| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-10-2017 à 23:54:59
| un courrier de G. Remond : j'ai trouvé cette information sur la page facebook de vive le PCf. Je l'ai repris sur la mienne en y apportant mon propre questionement. je ne sais pas si les camarades du CN on eu cette information. C'est a mon avis gravissime, un groupe dirigeant vient de confier a une entreprise la gestion de son fichier militant, la décision de ses orientations politiques et la possibilité d'agir sur ces dernières. Quand le questionnaire et son contenu ont été discuté? . je trouve en tout cas qu'elle vaut son pesant d'or. Naïvement je pensai que le questionnaire avait été élaboré en interne mais dela a s'en remettre a un tel logiciel!!! !Plus rien ne nous distingue donc des autres organisations politiques. En matière d'abandon de notre souverainté politique, c'est un petit peu comme donner notre industrie de l'énergie à la générale électrique. Pourquoi ne pas donner la gestion de l'organisation au ministère de l'intérieure pendant qu'on y est? Il faut faire connaitre cette situation. Les militants communistes ont reçu ce questionnaire pour leur a-t-on dit permettre un débat démocratique, large et ouvert. On leur demande de communiquer des données personnelles et d'autres nombreuses sur leurs activité militantes. Ils pensent que celle-ci sont a effets interne quand elle sont une manoeuvre pour les orienter vers une décision qui ne leur correspond pas. De plus toutes ces données iront allimenter un logiciel d'origine US utilisé par Trump et la droite française qui pourra servir a de toutes autres fin que celles donnée pour les impliquer. Jamais un tel cynisme n'a été employé, jamais une telles désinvolture n'a été connu dans la préparation d'un congrès et dans le traitement des hypothèses de travail sur lesquelles il devait s'engager . On passe de l'analyse politique d'une situation a l'analyse informatique de variables pour une mutation, oppération toute comerciale a visé strictement promotionnelle.Une équipe de direction s'apprète a brader un héritage historique celui du mouvement ouvrier de notre pays pour quelques places dans la gestion de l'appareil d'état. Ils s'apprète a une trahison qui rejoind sur le plan symbolique a celle des parti de la 2è internationale en 14. Et c'est bien de cela qu'il s'agit, engager le retour du parti de Tours aux pratiques d'avant Tours. Exprimez vous! Il faut tout faire pour bloquer ce mauvais tour!Je vous donne en lecture l'ensemble des textes qui viennent d'être publiés sur la question depuis deux jours. rajouttez les votres . faites part de vos expériences. Gilbert
____________________ Conseil national du PCF des 13 et 14 octobre 2017 Intervention dEmmanuel Dang Tran, fédération de Paris, préparée pour la discussion sur la préparation du congrès extraordinaire. Ce congrès sapprête à navoir dextraordinaire que le nom ou plutôt la méthode pour le moins peu commune. Cette dernière permet aux dirigeants desquiver, une nouvelle fois, un bilan réel sur les causes, et sur leurs responsabilités, dans le processus de disparition du PCF, dont le nouveaux désastre électoral de juin permet de mesurer lavancement. Avancer le congrès de 6 ou 12 mois nen fait pas un congrès « extraordinaire ». Cest la seule question que les adhérents sont invités à trancher dans ce questionnaire, pour sans doute leur donner lillusion quils décideront sur le reste. Dans tous les cas, avec un congrès prévu en 2018 ou 2019 on ne sera plus sur un congrès « à chaud ». La préparation envisagée par la direction laisse présager une phase de débat statutaire aussi précipitée et bâclée quaux congrès précédents, si les communistes obtiennent le respect des statuts. De plus, avancer le congrès permet déviter une coïncidence avec la préparation des élections européennes qui aurait eu lintérêt de mettre sur la table des discussions la ligne politique dintégration européenne de la direction, 25 ans après notre grande campagne contre Maastricht, dont lanniversaire a été totalement occulté par lHuma et la direction. Le congrès ne peut pas être « extraordinaire » si tout est fait pour écarter ce qui le justifie : létat déchec et de désaveu inédit que le résultat électoral de juin a traduit. Le déni, labsence dautocritique, la volonté dimposer la poursuite de la même stratégie, envers et contre tout, sont pourtant ce qui ressort de la volonté de la direction du Parti, depuis le CN de juin, dans la préparation du congrès, comme dans la vie politique sous Macron. Pour Pierre Laurent, on est toujours au milieu du gué, il faut continuer les « transformations » et la matrice « Parti communiste » est usagée comme nous lindiquent les sondages. Toujours les sondages ! Elle est dautant plus usagée quon ne sen sert pas et quon lui tourne le dos ! Cest une bonne chose quil reste des groupes à lAssemblée et au Sénat. Mais nous savons tous que cela tient à des situations et à des arrangements locaux, à géométrie variable. Quand la liste à Paris aux sénatoriales obtient 9% des « grands » électeurs inscrits mais quaux législatives, moins de 2% de la classe ouvrière vote pour nos candidats : cest le monde à lenvers pour un Parti communiste. Lintroduction du questionnaire et toute sa conception traduisent cette volonté de se défausser du bilan et de diluer les critiques. Dans les sections la méthode suscite scepticisme, réticence. Ne nous racontons pas dhistoires : les directions les plus volontaristes ont du mal à faire remplir les formulaires. Je fais partie de camarades qui invitent à rejeter le questionnaire, à rejeter une méthode biaisée, correspondant à une volonté de contourner le débat et lexpression critique des communistes pour mieux poursuivre la stratégie qui remet en cause lexistence même du Parti. Le marketing na rien à faire dans un parti communiste. Les sondages sont conçus, les réponses traitées et interprétées dans le sens voulu par leur commanditaire. Les questions « ouvertes » appellent des réponses « cause toujours ». Les camarades ne doivent pas se faire dillusions. Deux ou trois formules identitaires vont être mises en discussion, mais seulement pour, communistes, nous occuper et nous rassurer. Il est question, enfin, de classe mais sous la formule antimarxiste de « classe populaire ». Une fois de plus, nous allons sauver le nom du Parti, symboliquement, pour que la ligne et la stratégie de la direction continuent à le vider de son sens et à le diluer publiquement, dans des tentatives de recomposition à « gauche ». Après le « Front de gauche », les « Communs » et ensuite ? Il y a 25 ans, Robert Hue commençait à faire appel aux instituts de sondage bourgeois pour valider la stratégie de « transformation ». Avec ce questionnaire, nous sommes passés à létape daprès, semble-t-il. La direction du Parti recourt au logiciel de la multinationale américaine du marketing électoral Nationbuilder, dont Trump aux Etats-Unis, Juppé, Fillon ou Mélenchon sont des clients « addicts ». La spécialité de Nationbuilder : le profilage, le fichage des électeurs, des adhérents pour mieux vendre des produits politiques. Nous apprenons, horrifiés, que la direction du Parti a acheté, en janvier, les services de Nationbuilder. En février, la CNIL interdisait heureusement le fichage, depuis les réseaux sociaux des clients électoraux potentiels (dont la direction aura peu profité malgré linvestissement !). Mais les services de Nationbuilder continuent dêtre utilisés pour les élections (avec quelle efficacité pour un Parti communiste !!) et maintenant pour le fichage et lorientation des adhérents. Dans la presse spécialisé, je lis : « le précieux fichier interne Cociel alimentera la plateforme NationBuilder. A terme, le PCF envisage de gérer lensemble de sa base militante et de son maillage territorial grâce au logiciel américain ». Une nouvelle façon de faire de la politique, le marketing électoral 2.0 ? Le fichage des clients-électeurs. Je préfère la discussion militante avec les collègues et voisins ! LHumain dabord ? Non Orwell version 1984. Je demande que lutilisation de ce logiciel soit abandonnée. Je propose quune question soit posée aux communistes : souhaitez-vous être fichés par le logiciel NationBuilder. Cette étape de la préparation du congrès ne peut être séparée de nos positions et de nos actions contre la politique de Macron. Là aussi, labsence de remise en cause a de lourdes conséquences. Dans le Parti, aux précédentes réunions du CN aussi, a été analysé comment lopération politicienne de Mélenchon court-circuite dangereusement le mouvement et le rapport de force pour gagner le retrait des ordonnances Macron et commencer à mettre en échec sa politique. Mais pourquoi donc, Pierre Laurent est-il allé soutenir la grandmesse de Mélenchon le 23 septembre ? Mélenchon a clairement annoncé sa voie, son impasse, dans son discours à « ses gens »: « au bout de la rue, il y a les élections ». Pierre Laurent enfonçait le clou en annonçant à la presse le lendemain son espoir dune alternative politique, électorale pour 2022, avec les Insoumis, EELV et Hamon. Un contre-sens total dans la période. Une majorité de travailleur existe contre les ordonnances tout de suite, certainement pas pour une nouvelle illusion en 2022 ! Sur le fond, cest également mauvais et contre-productif. Nous sommes en complet désaccord avec les positions de Mélenchon, favorables à une fusion CSG/Impôt sur le revenu, et de Hamon, avec son revenu universel attaquant la Sécurité sociale. Loin de sopposer, ces socio-démocrates accompagnent idéologiquement les contre-réformes du pouvoir. Contre la suite du démantèlement dAlstom, pourquoi, communistes, nous ne portons pas lexigence de la nationalisation du ferroviaire comme de lénergétique, livrés, à défaut de capitalistes français, à Siemens demain, à General Electric hier ? En système capitaliste, la nationalisation nest pas notre réponse à tout : mais un rapport de force existe dans le pays, sur ces activités cruciales à la réponse aux besoins, pour gagner une nationalisation démocratique. Nous ne pouvons pas en rester à demander une commission denquête parlementaire et un rachat, au profit de Bouygues, comme le demande aussi le PS, des actions quil a prêtées à lEtat. Riposte sociale, industrie, Europe, organisation du Parti : les questions du congrès sont des questions présentes, urgentes. Il faut la rupture avec les positions dabandon. Je finis par une proposition, une demande, que je partage avec de nombreux camarades en vue de lassemblée des animateurs de section le 18 novembre. Après le désastre électoral de juin, le Comité exécutif national a choisi malgré certaines voix semble-t-il de ne pas remettre sa démission aux communistes. Le CEN doit donc assumer ses choix clairement devant eux. Plutôt que le questionnaire de diversion, nous demandons comme cest logique dans toute association que le CEN présente son bilan dactivité depuis le dernier congrès, soumette et assume son analyse, et lorientation quil propose. Les communistes ont besoin de discuter sur un texte commun, dès à présent. Cest la condition du débat démocratique mais aussi de la survie et de la renaissance du PCF.
Edité le 18-10-2017 e 00:05:00 par Xuan
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| Posté le 17-10-2017 à 23:58:41
| Pour que lon comprenne bien le pas franchi en matière du passage du parti communiste ancienne manière et son uberisation sous la direction éclairée de
Est-ce quon aurait pas pu demander leur avis aux militants du PCF ? 16 Oct Pour que lon comprenne bien le pas franchi en matière du passage du parti communiste ancienne manière et son uberisation sous la direction éclairée de ses derniers secrétaires, du Congrès de Martigues à Pierre Laurent, voici linterview vidéo du concurrent français de nation builder Cest pam qui lenvoie et il note malicieux : jadore la formulation « uberisation de la vie politique ? lui demande la journaliste LCI
» réponse
oui ! Je suis sociologue et je nai rien contre les questionnaires, jai fait travailler longtemps celui que Marx prétendait faire passer aux ouvriers, il était conçu de telle sorte quaprès lavoir rempli (anonymement) louvrier en question demandait son adhésion à lAIT. mais là nous sommes devant quelque chose dassez bizarre dont le modèle paraît être un questionnaire de la SNCF à ses usagers, mais plus clairement encore, les questionnaires que dans les administrations qui se bureaucratisent avec une privatisation rampante on fait passer périodiquement aux travailleurs de la boîte. Dailleurs si vous ne le remplissez pas vous avez périodiquement une relance personnalisée sur le thème: vous navez pas encore répondu au questionnaire, il est pourtant nécessaire à une optimisation de la gestion de notre entreprise et la bonne relation avec ses salariés. Mais là nous avons encore atteint un nouveau seuil avec big data: on aurait pu prévenir les militants et leur demander leur avis, non on les inscrit doffice dans cette instrumentalisation
On ne peut pas dun côté dénoncer dans LHumanité dimanche le rôle infiniment néfaste des GAFA dans la surexploitation capitaliste, et dans le même temps, confier lavenir politique du Pcf à des sociétés qui fonctionnent sur le même modèle que les GAFA, même si elles sont infiniment moins importante Histoire et société
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| Posté le 18-10-2017 à 00:01:26
| Lire sur le site PCF l'article de pam : "Lors du dernier conseil national, Emmanuel Dang Trang (Paris 15eme) avait préparé une intervention qui contient une information qui est une révélation pour beaucoup de communistes, concernant une décision récente de la direction du PCF, lutilisation de loutil de marketing politique dorigine US dénommé "nationbuilder", un outil déjà utilisé par Mélenchon, Juppé, Macron, et les républicains... Cet outil servira-t-il de base pour la gestion du questionnaire de préparation de la rencontre nationale ? Ce serait incroyable !..."
