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 il faut un parti de la classe ouvrière

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Xuan
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   Posté le 14-07-2009 à 14:49:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En 1976, le PCMLF réactualisait dans "les carnets du militant" un texte extrait des cours du PCF sur la cellule d'entreprise , datant de 1928.

Ce document ne résout pas le problème ni de la création ni de la ligne politique du nouveau parti de la classe ouvrière, mais aborde essentiellement les questions pratiques et organisationnelles, à travers lesquelles le parti se lie aux masses, en partant des besoins des masses.

Ces conseils apparemment anodins et de bons sens reflètent pratiquement l'application de la ligne de masse et de classe dans l'organisation du parti communiste.

Outre son intérêt historique, il montre la nécessité d'édifier un parti enraciné dans la classe ouvrière, dont les organisations de base partagent la vie et les combats du prolétariat.







“Les Carnets du Militant” sont une brochure périodique éditée par la Parti Communiste Marxiste Léniniste de France.
Sa raison d’être est d’aider les militants ouvriers dans la solution de leurs problèmes d’organisation de la lutte. Les quelques numéros parus ont ainsi abordé différentes questions comme : “Quelle attitude à avoir face à la répression et à la justice bourgeoise” (cet article sera réédité prochainement) ou “Comment développer l‘agitation et la propagande par ses propres forces”, etc.
Le N°1 des Carnets du Militant, épuisé depuis longtemps, était le fac-similé d’un texte de 1928 édité par le Parti communiste français, un cours sur la cellule.
Nous avons saisi l’occasion du rassemblement national ouvrier pour le rééditer. Ce texte est en effet fondamental, car, aux grandes directives de notre époque : lutter classe contre classe, arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne, une seule solution : la révolution prolétarienne, s’accole encore et toujours la question du comment?
A cette question, la classe ouvrière a répondu depuis longtemps : s’organiser. Depuis la trahison de la clique dirigeante du P”C”F, s’organiser signifie, pour la classe ouvrière, reconstruire son Parti de classe, édifier le Parti communiste . Sans Parti communiste, pas de révolution possible.
L’élément de base, l’épine dorsale d’un tel Parti, c’est la cellule, la cellule d’entreprise. Qu’est-ce qu’une cellule d’entreprise ? Comment se constitue-t-elle? Comment vit-elle? Comment développe-t-elle ses liens avec la classe ouvrière? Comment dirige-t-elle les luttes de sa classe? Voilà les questions auxquelles ce texte de 1928 répond en détail.
°°°°°°°°°°°
N.B. Quelques remaniements ont été nécessaires pour une bonne compréhension de ce texte. Par exemple, des formes d’organisation usitées à l‘époque comme “le rayon” et le “sous- rayon”, n’ont plus cours aujourd’hui. Nous avons alors inclus dans le texte, le nouveau vocabulaire, mais à aucun endroit nous n’avons changé le sens ou le fond du texte.
Les Carnets du Militant
Le 14 février 1976



LA CELLULE DU PARTI


SOMMAIRE
I- LA CELLULE D’ENTREPRISE
1 - Composition
2 - Organisation
3 - Travail de la cellule
4 - Moyens de réalisation
5 - Méthodes de travail
6 - Formation politique des adhérents
7 - Liaison avec le comité de Parti

II- II- LA CELLULE LOCALE


I - LA CELLULE D’ENTREPRISE


Composition de la cellule

La cellule d’entreprise doit être composée des communistes travaillant dans l’entreprise donnée. Une cellule peut être constituée avec trois camarades.
Dans son effort de recrutement, la cellule doit s’attacher à recruter plus particulièrement parmi les ouvriers les plus exploités : manœuvres, manœuvres spécialisés et femmes. Cette orientation spéciale du recrutement résulte de deux facteurs : 1° politique de rationalisation de la bourgeoisie; 2° composition sociale de notre parti.
La rationalisation amène l’élimination progressive du travail qualifié et son remplacement par une main d’œuvre qui n’a subi aucun apprentissage (manœuvres, femmes). Cette main d’œuvre représente la figure centrale de l’industrie rationalisée, elle est aussi la plus exploitée. Nos cellules d’entreprises doivent être composées en grande partie des éléments appartenant à cette masse essentielle du prolétariat industriel, car c’est la condition d’une liaison étroite de la cellule avec la majorité des ouvriers de l’entreprise. C’est ainsi que la cellule pourra connaître exactement l’état d’esprit et les besoins de la masse ouvrière de son entreprise et par conséquent la diriger effectivement .

Cette nécessité d’améliorer la composition sociale de nos cellules d’entreprise apparaît encore plus clairement quand on tient compte du deuxième facteur : leur composition actuelle. Ce sont en majorité des ouvriers qualifiés professionnels, parmi lesquels se forme justement l’aristocratie ouvrière qui est la base de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier. Cela ne veut dire aucunement que ces ouvriers sont de mauvais communistes. Seulement une telle composition sociale constitue une base propice aux déviations opportunistes. D’autre part, quand on tient compte des traditions encore fortement enracinées dans l’industrie, des cloisons étanches qui séparent les ouvriers professionnels qui se considèrent comme une couche supérieure, de la grande majorité des ouvriers non qualifiés, il est clair que nos cellules sont faiblement liées à la masse essentielle de l’entreprise, ne connaissent pas son état d’esprit et ses besoins, ne savent pas par conséquent la diriger dans la lutte contre le régime capitaliste.

Un deuxième problème important ayant trait a la composition de la cellule d’entreprise est celui des rattachés. En règle générale nous devons être contre la présence des rattachés à la cellule d’entreprise. Mais les difficultés de vie politique et du travail pratique de la cellule d’entreprise nécessitent l’affectation des rattachés (discussion, diffusion du journal d’entreprise).

Le nombre de rattachés doit âtre réduit au strict minimum. Les autres doivent être affectés dans les cellules de leur lieu d’habitation.


Organisation de la cellule


Pour le bon fonctionnement de la cellule, la constitution d’un bureau composé de 2 à 3 camarades est indispensable. Le bureau doit :

a) Préparer l’ordre du jour de la réunion de la cellule en solutionnant lui-même les questions secondaires et en organisant la discussion de façon à utiliser au maximum la courte durée de la réunion de la cellule d’entreprise;

b) Contrôler l’exécution des tâches confiées aux différents camarades (assurer pendant les heures de repas une liaison permanente avec les éléments de la cellule; par là même, contrôler l’exécution des tâches confiées aux différents camarades, etc.);

c) Assurer une liaison étroite avec le comité de parti;

d) Se réunir et prendre des décisions en cas d’ urgence, dans l’intervalle des réunions de la cellule.

Sans un bureau, la cellule ne peut pas remplir convenablement son râle, elle risque de compromettre gravement l’ action du Parti dans des moments importants (Ex.: une manifestation convoquée en 48 heures, déclenchement brusque d’un mouvement dans l’entreprise, etc.).
Le bureau de la cellule doit désigner en son sein, un secrétaire politique et au moins pour chaque tâche importante un responsable, c’est à dire

— un secrétaire pour le travail syndical (ou de masse pour les cellules de quartier), dont la tâche consistera plus particulièrement à suivre le travail de la section syndicale de l’usine;

— un secrétaire pour l’agitation et la propagande, qui s’occupera spécialement de l’organisation des réunions d’ usine et de sympathisants; qui réunira les articles pour le journal d’entreprise ; qui organisera la diffusion du matériel d’agitation et de la littérature du parti; qui conseillera les membres de la cellule pour leurs lectures; qui, s’il y a lieu, organisera une école, etc.;

— un secrétaire à l’organisation dont le rôle consistera à veiller à la régularité des réunions; à lutter contre les absences injustifiées; à fournir aux organismes dirigeants des petits rapports sur la marche de la cellule — c’est lui qui, par exemple, quand il est décidé d’organiser une réunion de sympathisants, a pour tâche de trouver le local, de repérer dans l’usine (avec l’aide de tous les membres de la cellule) les sympathisants qu’il faut inviter, etc., et surtout, c’est lui qui a à organiser le recrutement individuel et collectif.

