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 Les communistes et l'immigration

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Xuan
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   Posté le 22-06-2021 à 17:34:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Vaste sujet, régulièrement alimenté par la rubrique des faits divers, elle-même orientée à des fins électoralistes entre LREM, LR et le RN, tandis que la réponse humanitaire et hypocrite de la social-démocratie est battue en brèche.

Nous avons défendu systématiquement la position français-immigrés une seule classe ouvrière . Seule l'unité du peuple peut vaincre la bourgeoisie.

Le chômage de masse induit par les délocalisations capitalistes dans les pays du Tiers Monde, l'appauvrissement libéral des pays du COMECON et la crise des réfugiés ont accentué les contradictions entre salariés.
Rappelons que la crise des réfugiés a des causes économiques liées à la circulation du dollar et de la dette US, mais aussi le terrorisme islamiste soutenu par les USA, et la destruction de nations entières comme la Libye par les impérialismes occidentaux.
Sous cet angle la fin de la présence impérialiste, l'essor économique de l'Afrique et l'éradication du terrorisme sont des conditions impératives pour retrouver les conditions d'un apaisement.

La pandémie a ajouté une couche de racisme et de xénophobie, spécialement antichinoise, à l'instar de la Grande Peste qui ravagea au XIVe siècle toute l'Eurasie et même le Maghreb, jusqu'au début du XIXe, c'est-à-dire toutes les régions situées près des grandes voies commerciales. La rumeur avait alors circulé que les Juifs en étaient immunisés et qu'ils en étaient responsables en empoisonnant les puits : les pogroms y trouvèrent une justification.
Il est singulier qu'aujourd'hui, des arguments tout aussi complotistes viennent étayer la responsabilité de la Chine dans la pandémie, alors qu'elle a compté moins de 6000 morts du covid.

Mais les contradictions racistes se sont surtout cristallisées autour des ex colonies de notre pays, notamment le maghreb, remettant en cause le droit de circuler des immigrés de ces pays, et dressant un mur invisible aux portes de nouveaux ghettos.
Pas tout-à-fait invisible, suivant ce témoignage sur le contrôle au faciès.

Dans le PCF ceux qui critiquent la ligne liquidatrice de P. Laurent et MG Buffet croient parfois légitime de revenir à l'époque de G. Marchais et de certaines de ses sorties les plus polémiques, alors que lui-même avait mis le pied à l'étrier du révisionnisme moderne et abandonné l'internationalisme prolétarien.
Il faut signaler la déclaration particulièrement réactionnaire d'André Gérin le 17 octobre 2020 :l'urgence d'un front républicain pour combattre l'islamisme

Il ne s'agit pas pour autant de faire dans l'angélisme avec le lumpen qui s'est développé dans les quartiers pauvres.
Il ne s'agit pas non plus de s'en tenir aux lois existantes sur le droit d'asile, comme s'il s'agissait d'un viatique et d'une assurance contre toute dérive. Notre objectif est de construire une nouvelle société humaine de solidarité entre les peuples, et de favoriser tout ce qui peut y conduire.


J'invite à réfléchir soigneusement sur ce sujet, en essayant d'en étudier les nombreux aspects.
Ci-dessous donc, plusieurs réactions.



Edité le 22-06-2021 à 23:09:26 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 22-06-2021 à 17:36:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La position d'Ensemble https://www.ensemble-fdg.org/content/immigration-fabien-roussel-se-trompe-de-combat:

Immigration : Fabien Roussel se trompe de combat !

Interrogé par Cnews, sur les demandeurs d’asile qui n’ont pas obtenu le statut de réfugié, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF déclare : « s’ils n’ont pas vocation à rester sur le sol français, ils ont vocation à repartir et être raccompagnés chez eux […] je dis effectivement que quand on ne bénéficie pas du droit d’asile, on a vocation à rentrer chez soi » .

Les chiffres donnés par Emmanuel Macron et repris par Cnews, sont sciemment grossis pour créer l’idée qu’il y a un « taux d’acceptabilité » que la population française a atteint, faisant écho à la fameuse phrase « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Avec l’illusion de gagner des suffrages dans l’électorat de la droite et de l’extrême droite.

En 2020 les demandes d’asile (95 000 et non pas 120 000) ont diminué de 41 % . 37 % ont obtenu le statut de réfugié (soit 60 000 qui ne l’ont pas obtenu et non pas 80 000) et le nombre de visas délivrés a baissé de 80 % (à cause du Covid).

Si la déclaration d’Emmanuel Macron n’est pas étonnante, sa reprise par Fabien Roussel est inacceptable et ne peut rester sans réaction. Après sa participation à la manifestation des policiers s’agit-il d’un nouveau jalon d’une orientation politique ? Ce serait alors bien alarmant. Fabien Roussel se trompe de combat : les sources de l’insécurité des milieux populaires ne sont pas à rechercher du côté des migrant.es, mais du côté des politiques néo libérales.

Par ailleurs de nombreux militant.es et des sympathisant.es du PCF sont avec nous dans les mobilisations et les actions de solidarité avec les migrant.es et sans doute sont-ils en train de réagir.

Rappelons que la France est en 15ème position en Europe pour l’accueil des migrant.es. Et à la 21ème place pour l’immigration totale.

Une politique d’accueil et d’hospitalité coordonnée dans les pays de l’Union européenne est tout à fait possible et indispensable, elle démontrerait que l’immigration n’est pas un problème et encore moins Le problème.

Ensemble ! rappelle :

- Qu’avec de nombreuses autres associations, collectifs et mouvements politiques nous sommes opposé.es à la politique de stigmatisation des migrant.es inscrite dans la loi Collomb que certains, à droite et à l’extrême droite, veulent encore durcir.
- Que nous sommes favorables :
* À un renforcement du droit d’Asile
*À une régularisation des sans papiers
*À un accueil digne des migrant.es
*Au droit à la libre circulation et à la libre installation (art.13 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948)

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Xuan
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   Posté le 22-06-2021 à 17:49:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La construction politique et idéologique de l’immigration comme problème

02 Oct 2019

https://www.investigaction.net/fr/la-construction-politique-et-ideologique-de-limmigration-comme-probleme/
SAÏD BOUAMAMA


C’est Eric Zemmour qui, lors d’une convention organisée par Marion Maréchal Lepen, dénonce un grand remplacement et appelle à une guerre de libération nationale. C’est Emmanuel Macron qui prétend vouloir venir au secours des classes populaires victimes de l’immigration. Des discours politiques aux unes de journaux en passant par les sondages se construit la peur de l’étranger, entraînant avec elle la fascisation de notre société. Ce processus ne repose pourtant pas sur une base concrète. Le sociologue Saïd Bouamama nous explique comment le problème a été construit de toute pièce. Un exercice salvateur à partager au maximum autour de soi. (IGA)

