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 Le Covid et l'Ukraine accélèrent le basculement

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Xuan
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   Posté le 15-03-2022 à 23:32:40   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il est étonnant de constater combien les manœuvres bellicistes et les sanctions des USA et de leurs sous-traitants européens engendrent leur effet contraire :

> La pénurie d'énergie en Europe, la hausse du pétrole et du gaz, avec pour corollaire les premières manifestations de routiers et d'agriculteurs.
> Le risque de "défaut de paiement de la Russie" inquiète les capitalistes européens(ci-dessous).
> Le renforcement de l'unité de l'Eurasie et le rapprochement de la Turquie et de l'Inde.
> L'accélération par la Russie du corridor de transport international « Europe-Chine occidentale » de près de 2 300 kilomètres
> La mise à jour des laboratoires de fabrication d'armes chimiques et diverses révélations comme celles de l'ancienne députée Tulsi Gabbard sur leurs agents pathogènes mortels.
> L'accélération de la dédollarisation.

Quelques articles d'illustrations ci-dessous


Edité le 15-03-2022 à 23:53:44 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 15-03-2022 à 23:36:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Guerre en Ukraine : “la Russie est en défaut de paiement, qui va payer ?”


Si la Russie est au bord du défaut de paiement, elle est “malheureusement très bien préparée à la guerre et aux sanctions, ce qui n’est pas le cas des Européens. Ce serait donc une grave erreur de surestimer les impacts des sanctions économiques sur la Russie et de sous-estimer ceux qui pèsent sur l’Europe” , avertit notre chroniqueur Marc Touati, président du cabinet ACDEFI.
Par Marc Touati

https://www.capital.fr/entreprises-marches/guerre-en-ukraine-la-russie-est-en-defaut-de-paiement-qui-va-payer-1430820

Publié le 12/03/2022 à 7h50 & mis à jour le 12/03/2022 à 9h25

C’est la rumeur du moment : la Russie serait sur le point de se déclarer en défaut, c’est-à-dire de ne pas rembourser tout ou partie de sa dette. En effet, dans un peu plus de trois semaines, la Russie doit rembourser un emprunt émis sur le marché londonien de deux milliards de dollars. Or, l’Etat russe a dernièrement fait savoir qu’il comptait rembourser cette dette en roubles. Mais comme le rouble s’est effondré, cela ne plaît évidemment pas aux investisseurs. Conséquence logique de ces menaces, les taux d’intérêt de la dette russe ont flambé. Le taux d’intérêt à un an des obligations de l’Etat russe est ainsi passé de 8 % début janvier 2021 à 24,5 % depuis le 4 mars.

Parallèlement, les agences de notation ont dégradé la note de la dette russe à C, c’est-à-dire le dernier niveau avant le défaut, voire la faillite. Certes, depuis la crise des subprimes, au cours de laquelle elles se sont tristement illustrées en notant AAA des produits infectés par des dettes subprimes et qui finalement ne valaient rien, ces agences sont complètement décrédibilisées. Pour autant, comme d’habitude, elles sont parvenues à mettre de l’huile sur le feu et à renforcer le risque de défaut de la Russie. Mais ne nous y trompons pas, la décision finale reviendra à cette dernière.

Il faut dire qu’en matière de défaut souverain, la Russie n’en est pas à son premier essai. Son premier défaut remonte effectivement à 1918 et restera certainement l’un des plus grand hold-up d’Etat de l’Histoire contemporaine, notamment au détriment des épargnants français. Ainsi, de 1822 au début du XXème Siècle, l’Etat russe va faire de plus en plus appel à la France pour financer sa dette, émettant plusieurs emprunts à la seule destination des Français. En dépit d’un risque d’insolvabilité de plus en plus grand, la Russie va alors récolter près d’un tiers de l’épargne française pour financer sa dette. Il faut dire que les campagnes de publicité des banques et des médias français de l’époque sont plus qu’incitatifs : “Prêter à la Russie, c’est prêter à la France” , lit-on un peu partout. On découvrira plus tard que les dirigeants russes versaient des commissions démentielles aux banques et à certains journaux pour faire la promotion de ce qui était présenté comme un emprunt garanti à 100 %.