Dans la pratique, ces tâches sont difficilement séparables. C’est pourquoi la direction de la cellule doit être collective; toutes les tâches doivent être discutées par le bureau de la cellule et l’exécution doit en être assurée par toute la cellule sous la direction de tel ou tel responsable selon la tâche à accomplir. Pour faciliter l’éducation de tous les camarades de la cellule on doit faire passer successivement le maximum de camarades dans le bureau.

Tous les trois ou six mois, la cellule doit faire le bilan de son activité et renouveler partiellement son bureau et les responsables aux différentes tâches, en veillant à assurer la continuité du travail, c’est à dire en conservant dans le bureau les camarades qui se sont révélés les plus capables et les plus dévoués.

Travail de la cellule

La cellule doit être pour les ouvriers de l’entreprise ce qu’est le Parti pour l’ensemble des travailleurs : leur chef politique, leur état—major, leur détachement organisé. Le travail de la cellule doit donc être dirigé vers la conquête de la masse de l’usine.

A) Etude de l’entreprise . — La cellule doit dresser un plan économique de l’entreprise, connaître ses procédés de production, ses bénéfices, dans la mesure du possible, sa direction et ses liaisons industrielles et financières. Elle doit, d’autre part, rassembler tous les renseignements concernant le personnel (composition, salaires, durée du travail, les traditions de lutte, les forces politiques en présence, etc.). Cette étude doit être systématiquement complétée, particulièrement en ce qui concerne les conditions de travail et les revendications du personnel.

B) Lutte pour les revendications immédiates -La cellule doit minutieusement examiner les revendications immédiates dans l’entreprise et organiser systématiquement la lutte pour
aboutissement. (Nous verrons plus loin de quelle façon elle doit le faire afin de na pas se substituer à la section syndicale d’entreprise, dont la tâche essentielle est la défense des revendications immédiates des ouvriers).

Mais la cellule doit toujours lier les revendications immédiates aux mots d’ordre généraux du Parti communiste, en montrant aux ouvriers la liaison indissoluble des luttes économiques et politiques, en orientant ainsi les ouvriers sur la base de la lutte pour les revendications immédiates, vers la lutte politique contre le régime capitaliste. La cellule doit toujours agir dans la ligne de la tâche essentielle du P.C., la préparation du prolétariat à la conquête révolutionnaire du pouvoir.

C) Campagnes du Parti .— La cellule doit mener toutes les campagnes du Parti à l’intérieur de son entreprise autour des mots d’ordre du Parti. Les fautes dans l’activité du Parti, qui ont nécessité la politique de rectification, résultaient dans une large mesure de ce que les campagnes du Parti n’avaient pas pour centre de gravité les entreprises. La cellule doit adapter chaque campagne du Parti aux conditions particulières de son entreprise et trouver les meilleurs moyens pour la faire aboutir sur son terrain d’action.

D) Mouvements ouvriers . — Les communistes doivent âtre à la tête des mouvements ouvriers. La cellule doit préparer, organiser et diriger les mouvements dans son entreprise par l’intermédiaire du comité d’usine, de la section syndicale, etc., et à l’aide de ses propres moyens d’action (journal d’ usine, appels du Parti, etc.).

E) Organisations ouvrières . - La cellule doit diriger politiquement toutes les organisations ouvrières se trouvant sur le terrain de son entreprise : section syndicale, secours rouge prolétarien, comité de grève...

F) Formation politique des adhérents . - C’est une partie intégrante du travail de la cellule. Nous en parlerons à part.

Moyens de réalisation

Nous allons voir les moyens principaux qui se trouvent à la disposition de la cellule pour réaliser ses tâches.

Le matériel courant dont la cellule doit se servir constamment, ce sont les tracts, les affiches, et surtout les papillons et les bombages. Ce matériel doit diffuser nos mots d’ordre et préparer les réunions d’entreprise qu’on peut classer en deux catégories

Réunion d’agitation à l’entrée ou à la sortie. —Ces réunions sont faites par un agitateur qui n’est pas de la cellule, et qui vient à la porte parler aux ouvriers de l’usine. Ces réunions ont un grand intérêt pour couronner le travail intérieur fait par la cellule dans l’usine ou pour annoncer une assemblée générale de l’usine ou une manifestation.

Réunion de sympathisants . — Elle n’est pas annoncée à toute l’entreprise, on convoque individuellement les ouvriers qui sont le plus près de nous. C’est un bon moyen de propagande et de recrutement pour le Parti. Quand cela s’impose, pour éviter la répression, les camarades de la cellule ne se mettront pas au bureau de la réunion, ni ne prendront la parole. Le bureau sera formé avec l’aide des camarades mis à la disposition de la cellule par le comité de parti; l’orateur sera désigné par ce dernier.

Le journal d’entreprise est le meilleur moyen de réaliser le travail de la cellule. Il est d’une importance capitale pour extérioriser le travail de la cellule malgré la répression patronale.

Le journal doit être le journal de toute l’entreprise et avoir la collaboration des sans—parti. Naturellement, il ne doit rien contenir qui soit contre la ligne du Parti, ni sa figure communiste ne doit en rien être atténuée sous prétexte de gagner les masses arriérées. L’utilisation de la correspondance ouvrière qui se développe actuellement autour du journal national est une excellente façon de faire du journal d’entreprise, le journal de l’ensemble des ouvriers de l’entreprise qui est l’écho de leur misère et qui défend leurs revendications.

Présentation : le journal doit être facilement lisible. Le titre ne doit pas être général (Aube rouge, Drapeau rouge, L’Etincelle ou la reprise du titre national) mais adapté à l’usine avec une bonne caricature (Ex. : La Flamme rouge pour une usine à gaz; L’Agitateur, journal d’une usine chimique).

Contenu
: surtout, pas de grands articles politiques découpés dans l’Humanité nouvelle ou le journal national et tenant presque toute la place. Le journal de l’entreprise ne doit pas être une copie maladroite de l’organe central.

L’article politique, obligatoire, doit être court, écrit simplement et faisant comprendre, autant que possible à partir de la situation de l’usine, un des mots d’ordre du parti et il doit aboutir à une conclusion pratique, relative à l’entreprise. Le gros du journal doit être composé par les faits de l’entreprise, mais traités de façon à en tirer une conclusion communiste . Les deux grands défauts à éviter, c’est de faire un journal uniquement politique ou un journal relatant uniquement des faits de l’entreprise. Les dessins sont excellents pour animer le journal.

Confection : le journal doit être absolument écrit par les membres de la cellule. Il faut que la cellule le tire elle— même. C’est surtout important dans les conditions de l’illégalité, pour le développement de l’autonomie technique des cellules et la protection des points de tirage plus importants.