Edité le 18-10-2017 e 00:02:05 par Xuan
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| Posté le 13-05-2018 à 22:51:05
| Contribution du réseau faire vivre au congrès extraordinaire soumise à la discussion bonjour je vous invite a prendre connaissance de la contribution a laquelle j'ai participé en vu de la rédaction d'une base commune de lutte et de classe à soumettre a la discution des militants dans le cadre du prochain congrès. Ce débat doit commencer dès maintenant alors que la bataille de classe fait rage et que le mouvement social se développe. Un congrès ne peut se concevoir en dehors du mouvement réel. Saisisez vous de ce texte pour les débats a venir apportez vos propres contributions . Vous pouvez aussi le soutenir et donner votre signature sur le site le PCF .fr Gilbert « lhistoire de toute société jusquà nos jours est lhistoire de la lutte de classes »
Les conditions de lunité des communistes Alors que le projet de base commune devrait être proposé début juin au Conseil National par la commission chargée de son élaboration, les conditions permettant à ce texte douvrir vraiment le débat nécessaire tout en étant un outil pour construire une unité nouvelle des communistes ne sont pas mises en discussion dans le parti La situation appelle plus que jamais cet effort nécessaire à lexistence, la visibilité et le renforcement du PCF. La colère et la volonté de mettre en échec laccélération de la destruction programmée de nos conquis sociaux et démocratiques par ce gouvernement grandit. La bataille engagée par les cheminots en est un aspect majeur. L escalade guerrière dangereuse dans laquelle le président nous entraîne avec les frappes contre la Syrie ne passe pas dans lopinion.La menace pesante dun conflit généralisé appelle notre engagement dans le combat pour la paix qui est dans lADN du PCF depuis sa création. Des Camarades rendent les textes alternatifs responsables de la division des communistes.Mais cette explication ne résiste pas à un examen sérieux de la situation. Il faut reconnaître que les directions sortantes nont jamais proposé un texte prenant vraiment en compte les préoccupations de la plus large majorité des adhérents. Si depuis 20 ans, autant de camarades écrivent, signent et votent pour des textes alternatifs, alors même que les conditions de dépôts de ces textes se sont durcies, cest bien parce quil y a réellement des désaccords importants entre communistes quant à la stratégie, désaccords qui se sont renforcés au fil de notre perte dinfluence jamais enrayée depuis 20 ans. Ces opinions différentes sexpriment dailleurs tout aussi vigoureusement dans les grandes consultations, comme celles organisée en 2007 quant à lavenir du PCF, ou bien concernant le choix du candidat à la présidentielle qui a profondément divisé le parti en 2011 et en 2016. En même temps, dans leur immense majorité les communistes considèrent que lexistence de leur parti, le PCF, est essentielle et sont capables dans leur diversité de se rassembler pour la préserver. Sil sagit avec un texte unique desquiver les débats nécessaires pour se mettre daccord sur le plus petit dénominateur commun, ou sil sagit de continuer ce que les derniers congrès ont engagé ou pire daller plus loin dans la métamorphose, cest inutile et inefficace. Mais sil sagit de dépasser la simple expression des différences pour aller vers une construction collective et ouverte prenant en compte les débats et les réflexions en cours, de dépasser le concept de majorité et de minorité, sil sagit de créer les conditions de la reconstruction dun grand parti communiste à la hauteur de laffrontement face au capitalisme mondialisé dans un monde multipolaire, cela mérite dêtre tenté . Il faut alors sortir des postures qui visent à renvoyer sur lautre la responsabilité des clivages et divisions et examiner avec le plus grand sérieux les conditions dune telle entreprise. Cest pourquoi, nous qui avons à plusieurs reprises dans les précédents congrès rédigé et déposé des textes alternatifs, nous voulons détailler en toute clarté les conditions qui nous semblent nécessaires pour une base de discussion commune à tous au prochain congrès qui pourrait alors devenir vraiment extraordinaire. contribution collective signée par : Caroline Andréani (93), Paul Barbazange (34), Michèle Bardot (67), Luc Bazin (26), Pascal Brula (69), Robert Brun (26), Floriane Benoît (38), Danielle Bleitrach (13), Marie-Christine Burricand (69), Peggy Cantate Fuyet (92), Aimé Couquet (34), Michel Dechamps (04), Marianne Dunlop (62), Jeannette Duriaux (71), Rémy Ferront (73), Hervé Fuyet (92), Gilles Gourlot (75), Christian Harquel (34), Hervé Hubert (75), Michaële Lafontant (92), Amandine Lampin (31), Armand Lecoq (31), Jean-Claude Linares (34), Anne Manauthon (06), Jean-Pierre Meyer (83), Pierre-Alain Millet (69), Leila Moussavian-Huppe (67), Willy Pepelnjak (38), Hervé Poly (62), Gilbert Remond (69), Eric Ruiz (27), Laurent Santoire (93), Danielle Trannoy (33), Bernard Trannoy (33), Serge Truscello (69), Pierre Viallet (34) _______________________________ Un congrès pour comprendre et ouvrir une nouvelle période historique du parti communiste. Ce Congrès extraordinaire a été convoqué à la demande des communistes à lissue des élections présidentielles et législatives qui signaient un nouvel affaiblissement de notre influence et de notre visibilité nationale. Avec lélection de Macron, le capital créait les conditions dun nouveau recul social et démocratique au service de sa domination. Le congrès doit donc permettre aux communistes danalyser les raisons de la situation du parti, létat de la société française et du monde et de prendre les premières décisions permettant la reconquête de notre influence et le renforcement de notre organisation. Des questions doivent absolument être mises en débat et des décisions nouvelles prises pour mobiliser et unir les communistes autour de laffirmation de lutilité dun grand parti communiste à reconstruire. Nous soulignons les trois points qui nous paraissent essentiels. Le bilan stratégique Lexigence dun bilan approfondi est largement partagé par les communistes. Pour éviter de se limiter aux questions électorales, nous proposons de partir du 30ème congrès de Martigues. En effet, à la fin des années 90, les communistes ont été confrontés à la défaite des pays socialistes, résumée dans lexpression « la chute du mur de Berlin ». La criminalisation du communisme a alors atteint son apogée. Dans ces conditions difficiles, le PCF a cherché à élaborer des réponses qui le différencient de lexpérience du socialisme, réponses significatives dune rupture avec lhistoire communiste du 20ème siècle. Lobjectif annoncé était de construire un nouveau Parti communiste pour un nouvel âge du communisme. La notion de dépassement du capitalisme par un processus de conquêtes et de transformations déjà en uvre dans la société sest substituée à la priorité donnée jusqualors à la conquête du pouvoir. Le communisme est devenu une visée et un mouvement qui commence ici et maintenant, ce qui a conduit à effacer le rôle de lÉtat et létape que nous nommions jusqualors socialisme, alors même que plusieurs pays continuaient à le faire vivre (Chine, Vietnam, Cuba...) ou en réinventaient lactualité historique (Venezuela, Bolivie...). La primauté de ladhérent devait remplacer le centralisme démocratique tandis que les cellules étaient effacées comme structures souveraines, les attentes, les motivations et la liberté dengagement des communistes devaient être au centre de ce nouveau parti. Il fallait expérimenter. Les premières thèses concernant un changement de nom du Parti ainsi que sa possible intégration dans une grande force de gauche sont apparues. Les débats ont été vifs, de nombreux camarades ont quitté le PCF ou se sont mis en retrait de son activité. Dans le même temps, la diversité des opinions a été reconnue dans les nouveaux statuts du PCF ; Des possibilités dexpressions ont été données à cette diversité au travers des textes alternatifs et des grandes consultations, sans que les communistes se sentent pour autant mieux entendus par la direction nationale. Ce congrès doit permettre aux communistes dévaluer les choix stratégiques pris au 30éme congrès, les différentes expérimentations, les transformations du PCF, les choix électoraux, le travail de la direction, cela au regard de linfluence présente du PCF dans la société française et de létat de notre organisation. Il nous appartiendra alors de décider si nous sommes en difficulté parce que nous navons pas bien mis en uvre notre stratégie et les décisions essentielles qui en ont découlé ou si ce sont cette stratégie et ces décisions qui nous ont mis en difficulté et nous ont empêchés douvrir une alternative révolutionnaire en France ces 20 dernières années. Dans ce cas, il faudrait changer clairement dorientation politique. Analyser la société française et le monde en marxiste Le besoin danalyser plus précisément la société française et létat du monde sexprime très largement dans le PCF. Cette exigence concerne particulièrement le monde du travail, les mouvements sociaux, la situation des femmes, les rapports de force internationaux, les mouvements migratoires, notre appréciation sur les pays dirigés par des communistes comme la Chine, le Vietnam, Cuba. Concernant le monde du travail, nous avons de nombreuses analyses sur les transformations du capitalisme, ses formes étendues de mondialisation, la marchandisation de toutes les ressources naturelles et activités humaines, la mise en concurrence renforcée des travailleurs, la « fin des grandes usines » et la désindustrialisation en France, la « tertiarisation des métiers », la place du numérique
Mais ces analyses ne nous ont pas permis dintervenir efficacement pour reconstruire le PCF chez les ouvriers et les employés. IL est urgent de penser pour agir. Etre marxiste aujourdhui, cest avoir le courage de penser à contre courant, de dire que la conscience de classe doit être restituée à la classe ouvrière, cest analyser et travailler au cur des contradictions. Cest en 1979 que notre parti a décidé de renoncer au marxisme léninisme pour « une vue plus évolutive et plus active sur les problèmes du socialisme scientifique qui a conduit, tout en soulignant lapport premier, essentiel de Marx et Engels, les développements considérables de Lénine, à renoncer à la formule marxisme-léninisme » . Que reste-il aujourdhui de cette affirmation, sinon une grande difficulté à penser le monde, la société est ses contradictions et à résister aux apparences. Cest pourquoi nous proposons que le prochain congrès décide de faire de la théorie marxiste la référence philosophique du PCF. Nous considérons par ailleurs que le débat doit sengager sur lapport toujours actuel du léninisme à la théorie et laction révolutionnaires. Des décisions immédiates pour permettre la visibilité et lidentification du PCF, rompre avec leffacement Le congrès ne peut se préparer en dehors de la situation politique, des luttes et de la bataille pour briser le consensus gauche-droite macroniste, ce qui suppose daffirmer clairement que nous navons aucune nostalgie dune gauche et des formes dunion de la gauche qui ont échoué Il y a des batailles en phase avec les aspirations sur le logement, la santé et la sécurité sociale, les services publics, dont bien entendu le rail et la SNCF, les retraites avec la colère qui monte chez les retraités. La préparation du congrès doit être loccasion de montrer notre capacité à expliquer la guerre que mène le capital contre nos droits et les services publics, de montrer la réalité de la vague de privatisations forcenées au profit dune oligarchie qui ne cherche que la rentabilité de certains secteurs des services publics, ce qui permet de montrer à quel point cette orientation a été engagée dès 1986, malheureusement par la gauche plurielle des années 2000 à laquelle nous avons participé. Notre congrès doit aider à faire réapparaître les enjeux de classes et laffrontement capital/travail derrière des réformes qui sont incapables de résoudre les problèmes que le pouvoir met en avant, dette, inefficacité, et donc notre place résolue comme force politique du monde du travail contre ceux qui ne vivent que du travail des autres. Nous ne pouvons marquer des points sur ces questions décisives en nous effaçant derrière des compromis électoraux, qui plus est difficiles et démobilisateurs pour les militants. Si nous naffirmons pas que notre parti a de lavenir, quil peut exister par lui-même, être utile aux militants, au monde du travail, personne ne le fera pour nous et ceux qui auraient besoin de notre parti en concluront que ce nest pas possible. Cest pourquoi nous devons mettre en débat dans le texte de congrès le principe dune liste ouverte présentée et conduite par le PCF aux élections européennes. Travaillons à une démarche partagée avec les autres partis communistes européens, notamment le PCP. Ancrons notre bataille dans les luttes contre les directives européennes du rail, de lénergie, du numérique, de la santé...Dans tous les cas, ne recommençons pas les manuvres des présidentielles avec les uns et les autres, cest le congrès qui doit décider de la composition de notre liste et du contenu de sa bataille. De même, nous devons tout de suite mettre en débat dans le texte de congrès le principe dune candidature communiste à la présidentielle, à partir du bilan de nos résultats de 2012 et 2017 et du choix stratégique de Jean-Luc Mélenchon de construire sa propre force politique. Le bilan électoral des stratégies dites de rassemblement est terrible et se traduit par un affaiblissement sans précédent de notre parti en élus et en forces organisées. Loin de rassembler, elles ont provoqué lémiettement et ouvert la voie aux luttes de places et aux tactiques dappareil. Le congrès doit ouvrir le débat en grand sur ce constat et réinterroger le lien entre nécessité de lorganisation du parti, et donc de la bataille pour le faire connaître, le renforcer, les élections étant des moments importants de la vie politique, même si ce ne sont pas les seuls. Nous devons mettre en débat une candidature portée par le PCF en 2022 dès maintenant et prendre les décisions nécessaires pour le préparer. Au plan international, le PCF doit renouer avec les partis communistes et mener une grande bataille pour la sortie de lOTAN et la Paix. Le combat contre la guerre est dans les gènes du PCF depuis sa création.
_______________________________ Que les bouches souvrent ! Au delà de ces trois points de débats essentiels, nous proposons que sur la base du bilan stratégique, le congrès extraordinaire lance une discussion sans tabou sur les questions qui font débat depuis plusieurs années. Nous citons ci-dessous les thèmes qui nous paraissent essentiels et sur lesquels nous donnons notre opinion comme un élément du débat qui doit souvrir. LUnion européenne et la Nation Le choix dinscrire la contestation des politiques européennes dans le cadre dune « Europe sociale » à construire fait discuter depuis plusieurs congrès. De notre point de vue, cest une divergence insuffisamment débattue et argumentée. La grande majorité du peuple ne fait avec raison aucune confiance aux institutions de lUnion Européenne. Quand il sagit de la France nous affirmons la nécessité dune autre république, nous mettons en cause les institutions telles quelles sont. Mais quand il sagit de lEurope, nous donnons limpression dêtre enfermés dans le cadre contraint des traités existants. Or, ces traités imposent une véritable dictature capitaliste et lexpérience grecque montre quil est impossible de sortir de laustérité en respectant les directives européennes. Il faut évidemment combattre lillusion dun repli nationaliste faussement protecteur, ou pire dune affirmation nationale dans la guerre économique, et toujours dénoncer le rôle du capitalisme français dans la mondialisation.Mais il est devenu impossible de ne pas dire comment nous résisterons aux institutions européennes, sans attendre limpossible « Europe sociale ». Toutes les révolutions se sont déroulées dans un cadre national et cest a partir du cadre national que nous pouvons engager le dépassement des institutions européennes dans leur forme actuelle pour engager la construction de nouvelles solidarités et coopérations. On ne peut aborder la question européenne et même la question dune politique de relance volontariste dans plusieurs pays sans poser la question de la maîtrise de loutil monétaire et du crédit. Ouvrons sans tabou le débat sur la monnaie unique avec lobjectif dimaginer des alternatives possibles à leuro dans notre congrès. Ouvrons en grand les débats sur lEurope, mais aussi la méditerranée, et plus globalement le monde
à partir dune réelle ambition de réinventer les coopérations et échanges internationaux. Nous devons à la fois affirmer une conception du monde rejetant toute domination néocoloniale, tout impérialisme, et expliquer le rôle que nous proposons pour une France progressiste affirmant, en Europe et ailleurs, ses choix en ruptures avec la « concurrence libre et non faussée ». Union européenne, euro
cest au congrès de sen emparer pour permettre aux communistes de décider ! Définition de la classe ouvrière Il y a 40 ans, le PCF se présentait comme le parti dune théorie, le marxisme, et dune classe sociale, la classe ouvrière. Cela ne constituait pas un obstacle dans sa recherche de la confrontation didées la plus large et dalliances dans toutes les couches de la société. Les transformations du travail, de lorganisation des entreprises, la « tertiarisation », l« externalisation » dans un cadre général de désindustrialisation et de spécialisation de la France dans la mondialisation capitaliste a conduit à de nombreuses réflexions sur la place du travail, de la production, de la classe ouvrière. Cela a conduit parfois à considérer quil ny avait plus de classes sociales au sens politique, mélangées dans le mouvement des 99% qui ne sont pas profiteurs directs du capitalisme, et qui, selon certains, constituent un « peuple » qui serait lacteur nécessaire des révolutions. Pourtant, les contradictions sociales existent bien à lintérieur de ces 99%, entre les zones urbaines et rurales, les précaires et les statutaires, la production et les services, les entreprises locales et celles mondialisées... Les analyses électorales ont montré la permanence de comportements politiques marqués par la proximité avec la classe ouvrière, que ce soit pour le NON de 2005 ou dans la comparaison entre le vote Mélenchon et le vote communiste historique. Le parti communiste a besoin dun enracinement sociologique clair. Face au capitalisme et à tous ses profiteurs et acteurs, il doit être reconnu et identifié par ceux qui sont au cur des contradictions entre le capital et le travail. Cest urgent pour reconstruire notre organisation dans ce quest le « prolétariat » du XXIème siècle... Classe ouvrière et rassemblement populaire Depuis toujours, lenracinement « ouvrier » du parti communiste est une bataille, et elle est dautant plus urgente que nous avons profondément reculé depuis 30 ans. Cette bataille a toujours été conduite de pair avec la recherche dalliances permettant la constitution dun large rassemblement populaire, que nous espérions « majoritaire ». Il y a toujours eu débat sur les rapports entre cette notion de « rassemblement populaire majoritaire », notion dabord ancrée dans les réalités sociales, les luttes, le terrain, et « lunion de la gauche », notion dabord politique, électorale, renvoyant aux accords entre organisations politiques. Malheureusement, la question du lien entre rassemblement populaire et batailles électorales a été tranchée par le choix stratégique du Programme commun, qui sest terminé par un échec douloureux pour les communistes. Ce choix dun rassemblement dominé par des formes dunion politique électorale est resté la matrice du Front de Gauche, et reste le cadre stratégique de Jean-Luc Mélenchon. Nous devons ouvrir en grand le chantier du rassemblement populaire dans les conditions actuelles, avec une approche renouvelée de lunité populaire construite dabord pour permettre de renverser le rapport de forces entre capital et travail dans les luttes de classe. Construisons une approche renouvelée du lien entre batailles sociales et batailles politiques, entre luttes et élections, sans jamais subordonner les luttes aux échéances électorales. Conquête du pouvoir, rôle de lÉtat pour permettre les transformations sociales et démocratiques A lorigine, les communistes considéraient que labolition du capitalisme, et donc la révolution, ne pouvait être que mondiale, puisque le capitalisme était lui-même mondialisé
La révolution russe a du se confronter à « la révolution dans un seul pays », et le 20eme siècle nous a montré que toutes les révolutions se déroulent dans un cadre national et en sont profondément marquées (de Cuba à la Chine...). La conséquence est que létat a joué partout un rôle central dans la construction du socialisme, toujours confronté à la domination du capitalisme mondialisé. Cela conduit létat socialiste à utiliser le capitalisme, en interne (NEP
) et dans léchange avec le capitalisme dominant (Chine), ce qui correspond à la définition de Marx du socialisme comme une phase de transition entre le capitalisme et le communisme, marquée par des luttes de classes. Leffondrement soviétique a interrogé ce modèle étatique du socialisme et conduit certains à chercher dans le mouvement social un « communisme déjà là » quil faudrait aider à grandir, dans un dépérissement anticipé de létat, rejoignant les approches écologistes de « lagir local ». Avec la mutation, le PCF sest complètement engagé dans lidée quon pouvait marquer des points en pesant pour une politique plus progressiste, même dans un rapport de force défavorable, même dirigé par le parti socialiste dans un pays capitaliste mondialisé. Cela conduit à privilégier des accords électoraux quelque soit leur contenu réel de rupture politique. En quelque sorte, la « révolution », la « prise du pouvoir », nétaient plus nécessaires à la rupture politique. Avec la recomposition politique macroniste construite sur léchec historique de la gauche, cette stratégie ne peut être poursuivie. Dautant que lexpérience montre que les luttes de classes sont dures même lorsque le pouvoir détat est conquis, le capitalisme nayant pas disparu. Le coup de force de lUnion Européenne contre le peuple grec, tout comme la violence des milices fascisantes contre le pouvoir Vénézuelien nous rappelle que le capitalisme ne recule jamais tout seul ! De même, le contenu de lutte de classe dans la relation entre létat chinois et le capitalisme est un enjeu historique. Le rôle de létat dans le changement de société et donc les conditions de la conquête du pouvoir détat sont une question essentielle de la reconstruction dun parti communiste. Notre programme pour transformer le réel. Nationalisation, appropriation collective des moyens de production Nous proposons un programme de revendications économiques immédiates pour faire reculer la misère et la souffrance populaire et instaurer plus de justice, créer les conditions dune transformation révolutionnaire de la société. Ce programme doit être un outil pour notre identification par la classe ouvrière et ceux qui ont intérêt au changement de société. Nationalisation/socialisation des secteurs bancaires, financiers et assurances, des secteurs de la production vitaux pour le pays et de la grande distribution. Renationalisation immédiate dEDF-GDF, de la SNCF (avec réunification), de la Poste, de France Télécom et dAir France. Plan de réindustrialisation avec la création de plusieurs pôles publics industriels Plan de développement des services publics, en priorité école, santé, transports et poste, avec les embauches statutaires nécessaires. Remise en cause fondamentale de la dette publique. Interdiction des licenciements et des délocalisations et appropriation par les salariés avec le concours de la force publique, des entreprises désertées ou bradées par leurs actionnaires. Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires avec intégration dans le temps de travail dun temps de formation pour tous Rétablissement dune indexation des salaires sur linflation, blocage des prix des produits de première nécessité. Création dun grand service public de la formation continue permettant de proposer à tous les salariés des démarches de qualification, au service de linnovation et la qualité au travail. Augmentation significatives des salaires, des pensions et minima sociaux. Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein et départ dès 55 ans pour la pénibilité. Reconquête de la Sécurité Sociale financée par la plus-value générée par le travail la taxation du capital, gérée démocratiquement par des représentants élus des assurés sociaux. Blocage des prix des produits de première nécessité. Construction de logements sociaux à hauteur des besoins, blocage des loyers et interdiction des saisies et expulsions pour les familles en difficulté. Non-application des directives et traités européens, remise en question de la monnaie unique et des pouvoirs de la BCE Sortie de lOTAN et de lalliance atlantique, refus de toute intervention militaire de la France dans un pays souverain. Une direction nationale en prise avec les réalités sociales pour reconstruire le Parti Communiste Lexécutif national et notre secrétaire Pierre Laurent sont confrontées à une réelle crise de confiance.Lobstination à défendre la primaire de gauche contre lavis des communistes à la présidentielle, le soutien de dernière minute à la candidature de Mélenchon lors de la conférence nationale de 2016, le refus daller au bilan stratégique et personnel, la répétition du scénario des présidentielles concernant la liste aux européennes...nous ne voulons pas revivre de telles situations qui ont contribué à affaiblir et discréditer le PCF. Il ne suffit pas de changer de direction pour changer de stratégie mais le bilan stratégique doit aussi conduire à lexamen critique du travail de la direction. Nous pensons essentiels que la direction du PCF sancre dans la classe ouvrière daujourdhui et soit porteuse des grandes batailles populaires et sociales. Plusieurs études sociologiques sur le parti nous alertent. Très peu de nos dirigeants viennent de lindustrie.. Nous avons de moins en moins de dirigeants issus des entreprises, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Dans la période actuelle, où des mouvements de lutte et de résistance se multiplient entreprises, universités, quartiers populaires, etc. nous avons besoin dune campagne très ouverte dadhésions dans les luttes et les entreprises, en leur donnant toute leur place dans lorganisation qui doit se structurer sur le terrain avec les cellules et les sections.