Seulement voilà, les emprunts nouveaux ne servaient qu’à entretenir d’énormes dépenses de fonctionnement et à rembourser les intérêts des emprunts précédents. Un véritable système Madoff d’Etat. Ah, l’appât du gain… La révolution russe éclata et ce qui devait arriver arriva : le 29 décembre 1917, les Bolchéviques répudient unilatéralement l’intégralité des dettes contractées par la Russie. Plus d’un million et demi de Français sont ainsi lésés et perdent souvent l’intégralité de leur épargne qu’ils avaient investie aveuglément dans des emprunts russes présentés comme “sûrs”…

90 ans plus tard, lors de l’été 1998 pour être précis, bis repetita : la dette publique russe dépasse les 130 % du PIB, les cours des matières premières sont au plus bas et la Russie ne peut rembourser ses échéances. Elle fait alors défaut, entraînant dans son sillage le fonds LTCM, qui suscita à l’époque une mini crise financière internationale. Va-t-on alors assister à une nouvelle réplique en 2022 ? Certainement. Le problème est qu’à la différence de 1918 et 1998, le défaut russe n’est absolument pas justifié au regard de fondamentaux financiers récents de la Russie.

En effet, sa dette publique est très faible : 18 % de son PIB en 2021 selon le FMI, ce qui est très différent d’un pays surendetté proche du défaut, comme cela était par exemple le cas lors de la dernière crise grecque avec une dette publique de 170 % du PIB et qui atteint d’ailleurs aujourd’hui 210 %. De même, l’inflation a certes augmenté en Russie, mais elle n’est pas non plus dramatique, du moins pour le moment :

Mais surtout, la Russie dispose actuellement de plusieurs “airbags”. Tout d’abord, un excédent structurel de sa balance courante : + 95 milliards de dollars en 2021. Encore plus fort : ses réserves de changes atteignent 643 milliards de dollars en février 2022, ce qui place la Russie à la quatrième place mondiale, derrière la Chine (3.400 Mds de dollars), le Japon (1.405 Mds de dollars) et la Suisse (1.110 Mds de dollars), la France étant quinzième avec 244 milliards de dollars. Et ce n’est pas tout, puisque les réserves d’or de la Russie avoisinent les 2.298,5 tonnes, soit environ 137 milliards d’euros. Enfin, pour couronner le tout, le fonds souverain russe dispose d’un actif d’environ 200 milliards de dollars. Dans ce cadre, le défaut organisé de la Russie risque de coûter bien plus cher à ses créanciers internationaux, qui ne détiennent d’ailleurs que 23 % de la dette russe. Poutine pourrait ainsi présenter ce défaut comme une sanction pour les investisseurs étrangers.

En revanche, si la Russie fait vraiment défaut et que les sanctions à son encontre perdurent, l’Etat russe connaîtra ensuite de graves difficultés, d’abord pour retrouver le chemin de la croissance et ensuite pour trouver de nouveaux financiers de leurs dettes. Pour éviter le scénario catastrophe, il lui faudra trouver un “chevalier blanc”. Comme Abu Dhabi l’a été pour Dubaï en 2010 ou l’Union européenne pour la Grèce en 2012. La Chine jouera-t-elle ce rôle pour la Russie ? Si c’est le cas, la Russie aura fait défaut sans impacts graves sur son économie, mais en pénalisant gravement ses créanciers occidentaux.

Il faut donc se rendre à l’évidence : la Russie est malheureusement très bien préparée à la guerre et aux sanctions économiques, ce qui n’est pas le cas des Occidentaux et en particulier des Européens. Il serait donc une grave erreur de surestimer les impacts des sanctions économiques sur la Russie et de sous-estimer ceux qui pèsent sur l’Europe. Une chose reste sûre : vivement que la guerre en Ukraine se termine !

Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI


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   Posté le 15-03-2022 à 23:48:13   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cumhuriyet (Turquie) : construire un « nouvel ordre mondial »


https://inosmi.ru/20220315/miroporyadok-253384693.html
(courrier international en langue russe)

La déclaration conjointe de Poutine et Xi et l'opération militaire russe en Ukraine sont deux des événements les plus importants en termes de création d'un nouvel ordre mondial, écrit Cumhuriyet. L'auteur de l'article partage ses hypothèses sur le futur ordre mondial. Une chose est claire : les États-Unis ne peuvent plus être le seul souverain.

Mehmet Ali Guller
La "Déclaration conjointe" signée par le président chinois Xi Jinping et le président russe Vladimir Poutine le 4 février 2022 et l'opération militaire lancée par la Russie le 24 février 2022 sont deux événements complémentaires d'une importance cruciale pour la construction d'un nouvel ordre mondial.