Cellule et section syndicale

Nous examinerons le travail de la cellule à travers l’organisation ouvrière la plus importante. Comme tous les membres du Parti doivent être obligatoirement syndiqués, la cellule constitue le noyau de la section syndicale d’entreprise . La cellule doit par conséquent examiner le travail syndical à faire, prendre des décisions et les faire politiquement adopter et réaliser par la section syndicale.

C’est en apportant les meilleures solutions et en étant les meilleurs militants sur le terrain syndical que les communistes exerceront le rôle dirigeant du Parti dans la section syndicale. La cellule, tout en dirigeant la lutte pour les revendications immédiates à travers la section syndicale, doit prendre position en tant que Parti sur toutes les questions intéressant les ouvriers, y compris les questions économiques, dans son journal, dans des tracts, papillons, etc. Elle exercera aussi publiquement la critique du travail syndical et des mouvements dans l’entreprise au nom du Parti. Les deux grands défauts à éviter, c’est de substituer la cellule à la section syndicale ou d’effacer le rôle du Parti et son expression en tant que tel, dans les luttes économiques du prolétariat intimement liées à ces luttes politiques.

Méthodes de travail de la cellule

A) Une bonne organisation . — Nous soulignons encore une fois l’importance d’une bonne organisation pour l’accomplissement des tâches de la cellule. Résumons ses principes : a) bureau de cellule; b) responsables aux différentes taches; c) liaison étroite avec le comité de parti; d) contrôle systématique de l’accomplissement du travail décidé.

B) Travail d’organisation . — Dans ce domaine, deux problèmes doivent être pratiquement résolus

a) un plan de travail établi pour une période de quelques mois est une base excellente pour un travail systématique et efficace;

b) division du travail il faut entraîner dans le travail tous les membres de la cellule sans exception - en pratiquant une répartition judicieuse des tâches; ne pas surcharger un camarade de tâches, surtout un nouvel adhérent qui doit s’éduquer progressivement au travail;

c) résultats d’organisation après chaque campagne: le Parti souffre de la disproportion entre son influence toujours grandissante et son organisation en état de stagnation; la raison essentielle en réside dans le travail trop restreint à l’agitation et la propagande, et qui n’aboutit pas à des résultats d’organisation; la cellule doit donc toujours envisager la façon dont elle va profiter du point de vue d’organisation du travail qu’elle accomplit, par le recrutement et l’organisation des ouvriers avancés.

d) Travail clandestin. — La répression patronale démolit trop souvent nos cellules d’entreprise à cause du manque total des mesures de précautions élémentaires. Nous en citons quelques unes :
a) se réunir dans un lieu non repéré, le changer dès le premier soupçon; (ne pas venir directement de l’usine à la réunion);
b) seul le secrétaire doit connaître les noms et les adresses des adhérents, dans la cellule ils doivent tous porter un pseudonyme ressemblant à des noms réels ;
c) ne pas afficher sa qualité de membre du Parti dans l’entreprise sans analyse des conditions;
d) être prudent dans les conversations dans les lieux publics et accomplir son travail à l’intérieur de l’entreprise en prenant toutes précautions utiles.Deux défauts sont à éviter : 1° de ne pas prendre au sérieux les mesures élémentaires du travail clandestin ;le Parti en souffre, étant obligé de reconstruire pendant de longs mois une cellule démolie; 2° de se replier sur soi—même et de ne pas extérioriser le travail de la cellule. La lutte contre le mouchardage et la répression est une tâche importante de la cellule.

D) Initiative . — Le développement de l’initiative des membres de la cellule est une chose excellente pour le travail de la cellule. Il ne faut pas prendre les directives des organismes du Parti à la lettre, mais dans la pratique trouver les meilleurs moyens de les appliquer aux conditions de l’entreprise. Il ne faut pas non plus attendre toutes les directives pour entreprendre quelque chose, mais agir par sa propre initiative à tous les événements (Ex. :répression, grèves, solidarité...).

Formation idéologique et politique

C’est un travail important de la cellule, car la faiblesse idéologique des membres du Parti se répercute dans les faiblesses d’accomplissement de ses tâches. Les adhérents doivent être formés par :
a) l’examen de l’actualité politique générale et intérieure au Parti;
b) l’éducation marxiste—léniniste et la pensée maotsétoung;
c) la répartition des responsabilités.

Les moyens suivants se trouvent à la disposition de la cellule :
a) discussion autocritique du travail accompli, du point de vue politique et pratique;
b) examen des faits politiques de la semaine;
c) discussion des ordres du jour du Parti;
d) auto-éducation et étude collective.

Le matériel Courant à utiliser est : les circulaires, le Bulletin Intérieur, les Carnets du Militant et le journal central.

Liaison avec le comité de parti

Cette liaison doit s’établir réciproquement. De la part de la cellule : en envoyant les secrétaires aux sections ou départements de travail organisation et agit’prop, presse, syndicaux, etc.); en envoyant des délégués aux réunions des cadres, d’information, aux conférences, etc. De la part du comité de Parti : en visitant régulièrement les cellules, en faisant faire des comptes rendus de son travail par les membres de la cellule.

II LA CELLULE LOCALE


Composition : La cellule locale est composée des communistes habitant le territoire d’action de la cellule (localité, quartier, rue, maison). Les communistes sont affectés à leur cellule d’habitation seulement quand il n’y a pas de cellule dans l’entreprise où ils travaillent. Ils sont transférés dans cellule de leur entreprise dès que celle—ci est formée.
La question importante, c’est le contrôle régulier de la composition des cellules locales, afin de retrouver les camarades qui doivent militer dans leurs entreprises et de les envoyer à la cellule correspondante.

Organisation : Mêmes principes que pour la cellule d’ entreprise. Mais certaines activités (logement, associations d’amitié, contrôle de la distribution de la presse... ) prennent une plus grande importance.

Travail de la cellule

Nous ne faisons qu’énumérer les tâches de la cellule locale
a) Aider à la création des nouvelles cellules d’entreprises.
b) Agitation et propagande locales, diffusion de la presse centrale.
c) Travail syndical.
d) Organisations proches du Parti.
Les moyens de réalisation, la méthode de travail, la formation politique des adhérents et la liaison avec le comité de parti doivent être appropriés aux tâches de la cellule locale.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 02-08-2016 à 23:43:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le réseau "faire vivre" met en ligne un important article de M. Thorez "formons nos cellules", publié dans l'Enchaîné en 1924.

A noter la publication des "thèses sur la bolchévisation" au Comité élargi de l'IC du 25 mars au 16 avril 1925.

Le résultat ne tarde pas à se faire sentir puisque l'action centrée sur les grèves économiques et politiques dans les entreprises apparaît cinq ans plus tard dans "la grève politique de masse"


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« Formons nos cellules » par Maurice Thorez en 1924



Le tout jeune parti communiste français, issu de la social-démocratie en 1920, cherche à s’organiser en un parti révolutionnaire. De l’organisation en sections jugées inefficaces, la Section française de l’Internationale communiste (c’est ainsi que le PCF s’appelait), par la plume de Maurice Thorez, originaire du Pas-de-Calais, s’exprime sur la nécessité de s’organiser en cellules, beaucoup plus en prise avec les luttes et le terrain des entreprises. Les deux textes ci-dessous sont tirés de "L’Enchaîné" et daté des 21 et 28 juin 1924. L’histoire est une source d’informations indispensables aux communistes...

