| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 18-10-2012 à 09:37:19
| A l'image du capitalisme, les progrès de la révolution en Europe sont inégaux, mais la nécessité de l'union des prolétariats et des peuples d'Europe est nécessaire face à l'intégration européenne. Ci-dessous l'article de Mohamed Belaali. Sur Le Grand Soir : Europe : la légitimité et la nécessité de la révolution
Mohamed BELAALI « Être radical, cest saisir les choses à leur racine. (
) Cette critique aboutit à limpératif catégorique de renverser toutes les conditions sociales dans lesquelles lhomme est un être avili, asservi, abandonné, méprisable » (*). K. Marx Que faire pour sortir de la crise économique et sociale qui ravage lEurope ? La révolution !!! Cela peut paraître anachronique voire étrange de parler aujourdhui de la révolution. La classe dominante a réussi à faire croire, notamment à ceux qui ont objectivement intérêt à révolutionner leurs conditions dexistence, que le mot révolution appartient désormais au passé et que la fin de lHistoire est une réalité des temps modernes. Pourtant, la révolution tant haïe par les classes dominantes, na jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir une Europe atteinte dune maladie mortelle, le capitalisme. Aucune politique économique, conjoncturelle ou structurelle, libérale ou keynésienne, nest capable de sortir lEurope de cette marche suicidaire vers labîme. Aucune institution européenne, aucun gouvernement ni aucune élection ne sont à la hauteur de la tâche à accomplir : délivrer les travailleurs et les masses populaires dEurope de cet assujettissement aux détenteurs du capital seuls responsables de cette situation intolérable. Les travailleurs dEurope supportent et subissent quasiment seuls toutes les charges et toutes les souffrances produites par le capitalisme et ses crises à répétition. Leur situation matérielle empire à mesure que croissent les profits et les privilèges de la classe dirigeante. Leur horizon est de plus en plus sombre. La bourgeoisie ne leur offre comme perspective que la misère économique et morale engendrée par laccumulation des plans daustérité. Fermetures dusines, plans sociaux, restructuration dans toutes les branches de léconomie, dépôts de bilan etc., se succèdent et se banalisent. Le chômage et la précarité de masse qui sinscrivent désormais dans la durée, provoquent chez les salariés des ravages économiques, sociaux et psychologiques insoutenables. « La pauvreté revient en Europe » disait lun des dirigeants du puissant groupe anglo-néerlandais de lagroalimentaire Unilever cherchant une nouvelle stratégie de vente pour au moins maintenir leur niveau de profit (1). Au-delà de ce cynisme patronal, la paupérisation des travailleurs aujourdhui est une réalité incontestable. Il sagit dune classe exploitée, paupérisée, méprisée et humiliée. Lentente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. Seule lappropriation des moyens de production par les travailleurs permettra de briser cette servitude économique, source première de leurs malheurs. L Europe est aujourdhui à la croisée des chemins : continuer sur cette voie tracée par une minorité dexploiteurs qui mène au chaos, à la barbarie et à la destruction de lhomme et de la nature ou, au contraire, briser et réduire en miettes lordre établi. Il va sans dire que la bourgeoisie, qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs, est prête à tout pour perpétuer ses privilèges. Le cynisme et la brutalité avec lesquels elle impose aujourdhui sa politique de misère un peu partout en Europe, montrent quelle nest absolument pas prête à la concertation et au « dialogue entre partenaires sociaux » . Son Traité de Stabilité, de Coopération et de Gouvernance (TSCG) qui interdit à chaque État davoir un déficit budgétaire structurel supérieur à 0,5 % du PIB (« règle dor »), est un exemple édifiant à cet égard. Le non respect de ce dogme entraîne ipso facto de lourdes sanctions financières. Les manifestations et les contestations de ses plans daustérité sont souvent réprimées et même brutalement réprimées dans certains pays comme la Grèce ou l Espagne par exemple. Et si demain la lutte des classes sintensifie, saiguise et dure dans le temps, elle nhésitera pas à recourir à la violence et à la répression sous toutes ses formes. La bourgeoisie, malgré sa force, expression de sa puissance matérielle, craint en fait le réveil des peuples qui risque de remettre en cause sa légitimité et son régime. Elle saccrochera de toutes ses forces au système de production et dexploitation sur lequel elle repose. Toute lhistoire des classes dominantes na été que férocité et cruauté exercées sur les dominés pour se maintenir au pouvoir. Et à chaque fois ce pouvoir de la minorité exploiteuse a été brisé par une révolution violente. Lhistoire nous apprend que le passage dun stade de développement à un autre qui lui est supérieur seffectue dans la violence qui est la conséquence directe de la résistance des oppresseurs : « des mers de sang à travers lesquelles lhumanité poursuit sa route sous le régime de lesclavage, du servage et du salariat» écrivait Lénine dans L État et la révolution (2). La marche en avant vers le socialisme ne peut résulter dune quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes etc. Seule une révolution violente est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité dexploiteurs, et denfanter une nouvelle société, comme lécrivait si bien Engels critiquant la vision idéaliste du professeur Eugen Dühring : « Pour M. Dühring la violence est le mal absolu, le premier acte de violence est pour lui le péché originel (