La déclaration mentionnée, que j'ai appelée le 10 février 2022 dans cette colonne "une déclaration sur le nouvel ordre mondial", manifeste franchement "une nouvelle période, un nouvel alignement des forces, un nouvel ordre ". Et l'opération militaire, lancée le 24 février, renvoie essentiellement à la question de savoir comment la ceinture de l'Otan autour de la Russie se transformera en zone neutre, et comment se formera l'architecture de sécurité européenne. Et cela, bien sûr, concerne l'avenir de l'alliance transatlantique.

Aujourd'hui, je vais essayer de dessiner une projection de ce nouvel ordre mondial en utilisant les données disponibles, mais toujours "brutes".

Scission entre l'OTAN et l'Europe indépendante
1. L'expansion de l'OTAN vers la Russie depuis 1999 et la transformation de l'alliance de 16 membres en une structure de 30 membres ont pris fin. L'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie n'est plus possible. En outre, certains des pays baltes et d'Europe de l'Est dans la période à venir chercheront à maintenir leur adhésion à l'OTAN exclusivement au niveau politique.

2. Les différences au sein de l'OTAN dans la composition de 30 membres, qui ont commencé avec la déclaration de la France sur la "mort cérébrale" et se sont encore plus prononcées avec la définition d'une position sur la crise ukrainienne, conduiront au fait que certains pays suspendront leur adhésion militaire dans l'alliance, tandis que d'autres se retireront complètement de l'OTAN. L'existence même de l'OTAN sera sérieusement remise en question.

3. L'Allemagne et la France s'efforceront de faire de l'Union européenne un centre politique et économique important du nouvel ordre mondial. La voie pour y parvenir passe bien sûr par la création d'une armée européenne et la proclamation par l'UE d'une stratégie indépendante des États-Unis.

4. Le processus de construction d'une architecture de sécurité européenne, initié par les Etats-Unis après l'effondrement de l'URSS en divisant la Yougoslavie en huit parties, est arrivé à son terme. La nouvelle architecture de sécurité européenne sera finalement façonnée par l'Allemagne - la France et la Russie.

La fin du modèle de monnaie unique
5. Les tentatives américaines d'intégrer l'UE et l'Inde dans sa stratégie de base contre la Russie et la Chine, respectivement, échouent. Dans le nouvel ordre mondial, l'UE et l'Inde agiront comme des centres indépendants.

6. L'ordre des Nations Unies sera révisé, mis à jour et renforcé. De nouveaux schémas verront le jour, dont l'adhésion permanente de l'Allemagne et de l'Inde au Conseil de sécurité.

7. Le rôle principal appartiendra non pas au G7, avec l'aide duquel les États-Unis dirigent "l'ordre libéral", mais au G20 pour correspondre au nouvel ordre.

8. Le "modèle unipolaire de l'économie" sera remplacé par le "modèle multipolaire" . Les institutions de l'ancien ordre libéral, telles que la monnaie unique (dollar), la banque unique (Banque mondiale), l'institution financière unique (FMI), le système bancaire unique (SWIFT), vont changer à mesure que le poids des nouveaux centres augmentera dans ces institutions, avec de nouveaux centres créés des alternatives à ces institutions. (En fait, des alternatives ont déjà commencé à émerger, comme le panier de devises et la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures).

9. L'Organisation mondiale du commerce sera mise à jour en fonction du nouvel ordre. La prédominance de l'Atlantique dans le droit commercial international sera équilibrée et elle deviendra plus équitable.

Place de la Turquie
Ainsi, l'ordre que les États-Unis ont commencé à construire en 1945, et dans lequel depuis 1991 s'efforcent d'être le seul souverain, est en train de changer. Un nouveau monde est en train de se former, dans lequel non seulement les États-Unis, mais aussi la Chine, l'UE, la Russie, l'Inde agissent comme des centres de pouvoir mondiaux...
À cet égard, nous devons considérer la question non pas à travers une lentille étroite, mais sur la base des intérêts des pays opprimés et en développement du monde.
D'un autre côté, tout cela, comme nous l'avons mentionné plus haut, n'est qu'une projection que nous essayons de construire sur la base des données "brutes" disponibles. Nous continuerons à discuter et à développer ce sujet.

Une question distincte qui doit être discutée est celle de savoir quelle sera la place de la Turquie dans ce nouvel ordre. Pour commencer, je peux dire ce qui suit. D'un côté de l'échelle, il y a la probabilité que la Turquie prenne sa place dans la nouvelle architecture de sécurité européenne, rejoignant le trio Russie-Allemagne-France en tant que quatrième acteur, et de l'autre, la probabilité que la Turquie rejoigne les États-Unis dans le Trio Royaume-Uni-Israël. Le premier est la position que la "Turquie indépendante" peut prendre dans le nouvel ordre mondial, et le second est la préservation de la position actuelle de "Turquie liée à l'Atlantique". Le bol qui l'emportera dépendra du cours de la lutte politique interne.

