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 Forum Marxiste-Léniniste  Théorie  Chine : capitalisme ou socialisme ? 

 crédit social et données biométriques

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Xuan
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   Posté le 18-05-2021 à 13:52:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le "crédit social"a été montré du doigt ici, illustré par les visages des piétons surveillés aux passages cloutés, afin de démontrer le totalitarisme et l'absence de liberté en Chine.
Il s'agit de refreiner les comportement asociaux, d'ailleurs également critiqués par nos journaux, comme cracher dans les lieux publics, avions etc.

Pratiquement la surveillance par reconnaissance faciale est le développement technologique des contrôles de police effectués ici dans des conditions équivalentes, puisque traverser en dehors des clous constitue une infraction par exemple.
Les derniers radars effectuent cette reconnaissance faciale.

Par contre, il ressort que cette surveillance liée à l'éducation du peuple est en contradiction avec la protection des données biométriques :


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Le Guangdong en Chine interdit la collecte de données biométriques à partir du 1er juin

Par Global TimesPublié: 18 mai 2021 00:26
https://www.globaltimes.cn/page/202105/1223729.shtml


Le règlement sur le crédit social de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, qui devrait entrer en vigueur le 1er juin, interdit la collecte d'informations biométriques auprès des citoyens.

Le règlement a été adopté à la 30e réunion du Comité permanent du 13e Congrès populaire de la province du Guangdong le 18 mars. Il met l'accent sur la protection des renseignements personnels et interdit la collecte d'informations telles que les croyances religieuses, les antécédents médicaux et les informations biométriques auprès des citoyens. Il stipule également que les entités doivent informer lors de la collecte des informations de crédit.

Un règlement sur le crédit social à Tianjin , qui est entré en vigueur le 1er janvier 2021, a été la première loi du pays interdisant la collecte de données biométriques auprès des citoyens, y compris les données de reconnaissance faciale.

La ville de Dalian, dans la province du Liaoning, au nord-est de la Chine, a également déployé sa réglementation du crédit social à l'échelle de la ville interdisant la collecte d'informations biométriques. Le règlement entrera en vigueur le 1er juillet.

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Le fournisseur de technologie de l'unité chinoise de Kohler mène une enquête interne à la suite de préoccupations soulevées pour des violations de données biométriques

Par Global TimesPublié: 16 mars 2021 23:45

https://www.globaltimes.cn/page/202103/1218598.shtml
Wandianzhang, un fournisseur de caméras de reconnaissance faciale de l'unité chinoise du fabricant américain de produits de cuisine et de salle de bain, Kohler, a mis en place un groupe de travail spécial pour mener d'urgence une enquête interne. Cette décision intervient après que le radiodiffuseur public ait dénoncé les caméras de capture de visage largement installées lors de l'émission télévisée annuelle de la Journée des droits des consommateurs en Chine lundi soir.

Alors que le gala du soir a attiré l'attention sur les menaces à la vie privée et à la sécurité concernant l'utilisation de plus en plus répandue de la reconnaissance faciale, les observateurs du secteur appellent à une accélération législative pour tenir les fournisseurs de technologies et les utilisateurs responsables des violations de données biométriques.

Dans une déclaration publiée sur son site Web officiel, Wandianzhang, un fournisseur de systèmes de vidéosurveillance à Suzhou, dans la province du Jiangsu en Chine orientale, a déclaré avoir créé un groupe de travail spécial en réponse rapide à la couverture du gala du soir.

L'émission de télévision populaire a révélé que les caméras de Wandianzhang avec logiciel de reconnaissance faciale avaient été installées chez plusieurs détaillants chinois de Kohler pour tracer et enregistrer les visages de ceux qui visitaient le magasin, et même reconnaître l'humeur des clients.

L'unité chinoise de Kohler a rapidement répondu par une déclaration disant qu'elle désinstallait l'équipement de ses points de vente, ajoutant que les données du système n'étaient utilisées que pour enregistrer les numéros de clients et qu'elles n'étaient pas stockées, analysées ou transférées, selon les médias.

