| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18513 messages postés |
| Posté le 15-08-2017 à 20:16:04
| | Béji Caïd Essebsi sattaque aux dernières inégalités légales entre hommes et femmes 14 août 2017 à 09h56 Mis à jour le 14 août 2017 à 10h15 Par Frida Dahmani - à Tunis Jeune Afrique
Le 13 août, journée de la femme en Tunisie, le chef de l'État, Béji Caïd Essebsi, a annoncé la création d'une commission chargée d'élaborer un nouveau code des libertés individuelles et de l'égalité, ainsi que l'abrogation de la circulaire 73. Établir légalité successorale et permettre le mariage entre une Tunisienne et un non musulman : voilà les deux objectifs que souhaite atteindre rapidement Béji Caïd Essebsi (BCE). Cest en tous cas le sens des initiatives quil a lancées le 13 août, à loccasion de la journée nationale de la femme. Légalité entre hommes et femmes est certes inscrite dans la Constitution tunisienne, tout comme la liberté de conscience. Mais deux obstacles encore majeurs empêchent de considérer comme totalement égaux les citoyens tunisiens au regard de leur genre : la nécessité pour une femme tunisienne dépouser un musulman et la question de lhéritage devant lequel garçons et filles ne sont pas encore sur le même pied. Sur la première question, BCE a demandé au ministre de la Justice dabroger la circulaire 73, qui interdit le mariage entre une Tunisienne et un homme non musulman injustice faite aux femmes puisquà linverse, un Tunisien a parfaitement le droit dépouser une non musulmane. Vers un code des libertés individuelles et de légalité ? Pour revoir la question de lhéritage, plus épineuse, Béij Caïd Essebsi a annoncé la création dune commission pour élaborer un code des libertés individuelles et légalité. «BCE na pas supprimé linégalité successorale, résume une militante féministe influente qui sexprime sous le pseudo « Mon Massir » sur les réseaux sociaux. Il a constitué une commission pour étudier la manière de le faire. Cest déjà très bien mais il ny a rien de concret. Il faut continuer la lutte, ne rien lâcher jusquà la réalisation effective de ces intentions. » Du côté des islamistes, la levée de boucliers ne sest pas fait attendre. Abdellatif El Mekki, député dEnnahda, a déploré labsence dun dialogue national sur la question successorale et qualifie la proposition de Béji Caïd Essebsi de dangereuse. Le leader dEnnahda, Rached Ghannouchi, na pas fait de commentaires officiellement, il est à létranger -, mais son absence aux festivités du 13 août ainsi que celle dautres figures du parti islamiste ont été interprétées comme un signe de désapprobation. « Le moment nest pas opportun. Le pays à dautres problèmes à régler. Il ny aura plus rien à hériter si on continue à crouler sous la dette » , ironisent des ultras. Les conservateurs et les opportunistes se prévaudront du Coran pour attaquer la réforme. Il indique en effet que la femme ne peut hériter que de la moitié de la part de lhomme. Ce que Saïda Garrach, porte parole de la présidence, tacle habilement : « Ceux qui font valoir que le texte coranique est clair à propos de la loi successorale peuvent-ils nous dire pourquoi nous nappliquons pas la peine qui prévoit quil faut couper la main aux voleurs ? Et pourquoi nous nappliquons pas non plus les règles relatives à lesclavagisme qui sont prévues dans le Coran ? » BCE dans les pas de Bourguiba La proposition de Béi Caïd Essebsi nest pas une surprise. En juin 2016, le député Mehdi Ben Gharbia aujourdhui ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile avait déjà soumis un projet sur lhéritage des femmes à lAssemblée. La position du président sur la question est assez claire, mais les résistantes sont nombreuses. En 1956, Bourguiba navait pas réussi à intégrer cette égalité successorale au Code du statut personnel (CSP). Et BCE, en tentant de faire aboutir la traditionnelle modernité de la Tunisie sur les questions dégalité hommes-femmes dans le monde arabe, sinscrit dans les pas de son illustre prédécesseur. Pour les plus cyniques, les annonces dhier représentent une manuvre pour séduire à nouveau lélectorat féminin qui lui avait permis de remporter lélection présidentielle en 2014 mais qui avait vécu lalliance avec les islamistes comme une trahison. Pour ses défenseurs, Béji, qui ne dévoile pas ses intentions quant au prochain scrutin de 2019, entre dans le cénacle des réformateurs arabes. Le débat, en tous cas, est lancé et sera déterminant pour le choix de société du pays.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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