| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 01-01-2015 à 21:31:44
| Saïd Bouamama nous adresse ce courrier : Meilleurs vux frères, amis et camarades Au nom du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires ( FUIQP ) je vous souhaite à vous et à vos proches nos meilleurs vux pour l'année 2015. Dans le monde barbare que construisent inexorablement les classes dominantes, les seules lueurs d'espoir faisant espérer un changement du rapport des forces restent : la résistance, la lutte, l'auto-organisation et la détermination à tenir la boussole de l'égalité 5e rencontre nationale des luttes de l'immigration et des quartiers populaires : Saint-Etienne 18 ET 19 AVRIL 2015 Vous trouverez ci-dessous l'appel aux cinquièmes rencontres nationales. Dans l'état d'éparpillement actuel de nos luttes et du développement d'u sentiment d'impuissance dans nos quartiers, cette date est importante. Pour garantir que cet espace soit bien le nôtre, l'inscription préalable est exigée. Faite le dès maintenant. une nouvelle vidéo sur mon blog Pour cette nouvelle année qui verra le dixième anniversaire de la révolte des quartiers populaires, voici une vidéo d'un débat à Blanc Mesnil dans la période de cette révolte : Novembre 2005 : Les raisons de la colère Merci de faire circuler sur vos listings, blogs et autres face book Said Bouamama bouamamas@aol.com
_____________ 5ème rencontre nationale des luttes de limmigration Le 18 et 19 avril à Saint-Etienne. Pour réserver ou confirmer votre participation : 06/52/23/21/97 ou soniamoussawi@gmail.com Pour limmigration et les quartiers populaires le gouvernement socialiste au pouvoir depuis 2012 signifie la poursuite de la politique des gouvernements de droites précédents. Les quartiers populaires et leurs populations ont continués à se paupériser, à se précariser et à être médiatiquement et politiquement stigmatisés. Les taux de chômages pour les jeunes des quartiers populaires dépassent les 30 ou 40 % et sont accrus pour ceux issus de limmigration. Les rapports des associations caritatives démontrent laggravation permanente dune situation déjà gravissime. La violence retournée contre soi (toxicomanie, suicide, maladie mentale, violence de proximité, etc.) ne cesse de saccroître. Les médias semparent ensuite de cette violence pour en masquer les bases économiques et sociales et stigmatiser encore plus nos quartiers et leurs populations. De victimes dune situation doppression et de discriminations, ils deviennent par la construction médiatique du « fait divers » des coupables. Pour limmigration la déstabilisation des statuts acquis par nos luttes commencée depuis plusieurs décennies par les gouvernements de gauche comme de droite sest poursuivie et approfondie : la carte de séjours de 10 ans est remise en cause, les chibanias et chibanis nont toujours pas la libre circulation entre leur pays dorigine et leurs pays de résidence, les sans-papiers continuent dêtre plongés dans lillégalité et linvisibilité et de fait continuent à être contraint de devenir de la « chair à patron » surexploitée, les jeunes issus de limmigration (comme leurs parents dailleurs) sont toujours plus victimes de discriminations systémiques massives, les contrôles au faciès et crimes racistes et/ou policiers endeuillent toujours nos quartiers avec toujours le même déni de justice, etc. Les nouvelles formes de lidéologie raciste que sont lislamophobie, la Négrophobie et la Rromophobie non seulement ne reculent pas mais sont produites et reproduites par les discours et les pratiques gouvernementales. Des lois sur le foulard aux expulsions de campements Rrom, en passant par les justifications des guerres au Mali ou en Centrafrique et les discours « explicatifs » du « djihadisme », etc., lessentialisme et le culturalisme des discours officiels autorise et encourage lislamophobie, la Négrophobie et la Rromophobie. Plus grave, ils encouragent les passages à lacte que ce soit sous la forme de discriminations ouvertes ou dagressions physiques décomplexées. Au niveau international enfin le gouvernement socialiste actuel sillustre par la multiplication des guerres néocoloniales (Mali, Centrafrique, Côte-dIvoire pour ne parler que des dernières.) et un soutien sans faille à lEtat sioniste dIsraël. Organisation jeune et modeste, en cours de construction, le FUIQP ambitionne soutenir la création partout en France de comités de jeunes issus de l'immigration qui militent pour leur auto-organisation autonome qui rende visible leur colère et leurs propositions élaborés démocratiquement. Le collectif de Saint-Etienne accueille les cinquièmes rencontres nationales des luttes de limmigration qui seront comme les précédentes un moment fort déchanges et de débats. Elles permettront de faire létat des lieux de la situation et de nos luttes, déchanger sur les obstacles et les difficultés à structurer un mouvement national pouvant peser sur le rapport des forces politiques, de prendre des décisions permettant le renforcement de la dynamique du FUIQP et enfin de décider dactions militantes coordonnées permettant de frapper ensemble, en même temps et dans la même direction. Le programme définitif des Rencontres sera arrêté le 18 février 2015. Vous recevrez tout prochainement une proposition de thèmes.