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Xuan
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   Posté le 15-03-2022 à 23:53:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Huanqiu shibao (Chine) : les États-Unis jouent le "drame" - l'Europe doit se réveiller


https://inosmi.ru/20220311/sanktsii-253337355.html?in=t

L'Amérique comptait sur le soutien de l'Europe, mais cette dernière ne voulait pas renoncer aux ressources énergétiques russes. Le plan de Washington s'effondre, il comprend que ce n'est qu'avec la participation de l'Union européenne qu'il pourra frapper "l'artère principale de l'économie russe", écrit Huanqiu shibao.

Le 8 mars, le président américain Joe Biden a prononcé un discours annonçant l'interdiction de toutes les importations de pétrole, de gaz naturel liquéfié et de charbon en provenance de Russie. Ce sont les sanctions les plus sévères que les États-Unis aient imposées à Moscou à ce jour. Biden a déclaré qu'ils visaient l'artère principale de l'économie russe et "apporteront des problèmes supplémentaires à Poutine" . Il a également ajouté que l'Amérique devra payer certains frais. Cependant, le monde convient que les problèmes et les coûts causés par les sanctions incomberont principalement aux Européens ordinaires.
Les statistiques montrent qu'environ 45 % du gaz naturel de l'UE en 2021 provenait de Russie, qui est également le plus grand fournisseur de pétrole d'Europe. À l'heure actuelle, le prix des contrats à terme sur le gaz naturel européen est passé à 3 500 euros par millier de mètres cubes, soit 10 fois plus que le prix habituel. Dans le même temps, les États-Unis n'importent pas du tout de gaz russe et seuls 8 % de leur pétrole et de leurs produits pétroliers proviennent de Russie. Cependant, le public américain a suivi Washington et a déclaré que ces sanctions entraîneraient certainement une hausse des prix aux États-Unis, ce qui est en fait une "performance dramatique" jouée spécialement pour l'Europe.

La situation de l'inflation aux États-Unis était très grave bien avant la crise ukrainienne, et même sans sanctions anti-russes, les prix intérieurs du pétrole continueraient de croître. Une grande partie de cela est le résultat du dysfonctionnement de la structure économique américaine. Mais Washington veut s'en servir pour se faire passer pour un triste "pionnier", prétendant hypocritement être "Don Quichotte qui se battra pour vous sans aucun soutien si vous avez des ennuis" . L'essence de cette performance est de convaincre les pays européens de suivre l'Amérique et d'abandonner les ressources énergétiques russes. Washington est bien conscient que l'objectif global « d'attaquer l'artère principale de l'économie russe » ne peut être atteint qu'avec la participation de l'Europe.

C'est certes beaucoup pour Washington, mais l'Europe devra payer un prix réel et très élevé. L'Allemagne a clairement fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention d'imposer d'interdictions pertinentes, et le chancelier Olaf Scholz a déclaré qu'" à l'heure actuelle, il n'y a pas d'autre moyen de fournir de l'énergie pour le chauffage, les transports, l'électricité et l'industrie en Europe" . Le président français Emmanuel Macron a également précisé dans un communiqué que les États-Unis ne dépendent pas de la Russie pour le pétrole et le gaz, mais que l'Europe l'est. Dans ce contexte, certains internautes ont déclaré que la décision américaine était une tentative de "tuer" l'Union européenne, déguisant toute l'affaire en "suicide collectif".

Washington utilise la méthode de "l'incitation et de la coercition" pour placer la Russie dans le "cercle" mondial des sanctions et assurer l'efficacité maximale des moyens géopolitiques pour l'évincer. Cependant, les faits montrent que même au sein de l'alliance transatlantique, les revendications et les positions réelles de toutes les parties ne sont pas aussi unifiées qu'elles le paraissent, et les États-Unis ne sont pas en mesure de les imposer par la force. Washington a récemment exhorté les nations non occidentales à suivre son exemple, avec une telle arrogance que le Premier ministre pakistanais Imran Khan a demandé avec indignation : « Sommes-nous vos esclaves ?
Le continent européen traverse la crise la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le processus de sa résolution et le résultat final affecteront directement l'avenir et le sort de l'Europe : qu'elle devienne un vassal stratégique de Washington ou qu'elle devienne un pôle respecté de un monde multipolaire - le résultat dépend en grande partie de la façon dont aujourd'hui entre et de ce que l'Europe choisit. Objectivement parlant, le processus d'autonomie stratégique que l'UE promeut depuis de nombreuses années subit une grave régression en raison de la crise ukrainienne. Si une grande scission se produit maintenant en Europe, cela augmentera encore sa dépendance vis-à-vis des États-Unis pour la sécurité, ce qui conduira inévitablement à la perte de son autonomie stratégique.

