| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 28-04-2021 à 15:13:47
| Je reproduis ci-dessous le texte de Gastaud, pour le débat. Trois manières de concevoir la reconstruction du parti communiste par Georges Gastaud par Georges Gastaud[1], https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/trois-manieres-de-concevoir-la-reconstruction-du-parti-communiste-par-georges-gastaud/?fbclid=IwAR0xou6HhTbH8TR8zyeqRvwZLSEsLneEq79K2ydK7r8ygZa86I8T9ih5Spw Trois conceptions de la reconstruction communiste sont de fait en compétition en France. Les communistes qui veulent vraiment reconstruire ce parti de combat que fut le PCF et quont tour à tour dénaturé, désorganisé et discrédité leurocommunisme des années 1970/80 et leuro-mutation social-démocrate des années 90/2000, ne doivent ni se lamenter à propos de cette compétition, qui est somme toute inévitable et naturelle à lissue de dizaines dannées de reniements, de dispersion et daffaiblissement du prolétariat organisé, ni attendre passivement que les divergences existantes entre communistes se règlent par miracle, mais réfléchir à la valeur de chacune des méthodes de reconstruction qui leur sont proposées et arbitrer entre elles en tirant, par leur engagement personnel et par leur choix organisationnel, toutes les conclusions pratiques qui en résultent en termes dengagement personnel. I Limites dune lutte purement interne à une organisation réformiste La première méthode est celle que proposent les camarades marxistes ou marxisants qui ont décidé de rester membres du PCF quoi que puissent dire et quoi que puissent faire lappareil et les directions du PCF. Ces camarades considèrent implicitement que, indépendamment de ses agissements, le PCF est et sera toujours le PCF, comme si une sorte d « essence » ou de « nature » métaphysique insensible au devenir historique lui était intimement associée. Ces camarades font en somme comme si lhéritage du mot PCF, de la dynamique organisation léniniste successivement dirigée par Cachin, Sémard, Thorez ou Waldeck Rochet, à lorganisation social-démocrate timorée successivement dirigée par Hue, Buffet, Laurent puis Roussel[2] ne posait aucun problème particulier, comme si laffiliation pluri-décennale du PCF au « Parti de la Gauche européenne » subventionné et adoubé par Bruxelles nétait quune bricole politique, comme si le fait que le PCF ait depuis 1976 (référence à la dictature du prolétariat), 1979 (références au marxisme-léninisme et à linternationalisme prolétarien), 1994 (références au centralisme démocratique, à la classe ouvrière, au marxisme, au socialisme et à la socialisation des moyens de production) renié tous ses fondamentaux, était une question accessoire ; ces mêmes camarades font aussi comme si le fait que, par deux fois, en 1981 (gouvernement pré-maastrichtien et ultra-atlantiste de Mauroy incluant les communistes Fiterman, Rigout, Ralite et Le Pors) puis en 1996 (gouvernement Jospin menant deux guerres impérialistes, préparant le passage à leuro et privatisant le secteur public avec laide des « communistes » Buffet, Gayssot et Demessine) nétaient au fond que des anicroches de lhistoire communiste contemporaine. Pas trop grave non plus à leurs yeux que le PCF de G. Marchais dont le long et contradictoire interrègne joue un rôle-pivot dans le lancement de linvolution réformiste ait applaudi à ce que les Russes appellent désormais la « catastroïka » gorbatchévienne et quil ait qualifié, à lépoque, de « bouleversements démocratiques »
la plus grande contre-révolution de lhistoire moderne. Pas rédhibitoire non plus aux yeux de ces camarades, décidément bien indulgents, que, depuis 1976, le PCF ait liquidé ses cellules dusine, rompu ses liens privilégiés avec la CGT (qui a elle-même dérivé en quittant la FSM « rouge » pour rallier la jaunâtre CES), et