Lepcf.fr


Formons nos cellules !...


Mais alors, que deviennent nos sections ? se demandent anxieusement nos camarades. Est-ce que notre cellule, ajoutent-ils, ne sera pas un organe inutile, entravant notre action en la morcelant ? Ne risque-t-elle pas de nuire au travail réel, positif, accompli présentement par la section ?

Voyons si la section suffit tellement à notre action, qu’il soit superflu et même dangereux de vouloir la remplacer par un organisme plus jeune et plus approprié aux luttes futures du Parti communiste.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes amenés à faire la critique du groupe local tel que nous l’avons hérité du Parti unifié.

Il n’est aucun communiste sérieux qui n’ait constaté le manque de vie de la plupart des sections. Il n’existe pas une liaison vraiment efficace entre le Centre fédéral et les adhérents par le canal de la section. Le plus souvent, la moitié des membres, pour diverses raisons, n’assistent pas aux réunions, – mensuelles en général. La discussion des mots d’ordre du parti n’est pas poussée à fond. On paie la cotisation, on lit le procès-verbal de la réunion précédente, parfois la circulaire du secrétariat permet une rapide diversion.

On se chamaille aussi sur un potin local, on se referme dans une étroite conception du mouvement, ne visant qu’aux intérêts immédiatement perceptibles, et c’est tout. En voila pour un mois. Nos camarades se contentent de recevoir des idées du Parti par notre presse, notoirement insuffisante, – quoique sa situation exceptionnelle la classe au premier rang des organes prolétariens.

La moitié des adhérents du Parti a assisté à la réunion du groupe, mais combien accomplissent ensuite leur tâche communiste. On passe dans les sections et on entend l’éternelle plainte : « ce sont toujours les mêmes qui travaillent ». Peut-on imputer seulement à la mauvaise volonté de nos camarades, cette anomalie choquante de quelques communistes obligés de remplir toutes les charges de l’organisation ?

Évidemment non ; il y a une raison autrement plus profonde qui explique ce regrettable état de choses, et c’est la mauvaise organisation actuelle du Parti, organisation non conforme aux buts que nous prétendons atteindre.

A la section, il suffit d’un secrétaire actif, débrouillard, qui lit les papiers et dirige la discussion ; d’un trésorier collant soigneusement les timbres et gardant religieusement le "trésor" (quelques francs, hélas !) ; et aussi de quelques bons causeurs qui raisonnent à tout propos et hors de propos.

Les autres camarades n’ont aucune tâche définie à remplir ; ils ne sentent pas peser sur eux la responsabilité qu’entraîne l’accomplissement d’une fonction au sein de l’organisation révolutionnaire du prolétariat.

Ainsi s’établit le laisser-aller, le "j’men-foutisme" dans le groupe local. On laisse à quelques-uns le soin de parer à l’inertie de tous les autres.

Or, dans notre Parti communiste, il ne s’agit pas de posséder une carte et de laisser une dizaine, une centaine, voire un millier de militants se consumer dans une besogne écrasante et lourde de conséquences, mais de se mettre soi-même à l’œuvre. Autant de membres du Parti, autant de militants, autant d’agitateurs qui s’emploient selon leurs aptitudes, selon leurs possibilités.

La section actuelle n’offre pas le moyen de parvenir à un tel résultat. Seule la cellule d’entreprise, de mine, d’usine, permettra au Parti de confier enfin à chacun de ses adhérents, une part dans l’effort commun, condition préalable de la commune satisfaction : le communisme.

Maurice Thorez
L’Enchaîné , le 21 juin 1924


N.-B. – Nous invitons, d’une façon pressante, tous nos camarades à adresser leurs objections, suggestions et toutes critiques ou avis concernant les "cellules", à la Rédaction qui tiendra compte, dans la plus large mesure, de cette collaboration souhaitée et insèrera volontiers les (?) intéressantes.





Formons nos cellules

(suite)

Dimanche matin, pour la deuxième fois cette année, nos camarades sont convoqués en assemblée fédérale, avec, à l’ordre du jour, l’importante question des cellules.

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler la parfaite réussite de l’assemblée de Lens, en février. Plus de deux cents communistes du rang, suivirent avec attention l’exposé purement théorique de Jerram et ratifièrent ensuite les mesures d’organisation pratique suggérées par le Bureau fédéral.

Et cependant les résultats sont loin, dans leur ensemble, d’être satisfaisants. Il y a plusieurs raisons qui expliquent les lenteurs apportées au travail de réorganisation de notre Parti, et aussi la non activité de plusieurs cellules déjà constituées.

D’abord la période électorale, qui a absorbé pendant plusieurs semaines tous nos militants. Puis les grands problèmes politiques qui se sont posés devant le Parti et l’Internationale durant ces derniers mois. Mais il y a surtout l’ignorance du rôle de la cellule, ignorance qui se couvre parfois sous des mots et des phrases, et qui est partagée aussi bien par des "militants" que par des stagiaires.

C’est cette ignorance passagère que doit détruire l’assemblée fédérale de dimanche. Démontrer pratiquement ce que peut être, dès maintenant, la cellule communiste d’usine, ce qu’elle sera au fur et à mesure du développement de la bataille sociale, ce qu’elle deviendra dans l’époque de transition, pendant la période de dictature du prolétariat, telle est la tâche de notre conférence.

A cette réunion, il faudra surtout que les objections soient formulées, que les critiques soient précisées ; il faudra aussi que les résultats déjà obtenus soient communiqués, de façon que l’expérience acquise par quelques-uns puisse servir à tous les autres.

Pour accomplir une tâche, il faut la bien comprendre. Pour créer et faire fonctionner nos cellules, il faut avoir bien compris leur nécessité et leur importance décisive pour le succès de nos luttes futures.

C’est à ce premier travail de défrichement et de mise au point que sera consacrée notre assemblée fédérale. Puisse-t-elle permettre aux ouvriers communistes du Pas-de-Calais de prouver autrement que par des paroles, leur attachement à l’Internationale et leur volonté de combattre selon ses mots d’ordre, dont le plus essentiel reste toujours : « Formez vos cellules ! ».

Maurice Thorez
L’Enchaîné, le 28 juin 1924

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   Posté le 20-07-2017 à 11:24:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

« ce sont les masses qui font l’histoire ».


Les commentaires souvent justes sur les lois anti sociales (comme celui du socialiste Gérard Filoche), issues de la commission Attali sous Sarkozy (et dont Macron était le rapporteur), ont certainement éveillé les consciences. Les nuit debout aussi.
Mais lors de la lutte contre la loi travail, c’est avant tout la lutte de classe ouvrière qui a défait la pantalonnade socialo.
C’est elle qui a fait avancer l’histoire au point que la bourgeoisie a envoyé les CRS, gazé les cars de manifestants, pratiqué le matraquage télé, bazardé la négociation, et s’est finalement résolue à se passer de son modèle « démocratique » bipartisan et refondre l’ensemble de la mise en scène.

Ce sont les masses qui font l’histoire, et de même que le parti communiste que nous souhaitons est le parti de la classe ouvrière, c’est dialectiquement la classe ouvrière elle-même, sa fraction la plus consciente, qui le fera renaître sous une forme ou sous une autre et quelle que sera l’issue de la lutte idéologique en cours dans le pcf. Parce qu’il s’agit d’une nécessité pour cette classe de s’exprimer de façon indépendante des partis bourgeois, mouvements et autres, de s’organiser dans son propre parti, un parti révolutionnaire.