Ironiquement, à la veille de l'"interdiction énergétique" américaine, une délégation de haut niveau s'est rendue au Venezuela pour discuter de la possibilité de lever les sanctions énergétiques à son encontre. Le Venezuela fait l'objet de sanctions américaines sévères ; en 2019, les parties ont rompu leurs relations diplomatiques. Aujourd'hui, afin d'imposer des sanctions à la Russie, les États-Unis ont desserré leur emprise sur le Venezuela, ce qui montre une fois de plus que Washington ne fait pas face aux conséquences de ses propres sanctions et est contraint de "démolir le mur oriental afin de réparer le mur occidental" (Ex. Emprunter à l'un pour payer l'autre. - Env. InoSMI. ).

À l'heure actuelle, la Russie et l'Ukraine négocient toujours, et il y a déjà des signes d'apaisement de la situation. Mais Washington, cherchant à les annuler, lutte pour amener la crise à un nouveau paroxysme, ce qui est un signal clair qu'il ne fait tout cela que pour son propre bénéfice. Il ne ménage pas ses efforts pour convaincre et rallier l'Europe à ses côtés, car c'est l'arme principale des Etats-Unis. Si les États-Unis veulent « vaincre la Russie », ils doivent impliquer l'UE.

Il convient de noter que l'aggravation des relations entre la Russie et l'Ukraine a agité la société européenne et accru les craintes européennes concernant la sécurité nationale. Washington utilise clairement ces sentiments à des fins spéculatives, aggravant les crises existantes. Mais l'histoire a montré à maintes reprises que des sanctions extrêmement sévères n'ont jamais vraiment réglé le problème : elles n'apporteront pas la paix et la sécurité, et ne feront que créer de graves difficultés pour l'économie et la vie des habitants de régions susceptibles de provoquer des bouleversements géopolitiques. L'Europe doit donc enfin se réveiller.

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   Posté le 16-03-2022 à 00:02:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Lire l'article de Desanti
Chine : victoire financière sans guerre militaire, la Chine peut soutenir toutes les économies sanctionnées

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   Posté le 29-04-2022 à 21:07:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Vers un nouvel ordre géopolitique

Quand le Sud refuse de s’aligner sur l’Occident en Ukraine


https://www.monde-diplomatique.fr/2022/05/GRESH/64659

Contrairement à la majorité des nations occidentales, États-Unis en tête, les pays du Sud adoptent une position prudente à l’égard du conflit armé qui oppose Moscou à Kiev. L’attitude des monarchies du Golfe, pourtant alliées de Washington, est emblématique de ce refus de prendre parti : elles dénoncent à la fois l’invasion de l’Ukraine et les sanctions contre la Russie. Ainsi s’impose un monde multipolaire où, à défaut de divergences idéologiques, ce sont les intérêts des États qui priment.

par Alain Gresh

Le Monde diplomatiqueQuand le Sud refuse de s’aligner sur l’Occident en Ukraine↑

L’Ukraine, un affrontement planétaire entre « démocratie et autocratie » , comme le proclame le président américain Joseph Biden, repris en boucle par les commentateurs et les politiques occidentaux ? Non, rétorque la voix solitaire du journaliste américain Robert Kaplan, « même si cela peut paraître contre-intuitif » . Après tout, « l’Ukraine elle-même a été depuis de nombreuses années une démocratie faible, corrompue et institutionnellement sous-développée » .

Au classement mondial de la liberté de la presse, le rapport de Reporters sans frontières 2021 la classe au 97e rang. « Le combat, ajoute Kaplan, porte sur quelque chose de plus large et de plus fondamental, le droit des peuples à décider de leur avenir et à se libérer de toute agression » (1). Et il remarque, ce qui est une évidence, que nombre de « dictatures » sont alliées aux États-Unis, ce que d’ailleurs il ne condamne pas.

