| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-10-2020 à 08:00:20
| | J.Cl. Delaunay : A propos du Monopoly capitaliste et de la façon de le remettre en cause DANIELLE BLEITRACH 19 OCTOBRE 2020 https://histoireetsociete.com/2020/10/19/j-cl-delaunay-a-propos-du-monopoly-capitaliste-et-de-la-facon-de-le-remettre-en-cause/ Cet article na pas besoin dintroduction mais puisquil cite la relative originalité de ma démarche et celle de ce blog, il maide à découvrir ce qui la fonde. Question dâge, dexpérience, mais pour moi la constellation communiste quil décrit cest le parti. Je lai toujours connu non seulement ceux qui sont là, mais leurs parents. leurs points de vue apparemment différents ont toujours été plus ou moins exprimés, entre syndicalisme révolutionnaire, républicains, grands commis de lEta, etc;.. , simplement il y avait le centralisme démocratique, un but affirmé qui unifiait. Donc étant issue de ce temps-là, je ne supporte pas la fragmentation, les féodalités mapparaissent comme des organismes impuissants autour dun gourou, y compris quand jai de la sympathie pour le vieux camarade-gourou. Ils produisent des discours plus ou moins radicaux où chacun revendique la vraie filiation tout en étant dans la pratique prêts à des compromis claniques. je passe mon temps à entrer en conflit avec ces tendances centrifuges et à désespérer dune direction qui ne joue pas son rôle ou qui use de la centralité pour les avantages dun petit groupe auto-coopté qui exploite jusquà la trame lhéritage moral mais aussi matériel du PCF. Ces rois fainéants pour rester dans limaginaire féodal ont comme maire du palais quelques trotskistes, des sociaux démocrates de la mairie de Paris, parce que Paris est devenu le plus marginal de tous, le plus ossifié. parce que la capitale a perdu sa nation et na plus que lhôtel de ville. Ce groupuscule qui occupe le siège, le loue ne se contente pas de subir la fragmentation, ils lorganise, censure, bloque linformation, tente détouffer le sursaut du 38 e congrès. Lintérêt sociologique dune telle décomposition méchappant, jai considéré que la meilleure manière dagir était de prendre de la distance pour mieux voir ce qui apparaissait et lencourager. parce quune quarantaine dannées sont en train de sachever, un cycle se termine et tu as raison on peut parler dune autre féodalité qui est aussi renaissance, ce temps-là est en train de se clore, parce quenos féodalismes des temps obscurs et nous disparaissons et parce que dautres temps que ceux de la survie sont là. Lurgence dun changement de société et peut-être une génération à la fois plus mobile , plus internationaliste, qui ne peut plus sillusionner et cherche un moyen dagir local, national . Je suis frappée par tous ces jeunes qui retrouvent et cherchent à créer autre chose, jean claude Delaunnay tu parle de structure ferme, entreprise, centralité, perspective, et cest ça qui mintéresse, qui explique ma mise à distance pour tenter de mémanciper de ma propre histoire. Jajouterai que notre décomposition PCF mapparait nettement moins accélérée que dautres à Gauche, le PS bien sûr mais la France insoumise et les groupuscules communistes qui sy sont accrochés. Le débat là y devient nettement dérisoire, incapable de sortir de médiocres enjeux de personnes et se disputant autour du maintien de ce qui est., vidant des rancunes sans intérêt
Je partage donc ton idée essentielle on peut encore pour le PCF faire un bilan positif, une capacité daffrontement et de dialogue sur le fond, en prenant pied par exemple sur Géneral electric et cest pour ça que toi et moi sommes là. Le 6 novembre aura lieu au siège du PCF un important débat sur le socialisme, Jean Claude Delaunay fera partie des intervenants extérieurs (il est en Chine) autour de Laurent Brun et Rémy Herrera. (note de Danielle Bleitrach).
