| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 03-07-2021 à 13:14:31
| | Capitalisme ou socialisme, la gauche et les abstentionnistes doivent choisir ! une contribution aux débats des communistes français Vendredi 2 juillet 2021, par Pierre-Alain La crise bouscule non seulement les conditions de vie mais aussi les idées ! Et cela a commencé avant le COVID qui na fait que révéler une crise profonde du modèle occidental des multinationales, du FMI, de lUnion Européenne et de la domination des USA... en bref du capitalisme mondialisé. Macron sétait fait élire comme le modernisateur au service des "premiers de cordées" dont la richesse devait ruisseler sur les autres. Il a découvert les "premiers de corvées", soignants, éboueurs, manutentionnaires, caissières, employés de service... Lui qui revendiquait la baisse des dépenses publiques pour justifier ses réformes est contraint à décider que létat doit payer les salaires de millions de travailleurs et combler les pertes de milliers dentreprises. Largent public coule a flot alors quon nous disait il y a peu que la dette rendait tout impossible. Encore plus fort, Macron avait supprimé limpôt sur la fortune et Biden annonce une forte augmentation des impôts pour les plus riches ! Le monde à lenvers ? Deux transformations se sont accélérées avec la crise et expliquent le débat didées qui semble bouleversé. - loccident ne domine plus le monde comme hier, les USA sont en difficulté militaire dans de nombreux pays malgré leur puissance, et surtout, ils ont perdu lhégémonie économique mondiale face à une Chine qui narrête pas de se développer et dentrainer de plus en plus avec elle toute lAsie et le reste du monde. Le dollar nest plus incontournable... - les idées dominantes sont en crise et le marketing médiatique qui a produit Macron ne sait quoi inventer dautre en 2022. Qui peut encore croire que le capitalisme produit de la sécurité ? de légalité ? et même de la liberté ? Après le traitement de Snowden, des gilets jaunes, des manifestations de noirs aux USA, ou la transformation dans tous les pays développés de la police en armée intérieure robocopisée ? Mais il est vrai quon ne sait pas trop qui propose autre chose. Cest tout le problème ! Il y avait bien au siècle dernier une alternative au capitalisme, le socialisme. Mais on nous a dit que cétait une impasse... et que quand cest un succès comme en Chine, ce ne serait que du capitalisme déguisé. Le capitalisme récupère toutes ses contestations En fait, le capitalisme est très fort pour récupérer toutes les idées qui le contestent, intégrer toute critique pour éviter quelles ne conduisent réellement au projet dune autre société. Cest vrai surtout en occident où il joue sa domination mondiale, et cela ne se joue pas que dans la vie politique. - Les défenseurs du logiciel libre croyaient inventer un autre monde, ils ont été digérés par le marché informatique... - Les défenseurs du bio ont cru inventer une autre agriculture, le bio est aujourdhui industrialisé et mondialisé dans la grande distribution... - Les cultures alternatives ont contesté le système avec force, mais du rock au rap en passant par le reggae, les maisons de disque les ont intégrées... - Les inventeurs des monnaies locales ont cru subvertir le système financier, comme les inventeurs des crypto-monnaies, mais ce sont les institutions qui les reprennent en main... - les défenseurs de la planète ont cru mettre en cause un système irresponsable, mais ils se retrouvent servir les rentes des énergies renouvelables et le capitalisme vert. Cest une vieille histoire que Marx décrivait déjà dans le "manifeste du parti communiste" et son chapitre III "Littérature socialiste et communiste" ou il critique le "socialisme bourgeois" Une partie de la bourgeoisie cherche à porter remède aux anomalies sociales, afin de consolider la société bourgeoise. Dans cette catégorie, se rangent les économistes, les philanthropes, les humanitaires, les gens qui soccupent daméliorer le sort de la classe ouvrière, dorganiser la bienfaisance, de protéger