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« Je crois dans notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. […] Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder le sujet en face. Devons-nous être le parti bourgeois ou pas ? Les bourgeois ne croisent pas l’immigration. Ce sont les territoires les plus pauvres qui sont le réceptacle. Les classes populaires, elles, subissent le chômage, la pauvreté, mais elles subissent aussi ce sujet »
Emmanuel Macron, 16 septembre 2019

Le discours du président de la République sur « l’immigration » du 16 septembre 2019 n’est pas nouveau en soi. Il illustre un rituel désormais installé et se déclenchant à l’approche de chaque échéance électorale. Les chefs de l’État successifs de ces dernières décennies se sont tous prêtés à ce rituel consistant à présenter l’immigration comme étant un « problème ». De Chirac à Hollande en passant par Sarkozy, ils ont tous eu leur « débat national » ou leur discours consacré à ce « problème ». Cette transformation de l’immigration en « problème » est relayée par les médias de masse et « étayée » par de pseudos sondages. La construction politique et idéologique agit dès lors de manière performative c’est-à-dire fabrique la réalité sociale ou plus exactement la perception de la réalité sociale par le citoyen quelconque. Nous sommes ici en présence d’un des terrains essentiels de la lutte pour l’hégémonie culturelle dans laquelle la classe dominante gagne des batailles depuis plusieurs décennies au prix de l’intégration grandissante des thématiques d’extrême-droite dans le référentiel politique et médiatique dominant.

La fabrique du « problème » de l’immigration

Le décès de Jacques Chirac est l’occasion de rappeler une étape précédente de ce processus progressif de construction de l’immigration comme problème. Au cour d’un diner débat du RPR à Orléans, il déclare il y a près de trois décennies, le 19 juin 1991 :

Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d ‘or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [Applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Il devient fou. C’est comme ça. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu’il y a un problème de l’immigration, et que si l’on ne le traite pas et, les socialistes étant ce qu’ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l’opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes.

La logique est exactement la même que celle du chef d’État actuel. Elle commence par la pose d’un constat que personne ne contestera : les difficultés économiques et sociales des travailleurs et citoyens français des classes populaires. Elle se poursuit par l’affirmation d’une attribution causale c’est-à-dire par la désignation d’une cible : ces difficultés sont liées à l’immigration. Elle se prolonge par un discours de pseudo-quantification : « l’over dose » de Chirac et le « détournement » de Macron. Elle se continue par une caractérisation : le « il y a un problème de l’immigration » de Chirac » et le « elles [les classes populaires] subissent aussi ce sujet » de Macron. Elle se termine enfin par un discours de la peur : Ne pas mettre le sujet de l’immigration en première place de l’agenda politique c’est faire le jeu des « extrémistes ». Le double avantage tactique d’une telle logique saute aux yeux. Le premier est l’évacuation des autres attributions causales au constat de paupérisation des classes populaires. Le second est le renforcement du modèle du bipartisme à l’approche d’une échéance électorale (régionales de 1992 et municipales de 2020) : la droite/« les plus extrémistes » de Chirac, les Nationalistes/les progressistes de Macron.

Les effets structurels de la mondialisation capitaliste mal-nommée « néolibéralisme » peuvent en effet se résumer en un gigantesque transfert de « revenus » des classes populaires et de la petite bourgeoisie vers les classes dominantes. Les quatre dernières décennies se caractérisent en effet par un partage de la valeur ajoutée en faveur du capital. « En France et en Allemagne par exemple, la part salariale a perdu 3 points tous les dix ans en moyenne depuis 1980[ii] » fait remarquer l’économiste Sophie Piton. Plus de 10 % supplémentaire de la valeur ajoutée annuelle est ainsi transférée. Avec un Produit Intérieur Brut se montant en 2018 à plus 2900 milliard de dollars cela signifie que plus de 290 milliard supplémentaires ont ruisselé du travail vers le capital pour cette seule année en comparaison avec 1980. Jusque 2012 ce transfert massif de richesse se réalise au détriment des classes populaires.
Depuis il s’est élargi à la petite bourgeoisie mal-nommée « couches » ou « classes » moyennes essentiellement sous la forme d’une stagnation des revenus et d’une hausse de la pression fiscale. « Depuis 2012 est enclenché un mouvement double, qui repose sur la mise à contribution des classes moyennes et sur des avantages accordés aux revenus les plus élevés[iii] » résume l’ancien président de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres). Paupérisation des classes populaires et déclassement de la petite bourgeoisie sont les deux résultats concrets de la mondialisation capitaliste.
L’ampleur du transfert de richesse est telle qu’elle rend obsolète le discours idéologique de légitimation antérieur. Celle-ci était résumée par Valéry Giscard d’Estaing en 1984 dans le titre de son livre « Deux Français sur trois[iv] » présentant une image de la société française constituée d’une majorité de « classes moyennes », d’une minorité déclinante de pauvres et d’une petite élite riche. L’obsolescence du discours idéologique de légitimation se concrétisera par la construction de l’immigration comme problème. Les sans-papiers qui submergeraient la société française, le foulard qui menacerait la laïcité, l’identité nationale qui serait en danger, etc., ces thèmes qui ont fait l’objet de déclarations solennelles et de débats nationaux initiés par les plus hautes autorités de l’État apparaissent comme des étapes de ce processus de fabrication.

La contribution médiatique

L’État n’est pas le seul acteur actif dans le processus de fabrique du « problème ». La contribution des grands médias publics et privés est essentielle pour rendre crédible auprès du citoyen ordinaire une affirmation sans fondements matériels objectifs. Les outils de crédibilisation essentiels sont au nombre de trois : l’apeurement, les chroniqueurs, la grille culturaliste de lecture. L’apeurement prend d’abord la forme de campagnes sensationnalistes transformant un fait divers marginal et découpé de son contexte explicatif en réalité généralisée menaçante. Les « prières de rue » par exemple ont fait l’objet d’une multitude d’articles et de reportages en dépit de leur caractère marginal et des explications liées aux facteurs locaux. Le vocabulaire de ceux-ci se situe significativement dans « le champ lexical de l’occupation et de la résistance » conditionnant ainsi « la manière dont le « problème musulman est mis en mots et en « maux » »[v].
L’annonce d’un péril imminent emprunte ensuite la voie de titres anxiogènes de grands hebdomadaires dont l’affichage régulier dans tous les kiosques démultiplie l’impact. Comme le souligne Julien Salingue :
« Ce ne sont pas simplement des « unes » portant sur « le sujet de l’islam ». Ce sont des couvertures inquiétantes, menaçantes, racoleuses. Elles renvoient toutes, sans exception, une image négative de l’islam, en faisant des généralités abusives (« L’occident face à l’islam », « Islam : les vérités qui dérangent », etc.), en se centrant sur des pratiques ultra-minoritaires (« Enquête sur le djihad en France », « Burqa : ce qu’on ne dit pas », etc.), ou en employant de manière performative le mot « peur »[vi]. » Des « Unes » aussi inquiétantes se sont également multipliées à propos du nombre d’immigrés, de la dite « crise migratoire », du « communautarisme », des « territoires perdus de la république », etc.

