sous le titre : Chavez qualifie d’immorale la position de Merkel et brown en faveur du FMI
Publié 3 novembre 2008 Amérique latine
Maracaibo 1º nov. 2008.- Le président Chávez a qualifié ce samedi d’immorales les propositions de la chancellière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique Gordon Brownd’appuyer le Fond Monétaire International. Et quand on suit Brown dans sa tournée en Arabie Saoudite, on ne peut que donner raison au Président vénézuélien. « Hier soir Merkel et Brown ont demandé plus d’implication aux pays émergents pour résoudre la crise et ils attendent surtout de la Chine et des pays pétroliers une augmentation de leurs apports au FMI. Quelle immoralité! “, a dit Chávez. “C’est-à-dire que des pays comme la Chine et comme les pays pétroliers, alors que nous avons fait face aux menaces d’ invasion, aux sabotages et aux coups d’État, nous devrions apporter des ressources pour qu’ils continuent d’aider les riches du monde. Quelle immoralité » a répété le président. Il a également fait référence aux récentes déclarations du directeur gérant du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui a signalé que la crise allait affecter aussi les pays en développement.. “Ce monsieur devraitse taire. Qu’est-ce le FMI a à dire au monde, sauf à assumer sa responsabilité dans la crise et se dissoudre ?”, a demandé le président vénézuélien. “(Strauss-Kahn) dit que les proches victimes seront nous les pays en développement. Il faudrait lui rappeler que nous avons toujours été les victimes que nous avons été écrasés et exploités. Depuis des siècles nous avons été les piétinés de l’histoire, et c’est maintenantqu’il s’en rend compte » a argumenté Chávez. Le président vénézuélien a aussi mentionné « les milles millions de dollars » que sont en train d’être injectés dans les systèmes financiers des Etats-Unis et de l’Europe, principalement. En ce sens, il a rappelé une récente interrogation du prix Nobel en économie étasunien Joseph Stiglitz:?” « D’où sortent-ils tant d’argent ? » Chávez a ajouté que “les pays développés ont réduit ces dernières années les aides au tiers monde en alléguant un manque de ressources et maintenant, de jour au lendemain, ils tirent de la manche million et million de dollars pour sauver les banquiers”. Les références de Chávez à la crise ont été faite à l’occasion d’une réunion à Maracaibo avec dirigeants de son parti, à qui il a recommandé d’être informé de ce qui arrive dans le monde pour avoir des critères clairs sur la politique à suivre. Cette intervention de Chàvez vient comme en écho à d’autres celles récentes publiées dans ce blog de Fidel Castro où il met en garde les pays du sud et où il en appelle à vaincre l’analphabétisme économique des masses qui les soumet à de pseudos solutions de la part de ceux qui sont à l’origine pourtant de cette crise et qui ne souhaitent que poursuivre en utilisant une fois de plus les pays du sud pour financer leurs erreurs criminelles. Il suffit de suivre le premier ministre britannique dans sa tournée, dans sa quête dirions-nous auprès des pays producteurs de pétrole. Ce que l’on peut constater c’est que si les saoudiens et les autres pays du Golfe n’ont pas un langage aussi direct de Chavez, ils sont plus que réticents à être les “vaches à lait” des occidentaux et du FMI. Il suffit de lire cette dépêche de l’AFP pour mesurer le caractère “immoral” de l’attitude des occidentaux, les Européens vont faire la manche pour que le FMI, l’institution aux ordres des Etats-Unis puisse perdurer et continuer à asphyxier la planète. Mais la touche finale de cette dépêche me parait être la visite de Gordon Brown aux anciens détenus de la base de Guantanamo. On croît rêver. Il n’y a rien à ajouter tout est dit. AFP) — Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, s’est dit optimiste dimanche quant à la possibilité d’obtenir des monarchies pétrolières du Golfe une aide envers le FMI, dans le but de secourir les pays victimes de la crise financière. “Je pense que les Saoudiens vont contribuer, comme d’autres pays, et que nous aurons un fonds mondial plus important”, a déclaré M. Brown à la presse à Ryad, estimant que d’autres Etats du Golfe suivront. “Les gens veulent investir à la fois pour aider le monde à traverser cette très mauvaise passe mais aussi pour travailler avec nous afin que nous soyons moins dépendants du pétrole et que nous ayons des prix du pétrole plus stables”, a-t-il ajouté. M. Brown a entamé samedi à Ryad une tournée de quatre jours qui l’a conduit dimanche à Doha pour y rencontrer son homologue Hamad ben Jassem et l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani. Le Premier ministre britannique se rendra ensuite lundi à Abou Dhabi pour une visite de deux jours, selon l’agence officielle émiratie Wam. M. Brown tente de persuader les dirigeants de ces Etats d’aider le Fonds monétaire international (FMI) à accroître ses ressources actuelles, qui se chiffrent à 250 milliards de dollars, pour soutenir les économies de pays affectés par la crise financière mondiale, comme la