les animaux, de fonder des sociétés de tempérance, bref, les réformateurs en chambre de tout acabit. mais aussi le "communisme utopique" A lactivité sociale, ils substituent leur propre ingéniosité ; aux conditions historiques de lémancipation, des conditions fantaisistes ; à lorganisation graduelle et spontanée du prolétariat en classe, une organisation de la société fabriquée de toutes pièces par eux-mêmes. Pour eux, lavenir du monde se résout dans la propagande et la mise en pratique de leurs plans de société. A partir de ce manifeste, le mouvement ouvrier a progressivement construit lidée dune autre société, le "socialisme". Après les socialistes utopiques, Marx montre que lhistoire nest toujours que celle des luttes de classe déterminant la nature de la société qui ne dépend que de savoir quelle classe dirige létat. Et il a fallu la violence de la première guerre mondiale et la trahison des principaux dirigeants sociaux-démocrates pour que naisse lhistoire du mouvement communiste, accélérée par la révolution russe. Le socialisme nétait plus seulement une idée, mais un pays, une histoire qui a marqué le siècle, qui se poursuit en Chine, à Cuba, au Vietnam entre autres, et qui a marqué des expériences de gauche en Amérique Latine.. Mais le court siècle soviétique semble sêtre refermé autour des années 90 et les idées communistes semblent avoir disparues, en tout cas en occident. Les jeunes générations ne se rendent pas compte à quel point elles ont des idées très à droite par rapport à leurs grands-parents. Quand elles croient "agir pour le climat", elles ne voient pas par exemple que le développement du photovoltaïque sur les maisons est un scandale social, faisant payer aux plus pauvres les rentes des propriétaires, et pire, sans effets positifs sur les émissions carbonées. Les idées qui masquent les conditions dun changement de société réel Sil est si difficile dimaginer "un autre monde", si facile pour le capitalisme de récupérer toutes les critiques qui naissent dans la société, cest que nos têtes sont pleines didées qui semblent critiquer le monde tel quil est, mais qui forment un masque devant la vérité de ce système, un écran de fumée favorisé par les médias qui travaillent au service de la domination des intérêts dune minorité sociale, la classe sociale des propriétaires dentreprises, des actionnaires, des rentiers, dirigée par une véritable oligarchie économique que tout le monde connaît mais qui semble tabou. Cest ce que Marx éclairait dans le manifeste opposant les ouvriers et les bourgeois, ce que le monde moderne semble avoir effacé [1]. Ces idées qui disent répondre aux méfaits du capitalisme ne cesse de se renouveler ; économie sociale et solidaire, circuits courts, salariés actionnaires, revenu universel, patriotisme économique, sobriété. Elles alimentent des courants politiques quon peut tenter de caractériser pour aider à y voir plus clair. Les socialistes pour réguler le capitalisme Comme lanalysait déjà Marx, il y a des courants didées "socialistes" qui veulent "réguler" le capitalisme, dénonçant ses excès, proposant des mesures économiques pour aider ses victimes. Ils sont souvent prêts à manifester contre les effets du capitalisme, mais une fois au gouvernement, ne peuvent faire autre chose que de sy adapter. La majorité des socialistes ont abandonné toute idée dune autre société que le capitalisme. Mais ce courant cherche comment se réinventer après son effondrement électoral au profit des écologistes. Il a essayé le revenu universel sans succès, il trouvera de nouvelles formules de régulation du capitalisme, car cest ce qui lidentifie depuis longtemps, affirmer quil peut gérer le système en protégeant mieux les travailleurs. Les humanistes pour humaniser le capitalisme Il y a aussi des "humanistes" qui dénoncent aussi les drames humains résultant du capitalisme, et qui pensent eux-aussi quil est possible "dhumaniser" le capitalisme. Ils ne se pensent pas "socialistes" car ils nont pas de lien avec lhistoire du mouvement ouvrier. Ils sont souvent engagés dans