Le fabricant de caméras à reconnaissance faciale a également déclaré que les données biométriques collectées par leurs produits ne sont utilisées que pour aider les entreprises à analyser leurs clients et ne seront pas divulguées, ont rapporté mardi les médias, citant sa direction. La célèbre marque de thé au lait, Heytea, a également réfuté avoir collecté des informations biométriques auprès des clients, bien qu'elle ait installé des caméras de surveillance équipées de la technologie de reconnaissance faciale.

Pourtant, la violation de la confidentialité des données biométriques des personnes, dénoncée par l'émission de télévision, incite le public et les observateurs de l'industrie à demander une impulsion législative plus rapide pour mettre à jour le cadre réglementaire et rattraper les progrès technologiques.

L'obtention des informations faciales des clients sans préavis ni autorisation de l'individu est une violation de la réglementation publiée par l'Administration d'État pour la réglementation du marché en mars 2020.

Les experts ont déclaré que les préoccupations concernant la confidentialité et la sécurité des informations personnelles des personnes exposées dans les cas de reconnaissance faciale se sont intensifiées, montrant l'urgence de réglementer la collecte de données biométriques.

La Chine légifère la loi sur la protection des informations personnelles afin de mieux répondre aux besoins de protection des données personnelles des citoyens.

Les principales tâches définies par la plus haute législature chinoise pour 2021 comprennent une poussée législative pour les nouvelles technologies, les applications dans les domaines de l'économie numérique, la finance sur Internet, l'intelligence artificielle, les mégadonnées et le cloud computing.

Zhang Yi, PDG de iiMedia Research Group, basé à Guangzhou, a déclaré mardi au Global Times que la réglementation actuelle sur les données biométriques, comme les informations faciales, est générale et manque d'outils juridiques spécifiques pour réglementer le contexte dans lequel les technologies peuvent être utilisées pour obtenir les données biométriques des personnes, et comment punir les personnes et entités qui enfreignent les lois et règlements.

«Les informations faciales des gens sont uniques et leurs abus mettent la fortune et la sécurité des gens en danger», a déclaré Zhang.

La protection des informations personnelles des personnes est une tâche urgente dans le monde entier. Le Conseil de l'Europe a publié en janvier la convention sur la protection des données à caractère personnel et le traitement automatisé, dans laquelle la base juridique de l'utilisation des technologies de reconnaissance faciale dans les secteurs public et privé est clarifiée.

Global Times

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Xuan
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   Posté le 26-05-2021 à 23:23:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Plaristes a écrit :

Rien ne vous choque?


Si, ta présence ici.

Apparemment, que - sans l'aide désintéressée d'un lanceur d'alerte occidental - le public chinois puisse critiquer la surveillance biométrique par une entreprise privée et à des fins commerciales, et que la presse officielle de ce régime "totalitaire" pose ouvertement la question dans ses colonnes, cela n'interpelle pas Plaristes.

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Xuan
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   Posté le 09-07-2021 à 14:46:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En Chine, Tencent utilise la reconnaissance faciale pour empêcher les mineurs de jouer la nuit

Le géant du logiciel chinois, Tencent, suit à la lettre les recommandations du gouvernement sur les jeux vidéo. Et même plus : l'entreprise propose désormais de la reconnaissance faciale pour contrôler l'identité des joueurs la nuit.

La réglementation sur les jeux vidéo est stricte en Chine. Elle empêche officiellement les personnes de moins de 18 ans de jouer en ligne entre 22h et 8h, dans le but de réduire l'addiction. Une réglementation suivie évidemment par les géants du secteur, comme Tencent, la plus grande entreprise technologique de Chine. La société renforce d’ailleurs ses mesures, comme annoncé le mercredi 7 juillet dans un communiqué de presse. Désormais, Tencent obligera tous les joueurs à confirmer leur identité via un algorithme de reconnaissance faciale, dès lors qu’ils jouent la nuit.