Si, au Nord, les voix discordantes sur la guerre en Ukraine restent rares et peu audibles tant une pensée unique en temps de guerre s’est à nouveau imposée (2), elles dominent au Sud, dans ce « reste du monde » qui compose la majorité de l’humanité et qui observe ce conflit avec d’autres lunettes. Sa vision a été synthétisée par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui regrette que le monde n’accorde pas une importance égale aux vies des Noirs et des Blancs, à celles des Ukrainiens, des Yéménites ou des Tigréens, qu’il « ne traite pas la race humaine de la même manière, certains étant plus égaux que d’autres (3) » . Il en avait déjà fait le triste constat au cœur de la crise du Covid-19.

C’est une des raisons pour lesquelles un nombre significatif de pays, notamment africains, se sont abstenus sur les résolutions de l’Organisation des Nations unies (ONU) concernant l’Ukraine — des dictatures bien sûr, mais aussi l’Afrique du Sud et l’Inde, l’Arménie et le Mexique, le Sénégal et le Brésil (4). Et, fin avril, aucun pays non occidental ne semblait prêt à imposer des sanctions majeures contre la Russie.

Comme le fait remarquer Trita Parsi, vice-président du think tank Quincy Institute for Responsible Statecraft (Washington, DC), de retour du Forum de Doha (26-27 mars 2022), où se sont côtoyés plus de deux mille responsables politiques, journalistes et intellectuels venus des quatre coins de la planète, les pays du Sud « compatissent à la détresse du peuple ukrainien et considèrent la Russie comme l’agresseur. Mais les exigences de l’Occident, qui leur demande de faire des sacrifices coûteux en coupant leurs liens économiques avec la Russie sous prétexte de maintenir un “ordre fondé sur le droit”, ont suscité une réaction allergique, car l’ordre invoqué a permis jusque-là aux États-Unis de violer le droit international en toute impunité » (5).

Le positionnement du régime saoudien, qui refuse de s’enrôler dans la campagne antirusse et appelle à des négociations entre les deux parties sur la crise ukrainienne, est emblématique de cette distanciation. Une série de facteurs ont favorisé cette « neutralité » d’un des principaux alliés des États-Unis au Proche-Orient.
D’abord, la création de l’OPEP + en 2016 (6), qui associe Moscou aux négociations sur le niveau de production de pétrole, s’est traduite par une coordination fructueuse entre la Russie et l’Arabie saoudite, laquelle considère même cette relation comme « stratégique (7) » — diagnostic sans aucun doute bien optimiste. Les observateurs ont noté la participation au mois d’août 2021 du vice-ministre de la défense saoudien, le prince Khaled Ben Salman, au Salon des armements à Moscou et la signature d’un accord de coopération militaire entre les deux pays, qui étaye une collaboration ancienne pour le développement du nucléaire civil. Plus largement, la Russie est devenue un interlocuteur incontournable dans toutes les crises régionales, étant la seule puissance à entretenir des relations suivies avec l’ensemble des acteurs, même quand ils sont en froid, voire en guerre les uns avec les autres : Israël et l’Iran, les houthistes yéménites et les Émirats arabes unis, la Turquie et les groupes kurdes…

Parallèlement, les relations entre Riyad et Washington se sont grippées. Domine dans le Golfe l’idée que les États-Unis ne sont plus un allié fiable — on rappelle leur « lâchage » du président égyptien Hosni Moubarak en 2011 et leur retraite piteuse d’Afghanistan, leur volonté de négocier avec l’Iran sur le nucléaire sans prendre en compte les réserves de leurs alliés régionaux, leur passivité face aux attaques de drones houthistes contre des installations pétrolières saoudiennes, même quand M. Donald Trump, supposé être un ami de Riyad, était encore président. L’élection de M. Biden a empoisonné le climat. Il avait promis de traiter l’Arabie saoudite comme un paria à la suite de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, dont les services de renseignement américains attribuent la responsabilité à Mohammed Ben Salman (« MBS »), le tout-puissant prince héritier saoudien ; il avait également dénoncé la guerre menée au Yémen.

Ces engagements n’ont été suivis d’aucune inflexion de la politique de l’administration démocrate, si ce n’est le refus de M. Biden de tout contact direct avec « MBS », mais ils ont été mal reçus à Riyad. Quand le président Biden s’est finalement résigné à l’appeler, notamment pour demander une augmentation de la production pétrolière du royaume visant à pallier l’embargo contre la Russie, « MBS » n’a pas voulu le prendre au téléphone, comme l’a révélé le Wall Street Journal (8). « Pourquoi les États-Unis nous consultent-ils si tard, après tous leurs alliés occidentaux ? » « Notre soutien ne doit pas être considéré comme acquis a priori », entend-on dire à Riyad.