_______________________________ Organiser, Unir pour faire grandir le mouvement populaire ! Pour un congrès communiste de la reconstruction ! Macron est bien le président des riches, sans soutien populaire, mais avec la force du capitalisme mondialisé, des ses propriétaires de médias et de ses institutions européennes. Avec le large soutien aux cheminots en grève, comme la multiplication des résistances, le mouvement populaire fait lexpérience du niveau dintervention nécessaire pour faire reculer un gouvernement. Lenjeu est den finir avec une longue période de reculs et de défaites. Le renforcement du mouvement nécessite un immense effort dorganisation, dunité, de cohérence des luttes. Il a besoin de la perspective dun changement de société. Il a besoin dune bataille communiste. Cest lenjeu du prochain congrès du parti communiste, pour lequel une période de contribution est ouverte. Soutenez la contribution portant sur "les conditions de lunité des communistes" !
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| Posté le 13-05-2018 à 22:55:26
| Une contribution : ..."Je retiens particulièrement « Analyser la société française et le monde en marxiste » et « le débat doit sengager sur lapport toujours actuel du léninisme à la théorie et laction révolutionnaires. » Ladhésion aux principes du marxisme-léninisme constitue la condition de lunité des communistes, non seulement au sein du PCF mais parmi les communistes, les groupes qui sen revendiquent et tous ceux qui aspirent au socialisme. La méthode matérialiste-dialectique devrait nous aider à définir les contradictions essentielles de notre société pour mieux cerner les revendications immédiates, et résoudre ces contradictions par la révolution. Outre la contradiction fondamentale entre prolétaires et capitalistes, certains sujets méritent une étude à partir des faits. Le « programme de revendications économiques immédiates» - qui nest pas exclusivement économique dailleurs - apporte des éléments. Il faut préciser que les nationalisations ne sont pas en elles-mêmes des mesures socialistes, comme lindiquait le PCF après la Libération, ni un marchepied vers le socialisme comme notre expérience la montré. > Sans prétendre faire le tour de la question, la sous-traitance est un des nuds de lexploitation capitaliste et de lunité des prolétaires. La question agricole mérite aussi davantage dattention de notre part sous langle des contradictions entre producteurs, industrie agricole et alimentaire et grande distribution. Lopposition ville-campagne devient préoccupante elle aussi, de même que les ghettos urbains. Ces sujets comme loppression spécifique des femmes ne devraient pas être considérés comme des « sujets de société », mais en relation avec la contradiction principale entre bourgeoisie et prolétariat, avec lunité de la classe ouvrière et lunité dun front uni anti monopoliste, qui est lantithèse même dune unité électoraliste avec la social-démocratie. Dautre part les luttes de classes ont montré lors de la « loi travail » la nécessité de lautodéfense ouvrière. Ceci est directement en lien avec la prise du pouvoir. > Sur le plan international, il est indispensable de rappeler avec netteté que lennemi fondamental des peuples et des nations, le principal fauteur de guerre dans le monde, est lhégémonisme US, et ceci indépendamment de son personnel politique. Sans prendre la défense chauvine des monopoles français, qui restent notre adversaire immédiat, nous devrions remuer le couteau dans les contradictions entre eux et ceux des USA. Sur ce point il faudrait examiner loppression exercée par les monopoles français en Europe et renforcer nos rapports avec les peuples et prolétariats européens. Il est dailleurs étonnant que le terme « impérialisme » napparaisse nulle part dans ces contributions. La lutte pour la paix nest quun aspect de la lutte contre lui. Si nous nen parlons pas qui le fera ? > Enfin la destruction de lEtat bourgeois et la société socialiste devrait être davantage anticipés dans nos objectifs politiques. La démocratie bourgeoise et ses institutions sont en décomposition. Les chambres sont devenues une caricature de démocratie et il est hors de question de les restaurer comme le prévoit la 6e République de Mélenchon. Il faut inventer une nouvelle démocratie, dont les organismes naîtront certainement dans les luttes des masses, mais que nous devrions aussi impulser. On peut certainement sinspirer de la Commune de Paris ou dautres expériences dans le monde. Par exemple les députés chinois exercent toujours leur profession. Mais les nouvelles technologies nous imposent aussi une réflexion sur le-démocratie. Cette démocratie sera inséparable de la dictature contre les classes exploiteuses et les monopoles bourgeois de propagande, et de la répression de toute forme de contre-révolution après la prise du pouvoir. Le débat dans le PCF tolère et jusquà un certain point - la « diversité ». Les contributions se revendiquent de cette « altérité », du droit à la différence. Entre nous la nature de ces différences doit être mise à jour. Ce ne sont pas des versions diverses du programme communiste, cest lopposition entre communisme et anticommunisme dans la lutte des idées. La lutte contre la direction révisionniste du PCF et pour le renouveau du parti communiste pourrait utiliser le matérialisme historique, lhistoire des luttes idéologiques et politiques dans la création des partis communistes. Lhistoire du PCbUS rédigée par Staline : http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Staline_Histoire_du_PC_Bolchevik_de_l_URSS.pdf ou bien http://www.d-meeus.be/marxisme/histPCbURSS/histPCbURSSintro.html est instructive dans ses quatre premiers chapitres notamment. Bien quil soit toujours surprenant de voir à quel point lhistoire du réformisme bégaie, il ne sagit pas de procéder par analogie ni de calquer les similitudes, mais de définir la nature de la contradiction entre la ligne communiste au sein du PCF et la ligne révisionniste « liquidatrice », et la meilleure méthode à suivre pour la reconstruction du parti communiste." ...
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| Posté le 09-06-2018 à 23:40:05
| | Retour sur le "démocratie avancée" Gilbert Remond met en ligne ce texte de Loukianos Stathopoulos À propos du concept de "DÉMOCRATIE AVANCÉE" M.E.L. Source: Pelo Socialismo ( Parte ) "Généralement, le concept de démocratie est utilisé pour désigner une forme de régime politique du système capitaliste, où il y a un droit de vote, un certain degré (grade) de liberté d'expression, d'organisation, de manifestation, mais où le pouvoir d'Etat au service des monopoles est déjà assurée - ce n'est que la démocratie bourgeoise, ou la dictature de la bourgeoisie, une minorité, sur la plupart des producteurs. La démocratie prolétarienne s'appelle la dictature du prolétariat, c'est-à-dire que les travailleurs et leurs alliés exercent le pouvoir à travers l'État prolétarien, gouvernent pour la grande majorité et répriment les exploiteurs et les oppresseurs de leur classe. Ce n'est pas dans le cadre de la légalité déterminée par la bourgeoisie que l'on peut passer de l'un à l'autre: il faut employer la force organisée de la classe ouvrière et de ses alliés. Donc c'est très important de clarifier le concept de «démocratie avancée». Si elle n'implique pas un changement de la classe au pouvoir, si elle n'implique pas la modification des rapports de production dans la société, elle ne peut être considéré plus que une réforme du système capitaliste et non comme le dépassement du capitalisme. Lénine se réfère ainsi à cette question: «Sauf pour se moquer du bon sens et de l'histoire, il est clair qu'on ne peut parler de «démocratie pure» tant qu'il y a des classes différentes, on ne peut parler que de démocratie de classe. [...] "La démocratie pure" est une expression libérale mensongère qui cherche à tromper les travailleurs. L'histoire connaît la démocratie bourgeoise, qui doit remplacer le féodalisme, et la démocratie prolétarienne, qui doit remplacer la bourgeoisie " .
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| Posté le 28-06-2018 à 22:16:31
| Le réseau faire vivre publie un bilan sur son activité principalement électorale depuis 2002. Il s'agit d'une description factuelle signifiant le hiatus entre réformisme et ligne révolutionnaire. Toutefois l'électoralisme n'est pas dénoncé clairement sauf sous la forme de "processus dalliance électorale". La cause ultime est surtout désignée comme la chute de l'URSS, mais les causes internes à notre pays et au PCF n'apparaissent pas. Par contre l'ensemble du document de "base commune" mérite une étude attentive afin de poursuivre des débats en vue de l'unité et de la reconstitution du parti communiste : http://manifestecommuniste2018.fr/I-Un-bilan-critique 38 EME CONGRÈS DU PCF, PROPOSITION DE BASE COMMUNE POUR UN MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE DU 21ÈME SIÈCLE Le texte issu du Conseil National na été voté que par 49 de ses membres sur 91 votants et 168 membres. Lunité des communistes exige un texte beaucoup plus audacieux, cohérent et clair, pour un congrès vraiment extraordinaire. Cest pourquoi, dans notre diversité et pour sortir le PCF de leffacement et de limmobilisme, nous proposons une autre base commune de discussion. Pour rassembler elle propose des réponses pour fonder un véritable débat sur les questions de fond (bilan, orientation nouvelle, changement de direction) très mal traitées dans le texte proposé par la direction. Après le vote des 4 au 6 octobre, ce texte de base commune, sil est adopté, sera amendé jusquau congrès. Préambule Notre 38eme Congrès est vital. Au mois de juin 2017, les communistes décidaient, à lissue de la séquence électorale des présidentielles et des législatives, de convoquer un congrès extraordinaire. Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au cur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir linfluence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps. Cest au parti communiste, français et internationaliste, dassumer cette ambition face à la force du capital qui se pare des atours de la modernité, face à la profondeur de sa crise systémique, mais aussi face à lattraction des idées réformistes de conciliation, comme de celles nationalistes et xénophobes désignant des boucs émissaires. Cest dautant plus nécessaire que Macron et son gouvernement mettent à profit la confusion politique et labsence dalternative progressiste crédible pour conduire à marche forcée la destruction du modèle social français. Ils cherchent à faire de la France, à côté de lAllemagne, le second pilier dune Europe au service du capital, des marchés financiers et de lordre mondial dont ils ont besoin. Macron prétend que ses options sont les seules à même darracher la France et lEurope à la crise très profonde dun système capitaliste quil entend sauver. En réalité cette politique va accentuer les vulnérabilités de la France et les fractures sociales dans un monde en crise alors que se prépare une nouvelle aggravation des difficultés mondiales, plus brutale que la crise de 2007-2008 dont les forces du capital nont voulu retenir aucune leçon. Après une période dobservation, des luttes importantes se développent. Elles concernent les bases même du modèle social français, dont elles cherchent un nouveau développement : services et entreprises publiques, exigences dégalité, notamment entre femmes et hommes, refus du déclassement et des discriminations, égalité des territoires et enjeux écologiques, la protection sociale et son mode de financement à partir des richesse produites, lemploi, sa sécurité et sa promotion, laugmentation des salaires, toutes les batailles sur léducation et la formation, les droits et pouvoirs des salariés sur les lieux de travail. Il ny a jamais eu autant besoin de révolution, didées et de luttes révolutionnaires ; dun parti et dun projet communistespour permettre au mouvement populaire de sélargir et de se renforcer jusquà contraindre le gouvernement à des reculs, imposer de nouvelles conquêtes, ouvrir une issue politique. Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à toutes les récupérations nationalistes, populistes, xénophobes, racistes ou antisémites. Quel défi pour le Parti communiste français ! Mais après son effacement en 2017 et son résultat désastreux aux législatives, son pronostic vital est engagé. Tout cela constitue un électrochoc. Cest pour cela que les adhérents ont voulu un Congrès extraordinaire pour une réorientation stratégique, une mobilisation nouvelle dans laction et le développement dune ambition communiste. Un bilan stratégique et organisationnel est nécessaire pour permettre un débat sans tabou et des décisions audacieuses. Nous considérons que la proposition de base commune votée le 3 juin (par 49 voix sur 91 votants et 168 membres du CN) ne répond pas aux exigences du débat, pas plus quelle ne permet danalyser précisément la situation du monde et celle de notre parti. Se refusant à formuler clairement les termes du débat, elle ne permet ni la discussion sur la réorientation et les changements que les communistes sont si nombreux à penser nécessaires, ni la prise dinitiatives par celles et ceux qui aspirent à changer lordre existant. Ce nest pas dun collage doptions et de synthèses habiles que notre Parti a besoin pour construire une unité réelle et agissante des communistes. Nous proposons une base commune qui permette de répondre à cette question essentielle : Faut-il continuer dans leffacement, dans une pratique du coup par coup, dans une stratégie illisible, et dans le manque dambition et dincarnation ? Ou construisons-nous collectivement la voie dun renouvellement politique profond de notre organisation, à même de renforcer notre influence et notre place au sein dun rassemblement efficace pour notre peuple ? Pour le débat le plus conséquent des communistes et des choix clairs, cette proposition de base commune entend apporter des éléments de réponse précis aux questions centrales suivantes, en les conjuguant à lambition dun nouvel internationalisme : nos difficultés actuelles résultent-elles dune mauvaise mise en uvre des choix faits depuis une vingtaine dannées, ou bien ces choix mêmes sont-ils à remettre en question ? quel bilan faisons-nous aux plans stratégique, organisationnel et électoral ? Quel bilan de lactivité de la direction nationale ? quelle place du marxisme vivant pour armer le combat et pour la confrontation didées à tous les niveaux ? une réorientation stratégique est-elle nécessaire ou suffit-il de chercher à mieux tenir le même cap sous lappellation « nouveau front social et politique » ? faut-il se résigner, aux élections européennes, à un nouvel effacement du parti et de ses idées au nom du rassemblement derrière une possible tête de liste issue dune autre formation politique ? Ne sagit-il pas plutôt de construire une liste de large rassemblement initiée et conduite par le PCF ? comment définir lobjectif du communisme, les voies et moyens de latteindre ? Quelle dialectique nécessaire entre nos propositions, les luttes immédiates, les étapes indispensables et la visée communiste qui se construit dans ce mouvement tout en léclairant ? un changement profond de la direction nationale est-il nécessaire ? Quel engagement des dirigeants pour un effort de réorientation des idées, de la pratique et de laction ? Lheure est critique pour notre force politique, et par conséquent, pour sa capacité à servir efficacement dans lavenir les intérêts populaires et de classe. Nous ne nous résignons pas à lidée que le congrès extraordinaire puisse sombrer dans les habitudes, les redites et le refus des remises en cause. Nous voulons sortir le PCF de la spirale de leffacement et de laffaiblissement. Nous partageons cette conviction quil ne peut y avoir de transformation révolutionnaire sans un parti communiste fort et influent, porteur de cette ambition. Nous partageons la nécessité dun renouvellement de notre organisation et dune relance ambitieuse de notre travail politique, étroitement liés à la mise en dynamique nationale de nos militants. Ce sont ces enjeux prioritaires qui nous réunissent et nous rassemblent. Cest pourquoi, dans la diversité de nos analyses et réflexions, nous proposons ce texte comme base commune pour la discussion du 38ème congrès du Parti communiste. Nous le mettons dès aujourdhui à la disposition de tous les communistes pour permettre le développement dactions transformatrices ambitieuses de notre Parti au lieu de la paralysie liée à la recherche de faux équilibres. Nous souhaitons que le plus grand nombre de militants sen saisisse, dans une recherche de convergence et dunité indispensables à la réussite dun congrès extraordinaire, redonnant demain à notre Parti sa pleine capacité daction à travers une perspective politique et stratégique claire. Nous la formulons en six chapitres : Un bilan critique Nos responsabilités face à la nouvelle phase de la crise du capitalisme et de la société, Le communisme de notre temps : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et dunité populaires, Pour un parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire. I. Un bilan critique Un bilan critique est nécessaire pour une évaluation des causes de la situation actuelle du parti et une redéfinition densemble de notre démarche stratégique. Les échecs successifs sont dans toutes les mémoires : 2002 : notre effacement politique dans la « gauche plurielle » au lieu dune action autonome sur les idées et dans les luttes conduit à léchec à lélection présidentielle ; 2007 : notre immersion dans les "comités anti-libéraux", alors que nous aurions dû prendre létendard du rassemblement avec nos propositions de fond dès le lendemain du référendum de 2005, débouche sur un nouvel effondrement de notre résultat à la présidentielle. 2007-2008 : les communistes refusent majoritairement, lors de lassemblée extraordinaire des délégués de section, une dilution du parti au sein dune « nouvelle force politique ». La crise de 2007-2008 ouvre un champ nouveau à lapport didées et à laction des communistes. Le 34eme Congrès confirme la volonté majoritaire de continuer le PCF et de développer ses idées. Mais la direction privilégie peu à peu, au détriment de la promotion de nos idées pour laction et pour une remontée de linfluence du parti, une conception du Front de gauche comme processus dalliance électorale et de rapprochement avec J.-L. Mélenchon. Celui-ci a certes quitté le PS mais en affichant son attachement à François Mitterrand. Il ne cache pas son objectif : fusionner au sein dune nouvelle formation sociale-démocrate les composantes du Front de gauche, dans la confusion entre réformistes et révolutionnaires. 2012, le Front de gauche, niant notre idée de « fronts de luttes », tend à se transformer en machine électorale dun candidat, promu par le sommet du Parti afin de « ne pas recommencer 2007 » ; il a pourtant ouvert un espoir de changement et poussé le PS à bouger jusquau fameux « mon ennemi cest la finance ». Mais il na pas su offrir une alternative radicale et crédible à toute la gauche, son candidat portant de moins en moins ce qui dans Lhumain dabord était lapport original des communistes. 2012-2017 : le Parti communiste délègue la prise dinitiatives populaires à Jean-Luc Mélenchon. Hormis lamorce dune campagne sur le coût du capital vite abandonnée, notre parti sefface, malgré les efforts de ses militants sur le terrain : il laisse une place démesurée au PG sur ses listes aux élections successives (européennes, municipales, régionales) et limite son rôle à être un facilitateur de rencontres de sommet, sans bataille sur les contenus. 2017 : la décision du 37eme Congrès dengager un candidat communiste dans la perspective de la présidentielle nest pas respectée. Le champ est ouvert à Mélenchon. Malgré la forte demande dautonomie des communistes exprimée très majoritairement en conférence nationale, le PCF saligne derrière un candidat au discours de plus en plus populiste et agressif, voire nationaliste, qui préconise des solutions économiques social-démocrates. Et tout cela au prix dun gâchis inouï de moyens financiers et militants ! Dans ces conditions, après des reculs importants aux élections municipales et régionales, marquées par la perte de nombreux élus communistes, notre résultat aux législatives (2,72 % des exprimés) est le plus mauvais de notre histoire. En effet, la France Insoumise bénéficiant de lidentification nationale de son candidat à la présidentielle, la concurrence sest révélée mortifère pour nos candidats dans la très grande majorité des circonscriptions. Nous obtenons cependant 10 députés dont 5 élus dans le cadre des très rares accords de retrait de la FI au premier tour. Ces résultats ne traduisent pas laudience réelle du PCF dans le pays, ni les potentialités de reconquête de son influence. Mais ils sont un nouveau facteur daffaiblissement, de perte de visibilité nationale. Cet affaiblissement nest pas une fatalité. Il a pour cause principale des choix politiques initiés par nos principaux dirigeants et obstinément poursuivis malgré les alertes et les échecs. Ces erreurs ont un lien avec le doute qui sest installé sur le communisme après la disparition de lURSS, semblant consacrer un triomphe définitif du capitalisme. Les enseignements de cette tentative de révolution qui a ébranlé le monde mais a finalement été défaite, continuent de susciter des débats importants dans le mouvement communiste. Ce qui est certain, cest que la disparition de lURSS nous plaçait, dans les années 90, au défi dune analyse approfondie et du choix dune novation communiste. Au lieu de cela, les directions successives du PCF ont été gagnées par le renoncement, jusquà des choix qui ont déstabilisé et déstructuré notre Parti, jusquà labandon de la bataille à lentreprise et au brouillage du repérage de classe du Parti dans la société.
