| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-08-2011 à 12:32:53
| par Finian Cunningham
Mondialisation.ca, Le 15 aout 2011 À la suite d'une conflagration d'attaques pyromanes, d'émeutes et de pillage dans plusieurs villes britanniques, y compris dans la capitale, Londres, la mobilisation policière massive donne l'impression d'avoir rétabli l'ordre. La traque et la poursuite d'individus impliqués dans le grabuge s'ensuit. Le premier ministre conservateur mène la « riposte » afin de punir quiconque a infligé dommages et destruction à la société britannique. Les événements ont visiblement choqué tous les partis politiques de l'establishment, les chefs de police et la presse dominante. Toutefois, ce qui devrait choquer davantage, ce sont les commentaires réducteurs et incroyablement banals offerts pour « expliquer » cette éruption de troubles et de violence dans les rues. Alors que les experts sont assis confortablement dans des studios de télévision échangeant des idées bêtes à propos des « démons » de l'immoralité individuelle, de la criminalité, des familles dysfonctionnelles et de la culture de gang, en toile de fond, pour ainsi dire, les signes manifestes des causes de cet éclatement sociétal défilent sur les écrans. Pourtant, les signes prépondérants échappent autant au radar intellectuel des érudits quà celui des politiciens. Le fait que le système économique capitaliste soit complètement défaillant sur le plan international ne sinscrit même pas dans les commentaires courants. Il sagit du système que les partis politiques dominants travaillistes, conservateurs ou libéraux ont facilité et célébré, et qui a provoqué la dévastation sociale à travers la Grande-Bretagne pendant que lélite financière a mis à sac les ressources économiques. Ce système de pillage légalisé est en cours depuis des décennies, mais il sest certainement engagé sur une pente glissante dans les années 1980 avec la prédécesseure conservatrice de Cameron, Margaret Thatcher. Les travaillistes Tony Blair et Gordon Brown ont simplement entretenu la même dynamique. Lorsque lon observe la Grande-Bretagne daujourdhui, on voit que Karl Marx avait raison : « Une accumulation de richesse dans lun des pôles de la société indique une accumulation de la misère et du surmenage dans lautre. » Voilà la marque de commerce du capitalisme dans la Grande-Bretagne, des États-Unis et de lEurope daujourdhui. La causalité de tous les autres problèmes est considérablement secondaire. Le crime, laspect raciste du maintien de lordre, le désordre, le manque de budget de la police pour rétablir lordre (quelle ironie), laliénation, lautodestruction et bien dautres maux, incluant la mobilisation des ressources pour financer des guerres illégales, bref la plupart des problèmes de nos jours découlent de la source principale de dysfonctionnement quest léconomie capitaliste. Alors quil sadressait à la Chambre des communes jeudi, le premier ministre Cameron a offert des « explications » de léclatement des troubles dans les rues de lAngleterre, démontrant de sa part une totale ignorance et une mauvaise compréhension de la nature de la dégradation dans sa société. Il blâme celle-ci sur la « criminalité pure et simple », des « zones malades » et le « manque individuel de moralité et de responsabilité » . Cette vision est reprise abondamment dans les médias et tous les partis de lestablishment politique britannique. Le pillage, le vol et le manquement aux règles que Cameron condamne nest que le reflet de la société britannique au niveau de la rue, reflet de ce qui se passe à bien plus grande échelle dans les hauts rangs du gouvernement et de léconomie. Malgré les apparences des costumes mille-raies et des accents soignés, si lon est honnête, on peut voir des décennies de pillage et de vol des ressources économiques et financières par les élites dentreprises, aidées et soutenues par les gouvernements travaillistes et conservateurs. Le sauvetage des banques corrompues par les contribuables, instauré par le premier ministre travailliste Gordon Brown, aujourdhui supervisé par Cameron et payé en grande partie par des mesures daustérité dans les dépenses, nest que la plus récente manifestation de lescroquerie officielle à lendroit de la majorité et visant à gonfler la richesse déjà exorbitante de la classe dominante. Cameron et son clan de voyous à laccent affecté sacharnent à réduire les dépenses publiques de 150 milliards afin de payer pour une entreprise criminelles connue sous le nom de banque britannique. Il sagit dun racket quun gang de rue de lEst de Londres ne peut quadmirer et, en effet, imiter de manière très réelle. Combiné à ce brigandage de lélite, nous voyons la criminalité et le manquement total de respect des lois des gouvernements britanniques ayant travaillé de concert avec dautres gouvernements criminels afin de lancer des guerres dagression (des crimes de guerres selon les Principes de Nuremberg) en Afghanistan, en Irak et maintenant en Libye, ayant entraîné la mort de plus dun million de civils. Où est la responsabilité individuelle face au massacre et à la destruction M. Cameron ? Cette dégradation, cette nécrose sociale est un symptôme de leffondrement du capitalisme, un système économique qui enrichit une élite aux dépens de la majorité. Il polarise le pouvoir politique au-delà de la responsabilité démocratique au point où, parmi dautres difformités, des guerres et un pillage planétaire sont mis en uvre même de manière flagrante contre le consentement de la majorité du public. Alors, lorsque Cameron et ses petits copains politiques fulminent à propos de zones malades, de pillage, de criminalité, de manquement aux règles et de la nécessité davoir des « conséquences aux actes » , ses paroles et exhortations sont dune ironie et dune ignorance profondes, car, involontairement, il décrit exactement la société et le monde que le capitalisme crée à son image. Lesprit endoctriné de Cameron et de tout lestablishment politique les empêche de voir le brasier devant les étincelles. Un brasier sur lequel le gouvernement de Cameron et de ses prédécesseurs travaillistes, ainsi que celui des autres pays occidentaux ont jeté de lhuile avec leurs politiques serviles aidant et encourageant la cleptocratie capitaliste, ici et ailleurs. Les vraies leçons de la Grande-Bretagne ne viendront pas à lesprit des politiciens et des médias dominants. Ils les mettront encore moins à profit et lon peut dire la même chose des États-Unis et des autres pays occidentaux. Pour paraphraser un slogan utilisé par lancien président étasunien Bill Clinton : « Cest léconomie capitaliste, idiot. » Article original en anglais : Britains Riots: Thuggery, Looting, Lawlessness
By the Ruling Class, publié le 11 août 2011. Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca Finian Cunningham est correspondant à Belfast pour le Centre de recherche sur la mondialisation. cunninghamfin@yahoo.com Articles de Finian Cunningham publiés par Mondialisation.ca http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26025
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | zorba | | Militant de valeur |  | | 359 messages postés |
| Posté le 16-08-2011 à 15:36:15
| Applicable en France, en remplaçant Londres par Paris, Cameron par Sarkozy, Brown par Jospin-Hollande-Aubry et travaillistes par socialistes. Document à conserver pour gagner du temps en 2012.
-------------------- On se lasse de tout excepté d'apprendre. Virgile |
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