Il vient que le débat au sein du pcf n’intéresse pas que les adhérents du pcf. C’est un sujet qui concerne toute la classe ouvrière, et au-delà d’elle-même les couches populaires qui aspirent à une autre société. Et naturellement tous ceux et toutes celles qui se tiennent à l’écart du pcf depuis fort longtemps, précisément à cause de sa direction.

En apparence les communistes sont un petit nombre, déconsidérés dans le grand public, divisés, trahis dans leur propre organisation historique. Dans la réalité notre idéal rassemble les besoins de plus en plus criant de l’immense majorité. La question de l’orientation du pcf est-elle une affaire de spécialistes ? Un débat abscons étranger au prix des légumes et à la baisse des salaires ?
Evidemment non.

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   Posté le 09-01-2018 à 14:45:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ethique du prolétariat


Histoire et société

09
JAN
Une réflexion de Donetsk sur le rôle du parti dans la formation de la conscience de classe (note et traduction de Danielle Bleitrach)
07.01.2018




Actuellement, il y a confusion sur le rôle du parti communiste dans le mouvement ouvrier. Les communistes tendent, d’une part, à surestimer le rôle du parti et, d’autre part, à le sous-estimer. La surestimation est qu’ils essaient souvent de considérer le parti comme la seule force de classe. Pour une raison quelconque, on considère que c’est le parti qui doit créer des syndicats, les organes de la dictature du prolétariat, etc. Il y a un autre extrême. Le spontanéisme, les travailleurs comprendront d’eux-mêmes « à qui est la faute » et « que faire », de sorte que le parti doit « mûrir » du mouvement prolétarien spontané.

Pendant le « Printemps russe » à Donetsk, un camarade a sérieusement invité les communistes à créer des conseils pour appliquer les dispositions de la Déclaration de Souveraineté de la République Populaire de Donetsk. Il faut se souvenir que les premiers conseils furent organisés par des grévistes pendant la première révolution russe. Ils étaient des comités de grève qui contrôlaient la lutte de grève. En d’autres termes, les organes de la dictature du prolétariat surgissent dans une lutte réelle, et nous ne savons pas d’avance quelle forme ils vont acquérir dans le futur. Peut-être que ces organismes n’auront rien à voir avec les conseils. Par conséquent, le pire de tout est quand les communistes essaient d’adapter la vie aux plans morts.

Mais de telles idées «révolutionnaires» surgissent, en règle générale, à l’ère des convulsions sociales. En des temps relativement calmes, les opinions des partisans du mouvement ouvrier spontané sont très répandues, même si ce mouvement en soi est presque nul dans son activité. Dans l’article « Le journal en tant qu’organisateur collectif », il a déjà été dit que plus de cent ans se sont écoulés depuis l’émergence de «l’Economisme», mais ses partisans sont toujours présents parmi les communistes. Ils ont un large éventail de propositions allant de la «maturation du parti» à la création d’une «organisation du travail». Cependant, dans tous les cas du parti, on lui attribue un rôle peu enviable: au lieu de diriger le mouvement spontané de la classe ouvrière, il est obligé de le suivre.

En son temps, le coup décisif porté à «l’économisme» fut infligé par l’ouvrage de Vladimir Lénine «Où commencer?» Et «Que faire? Les questions persistantes de notre mouvement «, tandis que le marxiste hongrois Gyorgy Lukacs a développé les idées de Lénine dans son livre « Histoire et conscience de classe ». Lénine a affirmé qu’avec sa propre force, la classe ouvrière est capable de développer uniquement la conscience syndicale. Quant à la conscience de classe en soi, elle ne peut être introduite que de l’extérieur et son opérateur est le parti politique. À son tour, Lukács a comparé le parti à sa tête, qui a semblé se développer dans le corps de la classe ouvrière. La tâche de la tête, entre autres choses, est de voir au moins un pas en avant du corps.

Il n’est pas exagéré de dire que le sort de toute révolution socialiste dépend de la maturité idéologique du prolétariat. L’indicateur de maturité est l’existence de la conscience de classe parmi les travailleurs, puisque le prolétariat agit quand il est conscient de sa position. Rappelez-vous que la production de marchandises dans le capitalisme diffère des formes précédentes dans lesquelles la force de travail devient une marchandise. Sans réaliser la position du prolétariat sous le capitalisme, il ne réalise jamais la nécessité de changer l’état actuel des choses. Les travailleurs modernes comprennent-ils qu’ils ne sont qu’un produit vendu sur le marché au même titre que les vêtements, les voitures ou les articles essentiels? Bien sûr que non. Aujourd’hui, le prolétaire a une conscience purement bourgeoise, ce qui ne se manifeste pas dans la lutte contre le système, mais dans l’effort d’y occuper la position de la bourgeoisie; obtenir de l’argent, devenir riche. Et cela continuera jusqu’à ce que le Parti Communiste lui-même comprenne son véritable rôle dans le mouvement ouvrier, qui consiste à introduire la conscience de classe dans le milieu prolétarien. Bien sûr, Lukács avait raison quand il écrivait que la conscience de classe est «l’éthique» du prolétariat.

Les «économistes», et avec eux les mencheviks, croyaient à tort que la conscience de classe n’était qu’une poursuite de la psychologie de classe. D’où leur adoration du mouvement ouvrier spontané. L’éminent marxiste soviétique Mikhaïl Lifshitz attire l’attention sur le fait que, de toute façon, il est impossible de confondre ces concepts. « Dans tous les cas, la psychologie du prolétariat en tant que produit de la vie de l’usine ne doit pas être confondue avec la théorie du socialisme prolétarien, qui, comme toute théorie vient de la réflexion des faits objectifs de la réalité extérieure et surtout la plupart de l’histoire humaine » (Mikhail Lifshitz,« Dialogue avec Ewald Ilyenkov (le problème de l’idéal)).

En raison du fait que la conscience de classe du prolétariat est la théorie du socialisme, le parti agit non seulement en tant que support de l’idéologie et des connaissances scientifiques. À son tour, l’idéologie en tant que forme de conscience sociale existera chaque fois qu’il y aura une division des classes de travail. « Seul un caractère social directement du travail sans la division du travail permettra que la conscience sociale cesse d’être une idéologie, soit liquidée sa base laïque et donc sa prétention idéologique » – dit Valéry Bosenko dans « Dialectique à venir par négligence. « Selon lui, la société sans classes est » le produit du matérialisme pratique », ce n’est donc pas une idéologie. Avec la transition vers une telle société, l’idéologie bourgeoise sera détruite et l’idéologie en général dépérira.

Déjà à cette époque, Karl Marx et Frederick Engels disaient que le communisme était devenu une science et qu’il était nécessaire de l’étudier. Par conséquent, le parti qui se dit communiste doit aborder la théorie du socialisme avec la pleine responsabilité en tant que conscience du prolétariat. Les communistes devront faire un excellent travail dans le domaine de l’introduction de la conscience de classe. Le fait est que, à l’époque soviétique, l’étude du marxisme a disparu injustement, et aujourd’hui c’est encore pire. En particulier, l’enseignement théorique insuffisant des communistes modernes est perçu dans la discussion des causes de la défaite du socialisme en URSS. Bien sûr, il est possible autant que nécessaire d’expliquer l’effondrement de la renaissance de l’élite du Parti communiste de l’Union soviétique, mais cette attitude, pour le moins, n’est pas marxiste. C’est le positivisme le plus franc.