Edité le 01-01-2015 e 23:07:26 par Xuan
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| Posté le 03-05-2015 à 23:23:06
| RÉSOLUTION FINALE DES 5È RENCONTRES DES LUTTES DES IMMIGRATIONS ET DES QUARTIERS POPULAIRES (FUIQP) source 28 AVRIL 2015 Les cinquièmes rencontres nationales des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) se sont tenues à Saint-Étienne les 18 et 19 avril 2015. Après avoir analysées la situation actuelle des quartiers populaires et des immigrations, les rencontres ont adoptées la motion suivante : Considérant : 1) Le développement de nouvelles guerres coloniales en Afrique et au Moyen-Orient dans lesquelles la France est de plus en plus impliquées. Ces guerres justifiées par des prétextes fallacieux (lutte contre le terrorisme, droit des femmes, défense de la démocratie, etc.), ne sont que des guerres de pillages. 2) La poursuite et la consolidation des rapports néocoloniaux entre la France et ses anciennes colonies. Ces rapports et la misère quils produisent dune part et les guerres de pillage dautre part, produisent lobligation pour des centaines de milliers de personnes de quitter leurs pays pour survivre. Confrontés aux politiques de fermeture des frontières et aux barrières militaires de lagence FRONTEX, ces migrants sont contraints de prendre des risques de plus en plus grands. Telles sont les raisons des drames de la Méditerranée qui ne sont rien dautre quun assassinat institutionnel de masses dont lEurope et la France sont coupables et responsables. 3) La dégradation de la situation économique et sociale des classes et quartiers populaires marqués par des processus de paupérisation, de précarisation, de discriminations racistes et sexistes systémiques et de mises sous surveillance policières. 4) Le développement de politiques de racialisation dÉtat et municipales sous la forme de textes de lois, de décisions municipales, de déclarations délus ou de ministre désignant les Rroms et les musulmans comme boucs émissaires. Ce sont ces politiques « den haut » qui se transforment ensuite en racisme dans une partie importante de la population française. Elles constituent des autorisations au passage à lacte racistes. 5) Les campagnes idéologiques récentes comme « Je suis Charlie » ou « lesprit du 11 janvier » et leurs conséquences en termes daugmentation de lislamophobie et de mises en suspicion des musulmans réels ou supposés. 6) La reprise par une partie importante de la « gauche » de thèses réactionnaires comme celle de lexistence dun « racisme anti-blanc » , celle de lexistence dun « danger pour la laïcité » provenant des quartiers populaires en général et des musulmans réels ou supposés en particulier, celle de la nécessité et de la légitimité dune intervention militaire en Afrique ou au Moyen-Orient, etc. 7) Létat déparpillement de nos luttes leur caractère défensif et les divisions qui les affaiblissent. Lensemble de ces considérants conduisent les cinquièmes rencontres nationales des luttes de limmigration à : Appeler 1) À la création de collectifs du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires dans chacune des villes de France afin de prendre en charge de manière convergente le combat contre les dominations de classe, de « race » et de sexe. 2) A soutenir les structures de lutte existante (Union Nationale des Sans-Papier, Comités de familles de crimes racistes et sécuritaires, organisations de lutte contre lislamophobie, associations de Rroms, etc.) et à participer de manière active aux mobilisations quelles décident. 