Edité le 28-06-2018 e 22:37:40 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 28-06-2018 à 22:30:36
| II. Relever les défis de la crise 1. Rassembler pour une issue à la crise du capitalisme financiarisé et mondialisé Alors quune nouvelle catastrophe sannonce, la crise du capitalisme nous place au défi de rassembler pour ouvrir une issue. En 2008, cest une suraccumulation de capitaux matériels et financiers qui est venue à éclater dans lensemble des pays capitalistes développés. Après le krach de 2000-2001, les États et les institutions internationales ont été mobilisés pour sauver le capital et accroître la rentabilité financière : largent des profits, des fonds publics et du crédit a servi à alimenter la flambée des cours et des investissements ; les technologies numériques, génératrices déconomies massives de travail humain, ont été monopolisées par les multinationales La suraccumulation des capitaux a ainsi été relancée, et a débouché sur la crise financière de 2008-2009. Résultats : un chômage et une surexploitation des travailleurs fortement aggravés, une insuffisance accrue des débouchés amplifiant la guerre économique mondiale, le prélèvement de monstrueuses rentes néocoloniales sur les peuples des pays les moins développés et des risques multipliés daffrontements armés. Cette crise a déstabilisé les schémas intellectuels dominants et mis en cause la légitimité du système capitaliste. Lidée quil est nécessaire de rompre avec ce système peut grandir : encore faut-il dessiner les chemins dune telle rupture. À droite comme chez les socialistes, la réponse à la crise du système a été daccroître lintervention publique en faveur des profits et dun marché prétendument « régulé ». Pour sortir de la crise, il aurait fallu au contraire une nouvelle intervention publique pour mettre largent, les richesses produites et la monnaie créée, au service non pas de laugmentation de la rentabilité, mais du développement de chacun et de tous, dans le respect de la planète. Lurgence était de faire reculer la domination du capitalisme mondialisé en faisant progresser, dans les luttes, dans les urnes et dans les institutions, lexigence dautres règles, dautres critères, et en particulier, de pouvoirs décisionnels nouveaux pour les travailleurs sur tous les choix dinvestissement. Ce défi na pas été relevé. La domination des idées de concurrence pour le profit a persisté. La domination des idées social-démocrates sur toute la gauche, insuffisamment combattue, a persisté elle aussi. Tout cela a ouvert la voie à une réaction néolibérale, ultra-réactionnaire et autoritaire ainsi quaux populistes qui ont rajouté au désarroi et à la confusion. Les contradictions entre la logique du capital et les besoins de développement humain nouveaux ont ainsi été accentuées. Avec la révolution numérique et informationnelle, une nouvelle efficacité économique, fondée sur le partage des informations, devient possible. Les aspirations aux savoirs et à la créativité sont de plus en plus vives et partagées ; la place nouvelle des connaissances dans la société ouvre des possibilités inédites démancipation ; mais les multinationales utilisent les gains de productivité pour faire baisser le « coût du travail », précariser les emplois, soumettre les formations à leurs exigences de rentabilité. Les salariés dont lemploi est supprimé sont rejetés dans le chômage. La révolution démographique, avec laugmentation de lespérance de vie, la possibilité pour les femmes de maîtriser la procréation, les nouvelles relations qui sinstaurent dans les couples et dans les familles, est porteuse de libertés nouvelles, mais le capitalisme lutilise pour marchandiser lensemble des temps de la vie. Enfin, lhumanité a aujourdhui le pouvoir de menacer sa niche écologique : la planète. Lexigence dexpansion du capital ne permet plus de préserver notre environnement et met en danger lespèce humaine. Nous devons développer en grand le chantier de la compréhension marxiste de ces transformations et de la conquête par les travailleurs et les peuples de leur maîtrise sociale et démocratique. Lun des effets les plus sensibles de la crise est laggravation sans précédent des inégalités, au point que se développent des batailles nouvelles pour légalité et la solidarité. 2. La revendication dégalité entre les femmes et les hommes : un mouvement mondial sans précédent et profondément révolutionnaire La libération de la parole des femmes contre les violences sexistes et sexuelles vient de dénoncer lillusion dune « fin de lHistoire » en matière dégalité femme-homme. Le droit à disposer de son corps est au cur dune lutte féministe décisive partout sur la planète. Le combat pour légalité au travail notamment salaire et déroulement de carrière comme hors travail, pour le partage des pouvoirs et des rôles, doit être mené avec détermination jusque dans notre organisation. 3. Face à la progression du racisme et de la xénophobie, des solidarités nouvelles se cherchent Le racisme et la xénophobie se nourrissent des divisions engendrées par le chômage et par la compétition pour laccès à lemploi. Ils sappuient sur lampleur des discriminations, trop fréquentes dans les actions policières, mais aussi sur la négation du droit au travail et au logement, de laccès aux services publics dans les zones déshéritées, de laccès au savoir et à la culture. Ils sont utilisés pour organiser la guerre de tous contre tous, à partir des replis identitaires et communautaires qui, pour certains parmi les plus dominés, semblent seuls pouvoir répondre aux besoins de protection face aux violences sociales. Ils offrent un terrain à linstrumentalisation par des groupes sectaires, voire terroristes, des détresses sociales et morales qui frappent trop de jeunes. Nous devons montrer que ces humiliations insupportables, ces formes visibles de labsence dégalité réelle dans la République, révèlent lampleur et le caractère multidimensionnel des inégalités de classes. Les politiques migratoires et le traitement indigne des réfugiés en France et en Europe relancent les idées racistes, traduisent la volonté dune Europe « forteresse ». Elles vont de pair avec lacceptation des guerres néocoloniales et du pillage des pays dominés qui engendrent des migrations de survie. Elles masquent le refus dun grand essor des services publics pour répondre aux besoins de toutes les populations au lieu de les opposer. Mais tout cela suscite des mobilisations et des solidarités nouvelles qui témoignent de potentiels de rapprochement car, comme la écrit Marx, « le travail sous peau blanche ne peut sémanciper là où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri ». Les réponses capitalistes à la crise nourrissent des dérives autoritaires lourdes de danger pour la démocratie, la stabilité du monde et la paix. Il est urgent de reconquérir, individuellement et collectivement, le pouvoir sur nos vies. La marchandisation effrénée qui réduit les personnes à des choses et à des coûts se heurte à laspiration, de plus en plus largement partagée, à lépanouissement des personnes et à la liberté. La logique capitaliste a de plus en plus besoin, pour simposer, dautoritarisme et de violence. 4. Les luttes de la jeunesse sont symptomatiques des aspirations nouvelles et de la violence à laquelle elles se heurtent La jeunesse paie très cher les reculs sociaux, démocratiques, culturels imposés par le capital. Les jeunes sont lourdement frappés par le chômage. Ils sont obligés de passer par de longs sas de précarité, avant despérer accéder à une situation stable leur permettant de se projeter dans lavenir. Bien que mieux formés que leurs parents, ils vivront probablement moins bien queux. Ils sont victimes de stigmatisation et de discriminations, surtout ceux des quartiers les plus pauvres. Cest source de détresse, mais aussi, de plus en plus, de révolte et de mobilisation : les lycéens et les étudiants contre « Parcoursup » revendiquent leur droit à une formation de haut niveau, les jeunes cheminots, les jeunes salariés de la fonction publique et dans les entreprises sont souvent en première ligne dans des luttes dures pour les droits, la dignité, les salaires. Notre époque est celle dun conflit violent entre le vieux monde capitaliste, rongé par la surexploitation et le cancer financier, et dimmenses possibilités démancipation et de partage qui ouvrent la voie vers une nouvelle civilisation. Un nouveau choc se prépare, plus profond et plus mondial. Tout donne à penser quil sera plus violent. Pour affronter ce choc, pour mener cette bataille, nous avons besoin du parti communiste. Nous devons nous donner les moyens dalerter sur la catastrophe qui vient, dagir, de rassembler et déclairer dans laction sur la nécessité de mettre en cause le capitalisme pour un changement de société et de civilisation. Ouvrons le débat sur ce que peut être une société qui se dégage de sa domination mais ne la pas encore dépassée pour labolir vraiment, une société qui construit sa transition socialiste vers une civilisation supérieure, le communisme. Le développement des idées et des propositions communistes, dans la société, au service dactions et de transformations de portée révolutionnaire, est aujourdhui un enjeu politique majeur, en France, en Europe et dans le monde. Cest la clé de notre congrès extraordinaire.
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| Posté le 28-06-2018 à 22:32:07
| III. Le communisme de notre temps : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte La visée communiste est une visée de transformation radicale de notre société pour une société de partage des richesses, mais aussi des pouvoirs, des savoirs et des rôles. Cest la visée dune société sans classes, sans guerres, dépassant les nations ; une société où exploitation et aliénations sont abolies. En cela le communisme soppose radicalement au capitalisme et à son idéologie, le libéralisme. Le communisme est à la fois la visée et le chemin dune société dont le but et le moyen deviennent progressivement et par étapes le développement émancipé de chacune et de chacun, comme personne et en société, ou comme disait Marx comme « individu intégral ». Une société où « le libre développement de chacun devient la condition de libre développement de toutes et tous ». En ce sens les luttes immédiates à organiser et les rassemblements à construire doivent contribuer à ouvrir le chemin vers cette nouvelle société. Le communisme est donc inséparable dobjectifs sociaux ambitieux, de pouvoirs et de moyens financiers nouveaux qui dessinent une étape radicale vers cette visée. 1. Le communisme à lordre du jour La crise du système capitaliste et ses contradictions dune profondeur inédite ouvre une nouvelle période historique. Avec les débuts de la révolution technologique informationnelle, et ses exigences de partage, la perspective daller au-delà du marché capitaliste prend un caractère plus concret. Le développement des capacités de chacun.e devient nécessaire pour le bien commun de toute la société. Cela rencontre les formidables aspirations à lémancipation personnelle. Les besoins nouveaux de créativité dans le travail comme dans le débat démocratique poussent en faveur dune prise de pouvoir par les travailleurs dans lentreprise et les citoyens dans les institutions. Tout le système de délégation de pouvoir doit être dépassé, comme y invite la crise profonde de la démocratie parlementaire, mais aussi létouffement de la créativité des salariés dans les entreprises par les monopoles de pouvoirs patronaux. Un dépassement du capitalisme pour labolir nest donc plus seulement une utopie, une idée quil sagirait de formuler sans la mettre en pratique. Cest un processus de transformation révolutionnaire et démocratique que nous devons chercher à construire par nos propositions et notre projet, et à faire vivre au cur des luttes sociales et didées. Un effort de renouvellement et de novation est en effet devant nous de même quune bataille didées est à mener. Car lidéal communiste, longtemps identifié au grand espoir soulevé dans le monde par la révolution soviétique et lédification de lURSS à partir dune Russie arriérée, a été défiguré par de terribles dérives du système soviétique et a été atteint par son effondrement dans une crise profonde. 2. Un processus révolutionnaire Le communisme est un processus historique dabolition réussie du capitalisme, poussant tous les acquis de civilisation de ce système, et supprimant ses maux, vers une nouvelle civilisation. Cest cela le dépassement du capitalisme. Il sagit de dépasser lenfermement de chacun-e dans les aliénations dun travail, dune consommation et dune vie sociale dominées par une production au service de la marchandisation et de laccumulation. Et, en dépassant la soumission des activités à laccumulation capitaliste, on ferait avancer une efficacité sociale pour le droit au bonheur de chacun-e. Cela signifie une révolution des rapports sociaux de production : - une appropriation sociale des moyens de production, déchange et de financement, de la gestion des entreprises - lavancée dune sécurité demploi ou de formation, avec des activités de développement des capacités de chacun, dépassant le salariat capitaliste, vers une société sans classe. Au-delà de léconomie, cela signifie aussi une novation institutionnelle continue, avec des pouvoirs dintervention directe, décentralisés, de tous les acteurs sociaux et des citoyens. Cela permettrait de pousser la démocratie jusquau développement de lautogestion économique et politique. Dans cette nouvelle civilisation, chacun aurait tous les moyens effectifs de contribuer à son propre bonheur. Forte de nouvelles valeurs cette civilisation permettrait lépanouissement et la créativité de chaque individu et de tous, ensemble. Lhumanité pourrait mettre un terme à toutes les dominations sociales et à toutes les formes de discrimination, pour une société dégalité dans la différence. Elle deviendrait capable de transmettre la Terre aux générations futures, en respectant son intégrité, sa diversité, sa beauté. 3. Porter un projet communiste Travail, emploi, salaires (marché du travail), services publics et développement humain, rôle de lentreprise et de la production, pouvoirs, institutions politiques, finance et mondialisation tels sont les chantiers du communisme que nous devons investir immédiatement. Un projet communiste doit comporter des axes de transformation sur tous ces chantiers. Sans constituer un programme, ceux-ci doivent être cohérents pour une transformation effective. Sa configuration doit se modifier au rythme de lexpérience acquise par les luttes pratiques, comme au rythme de lavancée des connaissances. Il sagit, au total, davancer en pratique en rassemblant largement, malgré les conflits inévitables, les contradictions, les compromis et les incertitudes dans une construction qui puisse changer réellement la société. Des objectifs sociaux transformateurs Lemploi au cur de la transformation sociale : notre proposition de sécurité demploi et de formation : Cela sinscrit dans lavancée vers un système de sécurité demploi ou de formation permettant à chacun.e de conjuguer mobilité choisie et sécurité accrue de ses revenus et de ses droits. Ce système, pleinement réalisé permettrait de supprimer le chômage, de révolutionner le contenu du travail, de dépasser lopposition travail-hors-travail, tout en répondant au besoin de souplesse, de progrès et dadaptabilité de la production moderne. Progresser dans sa construction est inséparable de la défense et de la promotion dune protection sociale efficace parce que financée à partir des richesses créées dans les entreprises. Des éléments essentiels davancées immédiates vers ce projet ont déjà fait lobjet dune proposition de loi des députés communistes. Une nouvelle expansion des services et du secteur publics : Les services publics doivent être une pierre dangle angulaire de la construction dune nouvelle citoyenneté. Il sagit de contester la domination de lUnion européenne par le marché et la concurrence aveugle, pour promouvoir un système de coopération où les services publics rénovés et de nouvelles entreprises publiques joueraient un rôle décisif dentraînement. Il est indispensable de promouvoir des entreprises publiques dans les secteurs de la production et des services, visant la réponse efficace aux besoins populaires et la sécurisation de lemploi et de la formation. Cela implique une transformation profonde des gestions avec de nouveaux critères, une barrière efficace à lentrée des capitaux privés, des financements émancipés des marchés financiers, des pouvoirs dintervention des salariés et de concertation avec les usagers, des coopérations très nombreuses et intimes en France, en Europe, dans le monde. Des pouvoirs nouveaux : La conquête dune démocratie participative et dintervention : Elle suppose la création de nouveaux pouvoirs, un essor considérable des libertés et la conquête dune égalité effective, en faisant en sorte que chacun dispose des moyens nécessaire à son accomplissement. Le rôle des salariés dans lentreprise et des populations concernées doit prédominer, au lieu du monopole du capital et de ses représentants. Cet enjeu est au cur de la lutte de classes daujourdhui. Il sagit de transformer les gestions dentreprises pour leur faire assumer un but defficacité sociale, territoriale et écologique. Il faut aussi de nouvelles institutions pour une nouvelle République allant de pair avec une nouvelle construction européenne. Des moyens financiers : Emanciper société et économie des marchés financiers Largent et la monnaie sont linstrument majeur de la domination du capital sur léconomie et la société. Un projet communiste doit promouvoir par la lutte un tout autre système de financement. Les marchés financiers, les grands actionnaires et le grand patronat imposent une logique de financement et de gestion qui soumet les entreprises à la domination du capital. Il faut rompre avec cela pour une tout autre logique. Il faut prendre le pouvoir sur lutilisation de largent des entreprises (profits), de lÉtat (fond publics), des banques (crédit), des assurances (épargne). Au lieu de servir les profits, le coût du capital, lévasion fiscale, cet argent doit financer les investissements efficaces, lemploi, la formation, la recherche, lécologie, légalité femmes-hommes, etc. Il doit aussi financer les services publics dans les territoires au lieu de laisser la dette publique sous la coupe des marchés financiers. Cet axe de transformation concerne tous les niveaux dintervention : régional, national, européen et mondial.