des actions de solidarité, parfois exemplaires, souvent liés à des histoires anciennes, des courants religieux, mais restent enfermés dans lidée dobtenir des aides du capitalisme. LAbbé Pierre en est un bon symbole. Les républicains pour nationaliser le capitalisme Il y a aussi des "républicains" qui pensent que le problème du capitalisme est dans la mondialisation, la perte du cadre national permettant dassurer des droits comme ceux quavait créé les acquis du conseil national de la résistance. Ils peuvent être de droite mais défendre eux aussi les victimes du capitalisme, sans offrir dautre perspective que davoir un capitalisme plus social que les autres, alors que toute lhistoire montre que ce nest possible quen exploitant plus les autres, comme avec la colonisation. Ils peuvent être de gauche et considérer que le protectionnisme suffira à permettre la réindustrialisation et la hausse des salaires, si besoin en se protégeant de la concurrence mondiale par des taxes. Les écologistes pour verdir le capitalisme Les écologistes se sont développés sur la promesse dun changement global de système concentré sur des choix de technologies, certaines seraient bonnes et dautres mauvaises, sur la dénonciation de la mondialisation et des grandes entreprises, voire parfois carrément de lindustrie vue comme la cause de tous les problèmes. Ils pensent quon peut changer de société en changeant les comportements et les modes de consommation et en développant lemploi local avec les artisans, les paysans, les coopératives, les petites entreprises... Lexpérience a montré quils peuvent être au gouvernement et gérer loyalement les affaires du capitalisme. En Allemagne, ils ont eu un ministre des affaires étrangères qui a conduit la guerre en Yougoslavie et saffichent de plus en plus atlantistes en soutien de lOTAN. En France, ils ont participé à de nombreux gouvernements socialistes ou centristes et nont jamais hésité à faire des alliances électorales à droite. Toutes leurs propositions économiques sinscrivent dans les règles du marché, taxe carbone, tarifs dachats garantis, ignorant les contradictions sociales et les inégalités qui en découlent tout en affirmant vouloir les réduire, sauf quil est impossible de vouloir soigner dune main les maux quon développe de lautre. De fait les écologistes veulent "verdir" le capitalisme, pas labolir ! Les insoumis pour refuser le capitalisme Les insoumis vont plus loin. Ils refusent la domination du capitalisme, affirment que létat doit pouvoir contraindre le capitalisme à respecter le choix politique dune société qui réponde aux besoins du plus grand nombre, mais sans faire référence à un autre type de société, et sans jamais identifier les forces sociales qui doivent sorganiser pour faire reculer ce capitalisme. Souvent, ils prolongent lambition écologique de changer le capitalisme en changeant les comportements. Ils défendent comme les écologistes le scénario énergétique negawatt qui demande de réduire la consommation dénergie pour pouvoir se passer du nucléaire. Ils dénoncent la 5G qui serait le vecteur de la domination des géants du numérique. Il y a sans doute dans la conversion écologique de Jean-Luc Mélenchon depuis 2017 une dimension tactique pour mordre sur lélectorat vert, mais cela laisse ce mouvement à "mi-chemin" dune autre société. Dénoncant le capitalisme, il ne sait comment caractériser une autre société, en dehors de laffirmation forte du besoin dune constituante pour reconstruire une autre république démocratique, du partage des richesses à imposer à la finance, de la bifurcation écologique. Mais que faire de lentreprise capitaliste ? de la mondialisation ? Dans sa polémique avec Fabien Roussel, JLM propose que létat règle les problèmes. Cest ne pas tenir compte, entre autres, de lexpérience chilienne douloureuse avec le gouvernement dAllende qui sest confronté aux bourgeoisies chiliennes et à lintervention violente de limpérialisation dominant. Si le programme "lavenir en commun" propose des politiques clairement de rupture avec tout ce qui a été