3) A participer au Forum du 9 mai de « Reprenons linitiative » à Gennevilliers afin de définir si possible avec le plus dalliés possibles lantiracisme politique et conséquent dont nous avons besoin. Nous participerons à ce Forum pour y faire entendre nos positions : refus de lintégrationnisme, dénonciation des politiques étatiques et municipales de racialisation à lencontre des musulmans et des Rroms réels ou supposés, nécessité dun mouvement antiraciste politique et non moral et/ou individuel, lutte contre les discriminations racistes et sexistes, abrogation de la loi de 2004 sur le foulard, condamnation de la thèse de lexistence dun « racisme anti-blanc », etc. Décident : 1) La tenue des sixièmes rencontres des luttes de limmigration et des quartiers populaires au printemps prochain, 2) Le développement dune politique de formation politique et déducation populaire sous la forme dune caravane dauto-formation parcourant lensemble du territoire et dautres outils à produire (films, brochures, etc.), 3) La formalisation et la diffusion dun « programme en dix points » comme axe de construction du mouvement, 4) La mise en place dun bulletin de liaison permettant de renforcer le réseau et de faire connaître nos prises de position publique, 5) Lanimation dune campagne de mobilisation à loccasion des 10 ans des révoltes populaires de masses de novembre 2005, 6) Le lancement dinitiatives décentralisées dans des formes correspondant aux forces et aux réalités locales à loccasion de la journée de la terre palestinienne le 30 mars ; de lanniversaire du massacre du 8 mai 1945 en Algérie, du 21 septembre jour du résultat de la plainte pour discrimination des Chibanis de la SNCF contre leur ancien employeur, de lanniversaire de larrivée de la marche pour légalité et contre le racisme à Paris le 3 décembre. 7) Une mobilisation particulière pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah qui nous a lhonneur daccepter la « présidence dhonneur » du FUIQP. Nous ferons tout pour être digne de cet honneur. Nous sommes autonomes, nous ne sommes pas Charlie. Exister cest exister politiquement (Sayad) contact@fuiqp59-62.org
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| Posté le 17-09-2015 à 12:38:54
| Voir ici
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| Posté le 17-09-2015 à 12:48:50
| | JUSTICE POUR LES CHIBANIS
Le FUIQP se mobilise avec les Chibanis contre la SNCF Après les comités FUIQP du Nord, du Sud et de la région parisienne c'est maintenant ceux de Montbéliard et de Saint-Etienne d'annoncer leurs initiatives de soutient à nos 800 anciens en procès contre la SNCF pour discrimination. Rappel des rendez vous : - Sud : projection-débat de soutient aux Chibanis, le jeudi 17 septembre 2015 à 18h30 à la Maison des associations, Rue Albert Camus, Miramas. - Montbéliard : Vendredi 18 septembre 2015 à 20h Salle de lAECI (pôle sportif de La Chiffogne) 38, Bd du 21ème BCP à MONTBELIARD - Région Parisienne : Manifestation de soutien le 21 septembre 2015 à 13H00 devant le tribunal des PrudHommes de Paris 27 rue Louis Blanc 75010 Paris. Métro Louis Blanc - Saint-Etienne : rassemblement le 21/09 à 14H30 devant les prud'homme de sainté. - Nord : rassemblement le 21 septembre à 18 heures devant la Gare de Lille
____________________ Discrimination des Chibanis de la SNCF Délibéré le 21 septembre 2015. Après avoir déposés les premiers dossiers en 2005, 850 Chibanis de la SNCF auront droit à une première décision du Conseil des PrudHomme de Paris (CPH), afin que justice leur soit rendue. Un juge professionnel tranchera le litige concernant les discriminations quils ont subi durant toute leurs carrière. Dix ans durant lesquelles de multiples renvois et 19 audiences ont été tenues, toutes similaires. Les juges civils du CPH se sont déclarés incompétents pour juger de légalité entre les travailleurs immigrés et français. La juge professionnelle, Mme Karima Gassem, qui devait être en charge du dossier, a été écartée par son chef de service, Didier Le Corre, parce que dorigine maghrébine
Ses huit années dexpérience nont pas fait le poids face à ses origines. Les 23,24 et 26,27 mars 2015, 14 audiences ont eues lieu pour juger le traitement discriminatoire de la SNCF envers ces 850 Chibanis. Les débat ont commencés par lexplication de la différence entre les salariés au statut et les contractuels : les cheminots au statut exercent des métiers inscrits au dictionnaire des filières SNCF, les contractuels exercent dautres métiers. Les Chibanis exercent les métiers du dictionnaire des filières mais ne peuvent prétendre au statut de cheminots, ils sont discriminés de par leurs origines, ceux