A la fin du 19ème siècle, le Russe Nikolaï Mikhaïlovski développa la théorie du héros et de la multitude, selon laquelle l’histoire du développement est déterminée par la volonté des grands hommes. En réponse, George Plekhanov a écrit un article, « Sur la question du rôle de la personnalité dans l’histoire », qui stipule: « Aujourd’hui, la cause finale et le plus général du mouvement historique de l’humanité doit reconnaître le développement des forces productives qui déterminent les changements consécutifs dans les relations sociales des hommes. « dans la continuité de ce qui précède, nous constatons que la défaite du socialisme est de ne pas expliquer le comportement des » grands hommes « et » le changement des relations sociales. »

Ce qui s’est passé au début des années 1990 n’a légalement consacré que les «réalisations» des années 1950 et 1960. La principale « réussite », bien sûr, est la soi-disant réforme de Kossyguine, qui supposait une extension de l’indépendance économique des entreprises, c’est-à-dire l’autogestion financière. En Occident, une réforme similaire a été nommée en l’honneur de l’économiste soviétique Yevsey Lieberman. Quelques années avant son adoption, qu’il publia dans le journal « Pravda » comme l’article « Plan, bénéfice et prix ». Selon lui, le critère principal de l’entreprise devrait être le bénéfice, car il sert « le travail de construction du communisme. « Aujourd’hui, il est évident que tout cela a conduit directement à la restauration du capitalisme.

Les dirigeants soviétiques ont-ils compris quelles conséquences engendraient de telles actions? Très probablement pas, car il y avait un analphabétisme théorique banal. Contrairement aux dirigeants ultérieurs, Joseph Staline a parfaitement compris que la tâche du socialisme est de vaincre la négociabilité, et non l’inverse. (Voir »À la critique de la base économique de l’État«). Mais plus tard l’économie soviétique a commencé à se développer non pas dans le style de Staline, mais dans le style Lieberman. À un certain point, la forme s’est simplement adaptée au contenu. Il n’aurait pas pu en être autrement, car l’objectif de l’industrie soviétique était de produire autant de biens que possible. À son tour, une plus grande négociabilité est une menace mortelle pour le socialisme.

Ernesto Che Guevara a été l’un des premiers à donner l’alerte en raison des nouvelles tendances de l’économie soviétique (voir «Sur le système de financement budgétaire»). En particulier, il a sévèrement critiqué l’affirmation de Lieberman sur la stimulation matérielle comme incitation principale. « Nous ne sommes pas d’accord avec l’importance que Lieberman fait de l’intérêt matériel (comme levier), » a écrit Che Guevara, « mais sa préoccupation pour les écarts qui surviennent au cours du temps la notion de » réalisation du plan « semble correct. Les relations entre les entreprises et les services centraux prennent tout à fait contradictoires, et des moyens méthodes utilisées par les entreprises pour générer des profits prennent parfois des caractéristiques qui sont loin de la notion de la morale socialiste ».

En raison du degré de compréhension du problème de la conscience de classe, Che Guevara peut hardiment s’élever au même niveau que Lénine et Lukács. Dans ce travail, il révèle habilement la relation entre la conscience et le développement de la production. Selon lui, à Cuba et dans tout le domaine socialiste, il est nécessaire de commencer à résoudre la tâche de développer une nouvelle conscience dès que possible parce que de nouvelles formes de relations de production ont été créées. De plus, bien que la conscience soit un dérivé des relations existantes, son développement dans certains cas peut dépasser le niveau de développement des forces productives. Par conséquent, Che Guevara parle de la nécessité d’éduquer la conscience comme un facteur important dans la construction du communisme.

Il est évident que la reproduction (et après la réforme de Kossyguine le renforcement considérable) des tendances capitalistes dans la production conduit à la reproduction de la conscience bourgeoise. C’est ce fait, qui apparaît à l’époque de la « perestroïka » de Gorbatchev, Yakovlev, Eltsine et ainsi de suite. Ils sont, bien sûr, des canailles, mais nous ne devrions pas surestimer leur rôle dans l’effondrement de l’URSS. C’est que la production mercantile est un élément qui par une même image spontanée tamise l’indésirable et rassemble ses agents, nécessaires pour cela. Non seulement les dirigeants, les 20 millions de membres du PCUS ont amené les relations monétaire-mercantile à leur conclusion logique: la restauration du capitalisme.

Contrairement à l’autofinancement soviétique, l’un des dirigeants de la révolution cubaine a proposé un système de financement budgétaire pour résoudre le problème de l’élévation des normes de production. Son avantage est qu’il permet une augmentation significative de la formation professionnelle, ce qui conduira éventuellement à une augmentation significative du niveau technique global. « Il est également nécessaire de prendre en compte, » poursuit-il, « qu’il sera facile – pour la politique de subvention – de transférer les étudiants qui ont élevé leurs qualifications à un autre emploi et d’éliminer progressivement les zones où prédomine le travail en direct. productivité du travail, correspondant davantage à l’idée de base de la transition vers le communisme, à une société de production développée et à la satisfaction des besoins humains fondamentaux « .

Che Guevara a estimé que la conformité (conformité excessive) de la norme n’est pas simplement une source de revenu (prime) pour le travailleur, comme dans l’autofinancement, mais son devoir social. Dans le processus où l’atteinte de l’objectif, le parti joue le rôle principal. En ce sens, il n’est pas seulement le porteur de la conscience de classe, mais aussi de l’avant-garde. Les communistes, par leur exemple personnel, doivent démontrer leur volonté de remplir leurs obligations sociales. Comme on le sait, Lénine prit directement part aux subbotnik, et Che Guevara expérimenta personnellement de nouveaux équipements de production. À l’avenir, le prolétariat suivra le parti qui sera prêt à l’aider à résoudre les tâches posées par l’histoire. Mais ça aide seulement, ça ne décide pas pour lui.

Aujourd’hui, le mouvement communiste est dans une crise profonde provoquée par la défaite du socialisme en URSS et dans les pays du camp socialiste. Mais la défaite politique et économique n’est pas aussi terrible que la défaite théorique. Si le cerveau du prolétariat est saupoudré de toutes sortes d’absurdités (positivisme, par exemple), même en présence d’une situation révolutionnaire, il ne peut rien opposer dans une société décadente. Mais ce sont précisément les questions de théorie qu’un parti peut non seulement résoudre, mais doit résoudre dans des conditions modernes, c’est-à-dire dans des conditions d’une réaction sourde. Heureusement, dans le Parti communiste de la République populaire de Donetsk, les communistes réalisent l’importance de ce travail.

Stanislav Retinsky.


Edité le 09-01-2018 à 14:51:12 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 26-02-2018 à 12:07:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Quelques rappels élémentaires sur le parti communiste tel que le conçoivent Marx et Engels et pas seulement dans le Manifeste

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FÉV
histoire et société



On a calculé que l’oeuvre complète y compris les notes et la correspondance de Marx et Engels nécessiterait une publication en 100 volumes. Inutile de dire qu’il en reste de non publié et que certains volumes des éditions sociales sont épuisés et sont introuvables. Pourtant Engels a toujours insisté sur la nécessité de prendre cette oeuvre comme un tout, alors que réseaux sociaux oblige, on se contente de plus en plus de certains extraits, de formules. Ce qui est une erreur.