Et la presse saoudienne ne retient pas ses coups contre les États-Unis. Comme l’écrit l’influent quotidien Al-Riyadh : « L’ancien ordre mondial qui a émergé après la seconde guerre mondiale était bipolaire, puis il est devenu unipolaire après l’effondrement de l’Union soviétique. On assiste aujourd’hui à l’amorce d’une mutation vers un système multipolaire. » Et, visant les Occidentaux, il ajoute : « La position de certains pays sur cette guerre ne cherche pas à défendre les principes de liberté et de démocratie, mais leurs intérêts liés au maintien de l’ordre mondial existant » (9).

Une ligne largement reprise au Proche-Orient et qui se déploie autour de deux séries d’arguments. D’abord, que la Russie ne porte pas seule la responsabilité de la guerre, que celle-ci est avant tout un affrontement entre grandes puissances pour l’hégémonie mondiale dont l’enjeu n’est pas le respect du droit international et ne concerne donc pas le monde arabe. Écrivant dans le quotidien officieux du gouvernement égyptien, lui aussi allié aux États-Unis, Al-Ahram, un éditorialiste évoque « une confrontation entre les États-Unis et les pays occidentaux d’une part, et les pays qui rejettent leur hégémonie d’autre part. Les États-Unis cherchent à redessiner l’ordre mondial après s’être rendu compte que, dans sa forme actuelle, il ne sert pas leurs intérêts, mais renforce plutôt la Chine à leurs dépens. Ils sont terrifiés par la fin imminente de leur domination sur le monde, et ils sont conscients que le conflit actuel en Ukraine est la dernière chance de préserver cette position (10) » .

L’autre ligne d’argumentation des médias arabes dénonce le double langage des Occidentaux. Démocratie ? Libertés ? Crimes de guerre ? Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Les États-Unis, qui ont bombardé la Serbie et la Libye, envahi l’Afghanistan et l’Irak, sont-ils les mieux qualifiés pour se réclamer du droit international ? N’ont-ils pas aussi utilisé des armes à sous-munitions, des bombes au phosphore (11), des projectiles à uranium appauvri ? Les crimes de l’armée américaine en Afghanistan et en Irak ont été largement documentés sans jamais aboutir à des inculpations — et ce n’est pas faire injure aux Ukrainiens de reconnaître que, pour l’instant, les destructions infligées à ces deux pays dépassent de loin celles qu’ils subissent tragiquement.

M. Vladimir Poutine devrait être traîné devant la Cour pénale internationale ? Mais Washington n’a toujours pas ratifié le statut de cette cour ! Ironique, un éditorialiste remarque (12) que, en 2003, The Economist avait fait sa « une », après l’invasion de l’Irak, avec une photographie en couleurs de George W. Bush en titrant « Maintenant le lancement de la paix » (« Now, the waging of peace » ; en revanche, l’hebdomadaire des milieux d’affaires met aujourd’hui en couverture une photographie de M. Poutine en noir, un char à la place du cerveau, avec ce titre : « Où s’arrêtera-t-il ? » .

La Palestine, occupée totalement depuis des décennies alors que l’Ukraine ne l’est que partiellement depuis quelques semaines, reste une plaie vive au Proche-Orient, mais elle ne suscite aucune solidarité des gouvernements occidentaux, qui continuent à offrir un blanc-seing à Israël. « Il n’est pas inutile de rappeler, note un journaliste, les chants scandés lors des manifestations, les déclarations pleines de rage qui, au fil des années et des décennies, ont imploré sans résultat à aider le peuple palestinien bombardé à Gaza ou vivant sous la menace d’incursions, de meurtres, d’assassinats, de saisies de terres et de démolitions de maisons en Cisjordanie, une zone que toutes les résolutions internationales considèrent comme des territoires occupés (13). » La prestation du président Volodymyr Zelensky devant la Knesset, dressant un parallèle entre la situation de son pays et celle d’Israël « menacé de destruction », en a indigné plus d’un, sans d’ailleurs qu’il obtienne le soutien attendu de Tel-Aviv, attaché à ses relations étroites avec Moscou (14). Enfin, le traitement différencié accordé aux réfugiés ukrainiens, blancs et européens par rapport à ceux du « reste du monde », asiatiques, maghrébins et subsahariens, a suscité une ironie amère au Proche-Orient, comme dans tout le Sud.