perdu les 9/10èmes de son électorat prolétarien et de sa militance ouvrière. Après tout, le PCF ne sappelle-t-il pas toujours « PCF » même si sa direction a moult fois tenté de liquider ce nom et ny a renoncé que par crainte dabandonner ce sigle aux militants de la Renaissance communiste et la dénomination dun parti nest-elle pas en apparence ! lessentiel quand il sagit de définir son identité[3] ? Du même coup, dès lors que le PCF se sera affirmé comme tel, et même si son chef de file actuel, M. Fabien Roussel, ne manque jamais une occasion de moquer lourdement le centralisme démocratique et lhéritage soviétique, voire de faire léloge de lécrivain archi-réactionnaire Soljenitsyne, et quand bien même ledit Roussel piétinerait allègrement la langue dAragon et des Lettres françaises clandestines en déclarant niaisement à « Marianne » que « PCF is back ! », même sil fait allégeance à Paris à la social-libérale Hidalgo et dans le Nord, bastion de F. Roussel, aux eurofédéralistes verts et autres maastrichtiens du PS, tout cela est davance déclaré secondaire : car au fond, voyez-vous, le parti sera toujours le parti, comme un sou sera toujours un sou et comme Paris sera toujours Paris[4] ! Approche historique ou approche métaphysique de la « nature » du PCF Le plus grave dans cette approche fixiste et quasi métaphysique de la reconstruction communiste est que, lappartenance formelle au « parti » primant sur toute considération de contenu politico-idéologique, on refusera de construire en sy investissant vraiment et durablement un regroupement communiste daction visant à affronter concrètement, pratiquement, sans attendre un très improbable redressement du « Parti », lUnion européenne, cette broyeuse à court terme de notre pays, la zone euromark, cette arme de destruction massive de nos industries et de notre classe ouvrière, lAlliance atlantique, cette machine à mondialiser les prédations étatsuniennes, et le capitalisme-impérialisme lui-même, ce mode de production devenu franchement exterministe dont le maintien de plus en plus réactionnaire menace de mort lhumanité et son environnement terrestre. Cen est au point que le fait de partager la même « carte » politique sur laquelle, sans le moindre débat interne, une étoile ornée dun e discret a remplacé lemblème ouvrier et paysan avec Pierre, Fabien ou Marie-George[5] , semble compter davantage aux yeux de certains que le fait dêtre tous ensemble dans laction du même côté de la barricade sociale contre lennemi capitaliste, contre leuro-dislocation maastrichtienne, contre le tout-anglais dissolvant (détails infimes que tout cela !), pour la nationalisation démocratique des monopoles capitalistes et contre la criminalisation paneuropéenne du communisme historique et de son emblème ouvrier et pays par le Parlement européen
Entendons-nous bien : ce nest pas le fait de maintenir ou pas, ici ou là, une appartenance formelle au PCF qui pose en soi problème : à chacun de juger si, localement, une telle appartenance peut ou non lui faciliter le travail de sensibilisation et de formation de certains membres du PCF, voire de certaines cellules, au marxisme-léninisme ; même si lexpérience montre que ces possibilités sont rares, voire de plus en plus rares tant la plupart des vrais marxistes ont quitté le PCF (ou en ont été exclus de fait), et tant cette organisation dérivante au long cours a été rejointe, au fil des décennies de « mutation » social-démocrate, par des petit-bourgeois
anticommunistes et violemment antisoviétiques, le PRCF na jamais imposé à personne de quitter le PCF, la réalité dominante étant cependant que nombre de communistes ont dû quitter le « nouveau PCF » tant le climat interne y devenait irrespirable pour eux. Cest si vrai que, sans sêtre le moins du monde concertés, des dizaines de camarades « anciens », notamment de grands Résistants, qui ont rallié le PRCF au fil des années, de St-Brieuc à Marseille et de Menton à Boulogne-sur-Mer, ont tous tenu à déclarer en substance, et de manière émouvante, voire déchirante, quand ils ont rejoint le Pôle de Renaissance Communiste en France : « je nai pas quitté le Parti, cest lui qui ma quitté ». Non, ce qui est dangereux dans la posture attentiste et, hélas, accompagnatrice, que nous critiquons ici, cest moins lappartenance formelle au PCF-PGE, ici ou là, de tel ou tel camarade, que le fait constant que, pour valoriser avant tout lintégration formelle dans « le Parti » et lengagement dans ses instances internes, dabord on se taira auprès des masses populaires sur les félonies de lappareil à légard de la classe, notamment sur ses allégeances à répétition, aux moments politiques décisifs, envers le PS, voire, envers le PGE, voire envers