Le second vecteur médiatique de la mise en crédibilité du « problème » est la multiplication des chroniqueurs proclamés « experts » de l’islam, de la laïcité, de l’immigration, etc. Par le biais d’émissions régulières, ces nouveaux acteurs médiatiques contribuent à l’actualisation permanente d’un climat de dangers et de menaces dont l’attribution causale est univoque : l’immigration. Eric Zemmour, Charlotte d’Ornellas, Renaud Girard, Alain Finkielkraut, Eugénie Bastier, Elisabeth Levy, Yvan Roufiol, Charles Consigny, etc., forgent à longuer d’antenne la crédibilisation de l’affirmation d’une immigration posant « problème ». »
Les exemples sont légions, d’Ivan Roufiol affirmant que » 50 % des jeunes musulmans des cités se réclament de l’État islamique » sur la base d’un sondage inexistant à Eric Zemmour ou Charlotte d’Ornellas, grands agitateurs des peurs sur « l’immigration massive » qui brandissent régulièrement l’épouvantail des 400 000 ou 200 000 nouveaux étrangers de plus par an » soulignent justement le sociologue Patrick Michel et la journaliste Pauline Perrenot[vii].

Le troisième chemin de la crédibilisation est la diffusion de grilles culturalistes de lecture. Particulièrement usitées à propos de toutes les questions « liées à l’islam », les explications culturalistes sont devenues dominantes dans nos médias sur l’ensemble des questions « liées» ou plutôt « reliées » à l’immigration : sans-papiers, délinquances, quartiers populaires, etc. La logique de ces explications dominantes est résumée comme suit par le géo-politologue Karim Émile Bitar :

L’analyse du traitement médiatique de quelques événements récents illustre parfaitement la rémanence de ces prismes déformants. Quand ils évoquent les attentats-suicides en général, un événement géopolitique majeur comme la guerre de janvier 2009 à Gaza, un fait divers plus anecdotique comme le lancer de chaussure du journaliste irakien Mountazar El Zaïdi contre le président américain George W. Bush en décembre 2008 ou encore les débats intellectuels français et européens sur les questions de la laïcité, de la diversité culturelle ou du postcolonialisme, les médias continuent pour la plupart à occulter les contextes économiques et sociaux, à minimiser les enjeux géopolitiques et à considérer que les conflits ou différences de points de vue s’expliquent essentiellement par des facteurs « culturels » ou « religieux », souvent considérés comme immuables [viii].

Le culturalisme ainsi diffusé est particulièrement efficace en raison de l’héritage de plusieurs siècles d’esclavagisme et de colonisation dont la justification s’est déployée par un dispositif culturaliste de propagande : mission civilisatrice, racisme biologique, théorie des peuples-enfants, etc. Non déconstruit (ni en politique, ni dans les médias, ni à l’école, etc.) au moment des indépendances ce culturalisme latent tend à devenir patent du fait de l’autorisation des « experts ». L’apeurement suscité par ces outils médiatiques imbibe alors le corps social suscitant des recherches du « coupable ».
Le Sans-papier essentialisé des experts médiatiques qui submerge la France prend le visage de ce noir que l’on agresse dans le métro en pensant faire un acte de résistance comparable aux résistants antinazi. La femme voilée essentialisée s’incarne dans cette jeune-fille que l’on dévoile de force dans la rue en pensant défendre la laïcité menacée. Le « djihadiste » essentialisé se concrétise dans ce jeune basané que l’on tabasse en croyant défendre la République. Si les mots utilisés pour parler de « l’immigration » transforment celle-ci en « maux », il ne faut pas s’étonner ensuite que ceux-ci suscitent des velléités de les résoudre par l’action et le passage à l’acte.

La preuve par les sondages

La pratique exponentielle des sondages contribue également au processus de fabrique du « problème ». Un sondage Ipsos-Sopra Steria est ainsi rendu public le même jour que l’allocution du président de la République. Il souligne que 64 % des français ont l‘impression « qu’on ne se sent plus chez soi comme avant [ix] ». Le simple fait qu’une telle question ait pu être posée est significatif de notre séquence historique. Il y a moins d’un an, début décembre 2018, un autre sondage IFOP réalisé par le J.D.D. mettait en exergue qu’ : « Une nette majorité de Français (60%) considère que l’accueil d’étrangers n’est plus possible du fait des différences de valeurs et des problèmes de cohabitation. Une part quasi identique estime qu’il joue un rôle négatif pour l’identité française et pour la cohésion de la société [x]. »
La question à l’écoute de ces sondages redondant est de savoir ce que signifie ces réponses : révèlent-elles la hiérarchie des problèmes sociaux ou soulignent-elles simplement l’efficacité des discours politiques et médiatiques de fabrique du « problème de l’immigration » ? La boucle est bouclée : l’efficacité de la fabrique politique et médiatiques de l’opinion est mesurée et quantifiée par des sondages qui servent ensuite de point d’appuis pour légitimer l’opinion fabriquée.

