de 1929 à 1939 (réaction, fascisme, sursaut populaire, guerre mondiale) La situation internationale, la situation en France, et la montée des inquiétudes
Edité le 21-12-2015 e 16:51:40 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| |
| | | | | | | | | |
|