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 Eléments du XXe congrès et de la déstalinisation

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Xuan
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   Posté le 16-02-2021 à 14:08:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

XX Congrès du PCUS: un regard à travers les décennies

DANIELLE BLEITRACH 16 FÉVRIER 2021

https://histoireetsociete.com/2021/02/16/xx-congres-du-pcus-un-regard-a-travers-les-decennies/

Après avoir été littéralement sonnés par la chute de l’URSS, les communistes de la fédération de Russie n’ont pas renoncé à se battre et demeurent aujourd’hui la première force d’opposition au pouvoir quoiqu’en disent nos invraisemblables médias. Dans ce blog, grâce aux traductions de Marianne nous vous faisons partager leurs réflexions, mais il semble qu’enfin ils se soient attelés à l’analyse du fond, à savoir les effets de la déstalinisation, comme d’ailleurs ceux de ce qui s’est passé en 1991. Notez un point très important concernant “les conspirateurs” intervenant immédiatement après la mort de Staline, des individus qui à l’inverse de Lénine, Staline lui-même mais aussi Mao, Fidel, n’ont aucune propension à la réflexion théorique, stratégique mais sont enfermés dans les jeux de pouvoirs, les questions secondaires. Rien de nouveau sous le soleil. (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop).

# 15 (31075) 12-15 février 2021

Auteur: Viktor TROUCHKOV

https://kprf.ru/history/party/200429.html

À l’occasion du 65e anniversaire de l’ouverture du premier forum poststalinien et antistalinien des communistes soviétiques

Parmi les dix congrès d’après-guerre du parti des communistes soviétiques, le 20e congrès du parti communiste de l’Union soviétique est le plus souvent rappelé aujourd’hui. Hélas, pas à cause de sa signification créative, mais à cause de son côté scandaleux et de son impact négatif sur le sort de la grande puissance soviétique, du système socialiste mondial et du mouvement communiste international. Certes, un parfum de scandale et des conséquences négatives pour le socialisme ont existé dans les trois congrès du parti qui ont été dirigés par Nikita Khrouchtchev. Mais le sommet de ce processus destructeur a été le dernier jour des travaux du 20e Congrès du Parti. Ce forum du PCUS s’est ouvert le 14 février 1956 et a terminé ses travaux le 25 février. Ce jour-là, à huis clos, a été prononcé le rapport du premier secrétaire du Comité central du PCUS, N.S. Khrouchtchev “Sur le culte de la personnalité et ses conséquences.”

Plusieurs questions de protocole

Après la destitution de Khrouchtchev, certains politiciens et analystes, ayant généralement évalué de manière adéquate les activités de ce dirigeant du parti et de l’État, ont avancé un certain nombre d’accusations contre lui, qui, je pense, nécessitent une clarification et une démythologisation. En particulier, il a été soutenu que le rapport “secret” du premier secrétaire du Comité central ne devait pas être considéré comme un document du 20e congrès du parti, car il avait été prononcé en dehors de son cadre, en fait, après que tout l’ordre du jour était épuisé, tout simplement, après la clôture. Eh bien, c’est un fait assez facilement vérifiable.

En 1956, à la suite du congrès, est parue une édition en deux volumes «XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique. Rapport sténographique » . Dans le deuxième volume, l’avant-dernier jour du Congrès, le 24 février, est représenté par la transcription de la séance du matin uniquement. À en juger par le nombre d’orateurs, elle était plus longue que de coutume.Au lieu des 7 à 9 orateurs et 2 à 3 salutations écrites en moyenne, à la dix-neuvième session, 8 délégués et 7 dirigeants de partis communistes étrangers ont pris la parole, 7 salutations de partis fraternels ont été lues, une résolution a été adoptée sur le rapport du Comité central du Parti, une résolution sur des changements partiels dans les statuts du PCUS et une autre sur le rapport de Boulganine “Directives du XXe Congrès du PCUS sur le sixième plan quinquennal de développement de l’économie nationale de l’URSS pour 1956-1960.”

La transcription de cette réunion publique se termine par l’annonce suivante du membre du Présidium du Comité central du PCUS, Pervoukhine: «Avant de clore la présente session du congrès, je fais un point sur les travaux futurs du congrès. Aujourd’hui, à 17 heures, une réunion du Conseil des représentants des délégations aura lieu dans cette salle. Une séance à huis clos du Congrès aura lieu à 18 heures. Cette réunion est suivie par les délégués avec droit de vote décisionnel et les délégués avec vote consultatif. » Comme les élections des organes directeurs du parti n’avaient pas encore eu lieu, les élections au Comité central et de la Commission centrale de contrôle devaient donc avoir lieu, comme c’est l’usage, à cette séance à huis clos du congrès.

À la page suivante,402, de ce volume de la transcription du Congrès, nous lisons:

“Session vingtième
(25 février 1956, matin)

Le congrès lors d’une réunion à huis clos a entendu le rapport du premier secrétaire du Comité central du PCUS, le camarade N.S. Khrouchtchev “ Sur le culte de la personnalité et ses conséquences” et a adopté une résolution sur cette question.

Après la pause, une séance publique du congrès a eu lieu. “

La résolution est publiée quelques pages plus loin. Son texte tient en 10 lignes. Quant au rapport de Khrouchtchev, il a été imprimé officiellement en URSS pour la première fois dans le n°3 /1989 de la revue “Nouvelles du CC du PCUS”, soit 33 ans plus tard. Il avait été édité à l’étranger 33 ans auparavant. Et les chefs des délégations des partis fraternels en ont reçu le texte immédiatement après que Khrouchtchev l’a lu. Voici ce que le premier secrétaire du Comité central du Parti albanais du travail, Enver Hoxha, écrit à ce sujet dans son livre «Khrouchtchev a tué Staline deux fois» , publié à Moscou en 2020:

«Le congrès poursuivait ses travaux à huis clos, puisqu’il s’agissait d’élections, et nous n’avons donc pas assisté à ces sessions. En fait, ce jour-là après les élections, les délégués ont écouté le deuxième rapport de Khrouchtchev (le premier était le rapport, lu le 14 février – VT). C’était le fameux rapport notoire Staline… Après qu’il ait été discuté par les délégués du congrès, ce rapport nous a été présenté, ainsi qu’à toutes les autres délégations étrangères, pour lecture … Nos esprits et nos cœurs ont reçu comme un coup de massue. Nous nous sommes dit que c’était une horreur totale avec des conséquences désastreuses pour l’Union soviétique et notre mouvement, de sorte que dans ces conditions tragiques, il était du devoir de notre parti de s’en tenir fermement à ses positions marxistes-léninistes.

Après l’avoir lu, nous avons immédiatement rendu leur terrible rapport aux auteurs. Nous n’avions aucune raison d’emporter avec nous ce tas d’accusations de bas niveau inventé par Khrouchtchev. Ce sont les autres “communistes” qui l’ont emporté avec eux pour le remettre aux comités de rédaction et le vendre dans des kiosques pour en tirer du profit. »


Mais revenons à la transcription du XXe Congrès du Parti. Après une pause lors de la vingtième réunion, les Directives du Congrès sur le sixième plan quinquennal ont été approuvées. Et puis le président de la Commission des Comptes, chef du département des organes du parti du Comité central du PCUS pour les républiques soviétiques (le département des organisations du parti du Comité central avait été pour la première fois divisé en deux.- V.T.), E.I. Gromov a rapporté les résultats du scrutin secret aux organes centraux du parti. Le dernier document du congrès était la résolution « Sur la préparation d’un nouveau programme du Parti communiste de l’Union soviétique» . Cette fois, le Congrès n’a constitué aucune commission ae programme, mais a chargé le Comité central d’élaborer le document principal du parti. À l’époque, on appelait cela “dépersonnalisation”.

Ainsi, tant la transcription que le témoignage d’E. Hoxha convainquent que le rapport “secret” de Khrouchtchev a été lu par lui dans le cadre du congrès, et non en dehors de ses limites.

Étroitement liées à cette question sont les allégations souvent exprimées selon lesquelles Khrouchtchev a fait un rapport “secret” sans en avoir référé au Présidium et au Comité central du PCUS. Les transcriptions des séances plénières du Comité central du parti publiées ces dernières années réfutent ce mythe.

En 1998, dans la série “Russie. XX siècle. Documents” est sorti le livre” Molotov, Malenkov, Kaganovich. 1957. Sténogramme du Plénum de juin du Comité central du PCUS et autres documents“ . Voyons le sténogramme. Comme vous le savez, lors de ce plénum, ​​transformé en un véritable procès, le rôle du procureur a été assumé par le ministre de la Défense de l’URSS, le maréchal de l’Union soviétique G.K. Joukov. Il a dit: « Au XXe Congrès du Parti, comme vous le savez, au nom du Présidium du Comité central (je souligne. – VT) le camarade. Khrouchtchev a fait état de répressions et d’exécutions illégales massives, qui étaient le résultat d’abus de pouvoir par Staline … »

Aucun des attaquants du “groupe antiparti” de Malenkov, Molotov, Kaganovich et Chepilov, qui les avait rejoints, ainsi qu’aucun des accusés, n’a émis de doute sur cette déclaration. De plus, lorsqu’ils ont commencé à reprocher à Molotov de ne pas s’être repenti d’avoir participé aux répressions du XXe Congrès du PCUS, puis il a répondu: « A l’époque, au XXe Congrès, nous, membres du Présidium du Comité central, avons décidé de ne pas nous exprimer sur cette question. » On apprend ainsi que lors de la réunion du Présidium, la question du rapport “secret” avait été débattue.