Au besoin si l’efficacité est incertaine, le choix des items et des questions, permet de limiter les incertitudes des réponses. La caricature en la matière revient au parti présidentiel lui-même et à la fondation Terra Nova. Ceux-ci initient en juin 2018 un questionnaire aux items éloquents que les répondants renseignent avec la classique palette allant du « tout à fait d’accord » au « tout à fait en désaccord ». La simple lecture des items souligne le caractère construit des sondages et ici en l’occurrence construit selon une logique idéologique précise :
« L’Islam est une menace pour l’occident » ; « Il y a trop d’immigré en France » ; « on ne se sent pas chez soi comme avant » ; « les enfants d’immigrés nés en France sont des Français comme les autres » ; etc.
Au-delà de cette caricature la valse même des sondages et leurs échos médiatiques contribuent à forger l’opinion sur l’affirmation de l’existence d’un problème. Ainsi par exemple notre été fut parsemé de sondages convergeant vers l’idée d’une approbation par les français du refus d’accueillir l’Aquarius et plus largement vers l’idée d’un accueil trop important d’immigrés :
La première salve est tirée le 18 juin par le sondage OpinionWay qui conclut que 56 % des français refuse l’accueil de l’Aquarius ; Deux jours après c’est au tour d’un sondage IFOP pour Atlantico de faire monter ce pourcentage à 67 % ; 8 jours ensuite un sondage Odoxa pour le Figaro indique que 60 % des français considère que la France accueille trop de migrants ; Le 18 août un nouveau sondage IFOP chiffre cette opinion à 54 % ; Le 16 septembre est publié le sondage IPSOS précédemment cité ; Le 27 septembre un sondage Odoxa indique que 74 % des français approuve le refus d’accueillir l’Aquarius.
Il ne s’agit pas ici d’un refus des sondages en eux-mêmes. Ce qui est en cause ici c’est la signification et les effets de la multiplication de ceux-ci autour de la même obsession (y a-t-il trop d’immigrés). Quand les mêmes questions reviennent sans cesse et donnent lieu au même traitement politique et médiatique, elles finissent par acquérir un statut de vérité par banalisation. Ce qui est également en question se sont les grilles de lecture culturaliste sous-jacentes aux questions reliant arbitrairement deux données (islam et laïcité, chômage et immigration, sans-papier et crise de l’accueil d’urgence, etc.) porteuses d’angoisses faisant écho aux peurs diffusés par les discours médiatiques. Ce qui est aussi à interroger c’est le principe même d’interroger les Français sur certaines questions. « La question de savoir s’il y a « trop d’immigrés » appelle des réponses subjective difficile à interpréter[xi] » résume le sociologue François Héran. On ne le répétera jamais assez les sondages ne mesure pas si une question est un problème objectif, ils révèlent une subjectivité pouvant découler de l’expérience personnelle du répondant mais aussi du poids de « l’arôme idéologique immédiat » comme dirait Gramsci c’est-à-dire du degré d’efficacité des discours politiques et médiatiques dominants. Ce qui est enfin à questionner c’est l’utilisation politique et médiatique des sondages. Pierre Bourdieu nous alerte déjà en 1993 sur la nouvelle fonction idéologique des sondages à l’âge du capitalisme mondialisé :

« Nous sommes entrés dans l’ère de la démagogie rationnelle ou rationalisée. La logique du plébiscite, qui est celle du sondage ou de l’interview de télévision à chaud, ou de l’audimat, ou de l’enquête de marketing commercial ou politique, peut reconduire aux formes les plus primitives de la barbarie, contre laquelle toutes les institutions démocratiques, parlementaires et judiciaires notamment, ont été construites[xii]. »
Discours politiques dominant, traitements médiatiques univoque et couverture pseudo-scientifique des sondages constituent les trois principales machines de la fabrique de l’immigration comme problème. Prévenons la critique : nous ne faisons appel à aucune hypothèse conspirationniste. Nous sommes simplement en présence de la lutte pour l’hégémonie culturelle qui comme le soulignait Gramsci est une des dimensions essentielles de la lutte des classes.

Fascisation et lutte pour l’hégémonie culturelle

Pendant que Macron apporte une nouvelle fois sa contribution à la réduction de l’immigration à un problème, Marion Maréchal Le Pen, organise une « convention de la droite ». Un des chroniqueurs les plus invités dans nos médias de masse, Eric Zemmour, y défend la thèse d’une immigration « colonisatrice » se traduisant par une « islamisation » de la société française. Il défend sa thèse en affirmant que nous assistons à un «remplacement de notre peuple par un autre peuple et une autre civilisation» et explique qu’il y a « continuité entre les vols et des viols et les attentats : ce sont les mêmes qui les commettent» . Il précise enfin le combat à mener, celui d’une guerre de libération nationale :
« les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ou bien se battre pour leur libération ?[ xiii]».
L’objectif affiché de cette convention est double : « relever les défis identitaires auxquels sont confrontées les nations occidentales au XXIe siècle » et « réarmer intellectuellement la droite » . L’énoncé des objectifs met en exergue que l’extrême-droite a lu Antonio Gramsci et mène pas-à-pas le combat pour la conquête de l’hégémonie culturelle qu’elle a justement analysée comme condition majeure de son arrivée au pouvoir.
La « convention de la droite » tire le bilan des étapes passées de ce combat et fixe l’étape actuelle : la conquête du pouvoir à court terme. La convention elle-même n’est pas sans rappeler l’acte de naissance de ce réarmement idéologique datant de la décennie 70 et des écrits du GRECE (Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne) d’Alain de Benoit.
L’ambition de ce « groupement de recherche » est déjà le réarmement idéologique pour faire sortir le fascisme de la marginalité qui le caractérise depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Pour ce faire il n’hésite pas à emprunter au théoricien marxiste Gramsci pour proposer la fondation d’un « Gramscisme de droite ». Dans cette perspective cette « droite extrême » considère que la victoire culturelle et idéologique prépare les conditions de la victoire politique » résume l’ancien directeur du CEVIPOV[xiv] Pascal Perrineau. Le seizième colloque du GRECE en 1981 s’intitule significativement « Pour un Gramscisme de droite[xv] ».

Imposer des thèmes et un vocabulaire dans le débat public, politique et médiatique d’une part et faire basculer les logiques explicatives du social à l’identitaire, de la classe et des rapports sociaux à la « nation » d’autre part sont les deux vecteurs essentiels utilisés pour cette offensive idéologique fasciste. La phrase tristement devenue célèbre de Laurent Fabius en 1984 (« Le FN pose de bonnes questions mais apporte de mauvaises réponses » ) marque une première étape de réussite de ce « gramscisme » de droite. Désormais se sont les mots et les thèmes de l’extrême-droite qui dicte l’agenda politique, qui contraignent la droite à se « radicaliser » et la gauche à multiplier les emprunts au vocabulaire et aux logiques que veut imposer la nouvelle hégémonie culturelle en construction. Islam, communautarisme, insécurité, identité, laïcité deviennent ainsi progressivement les thèmes dominants de l’agenda politique des gouvernements de droite et de gauche. « Grand remplacement », « racisme anti-blanc », « identité nationale », « crise migratoire » s’imposent pas-à-pas comme champs sémantique dominant.