fait depuis des décennies, sil propose que létat impose des règles, du droit du travail à la règle verte, on ne sait pas si le résultat reste une société capitaliste ou pas. Au fonds, cest un programme de rupture, qui partage beaucoup de points avec les propositions des communistes. Mais nous avons eu lexpérience avec les 101 propositions de François Mitterrand en 1981, dun programme de rupture qui partageait beaucoup avec les communistes, mais qui sest heurté au capitalisme jusquà se trahir dans le choix de la rigueur et de lunion européenne. Le programme des insoumis serait un début de mise en cause du capitalisme, mais il serait lui aussi confronté à la question, jusquoù faut-il aller face au capitalisme dont personne ne peut imaginer quil se laissera faire gentiment. Les insoumis sont à mi-chemin entre le refus du capitalisme et laffirmation dune autre société. Au fonds, si on reprend la classification du manifeste, les insoumis sont les plus radicaux des socialistes utopiques. Les communistes en chemin pour réinventer le socialisme Soyons clair, les communistes français nont pas aujourdhui une réponse forte et connue à ce défi du changement de société. Ils ont été tellement intégrés à la gauche que pour beaucoup de citoyens, il ny a pas vraiment de différences. Cest dailleurs ce que traduit le fait que labstention touche autant les communistes que les autres, et que pire, les communistes ont perdu leur enracinement dans le monde du travail. Dailleurs, leur projet jusquen 2020 était largement commun avec celui des insoumis. Ils partagent la même base issue des présidentielles de 2017 et du Front de Gauche. Ils ont largement oublié leur histoire du siècle dernier quand ils affirmaient vouloir construire "le socialisme à la française". Mais leur dernier congrès en 2018 a engagé une réflexion nouvelle et Fabien Roussel a commencé à construire un positionnement politique plus marqué, notamment dans la recherche dun lien direct avec le monde du travail, lambition de repartir à la conquête du monde ouvrier, des quartiers populaires, ou les contacts repris avec les communistes chinois. Les propositions économiques des communistes cherchent comment sortir le travail de la domination du marché capitalise, évoque parfois même le besoin de nationalisation, souvent confondue avec lidée de "pole public". Pour les travailleurs, il est difficile de savoir sil ne sagit que dune économie "mixte" que proposait François Mitterrand, ou réellement dune rupture avec le capitalisme tel quil est. Pour beaucoup de syndicalistes, il ny a pas de différences avec les propositions des insoumis. Officiellement, les communistes ne parlent pas du "socialisme". Pour certains, parce que le mot est trop lié à lexpérience du socialisme réel, de lURSS, pour dautres, parce quils pensent que le socialisme tel que le pensait Marx, tel que lhistoire la construit, est un échec et quil faut réinventer autre chose, un "communisme à la française" pour certains, un "ecosocialisme" pour dautres, ou même un "communisme déjà là" [2] Pourtant, sils veulent reconquérir les abstentionnistes, le monde du travail, les quartiers populaires, les communistes ont besoin de faire entendre quils ont réellement un projet de rupture avec le capitalisme, de faire savoir pourquoi et comment ils sortent du cadre qua représenté lunion de la gauche dirigée par les socialistes et donc ne cherchant quà réguler le capitalisme. Ils devront dire clairement si oui ou non, leur projet qui nest pas celui de la gauche, a à voir avec le socialisme qui a existé, qui existe. Les communistes sont en chemin. Ils doivent reprendre des débats anciens sur la place du capitalisme dans le socialisme, la nature de la "transition" quon appelait révolution. Ils peuvent sappuyer sur des expériences anciennes comme la NEP dans la jeune URSS, revisité par la Chine moderne. Ils devront dire clairement au monde du travail comment ils veulent reprendre le pouvoir sur létat et le système financier, comment ils vont organiser léconomie au seul service de ceux qui travaillent, comment