Hollande ou Macron[6]. Encore une fois, est-ce un détail politique si, à toutes les élections, législatives, municipales, sénatoriales, présidentielle, le PCF quil soit dirigé par le sénateur ouvertement prosocialiste Pierre Laurent, quil soit représenté aux européennes par M. Ian Brossat ou quil ait pour secrétaire national le « communiste identitaire » (?) Roussel, sallie systématiquement, ou essaie de sallier, toujours en position subordonnée, au PS et aux Euro-Écologistes après toutes les horreurs que ces ennemis acharnés de la République souveraine, indivisible et sociale ont infligé à la France des travailleurs depuis, au minimum, le Traité de Maastricht ? Alors que le « minimum syndical », si lon tient à toute force à rester dans « le Parti », cest de souligner les contradictions, non de les minimiser, et de dénoncer en même temps et jour après jour les manquements criants du PCF officiel à la lutte des classes nationale et internationale[7]. Et cest bien parce quil ne manquait pas de dénoncer publiquement ces manquements que lauteur de ces lignes a été lui-même éjecté manu militari du Parti en 2004, ainsi que nombre de militants de Lens, Liévin et Boulogne-sur-Mer, qui plus est par une fédération qui se disait alors opposante mais qui ne voulait surtout par rompre, par gros temps électoral, avec la direction nationale du PCF et avec linfluent « baron » nordiste Alain Bocquet, lex-président du groupe parlementaire adepte de la mutation qui avait su maintenir les députés communistes, desquels il faut excepter lautre député nordiste George Hage[8], dans lorbe du gouvernement Jospin de 1997 à 2002[9]
Bref, lappartenance formelle à un parti ouvertement réformiste nest concevable, dun point de vue léniniste Lénine explique cela en détail dans La maladie infantile du communisme que si lon se fait un devoir constant de dénoncer publiquement devant les masses les manquements de sa direction, de manière que les travailleurs ne confondent jamais les turpitudes dun appareil réformiste qui les trahit avec les marxistes qui naspirent quà servir la cause populaire. On me dira quune telle opposition publique est intenable : mais si elle lest en effet, comme nous lavons durement expérimenté à nos dépens à Lens et ailleurs, il faut en tirer les conséquences pratiques et ne pas rester, muet ou presque, dans un tel parti au prix de sa liberté dexpression communiste. Et si elle ne lest pas, il faut en profiter au maximum, sans frilosité, pour dénoncer leuro-réformisme et appeler les travailleurs à ne pas confondre le communisme véritable avec sa déshonorante contrefaçon mutante. Sans quoi on se condamne soi-même à accompagner les dérives, à les minimiser, à les enjoliver et à farder de rouge les innombrables compromissions de lappareil PCF-PGE avec la social-démocratie, avec lantisoviétisme, avec lanti-léninisme et avec les sociaux-maastrichtiens du Parti de la Gauche Européenne
Mettre au premier plan les échéances internes au parti réformiste ou privilégier les seuils minimaux en deçà-desquels il ny a ni parti communiste ni lutte sérieuse pour changer la société ? Surtout, cette manière de privilégier « la lutte interne » et les répétitives batailles de congrès à congrès ne permet pas de porter au premier plan les enjeux de classes brûlants, et pas davantage les enjeux nationaux et géopolitiques qui, concrètement, configurent les contours réels des affrontements de classes bien plus que ne le font les motions A, B et C dun congrès (et les inévitables « synthèses » de type social-démocrate et autres arrangements entre dirigeants qui suivent lesdites synthèses) : en toute logique, il reviendrait plutôt aux initiateurs desdites motions A, B ou C, de partir des enjeux de classes et de