Bien entendu l’intelligence d’une stratégie ne peut expliquer à elle seule les progrès de cette « lepénisation des esprits ». C’est à la faveur d’un contexte économique, politique et social précis marqué par des caractéristiques de « l’adversaire » que se réunissent les conditions de possibilité et de réussite de la nouvelle stratégie fasciste : effets de la disparition de l’URSS sur les horizons d’espérances des classes populaires, paupérisation et précarisation massive perturbant les sociabilités populaires et les modes de transmission de l’histoire et des valeurs politiques dans les classes populaires, mutation des repères « socialistes » et communistes » vers l’abandon de la perspective d’une transformation radicale du système de domination au profit d’une logique « libéral-libertaire » teintée de postmodernisme diffusant l’illusion d’une libération individuelle et de groupe sans transformation globale, héritage colonial, jamais pris au sérieux, imbibant la pensée dite de « gauche », etc.

Force est de constater que les dégâts sont concrets : le racisme d’en haut a fini par imbiber une partie non négligeable de la société française, la fascisation de l’appareil d’Etat a commencé à prendre des allures dangereuses, les méthodes de la violence policière expérimentées pendant des années contre les quartiers populaires s’est généralisée à l’ensemble des mouvements sociaux, etc. C’est dire l’urgence d’un sursaut collectif dont on peut dessiner quelques conditions de possibilité : le refus sans nuance du vocabulaire de l’ennemi (racisme anti-blanc, crise migratoire, communautarisme, etc.), le recentrage sur les questions structurelles réelles (paupérisation et précarisation massive, mondialisation capitaliste, ubérisation généralisée du travail, discriminations racistes et sexiste systémique, etc.), le combat contre l’ensemble des préjugés hérités du passé colonial c’est-à-dire pour une rupture avec les imaginaires hérités de l’ère coloniale (islamophobie, « intégration des immigrés », discours « civilisationnel », etc.), la lutte contre les nouvelles guerres impérialistes de repartage du monde et la rupture avec la logique du « Ni-Ni » consistant à cautionner des guerres au prétexte qu’elles s’attaquent à des « dictateurs », la dénonciation de l’Union Européenne comme construction d’un nouveau pôle impérialiste, la solidarité sans condition face à la répression quels que soient les désaccords, etc.

Nous n’avons plus le choix : Ou nous avons logiquement à court ou moyen terme une séquence fasciste ou au contraire nous décidons de ne plus faire un pas en arrière.

Source: Le Blog de Saïd Bouamama
Notes:
[i] Jacques Chirac, discours d’Orléans du 19 juin 1991, consultable sur le site de l’INA, https://www.ina.fr/?vue=notice&from=fulltext&full=chirac+bruit+odeur&num_notice=3&total_notices=8, consulté le 27 septembre 2019 à 18 h 17.
[ii] Sophie Piton, Comment expliquer la déformation du partage de la valeur ajoutée depuis 30 ans, Ressources en Sciences économiques et sociales du 28 septembre 2018.
[iii] Éric Verhaeghe, Réduction des inégalités et crise de la redistribution des richesses, http://www.economiematin.fr/news-reduction-des-inegalites-et-crise-de-la-redistribution-des-richesses, consulté le 28 septembre 2019 à 8 h 30.
[iv] Valéry Giscard d’Estaing, Deux Français sur trois, Poche, Paris, 1984.
[v] Fatima Khemilat, La construction des prières de rue comme problème public, Confluences Méditerranée, n° 106, 2018/3, pp. 81-94.
[vi] Julien Salingue, Les obsessions islamiques de la presse magazine, ACRIMED, 6 novembre 2012, https://www.acrimed.org/Les-obsessions-islamiques-de-la-presse-magazine, consulté le 28 septembre à 9 h 30.
[vii] Patrick Michel, Pauline Perrenot, Dans les talk-shows : le poids des éditorialistes de la droite extrême et d’extrême-droite, ACRIMED du 20 novembre 2018, https://www.acrimed.org/Dans-les-talk-shows-le-poids-des-editorialistes, consulté le 28 septembre 2018 à 10 h 20.
[viii] Karim Émile Bitar, Les médias occidentaux face aux enjeux méditerranéens. Prismes déformants et grille de lecture biaisée, Confluences Méditerranée, n° 69, 2009/2, p. 16.
[ix] Laure Cometti, Réforme du droit d’asile : Pourquoi Macron met le grappin sur l’immigration (au risque de diviser sa majorité), 20 minutes du 17 septembre 2019.
[x] « Immigration : Le regard des français », IFOP, https://www.ifop.com/publication/le-regard-des-francais-sur-limmigration/, consulté le 28 septembre à 18 h 30.
[xi] François Héran, Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agir, La Découverte, Paris, 2017, p. 184.
[xii] Pierre Bourdieu, Le Monde du 7 décembre 1993
[xiii] Discours d’Éric Zemmour du 28 septembre 2019 https://www.youtube.com/watch?v=69jOdtJ2DXg, consulté le 29 septembre 2019 à 18 h 10.
[xiv] « Centre d’études de la vie politique française » devient en 2003 le « Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris »
[xv] Pour un Gramscisme de droite, Actes du XVI colloque national du GRECE, Paris, 1982.

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   Posté le 22-06-2021 à 20:56:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous le texte d'André Gerin signalé plus haut, à propos de Samuel Paty.
On notera le sous-titre :
"C'est la haine de la France " et l'appel à un front uni républicain contre l'islamisme.
Gerin fait passer l'islamophobie par-dessus la lutte des classes, pour en faire un combat national. Pas un mot sur les causes de l'immigration, des ghettos, du chômage, de la drogue et du banditisme. La "main tendue" aux Français musulmans est de pure forme. Puisque "Cet espace est occupé principalement par le RN ", il suffit de reprendre le même discours.


_________________



L’urgence d’un front républicain Pour combattre l’islamisme

samedi 17 octobre 2020
Chèr(e)s Camarades et ami(e)s,

L'actualité est terrifiante, un professeur d’histoire a été décapité par la terreur islamiste quelques jours après les annonces du président Macron aux Mureaux dans les Yvelines, lors duquel il prononce des mots tels que « islam radical » et annonce des mesures pour lutter contre le séparatisme islamiste. Un projet de loi de circonstance sera présenté le 9 décembre en Conseil des ministres, après la tuerie terroriste de janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo et le nouvel acte terroriste à Paris, devant les anciens locaux, en plein procès de l’attentat de 2015 contre l’hebdomadaire satirique.

La frontière de l'abominable vient d'être franchie. Mon intime conviction politique est que le PCF doit s'exprimer haut et fort contre le danger de l'islam politique qui se traduit une nouvelle fois en déclaration de guerre. Il doit le faire sans hésiter et ainsi répondre de façon durable aux classes populaires aujourd'hui désorientées, désabusées, perdues par la cacophonie politicienne qui s'éternise depuis trop d'années. Macron s’est vu obligé d'agir devant la gravité de la situation avec l'emprise de l'islamisme sur une partie de la jeunesse issue de l'immigration. Mais il tente d'enfermer, de verrouiller le débat à un tête-à-tête avec Marine Le Pen. Cet espace est occupé principalement par le RN, un peu par la droite. Mais pour la gauche, c'est soit la défausse soit le déni.