___________________ La démarche suivie par Pierre-Alain Millet, concernant la remise en cause du capitalisme (Comment remettre en cause le Monopoly capitaliste? article paru le 5 octobre sur le site Faire Vivre le PCF et notamment repris sur le site Histoire et Société), me suggère une idée en apparence totalement étrangère à cet article, à savoir que lorsque nous critiquons avec sévérité le fonctionnement du PCF après les années 1970-1980, nous négligeons un aspect de ce fonctionnement. Je vais dabord développer cette idée. Je montrerai ensuite en quoi elle est liée au thème développé par PAM. Dissolution du Centre et Féodalisation du PCF Lhistoire du PCF au cours des dernières décennies na pas produit, selon moi, que des choses abominables, devant être rejetées. Certes, elle na pas été au niveau mais elle a aussi produit de bonnes choses ou des choses intéressantes, quil nous faut réemployer aujourdhui quitte à en faire un examen approfondi. Le concept de sécurité emploi-formation est, me semble-t-il, lune delles. Lhypothèse que je formule pour décrire la vie et lévolution de la vie du PCF au cours des 40-50 dernières années est, en effet, celle de la dissolution de son pouvoir central mais accompagnée de la féodalisation de cette organisation. Au sein du PCF, il se serait dabord produit leffacement de la centralisation des décisions. La structure du PCF serait devenue «molle». En même temps que les principes marxistes-léninistes fondateurs de laction communiste des temps modernes étaient évacués de la théorie et de la pratique, la direction centralisée de ce parti aurait perdu son importance et son rôle national. Le résultat de ce double mouvement (abandon des principes fondateurs du PCF et effacement de la direction) naurait pas été, cependant, la disparition du PCF. Sans doute aurait-il perdu son audience politique. Mais il aurait survécu en tant quensemble flou. Il serait devenu un conglomérat de «boutiques» ou de «féodalités» locales, parcellaires par définition, et prenant des décisions en grande partie indépendantes du coeur de lorganisation. La pointe ultime de ce processus de féodalisation, son passage à la limite, aurait été la sortie du PCF, soit au plan individuel (on ne reprend plus sa carte mais on demeure communiste) soit au plan organisationnel (on fonde une nouvelle structure mais en développant une ligne politique communiste (PRCF) ). Les organisations dentreprises ont été balayées par cette histoire mais les organisations territoriales ont survécu. Dans le cadre de ce féodalisme politique, les élus communistes ont acquis de plus en plus dimportance, chacun se débrouillant dans son coin pour être réélu. Cela dit, ce féodalisme territorial na pas eu que des conséquences désastreuses. Il a, malgré tout, dans la plupart des cas, protégé et conservé ce qui pouvait rester dune base militante. Des tracts ont été discutés, édités, distribués. Les locaux ont survécu. Le muguet du 1er mai ne sest pas entièrement dissous dans le capitalisme. Des vignettes de la fête de lHuma ont été vendues, des manifestions ont eu lieu, des pétitions ont circulé, etc
Par ailleurs, au niveau central, les sections de travail qui fonctionnaient antérieurement sous la direction du Comité central, ont pu, les unes par rapport aux autres, acquérir une certaine autonomie, voire une certaine indépendance, tout en continuant à travailler et à produire le meilleur et le pire. Je ne vais pas nommer ces différents fiefs. Chacun le fera pour son propre compte. Cela dit, la Section économique de feu le Comité central fut lune de ces boutiques, la personnalité de Paul Boccara, qui en assuma la direction, ayant certainement trouvé dans cette évolution fragmentée une occasion supplémentaire de sépanouir. Or cette section, dont je critique le soutien quelle apporte objectivement à ce désastre pour les classes populaires quest lUnion européenne, fut aussi lun des endroits de perpétuation dune analyse de référence marxiste explicite, donnant lieu à publication régulière. Cest ici que fut assurée lélaboration, la promotion et la défense de la théorie de la sécurité emploi-formation, qui est devenue comme une sorte de drapeau militant de la Section économique. Enfin, entre ces différentes boutiques, entre ces différents fiefs, des liens ont pu se créer. Les fiefs ont établi entre eux des alliances et des complicités. Pour résumer ce que je crois être lévolution pluri-décennale vers la dissolution centrale et la féodalisation du PCF, je dirai que labandon au niveau dirigeant le plus élevé, des principes du Communisme révolutionnaire, sest sans doute traduite par la réduction globale de laudience du PCF mais également par sa parcellisation. Cela dit, tout na pas été perdu et cest sans doute ce qui justifie, ou explique, que certains soient demeurés dans lorganisation. Quel peut-être lintérêt de cette analyse du passé pour lutter aujourdhui contre le monopoly capitaliste? Lintérêt de cette analyse Aujourdhui que lexigence dun changement radical tend à prendre forme et vigueur dans la conscience des militants et que la question est ouvertement posée de la reconstruction du PCF comme totalité révolutionnaire cohérente, comme «structure ferme», pour la différencier de la «structure dure» [1] antérieure, il découlerait trois conséquences pour la réflexion et pour laction communiste immédiate de lutte contre le capitalisme. 1 - La première serait évidemment celle de la critique des abandons précédents, abandons quun nombre croissant de militants tend à considérer comme erronés, concernant, par exemple celui de, ou celui du : 2- la nécessaire rupture avec le capitalisme pour construire cette phase transitoire vers le communisme que nous appelons socialisme, et tout ce qui doit accompagner cette rupture. 