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| Posté le 28-06-2018 à 22:34:33
| IV. Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste Les communistes français ne peuvent penser leur rôle dans la société sans penser les profonds bouleversements vécus par la planète, sans travailler aux liens de solidarité avec les communistes et les forces progressistes, sans inscrire la lutte pour la paix dans lexigence dune autre société. 1. De profonds changements du monde Ce début de XXIe siècle est une époque de bouleversements démographiques, écologiques, technologiques, économiques, géopolitiques. Ainsi par exemple le PIB de la Chine est désormais comparable à celui des États-Unis ; lAfrique pourrait devenir le continent le plus peuplé dici la fin du siècle. On assiste à la généralisation et à lexacerbation des fléaux du système mais aussi à lapparition de nouveautés radicales et de potentielles transformations densemble : généralisation de la salarisation dans tous les pays et concentration de lhumanité dans les villes, mais avec chômage massif, envolée de la précarisation, mise en concurrence des salariés du monde entier, et explosion de nouveaux problèmes écologiques et sanitaires ; industrialisation du monde, mais aussi début de la révolution informationnelle et domination des entreprises réelles par des capitaux financiers de plus en plus monopolistiques et spéculatifs. défi climatique mondial, recul drastique de la biodiversité, déforestations, artificialisation des sols, maladies liées à lenvironnement, mais aussi montée dune conscience mondiale et de potentiels technologiques pour y faire face ; cancérisation financière généralisée mais montée mondiale dune conscience de la responsabilité des banques, des multinationales, des paradis fiscaux et des organisations mondiales (FMI
) ; montée de laffirmation dune volonté démancipation des individus, hommes et femmes, mais aussi dun individualisme destructeur des solidarités traditionnelles ; ouverture aux autres nations, aux aires culturelles et à dautres règles, mais aussi mise en cause des protections étatiques traditionnelles avec des régressions des droits sociaux acquis ainsi que lexacerbation des dominations supranationales ; montée dintégrismes et de conservatismes opposés, occidentaliste et « islamiste », en même temps que montent des mouvements démancipation multiformes. Après la chute du mur de Berlin et léchec de lexpérience soviétique, avoir cru quil suffisait daffirmer lhistoire propre du communisme français pour se dégager des conséquences de cet échec était une erreur : un bilan communiste de ce qua représenté lUnion soviétique est indispensable pour sortir de la diabolisation construite contre nous par les porte-voix du capital et poursuivre avec ténacité le développement de notre projet original autogestionnaire vers un communisme de notre temps. 2. Affrontement généralisé ou coopération et paix ? Loin de la « fin de lhistoire », les concurrences inter-impérialistes et les dominations ont été relancées : hyper-marchandisation du monde ; financiarisation massive débouchant sur la domination technologique et commerciale des multinationales ; unilatéralisme américain et renforcement de lOTAN alors que le monde devenait déjà plus multipolaire. La crise de 2007/2008, qui a frappé les seuls pays capitalistes développés, a fragilisé limage du capitalisme et la position dhégémonie mondiale des États-Unis. Face à cela, limpérialisme américain utilise de façon de plus en plus agressive le dollar, son avance technologique informationnelle, son poids économique et son potentiel militaire pour relancer son hégémonie. Des phénomènes de fond sy opposent : la révolution informationnelle qui accentue les contradictions entre développement des forces productives et rapports sociaux de production les institutions politiques, financières et culturelles et politiques qui assuraient jusquici lhégémonie mondiale du capital sont ébranlées car elles deviennent incapables de canaliser le mécontentement des peuples lémergence dorganisations cherchant à sémanciper des tutelles américaine voire occidentale (BRICS Organisation de coopération de Shanghai COP, etc
). la recherche dun nouveau type de multilatéralisme et dententes zonales contre lunilatéralisme et le protectionnisme américain, Avec larrivée de Trump au pouvoir, sest ouverte une nouvelle phase de la contre-offensive des États-Unis. Elle se heurte cependant à des résistances diverses sur tous les continents. Quel avenir pour le monde : affrontement généralisé ou coopération et paix ? La Chine et lEurope, la Russie, à des titres différents, sont particulièrement mises au défi. Pour les communistes, il sagit de construire un nouvel internationalisme capable dopposer des réponses de coopération face à ces logiques. Il sagit de faire vivre en toutes circonstances nos valeurs anti-impérialistes, de paix et de solidarité. Un axe de bataille essentiel est que la France sorte de lOTAN et quelle joue un rôle moteur en Europe et dans le monde pour un rapprochement, une nouvelle alliance, avec les pays en développement et émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Mexique, Turquie, etc.). La Chine, immense pays en état de contester le leadership mondial des États-Unis, mérite une analyse conséquente et sans a priori, dautant quil est dirigé par un parti communiste se réclamant du marxisme. Laction contre les guerres et pour le désarmement, quil faut décider damplifier, doit aller de pair avec laction contre linsécurité sociale et économique. Dans ce but, il sagit de transformer radicalement les institutions internationales et de contribuer à lavènement dun instrument monétaire de coopération mondiale alternatif au dollar. Cela répond aux attentes de nombreux pays. Il faut donner une place bien plus grande à la dimension internationale de notre action et à notre apport à une autre mondialisation. Le conseil national et les communistes doivent être régulièrement saisis de lanalyse de la situation internationale, informés des débats au sein du PGE, des relations avec les partis communistes et progressistes. Celles-ci doivent être développées dans une démarche découte, de respect mutuel et de solidarité. La situation nécessite une nouvelle capacité dinitiative de notre parti en Europe et dans le monde pour des actions communes. 3. Une autre construction européenne Il faut en finir avec la construction européenne actuelle conçue au service de la domination du capital, avec en son cur la BCE soutenant les marchés financiers, les multinationales et les grands capitaux monopolistes. Loin de la promesse dune Europe de coopération et dunité des peuples, on lui doit un chômage colossal, la désindustrialisation, la mise en cause des services publics et laustérité généralisée, lautoritarisme, le martyre du peuple grec, une fragmentation entre le nord et le sud, des fractures internes à chaque pays. On lui doit aussi la montée des populismes et de lextrême droite, jusquà des positions de pouvoir comme en Italie, une domination renforcée des États-Unis et du dollar. Il nest donc pas étonnant quelle concentre la colère populaire comme en a témoigné le résultat du référendum de 2005. Notre responsabilité est de donner une perspective à cette colère. Nous sommes tous daccord là dessus. Mais nous avons des différences sur la façon den finir avec cette construction. Un choix a prévalu depuis plusieurs congrès : transformer radicalement lUnion européenne et ses traités ; agir pour une refondation de la construction européenne avec des propositions alternatives. Il sest agi de se situer sur le terrain européen et de se saisir de laspiration à une construction européenne, tout en considérant que le terrain national est fondamental et que ce sont bien les exigences du capital qui modèlent la construction européenne. Des camarades pensent quon ne peut pas la transformer et quil faut affirmer le droit pour chaque nation de désobéir aux traités jusquà sortir de lUnion européenne si nécessaire pour respecter la souveraineté populaire. Ils considèrent quil faut rendre caduques les institutions européennes, afin de construire un autre modèle de coopération en Europe et dans le monde, libéré des outils institutionnels que se sont donnés les fondateurs de lUnion européenne faite par et pour le capital. La nation reste pour eux le terrain privilégié de la lutte des classes. De fait, la position du PCF a profondément évolué durant les années 90 et depuis. Mais ces choix ont été faits sans un débat suffisamment large et la bataille tenace quils appelaient na pas été véritablement menée. Cela souligne linsuffisance grave du travail collectif qui aurait dû être initié par les directions nationales successives en même temps que leur incapacité à prendre des initiatives daction sur ces enjeux. Pourtant, lactualité en fait chaque jour la démonstration, la responsabilité des pays européens est devenue considérable pour une véritable coopération mondiale de co-développement avec les pays pauvres, les émergents et pour la paix . Nous refusons de céder aux sirènes du fédéralisme. Nous combattons la fuite en avant dans lintégration renforcée sous la houlette du duo Merkel-Macron. Nous refusons une Europe forteresse. Une autre construction européenne est nécessaire, face à lagressivité de limpérial-libéralisme des États-Unis, pour relever des défis colossaux : le chômage, la concurrence exacerbée, la dictature du dollar et de la finance mondiale, le réchauffement climatique, le recul de la bio-diversité, les migrations de survie massives, les fractures sociales et territoriales, la paix
. Cest indispensable pour contrecarrer les pertes de souveraineté effectives engendrées par la mondialisation capitaliste, promouvoir les nations de façon ouverte dans légalité et le respect de leur diversité. Si nous ne pourrons sans doute pas trancher ces questions au prochain congrès, il est indispensable de les instruire et de les confronter à la réalité de grandes batailles populaires permettant à la fois de porter la colère et de remporter des victoires. Battons-nous, en France, en Europe, avec les forces progressistes, avec les partis communistes pour mobiliser la monnaie au service de lemploi, des services et biens publics et de la protection sociale, et donc pour un autre rôle de la BCE. contre la concurrence destructrice et pour de nouvelles coopérations solidaires entre nations souveraines égales et respectées. contre la militarisation du bloc européen accélérant la course folle vers des conflits majeurs. pour dautres traités permettant des coopérations solidaires entre nations égales et peuples souverains. Nous voulons changer lEurope pour une autre mondialisation.
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| Posté le 28-06-2018 à 22:34:53
| V. Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et dunité populaire Léchec du Front de gauche met en cause une conception stratégique du rassemblement, de la relation aux luttes, à la bataille didée et à notre visée, ainsi que dune pratique politique. Lentente au sommet, limitée à un plus petit dénominateur commun, a pris le pas sur tout le reste, renouvelant en cela les travers dexpériences antérieures. Notre visée est démocratique et révolutionnaire. Il faut donc un rassemblement majoritaire, dont la contenu soit à la hauteur pour transformer réellement lordre existant dans la société, les entreprises et les institutions : cest la stratégie du PCF. Elle implique de mener le débat en permanence, aussi bien avec les partenaires de constructions unitaires, quavec les travailleurs et les autres citoyens. Notre stratégie exige en permanence dévaluer, jusquà les réajuster, en quoi nos initiatives dans les luttes et notre action dans les institutions contribuent à avancer vers la visée qui est la nôtre. Aussi importantes soient-elles, les élections ne sont quun moment de lactivité révolutionnaire des communistes. Et lentente sur un programme ne peut être quun levier. 1. Les bases sociales du rassemblement Une unité populaire est possible. Elle reste toutefois à construire, dautant plus que le ressenti des fractures et divisions a progressé. Lunification du salariat est décisive. Le monde du travail et de la création dans sa grande diversité (de la classe ouvrière aux cadres, des infirmières aux enseignants jusquaux chercheurs, des chômeurs aux précaires, des travailleurs sous statut aux travailleurs sans statut, des jeunes aux retraités, des artistes aux artisans jusquaux petits paysans) a fondamentalement des intérêts communs : faire reculer la domination du capital financier. Cela sexprime par une protestation commune grandissante contre le chômage, la précarisation, les bas salaires, les risques de déclassement et laliénation au travail. Cela sexprime aussi par des aspirations à la formation tout au long de la vie, à la maîtrise du sens de son travail, au partage des responsabilités jusquà lintervention dans la gestion, à la maîtrise des trajectoires personnelles, à la réduction du temps de travail pour le développement de soi et pour une meilleure vie hors travail. Le progrès de ces facteurs communs est une menace pour le grand patronat, pour sa conception de lentreprise. Pour appuyer les dirigeants, Macron engage toute la force de lÉtat avec ses réformes réactionnaires. Ils semploient à récupérer la sensibilité des salariés qualifiés aux enjeux de compétitivité, de modernisation, defficacité et de financement, tout en jouant sur la sensibilité des couches urbaines aux enjeux écologiques. Ils cherchent à les intégrer dans un rassemblement qui sacrifierait ouvriers, couches populaires et chômeurs. En même temps, ils cherchent à couper les revendications sociales des potentiels émancipateurs considérables des luttes des femmes, des jeunes, des travailleurs étrangers, ainsi que de celles concernant les identités ou encore lécologie. À lopposé de ce travail de division, il sagit de faire prendre conscience à tous du fait quils et elles saffrontent à la même logique, au même adversaire et combien leurs aspirations propres à saccomplir ont en commun un double besoin : des services publics de qualité sur tout le territoire et une sécurité demploi, de formation et de revenus. Les dominations genre, générations, capitalisme, racisme
se renforcent entre elles. Les luttes contre ces dominations peuvent sépauler pour une émancipation commune. Cest tout cela, la base sociale du rassemblement que nous voulons. 2. Le rôle irremplacable du parti communiste Il faut viser des objectifs sociaux audacieux, travailler sans cesse les contradictions pour faire grandir la conscience de la nécessité, pour les réaliser, de bouleverser la logique du système, aussi bien en ce qui concerne les moyens financiers que les pouvoirs institutionnels. Qui dautre que le Parti communiste peut assumer ce rôle, alors que les idées dominantes pèsent tant, jusque chez tous nos partenaires de gauche ? La conception de lentente qui a prévalu sest opposée jusquici à tout cela et a conduit à notre effacement. Nous sommes très attentifs à ce que les luttes expriment comme besoin de société nouvelle comme nous le sommes aux difficultés du mouvement social et à ses contradictions. Pour contribuer à leur dépassement, nous développons un corps didées et de propositions qui, avec lapport du marxisme vivant, permettent de ne pas subir lhégémonie des idées dominantes, de les bousculer et dapporter des réponses efficaces aux problèmes posés. Cest essentiel pour faire bouger les rapports de force, jusquà des changements dans les institutions en lien avec les élections et avec les luttes. 3. Etre présent avec nos propres candidats à toutes les élections Il est essentiel dêtre présents avec nos propres candidats à toutes les élections. Notre ambition est davoir, en renforçant linfluence de nos idées, le plus délu.e.s possible, à tous les niveaux. Ils et elles agissent au service des travailleurs et de leurs familles, et pour faire bouger la situation. Lélection présidentielle, dont nous combattons le principe, est cependant un moment structurant de la vie politique. Elle est loccasion pour chaque formation de mettre en débat son projet et ses idées. Le parti doit travailler à créer les conditions dune candidature communiste à lélection présidentielle de 2022. Les élections européennes de 2019 portent sur des enjeux majeurs et sont une étape de la recomposition politique en cours. Lenfermement du débat dans la fausse alternative « pour ou contre lEurope » est mortifère pour nos combats de classe. Un nouvel effacement du parti et de ses idées au nom du rassemblement derrière une possible tête de liste issue dune autre formation politique aurait de graves conséquences aux élections municipales. Menons la bataille sur nos idées et construisons une liste de large rassemblement initiée et conduite par le PCF. 4. La recomposition politique Lélection présidentielle de 2017 a déclenché une recomposition politique dampleur. Macron arrive à faire passer des dispositions dont le grand patronat rêve depuis longtemps. Il ne serait, prétend-il, ni de droite ni de gauche, et le seul à prendre à bras le corps les enjeux de modernité. Il ny aurait pas dalternative. Il utilise comme repoussoirs lextrême-droite dun côté et Jean-Luc Mélenchon de lautre. Il le peut dautant mieux que, à droite, et plus encore à gauche avec leffacement de notre parti, nul ne lui oppose des contre-propositions à la hauteur des défis du 21ème siècle. Il nous appartient de dissiper les illusions : on ne peut sortir le pays de la crise, sans mettre en cause la dictature capitaliste de la rentabilité, en luttant pour prendre le pouvoir sur lutilisation de largent. De nombreux exemples actuels permettent den faire la démonstration : Ehpad, hôpitaux, délocalisations, Alstom, SNCF, écologie, collectivités territoriales, etc
Pour lheure, il y a des différences importantes à gauche : il est de la responsabilité du PCF den expliciter publiquement les termes pour chercher à les dépasser. Le paysage à gauche est dévasté. Le PS, très affaibli, reste incapable de se dégager du social-libéralisme et de faire un bilan critique du quinquennat Hollande. Des socialistes cherchent à reconstruire un pôle social-démocrate. Le mouvement écologiste est en crise. France Insoumise canalise une partie de lélectorat de gauche, mais lisole dans limpasse de lélectoralisme, dans une posture protestataire qui cherche un contrôle sur le mouvement social sans respect pour ses priorités revendicatives et son besoin dindépendance. Jean-Luc Mélenchon tire la protestation vers des options populistes voire nationalistes. Il joue dune parole, forte en apparence, qui masque des options très réformistes. Il évacue la dimension de classe du combat, allant jusquà déclarer que la gestion de lentreprise est laffaire des seuls patrons. La démarche communiste doit se déployer dans trois directions : construction politique, bataille didées et luttes sociales. 5. Une union populaire et politique agissante Il faut marcher sur deux jambes : luttes et constructions politiques. Cela exige des initiatives autonomes du PCF politisant les luttes, avec la constante ouverture au débat didées, et dans le même temps la formulation dune proposition stratégique à toute la gauche pour ouvrir une perspective vraiment alternative à Macron. Les communistes doivent travailler en permanence au rassemblement le plus large de toutes les couches salariales et populaires, à développer la conscience des contenus et conditions des changements nécessaires, et à créer les conditions de lunion des forces de progrès. Celle-ci nest pas un but en soi : elle est un moyen pour la mise en uvre de choix politiques nouveaux. Il sagit de construire une union populaire et politique agissante pour sortir de la crise. Il nous faut tendre la main et mettre au défi toutes les forces politiques de gauche, sans partenaire privilégié a priori, sur les réponses aux questions précises posées par les luttes. Sattaquer à la domination du capital est décisif. Mais lidée que ce nest pas une question politique prédomine, de même que prédomine dans notre peuple, y compris à gauche, lidée quon pourrait se contenter de sy adapter. Cest lobstacle majeur auquel notre parti doit sattaquer. Cest décisif pour réorienter notre stratégie et lancrer. 6. La bataille didées On ne peut plus commencer par la recherche dentente au sommet, en y soumettant des « campagnes communes ». Cette façon de décréter une unité par le haut corsète linitiative daction et de proposition du PCF. Elle rabaisse le niveau des exigences et le besoin de cohérence à partager le plus largement pour gagner. Aussi, outre les fronts que les luttes et lactualité imposent, nous proposons que le Congrès décide dune campagne permanente sur le coût du capital. Nous voulons faire grandir la contestation radicale des critères de rentabilité imposés par le patronat, les actionnaires, les banques et les marchés financiers, en leur opposant le besoin une autre utilisation de largent pour lemploi, la création de richesses dans les territoires, la satisfaction des revendications sociales et des besoins écologiques. Jugée nécessaire par une écrasante majorité de communistes, cette campagne serait transversale à nos différentes batailles communistes, sociales comme sociétales, et les renforcerait. De telles batailles dans une stratégie du PCF comme vecteur du rassemblement et de lunité populaire contribueraient à construire le socle nécessaire au redressement de notre influence et de nos forces organisées. Elles doivent permettre de mobiliser conjointement militants, à lentreprise et dans les localités, et élus communistes, dans la diversité de leurs rôles respectifs et des moments politiques. 7. De nouvelles relations avec le mouvement social Nos rapports avec le mouvement social (syndicalisme, associations, mobilisations écologistes, ZAD, Nuits debout
) doivent être repensés. Il part de revendications concrètes pour la satisfaction desquelles il réclame des pouvoirs dintervention, dans une dimension non-délégataire qui lui fait refuser de se couler dans le jeu des alternances politiques. Le PCF se propose, lui, de faire reculer létatisme, la délégation de pouvoir. Il veut sinscrire dans la construction dune véritable alternative aux formes politiques du libéralisme en crise. Il lui est donc nécessaire et possible de construire de nouvelles relations avec le mouvement social, syndical, associatif. La recherche dalternative serait impuissante sans jonction avec celles et ceux qui luttent sur des objectifs concrets. Et se pose, aux composantes du mouvement social, la question de relier leurs luttes à la visée dune alternative densemble sans laquelle elles ne peuvent pas déboucher sur des victoires durables.