ON A PLUS LE DROIT DE DIRE AUJOURD'HUI « JE NE SAVAIS PAS » !

Le moment est peut être venu pour le PCF de sortir de l'impasse mortifère et de se démarquer franchement. Au nom des questions économiques, sociales, il n'y a aucune raison de minimiser cette question de l'islamisme. Je suis convaincu qu'il faut appeler un chat un chat et libérer la parole. La France populaire attend de nous le parler vrai, d'un point vue communiste, qui se fait attendre et entendre. Ne laissons aucune place aux jeux tactiques et politiciens car les français sont en overdose.


DEPUIS 30 ANS LES CHOSES S'AGGRAVENT ET L'ISLAMISME S'ENRACINE

Quand je parle de convictions intimes, je raisonne sur les 30 dernières années, avec la progression continue de l'abstention et un vote RN de plus en plus massif, avec des territoires perdus de la République ou une gangrène s’opère de façon sournoise : drogues, trafics d'armes, mafias en lien étroit avec l'islamisme, les réseaux des salafistes et des frères musulmans.

- J’ai commencé à prendre la sécurité au sérieux, les violences quotidiennes et urbaines

- A réfléchir sur l'immigration de masse, les ghettos sociaux et ethniques

- Je perçois la montée de l'islamisme

Ces trois sujets sont omniprésents dès le début des années 1990. Le climat dans les banlieues n'a plus rien à voir avec les années 1980. Après les étés chauds des Minguettes de juillet 1981, s'organise la marche des beurs en 1983 qui s’élancer des Minguettes jusqu’à Paris, dans un esprit pacifiste à l’instar de Martin Luther King. Un climat de violence s'installe petit à petit, faisant suite à la première guerre du golfe 1991. En 1995, je commande un enquête Sofres qualitative pour comprendre le vote FN *

J'ai vécu les violences urbaines, les voitures brulées devenues monnaie courante. Actuellement, au niveau national, c'est plus de 100 voitures par jour. Dans des collèges se sont des courts d'histoire, de biologie, de sciences naturelles qui sont contestés par des ados. Des regroupements identitaires sous l'égide de l'union des jeunes musulmans de plusieurs régions de France, sont organisés, en région lyonnaise avec Tariq Ramadan, et sa présence qui a duré une décennie : il tenait des conférences avec 400 et 500 jeunes des banlieues plusieurs fois dans l'année.

Les années 90 ont été marquées par la guerre civile en Algérie avec le FIS front islamique du salut et le GIA groupe islamique armé qui a provoqué la mort de 200 000 personnes dont 200 journalistes assassinés. Le gouvernement Algérien a laissé partir par milliers les membres du GIA. C'était ça où la prison. Ils sont venus s’installer dans les banlieues françaises et les conséquences sont incalculables. Nous l’avons constaté entre 1998 et 1999.

Il y a eu l’attentat station RER de Saint-Michel en 1995 avec Kaled Kelkal membre du GIA, originaire de Vaulx-en-Velin, l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais. L’individu en question était un membre actif du GIA, venu d'Algérie se réfugier il y a plus de 20 ans dans le département des Alpes Maritimes.

Les années 2000 vont confirmer cette aggravation. Le 11 septembre est un tournant de l’histoire avec l'attentat terroriste des tours du Wald Trade Center et des avions suicides à Manhattan. A la suite de cela, on assiste à des scènes de liesse dans certains quartiers avec la complaisance de certains intellectuels.

J'apprends en janvier 2002 la présence de deux gamins de Vénissieux à Guantanamo après être passés par les camps d'Al Qaïda en Afghanistan. Je veux comprendre et savoir qui bourre le crane de ces jeunes en activité professionnelle. Je découvre que l’imam du quatier, qui, du reste, a été expulsé de France, participait à des activités terroristes. C'est là que je prends conscience qu'il y a un contrôle, de l'enfermement, de l'endoctrinement dans des quartiers avec une emprise sur la jeunesse et sur certaines familles en lien avec la drogue, les mafias, les trafics d'armes et l'intégrisme islamiste.

En 2004 je fais expulser l'imam Bouziane. J'ai découvert qu'il prêche la lapidation des femmes avec des discours antirépublicains, anti France et anti blanc. Il est un des responsables nationaux des salafistes en France. Ce personnage participe à un travail de taupe sur le plateau des Minguettes.

Le 11 mars 2004, c’est la ville de Madrid qui est sous les feux d'un attentat terroriste islamique.

2005 sera une année charnière au niveau géopolitique et en France. C'est un concentré d'événements :

Une organisation politique se met en place en Europe qui vise à faire la guerre au mode de vie à l'occidental, remettant en cause l'idée même de Nation et des valeurs républicaines.

En juillet, un attentat terroriste islamiste a lieu à Londres

En septembre suite aux caricatures de Mahomet au Danemark, des scènes d'hystéries et de haines, de violences ont lieu dans les pays musulmans.

On assiste à partir du 27 octobre à trois semaines d'émeutes à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents. Le 30 octobre, changement de décor, une grenade atterri près de la mosquée. L'effet est désastreux. L'émoi est palpable chez les musulmans. Cet incident change le cours des choses. Bientôt se sera 800 communes concernées, 10 000 voitures brulées et des centaines de bâtiments publics attaqués. C'est l'état d'urgence. Aucune analyse ni réflexion politique n'est faite .Ce sont les symboles de la République qui ont été pris pour cible. On a beaucoup glosé sur la révolte des jeunes chez les salonards parisiens. Je n’ai vu ni revendication sociale ou politique !

2005 UNE ANNEE DE TOUS LES DANGERS

Depuis, sans exception ce scénario se reproduit lors des émeutes urbaines pour cibler les symboles de la république (en 2007, j'ai traité ce sujet dans mon livre les ghettos de la République)

En 2009 je suis à l'initiative de la loi contre le voile intégral et la burqua. Je préside la mission parlementaire pour une loi au service des jeunes filles et des femmes, pour condamner pénalement les gourous islamistes. Je suis parti de la réalité des conflits réguliers : à l'état civil avec le refus de montrer son visage, de voir un médecin homme pour un accouchement, l'interdiction faite aux filles mineures d'aller au planning familial du quartier. Une certaine charia s’est imposée, contrôlée par les gourous et les grands frères. C'est l'homophobie, la virginité avant le mariage, l'antisémitisme et le sexisme. L'ensemble des auditions à Lille, Lyon, Marseille, Bruxelles, Paris ont démontré la gravité de la situation avec des petites filles de 7 à 8 ans à qui on impose le voile intégral, dans des entreprises y compris du CAC 40 le refus de la mixité au travail, du harcèlement sur les tenues vestimentaires et les prières dans les vestiaires. La burqua c'est la partie émergée de l'iceberg islamiste.