Une note des auteurs du livre précise: la “Proposition” de tenir une séance à huis clos du Congrès et d’un rapport par N. S. Khrouchtchev sur le culte de la personnalité et ses conséquences a été discutée au Présidium du Comité central le 13 février 1956. Le même jour, un plénum du Comité central du PCUS a eu lieu, qui a acté cette décision. Ici, il convient de prêter attention aux verbes utilisés: lors de la réunion du Présidium, la question a été discutée, c’est-à-dire que ses participants, s’ils ne connaissaient pas le texte du rapport, avaient tout de même une idée de ce dont il s’agissait. Quant au plénum, ​​ (évidemment, sur recommandation du Présidium du Comité central) il a décidé d’inclure le rapport dans l’ordre du jour du congrès. Ce n’est pas un hasard si de nombreux participants au plénum ont rapporté plus tard qu’ils avaient été abasourdis par ce rapport.

Ces clarifications sont nécessaires pour que les communistes se souviennent que Khrouchtchev ne pouvait manquer de se conformer aux exigences élémentaires des normes de la vie de parti. Il avait pu décider d’une réduction significative du nombre de réunions du Présidium et du Secrétariat du Comité central, mais non déterminer l’ordre du jour des plénums, et encore moins des congrès, sans discussion préalable par le Présidium du Comité central. Toute autre image du parti signifierait une perversion complète de sa nature. Et cela n’est arrivé au PCUS que lorsqu’à sa tête est venu un opportuniste renégat.

La situation au sein du PCUS n’est pas moins déformée par les affirmations selon lesquelles il n’y avait pas eu de communistes au Comité central qui se soient opposés au dénigrement de la personnalité de Staline et de ses activités, qui aient eu le souci d’une évaluation politiquement précise de Staline, et considéré comme inacceptable une critique débridée, déformant l’histoire du parti et du pays et affectant de manière destructrice le sort du PCUS, le système social et étatique soviétique, le système socialiste mondial et le mouvement communiste international.

Près de trois ans avant le XXe Congrès, la question de l’évaluation de Staline a été soulevée lors du plénum du Comité central de juillet 1953. Lors de ce plénum, ​​comme on le sait, la direction poststalinienne jugeait un membre du Présidium du Comité central du PCUS, premier vice-président du Conseil des ministres de l’URSS, ministre de l’Intérieur, le maréchal de l’Union soviétique Lavrenti Beria. Parmi les accusations figurait le fait qu’il avait été le premier à soulever la question de la condamnation de Staline et de son culte de la personnalité. Pour la première fois, au niveau du plénum du Comité central du PCUS, une protestation contre l’évaluation unilatérale des activités de Staline avait été exprimée par A. A. Andreïev, qui sera quelque temps plus tard cité comme un exemple de victime de la persécution de Staline. Pendant les années de la perestroïka, on lui avait collé l’étiquette : homme politique de la “garde léniniste”. De ce point de vue, Andreïev appartenait clairement à cette catégorie: élu pour la première fois membre du Comité central du PCR (b) en 1920, depuis 1922, il était membre du Bureau d’Organisation du Comité Central, il a été membre du Politburo pendant plus d’un quart de siècle. Mais après le XIXe Congrès, Staline, présentant la composition du nouveau Présidium du Comité central, a déclaré qu’Andreïev ne pourrait pas travailler, car il est complètement sourd. Les antistaliniens ont vu cela comme une persécution de l’ancien membre du parti.

Andrei Andreïevich a déclaré depuis la tribune du plénum de juillet:

«Je n’ai aucun doute que c’est sous sa pression (de Beria – VT), que peu après la mort du camarade Staline, la mention du camarade Staline disparaît soudainement de la presse.

Voix dans le public. Exact!

Andreïev. Mais c’est une honte pour le Parti! Auparavant, ils étaient trop zélés, dans chaque article ce nom était mentionné des centaines de fois, puis il a soudainement disparu. Ce n’est pas sérieux. Je crois que c’est sa main, son influence, il a intimidé certaines personnes. La question du culte de la personnalité a surgi d’on ne sait où. Quelle est cette question? Cette question a été résolue il y a longtemps dans la littérature marxiste, elle a été résolue dans la vie, des millions de personnes connaissent l’importance de la personne qui dirige le mouvement, elles connaissent l’importance du génie à la tête du mouvement. Et voilà que la question du culte de la personnalité réapparaît.

Du présidium le camarade Vorochilov. C’est vrai.

Andreïev. Il voulait enterrer le nom du camarade Staline. »

A la tribune du plénum, le membre du Comité central du PCR (b) depuis 1939, ministre de l’Industrie métallurgique Ivan Tevosian. Ayant évalué de manière très négative les activités politiques de Beria, il aborde également un deuxième sujet aigu: «Je voudrais attirer l’attention sur ce que le camarade Andreïev a également souligné, qu’après la mort du camarade Staline, le nom du camarade Staline a commencé à disparaître progressivement de la presse. La mort dans l’âme, je dois lire les déclarations du camarade Staline sans référence à l’auteur. Hier, dans le discours du camarade Kaganovitch, nous avons appris que ce scélérat Beria en parlant de la doctrine qui guide notre parti s’est opposé à ce que soit cité le nom du camarade Staline, aux côtés de ceux de Marx, Engels, Lénine. Voilà où en est arrivé ce salaud. Le nom de notre professeur, le camarade Staline, restera à jamais dans le cœur des membres de notre Parti et du peuple tout entier. Et aucun Beria ne pourra l’arracher à notre peuple. »

Après Tevosian, la parole a été donnée au ministre de l’industrie pétrolière de l’URSS Nikolaï Baïbakov. Il n’a pas non plus omis de dire un mot amical à propos de Staline. Après son discours, le débat a été clos. Parmi ceux qui n’ont pas reçu la parole de ceux qui l’ont demandé, il y avait les membres candidats au Présidium du Comité central du PCUS P.K. Ponomarenko et N.M. Chvernik, les éminents dirigeants du parti A.N. Poskrebychev et M.F. Shkiryatov…

L’époque aux rayons X

Le XXe Congrès du Parti ne peut être considéré comme un événement isolé. Même formellement, un congrès régulier est toujours un résumé de la période écoulée depuis le congrès précédent. D’autant plus ici : le 19e Congrès du PCUS était stalinien, le 20e – poststalinien. C’était le congrès du changement d’époque. Il est difficile de douter de l’existence de l’ère stalinienne. Elle était sans aucun doute une percée, mais ses succès remarquables ont conduit au fait qu’un certain nombre de ses marques-stimuli étaient épuisés.

La restauration réussie de l’économie nationale aurait dû signifier la fin de la période de l’économie de mobilisation. Dans le même temps, la question du passage de méthodes extensives de croissance économique à des méthodes intensives était à l’ordre du jour. La contradiction entre les priorités sectorielles et territoriales en matière de gestion est devenue de plus en plus perceptible. Au début des années 50, la gestion d’un certain nombre d’industries (charbon, pétrole, construction) était assurée par deux ministères à la fois: pour les régions de l’ouest et de l’est de l’URSS. Un nouveau saut dans le niveau d’industrialisation nécessitait une montée en flèche du complexe agro-industriel … Oui, ces problèmes peuvent être définis comme des problèmes de croissance, mais, d’une part, ils exigeaient une résolution rapide, d’autre part, leur nature est devenue plus compliquée, troisièmement, chaque problème économique avait un aspect social inédit.

Si les forces productives soviétiques atteignaient un nouveau niveau, alors, par conséquent, les relations de production devaient également changer. Cela signifie que la question du passage à la construction du communisme devait quitter le domaine de la propagande (essentielle au stade final de la construction socialiste) pour entrer dans celui de l’activité politique pratique. Un nouveau problème pour la société se posait: l’utilisation de mécanismes d’échange de produits. Mais en même temps, il était toujours impossible d’abandonner les relations marchandes. Cela signifie qu’il était nécessaire de se prononcer pleinement sur la conservation du fonctionnement de la loi de la valeur.

Et en plus de l’enchevêtrement de contradictions internes, il y avait aussi une batterie de contradictions externes, et les forces de l’impérialisme essayaient d’exacerber chacune d’elles. La lutte des classes n’avait pas disparu. À l’échelle mondiale, avec le succès du socialisme, elle n’avait certainement fait qu’augmenter.

A la direction du parti à la veille du XIXe Congrès du PCR (b)-PCUS, Staline n’était cependant entouré que d’organisateurs pragmatiques. Il n’y avait plus ni Jdanov ni Voznessenski … – il n’y avait plus de théoriciens. D’ailleurs, le déroulement du 19e Congrès l’a confirmé. Tout le monde chantait les louanges des «problèmes économiques du socialisme en URSS» . Maisseul Panteleïmon Ponomarenko a fait référence dans son intervention au thème de l’échange de produits et de la loi de la valeur.

Revenons au livre d’Enver Hoxha. Son auteur est un admirateur sincère de Staline. Cependant on se demande parfois s’il admire la personnalité ou s’il s’agit d’une conséquence du culte de la personnalité. Par exemple, il raconte comment il a assisté au concert final de la Décennie de la RSS du Tadjikistan à Moscou. Après le concert, les dirigeants du PCR (b) et les invités albanais ont discuté jusqu’à deux heures du matin. Mais Hoxha ne parle que de ce que Staline a dit, bien qu’il note que la conversation était animée et générale.