Concrètement, si des personnes de plus de 18 ans essaient de jouer à un jeu après 22h ou avant 8h, ils devront en passer par un contrôle via reconnaissance faciale, utilisant l'appareil photo du téléphone pour vérifier leur identité et leur âge. Cette mesure vise à empêcher les jeunes de contourner trop facilement l’interdiction de jouer sur la plage horaire définie, en utilisant le compte d’un adulte.

La fonctionnalité a déjà été activée dans une soixantaine de titres mobiles de l’entreprise, y compris son célèbre Honor of Kings. De nombreux autres titres devraient s’équiper de ce contrôle biométrique dans les semaines et mois à venir. Ce n’est que la dernière mesure s’appliquant aux jeunes joueurs chinois. La réglementation impose déjà l’utilisation du nom réel pour se connecter, des limites de temps pour les jeux PC et mobiles pour les mineurs, ainsi que des limites de dépenses.

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   Posté le 18-02-2022 à 20:46:24   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article plutôt objectif dans Les Echos :


Opinion | Crédit social en Chine : cassons les mythes orwelliens


Le système de crédit social déchaîne les passions et les fantasmes. Alors que tout le monde a en tête l'image d'un système de notation orwellien, la réalité est tout autre... et bien moins sensationnaliste.

Par Pierre Sel (Doctorant de l’Université de Vienne spécialisé sur le système de crédit social. Co-fondateur du service d’étude et d’enquête sur la Chine, EastIsRed)

Publié le 17 févr. 2022 à 17:16Mis à jour le 17 févr. 2022 à 18:01
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-credit-social-en-chine-cassons-les-mythes-orwelliens-1387871?fbclid=IwAR1qUmVOZgzG4zp0_XfZaeNU49X2O5LhvRpes9GsJfkRcX6Tg8Lu1-ZB4t0


Dans les débats portant sur les technologies numériques et les dangers qu’elles représentent, la République populaire de Chine est souvent perçue comme " l’opposé négatif" du "nous". Perception influencée par l’avancée de la Chine dans ce domaine : il est vrai que le régime de Pékin est pionnier dans la mise en place de la censure et de la surveillance à grande échelle, disposant de capacités de pointe autour de la reconnaissance faciale et de la surveillance des réseaux sociaux.

Plombée par cette image désastreuse , la Chine incarne en Europe l’exemple-type de la dystopie contemporaine. Si cette représentation peut faire les choux gras d’hommes politiques et de journalistes peu soucieux du détail, la réalité ne se résume pas à un "état orwellien" et son panoptique numérique contrôlant chacun des faits et gestes des individus. Ces raccourcis brouillent la compréhension des implications des technologies numériques sur le fonctionnement de l’État et proposent une vision biaisée de la vie en Chine contemporaine. Le dernier exemple en date est le nouveau documentaire, diffusé mardi 8 février sur la chaîne parlementaire LCP-AN, titré " Ma femme a du crédit" .

Ce documentaire déroule le récit d’une Chine devenue "totalitaire" où la "5G, les Big data, les doubles digitaux forment une immense toile de la surveillance totale" – toile grâce à laquelle "le Parti communiste peut lire sur le visage de ses citoyens chacun de leurs faits et gestes". Mieux encore, le Parti aurait mis en place un système de notation, d’évaluation des citoyens en fonction de leur comportement : le fameux "système de crédit social" (SCS). Effet garanti lorsque le réalisateur demande à son épouse, Lulu, à peine sortie du lit, de "vérifier son score" et que le nombre 752 s’affiche sur l’écran.

Ce que signifie ce résultat, le documentaire ne l’explique pas vraiment. On nous informe qu’il s’agit d’un "score qui conditionne l’accès aux services publics" ou "qui permet à des commandes internet d’aboutir". Nous n’aurons pas plus de détails, sinon que le projet "est inspiré des techniques financières américaines", qu’il est "inscrit dans le plan quinquennal" et recourt à des "contraintes contre les personnes non dignes de confiance". Le procédé vise à impressionner le spectateur, et peu importe que le réalisateur prenne des libertés avec la réalité, peu importe que les traductions soient approximatives, voire trompeuses. "Ma femme a du crédit" est le dernier exemple en date de documentaire à charge, qui n’hésite pas à déformer les faits pour coller à une vision dystopique de la Chine.