ils peuvent organiser la rupture en France quelque soit la situation dans lunion européenne. Parions quils vont trouver comment répondre à cette question que lhistoire concrète pose à toute la planète. Quel "monde daprès" si le système récupère toutes les contestations qui naissent, si le débat didée reste dominé par le système médiatique, si les forces politiques qui contestent les méfaits du capitalisme sont toutes prêtes à accepter sa domination ? Au fonds, la question moderne qui se pose concrètement en France, cest de mettre en cause la domination de lintérêt privé sur lintérêt général, du plan local comme au plan national, dans lorganisation interne de la France comme dans son insertion dans la mondialisation. La meilleure manière dy répondre clairement pour être entendu du plus grand nombre serait daffirmer que nous voulons construire le socialisme, un socialisme à la française, démocratique, qui tire les leçons de lexpérience du 20ème siècle, un socialisme qui affirme la souveraineté populaire nationale comme la condition de coopérations solidaires avec tous les peuples, à commencer par les peuples du sud, un socialisme qui se construit sur la réponse aux besoins du plus grand nombre par le développement scientifique et technique, un socialisme qui a besoin dexpulser de lEtat et du système financier, les oligarchies qui le dirigent en fait. La position des communistes envers les différents partis dopposition On pourrait croire que cette critique de toutes les oppositions non communistes au capitalisme conduirait à lisolement. Au contraire, cest parce quils savent pourquoi tant de forces critiquent le capitalisme sans proposer réellement de labolir que les communistes peuvent proposer le rassemblement le plus large à tous dans les luttes et aussi dans des accords électoraux, tout en affirmant leur propre projet, en faisant comprendre au plus grand nombre les impasses de toutes les tentatives dadaptation au capitalisme, créant ainsi les conditions dun Front Populaire qui ne soit pas dirigé par ceux qui sont prêts à sadapter au capitalisme. Cest déjà ce que disait clairement Marx dans la conclusion du manifeste. En somme, les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre lordre social et politique existant. Dans tous ces mouvements, ils mettent en avant la question de la propriété à quelque degré dévolution quelle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement. Enfin, les communistes travaillent à lunion et à lentente des partis démocratiques de tous les pays. Les communistes ne sabaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout lordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à lidée dune révolution communiste ! Les prolétaires ny ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner. Cest la condition pour offrir enfin aux abstentionnistes une vraie réponse politique. Vous ne trouvez pas de forces politiques qui vous semble utiles pour répondre à vos préoccupations ? Vous avez raison, elles sont toutes enfermées dans lacceptation du capitalisme. Mais les communistes vous proposent de reconstruire un rapport de forces populaire en faveur dune autre société, le socialisme à la française. Bien sûr, il faut convaincre, mais quand on ouvre ce débat, tout le monde comprend quil y a quelque chose de nouveau, de profond, de révolutionnaire. Cest à ce niveau dambition quon peut faire reculer labstention dans les milieux populaires. Ladresse originale de cet article est https://lepcf.fr/Capitalisme-ou-socialisme-la-gauche-et-les-abstentionnistes-doivent-choisir
___________________ [1] il ne la bien sûr effacé quen partie et dans les représentations politiques, parfois consciemment comme DSK expliquant quil est inutile de sintéresser aux milieux populaires qui ne votent pas, et quil faut se concentrer sur les catégories supérieures, parfois sans le dire comme le parti communiste qui a vu son influence seffondrer chez les ouvriers depuis 30 ans sans sen émouvoir avant le 38eme congrès... [2] idée qui na pas bien résisté à la violence de la crise...