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| Posté le 28-06-2018 à 22:35:51
| VI. Pour un parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire Il y a besoin dun parti révolutionnaire. Ce parti ne peut sen tenir au soutien des luttes et à faire écho à la protestation contre le néo-libéralisme. Il doit contribuer à ouvrir les perspectives politiques dont les luttes ont besoin pour gagner durablement. Il doit organiser et travailler cela dans la continuité, développer en son sein éducation populaire, élaboration théorique et échanges. La rupture mal conduite avec la conception dun « parti guide » nous a conduit à abandonner lambition dêtre à lavant-garde des luttes et des idées, de jouer le rôle actif déclaireur qui devrait être le nôtre. Cela a conduit à la suppression de ce qui faisait la force de notre organisation, particulièrement le parti à lentreprise, et à un relativisme théorique éclectique au détriment dun marxisme vivant et ouvert sur les grands débats didées. De nombreux travaux ont été menés dans le parti pour analyser, comprendre la situation contemporaine, ses différents aspects, ses contradictions, son aggravation et formuler des propositions. Mais les directions nationales successives nont pas su ou voulu créer les conditions de la réflexion collective des communistes pour quils sapproprient ces travaux et les enrichissent. Sous prétexte de faciliter un rassemblement a minima, la direction na jamais cherché à faire le travail de simplification populaire de nos propositions dans le débat public avec des initiatives daction capables de rassembler. Nos propositions nont quasiment servi que dans les textes de Congrès et, très peu, dans les campagnes électorales. Cela nest-il pas à la racine de la perte de visibilité et de crédibilité du parti ? Nombre de camarades ont tiré la sonnette dalarme, à différents moments. Aujourdhui, Macron aurait-il autant despace pour imposer des réformes qui ont toutes pour pivot la baisse du « coût du travail » si le Parti communiste avait mené dans la durée une campagne sur le coût du capital ? Ce congrès doit permettre de redonner à notre parti une grande ambition révolutionnaire et de redéfinir son rôle. Le mouvement populaire et lintervention citoyenne, aussi essentiels quils soient, ne sont pas spontanément transformateurs, pas plus que le communisme ne se développe naturellement dans la société. Défendre les avancées sociales menacées, contester le partage des richesses ne conduit pas spontanément à mettre en cause les pouvoirs patronaux et du capital. La création de la Sécurité Sociale, innovation sociale majeure qui a donné un avant-goût de communisme, nest pas tombée du ciel. Elle a été le produit dune jonction entre des luttes considérables et une idée révolutionnaire, traduite par les communistes dans les institutions après la Libération. Pour rendre majoritaire lexigence dautres choix, il faut avancer des idées originales capables de faire reculer lemprise des idées dominantes. Il faut avancer sur des solutions transformatrices à la hauteur du défi de transformation posé par la crise. Confrontons nos propositions avec les autres forces politiques de gauche, agissons pour que les luttes sen emparent. Lidentité du PCF, dans le combat de classe de notre temps, est indissociablement démocratique et révolutionnaire. Notre action doit avoir une double dimension : contribuer au rassemblement pour faire reculer Macron jusquà créer les conditions dune politique alternative et, inséparablement, favoriser lavancée vers un dépassement du capitalisme. 1. Relancer lorganisation du parti à lentreprise Portons le combat jusquau cur du système capitaliste : les entreprises et les banques. Il faut relancer lorganisation du parti à lentreprise. Ce terrain a été abandonné. Le 37è congrès avait même décidé dun Conseil national sur cette question. Il na jamais eu lieu. Pourtant lentreprise est un lieu décisif de la lutte de classes. Lieu de pouvoir sur léconomie, la société et la vie quotidienne, cest aussi un lieu où le patronat peut imposer ses idées. Un lieu où se forge un vécu dexpériences et des mentalités sur lesquelles peuvent simposer les idées dominantes comme se construire une conscience de classe. Cest si vrai que les gouvernements successifs, dans le sillage du Medef, nont cessé de faire de lentreprise la pièce centrale de leur politique, cherchant ce que Hollande a pu qualifier de « compromis historique » de soumission des salariés et de la société aux objectifs patronaux. Avec Macron, ce chantier prend une bien plus grande ampleur en visant une destruction sans précédent des acquis sociaux, tout en cherchant à intégrer le plus possible le salariat à ses choix politiques à partir de lentreprise. Pour libérer la politique de la dictature du marché, il faut une appropriation sociale effective des entreprises et des banques, et de toutes les institutions qui leur sont liées. De même que nous nentendons pas déléguer la politique et lintérêt général au sommet de lÉtat, nous devons refuser de déléguer la gestion des entreprises avec la production des richesses aux capitalistes. La séparation entre léconomie et la politique est au cur du capitalisme et de ses aliénations. Nous voulons la dépasser. Il est donc vital de relancer réellement, sans se contenter de promesses de Congrès, la vie du parti et le combat organisé si indispensables dans les entreprises et autour delles. Cest aussi la condition pour faire progresser une conscience de classe et une unité politique du salariat dans sa diversité, sur lensemble des enjeux qui le concerne, dans lentreprise comme dans la cité. 2. Faire vivre les batailles politiques dans les territoires Sur les territoires aussi, le parti communiste doit sinvestir dans des luttes locales immédiates, tout en cherchant à faire progresser les idées de changement de politique et de société. Ainsi au travers de la défense des différents services publics si nécessaires aux populations, nous pouvons faire percevoir les enjeux nationaux et politiques des décisions locales. À nous dexpliquer quelles résultent dune logique politique : réduire coûte que coûte les dépenses publiques et sociales, tout en épargnant les gâchis capitalistes source des déficits et des dettes publiques, livrer des pans entiers de lactivité humaine au marché et aux profits capitalistes. Nous pouvons à partir de ces luttes locales porter des propositions pour une autre logique que celle du taux de profit. 3. Les élus Lexistence du parti et de son organisation sont essentielles pour faire vivre de telles batailles dans la proximité. Le rôle des élus est précieux pour les crédibiliser et leur donner de la visibilité, pour accéder à des informations indispensables, pour porter ces combats jusque dans les lieux de pouvoirs institutionnels, dont il faut utiliser tous les leviers daction tout en en montrant les limites. Cest ensemble, militants et élus, que nous pouvons créer les rapports de force permettant darracher, les moyens dune vie digne pour tout un chacun. Lenjeu aujourdhui pour notre parti est de permettre davancer vers une démocratie participative et dintervention, ouvrant ainsi la voie à la construction progressive dune démocratie autogestionnaire. 4. La formation des militants Cela exige un nouvel effort méthodique et suivi de réorganisation de la formation des militants à tous les niveaux de responsabilité à partir des apports du marxisme vivant. Il sagit non seulement de leur permettre de se les approprier, mais aussi de pouvoir être acteurs de lélaboration de nos avancées et propositions. Partant du rôle fondamental de la lutte de classes dans lhistoire, et du rôle du capital, lanalyse critique de Marx, dépassant le socialisme dit utopique, a posé les bases dune vision beaucoup plus rigoureuse du socialisme et du communisme. Cest à partir de cette analyse quil a montré la nécessité de lexistence de partis communistes et dune Internationale. Aujourdhui, ni sclérose dogmatique ni éclectisme confondu avec ouverture, il faut encourager le travail de création théorique en liaison avec les luttes et expériences, avec lambition dune nouvelle hégémonie culturelle sur la gauche et dans la société. 5. Travailler à une nouvelle organisation du parti et à son renforcement Pour tout cela il nous faut analyser lucidement le fonctionnement du parti. Depuis 2012, nous assistons à une dérive présidentialiste dans le parti lui-même, qui dessaisit les instances de direction et les communistes eux-mêmes de toute maîtrise réelle sur les décisions engageant lavenir du parti. La disparition de lélection du secrétaire national par le CN au bénéfice du congrès a participé de cette présidentialisation. Il est vital de travailler vraiment à une nouvelle organisation de notre parti et à son renforcement. Revalorisons le rôle, les moyens et la souveraineté des organisations de proximité (territoires et entreprises). Labandon des cellules a en effet gravement appauvri la vie démocratique du parti et affaibli son ancrage de terrain. Cela a contribué à réduire les capacités daction des sections et diminué le nombre de camarades participant aux débats et initiatives. A partir de nos forces existantes et de leur renforcement, nous devons viser une nouvelle efficacité pour laction, renforcer notre ancrage social mis à mal et rechercher une liaison avec ce qui émerge de neuf dans la société. Les sections doivent être conçues pour le développement de leur vie politique et la prise de décision daction, bien au-delà des AG de section. Les fédérations départementales sont essentielles. Elles doivent permettre léchange, la prise de décisions, laction coordonnées sur un même département et lappui aux sections. Sans affaiblir le niveau départemental et sans le « coiffer », il est nécessaire de donner au niveau régional un rôle à la hauteur des responsabilités du parti. Le Conseil National, élu par le Congrès, est la seule instance de direction nationale. Il doit pouvoir assumer pleinement cette responsabilité. Le CEN doit servir à préparer ses décisions et en impulser la mise en uvre en liaison avec lactualité, et non se substituer à lui. Le CN doit pouvoir décider de ses ordres du jour et faire très régulièrement le bilan de lapplication de ses décisions. Il doit être tourné vers la réorganisation et le renforcement du parti. Une restructuration de notre organisation demande un effort tenace et intense. Pour progresser, il y a besoin dexpérimenter, de mêler expériences et recherche de nouvelles manières de faire. De mutualiser cela. À tous les niveaux, les directions doivent pouvoir en décider, en assurer un suivi et les évaluer. CommunisteS devrait devenir un support ouvert de partage dinformations et dexpériences, au lieu dêtre seulement conçu comme un bulletin de la direction. LHumanité est essentielle pour le PCF. Elle est en danger. Les communistes la diffusent et la soutiennent financièrement. Ils souhaitent être associés au débat nécessaire sur son orientation éditoriale. Le contenu de la communication nationale du Parti est très critiqué. En liaison avec des décisions de réorientation politique, nos moyens de communication doivent en particulier être des outils au service de la bataille didées précise sur nos propositions et permettre une identification du parti. Donnons-nous quatre grandes priorités immédiates : recenser, structurer et développer nos forces dans les entreprises ; faire de notre parti une organisation féministe exemplaire ; redevenir attractif pour la jeunesse et donner, avec les moyens et laide nécessaires, un nouvel élan aux organisations des jeunes et des étudiants communistes ; prendre des initiatives pour contribuer à organiser un réseau international de forces révolutionnaires pour une bataille internationaliste visant une autre mondialisation (paix, économie, climat, migrations
). Le principe de réseaux, thématiques ou dentreprise, dans le PCF, a été acté depuis plusieurs années. De nombreux communistes y sont investis. Ne faut-il pas, pour concevoir un développement efficace au regard des objectifs du parti, procéder à une évaluation sous la responsabilité du CN ? Les nouvelles technologies sont un outil defficacité, dinitiative, de transmission de linformation, de concertation. Il faut se garder den faire un moyen de centralisation du pouvoir et travailler à des formations permettant à chaque communiste dy accéder et combattre ainsi la fracture numérique au sein même de notre parti. Ces moyens technologiques aident au travail militant mais ne remplacent pas les débats nécessaires dans les organisations territoriales et dentreprises. Tout cela représente des transformations importantes de notre parti. Lexpérience montre quil ne suffit pas de faire adopter en congrès un relevé de décisions détaillé, voué à rester inappliqué. Il revient au congrès de définir une conception du parti et une orientation dorganisation. Cest le nouveau Conseil National qui doit être chargé de la mise au point de décisions précises en inscrivant ces questions à son ordre du jour. Il faudra examiner les transformations éventuelles de nos statuts que ces transformations appellent à partir dun bilan dexpérience, en vue du 39è congrès. En tout état de cause, pour changer cette société, le parti doit permettre lintervention politique des travailleurs, des travailleuses et de tous ceux qui en sont exclus, dans la proximité comme au plan national et international. Cela demandera un effort acharné. Mais vie politique de proximité, formation et accès aux responsabilités sont indispensables pour, dans un même mouvement, repolitiser, répondre à la crise de la politique et commencer à engager des transformations de portée révolutionnaire. Nous faisons le choix du communisme ! Le monde a besoin de révolution. Il a besoin didées communistes, dun manifeste communiste pour le XXIe siècle. Notre peuple a besoin dun Parti communiste, riche de lengagement et de la diversité de ses militants, dun Parti communiste rassemblé dans laction pour ce qui est sa raison dêtre : dépasser le capitalisme jusquà son abolition, jusquà la construction dune nouvelle civilisation libérée de lexploitation et de toutes les oppressions. « Un jour pourtant un jour viendra couleur dorange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour dépaule nue où les gens saimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche » Aragon
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| Posté le 03-07-2018 à 16:54:43
| | A propos du Congrès: que chacun prenne ses responsabilités
02 JUIL Danielle Bleitrach http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/07/02/a-propos-du-congres-que-chacun-prenne-ses-responsabilites/ Lâge devrait mapporter la sagesse, mais dois-je le regretter ou men féliciter, toujours lindignation soulève la passion. Celle-ci me pousse aux voyages, à dévorer des livres, à mengager mais aussi à vitupérer plus quil nest raisonnable. Pour ceux qui dans quelques temps, le plus loin possible, se hasarderont à une notice nécrologique, noubliez pas ce trait, il est fondateur et ce Congrès me donne loccasion, comme à nous tous, dexprimer cet engagement dune vie. Ce qui est commun je crois à tous les communistes, comme le disait Robespierre: « nos raisons dexister valent mieux que notre existence« . la justice, la paix, des valeurs dont le monde a besoin et dont nous sommes les porteurs. Nous avons produit un texte intitulé « Pour un manifeste du XXIe siècle« . Jy ai contribué, avec dautres, sur les questions internationales. Aborder ce thème est déjà une nouveauté en soi puisque les propositions de la direction ne daignent pas traiter du mouvement du monde. Ce nest pas un hasard, pas plus que le galimatias de généralités dont cette proposition de la direction nous abreuve. Le but de cette direction na jamais été de renforcer le parti, il est de sauver « lunion de la gauche« . Cest-à-dire « de fourvoyer les travailleurs dans une organisations de parti où prédomine la phraséologie social-démocrate avec ses généralités qui dissimulent les intérêts particuliers, les revendications concrètes du prolétariat ne devant pas être formulées sous peine de troubler la paix bien aimée » (1), cest la description de Marx, et il poursuit à propos de ce conglomérat quil porte le nom de gauche plurielle, Front de gauche ou autre: « Une telle association tournerait à leur seul avantage et entièrement au désavantage du prolétariat, lequel perdrait entièrement sa position indépendante, chèrement acquise pour retomber au simple appendice de la démocratie bourgeoise officielle » (p.550). Si jai combattu pour que les questions internationales soient abordées en tant que telles, pour que soit défendue une nouvelle relation avec les autres partis communistes autant que la sortie de lOTAN et la lutte pour la paix, cest que face à la mondialisation capitaliste, lautonomie du Parti communiste en tant que parti des travailleurs ne peut exister sans cette souveraineté, sans conscience de létendue de la bataille. Ce fut un combat parce que les camarades avec qui nous élaborions cette vraie base commune avait parfois pris lhabitude de ne plus faire référence aux questions internationales. Larchitecture du texte initial a subi quelques modifications mais lessentiel y est. A savoir, lurgence de se réapproprier ces questions dans un monde en pleine transformation dans lequel nous assistons à la chute de lempire américain et ses vassaux, la montée de nouveaux rapports sud-sud, les voies originales que prend partout le communisme, les expériences y compris de léchec, des résistances et des avancées. Cet exemple peut être étendu à bien dautres, et ce qui me paraît très important dans ce texte cest deux choses. La première est lentente de ceux qui lont signé sur une analyse sur un point fondamental : lautonomie dun parti des travailleurs, un parti communiste. Je résume là encore en me référant à Marx, non par manie des citations mais parce quil est confronté comme nous à une période contre-révolutionnaire, un ressac en Allemagne, après le mouvement de 1848, cest le retour de la féodalité alors même quelle est condamnée. Marx note « la petite bourgeoisie sorganisait de plus en plus en Allemagne, le parti des travailleurs perdait son seul soutien ferme et son organisation subsistait tout au plus dans des endroits isolés et pour des objectifs locaux, si bien que dans le mouvement général, il tomba complètement sous la domination et la direction des démocrates petits bourgeois. Il convient de mettre fin à cet état de choses, lautonomie des travailleurs doit être rétablie » (idem. p.548). Cest cette préoccupation qui est celle qui a réuni les auteurs de cette proposition de base commune « le rétablissement de lautonomie du parti » , après des années de soumission au PS, puis à Mélenchon poursuivant luvre de Mitterrand et ne sen cachant pas, en France comme partout dans le monde. Tant quils nont pas le pouvoir, toutes « les fractions de la bourgeoisie sappellent républicains ou rouges, tout comme en France les petits bourgeois républicains se parent aujourdhui du nom de socialistes .