3 - rôle indispensable dun parti de type révolutionnaire dans la mise en uvre de ce processus, 4 - la primauté de la nation comme lieu de décisions souveraines, 5 - lattention devant être portée en priorité à la classe ouvrière pour la concrétisation et 6 - la promotion de lidée communiste, priorité ne signifiant pas exclusivité, 7 - Labandon du marxisme comme théorie révolutionnaire. > La deuxième consisterait à ne pas tirer un trait sur ce processus de parcellisation. Il sagirait de le prendre en compte entièrement dans la phase actuelle de reconstruction dune structure communiste renouvelée. Il sagirait, tout en respectant les exigences de la lutte immédiate (le PCF ne peut être transformé en Nuit débout), de prendre le temps den rejeter collectivement ce que la féodalisation du PCF a engendré de malsain, de faux, de malvenu, de théoriquement réformiste ou même dangereux, dans les pratiques communistes. Mais il sagirait aussi de valoriser ce qui sest produit de meilleur dans ce cadre morcelé. > La troisième conséquence a trait à la façon dont lactuelle direction pourrait, dans le contexte que je viens dévoquer et dans celui de la crise globale du capitalisme, prendre en charge le processus de recomposition du PCF. Cest là, à mon avis, que le bât blesse aujourdhui. Comment cette direction doit-elle sengager dans le processus de recomposition du PCF destiné à véritablement lutter contre le capitalisme, tout en tenant compte simultanément des exigences de cette lutte et de la réalité duale et fragmentée de lorganisation dont elle assure la conduite tout en cherchant à la recomposer, tout en cherchant à lui redonner corps et unité ? Je ne vais pas, dans les lignes qui suivent, énoncer ici ce que Fabien Roussel et son équipe doivent faire. Si je puis ainsi mexprimer, ce nest pas mon boulot en tant que membre du PCF, ou plus exactement cet article nen est pas le lieu. Danielle Bleitrach a choisi une autre option, tout à fait respectable, consistant à sortir du PCF pour dire ce quelle pense. Ces deux démarches ne sont pas incompatibles. Cela étant, mexprimant, en termes très généraux, je dirai que lanalyse exprimée dans cette première partie me conduit aux deux conclusions majeures suivantes: > La première est quon ne peut plus, en tant que membre du PCF, analyser aujourdhui un problème tel que celui de laction à mener à propos de General Electric, sans mettre en regard de cette analyse une autre analyse, celle de la ligne générale de conduite exprimée par lactuelle direction du PCF. Supposons que cette autre analyse soit identique à celle produite par Danielle Bleitrach, quest ce que cela implique pour la lutte menée par les travailleurs de General Electric? > La deuxième est que cette ligne générale est certes déterminée par la crise du capitalisme et la lutte à mener pour dépasser cette crise, sinon ce nest pas la peine dêtre un dirigeant communiste. Elle peut cependant être surdéterminée de deux manières eu égard au contexte (parcellisation du PCF) dans lequel prend place le processus de recomposition nécessaire à lexpression de toute ligne générale de lutte. Elle peut être surdéterminée par linfluences des Seigneurs de la Guerre, que la parcellisation a inévitablement engendrée. Elle peut être surdéterminée par ce qui fut conservé de meilleur dans le processus de parcellisation, à savoir lesprit de combat et de lutte contre le capitalisme, pour changer en profondeur la société. Pour résumer cette première partie, je crois pouvoir dire que les communistes et leurs dirigeants doivent trouver limpulsion politique, (conception et méthode) susceptible dengendrer un processus de recomposition globale du PCF qui soit aussi un processus de lutte globale contre le système capitaliste pour le remplacer et instaurer le socialisme. Je note au passage quon peut envisager de labandonner. Mais ne nous y trompons pas. Il ne va pas nous laisser partir aussi facilement. Je me propose, dans une prochaine partie, de réfléchir à quelques aspects selon moi importants, de cette impulsion politique. Jean Claude Delaunay [1] Je propose ici de désigner les différentes formes de structuration du PCF de la manière suivante : 1) Avant 1980, structure dure, 2) de 1980 à aujourdhui, structure molle, 3) ce qui en cours de recomposition, structure ferme.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 20-10-2020 à 09:02:52
| Bla-bla incompréhensible par les militants des usines, juste bon à animer des séminaires de retraités aisés ayant laissé l'embourgeoisement à l'oeuvre depuis les 50 ans de la période étudiée.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 21-10-2020 à 21:03:02
| Il y a deux question importantes dans ce texte. D'une part le parcours "sécurité-emploi-formation" qui est une illusion réformiste à mon sens, et d'autre part la question du centralisme démocratique. Ce deuxième point est essentiel. Le centralisme-démocratique est une caractéristique statutaire fondamentale pour un parti communiste. Dans un premier temps la direction révisionniste l'a utilisé pour briser toute forme d'opposition, exclure et faire taire les marxistes-léninistes. Puis une ligne "molle" comme dit Jean Claude s'y est superposée. Le PCF devient une auberge espagnole où peuvent s'exprimer toutes sortes de points de vue y compris contraires à ceux de la direction. Ce n'est pas un fonctionnement normal pour un parti communiste. Dans un premier temps la ligne révisionniste doit être battue. Ensuite le centralisme démocratique doit être rétabli.
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