Tout s'aggrave dans le sport, les entreprises, la fonction publique; Je rappelle pour mémoire en 2002, le livre sur les territoires perdus de la République qui dénonçait déjà l'école rongée par le communautarisme, l'antisémitisme et le sexisme, plusieurs rapports en 2005 dont Obin pour l'éducation nationale, les renseignements généraux et le dernier rapport du sénat juillet 2020.

NOUS AVONS SUR NOTRE SOL DES TALIBANS FRANCAIS

Le djihad nous fait découvrir avec horreur que des enfants français sont en guerre contre la France, leur pays, au service de l'état islamique et la Syrie. Parmi ces français il y a des convertis par milliers qui arabisent leur nom. Nous avons sur notre sol des talibans français.

Après les crimes perpétrés par Mohammed Merah à un mois des présidentielles de 2012, en dehors des jeux politiciens, il n'y a eu aucun soubresaut. La vie continue comme si rien ne s'était passé. Depuis cette date, il y a eu encore la tuerie du Musée juif de Bruxelles commis par un français d'origine algérienne né à Roubaix en France et ayant grandi en France comme Mohammed Merah. Puis deux mois plus tard, en juillet 2014, des violences antisémites secouent la région parisienne au nom de la Palestine. En janvier 2015, nous avons subi l'attaque terroriste de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Le scénario ne s'arrête pas là : tentative d'attentat contre l'église de Villejuif en mars 2015, Saint-Quentin-Fallavier en juin 2015 où la tentative d'attentat a débouché sur une décapitation, enfin les tentatives d'attentats dans le train Thalys en aout 2015, sans oublier les massacres au Bataclan et à Paris le 13 novembre 2015

Ces jeux dangereux ont abouti à la présence de Marine aux deux tours des présidentielles de 2017. Dans les ghettos sociaux devenus ethniques, au final se développe un racisme anti occidental, antifrançais et anti juif.

C'EST LA HAINE DE LA FRANCE

La société paie l'abandon dont elle s’est rendue coupable. Ces français issus de l'immigration ont été abandonnés, enfermés dans une misère endémique. Cette jeunesse a été ghettoïsée. Avec un chômage de masse (plus de 50%), le seul horizon, c'est le " no futur ". Cette politique n'a entrainé que le mal être et l'incompréhension, a conduit à la haine de la France. Une haine qui sert de fonds de commerce au RN. L'islam instrumentalisé porte une revendication ethno religieuse avec des jeunes radicalisés devenus la proie des salafistes.

Combattre l'islamisme c'est l'urgence, en dénonçant les raisons sous-jacentes des violences urbaines répétées dont la nature communautaire est évidente. Chaque jour on assiste à des violences sinon à des émeutes. Notre société renferme des germes de guerre civile et nous pouvons y basculer un jour.

Mon souhait le plus cher c'est que le PCF s'engage dans ce combat et OUVRE UN GRAND DEBAT PUBLIC NATIONAL avec les communistes, les classes populaires, les français musulmans.et de grands intellectuels, si nous ne voulons pas laisser libre-cours aux gourous intégristes qui instrumentalisent l'islam. Il nous faut clarifier l'enjeu pour la société, refuser ceux qui nourrissent l'amalgame afin de désarmer de nombreux français musulmans qui eux souhaitent un islam spirituel compatible avec la république dans un contexte apaisé.

COMBATTRE L'ISLAMISME UNE PRIORITE NATIONALE

Nous pouvons dire de manière claire et sans équivoque que nous voulons faire de notre combat contre l'islamisme une de nos priorités nationales. Nous répondrons aux interrogations de beaucoup de français et des musulmans eux-mêmes qui n'en peuvent plus d'être ignorés et méprisés.

C'est le moment d'engager ce grand débat pour aider à la prise de conscience sur l'idéologie totalitaire de l'islam politique, en contribuant à réfléchir sur les évolutions des 30 dernières années. Rassemblons les analyses produites sur l'islamisme, sur les frères musulmans, les salafistes en faisant appel à ce qu'il y a de mieux chez des spécialistes, des chercheurs, les intellectuels avec les gens de première ligne au quotidien.

Je souhaite que le PCF ait un électrochoc politique. Je suis convaincu qu'il s'agit d'un mal nécessaire et vital pour le renouveau de notre pensée. Dire le combat contre l'islamisme c'est le combat des communistes. Ce combat, nous voulons le mener avec les français musulmans. Il changera fondamentalement la donne au sein de la gauche et de l'ensemble de la classe politique. Nous devons mettre la barre haute pour déjouer l'instrumentalisation et les amalgames du RN, de la droite caricaturale et d'une gauche pour le moins incertaine avec une extrême gauche tombée dans l'islamo gauchisme

UNE MAIN TENDUE AUX FRANCAIS MUSULMANS.

Sortons du piège Macron / Le Pen dans lequel le Président veut nous enfermer. Il y a obligation d'être cash, avec les français musulmans à la fois pour leur tendre la main et les appeler dans l'union et l'action à agir côte-à-côte pour le vivre ensemble, en combattant avec eux sans défaillance l'islamisme. Je crois que les conditions existent pour construire un chemin de discussions, de réflexions partagées pour l'agir en commun avec les français musulmans dans le même esprit que la main tendue aux chrétiens par Maurice THOREZ et Georges MARCHAIS. Il faut sortir de l'amalgame et permettre à la deuxième religion de France d'exister pour un islam spirituel reconnu, respecté, afin qu'il retrouve de la sérénité.

C'est pourquoi de mon point de vue les communistes devraient être en tête dans ce combat contre l'islamisme. Remporter ce défi concerne toute la société de la gauche à la droite.

L'HEURE EST AU REVEIL D'UN FRONT REPUBLICAIN POUR COMBATTRE L'ISLAMISME ET DEFENDRE NOTRE CIVILISATION ISSUE DE LA FRANCE DES LUMIERES

Le combat contre l'islamisme c'est un défi majeur pour sortir des ghettos ethniques avec en même temps ne rien lâcher sur les questions économiques et sociales.

Sans état d'âme menons se combat pour que vive la république car il s'agit bien d'un défi de civilisation.