Le 5 mars 1953, Joseph Vissarionovitch Staline est mort. Et le culte de sa personnalité? Il était toujours là. Les anciennes normes de résolution de problèmes importants par les dirigeants soviétiques restaient en vigueur. Le culte de Staline est particulièrement perceptible dans la question des cadres. Cependant, il commence déjà à être contesté. Le retour du maréchal de l’Union soviétique Boulganine au poste de ministre de la Défense de l’URSS en mars 1953 était motivé par le culte de Staline, ainsi que la nomination du maréchal de l’Union soviétique Vassilevski au poste de premier vice-ministre de la Défense. Mais la nomination du commandant du district militaire de l’Oural, le maréchal de l’Union soviétique Guéorgui Joukov comme un autre premier vice-ministre de la Défense est une entorse évidente au culte de Staline.

Mais dès que le sarcophage avec le corps de Staline a été déposé dans le mausolée,pour le monde capitaliste, le culte de Staline était mort.

Churchill raconte dans ses souvenirs qu’une certaine force (et c’était la force du culte de Staline) l’avait soulevé de sa chaise lorsque Joseph Vissarionovitch était entré dans la salle de la conférence de Potsdam. Maintenant, il n’existait plus une telle force pour les dirigeants occidentaux, aucun d’entre eux ne se mettait au garde-à-vous quand entrait dans la salle le président du Conseil des ministres de l’URSS Malenkov. Mais la pression des problèmes, tant internes qu’internationaux, dévalait comme une avalanche sur les épaules et les têtes de la nouvelle direction de l’Union soviétique. Et on ne savait pas toujours exactement qui démêlerait ou couperait les nœuds enchevêtrés de la politique intérieure et étrangère.

S’il y a un problème, il faut un homme (1)

Staline, à la suite des résultats du XIXe Congrès du PCR (b) -PCUS, a fait le choix d’une action stratégique à long terme. Si le travail de parti était noté comme une partie d’échecs, alors après ce mouvement, deux ou même trois points d’exclamation doivent être placés. Le dirigeant a fait passer au plénum d’organisation du Comité central du parti, tenu le 16 octobre 1952, l’élection du Présidium du Comité central à 25 membres et 11 candidats et du Secrétariat à 10 personnes.

Avant le Congrès, le Politburo du Comité central était composé de 11 membres et 1 candidat. Dans la nouvelle composition de l’organe directeur du Comité central du parti 9 personnes sont restées de la composition précédente (Staline, Molotov, Malenkov, Boulganine, Beria, Vorochilov, Kaganovitch, Khrouchtchev, Mikoïan). Comme déjà indiqué, Andreïev n’est pas entré au Présidium du Comité central pour des raisons de santé. Le membre du Politburo du Comité central Kossyguine s’est retrouvé être seulement un membre candidat du Présidium du Comité central.

À en juger par tous ses souvenirs, Staline a très bien traité Kossyguine. En février 1948, le membre candidat du Politburo, vice-président du Conseil des ministres de l’URSS Alexis Kossyguine a été élu membre du Politburo du Comité central et nommé ministre des finances. Mais il n’a occupé ce poste que moins d’un an, après quoi il a été renvoyé au poste de ministre de l’Industrie légère, avec lequel il avait commencé à travailler à Moscou à l’âge de 35 ans. Il est à noter que parmi les 25 membres du Présidium du Comité central, il n’y avait que deux ministres: le ministre de la construction de machines moyennes V.A. Malychev et le ministre des centrales électriques et de l’industrie électrique M.G. Pervoukhine. Kossyguine fut l’un des cinq chefs de ministères élus comme candidats – membres du Présidium du Comité central. L’ancien candidat à l’adhésion au Politburo du Comité central N.M. Chvernik est devenu membre du Présidium du Comité central.

Donc, il y a presque trois fois plus de nouveaux arrivants à l’organe directeur du PCUS que de vétérans. Mais l’apport nouveau était constitué de gens qui avaient fait leurs preuves dans les années de la Grande Guerre patriotique.

Cependant, le coup de génie du “grand maître” politique s’inscrivait dans une partie qu’il a interrompue lui-même presque immédiatement. Pendant la période du 16 octobre 1952 au 5 mars 1953, le Présidium du Comité central dans son ensemble ne s’est réuni pas plus de deux fois. À cette époque, les problèmes courants étaient résolus par le Bureau du Présidium (Staline, Malenkov, Boulganine, Béria, Khrouchtchev, Kaganovich, Vorochilov, Sabourov), ce qui n’était pas prévu par les statuts du PCUS (Staline espérait qu’une telle situation était temporaire).

Pour quiconque se souvient des figures de proue du Parti communiste et de l’État soviétique du début des années 1950, une question se pose: pourquoi les récents membres du Politburo Molotov et Mikoïan n’en faisaient-ils pas partie? La réponse peut sembler simple: au plénum d’organisation du Comité central, élu par le 19e Congrès du Parti, Staline les a sévèrement critiqués, mais en même temps a suggéré qu’ils soient tous deux élus au Présidium du Comité central du PCUS. Au plénum de juillet 1953, Malenkov, Malychev, Tevosian et d’autres ont accusé Beria de cette critique, affirmant que c’était le résultat de sa calomnie. Andreïev, par exemple, a déclaré: «Nous, les anciens membres du Comité central et les nouveaux, savons ce qu’était l’amitié chaleureuse entre le camarade Staline et le camarade Molotov. C’était une véritable amitié, nous étions tous heureux de cette situation … Mais ensuite Beria est apparu à Moscou – et tout a radicalement changé…Beria a réussi à saper la confiance du camarade Staline dans le camarade Molotov. C’était, bien sûr, une réussite majeure pour lui ».

Cependant, l’attitude de Staline envers Molotov et Mikoïan au cours du 19e congrès du parti était très différente. Mikoïan n’a pas été élu au présidium du congrès. Bien sûr, on peut supposer que Staline ne s’occupait pas de tels “détails”. Mais cela signifierait que le mécontentement du chef envers Mikoïan était largement connu à la direction du parti. Dans le même temps, Molotov est non seulement entré dans le présidium du congrès (qui d’ailleurs ne comptait que 16 personnes), mais c’est lui qui a reçu le droit honorifique d’ouvrir le XIXe congrès du PCUS. Dans ce contexte, en effet, la critique de Molotov par Staline semblait étrange. Et son contenu était en effet le résultat de renseignements fournis par les agences de sécurité de l’État.

Quoi qu’il en soit, la critique de Staline envers son ancien allié signifiait qu’il ne le voyait pas comme un camarade qui pourrait diriger le pays à l’avenir. D’ailleurs, c’est au même plénum d’organisation du Comité central du PCUS que Staline a demandé à être relevé de ses fonctions de secrétaire du Comité central du PCUS, mais la demande a été rejetée avec force.

La deuxième collision remonte à février-mars 1953. Staline avait préparé une résolution pour être relevé de ses fonctions de président du Conseil des ministres de l’URSS et pour nommer Panteleimon Kondratievitch Ponomarenko, membre du Présidium du Comité central, secrétaire du Comité central du PCUS, vice-président du Conseil des ministres de l’URSS, à cette position. Ce nom de famille est inconnu de la plupart des lecteurs d’aujourd’hui. Essayons de combler cette lacune. Ponomarenko est né le 9 août 1902 dans une famille paysanne du Kouban. Participe à la guerre civile. Activiste du Komsomol à partir de 1922. Membre du parti communiste depuis 1925. En 1932, il est diplômé de l’Institut des ingénieurs des transports de Moscou. En 1938, après un an de travail dans l’appareil du Comité central il est élu premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Biélorussie. En 1941-1944, il fut membre des conseils militaires de plusieurs fronts.En 1942-1944, il était chef de l’état-major central du mouvement partisan (le lieutenant général Ponomarenko était appelé de manière mi-sérieuse mi-plaisante”le Commandant du deuxième front”). En 1944-1948, toujours à la tête du PCB, il était simultanément président du Conseil des ministres de la RSS de Biélorussie. Depuis 1948 – Secrétaire du Comité central du PCUS, à la fois d’abord ministre des marchés publics de l’URSS, puis vice-président du Conseil des ministres de l’URSS.

Le document, préparé par Staline, a été mis en circulation, et au début de mars 1953, seuls 4 membres de la haute direction du parti ne l’avaient pas encore signé. Certes, il a été envoyé aux archives par les “héritiers du chef” le jour de sa mort. Les médias ont ensuite écrit à plusieurs reprises à ce sujet. Anatoli Loukianov, qui a travaillé en 1983-1987, d’abord en tant que premier sous-chef puis chef du Département général du Comité central du PCUS, dans une interview avec l’auteur de ces lignes a déclaré qu’il avait tenu le document susmentionné avec les signatures entre ses mains.

Les plans de Staline de transférer à un camarade fiable la direction du gouvernement de l’Union soviétique et de le former au poste principal du gouvernement ne se sont pas réalisés. Pour la même raison, probablement, de nombreux autres plans importants ne se sont pas réalisés. Dans des entretiens avec le journaliste Felix Tchouïev, Molotov a déclaré qu’après le 19e Congrès du Parti, Staline poursuivait son travail théorique et rédigeait la deuxième partie des «Problèmes économiques du socialisme en URSS» . Mais l’ouvrage a disparu grâce aux efforts des dirigeants poststaliniens.