qui, en cours de carrière, ont acquis la nationalité française et ont pu accéder au statut, ont été rétrogradés à la plus basse qualification, faisant une croix sur toutes leurs années dancienneté, cest le prix à payer. Il y a aussi le fait quune poignée de marocains ont été intégrés au statut cheminot, bien que nayant pas la nationalité française, en revanche, ils ne cotisent pas à la caisse de retraite des agents au statut. La SNCF discrimine selon son bon vouloir et ne respecte pas la loi. Bien que chaque personne ait un parcours différent, toutes ont été discriminées. Dans les années 70, la SNCF a envoyé des recruteurs chercher de la main duvre au Maroc, . Leur contrat stipulait « le travailleur doit recevoir, a travail égal, une rémunération égale à celle de louvrier français de même catégorie employé dans létablissement...Légalité sétend également aux indemnités sajoutant au salaire ». Le contrat de travail na pas été respecté par la SNCF. Les Chibanis cheminots ne peuvent évoluer que sur trois qualifications, contre huit qualifications pour les cheminots français, de fait, ils sont condamnés aux tâches dexécutions. Il leurs a été refusé laccès aux examens parce quétrangers, et même ceux qui occupaient la fonction de maîtrise, se sont vu refuser la qualification qui va avec, parce que non français. La discrimination a également portée sur la protection sociale, inférieure à celle de leurs collègues français : les Chibanis doivent travailler en moyenne sept ans de plus que leurs collègues français, pour une retraite trois fois moindre, ils nont pas accès aux services de médecine gratuite de la SNCF. Les pensions de réversion aux veuves sont misérables, en moyenne 300 euros, les veuves des autres cheminots n'ont pas à subir cette ingratitude et leurs enfants, devenus orphelins, deviennent pupilles de la SNCF. La France est fière davoir les meilleures infrastructures ferroviaires dEurope, la pause et lentretien des voies ferrées dune part, et la manoeuvre dans les centres de triages des locomotives dautre part, deux métiers qui ont en commun la pénibilité physique et le travail en extérieur par tous les temps, en horaires décalées, fait que leur santé particulièrement dégradée. Les postes tenus par ces « indigènes du rail » nétaient guère attrayant pour les autres cheminots, parce que très durs et peu payé. A ce jour, beaucoup de ces papys occupent les mêmes fonctions qua leurs arrivées, à la même qualification. Daprès les derniers bilans sociaux de la SNCF: 2% des cheminots à statut terminent leur carrière à lexécution, en revanche, 100% des Chibanis terminent leurs carrière à lexécution. Leur évolution de carrière est inexistante, et leur retraite aussi. Ces cheminots ne sont pas des « contractuels » comme les autres, un statut défavorable a été créé, sur mesures, pour eux. Largument premier de la SNCF est « quil ny avait pas de lois interdisant la discrimination à lépoque, puisque la première législation contre la discrimination date de 2001 » . Légalité de traitement est inscrite dans la constitution de 1958 et aussi dans la convention numéro 111 de l'Organisation International du Travail, ratifiée par la France en 1958. La convention Européenne des droits de lHomme, à laquelle la France adhère, est piétinée. La SNCF ne respecte pas le principe dégalité de traitement entre des salariés placés dans une situation identique. Larticle 64 de laccords euro méditerranéen du 27 février 1976, modifié le 26 février 1996 stipule que « chaque état membre de l'Europe, accorde aux travailleurs de nationalité marocaine sur son territoire, un régime caractérisé par labsence de toute discrimination fondée sur la nationalité, par rapport à ses propres ressortissants, en ce qui concerne les conditions de travail, de rémunération et de licenciement ». Ce combat pour l'égalité est identique à celui des anciens combattants, issus des colonies, et à celui des mineurs du Nord qui ont gagnés leurs droits après 25 ans de procédures judiciaire. La SNCF mise sur la longue durée des procédures de justice, et réserve aux Chibanis cheminots les