Hongrie, l’Ukraine et l’Islande. Ryad n’a effectué aucun commentaire officiel mais, de source gouvernementale britannique, on a affirmé que les Saoudiens ne souhaitaient pas devenir “la vache à lait” d’économies “à la dérive”. Le Premier ministre du Qatar a, lui, souligné que Doha préférait coopérer avec la communauté internationale, plutôt que de l’aider. “Nous devons travailler ensemble, mais au lieu d’utiliser le mot +aide+, je pense que nous devrions employer celui de +coopération+”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse avec M. Brown. Le ministre britannique du Commerce, Peter Mandelson, qui accompagne M. Brown, a déclaré que la conclusion d’un accord était “un processus, non un événement”. Aucun accord n’est attendu dans les prochains jours. Dimanche, à Ryad, M. Brown avait estimé qu’en soutenant le FMI, les pays du Golfe pouvaient se prémunir d’un effet de “contagion”. “J’ai bon espoir que vous et d’autres Etats du Golfe aurez la volonté de vous joindre à d’autres pays pour empêcher la crise de s’étendre, en aidant à renforcer le fonds international pour les économies affectées”, avait-il dit. Plaidant en faveur d’un rôle accru des pays du Golfe dans le système financier international, M. Brown s’est dit favorable à une “réforme des institutions internationales”. Et d’ajouter que l’Arabie avait un “rôle crucial” à jouer pendant le sommet du G20 à Washington le 15 novembre, lors duquel les chefs d’Etat des grands pays industrialisés et émergents vont discuter d’une refonte du système financier international. “Un nouvel ordre mondial” plus juste et plus stable peut émerger de la crise, a-t-il encore estimé. Le Premier ministre britannique, qui s’est heurté à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) au sujet de sa récente réduction de production, a aussi souhaité un marché pétrolier plus stable. L’Arabie saoudite est le premier producteur de l’Opep. “Nous avons un intérêt commun en tant que producteurs et consommateurs à avoir des prix plus stables et une transition, à plus long terme, vers une économie avec moins d’émissions de carbone”, a dit M. Brown. Les prix du pétrole ont baissé de presque 60% depuis juillet, passant d’environ 150 dollars le baril à quelque 60 dollars. Les marchés du Golfe se sont en outre écroulés, perdant 250 milliards de dollars en octobre. Avant de conclure sa visite en Arabie, Gordon Brown a serré la main à d’anciens détenus saoudiens de la base américaine de Guantanamo, à Cuba, qui suivent un programme de réinsertion.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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Posté le 09-11-2008 à 16:01:38
l'hégémonie US remise en cause par Lula
La crise accentue la division nord-sud. Provoquée par la course aux profits des pays impérialistes, et en particulier par les USA, la crise économique mondiale frappe tout particulièrement les pays pauvres et les pays émergents. La suprématie du dollar et l'hégémonie US n'ont pas d'avenir. La théorie des trois mondes se voit confirmée par les faits tandis que l'équilibre des contradictions dans le monde est en train de se transformer. Ci-dessous un article de l'agence Xinhua sur l'appel de Lula à une "nouvelle architecture du système financier mondial"
Le président brésilien appelle à la nouvelle architecture du système financier mondial
2008-11-09 14:08:27
SAO PAULO (Brésil), 9 novembre (Xinhua) -- Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a demandé samedi que soit mise en place une "nouvelle architecture financière mondiale" suite à la crise financière.
Prenant la parole lors de la session d'ouverture d'une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du groupe des 20 (G20), le chef d'Etat brésilien a lancé un appel à une réforme sérieuse et urgente du système financier mondial, qu'il a qualifié de "château de cartes".
Aucun pays ne peut être épargné par les crises financières, a estimé M. Lula, ajoutant que chaque Etat doit assumer la responsabilité dans ses actions et éviter de transférer les risques aux autres.
A ce sujet, il a invité les économies émergeantes à travailler de concert dans le but d'avoir une voix plus forte. Il a, à cette occasion, critiqué "le dogmatisme de non intervention" dans les marchés que pratiquent les Etats-Unis et d'autres pays.
Le G7 composé des sept pays les plus industrialisés, à savoir les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, l'Italie et le Canada, ne pourra faire chevalier seul pour résoudre les problèmes dans le monde et nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance plus participative, a insisté le président Lula.
Il est temps de mettre en place une nouvelle architecture financière mondiale, a dit M. Lula, affirmant que son pays est disposé à assumer ses responsabilités.
Le G20 regroupe les membres du G7, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Indonesie, le Mexique, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Turquie, ainsi que l'Union européenne et les institutions de Bretton Woods.
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