Cependant, si l’on suit une démarche formelle, nous avons toutes les raisons de croire que le camarade Staline a défini le cercle des personnes qui, après sa mort, se sont révélées candidates aux premiers rôles dans le parti et dans l’État. Premièrement, il a exclu de ce cercle le politicien le plus expérimenté et le plus populaire dans le pays et dans le peuple. Viatcheslav Mikhaïlovitch Molotov avait tout juste 63 ans le jour des funérailles de Staline (au fait, Nikita Khrouchtchev n’avait que 4 ans de moins que lui). Après des études secondaires à Kazan il entre à l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg. Molotov (Scriabine) a rejoint le Parti bolchevique dès l’âge de 16 ans. Son travail révolutionnaire est mis en évidence par la plaisanterie autrefois répandue selon laquelle il n’y avait pas de prison dans la Russie tsariste dans laquelle Molotov n’aurait pas été emprisonné.

Molotov appartient véritablement à la”garde léniniste”. Le X Congrès du PCR (b) [en 1921] a élu 19 membres et 12 candidats au Comité central, parmi lesquels était Molotov. Un an plus tard, il est membre du Comité central, candidat au Politburo, membre de l’Orgburo et secrétaire du Comité central du Parti jusqu’en 1930, date à laquelle il est nommé président du Conseil des commissaires du peuple. Le 6 mai 1941, il transféra ce poste à Staline, restant, comme on dit, son bras droit.

Mais si Molotov fut exclu par Staline des candidats aux premiers postes, Malenkov et Khrouchtchev reçurent de lui un sérieux coup de pouce. Soit à cause d’une mauvaise santé, soit pour une autre raison Staline se comporta de façon étrange au XIXe Congrès du Parti: il refusa de faire le rapport politique du Comité central. Peut-être se souvenait-il de la décision non tenue de convoquer le XIXe Congrès du PCUS en 1948 afin d’y adopter le 3èmeprogramme et le nouveau statut du Parti, et considérait donc le congrès de 1952 comme mal-bâti puisque le document principal n’y était toujours pas présenté. Soit au lieu du rapport, il voulait se concentrer sur l’achèvement des “Problèmes économiques du socialisme en URSS“ . Nous ne connaitrons sans doute jamais l’explication exacte. Quoi qu’il en soit, le membre du Politburo, secrétaire du Comité central du Parti communiste de toute l’Union (bolcheviks), vice-président du Conseil des ministres de l’URSS Malenkov qui, conformément à son statut, devait faire un rapport sur les statuts, a été chargé de présenter le rapport.

La place du deuxième orateur était vacante. Le rapport a été confié au membre du Politburo du Comité central, secrétaire des comités régionaux central et de Moscou Nikita Khrouchtchev, probablement parce que les autres secrétaires du Comité central Ponomarenko et Souslov ne faisaient pas partie du Politburo. Quoi qu’il en soit, pour le Parti communiste et la société soviétique, Khrouchtchev est arrivé en première ligne des dirigeants du PCUS.

Mais il y avait un autre dirigeant dont le poids dans ces années était très élevé :Beria, membre du Politburo, vice-président du Conseil des ministres de l’URSS, maréchal de l’Union soviétique. Ce poids lui était conféré par une fonction sur laquelle les journaux ne s’étendaient pas à l’époque, celle de président du Comité spécial auprès du Conseil des ministres de l’URSS qui supervisait la création accélérée des armes atomiques. Le travail de cette branche dirigée par Beria était destiné à garantir l’existence même de l’Union soviétique, car les États-Unis avaient approuvé officiellement un plan (naturellement secret) de bombardement atomique de notre pays.

Il est clair que Lavrenty Pavlovitch était en contact constant avec Staline. En tête à tête, puisque les autres membres du Politburo n’étaient pas inclus dans la discussion sur les détails de la création de la première bombe atomique soviétique (sur l’histoire du RDS-1 a été récemment publié un livre intéressant du docteur en sciences techniques Nikitchuk”La Libération du diable“). Nous avons utilisé le livre de référence “Dans le bureau de Staline” pour comparer la fréquence des visites de Beria, Boulganine et Kaganovitch au bureau du chef du Kremlin en 1948. Au cours de l’année, Beria a visité Staline 111 fois, Boulganine 87 et Kaganovitch 78 fois…

Note du coffre-fort de Malenkov

Le guide “Dans le bureau de Staline” répond à de nombreuses questions, mais en pose en même temps de nouvelles. Il a un sous-titre: “Cahiers (journaux) des enregistrements de personnes reçues par I.V. Staline. 1924-1953“ . En d’autres termes, le livre vous dit qui Staline a rencontré dans ce bureau. Mais voici un enregistrement réalisé deux fois pour le 2 mars 1953. Le premier à 10 heures 40 minutes (heure d’entrée au bureau; heure de sortie – 11h00). Le deuxième: entrée – à 20h25, sortie – 21h25. Les deux fois, le bureau de Staline a reçu la visite des membres du Bureau du Présidium du Comité central du PCUS Beria, Vorochilov, Kaganovitch, Malenkov, Sabourov, Khrouchtchev, des membres du Présidium du Comité central Mikoïan, Molotov, Pervoukhine, Chvernik, Chkiriatov, quant au membre du Bureau du Présidium du Comité central Boulganine il était à la réunion du soir.

A la réunion du matin étaient également présents le chef de la direction médicale et sanitaire du Kremlin, le général de division I.I. Kouperine et l’instructeur du Comité central A.S. Tolkatchev (ces deux derniers étant restés 10 minutes). De toute évidence, la conversation portait sur la publication du premier avis sur l’état de santé du chef, et il a également été décidé « d’établir une veille permanente du camarade Staline par les membres du Bureau du Présidium du Comité central ». A la réunion du soir, plus longue, en plus des mêmes vétérans du parti et de l’État, il y avait Kouperine et le ministre de la Santé de l’URSS A.F. Tretiakov. De toute évidence, la conversation portait sur les perspectives de rétablissement de Staline.

Il y a des témoignages de Khrouchtchev à ce sujet: « Alors que nous nous relayions à son chevet, deux membres du bureau du Comité central à la fois, Boulganine et moi eûmes l’occasion d’être de service ensemble. C’était probablement un jour avant la mort du camarade Staline. J’ai dit au camarade Boulganine: «Nikolaï Alexandrovitch, voilà que Staline est désespérément malade, s’il meurt, qu’arrivera-t-il après lui? Après la mort de Staline, Beria s’efforcera par tous les moyens d’accéder au poste de ministre de l’Intérieur. Pourquoi a-t-il besoin de ce poste? Il a besoin de ce poste pour s’emparer de positions dans l’État lui permettant d’établir l’espionnage sur tous les membres du Politburo, pour écouter, suivre, constituer des dossiers, intriguer, et cela entraînera de très mauvaises conséquences pour le parti. »

Khrouchtchev connaissait bien ses associés. Le 5 mars, une réunion a eu lieu au cours de laquelle les membres du Bureau du Présidium du Comité central se sont répartis les positions. Beria a proposé de nommer Malenkov comme président du Conseil des ministres de l’URSS, et Malenkov d’approuver Beria comme premier vice-président du Conseil des ministres de l’URSS, et Ministre de l’Intérieur de l’URSS.

Mais le plus grand arbitraire a été l’opération visant à changer radicalement le Présidium du Comité central. Les participants à la “Dernière Cène” l’ont réduit de 25 membres à 10, et au lieu de 11 candidats en ont laissé quatre. Le Présidium du Comité central a été dans les faits aboli, mais ce nom statutaire a été utilisé pour le bureau non statutaire du Présidium du Comité central. Voici la composition du top dix telle que publiée dans les journaux le 7 mars: G.M. Malenkov, L.P. Beria, V.M. Molotov, N.S. Khrouchtchev, N.A. Boulganine, K.E. Vorochilov, L.M. Kaganovitch, A.I. Mikoïan, M.Z. Sabourov, M.G. Pervoukhine. Candidats : le premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d’Azerbaïdjan M.D. Baguirov (libéré le 17 juillet 1953), le premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d’Ukraine L.G. Melnikov (libéré le 6 juin 1953), recommandé par le président du Conseil central des syndicats de tous les syndicats N.M. Chvernik et P.K. Ponomarenko.

Un processus aussi rapide d’occupation de positions élevées par les personnages principaux, accompagné de changements brutaux dans les organes directeurs du parti, a provoqué une réaction négative dans le parti et la société, malgré la grande confiance dans le PCUS et ses organes centraux qui prévalait alors dans le pays. La même réaction a eu lieu dans le mouvement communiste international. Voici le témoignage d’E. Hoxha:

«Staline venait de mourir, son corps n’avait pas encore été transféré dans la salle où on devait lui rendre les derniers honneurs, le programme funéraire n’était pas encore établi, les communistes soviétiques et le peuple soviétique se répandaient en pleurs sur leur grande perte, – et c’est ce jour-là que la direction suprême soviétique a choisi pour se partager les portefeuilles ».

En tant que politicien expérimentée, Hoxha a attiré l’attention sur une chose que les autres ont laissée passer sans rien remarquer: «Des questions stupéfiantes se sont naturellement posées: comment est-il possible que des changements aussi importants aient été apportés de manière si inattendue, en un jour, et pas en un jour ordinaire? un jour de deuil (il croyait que la réunion sur les questions de cadres et autres avait eu lieu le 6 mars – VT)?! La logique suggère que tout a été préparé à l’avance… Il est absolument impossible de prendre des décisions aussi importantes en quelques heures, ou même en un jour de travail normal » .

Le chef des communistes albanais s’est avéré tout à fait perspicace.