) Mais que la violence joue encore dans lhistoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire ; que, selon les paroles de Marx, elle soit laccoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs, quelle soit linstrument grâce auquel le mouvement social lemporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes-de cela, pas un mot chez M. Dühring » (3). Mais la révolution ne se décrète pas ! Elle nest pas le produit de la volonté des révolutionnaires, des idéologues ou de lactivité cérébrale des grands penseurs. Leur volonté et leur idéologie ne sont en définitive que lexpression des rapports sociaux qui les produisent. Les révolutions ne peuvent être provoquées par on ne sait quel pouvoir magique extérieur aux masses : « (...) les révolutions ne se font pas arbitrairement et par décret, mais quelles furent partout et toujours la conséquence nécessaire de circonstances absolument indépendantes de la volonté et de la direction de partis déterminés et de classes entières » (4). Mais si la révolution ne se décrète pas, elle se prépare. Et qui sont les mieux disposés à la préparer que ceux et celles qui subissent au quotidien lexploitation et le despotisme du capital ? Les travailleurs, et dune manière générale les salariés, non seulement sont le produit le plus authentique de la bourgeoisie, mais possèdent les moyens et la force de paralyser le pouvoir économique et partant politique de la minorité dominante. Leur intérêt objectif est de renverser de fond en comble toutes les conditions dexistence matérielles et morales dans lesquelles ils sont asservis et méprisés. Mais en période de chômage de masse, les travailleurs et les salariés en général livrent une concurrence fratricide sur le marché du travail qui brise leur union et les empêche de construire des organisations et des directions capables daffronter efficacement la minorité exploiteuse. Or, lunion des travailleurs est la condition première de leur émancipation du joug du capital. Les conditions de la révolution sont donc loin dêtre mûres. Toutefois les mobilisations de la classe ouvrière et dautres couches de la population en Grèce, au Portugal et en Espagne montrent que les travailleurs prennent de plus en plus conscience que la confrontation avec la bourgeoisie est inévitable. Leur combat trouve un écho favorable chez de larges franges de la population. La guerre de classe que mène sans trêve la minorité dirigeante à travers ses plans daustérité à répétition et le chaos dans lequel elle plonge léconomie européenne, éloignent de plus en plus de citoyens de leurs gouvernants qui, désormais, ne les représentent plus. Les intérêts des gouvernements, qui ne sont en fait que des marionnettes entre les mains de la bourgeoisie, et ceux des masses populaires sont de moins en moins conciliables. La lutte des travailleurs du sud de lEurope montre la voie à suivre. Le combat contre le capitalisme et la classe qui le porte doit sétendre et se répandre partout en Europe. Mais pour que la révolution triomphe, lunion et la solidarité fraternelle des travailleurs dEurope restent « un impératif catégorique » . Même si les conditions ne sont peut-être pas toutes réunies, la révolution reste lunique solution. Sans un changement radical, point de salut ! Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à ce changement ne sauraient effacer ni la légitimité ni la nécessité de la révolution. Car il n y a pas dautres moyens pour se débarrasser du capitalisme. Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Pire, les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer lasservissement général engendré par le système. Sans révolution, il est impossible de renverser et de bouleverser lordre bourgeois. Il ne sagit pas seulement de réformer la société capitaliste pour la rendre supportable mais de labolir. Prolétaires de toute lEurope unissez-vous ! Mohamed Belaali ________________________________________ (*) K Marx « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel » (1) http://www.challenges.fr/entreprise/20120827.CHA9810/quand-unilever-se-prepare-au-retour-de-la-pauvrete-en-europe.html (2) V. Lénine, « L État et la révolution ». Éditions en langues étrangères, Pékin 1976, page 113. (3) F. Engels, « Le rôle de la violence dans lhistoire ». Éditions Sociales, Paris 1976, page 38. (4) F. Engels « Principes du communisme », 1947 http://www.marxists.org/francais/marx/47-pdc.htm lire également sur son blog Europe : crépuscule du capitalisme et horizon du socialisme
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 18-10-2012 à 11:21:30
| les bourgeoisies européennes s unissent,ainsi,le 1 er juillet de l an prochain,la croatie rejoint l u.e.
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