masse concrets afin que les travailleurs eux-mêmes deviennent artisans de la reconstruction communiste : cest ainsi que procédèrent au Congrès de Tours de 1920 les signataires de la motion Cachin-Frossard fortement conseillés par Lénine et Zetkin : pour ou contre la guerre impérialiste et lunion sacrée social-chauvine ? Pour ou contre ladhésion à lInternationale communiste ou pour le maintien dans lInternationale social-démocrate jaune ? Pour ou contre le soutien résolu à la Révolution prolétarienne en Russie et en Allemagne ? Et de nos jours, pour prendre une question décisive : « pour ou contre » le maintien de la France dans leuro, lUE et lAlliance atlantique ? Pour ou contre la campagne européenne de criminalisation de lURSS et du communisme historique ? Pour ou contre le maintien des troupes françaises en Afrique ? Pour ou contre leuro-démantèlement de la République une et indivisible partiellement héritée de 1793 au profit de lEurope des régions dont les Euro-Ecologistes verts et leur grand inspirateur Cohn-Bendit sont les plus ardents promoteurs ? Sans cela on est condamné à un archi-confus débat de congrès sur une candidature communiste « identitaire » à la présidentielle ; avec, en même temps, des alliances municipales et régionales avec les Verts et le PS, avec aussi à la clé un appel à voter Macron ou Xavier Bertrand au second tour de la présidentielle, ce qui dès aujourdhui ne peut que nourrir, par haine de ces combines politicardes, le dangereux vote lepéniste
Comme on le voit, les choses ont leur logique : le primat, voire, en réalité, lexclusivité apportés à lappartenance formelle au PCF-PGE et à la « lutte interne », empêche de trancher dans le vif sur les questions relatives à la lutte de classes. En privilégiant cette appartenance formelle, en cristallisant la discussion politique sur la présentation ou pas dune « candidature communiste » formelle à la présidentielle quel quen soit le contenu programmatique et quelles que soit les alliances électorales d « union de la gauche » avec le PS et les Verts à toutes les autres élections on se soumet aussi implicitement de bas en haut à lensemble du dispositif euro-réformiste dont le PCF mutant est un élément subalterne, la social-démocratie et lécolo-eurocratie étant les pièces maîtresses de ce dispositif qui incarcère la classe laborieuse et prive ses luttes de débouché politique tant soit peu offensif
Et aujourdhui, alors que notre pays se désagrège dans lacide de l intégration européenne, du tout-anglais transatlantique, de la marche à larmée européenne, du pacte girondin, de leuro-séparatisme (Alsace, Corse, Bretagne, « Catalogne-Nord », etc.) accompagné par LAREM et EELV, de la fascisation et de lEtat policier impulsés tour à tour par Le Pen et par Macron[10], de larasement des avancées dues aux ministres communistes et marxistes-léninistes de 1945, quest-ce qui est capital pour un communiste, pour un patriote, pour un internationaliste et aussi pour la classe ouvrière ? Cest de se positionner dabord sur tous ces grands sujets, en unissant sur chaque question les communistes encore cartés au PCF à ceux qui ont eu laudace de sorganiser de manière indépendante, au lieu de dire : « dabord une candidature du PCF, pour son contenu, on verra petit à petit ! »
Et pendant que de congrès mutant en congrès muté on sefforce de grappiller quelque pourcents pour sa tendance et pour son « texte alternatif », la France, lemploi ouvrier et les services publics sévaporent à vitesse grand V au nom de la sacro-sainte « construction » européenne, le peuple na toujours pas de parti de combat à sa disposition et des seuils irréversibles de décomposition sociale, institutionnelle et linguistique sont en passe dêtre franchis sans que les marxistes, artificiellement séparés par la muraille de Chine immatérielle dune carte fétichisée, puissent sans attendre agir ensemble, aller aux entreprises avec des tracts communs, puissent ensemble dénoncer Le Pen en démasquant cette fausse patriote ralliée à lUE, puissent ensemble reconstituer une organisation disciplinée, claire sur les