Après le rapport de Souslov,membre du Présidium, secrétaire du Comité central et le “co-rapport” du candidat membre au Présidium du Comité central, le ministre de la Défense de l’URSS Gueorgui Joukov au plénum de juin 1957 du Comité central du PCUS, Khrouchtchev qui présidait avait déjà annoncé le discours de Malenkov, mais tout à coup le ministre de l’Intérieur Doudorev a demandé la parole. Dans son intervention, il a notamment déclaré:

« En mai 1956, le ministère de l’Intérieur a arrêté Soukhanov, qui avant son arrestation travaillait comme secrétaire adjoint de Malenkov. Lemotif de l’arrestation était un crime grave commis par Soukhanov.

Dans le cadre de l’arrestation de Soukhanov, il y a eu une perquisition. Dans son bureau, un coffre-fort, des tiroirs et une bibliothèque ont été ouverts. Des documents d’une importance particulière pour l’État ont été trouvés dans le coffre-fort de Soukhanov. Entre autres:

… 3. Un manuscrit sur la composition du gouvernement soviétique, daté du 4 mars 1953. …

Les archives de la composition du Présidium du Comité central et du gouvernement de l’URSS, datées du 4 mars 1953, indiquent que Malenkov et Beria ont conspiré sur la composition du Présidium du Comité central du PCUS, sur le président du Conseil des ministres de l’URSS et les ministères. Complotant avec Beria sur la composition du Présidium du Comité central du PCUS, Malenkov a apparemment oublié qu’après le 19e Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, le plénum du Comité central du PCUS a déterminé la composition numérique du Présidium du Comité central du PCUS à hauteur de 27 personnes (comme il a déjà été noté, à ce plénum du Comité central, 25 membres ont été élus au Présidium du Comité central, et non 27. – V.T.). Ainsi, Malenkov et Beria ont annulé la décision prise par le plénum du Comité central … »



Edité le 16-02-2021 à 15:39:39 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 16-02-2021 à 15:28:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Trio de concurrents

Ainsi, les documents montrent qu’immédiatement après la mort de Staline, à la tête du parti et de l’État s’était formé une sorte de trio de chefs d’orchestre dont la composition était en un certain sens prédite par les actions de Staline, à en juger au moins par la nomination de Ponomarenko pour le poste de président du Conseil des ministres de l’URSS, clairement non préméditée.

Ces trois prétendants à la position de leader s’étaient montrés les années précédentes comme de bons organisateurs, mais pas comme des stratèges politiques. Aucun d’eux n’avait développé de goût pour la théorie du développement social. Avec pour conséquence inévitable: l’incapacité à déterminer les priorités du développement socio-politique et socio-économique de la société, à rallier le parti et les cadres dirigeants dans la direction principale, la propension à sauter d’un problème secondaire à un autre, la substitution de l’activité réelle par sa simulation. Devenus leaders au sein de la direction politique, ils n’avaient pas d’intérêts stratégiques profonds communs.

“Le facteur de cohésion” a été trouvé par Beria. Il a été le premier à réaliser que ni lui ni ses “collègues”n’étaient capables de s’élever au niveau du culte stalinien. Cela signifie qu’il ne devait pas simplement être abandonné, mais devenir un objet de rejet. D’ailleurs, il n’y avait personne pour défendre Staline: les “vieux”étaient impliqués dans les répressions, ce que lui, chef du ministère de l’Intérieur, pouvait facilement prouver. Et les jeunes, non impliqués, n’oseront pas se battre sur ce terrain hazardeux. En plus des atouts du département, Beria avait un sens pratique exceptionnel.

Cependant, Staline n’a pas surestimé ses capacités. Poskrebychev, étant en fait le seul assistant de Staline, après qu’il n’ait pas reçu la parole au plénum discutant de Beria, a envoyé le texte de son intervention au Comité central, dans lequel il écrivait:

«Le Politburo avait pour règle de demander à tour de rôle aux membres du Politburo de faire un rapport sur l’anniversaire de la Révolution d’octobre. Lorsque ce fut le tour de Beria (en 1951 – V.T.), ayant envoyé son rapport à Staline pour examen, Beria se vanta que son rapport était supérieur dans son contenu à tous les rapports des membres du Politburo. Cependant, le camarade Staline, en ayant pris connaissance, a noté l’inexactitude d’un certain nombre de dispositions avancées dans la partie consacrée à la situation internationale, y apportant de sérieux amendements de nature fondamentale…

En général, le camarade Staline a donné Beria la caractéristique suivante: Beria se considère comme une grande figure politique, mais il n’est pas apte pour les premiers rôles, il ne peut se voir confier qu’un secteur du travail économique.

Mais Beria agissait sur la base de sa propre logique. Kaganovitch en a parlé en ces termes lors du plénum de juillet 1953: «Le lendemain de la mort de Staline, alors que Staline gisait encore dans la salle des colonnes, il a de fait organisé un coup d’État, il a renversé Staline mort, il a commencé à semer le trouble, à intriguer, a raconter qu’il avait dit ceci à propos de vous, cela à propos d’un autre, puis il a dit que Staline s’en était pris à lui aussi, Beria. Il nous a dit, à un groupe de personnes: “Staline ne savait pas: s’il avait essayé de m’arrêter, les tchékistes auraient organisé un soulèvement.” L’a-t-il dit?

Voix du présidium. Oui, il l’a dit.

Kaganovitch. Il a dit cela sur la tribune du Mausolée. Quand il a dit cela, nous avons immédiatement senti que nous avions affaire à une ordure… Il a dépeint Staline dans les mots les plus déplaisants et les plus insultants. Et tout cela a été présenté comme une chose positive, du fait que nous devons maintenant vivre d’une manière nouvelle. Je dois dire qu’il a obtenu quelques réussites. Il est parvenu à ce que, dans notre presse, les “Problèmes économiques du socialisme” soient étouffés »
.

Kaganovitch, soulignant certaines lacunes des actions de Staline, a tenté de tirer une conclusion politique des faits évoqués précédemment: «Je crois que nous devons, bien sûr, légitimer Staline dans ses droits d’être dans les rangs des grands maîtres de la classe ouvrière et de diriger spirituellement le peuple. » (Applaudissements)

Il apparut très vite que Beria, Malenkov et Khrouchtchev avaient les mêmes positions concernant Staline. Voici l’un des premiers passages de Malenkov au plénum de juillet 1953:

Malenkov. Ici, au plénum du Comité central, on a parlé du culte de la personnalité et, je dois dire, qu’on en mal parlé. Je veux dire le discours du camarade Andreïev. Des sentiments similaires sur ce point pourraient être repris dans le discours du camarade Tevosian. Par conséquent, nous devons clarifier cette question.

Khrouchtchev. Parmi ceux qui n’ont pas pris la parole certains ont les mêmes pensées.

Malenkov. Tout d’abord, nous devons admettre ouvertement, et nous proposons de l’écrire dans la décision, que dans notre propagande ces dernières années, il y a eu un écart par rapport à la compréhension marxiste-léniniste de la question du rôle de l’individu dans l’histoire… »


Comme déjà noté, au cours du plénum, ​​les orateurs ont souligné que la critique de Staline contre Molotov et Mikoïan au plénum organisationnel du Comité central le 16 octobre 1952 avait été initiée et provoquée par Beria. Malenkov a activement soutenu cette idée. Seul Khrouchtchev n’était pas d’accord avec ce point de vue, soulignant que la critique injuste de ses camarades d’armes était menée par Staline personnellement. Mais dans ses remarques de clôture, Malenkov, oubliant ses récentes déclarations, a repris… l’évaluation de Khrouchtchev.

Au plénum de juillet 1953 du Comité central du PCUS, Malenkov était le principal critique de Staline. Voici un exemple de ce qu’il reproche à Staline en tant que théoricien: «Prenez la position bien connue de Staline sur l’échange de produits, mise en avant dans son ouvrage”Problèmes économiques du socialisme en URSS“. Il est déjà clair que cette disposition a été avancée sans analyse et justification économique suffisantes. Cette disposition sur l’échange de produits, si elle n’est pas corrigée, peut devenir un obstacle sur la voie de la résolution de la tâche la plus importante depuis de nombreuses années du développement de la circulation des marchandises. »

N’ayant pas d’arguments pour une telle conclusion, il a remplacé la compréhension de l’essence du problème par un ensemble vide de mots tels que: « La question de l’échange de produits, des modalités et des formes de la transition vers l’échange de produits est une question importante et complexe qui touche les intérêts de millions de personnes, les intérêts de tout notre développement économique, et elle aurait dû être soigneusement pesée, étudiée de manière exhaustive, avant d’être présentée au parti comme une disposition politique ».

Khrouchtchev différait de Malenkov et Beria par moins de formation intellectuelle et de culture générale. Mais il avait un grand avantage sur eux par sa connaissance incomparablement meilleure du travail du parti, car il avait parcouru toutes ses étapes: d’une grande organisation primaire au Comité régional de Moscou et au Comité central du Parti communiste d’Ukraine, puis comme secrétaire du Comité Central. De plus, il avait l’expérience de travailler comme premier responsable, c’est-à-dire de prendre des décisions indépendantes. La confiance qu’il avait développée au fil des ans devenait facilement de la suffisance, il ne remarquait souvent pas qu’il dévoilait sa propre ignorance. Mais l’initiative, la soif de changements et de restructurations débordaient de partout.

