| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 22-04-2013 à 23:29:30
| Ils sont certainement nombreux ceux qui, dans les salons où se décide lavenir de leuro, pensent quaprès tout, les Grecs méritent tout ce quils endurent. Ils le méritent parce que lEurope du nord est fondamentalement convaincue que lEurope méditerranéenne a pendant des années tellement vécu au-dessus de ses moyens quil ne reste plus aujourdhui aux Hellènes quà tendre la main vers ceux qui seront enclins à les aider, comme les Allemands par exemple, qui ont toujours su jouer de leur position dominante. Cest une position cynique qui ne tient pas compte du fait que les peuples de la Méditerranée ont vécu jusquici chichement avant de sombrer aujourdhui dans une misère noire. Si ceux qui ont effectivement préjugé de leurs moyens représentent une toute petite partie de la population de la Grèce, de lItalie, de lEspagne ou du Portugal, ceux qui possèdent suffisamment pour éviter la crise qui sabat sur les pauvres, sur les faibles, sur les vieux, etc., ne sont pas plus nombreux. Lopinion publique internationale ne peut plus fermer les yeux sur les enfants qui, à Athènes, fouillent les poubelles pour trouver quelque chose à manger, ou ces étudiants qui demandent de la nourriture aux copains. Le New York Times a découvert la semaine dernière que le « tiers-monde » est situé au cur de lEurope, dans lindifférence de la troïka et des sommets européens. « Je naurais jamais imaginé une situation pareille, même dans mes pires cauchemars. Nous sommes désormais au point de voir partir nos enfants à lécole le ventre vide. Les familles nont pas seulement de difficultés avec le chômage ; elles luttent tout simplement pour survivre », a dit au quotidien étasunien Leonidas Nikas, directeur dune école élémentaire à Athènes. On estime aujourdhui que 10 % des élèves décoles élémentaires souffriraient de la faim en Grèce, ce qui rapprocherait le pays de certains pays africains. Alexandra Perri travaille dans une école dAcharnes. Elle a déclaré au New York Times que 60 des 280 élèves qui y étaient scolarisés souffraient de malnutrition, ajoutant que « les cas avaient nettement augmenté cette année ». Il y a donc un lien direct entre les coupes claires dans les budgets sociaux et lexplosion de de la pauvreté. Sans parler du nombre de suicides qui est allé crescendo ces deux dernières années. Et comme si ça ne suffisait pas, le système de santé semble être à lagonie, et nombreux sont les Grecs qui ne peuvent plus soffrir les soins appropriés. Pour bien comprendre la portée du phénomène, le taux de mortalité par suicide et par homicide a respectivement augmenté pour les hommes de 22,7 % et 27,6 % entre 2007 et 2009. La Grèce est le meilleur exemple de léchec des politiques daustérité. Ce test grandeur nature effectué sur les ressortissants grecs peut ainsi montrer au monde entier quil est impossible de supposer une reprise économique sans intervention active de lÉtat. Davantage dinterventionnisme donc, à lopposé du fanatique recours aux privatisations et au démantèlement de lÉtat imposés par une poignée dinexpiables libéraux sans scrupules. Mais nest-ce pas tout simplement illusoire dans le cadre de lUnion européenne qui impose systématiquement
des réductions de dépenses publiques ? Et sans investissement public
cest la mort ! Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-entre-faim-et-pauvrete-l-ombre-est-tombee-sur-le-parthenon-117298717.html
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