Ce n’est pas la première fois que le crédit social est ainsi décrit dans des formats grand public. Il est vrai que cet objet d’étude est particulièrement complexe. Malgré les efforts des chercheurs comme Jeremy Daum ou Séverine Arsène , ce système reste associé à l’idée d’un "score universel attribué à l’ensemble des citoyens chinois" qui permet "d’évaluer leur comportement". La réalité est tout autre, et surtout plus ennuyeuse : le système de crédit social est un outil bureaucratique, reposant avant tout sur des tableurs Excel, qui concerne plus les entreprises que les individus – ceux-ci ne représentent que 0,2 % des entités sanctionnées . Il n’y a pas de score donné aux citoyens, et personne ne se voit interdire l’accès aux hôpitaux pour avoir traversé au feu rouge.

Si on cherche à arrêter une définition rigoureuse, le "système de crédit social" est une "interface bureaucratique entre les systèmes juridique et réglementaire" (Jee, 2021). En tant que tel, le SCS sert deux fonctions principales : faciliter le partage l’information entre les administrations, et mettre en place un mécanisme de récompenses et de sanctions. Afin de faciliter le partage d’informations, l’État construit laborieusement des bases de données à disposition des administrations. Ces données sont issues tant de l’administration fiscale, du régulateur financier, que des départements en charge de la protection de l’environnement, etc. Elles concernent majoritairement les entreprises : licence, historique juridique, déclarations fiscales – 73 % des documents liés au crédit social concernent les entreprises. Pour ce qui est de la mise en place d’un mécanisme de récompenses et sanctions, le SCS permet de pénaliser une entreprise si elle est reconnue coupable par une administration compétente d’avoir enfreint les lois en vigueur. Elle est alors ajoutée sur liste noire et se voit appliquer des sanctions correspondantes. Ces sanctions incluent le plus souvent des restrictions pour l’accès aux financements ou aux marchés publics.

Loin de former un système monolithique notant les individus en fonction de leur comportement quotidien, le SCS punit principalement les enregistrements frauduleux d’entreprises, les chauffeurs Uber dont la licence est expirée, les ventes de médicaments non autorisés, etc. Pour les individus, les sanctions les plus sévères sont réservées aux personnes qui refusent de rembourser leurs dettes tout en ayant la capacité de le faire. Cela reste encore à nuancer : l’inscrip-tion sur cette liste ne s’effectue qu’après trois rappels à la loi.

Quid du score de Lulu dans le documentaire ? Ce score affiché est celui du crédit Sésame , qui n’est pas un mécanisme gouvernemental, mais un service d’Ant Group, lié au groupe Alibaba. Il fonctionne comme un système de fidélité, octroyant des avantages aux utilisateurs fréquents des produits de Ant. Pour cette raison, le crédit Sésame a été exclu du SCS par le gouvernement. Surtout, aucune sanction n’existe pour un utilisateur dont la note sera trop "basse". On comprend mieux la réaction de Lulu, qui ne comprend pas trop pourquoi son mari s’intéresse à ce score, qui finalement n’a que peu d’utilité et que personne ne regarde tous les jours.

Personne ne nie les dangers posés par les technologies numériques. Mais faire croire que chaque citoyen chinois perd des points s’il achète du soda est tout bonnement faux. Or, nous sommes justement dans un moment où la juste compréhension d’un système complexe est cruciale pour guider nos réflexions sur les technologies numériques. À travers le SCS, c’est la question de l’informatisation de la bureaucratie chinoise qui est posée. Plus largement, la question du traitement des données, et de leur usage dans la société chinoise contemporaine qui, comme sujet sérieux de libertés publiques et individuelles, ne peut se construire sur une méconnaissance des faits.

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