Après avoir participé activement à l’élimination de Beria, il a commencé à évincer Malenkov des premiers rôles. La poursuite de son but excluait tout sens de la mesure. Revenons à Enver Hoxha:

«L’affaire Beria était déjà close, Khrouchtchev lui avait réglé son compte. Il fallait maintenant aller plus loin. Il s’arrêta longuement sur la signification et le rôle du premier secrétaire ou secrétaire général du parti.

– Peu m’importe comment on l’appellera – “premier” ou “général”, – dit-il. – Il est important d’élire à ce poste la personne la plus compétente, la plus capable, la mieux considérée du pays…

Ayant exposé cette question en détail d’un point de vue “de principe”, Khrouchtchev a clairement commencé à lancer des piques, naturellement, à l’adresse de Malenkov, ne l’appelant jamais par son nom.

– Imaginez ce qui se serait passé si le camarade le plus compétent et le mieux considéré avait été élu président du Conseil des ministres. Tout le monde se tournerait vers lui, et cela comporte le risque que les plaintes déposées par l’intermédiaire du parti ne soient pas prises en compte, mettant ainsi le parti à l’écart, devenant ainsi un organe du Conseil des ministres.

Au cours de son discours, j’ai jeté plusieurs fois un coup d’œil à Malenkov, pâle, jaunissant, qui ne bougeait ni la tête, ni le corps, ni le bras. Vorochilov, rouge comme une pivoine, me regardait, attendant que Khrouchtchev finisse son “intervention”.


En février 1955, grâce aux efforts de Khrouchtchev, Malenkov a été démis de ses fonctions de chef du gouvernement. Au XXe Congrès du PCUS, le rapport sur les directives du sixième plan quinquennal de développement de l’économie nationale de l’URSS pour 1956-1960 a été rédigé par le président du Conseil des ministres de l’URSS Boulganine. Cependant, il ne lui a pas été donné non plus d’attendre à ce poste l’accomplissement des directives annoncées par lui: en 1958, le premier secrétaire du Comité central du PCUS Khrouchtchev s’attribua cette fonction.

Un congrès dont on se souviendra longtemps

A en juger par l’ordre du jour promulgué, le 20e Congrès du PCUS s’annonçait comme ordinaire: les rapports du Comité central et de la Commission centrale de contrôle, les directives du nouveau plan quinquennal, les élections des organes centraux du parti – tout est familier, la routine. Lors du rapport du Comité central au XXe Congrès, rédigé par Khrouchtchev, la structure stalinienne est restée inchangée: d’abord sur le rapport des forces international, ensuite sur les résultats politiques et les perspectives de la politique intérieure et enfin sur le parti.

La conclusion est tranquille, conduisant les esprits vers un travail systématique: «Lénine a enseigné qu’à différentes époques, l’un ou l’autre côté du marxisme est mis en évidence. Maintenant, dans les conditions de la lutte de notre société pour une productivité élevée du travail, pour résoudre le principal problème économique de l’URSS, le côté économique de la théorie du marxisme, les problèmes de l’économie concrète, vient au premier plan » . Bien sûr, le “ côté économique de la théorie du marxisme” est l’économie politique, pas “ des questions spécifiques d’économie” , mais la virgule nous permet de supposer que l’auteur avait les deux à l’esprit.

Dans la dernière partie du rapport, la thèse suivante est énoncée avec aplomb: « Certains têtes brûlées ont décidé que la construction du socialisme était déjà pleinement achevée et ont commencé à dresser un calendrier détaillé pour la transition vers le communisme. » Trois ans plus tard, on verra que c’est Khrouchtchev qui avait la tête la plus chaude lorsqu’il annonce “la construction en grand du communisme”. Mais le jour de l’ouverture du XXe Congrès du Parti, il semblait que le premier secrétaire du Comité central, comme on dit, avait une tête froide sur les épaules.

Bien entendu, le rapport du Comité central est une création collective. Ce sont Lénine et Staline qui, filtrant de manière créative les pensées du collectif, rédigeaient les rapports eux-mêmes. Après eux, le rôle du collectif a commencé à être compris de manière très large: un comité rédige le rapport, et l’orateur ne fait que recevoir un produit fini. Cela a conduit au fait que les limites théoriques de Khrouchtchev étaient pour la plupart cachées, mais comme il était une personne active, il a réussi à introduire quelques défauts. Par exemple, parlant des moyens de développer la campagne, il a complètement négligé le problème de l’alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie. Son manque de compréhension du rôle de l’approche de classe se manifestait par le fait que même lors de la description des délégués au congrès, on parlait de la branche et non de la composition de classe. Mais cela semblait des erreurs mineures, et non une révision du marxisme-léninisme.

La situation a radicalement changé le dernier jour du congrès. Le rapport de Khrouchtchev «Sur le culte de la personnalité et ses conséquences» était un condensé de révisionnisme. Il faut dire tout de suite que Khrouchtchev n’était pas l’inventeur ni du problème du culte de la personnalité dans le PCUS ni de la critique de Staline. L’armature méthodologique du rapport, contrairement aux idées reçues, n’appartient pas non plus à l’orateur. Si nous parlons de l’auteur politique de la méthodologie de la critique de Staline, c’était Malenkov. De plus, il l’a présentée publiquement dans son discours de clôture au plénum de juillet 1953 du Comité central du PCUS.

Et la première résolution plutôt volumineuse du Comité central du parti sur le culte de la personnalité est apparue non pas à l’été 1956, mais trois ans plus tôt – dans la résolution du plénum de juillet 1953 « Sur les actions criminelles antiparti et anti-état de Beria » , dans laquelle toute une section était consacrée au culte de la personnalité. Certes, les deux documents n’ont pas été intégralement publiés pendant longtemps. On pourrait même dire que Khrouchtchev n’a fait que mettre de la chair sur un squelette préexistant. Mais dans ce cas, nous devons admettre qu’il a mis une telle chair et de telle manière que le résultat s’est avéré hideux.

Premièrement, si nous parlons des faits qui visaient à témoigner des activités répressives de Staline, ces faits ont été déformés (un chercheurs étrangers a même prétendu qu’ils étaient tous déformés jusqu’au dernier). Voici quelques exemples. Khrouchtchev a assuré que «Staline a introduit le concept d ‘« ennemi du peuple ». Erreur: les concepts d ‘«ami du peuple» et d’ «ennemi du peuple» ont été introduits par la Grande Révolution française, devançant Staline d’au moins 140 ans. Il est vrai que Staline, dans la Constitution de l’URSS, a affaibli sa signification politique: « Les personnes qui empiètent sur la propriété publique socialiste sont les ennemis du peuple».

Khrouchtchev a assuré que Staline était démoralisé dans les premiers mois (!) de la guerre. Supposons qu’il ne s’attendait pas à ce que le livre de référence « Dans le bureau de Staline (cahiers (journaux) des enregistrements des personnes reçues par Staline » soit publié et que son mensonge soit révélé. Mais il ne pouvait ignorer le discours radiophonique de Staline le 3 juillet 1941, au 12ème jour de la guerre.

Et comme il est abject de laisser entendre que Staline était impliqué dans la mort de Kirov! L’anticommuniste patenté Yakovlev a créé et dirigé toute une commission pour confirmer cette version. Après plusieurs mois de dur labeur, il a dû admettre que c’était une pure invention.

Et des perles comme ça, il y en a sur presque toutes les pages. Cependant, la fausseté de Khrouchtchev, montrée dans le rapport “secret”, n’est plus un secret pour personne. Le pire est que Khrouchtchev ait donné à l’ennemi de classe une arme idéologique pour combattre l’Union soviétique, le système socialiste et l’idéologie communiste.

Lisez la toute première phrase de la dernière partie du rapport “secret”. Voici les paroles de Khrouchtchev: «Certaines personnes peuvent se poser une question: comment cela se fait-il, puisque Staline a été à la tête du parti et du pays pendant 30 ans, que des victoires majeures aient été remportées sous lui, comment peut-on le nier? Je crois que seuls des gens aveuglés et totalement hypnotisés par le culte de la personnalité, qui ne comprennent pas l’essence de la révolution et de l’État soviétique, qui ne comprennent pas vraiment le rôle léniniste du parti et du peuple dans le développement de la société soviétique, peuvent poser la question de cette façon » .

Les anti-communistes et anti-soviétiques ont immédiatement compris l’allusion et se le sont tenus pour dit. Et jusqu’à aujourd’hui, on n’entend plus que: « Les succès de ce pays, même sa victoire dans la Grande Guerre patriotique, n’ont pas été obtenus grâce à Staline, au Parti communiste, au système socialiste soviétique, mais malgré lui. » C’est une trahison non seulement envers la vérité, mais aussi envers la patrie.

Ou une autre déclaration: « Sous la direction de Staline, nos relations pacifiques avec d’autres pays ont été souvent menacées » . Cette phrase a été facilement interprétée par les impérialistes et leurs complices de l’intérieur comme : «L’Union soviétique a mené une politique agressive» . Sous Staline, nos ennemis n’auraient pas osé le dire. Cette formule a été largement reprise dans la propagande capitaliste après le discours de Khrouchtchev au XXe Congrès du PCUS.

Aujourd’hui, il est inutile de se demander si Khrouchtchev avait pleinement compris les conséquences de ces singeries idéologiques. Au moins, le fait reste irréfutable qu’il a persisté dans sa position de vilipender le parti et le pays. Voici un extrait de la transcription du plénum de juin 1957 du Comité central du PCUS:

«Kaganovitch. Nous avons désacralisé Staline et, sans nous en apercevoir, nous avons désacralisé 30 ans de notre travail. Maintenant, nous osons à peine de nos réalisations, de la grande lutte de notre parti, de notre peuple. (Bruit dans la salle). On n’aurait pas dû faire ça.