A propos de l’intervention de nos camarades chinois sur le sujet, il est vrai que Marx et Engels accordent une importance centrale à la constitution du prolétariat en classe politique, un rôle central à la dictature du prolétariat ou à la démocratie véritable selon les termes. Le fait que le prolétariat se constitue en classe en s’organisant en parti se retrouve à chaque moment de l’oeuvre de Marx alors même qu’il a renoncé à la ligue des justes, devenue à leur demande ligue des communistes et pour laquelle il écrit le Manifeste.Cette préoccupation ne peut pas être isolée de l’analyse de ce qu’est une société, du fait que le Capital est un rapport social, de toute son oeuvre en fait y compris l’articulation entre l’objectif, les conditions matérielles, le développement des forces productives dans le cadre de rapports de production et la subjectivité de la lutte des classes, de l’état de conscience historique du prolétariat.

1848 en Europe, Le prolétariat se constitue en classe en s’organisant en parti dans ce qui demeure la domination des intérêts de la Bourgeoisie

Marx et Engels sont tous les deux féministes. On peut même considérer que sur ce plan, qu’il s’agisse de sa vie privée ou de ses prises de position, Engels est le champion toute catégorie non seulement pour son époque mais encore aujourd’hui. Ils sont à l’ écoute de ses femmes qui aspirent avec courage à l’égalité ce qui encore les différencie du mouvement ouvrier, de proudhon en particulier. Ils sont amenés à les défendre ou à leur emprunter de concepts. Ainsi Engels reprend le concept : « la femme est le prolétaire du prolétaire » à Flora Tristan. Il la défend contre les attaques d’edgar Bauer dans la Sainte famille , chapitre IV, 1: « l’union ouvrière de Flora Tristan », éditions sociales,P.27-29. Marx lui lui emprunte la formule selon laquelle « le prolétariat se constitue en classe en s’organisant en parti » idée fondamentale développée dans le Manifeste mais sur laquelle il reviendra constamment y compris dans sa correspondance(1).

Pourtant ces formules sont le plus souvent isolées chez Flora Tristan et chez d’autres, Marx et Engels les intègre à un système économique et social et surtout à sa dynamique c’est-à-dire la manière dont la classe prolétarienne est d’abord une classe vis à vis du capital, mais en opposition dès sa naissance même s’il y a des zones d’osmose, d’indistinction. Ce qui correspond pour une part à la situation française de 1848 et du Manifeste dans laquelle il y avait moins d’ouvriers d’industrie que de domestique. Le prolétariat se dégageait mal du monde rural et l’artisanat demeurait dominant. Donc les communistes à cette époque, celle du manifeste, côtoient nécessairement des petits groupes, des individus disséminés ça et là qui vont de pays en pays et fuient la répression monarchique dans toute l’Europe. Les prolétaires, à ce stade, divisés par la concurrence entre eux parfois se rapprochent mais c’est le plus souvent à travers l’union de la bourgeoisie qui pour renverser la féodalité doit les mettre en branle. Les prolétaires, à ce stade, ne combattent pas leurs ennemis mais ceux de la bourgeoisie, donc déjà les ennemis de leurs ennemis, les vestiges de la propriété foncière, les petits bourgeois, les prêtres, la monarchie absolue etc.. ou au contraire revendiquer des droits féodaux que la bourgeoisie abolit, les communs.Ils contribuent à la victoire du programme bourgeois anti-féodal. Tout victoire remportée dans un tel contexte est une victoire de la bourgeoisie.

C’est le cas de la plupart des mouvement européens en 1848 et Marx et Engels dans les articles pris sur le vif de la Gazette Rhénane à cette époque montrent bien que partout ce qui est en jeu c’est une sorte d’équilibre entre la bourgeoisie et les monarques qui in fine s’entendent pour que jamais ne soient abordés les intérêts concrets du prolétariat. Le processus se combinant avec un redécoupage de l’Europe des nations déjà belliciste et niant les aspirations des peuples qui de ce fait se jettent dans la bataille sous des formes patriotiques.

L’originalité de la situation française

Ce qui apparaît en 1848, à Paris c’est la mobilisation des prolétaires, aux côtés des capacités révoltés, les jeunes gens diplômés sans avenir qui tel Julien Sorel ou Musset dans les Confession du siècle rêvent de la gloire de l’Empire, ou comme Balzac de retour à la monarchie face à l’absence de spiritualité du monde bourgeois. Comment dans un tel contexte, au coeur même des revendications nationales et anti-féodales de la petite bourgeoisie va surgir le destructeur de cet ordre bourgeois qu’est le prolétariat, son fossoyeur, comment il va élaborer son propre programme internationaliste?

L’histoire ne se reproduit jamais et pourtant elle est riche d’enseignement, là encore c’est l’actualité de Marx. Emprunter à l’histoire une méthode mais toujours l’appliquer à un état concret du mode de production et de l’état de la lutte des classes, « une formation sociale » dans laquelle l’économie est déterminante « en dernière instance ».

Il est clair que se battre aujourd’hui dans le contexte de ce que propose la gauche du PS à Mélenchon et ses valeurs républicaines, c’est accepter le combat défini par la petite bourgeoisie qui prétend s’attaquer « aux excès du capital » et non au capital lui-même, à son immoralité et non à sa structure. Ce qui est la meilleure manière, on l’a vu avec Tsipras d’accepter ce que veut le capital. le fait est que face à cette situation il n’y a pas la moindre amorce d’un discours propre du parti révolutionnaire. Ce qui est le résultat d’une défaite, comme est une défaite la méfiance dans toute forme d’organisation propre à cette petite bourgeoisie, essentiellement des déclassés. On retrouve en 1848, en 1968 et peut-être en 2018, ce rôle des « capacités » diplômés sans débouchés y compris chez les réfugiés, les immigrés avec toujours le même blocage hégémonique sur ,la prise du pouvoir politique..

ce qu’inspire l’étude de Marx c’est justement la nécessité si on veut en finir avec l’exploitation capitaliste de s’en donner les instruments politiques décisifs. Par exemple face à cette méfiance à l’égard de l’organisation politique, l’adhésion au « mouvement ». Il est important d’avoir un parti qui va sur le terrain et combat aux côtés des exploités, c’est même indispensable sans cela il n’y aura jamais de parti de classe, mais tout reste à accomplir pour recréer l’unité nationale et internationale.

A ce propos si Marx et Engels, toujours à propos des luttes de 1848 insistent clairement sur le fait que la conscience prolétarienne à travers son parti va passer d’un patriotisme nationaliste qui l’a fait se ranger derrière la bourgeoisie à un conscience internationaliste. je voudrais noter les contradictions d’une vision anti-stalinienne. celle qui prétendrait résumer l’expérience soviétique et Chinoise à un nationalisme étroite en gommant totalement le fait qu’il s’agit de deux pays continents dont il a fallu surmonter le colonialisme interne, le choix de Lénine en créant l’URSS, celui aussi de Staline venu des confins et faisant jouer le rôle central à la Russie dans le renforcement de l' »amitié entre les peuples. Cela vaut bien l’aspiration au continent européen pour théoriquement dépasser l’étroitesse des nationalismes, surtout quand on se refuse dans le même temps à tout dialogue avec les partis communistes de ce continent, en leur préférant des partis au programme bourgeois assumé. Là encore ce qui a disparu est la finalité, la fin de la propriété privée en tant qu’elle est la condition de l’exploitation. Quel rôle joue l’UE dans ce domaine si on considère la finalité? isabelle garo a très bien montré à travers son étude sur la catégorie de peuple chez Marx à quel point cette catégorie entre nation et prolétariat permettait de tenir compte des états du développement historique et des rassemblements en lutte contre des formes d’oppression, soit celle héritées du despotisme, soit du colonialisme.