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 04-07-2021 à 08:25:42
| | le choix nest pas tranquille. Il simpose entre le socialisme et la guerre. > La guerre au sens large, avec ou sans armes, « la guerre hors limites » de Qiao Liang et Wang Xiangsui. > Une guerre à léchelle nationale et internationale. Une guerre de classe aussi, comme la définit Losurdo. Classe contre classe dans notre pays, hégémonisme contre multipolarité et émergence, et impérialisme US contre socialisme chinois en particulier. > La lutte des idées sur le socialisme et sur la Chine est un débat au sein du peuple ; cest une lutte de classe avec les chefs de la gauche et lensemble de la bourgeoisie. > Cest une guerre qui envahit les trottoirs, sans laisser de place aux indécis ou rêveurs dune troisième voie. Une guerre hors limites , dont je ne reprends pas le détail ici, a commencé lorsque deux hôpitaux ont été montés en 10 jours chacun à Wuhan, alors que la suppression des lits se poursuivait ici. La comparaison était insupportable, alors les mensonges les plus grossiers ont envahi toutes les chaînes, jusquà la pantomime du Ouïghour rescapé enchaîné à son fauteuil sur le plateau dHanouna. Précisément sur cette chaîne que Bolloré a mangée avec Canal + et Europe 1, pour y installer létoile montante Zemmour. La guerre de classe ici a pris les accents du racisme et de la division et vise à nouveau les retraites. Les salaires diminués par la pandémie voient gonfler la vague inflationniste des milliers de milliards déversés tant en Europe quaux USA, et qui ont enflé une bulle financière inédite par exemple autour des bitcoins. Nul doute que la bourgeoisie échaudée par les gilets jaunes et désarçonnée par labstention fourbit les armes dune réaction noire et de la fascisation. Au moment où Xi Jinping saluait le 100e anniversaire du PCC en tenue de Mao, la presse occidentale a vomi sa haine du communisme, et notre pays a encore choisi son camp en déposant une « enquête pour recel de crimes contre lhumanité » sur le prétendu travail forcé des Ouïghours. Enquête saluée hier par Clémentine Autain : « Une décision de justice historique » . Le choix de latlantisme est déjà fait pour les dirigeants sociaux-démocrates , et le choix du capitalisme, comme lexplique PAM. La guerre anti communiste, renouvelée par les chefs de la gauche à lannonce de la candidature de F. Roussel, a 100 ans elle aussi. Mélenchon veut-il renverser la table pour instaurer le socialisme ? La sixième république en finit-elle avec les institutions bourgeoises ou bien cherche-t-elle une démocratie parlementaire idéale, issue du même moule, où les parlementaires des classes opposées pourraient sinvectiver dans le respect et la bienséance républicains ? Ce débat sur le socialisme (comme sur la Chine) mérite de la patience, de la rigueur et de la pédagogie au sein du peuple, et aucun libéralisme avec les chefs de la gauche. Avec eux comme avec les fractionnistes du PCF, cest une lutte de classe et le divorce simpose. Le socialisme contre les guerres . Les institutions bourgeoises ont refait 5 fois leur copie pour en arriver à une abstention de 65 %. Après les guerres civiles et extérieures, restaurations et tentatives de coups détat, le colonialisme, la boucherie de 14, le capitalisme a encore engendré le fascisme, utilisé la bombe atomique et la guerre chimique, subverti et déstabilisé des régimes, financé le terrorisme
Quelles leçons pourrait-il donner au système socialiste qui va le remplacer, et qui avance sur un terrain à peine exploré, lui aussi dans la douleur et la violence, mais dabord celle quil subit du monde qui disparaît ? Il ny a ni honte ni repentance sur le chemin du socialisme. Enfin, il ny a pas de troisième voie . Ni entre capitalisme et socialisme, ni entre les USA et la RPC. La soumission française aux injonctions de Washington, pour rejeter la 5G chinoise ou pour sopposer au projet Nord Stream II russo-allemand, montre quil ny a pas de troisième voie qui serait propre à lEurope, une Europe elle-même très divisée, au point de ne pas pouvoir suivre la stratégie de neutralité de Biden avec Poutine. La position trotskiste du rejet de « tous les impérialismes » dont le « capitalisme chinois » cherche aussi une troisième voie. Cest la position de Communistes, de petits groupes dits marxistes-léninistes inspirés par les théories dEnver Hoxha, ou autoproclamés « maoïstes », mais cest aussi souvent la ligne éditoriale de lHumanité. Ils foncent dans un mur. Le choix est inévitable tant pour le socialisme que contre la guerre impérialiste.
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