Khrouchtchev. C’est une déclaration incorrecte.

Kaganovitch. Nous devons trouver un équilibre dans cette affaire. Mao Tse-tung a déclaré que Staline avait 70% de bon et 30% de mauvais. Ce n’est pas une question de pourcentages. Nous devons trouver un équilibre. C’est nécessaire à la théorie du marxisme-léninisme, c’est nécessaire aux conquêtes des partis communistes, c’est nécessaire à la cause. “


Une autre facette des conséquences négatives de l’évaluation unilatérale et tendancieuse de Staline a été soulignée au même plénum par Chepilov: « Quand le camarade Zhou En-lai est venu (vous devez le savoir), nous avons été forcés d’entendre des paroles amères,regrettant qu’en soulevant unilatéralement la question du culte de la personnalité de Staline, nous avions fait subir de grands dommages à la cause. »

Khrouchtchev dans sa guerre contre Staline s’est concentré sur la résolution de problèmes internes. De problèmes personnels avant tout. En même temps qu’il détruisait le culte de la personnalité de Staline, il faisait l’essai sur lui-même de cette cotte de mailles. Mais pour cela, il ne suffisait pas d’éliminer Beria et Malenkov de la route – il fallait éliminer politiquement tous les camarades d’armes staliniens, et surtout Molotov, qui avait travaillé en étroite collaboration avec Lénine. Non pas parce qu’ils étaient des concurrents dans son ascension vers le sommet de l’Olympe, mais parce qu’ils pouvaient à tout moment le remettre à sa place, comme l’avait fait Vyatcheslav Mikhailovitch [Molotov].

Il semble que Nikita Sergueïevitch connaissait assez bien l’histoire de la lutte interne du parti, mais il n’y voyait pas un choc de positions idéologiques, seulement une confrontation de personnes pour qui, lui semblait-il, les positions idéologiques n’étaient qu’un prétexte. Dans le rapport anti-stalinien du XXe Congrès, il voyait un prétexte pour provoquer les “staliniens”. Et ceux qui connaissaient Staline par un rare coup de téléphone étaient stupéfaits par des faits habilement présentés. Sur fond de ces faits, les “staliniens” seraient contraints de garder le silence. De plus, le Présidium avait déjà convenu qu’il n’y aurait pas d’interventions. Le coup était savamment calculé. Il y a eu le choc de la majorité et le silence de ceux qui avaient quelque chose à dire.

En ce sens, la séance à huis clos du XXe Congrès du PCUS le 25 février 1956 n’était pas achevée. Elle a continué – avec une publicité légèrement plus grande – en juin 1957, puis, à au-delà du XXIe Congrès du Parti, elle a abouti au XXIIe Congrès, qui a non seulement adopté le Programme khrouchtchévien du Parti, qui promettait en 1980, d’une part, de rattraper les États-Unis dans la production par habitant des principaux types de produits, et d’autre part, de construire le communisme (comme s’il s’agissait d’une seule et même chose), mais aussi le décret demandant de sortir le sarcophage de Staline du mausolée de la Place Rouge. Et les deux décisions ont été prises presque à l’unanimité …

Il faut ici constater avec amertume que Khrouchtchev et ses partisans dans la seconde moitié des années 50 et au début des années 60 n’ont pas limité la lutte contre le culte de la personnalité de Staline aux frontières de l’URSS. Ils ont voulu diffuser (plus précisément: imposer) leur position au moins parmi les pays européens des démocraties populaires. Cela a conduit à une scission idéologique au sein d’un certain nombre de partis communistes, à une vague géante d’opportunisme. Les situations de conflit les plus aiguës se sont produites en Hongrie et en Pologne déjà l’année du XXe Congrès du Parti. Dans le livre d’Enver Hoxha “Khrouchtchev a tué Staline deux fois“, cela est directement indiqué:

« Aussi bien en Pologne qu’en Hongrie, les dirigeants ont été remplacés: dans un pays, le leader – Bierut est mort (à Moscou), dans un autre – Rakosi – a été destitué (l’œuvre de Moscou); en Hongrie, Raik, Nagy, Kadar ont été réhabilités; en Pologne – Gomulka, Spychalsky, Moravsky, Loga-Sauvinsky… Plus révélatrice était l’identité idéologique et spirituelle de ces événements. Tant en Pologne qu’en Hongrie, les événements se sont déroulés sous les auspices du XXe Congrès, sous les slogans de “démocratisation, libéralisation et réhabilitation”. Les khrouchtchéviens ont joué un rôle actif et contre-révolutionnaire pendant les événements. »

À l’appui de son évaluation, E. Hoxha a évoqué un épisode du soulèvement contre-révolutionnaire dans la capitale hongroise:

«Même lorsque les événements contre-révolutionnaires se sont déroulés au grand jour, lorsque Nagy est arrivé à la tête du gouvernement, les khrouchtchéviens ont continué à le soutenir, espérant apparemment le garder sous leur contrôle.

À cette époque, après la première intervention timide de l’armée soviétique, Andropov (ambassadeur de l’URSS en République populaire de Hongrie – V.T.) a déclaré à notre ambassadeur à Budapest:

– Les rebelles ne peuvent pas être qualifiés de contre-révolutionnaires, car il y a parmi eux des honnêtes gens. Le nouveau gouvernement est bon et doit être soutenu pour rétablir la situation.

– Comment trouvez-vous les discours de Nagy? L’ambassadeur a demandé.

“Pas mal”, a répondu Andropov, et quand notre camarade a objecté que ce qui avait été dit sur l’Union soviétique lui semblait faux, il a dit:

– Il y a de l’antisoviétisme, mais le dernier discours de Nagy n’était pas mauvais, il n’y avait pas d’orientation antisoviétique … »


Cependant, passons aux conséquences non locales du 20e Congrès du PCUS. Le Kominform, qui effectuait un échange constant d’informations entre les partis communistes des pays socialistes et un certain nombre de grands partis communistes du monde capitaliste, a été liquidé. Pendant une longue période, le Comité consultatif politique de l’Organisation du Pacte de Varsovie a cessé de se réunir.

Avant la Conférence internationale des partis communistes et ouvriers de 1960, une déclaration du Comité central du PCUS a été adoptée, visant non pas à apaiser, mais à détériorer les relations avec le Parti communiste chinois et le Parti albanais du travail, qui avaient vivement critiqué le PCUS pour sa campagne antistalinienne.

Le rapport de Khrouchtchev « Sur le culte de l’individu et ses conséquences » a conduit à une scission dans le mouvement communiste international. Dans un certain nombre de pays, un “système communiste multipartite” est apparu, lorsque les partis communistes se sont multipliés en fonction de leur attitude face aux décisions du XXe Congrès du PCUS sur le culte de la personnalité. En général, l’influence des communistes au niveau national après le rapport “secret” de Khrouchtchev s’est sensiblement affaiblie. Bien sûr, les pertes du mouvement communiste international suite à la restauration du capitalisme en URSS et dans les pays socialistes européens se sont avérées incomparablement plus grandes. Mais il faut admettre que le 20e Congrès du PCUS fut l’un des principaux facteurs de l’affaiblissement du système socialiste mondial, qui a conduit du tournant des années 1980 aux années 1990 à son recul le plus profond, à la fragmentation du mouvement communiste international, qui commence à peine à se remettre.

(1) Allusion à une citation apocryphe de Staline : « Il n’y a pas de problème s’il n’y a pas d’homme » est une phrase inventée par l’écrivain Anatoly Rybakov dans son livre Enfants de l’Arbat sur le temps de la répression stalinienne – dans le livre, Staline prononce ces mots. Rybakov a avoué par la suite qu’il avait été très amusé par les journalistes et même par les historiens qui pensaient que cette phrase était authentique. Source : https://fr.rbth.com/lifestyle/81679-citations-russes-erreur

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 16-02-2021 à 15:39:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

J'ajoute à ce texte les commentaires de D. Bleitrach sur son cheminement personnel. Ils reflètent à mon avis un cheminement en cours chez les communistes.
Faut-il rappeler quand même que ce cheminement avait déjà été accompli dès le début des années 60 par les communistes marxistes-léninistes fondateurs du PCMLF.


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Aujourd’hui il n’y aura de reflexion que sur un seul article


DANIELLE BLEITRACH 16 FÉVRIER 2021

https://histoireetsociete.com/2021/02/16/aujourdhui-il-ny-aura-de-reflexion-que-sur-un-seul-article/

Nous souhaitons ici donner toute son importance à l’article présenté sur le XXe congrès du PCUS, celui du “rapport Khrouchtchev”. Il sera publié pratiquement seul pour laisser le temps aux lecteurs de le lire et de le travailler, assorti seulement de cette présentation et d’une vidéo sur une de nos conférences.

Notre blog histoire et société se doit de saluer ce pourquoi il a été créé, une réflexion de fond sur des événements historiques qui ont durablement marqué l’histoire et dont des interprétations politiciennes risquent de masquer la signification. Nous avons souligné à plusieurs reprises que le parti communiste chinois depuis des années consacre d’importants moyens à cette question.