(p.550). Le capital ne sy trompe pas et les choisit volontiers comme adversaires « privilégiés » alors quil ne cesse détouffer le parti communiste. On ne sait jamais, il pourrait se réveiller et serait alors le seul à les mettre en péril. Cest pour cela que lon ne peut attendre aucune complaisance de ses médias, aucune publicité. Nous devons arracher nos conditions dexistence, leur imposer la nécessité de parler de nous pour nous désigner pour ce que nous sommes, leur seul adversaire. Le contraire du choix des directions qui espèrent attirer leur sympathie en devenant toujours plus accommodants, « comme les autres ». Il ne sagit pas de jouer les gauchistes braillards, mais de porter une vision concrète et des revendications populaires. Tous ceux qui ont accepté de rédiger en commun cette base commune intitulée « pour un manifeste du parti communiste du XXI e siècle » ont une préoccupation commune essentielle: dans la période de contre-révolution que nous avons traversée, daffaiblissement du parti communiste qui engage son processus vital, nous tablons non sur une mise à la remorque de la petite bourgeoisie, mais sur lautonomie des travailleurs et de leur parti. Plus nous sommes affaiblis, plus notre renforcement dépend de notre autonomie. Cest la base de notre rencontre et elle sassortit dun travail sur le parti lui-même, sur ce quil défend, sur son organisation. La première raison essentielle de signer ce texte. la deuxième caractéristique de notre texte est que cette rédaction en commun ne se contente pas dune motion de synthèse qui retomberait dans les généralités, elle pointe ce qui nous est commun et nos divergences en proposant que le Congrès avance dans le dialogue. Cest donc une base ouverte et pourtant précise qui amorce une reconstruction collective à partir de lurgence dun parti dont le pronostic vital est engagé et où les facteurs de division se sont aggravés et ont été entretenus. Ceux qui se sont engagés dans cette démarche ont une base commune, la nécessité dun parti communiste dans une situation où le capital en crise profonde accélère son emprise et nous conduit au désastre; seul un parti communiste est apte à faire face. Et ils le font sans gommer les différences, voire les divergences, le congrès mais aussi la pratique tranchera. Parce quil serait illusoire de croire que le parti na pas été gagné par toutes les formes social-démocrates. Il y a ses directions successives dont on mesure bien à quel point elles nous ont infligé lobjectif petit bourgeois dun parti unique dans lequel les travailleurs perdraient leur autonomie. La direction de plus en plus isolée de Pierre Laurent, aussi discréditée que la social démocratie elle-même à laquelle elle prétend encore et toujours nous rallier, joue le légitimisme et la division qui est son meilleur atout. On ne peut pas continuer à la conforter en entretenant nous mêmes les divisions. Ce qui est on le notera le rôle de certains radicaux gauchistes qui à chaque congrès se sont fait une spécialité de laide apportée aux directions sous couvert de laver plus « rouge », ce qui là encore est une caractéristique infantile. On peut découvrir à quel point aujourdhui ils tombent les masques en faisant porter tous leurs coups non sur le capital, non sur les petits bourgeois qui veulent en finir avec le parti mais bien sur notre base. Ils en sont à reprendre un texte du précédent congrès avec un seul but : diviser notre tentative et conforter la direction, linjure gauchiste tient lieu dargumentaire
Il y a le travers « intellectuel », ceux qui sont la proie dune obsession « sociologique » et qui croient que la question nest pas politique, la prise du pouvoir, mais se résume à la reconnaissance de leur analyse sur tel ou tel point de la « modernité ». Ils sont prêts à rallier celui qui tiendra compte de leur dada intellectuel tout en se plaignant parfois de labsence de classe ouvrière, mais en évacuant la question du pouvoir et de la conquête de ce pouvoir qui est pourtant la base de lanalyse marxiste et léniniste. Tout cela est le produit de laffaiblissement. Tout cela ne disparaîtra pas du jour au lendemain, la remise en question dun parti capable de représenter lautonomie des travailleurs et de leurs revendications, de porter la conquête du pouvoir des travailleurs, des exploités, du prolétariat au sens large, sest faite sur des décennies
Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire, beaucoup de dialogue mais aussi beaucoup dactions. Il faut bien mesurer que malgré notre affaiblissement, nous avons des atouts importants. Il y a peu de partis communistes dans une Europe occidentale en crise, et il faut savoir reconnaître que les communistes français, les militants ont beaucoup perdu, leur organisation, les liens avec lentreprise, ils ont subi un sabotage interne et externe, mais il existe un parti communiste autour duquel se satellise plus ou moins tout une combativité parfois groupusculaire. En France, ce nest pas un hasard indépendant de cette existence si la combativité demeure forte et il faut à la fois faire un diagnostic de nos carences, mais aussi de notre existence. De la manière dont la masse du parti a toujours au cur même du « légitimisme » défendu lexistence et le nom de notre parti. Personnellement jai la phobie des tendances et je ne sais pas mener un combat au sein de mon parti. Je fais confiance aux communistes y compris ceux qui font des choix différents du mien avec le même objectif pourtant, donc je souhaite que chacun mesure la gravité du moment et les enjeux. Que chacun prenne ses responsabilités en conservant le minimum de fraternité qui nous permettra duvrer ensemble. Cest le choix dans ma cellule et je crois quil est possible comme le propose cette base de reconstituer lunité des communistes en tablant sur des objectifs communs, malgré nos divergences, la pratique aidera à trancher à partir du moment où nous aurons reconquis un parti communiste. Jai tenté jusquau bout de préserver lexistence dune base commune, en espérant que la direction aurait à cur de nous proposer un texte ouvert, permettant le dialogue et lunité des communistes, celle de la direction votée à une courte majorité des « présents » du CN nétait pas amendable. Jai donc participé à une autre base commune ouverte telle quune direction consciente aurait dû la proposer. ET POUR CELA, NOUBLIEZ PAS LESSENTIEL : Attention , il faut que les 300 signatures (pas plus de 30 par fédé soient déposées avec attestations le 6/7/18, donc il y a peu de temps pour agir. Danielle Bleitrach (1) Je vous conseille de lire ce texte de Marx, intitulé fin de la Ligue des justes, adresse au comité central. Non seulement parce quil est dune brulante actualité, mais parce quil montre la filiation entre Marx et Lénine que lon tente de nier aujourdhui. Vous le trouverez dans les écrits politiques.1. dans la Pleiade. p.544 à 559.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 12-07-2018 à 12:43:57
| L'opposition fait des vagues Le Parisien se fait l'écho des critiques contre la direction révisionniste du PCF : http://www.leparisien.fr/politique/pierre-laurent-de-plus-en-plus-conteste-au-sein-du-pc-12-07-2018-7817454.php#xtor=AD-1481423551. L'article distingue trois courants d'opposition. A l'évidence la direction révisionniste utilise ces divisions pour soutenir le courant le plus réformiste du "vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales" et des mobilisations "sociétales", c'est-à-dire l'effacement idéologique et l'identification à la gauche radicale . Pierre Laurent de plus en plus contesté au sein du PC 12 juillet 2018 À lapproche du congrès du Parti communiste français en novembre prochain, Pierre Laurent, son patron, est sur la sellette. Pierre Laurent passera-t-il lautomne ? Alors que le PCF doit tenir son congrès début novembre, les cadres du Parti communiste ne sen cachent plus, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire tomber le patron du PCF. Ainsi, plusieurs députés, dont le chef de file du groupe à lAssemblée, André Chassaigne, ont décidé de présenter un texte alternatif à celui que défendra Pierre Laurent. Et les mots sont durs. Chassaigne critique un mouvement « tétanisé par la présence dautres [partis] » . « Le PCF doit jouer son propre basket, arrêter de toujours se placer par rapport aux autres » , explique le député du Puy-de-Dôme. Les signataires de ce texte critiquent vertement la décision du Parti communiste, qui na pas présenté de candidat à la présidentielle, pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. Actant de fait son effacement du paysage politique. « Inaudible » Une décision qui na jamais été remise en question et qui a participé à « laffaiblissement historique colossal » dun parti, qui na fait que 2 % aux dernières législatives. « Il ne faut pas reproduire les errements, le flou, labsence de stratégie claire » , tacle de son côté le député et patron de la puissante fédération PCF du Nord, Fabien Roussel. Le responsable de celle du Pas-de-Calais, autre bastion historique, Hervé Poly, est sur la même ligne. Les communistes sont aussi nombreux à critiquer lapathie du parti, « pas assez actif » sur le plan national. Pierre Laurent, « inaudible », naurait pas pris la mesure de lurgence, croient-ils. Elsa Faucillon, jeune députée (37 ans) des Hauts-de-Seine et figure montante du parti, défend, de son côté, un second texte pour un « vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales » , pour la redéfinition « dun projet communiste » moderne, plus écologiste, engagé aussi bien dans la lutte féministe, antiraciste, que dans celle des classes. Autant de critiques en creux de la direction actuelle, qui pour ses auteurs ne promet que le « statu quo » . Une troisième liste, intitulée « Reconstruire le parti de classe » , sera également présentée au congrès par la section PCF du XVe arrondissement de Paris. « Pierre Laurent entend les critiques » « Toutes les forces politiques sont traversées par des débats » , tente de dédramatiser Ian Brossat, élu parisien, récemment désigné tête de liste du PCF aux européennes. « Pierre Laurent entend les critiques, il fait un vrai travail de fond et veut moderniser le parti » , défend lentourage du secrétaire national. Le sénateur de Paris défendait aussi il y a quelques semaines dans nos colonnes, la volonté de diriger une « direction renouvelée et rajeunie » , assumant de vouloir faire « la révolution » du PCF. À moins que la révolution, ce ne soit lui qui en fasse les frais.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 19-07-2018 à 15:18:37
| 38ème congrès du PCF
Pour un Congrès extraordinaire, une première étape est franchie ! http://lepcf.fr/Pour-un-Congres-extraordinaire-un-premiere-etape-est-franchie Mercredi 18 juillet 2018, Le texte « Pour un Manifeste du Parti communiste du 21ème siècle » est maintenant déposé, soutenu par près de 1300 signataires. Cest une première étape de franchie vers un congrès extraordinaire. Au delà des opinions différentes des uns et des autres, les initiateurs et soutiens de cette base commune ont su se rassembler autour dun objectif : sortir de la spirale du déclin et de leffacement. Cela nécessite un bilan critique des 20 dernières années, un débat sans tabou sur les questions qui taraudent les communistes. Ce travail conduira à interroger les choix stratégiques suivis depuis plusieurs années et à décider, si les communistes le jugent nécessaire, dune réorientation stratégique. Le congrès ne pourra sans doute pas trancher toutes les questions, mais il devra en tous cas les instruire et prendre des décisions urgentes quant à la visibilité de notre bataille nationale dans les luttes, les idées et les élections, la vie du parti et de ses organisations de base, la construction dune nouvelle direction nationale. Le Manifeste nest pas la simple expression dun courant de pensée du PCF. Il se veut une alternative au texte produit par la direction nationale qui vise à éviter toute remise en cause de la stratégie et de la direction pour pouvoir continuer comme avant. Ses initiateurs ont en quelque sorte assumé le travail dont la direction sortante était incapable, proposer un texte ouvrant les questions qui préoccupent les communistes et cherchant à construire lunité sur le plus haut dénominateur possible. Le Manifeste est donc bien une base commune à part entière. Nous nous sommes interrogés dès le mois de janvier quant à notre attitude dans ce congrès. Nous aurions pu écrire un texte alternatif défendant lessentiel de nos options dans la situation présente du congrès, avec lobjectif que ces idées influencent le débat et freinent ainsi les options liquidatrices représentées par le texte du "Printemps du communisme" et celle de renoncement de la direction nationale, qui conduisent les unes comme les autres, dans tous les cas, à leffacement du PCF, voire sa disparition. Cétait reproduire la situation des précédents congrès qui nont jusquà maintenant pas permis darrêter laffaiblissement mortifère du PCF, alors même que la situation politique comme celle du parti appellent des initiatives audacieuses. Létat daffaiblissement du parti, la lassitude et la colère des camarades nous ont conduit à privilégier, avant quil ne soit trop tard, un sursaut autour dune idée largement partagée par les communistes : il faut sortir le PCF de leffacement et du renoncement et ceux qui partagent cette conviction doivent se rassembler pour la faire vivre. Cest pourquoi nous avons lancé le 11 juin un appel a écrire ensemble une base commune. Cette volonté en a rencontré dautres et très vite sest ouvert un chemin dans lequel résonnent les pas de camarades chaque jour plus nombreux. Lampleur du mouvement dépasse aujourdhui le cadre strict de ses initiateurs. Le rassemblement dynamique qui sopère autour du Manifeste est un premier encouragement. Il nest pas circonstanciel. Il trouve ses racines dans la conférence nationale de 2007 où les communistes avaient décidé de garder son nom au PCF et de le continuer contre lavis de la direction conduite par Marie-Georges Buffet, dans le large rassemblement qui avait porté le choix dune candidature communiste en 2012 et 2017 et contre lequel le secrétaire national Pierre Laurent avait mis tout son poids. Et si nous savons bien que les initiateurs et signataires ont des points de vue différents sur nombre de questions, nous savons aussi quils sont unis sur ce point essentiel : il ne peut pas y avoir de transformation révolutionnaire de la société sans que le PCF vive et se renforce. Avec Le Manifeste les communistes ont un outil pour déverrouiller une situation bloquée depuis plusieurs années. Sils le placent en tête de la consultation des 4, 5 et 6 octobre 2018, le Manifeste deviendra la base commune de tous les communistes. Ce sera un évènement sans précédent, source dune nouvelle dynamique de discussion et de construction politique dans le processus damendement qui suivra. Ce serait la première fois depuis longtemps quun texte de congrès poserait les questions de manière aussi ouverte sur les choix faits depuis Martigues, le bilan de la gauche plurielle, des collectifs antilibéraux, du Front de gauche et du renoncement au candidat communiste à la présidentielle notamment. Pour la première fois aussi, notre position quant à lUnion européenne sera mise en débat sans tabou comme lanalyse de la situation internationale et des propositions précises permettant de caractériser le processus révolutionnaire que nous voulons pour notre pays. Avec cette base commune « Pour un manifeste communiste du 21ème siècle », les communistes ont les outils pour créer les conditions dun congrès vraiment extraordinaire, facteur de renouveau stratégique, dunité et confiance retrouvée. Ne laissons pas passer cette chance ! Organisons dans chaque section, chaque cellule, le débat permettant déclairer le choix des camarades. Continuons à signer et faire signer le texte, ainsi quà le faire connaître.