Avec mes amitiés.


Edité le 22-06-2021 à 22:23:45 par Xuan




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   Posté le 22-06-2021 à 23:20:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les déclarations de Fabien Roussel méritent elles aussi un examen sérieux.
Je cite :

Sur le plateau de France 3 Hauts-de-France, dans l’émission « Dimanche en politique » du 21 septembre : https://www.youtube.com/watch?v=Ds8LeWwcDu8
La réponse de F. Roussel, épinglée par le NPA ici



_______________


le 26 septembre, dans une lettre ouverte adressée à Macron :

« "Monsieur le Président, vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en !

Pour la deuxième fois en moins d'un an, vous voulez imposer le thème de l'immigration dans l'actualité. À six mois des élections, c'est une vieille ficelle ! Après le vote tout récent de la loi « Asile et Immigration », c'est même de l'acharnement !

Vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons en !

Le sujet mérite mieux que d'être instrumentalisé pour diviser les citoyens, pour imposer votre duo avec l'extrême droite et au final pour flétrir notre République.

Parlons de ces familles qui quittent des pays dont les richesses sont pillées, dont les États sont placés sous tutelle de banques internationales et de dictateurs corrompus, dont les infrastructures publiques ont été bradées à des multinationales ! Parlons des coopérations à développer, qui permettraient à chaque peuple de retrouver sa souveraineté sur ses ressources et son économie.

Parlons de la taxe sur les transactions financières que vous avez refusé d'élargir pour ne pas heurter le monde de la finance, nous privant de deux milliards d'euros destinés à ces pays.

Parlons des 5 milliards d'euros que représente la contribution des migrants à la création de richesses dans notre pays, quand l'Aide médicale d'État, que vous voulez remettre en cause, ne coûte que 900 millions.

Parlons de celles et ceux qui fuient tous ces conflits dans lesquels nous portons une part de responsabilité, dont l'OTAN a été l'acteur ces dernières années : l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yemen. Comment peut-on laisser mourir en Méditerranée des hommes, des femmes, des enfants qui fuient le chaos, les bombes, parfois nos bombes ?

Parlons des migrations à venir, que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. Si nous n'agissons pas fortement, ces migrations vont se multiplier, jetant sur les routes des familles qui auront tout perdu. L'Union européenne est parmi les 3 principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ?

Parlons donc des moyens à développer en urgence pour que l'Europe tienne ses engagements en faveur du climat.

Parlons de ces travailleurs sans papiers que de très grandes entreprises exploitent sans vergogne en les contraignant à la clandestinité. Quand allez vous les régulariser ?

Parlons des travailleurs que vous livrez à la concurrence avec vos traités européens, qui sont soumis au dumping social opposant les salarié-es de toute l'Union Européenne, dumping que votre directive « travailleurs détachés » n'a en rien remis en cause... Nous voulons les mêmes droits pour tous !

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », affirme la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Alors, pourquoi aujourd'hui, dans un pays qui en a tous les moyens, ne pas reconnaître le droit de vote des étrangers résidant et payant leurs impôts en France ?

Non, de tout cela vous ne voulez pas débattre car vous préférez que la nation s'écharpe sur l'Aide médicale d'État et sur les allocations sociales, ou qu'elle se préoccupe seulement de distinguer les migrants selon qu'ils fuient la guerre, une catastrophe naturelle ou la misère ?

Vous voulez que nous débattions pour savoir si 28 pays et 500 millions d'Européens sont en capacité d'accueillir quelques dizaines de milliers d'êtres humains, quelque 3% de migrants à travers le monde, risquant leur vie sur un bateau en Méditerranée ? Les pays du pourtour méditerranéen peuvent-il s'exempter du droit maritime et du droit international ?

Monsieur le Président, l'ennemi ne vient pas en bateau. Il vient en jet privé et il se moque des frontières. La pression n'est pas migratoire, elle vient de la finance. Si des entreprises délocalisent, ça n'a jamais été à cause d'un immigré. C'est à cause d'un capital avide de profits qui ronge comme un cancer notre économie, nos emplois, nos droits.

Tous ces hommes et toutes ces femmes que vous stigmatisez sont nos frères et nos sœurs. Nous ne faisons pas de distinctions entre eux. Nous réclamons des droits pour tous, condition d'un accueil réussi. Le droit à la dignité humaine, dans un monde de justice et de paix, dans une France humaniste et universaliste.

Pour ouvrir vraiment un débat sérieux et porter des solutions de progrès, je vous adresse ce jour le manifeste «Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire », qu'a récemment rendu public le Parti communiste français."


Paris, le 25 septembre 2019
Fabien Roussel,
Secrétaire national du PCF, député du Nord


Edité le 22-06-2021 à 23:39:43 par Xuan




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   Posté le 22-06-2021 à 23:55:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur les travailleurs détachés, provenant d’Europe Centrale souvent, il est parfaitement exact qu’ils créent une concurrence salariale sur le sol français – de la même façon que les travailleurs immigrés il y a quelques décennies.
La question est de savoir comment combattre cette concurrence, et si la fermeture des frontières correspond aux intérêts des peuples tant français qu’étrangers.

Si on y réfléchit un instant cette concurrence existe déjà à distance.
On a vu comment des fraises d’Espagne concurrencent des produits français avec un tarif de saisonniers de 3 € de l’heure. C’est un sujet très ancien. Compte tenu de la mondialisation, la concurrence à distance concerne le monde entier, et l’émergence de chaque pays à l’industrie et au commerce est elle-même menacée d’une telle concurrence par un pays plus pauvre ou inférieurement développé. Cette concurrence existera sans discontinuer, y compris lorsque la quasi-totalité des pays seront parvenus à un degré d’industrialisation et de technicité proche sinon équivalent. Dans tous les cas il existe des différences de toutes sortes, historiques, géographiques, sociologiques et politiques, qui ne disparaîtront pas et généreront la concurrence des salaires pendant de longues années. Et la multiplication des échanges ne peut que l’accentuer.

Il en résulte que la fermeture des frontières ne résout pas le problème, y compris pour des fabrications locales, qui peuvent être délocalisées.
Par contre le travail détaché ne peut pas s’externaliser dans le secteur des services. La seule revendication qui s’impose est « à travail égal, salaire égal »
Aussi la position de Roussel :
« Je suis pour stopper cette immigration organisée par les traités libéraux de Bruxelles » [Fabien Roussel - 21/09/2019] vide une partie du peuple pour protéger l’autre, et ne va pas dans le sens "à travail égal salaire égal !"


Edité le 22-06-2021 à 23:59:49 par Xuan




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