Nous n’avons jamais revendiqué l’objectivité, mais défendu le point de vue du chercheur et celui du militant, les seules garanties épistémologiques étant sa mise en évidence et la nature de la démonstration qui donne à juger des faits sur lesquels on s’appuie. En ce qui me concerne j’ai toujours défendu la thèse que les sciences humaines sont différentes des sciences exacts ou dites telles, pour la raison très simple qu’elles portent sur des sujets, des “analysants” dirait Lacan et pas de simples analysés. Il a fallu donc introduire le critère de la pratique dans l’étude. Il existe des formes d’objectivité qui par exemple se retrouvent dans la démographie sur de grandes masses, de longues périodes et d’autres formes matérielles de connaissance, il faut tenter de les utiliser en sachant bien que nos statistiques sont des instruments primaires et dont le niveau de certitude est faible. Enfin chaque période historique produit sa propre interprétation et quand les situations historiques évoluent d’autres hypothèses apparaissent et nous invitent à remettre en question certaines certitudes antérieures. Mais là aussi il faut chercher le “noyau de vérité”. Être communiste a correspondu à des “valeurs”, la défense des exploités en particulier mais aussi à l’idée que le parti était une sorte de laboratoire des faits sociaux échappant le plus possible à l’idéologie dominante.

Marianne, elle, est linguiste, polyglotte et a donc une approche un peu différente de l’enquête mais tout à fait complémentaire de la mienne en particulier en matière d’interviews et de réflexion sur le matériau recueilli. Le fait que nous soyons communistes et à la fois convaincues de la nécessité d’un parti mais plus intéressées par le communisme comme civilisation a jeté les bases de ce dialogue.

Je tiens à souligner que cette préoccupation de Marianne et de moi ne date pas d’aujourd’hui et notre livre écrit en 2017 –Staline tyran sanguinaire ou héros national paru chez Delga- fait état de la manière dont nous interpellons un colloque d’historiens russes à Saint Pétersbourg sur la nécessaire élucidation de ces questions qui continuent à peser sur l’histoire y compris de notre pays, la France.

Parce que l’histoire ne concerne pas les seuls historiens mais bien ceux qui la font.

Les seuls textes que nous publierons donc aujourd’hui, en dehors de cette importante réflexion émanant des communistes russes, est cette brève présentation mais aussi une vidéo en rappel de notre conférence sur le sujet. Il est trop facile de taxer de “staliniens”, puisque le vocable devenu diffamatoire en France économise toute réflexion sur le sujet, ceux qui tentent de réfléchir aux interprétations diverses qui se sont substituées politiquement à la compréhension et à la nécessaire analyse d’un tel événement. Il y a là simple bigoterie et pas travail d’historien, ni même de militant communiste affrontant son passé d’une manière nécessaire. En effet, l’interprétation qui a prévalu en France n’a plus été celle qui existait encore au XXIIème Congrès ou sous Georges Marchais dans les congrès suivants et qui était déjà pourtant une révision de la position de Maurice Thorez. A partir de la mutation de Robert Hue, il y a eu un alignement total sur les thèses de la bourgeoisie, de l’UE et des trotskistes (dans la seule référence “marxiste” autorisée) .

Un point que je souligne dans la description des “conspirateurs” qui interviennent immédiatement à la mort de Staline, dans le texte traduit par Marianne. Ce sont des individus qui à l’inverse de Lénine, Staline lui-même mais aussi Mao, Fidel, et Maurice Thorez, n’ont aucune propension à la réflexion théorique, stratégique mais sont enfermés dans les jeux de pouvoirs, les questions secondaires. Rien de nouveau sous le soleil.Sauf peut-être à souligner que cette capacité stratégique est liée à l’articulation des temps, celui du long terme de la contradiction hommeXnature ou forces productives, celui du mouvement historique conscient la contradiction des rapports de production et le lutte des classes avec le sens de l’événement. D’où la nécessité de ces moments d’enfermement théorique qui surprennent toujours. Qui peut imaginer qu’un processus révolutionnaire se présente dans sa pureté idéale se trompe mais qui n’est pas capable d’avoir une pensée stratégique sur le long terme et sur les opportunités immédiats ne sait pas ce qu’est le politique du moins d’un point de vue marxiste. La question qui n’est pas élucidée et qui pourtant demeure centrale est comment de tels individus accèdent-ils au pouvoir, à quel moment une certaine spécialisation technique prend le pas sur la stratégie et sur la dictature du prolétariat, ce qui peut aller jusqu’à des profils qui sont totalement étranger au communisme …

Certes l’histoire, la publication des archives nous dévoilera s’il y a eu des vendus, des “traitres”, mais l’essentiel me parait être le fait que la chute de l’URSS, l’idée -fausse- qu’il n’y eut pas de résistance est venue élargir les fissures de la “déstalinisation” khrouchtchévienne et du temps de la “stagnation”, chez des individus politiciens, chez qui rien de ce qui était secondaire ne leur était étranger, ce que montre l’article que nous publions.

En ce qui concerne l’interprétation française de l’histoire et de la portée de l’URSS, il y eut une évolution dont je ne percevais pas la nécessité. Elle nous plaçait en porte à faux avec l’immense majorité des partis communistes et ne nous permettait pas de voir ce qui était en train de surgir, le multilatéralisme, les résistances venues du sud (1), la montée du parti communiste chinois, la constitution d’un camp alternatif autour de la Chine et de la Russie. C’est ce que j’ai commencé à remettre en cause et je dois dire que quand le PCF en est arrivé à analyser la chute de l’URSS comme “un air de liberté” et organiser la censure de Lénine en parallèle avec l’isolement total avec les partis communistes et les forces progressistes, j’ai considéré que les conditions de la réflexion n’étaient pas réalisées. Surtout, mais c’est relativement secondaire, que cela s’assortissait d’injures et de diffamations quand la censure n’y suffisait plus dans mon cas. Alors que la simple honnêteté intellectuelle m’oblige à dire que je n’ai jamais été stalinienne et que j’ai longtemps partagé le refus d’en parler en considérant que l’affaire avait été jugée et tranchée. Encore aujourd’hui je n’ai pas d’opinion établie sur la question, simplement des interrogations auxquelles il n’a jamais été répondu de manière satisfaisante et un refus lui bien réel d’établir une équivalence entre le vainqueur de la deuxième guerre mondiale et son immonde vaincu. A tout cela il faut ajouter la conviction qu’il en est des groupes sociaux comme des individus, le trafic de leur mémoire leur interdit l’action. Il faut sortir les cadavres des placards.

Il existe des conditions de réflexion qui aujourd’hui, demain ce sera je l’espère différent, peuvent le plus utilement se développer en dehors des partis et notre entente avec le travail de la maison d’édition Delga, ceux qui ont entrepris de publier les pièces au dossier n’est peut-être pas la même au niveau de nos positions politiques immédiates entre auteurs et éditeurs. Il faut donc avancer là où nous pouvons le faire en coopérant et sans affrontement stériles, ceux de la concurrence autant que ceux des choix partisans à court terme.

Je dois dire, mais ce n’est pas le choix de Marianne, que le jour où j’ai mesuré à quel point loin d’être une aide l’appartenance au PCF était une entrave à la réflexion sur l’histoire qui se confondait à ma propre histoire, j’ai décidé sans la moindre colère ni amertume de ne plus mettre sur ma pensée cet éteignoir. Il y a chez les militants et je le comprends un besoin de ne pas savoir, de ne pas se mettre sur le dos un tel affrontement avec les idées reçues que je ne tiens pas “à charger la barque”. Même si je suis en désaccord avec ce choix, je pense que refuser le débat sur ce passé, se contenter de la doxa est nuisible à l’activité politique et contribue à la marginalisation du PCF et risque désormais de renforcer l’américanisation de la société française, l’incapacité à penser et agir dans une dimension de classe, les divisions sociétales prennent le dessus. La négation de l’histoire comme étant celle de la lutte des classes fait partie de cette “américanisation”. Mais il s’agit là d’un point de vue plus que minoritaire et qu’il n’est sans doute pas utile d’agiter pour la majorité des militants y compris ceux qui tentent d’imposer un retour à une perspective socialiste. Et de toute manière, j’ai définitivement quitté le parti puisque mon âge et donc mes activités m’incitaient plutôt à privilégier la réflexion théorique et historique que l’action politique au jour le jour.

Seuls ceux pour qui le besoin de savoir n’est pas contradictoire, au contraire, avec celui de l’action, pourront utiliser ce que nous publions ici. Et c’est très bien comme cela au point où nous en sommes. Parce qu’il y a une évolution. Je suis convaincue – et le mouvement des idées que j’observe va dans ce sens- qu’il y a une évolution face à la révélation de la pandémie, de l’ère Trump, des mensonges diffusés comme des vérités, du deux poids deux mesures quand l’on contemple le traitement d’Assange avec celui de Navalny pour ne citer qu’un exemple. L’ébranlement est tel que ce qui était certitude hier l’est déjà beaucoup moins aujourd’hui, c’est une course de vitesse comme dans toutes les chutes d’empire que Rosa Luxembourg avait résumé par “Socialisme ou barbarie”… Ce fut hélas la barbarie qui advint. Il m’arrive de craindre que nous n’y échappions pas…

Danielle Bleitrach

(1) j’ai bien souvent souligné le rôle joué par Cuba et la vision de Fidel Castro sur cette prise de conscience. Cela m’a inspiré plusieurs livres sur Cuba, en particulier celui sur le nouveau temps historique : Les États-Unis de mal empire, histoire des résistances qui nous viennent du sud, en particulier dans sa version espagnole.


Edité le 16-02-2021 à 15:40:17 par Xuan




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