C’est sur quoi au contraire insiste le camarade chinois de l’ecole centrale dont nous avons publié le texte aujourd’hui. Il va très loin puisqu’il insiste sur la nécessité de passer par les fourches caudines du capitalistm de développement des forces productives, de la base matérielle de l’émancipation, mais aussi dès le début sa gestion en vue d’un processus d’abolition de sa capacité de substituer les intérêts privés du profit à l’intérêt général, au niveau de la Chine et aussi désormais au niveau international, ce qui là encore respecte de que dit Marx. Y compris dans sa vision de l’abolition de l’inégalité ville campagne, travailleur manuel travailleur intellectuel autant que’ celles de genre (sainte famille)

Un processus mais qui ne remet pas à plus tard et pose l’actualité du socialisme dès le début.

Dans toutes ses analyses marx montre qu’il faut beaucoup de luttes, vaincre les conditions d’isolement pour aboutir au parti, c’est-à-dire au moment où le prolétariat lutte pour ses propres intérêts comme ceux de l’émancipation de tous. Les conditions matérielles, concentration dans les usines, mais aussi les moyens de rapprochement comme les chemins de fer (marx est un passionné de cette question du chemin de fer) jouent un grand rôle en 1848 et surtout en 1871..

« Arrivé à ce point de la maturation de ce corps ou organisme que constituent les prolétaires, on passe de la prépondérance des facteurs économiques à celle des facteurs politiques pour la détermination de la classe« (Marx. Misère de la philosophie, ed.sociales, 1946, P.134. On comprend difficilement le concept de dictature du prolétariat si on omet ce mouvement essentiel de l’analyse marxiste.

On peut même noter qu’à chaque mutation de grande ampleur des forces productives, il faut recrer les conditions de l’existence de ce parti qui sont celles de l’expression unifiée du prolétariat.

Mais si le processus est essentiel, il ne signifie jamais qu’il doit y avoir une étape où serait oublié le but, l’abolition de la propriété privée en tant qu’elle est la condition de l’exploitation.

Il est clair que dans la contre-révolution que nous vivons, il y a eu à la fois une transformation en profondeur des forces productives qui est d’ailleurs en pleine évolution qui a profondément transformé les conditions de son rassemblement, de son unification. Et dans le même temps il y a eu la fin de l’URSS, le mode d’unification mondial, déjà fortement altéré par la querelle sino-soviétique et l’offensive généralisée du capital contre toutes les conquêtes politiques prolétariennes.

Que le parti communiste français ne soit plus le parti dans lequel, ce prolétariat divisé, isolé, ayant perdu sa conscience politique se reconnaisse n’a rien d’extraordinaire. la seule question qui se pose est celle de sa reconstruction en tant que tel. Qu’il faille en passer par les luttes est une évidence. Là encore Marx explique « Les hommes se construisent un monde nouveau avec des conquêtes historiques qui ébranlent le monde dans lequel ils vivent. Il leur faut au cours de l’évolution, commencer par produire eux mêmes, les conditions matérielles d’une nouvelle société, et nul effort de l’esprit et de la volonté ne peut les soustraire à cette destinée »( marx la critique moralisante et la morale critisante. deutsche.Brusseler zeitung,11-11-1847)

C’est ce que je crois dit le texte de l’Ecole centrale du parti communiste chinois que nous avons traduit sur ce bloc. L’idéal est supérieur à la réalité mais l’idéal ne peut pas s’abstraire de la réalité » parce que comme le note le texte des camarades chinois avoir un penseur de la taille de Marx pour nous aider à avoir une méthode et une fin est un grand atout. Le retour à la Théorie n’est pas une simple soif identitaire mais bien le moyen d’aller plus avant, plus rapidement. L’abandon de la théorie comme celle de l’ internationalisme fait parti du renoncement. l’effacement derrière la candidature de melenchon, n’est que le résultat de l’abandon de son rôle par le Parti d’une manière beaucoup plus globale, ce n’est qu’un moment d’un renoncement.

Ce qu’il faut donc retirer de cette analyse du parti articulée sur la lutte des classes, c’est qu’à aucun moment Marx ne raisonne comme le feraient les statisticiens par exemple en classant les individus dans des strates après un recensement. C’est ce que j’expliquais à mes étudiants en première année de sociologie, la composition des classes sociales chez marx est une dynamique, un mouvement qui n’a de sens que dans l’affrontement à partir de conditions matérielles contraignantes. Pour faire simple, pour qu’une classe existe il faut qu’elle se développe dans une dynamique entre conditions objectives du mode de production, de l’état de développement des forces productives qui conditionne sa propre base matérielle et qu’elle gagne la conscience d’elle même, ce qui trouve son expression dans le parti politique.

Danielle Bleitrach

(1) la lettre à Bolte 23-11-1871, donc cette fois avec l’expérience de la Commune de paris, Marx définit le moment où la lutte ouvrière devient politique: » pour devenir politique, un mouvement doit opposer aux classes dominantes les ouvriers agissant en tant que classe pour les faire céder d’une pression venant de l’extérieur. Ainsi l’agitation est purement économique lorsque les ouvriers tentent par le moyen des grèves, etc, dans une seule usine, ou même dans une seule branche d’industrie, d’obtenir des capitalistes privés une réduction du temps de travail; en revanche, elle est politique lorsqu’ils arrachent de force une loi fixant à huit heures la journée de travail, etcDe tous les mouvements économiques isolés des ouvriers( qui sont donc nécessaires étant le prélude et la condition du mouvement plus général) se développe partout un mouvement politique, autrement dit un mouvement de classe, en vue de réaliser ses intérêts sous une forme générale qui ait force de contrainte pour la société entière. ces mouvements supposent une certaine organisation préalable en même temps qu’ils sont à leur tour le moyen de développer cette organisation. »

Cette réflexion de Marx me semble-t-il nous aide à penser à quel point à la libération, sous l’influence du parti communiste et de ses ministres, il y a eu inscrit dans la société française le rôle politique de la classe ouvrière, c’est tout le fonctionnement de l’Etat, de la protection sociale, de la santé, de la recherche (et même des biens culturels ne serait-ce qu’avec le financement du cinéma)qui a échappé à la domination patronale y compris dans sa dimension étatique, ce sont des branches entières des transports donc de la possibilité de relier entre eux les teritoires et les travailleurs, de l’énergie avec les mines et le nucléaire, la possibilité des comités d’entreprise avec marcel paul, qui ont crée les bases matérielles sinon du socialisme au moins de faciliter les conditions de la lutte politique des travailleurs autant que leur épanouissement individuel. Est-ce un hasard si aujourd’hui la perte du rôle du parti communiste coïncide avec cette tentative de démantèlement du mouvement ouvrier poltique. C’est d’ailleurs pour cette raison que je combats pour la mémoire, elle est indispensable à la reconstruction du parti politique, autant que le nom.

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