mêmes délais que les anciens combattants et les anciens mineurs... A ce jour, un grand nombre de ces Chibanis sont morts, beaucoup au travail, certains, ne verront pas la fin de ce procès Lentreprise détat quest la SNCF, se verrait grandi de reconnaître les droits de ces 850 pères de familles, dont les enfants sont français, et qui voient les droits de leurs papas bafoués. Les autres entreprises publiques (la poste, EDF-GDF, la RATP, Air France, la sécurité sociale etc...), ont depuis longtemps retiré, la clause de nationalité discriminatoire, et ont reconnu légalité au travail. Venez nombreux soutenir les Chibanis de la SNCF, vous comblerez labsence des syndicats qui regardent ailleurs, alors que les travailleurs qui ont le plus d'ancienneté dans l'entreprise, se battent seuls, pour leurs droits. Une société qui ne respecte pas ses anciens, n'a pas d'avenir. SOUTENONS les Chibanis de la SNCF
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| Posté le 21-09-2015 à 15:16:53
| | La SNCF condamnée pour discrimination envers d'ex-travailleurs marocains
800 cheminots de nationalité ou d'origine marocaine avaient déposé des recours en affirmant avoir été bloqués dans leur carrière et lésés à la retraite. SOURCE AFP Publié le 21/09/2015 à 10:02 - Modifié le 21/09/2015 à 13:59 Le Point.fr La SNCF est condamnée pour "discrimination dans l'exécution du contrat de travail" et "dans les droits à la retraite". La SNCF est condamnée pour "discrimination dans l'exécution du contrat de travail" et "dans les droits à la retraite".©FAYOLLE/SIPA "Aujourd'hui, on se sent cheminot à 100 %": après des années d'attente, plusieurs centaines de "chibanis" (personnes âgées) marocains, embauchés par la SNCF dans les années 1970, ont obtenu gain de cause. La compagnie ferroviaire a été condamnée lundi pour discrimination et pourrait devoir verser 150 millions d'euros. Après, pour certains, dix ans de procédure, l'immense majorité des 832 cheminots de nationalité ou d'origine marocaine estimant avoir été lésés dans leur carrière et leur retraite ont obtenu satisfaction devant le conseil des prud'hommes de Paris. La plupart ont été embauchés comme contractuels, pas au statut particulier des cheminots. Les dommages et intérêts allant de "150 000 à 230 000 euros" par personne, selon Abdelkader Bendali, professeur marocain aux côtés des plaignants, l'affaire pourrait coûter à la SNCF autour de 150 millions d'euros. La SNCF est condamnée pour "discrimination dans l'exécution du contrat de travail" et "dans les droits à la retraite", selon un jugement consulté par l'AFP. Les décisions ont été livrées aux avocats, par piles, en présence de quelque 150 personnes. Après avoir ouvert un premier jugement, l'avocate des "chibanis" (cheveux blancs en arabe) Clélie de Lesquen s'est tournée en relevant les points. Le silence a laissé place aux applaudissements et aux cris : "Vive la République, vive la France, vive la justice !" Émus, les cheminots sont restés plus d'une heure dans la salle à partager leur joie. Ahmed Katim, porte-parole de l'association rassemblant les plaignants, était en larmes : "C'est une énorme satisfaction, la dignité pour les Marocains" et "la fin d'un combat de 15 ans" pour faire reconnaître plusieurs dizaines d'années de discrimination, a-t-il dit. Le professeur Bendali a salué une "immense satisfaction, une reconnaissance morale". La SNCF estime avoir appliqué la loi La SNCF a un mois pour contester les jugements après leur notification, prévue fin octobre. "On se laisse le temps de l'analyse avant de faire éventuellement appel", a réagi auprès de l'AFP un porte-parole du groupe. La compagnie ferroviaire, qui a souligné dans un communiqué "la valeur de l'engagement de ces salariés au service du développement ferroviaire de notre pays", considère n'avoir fait "qu'appliquer la loi", a-t-il ajouté. Les "dispositions légales en vigueur (...) excluent, aujourd'hui encore, l'embauche au statut SNCF de ressortissants de pays non membres de l'Union européenne", rappelle la SNCF. Engagés comme contractuels, donc avec un CDI de droit privé, ces