On dira que ce n’est pas nouveau, que les opinions (et les médias) arabes ont toujours été antioccidentales, que la « rue arabe », comme on la qualifie parfois de manière méprisante dans les chancelleries européennes et nord-américaines, ne pèse pas grand-chose. Après tout, lors de la première guerre du Golfe (1990-1991), l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Syrie se sont laissé entraîner dans la guerre aux côtés des États-Unis, à rebours de leurs populations. Dans le cas de l’Ukraine, en revanche, ces pays, même quand ils sont des alliés de longue date de Washington, ont pris leurs distances avec l’Oncle Sam, et pas seulement l’Arabie saoudite. Le 28 février, le ministre des affaires étrangères émirati Cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou et a salué les liens étroits entre les deux pays. Et l’Égypte n’a pas répondu à l’injonction bien peu diplomatique des ambassadeurs du G7 au Caire de condamner l’invasion russe. Même le Maroc, allié fidèle de Washington, était opportunément « aux abonnés absents » lors du vote de l’Assemblée générale des Nations unies du 2 mars sur l’Ukraine.

Dans le même temps, avec leurs dizaines de milliers de soldats positionnés dans le Golfe, leurs bases à Bahreïn, au Qatar et dans les Émirats arabes unis, la présence de la Ve flotte, les États-Unis restent un acteur majeur dans la région qu’il peut se révéler risqué de négliger, voire de contrarier. D’autant que ce positionnement de divers pays arabes, comme plus largement celui du Sud, ne se fait pas au nom d’une nouvelle organisation du monde ou d’une opposition stratégique au Nord — comme celle pratiquée par le Mouvement des non-alignés dans les années 1960 et 1970, allié au « camp socialiste » — mais au nom de ce qu’ils perçoivent être leurs propres intérêts. On pourrait, paraphrasant le Britannique lord Gladstone, affirmer que, dans l’ère de l’après-guerre froide, les États n’ont plus d’amis ni de parrains permanents, mais des alliés fluctuants, vacillants, à durée limitée. Les revers de la Russie et les sanctions qui lui sont imposées amèneront-ils certains d’entre eux à infléchir leur complaisance à l’égard de Moscou ?

Alors que s’estompent les lignes de partage idéologiques d’antan, que les promesses d’un « nouvel ordre international » faites par Washington au lendemain de la première guerre du Golfe se sont englouties dans les déserts irakiens, un monde multipolaire émerge dans le chaos. Il offre une marge de manœuvre élargie au « reste du monde ». Mais le drapeau de la révolte contre l’Occident et son désordre ne constituent pas (encore ?) une feuille de route pour un monde qui serait régi par le droit international plutôt que par le droit du plus fort.

Alain Gresh

Directeur des journaux en ligne OrientXXI.info et AfriqueXXI.info
(1) Robert D. Kaplan, « To save democracy, we need a few good dictators », Bloomberg, 1er avril 2022.

(2) Lire Pierre Rimbert, « Événement total, crash éditorial », Le Monde diplomatique, mars 2022.

(3) Cité dans « Ukraine attention shows bias against black lives, WHO chief says », British Broadcasting Corporation (BBC), 14 avril 2022.

(4) Nous n’entrons pas dans le débat de ce qu’est une démocratie, mais nous évoquons ici des pays où se tiennent des élections régulières et concurrentielles.

(5) Trita Parsi, « Why non-Western countries tend to see Russia’s war very, very differently », Quincy Institute for Responsible Statecraft, 11 avril 2022.

(6) Regroupement entre les pays membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) et dix autres producteurs, dont la Russie et le Mexique.

(7) Konstantin Truevtsev, « Russia’s new Middle East strategy : Countries and focal points » (PDF), Valdai Discussion Club, février 2022. Valdai est un think tank russe de politique internationale.

(8) « Guerre d’Ukraine. Le jeu d’équilibre risqué de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis », Orient XXI, 22 mars 2022.

(9) Cité par BBC Monitoring - Saudi Arabia, Londres, 8 mars 2022.

(10) Cité par Mideast Mirror, Londres, 7 avril 2022.

(11) Lire, par exemple, Maria Wimmer, « Du phosphore blanc sur Fallouja », Le Monde diplomatique, janvier 2006.

(12) Al-Quds Al-Arabi, Londres, cité par Mideast Mirror, 3 mars 2022.

(13) Ibid.

(14) Cf. Sylvain Cypel, « Les raisons de la complaisance israélienne envers la Russie », Orient XXI, 24 mars 2022.

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