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| | machintruc | | vivre pour devenir une Mark V | | Pionnier | | 2 messages postés |
| Posté le 03-12-2018 à 12:14:09
| Bonjour Je suis au PCF depuis 19 ans et ici comme le sujet est : les communistes au sein du PCF je propose donc la lecture d'un petit problème. Un des problèmes du PCF est la non cotisation de nombreux adhérents. C'est important, plus important que les idées. En ce qui me concerne j'ai vécu sans aucune ressources pendant quatre années alors que j'étais membre du PCF depuis 12 ans mais j'ai toujours cotisé (en fait avec retard) puisque j'ai réglé mes cotisations des années qui manquaient (à raison de dix euros par mois) quand j'ai demandé le Rsa Je sais que beaucoup ne cotisent pas alors qu'ils gagnent leurs vies et certains ont eut leurs logement gr[a accent circonflexe]ce à la mairie PCF de leur ville Je ne vois pas comment on arrivera à continuer comme cela indéfiniment si on néglige cet aspect là Certes ce ne sont pas mes 120 euros annuels qui servent le PCF mais il y a deux principes de base depuis l'origine du PCF : penser le communisme commence par penser à payer sa cotisation penser le communisme commence par penser à ne pas se rendre dépendant du parti par le biais des services qu'il pourrait rendre (tant par l'obtention d'un travail, d'un logement etc...) car celui qui donne est toujours en position de force sur celui qui reçoit alors que pour penser librement il faut que personne ne soit en position de force sur soi
-------------------- S.Peckinpah est J.Lelong-Ferrand en mode terreur |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 03-12-2018 à 13:41:29
| Juste observation, quoique les idées et les questions matérielles soient intimement liées : c'est la conviction des militants qui peut remplir les caisses d'un parti communiste et non la reconnaissance du ventre ou le copinage. Il faut souhaiter que la classe ouvrière reprenne toute sa place dans ce parti et instaure une mentalité prolétarienne.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | DUROC | | Militant de valeur | | 365 messages postés |
| Posté le 03-01-2019 à 13:39:39
| Alors, quoi de changé au P"C"F depuis qu'un signataire du texte "pour un manifeste communiste du XXI ème siècle" est devenu secrétaire général du parti révisionniste social-démocrate ? Le débat semble clos...?!
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 03-01-2019 à 14:57:36
| Duroc, comme tout anticommuniste, la disparition du PCF te laisse seul sans adversaire et te laisse au chômage devant le vide que tu peux combler sans faux amis. Ne te décourage pas, et affûte des arguments pour reconstruire une nouvelle organisation communiste. Le champ de ruines est libre et certaines zones restent non polluées et fertiles. |
| | DUROC | | Militant de valeur | | 365 messages postés |
| Posté le 04-01-2019 à 09:57:41
| J'avoue ne pas trop comprendre ton message, camarade.
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 04-01-2019 à 16:06:21
| Ne te tracasse pas avec le musée des affaires du parti communiste français. Il est mort et ne ressuscitera pas. Tu peux faire à ton idée, tes adversaires ont rendu armes et bagages, tes solutions n'ont plus qu'à convaincre.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 07-06-2019 à 11:26:02
| Ci-dessous un courrier de Gilbert Remond. Il y a des choses qui avancent dans l'appréciation sur la social-démocratie, avec une lenteur effrayante. Et la notion de socialisme reste censurée : Pour l'instant je n'en dirai pas plus mais après lecture de cet article, il me semble que Fabien Roussel saisi en quelque mots l'essentiel de la situation. Je rajouterai seulement que nous avons besoin d'un parti révolutionnaire, d'un parti communiste qui prenne a bras le corps la question d'un changement de société, d'un changement qui inscrive clairement dans ses objectifs le capitalisme c'est a dire repose la question du socialisme, de sa construction pour jeter les bases de la société communiste. Cela implique de revenir aux fondamentaux du marxisme, de définir un programme clair qui mette a l'ordre du jour la destruction de l'état bourgeois et l'appropriation collective des moyens de production. je pense pouvoir lire quelque chose de cet ordre dans les mots de Fabien Roussel, d'ailleurs le groupe facebook ou j'ai trouvé ce texte ne se trompe pas a sa manière, quand l'un de ses participant , partisan de la tendance Pierre Laurent écrit: "Big-bang . Dans une longue interview à lHuma le secrétaire général du PCF ne semble pas avoir tiré du résultat des européennes la même leçon que Ian Brossat dont il évite bizarrement de prononcer ne serait-ce que le nom. A la veille du centenaire du Congrès de Tours, il considère que son résultat lui permet daffirmer que « tout commence maintenant ». Jétais délégué au 23e congrès dont le mot dordre « lavenir commence maintenant » avait été inventé par mon regretté camarade Félix Damette. Depuis le paysage politique national, européen et mondial a été bouleversé pour prendre une forme aux antipodes de cet avenir que nous souhaitions alors construire. Un big-bang a eu lieu au profit du libéralisme mettant lhumanité au bord de labîme. Cest bien à la nécessité dun contre big-bang que toute la gauche et les écologistes sont confrontés. Cest ce à quoi Génération.s appelle en signant le manifeste initié par Clémentine Autain et la députée communiste Faucillon. Un appel superbement ignoré, lui aussi, par Fabien Roussel..." . C'est dire que la bataille interne va continuer de plus belle et que les vaincus d'hier appuyés par des force externes au parti, sont décidés a la continuer de plus belle. La lutte de classe ne désarme pas, les liquidateurs n'ont pas dit leur dernier mots, a nous de ne pas les laisser reprendre leur marche délétère vers la destruction de l'organisation communiste dont les masses ont besoin. Gilbert
__________________________ Fabien Roussel : "Allons plus loin. La gauche se reconstruira dans l'action" Jeudi, 6 Juin, 2019 Dans un entretien accordé à l'Humanité Dimanche, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF voit dans le scrutin des élections européennes, un « point de départ » pour le mouvement communiste, et pour la gauche quil appelle à laction commune. « Cest maintenant que tout commence... ». Quels sont, pour vous, les grands enseignements des élections européennes ? Emmanuel Macron, après avoir siphonné les voix du PS en 2017, siphonne celle de la droite en 2019 et réussit à imposer son parti dans le paysage politique en faisant de lextrême droite son vrai-faux adversaire. Nos concitoyens ne pourraient plus faire autrement que de choisir entre lextrême droite et le libéralisme à la sauce américaine. Cest terrible comme situation politique, parce que les forces progressistes sont diminuées. Quelles soient unies ou non, elles sont affaiblies. Les Français, à 50 %, sont restés chez eux et ne sont pas allés voter. Le Rassemblement national et Macron font chacun 5,5 millions de voix, quand 22 millions de Français ne sont pas déplacés pour aller mettre un bulletin dans lurne. Je dénonce lhypocrisie et la complicité de ces ultralibéraux au service de la finance qui prennent le risque de faire basculer notre pays et de le livrer à lextrême droite. Les députés En marche ! se présentent comme un rempart contre lextrême droite, dénoncent les dangers que représente le RN pour notre pays, mais dans les couloirs de lAssemblée ou sur les plateaux télé, sembrassent et cultivent leur complicité. Le RN et LaREM ont besoin lun de lautre. Cest extrêmement inquiétant. Il y a aussi la politique menée par Macron
Au lendemain de lélection, nous tombent dessus en trois jours : la vente de Renault aux italiens ; annonce du plan social à Belfort ; et la liquidation de Whirlpool à Amiens. Évidemment que ça favorise la colère, la haine envers les puissants et les responsables politiques. Sauf que, aujourdhui, la colère sexprime avec un bulletin de vote RN. Laffaire General Electric est grave. Quil ne nous dise pas quil ne savait pas ! Macron a dit à son ancien conseiller, qui en est le directeur général, "attends la fin des élections pour annoncer le plan social". Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Cest corruption et complicités ! Ce nest pas limpuissance de lÉtat que je dénonce mais sa complicité. Comment interprétez-vous le score décevant du PCF ? Le principal enseignement, cest que, lorsque les Français sont en colère, ils utilisent le bulletin RN et non celui de la gauche ou du Parti communiste. Nous devons faire lanalyse de cette situation. Comment construire les conditions pour recréer lespoir pour que, demain, nous, la gauche, soyons la solution. Une gauche anticapitaliste, une gauche qui sattaque au modèle économique. Une gauche qui remet en cause les logiques économiques actuelles. Dans cette campagne, nous avons réussi à mobiliser les militants. Nous avons réussi à convaincre des soutiens très divers au-delà des rangs du Parti communiste. Beaucoup de responsables syndicaux, dintellectuels se tournent de nouveau vers nous. Nous disposons dune force qui est là, qui est riche et diverse. De plus en plus de gens croient, comme nous, quil faut profondément changer de modèle économique. Cest un acquis important de cette campagne que nous devons à notre présence à cette élection. Mais force est de constater que nous ne sommes ni rentrés dans le cur des quartiers populaires, ni dans celui des ouvriers, des employés, des familles qui narrivent plus à vivre avec moins de 2 000 euros. Pourquoi est-ce dans les catégories sociales les moins aisées que nous faisons le moins de voix ? Nous devons comprendre pourquoi et résoudre ce problème. Nous devons aller parler aux abstentionnistes et à ceux qui utilisent un autre bulletin que le nôtre, pour leur dire que cest le système quil faut changer en profondeur et que le Parti communiste apporte des réponses. Il faut que lon redevienne une force politique qui parle prioritairement au monde du travail, aux classes populaires, aux salariés, aux employés et plus globalement à tous les exploités, quils en aient conscience ou pas. Le plaisir fut grand de mener cette campagne. Nous avons été fiers dutiliser le vote communiste pour exprimer ces idées, daller convaincre. Maintenant, allons plus loin. Macron veut installer le clivage "progressistes contre populistes", le RN joue les "mondialistes contre les souverainistes", la France insoumise oppose le "peuple" et l"oligarchie", nest ce pas la preuve que le clivage gauche-droite est dépassé ? Je pense quil faut redonner du sens à ce clivage-là. Quelle gauche ?La question fondamentale, cest comment réussir à reprendre le pouvoir sur la finance ? Les financiers et ceux qui défendent le capital agitent toutes les peurs : celle de lextrême droite, celle de létranger, celle de lavenir de la planète
Certaines de ces problématiques sont légitimes mais on ne peut pas les dépasser sans jamais remettre en cause le système. Cest donc là le cur de la question qui est posée à la gauche. Est-ce quon peut trouver des points daccord pour commencer à remettre en cause les fondements de ce système économique ? Autrement dit remettre du contenu de classe dans le clivage gauche-droite ? La gauche doit prendre conscience, et nous avec, que les capitalistes sont très forts. Ils ont gagné une manche ces dernières années. Nous devons lanalyser lucidement, nous mettre autour de la table et nous poser la question de comment reprendre la main. Je nai pas la prétention aujourdhui davoir la réponse seul. Mais il faut avoir cette humilité-là. Ce que je sais, cest que nous sommes très forts pour dénoncer les capitalistes, les financiers, ceux qui dominent. Mais beaucoup moins forts pour parler et convaincre ceux qui sont exploités, ceux qui sont dominés. Le monde du travail est fort quand il est uni. Nous devons changer ce modèle économique pour remettre lhomme et la planète au cur de tous les choix. Unis, nous serons plus forts pour reprendre le pouvoir sur la finance et décider de nos vies. Ce nest pas quune question daddition, cest une question de bataille idéologique. Dans ce contexte, la question écologique devient de plus en plus centrale
Il faut sadresser à la jeunesse, à ceux qui ont placé lécologie en tête de leurs préoccupations et leur dire quil ny aura pas de politique écologique sans remettre en cause le modèle économique. Le capitalisme vert, ça nexiste pas. Jai toujours dit que cette question devait être une priorité pour nous. Le Parti communiste français, cest lhumain et la planète dabord. Cest clair. La seule solution pour exprimer lurgence écologique nest pas le bulletin Vert. Le PCF a des propositions et un projet communiste qui répond au défi écologique et climatique. Nous devons montrer leur lisibilité et leur cohérence. Cest un problème de culture politique, de prise de conscience. Nous devons convaincre les jeunes et, pour cela, nous devons être encore plus nombreux. Nous appelons donc à un renforcement important de notre parti en nombre dadhérents pour avoir plus de moyens humains, pour aller parler dans les lycées, les universités, les usines et les entreprises, pour convaincre de lurgence à changer de modèle de société. Au soir des européennes, un camarade est venu me voir et ma dit : "Cest maintenant que tout commence." Jai apprécié cette formule. Cette campagne est un point de départ. En 2017, la France Insoumise ne faisait plus référence à la gauche. En 2019, les Verts ne font plus référence à la gauche et ils arrivent en tête. La notion de gauche a-t-elle fait son temps selon vous ? Je ne crois pas quil sagisse pour nous de faire pareil. La gauche, si elle est disqualifiée dans les urnes, existe toujours dans les têtes. Comme la droite, qui a bien compris que Macron pouvait devenir son nouveau poulain. Cela dit, ces élections posent un certain nombre de questions et il va falloir prendre le temps de la réflexion. Je veux prendre le temps de me poser, découter, détudier, de parler avec les militants. Je vais entamer une tournée des entreprises pour aller à la rencontre de ces salariés du public et du privé, échanger avec eux. Pour entendre leurs mots, ce quils vivent dans leurs entreprises. Mais nest-on pas à la fin dun cycle, y compris pour la gauche ? Oui, la gauche peut disparaître et il peut y avoir demain un paysage politique structuré entre lextrême droite qui fait peur et les démocrates qui seraient les sauveurs. Ça serait terrible. Pour déjouer ce piège, il faut faire ce quont fait nos anciens en 1789 ou lors la Commune de Paris, il faut se remettre à rêver dun projet démancipation humaine égalitaire. Un programme, ça ne suffit pas. Il faut réussir à se projeter dans un rêve humaniste, progressiste, communiste qui redonne envie de sengager en politique au sens noble. Pas pour une boutique mais pour un projet de société. Allez-vous rencontrer les autres forces de gauche prochainement ? Oui, mais ça ne réglera pas tout. Cest facile de se retrouver avec des forces de gauche autour dun café pour se mettre daccord ou se dire quon nest pas daccord. Cest autrement plus difficile daller convaincre 10 millions délecteurs quil est possible de changer la société ensemble. Je lai dit à Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, je suis disponible pour discuter avec tout le monde sans préalable et sans dire quon a une réponse toute faite. Après, il va y avoir des élections municipales. Cest un scrutin local, que les Français aiment bien. Le mode de scrutin permet les rassemblements les plus larges. Créons les conditions partout pour faire gagner des majorités qui vont porter des idées nouvelles et produire des actes nouveaux. Des élus qui vont défendre des services publics locaux, la gratuité des transports, lécologie
qui vont se battre pour redonner des moyens aux communes et battre la droite de Macron et lextrême droite. Mais la gauche, ça ne peut pas être que des alliances électorales. Comment fait-on pour empêcher la privatisation dADP ? Comment fait-on pour gagner un moratoire sur toutes les fermetures de services dans les hôpitaux publics ? Pour que la ligne Perpignan-Rungis, le train des primeurs, ne ferme pas ? Pour empêcher les fermetures dusines ? Cest concret, cest maintenant et ça change la vie des gens. On peut mener ces batailles ensemble, gagner ensemble dans le respect des identités de chaque force. "Cest dans laction que la gauche se reconstruira." Je pense que, aujourdhui, il y a besoin surtout de rassembler celles et ceux qui veulent transformer radicalement la société. Il faut aller plus loin que la "gôche" avec un accent circonflexe. Produisons les idées qui vont nous permettre de sortir du capitalisme, une rupture heureuse avec la société actuelle vers une nouvelle société. Des gens qui veulent le faire, il y en a chez les insoumis, chez les Verts, chez les socialistes et chez les communistes bien sûr, mais il y en a beaucoup plus en dehors de nos partis ! Il sagit moins dadditionner des forces politiques que dadditionner les idées, les gens et produire des actes. Quand les gilets jaunes disent que les politiques, "cest de la merde" , et quil y a trop de députés. Quand jentends des responsables syndicaux qui disent : "La politique, ça ne mintéresse pas, jen fais pas." Cest ça qui doit nous préoccuper. Il faut les convaincre quil faut quils sintéressent à la politique. Parce que dautres le font et construisent leur avenir à leur place. Ce sera long mais cest incontournable pour changer le rapport de forces dans notre pays. Oui, cest maintenant que tout peut commencer. Entretien réalisé par Stéphane Sahuc et Cédric Clérin
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 07-06-2019 à 15:35:53
| On sent bien que Roussel a été à l'école de Laurent (fils), très délicat avec l'union de la gauche et conservant après une n-ième déroute électorale l'espoir d'une remontée aux prochaines élections. C'est la vieille stratégie du Front Populaire (FP) conduisant aux pleins pouvoirs à Pétain en 1940 (sans votes communistes mais avec les votes des élus socialistes du FP), à la mise en place de De Gaulle en 1958 avec l'appui des socialistes SFIO (Guy Mollet) et l'installation des 1981 des socialistes européistes et pro OTAN résultats du programme commun conduisant à Masstricht et Lisbonne pour la réintégration dans l'OTAN et les guerres américaines et dans l'euro. Les communistes refusant l'union avec les sociaux démocrates feraient bien de regarder ce qui se passe ailleurs et rejeter pour de bon et si possible pour longtemps les alliances conduisant aux politiques désastreuses qui ont toujours suivi les succès électoraux de la "gauche unie". Si Roussel veut un exemple des résultats de l'union de la gauche : l'élection de Moscovici devenu le cador de la Commission européenne doit suffire pour clore le sujet, sans débat!
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| | Plaristes | | Communiste et Français ! | | Militant expérimenté | | 796 messages postés |
| Posté le 29-11-2019 à 22:55:07
| Avec les gilets jaunes il y-a-t-il de nouvelle idée des protocoles à suivre pour faire renaître la théorie révolutionnaire?
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 19-05-2020 à 07:07:44
| Plaristes a écrit :
Avec les gilets jaunes il y-a-t-il de nouvelle idée des protocoles à suivre pour faire renaître la théorie révolutionnaire? |
Les gilets jaunes ne développent aucune théorie, ils expérimentent des pratiques.
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