agents à la retraite, ou proches de l'être n'ont pas pu pour la plupart accéder au statut particulier des cheminots, plus avantageux, relevant d'une caisse de retraite spécifique. Une centaine de plaignants, naturalisés, ont pu y accéder, mais en perdant leur ancienneté. SUD-rail, seul syndicat à avoir soutenu la cause des chibanis, s'est "félicité" de cette condamnation et réclamé de nouveau "l'abolition de la clause de nationalité, responsable de ces discriminations". "Ils nous disaient : Vous n'avez droit à rien, ça cassait le moral" Mohamed Ben Ali, 65 ans, encore en activité, a confié "se sentir aujourd'hui cheminot à 100 %". "C'est une grande chose : ils reconnaissent la différence que la SNCF a faite entre nous et les Français". De son côté, Abdelhadi Fedfane, 66 ans, entré comme contractuel en 1974, parti à la retraite en 2010 "cassé des pieds à la tête", se dit "très heureux" même si cela "ne répare pas ma santé". "D'autres sont morts", rappelle-t-il. Dans la salle, quelques veuves étaient présentes. "On formait les jeunes, mais on restait auxiliaires, ils nous disaient : Vous n'avez droit à rien, ça cassait le moral", se souvient-il. Les 832 requêtes avaient été examinées en mars après moult renvois. Les plaignants réclamaient chacun en moyenne 400 000 euros de dommages et intérêts. Parmi les "déboutés" figurent quelques dossiers prescrits et ceux d'une dizaine de travailleurs détachés par les chemins de fer marocains. La SNCF a recruté environ 2 000 Marocains dans les années 1970, en vertu d'une convention signée en 1963 entre la France et le Maroc fraîchement indépendant devant garantir "l'égalité des droits et de traitement avec les nationaux", rappelle l'Association des travailleurs maghrébins de France.
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| Posté le 22-09-2015 à 20:54:41
| Mardi 22 septembre 2015 oùvalacgt Victoire pour les chibanis de la SNCF : mais où était la CGT ? Les « chibanis » ce sont les anciens retraités de la SNCF, qui du fait de leur statut particulier de vacataires (ils nétaient pas français, la plupart étaient marocains), nont eu droit quà une retraite amputée. Ils viennent de gagner en première instance aux Prud'hommes, et on attend la décision, ou pas de la SNCF de faire appel. Nous mettons ici une petite vidéo (ire sur le site oùvalacgt) extraite dun journal télévisé qui explique le détail de la discrimination quils ont subi depuis si longtemps. En lutte depuis de longues années (depuis 2004) pour légalité des droits avec leurs collègues cheminots français, ils étaient bien seuls à se battre
« Où sont les syndicats ouvriers ? » pouvait-on lire à juste titre sur les tracts de lATMF (Association des travailleurs maghrébins de France), seule association les avoir défendus jusquau bout. Oui, où était la CGT Cheminots, elle qui avait signé laccord au rabais sur les retraites pour ces fameux « PS25 » (ce fameux statut vacataire) en 2004 ? Mal à laise peut-être ? Largumentaire diffusé à lépoque par le syndicat était plus quambigu, justifiant même lexistence de ce régime discriminatoire au nom de la défense du statut du cheminot (voir le texte de lépoque ci-dessous). Aujourdhui, la CGT se félicite de la victoire des chibanis (toujours ci-dessous), mais évite de revenir soigneusement sur le silence peu glorieux des années passées (la ré-écriture de lhistoire est un art à part entière
)
On notera aussi la déclaration de SUD Rail (idem), qui a quand même eu la décence de se porter partie volontaire au procès, cétait un minimum que semble-t-il la CGT n'a pas jugé utile de faire.
Nous publions ci-dessous le communiqué de victoire de lATMF, qui fera honte à tous les syndicalistes qui ont refusé de se battre pour légalité des droits au nom de la défense de leurs privilèges
La revendication nétait pourtant pas compliquée, connue et défendue depuis belle lurette (et reprise, aujourdhui, par la CGT cheminots) : Ouverture de la fonction publique à tous les étrangers ! Egalité complète de tous les droits !
Edité le 22-09-2015 e 20:55:24 par Xuan
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