contenus dont la classe ouvrière et le monde du travail, dont la défense de la PAIX et de lenvironnement ont un urgent besoin vital ! Bref, au-dessous dun certain seuil idéologique et stratégique, non seulement une organisation donnée nest pas, nest plus communiste et na même aucune chance sérieuse de le (re-)devenir, mais ce quelle propose sous le nom de « changement » ne peut en rien changer la société ni satisfaire si peu que ce soit la classe laborieuse. Imaginons par ex. (cest une hypothèse décole vu les rapports de forces électoraux) que F. Roussel devienne président et quil soit chargé de conduire la politique du pays. Sans, donc, sortir de lUE et de leuro, en « renégociant » les traités européens dans le cadre de lUE[11], sans nationaliser les banques et le CAC 40[12], en demandant bien poliment à la BCE de négocier un « tournant social » ; sans avoir non plus la moindre idée claire, faute davoir compris le concept de dictature du prolétariat, sur ce quest un appareil dEtat aux mains du capital ; sans sortir de lAlliance atlantique (sinon, que diraient les « alliés » socialistes et « verts » ?) et sans chercher activement à nouer de vastes alliances défensives avec la Chine et avec la Russie pour briser létau germano-étatsunien qui menacerait de nous broyer ; eh bien, un tel programme totalement au-dessous des seuils minimaux permettant de récupérer les leviers du pouvoir de classe naurait aucune chance damorcer un vrai changement. Il napporterait, à la manière de Syriza en Grèce, que la capitulation en rase campagne devant le capital, que le retour rapide dans le giron européen ou que la débandade économique avec tous les dangers dultra-fascisation que précipite en général une défaite en rase campagne des forces progressistes. II La fausse bonne idée du « plus grand commun dénominateur » La deuxième méthodologie proposée pour reconstruire le parti communiste est celle qui consisterait à partir de lémiettement existant (et, il se peut, en voie de dépassement
), à dire en gros ceci : mettons autour dune seule table tous les groupes qui refusent peu ou prou (certains plus « peu » que « prou » tant on se ménage mutuellement
) le réformisme du PCF et qui se réfèrent plus ou moins encore symboliquement à la faucille et au marteau, rejetons tout ce qui les divise et ne gardons comme « programme commun » que ce qui les rassemble. Telle est la méthode du « plus grand commun dénominateur » possible que, sans vouloir en rien injurier qui que ce soit (il peut arriver que sur un point donné des bolchéviks raisonnent en mencheviks
), on appellera la méthode menchévique. Ce fut en effet celle qui, telle quelle, prévalut en France en 1905 pour unifier le Parti socialiste SFIO en France en y mêlant les réformistes, les anarchistes et les révolutionnaires
et en aboutissant au reniement total du socialisme internationaliste, hors Jaurès, lors de lépreuve de vérité de 1914. Ce fut aussi cette méthode que prônaient les mencheviks russes au début du siècle et que Lénine refusait catégoriquement parce quelle ne pouvait conduire quà des synthèses impuissantes, quà masquer les divisions tout en les aggravant, quà empêcher toute délimitation claire, que ce soit en termes de composition du parti, de définition organisationnelle, de références idéologiques, dobjectifs programmatiques, de méthodes de lutte, ne parlons même pas de la discipline absolument indispensable si lon veut réellement mener une révolution ou de résister à une contre-révolution. Une telle méthode, acceptable dans certaines limites quand on construit un front large sur des objectifs limités (paix, indépendance nationale, libertés
), ne peut mener quà léchec cuisant quand il sagit de construire un parti communiste, cest-à-dire un parti davant-garde du prolétariat qui a pour tâche dorienter la classe et de lui permettre de diriger la vaste alliance de classes indispensable pour battre le grand capital et pour ensuite tenir bon face à linévitable contre-révolution nationale et internationale qui ne manquerait pas de se dresser, y compris violemment, contre le nouveau pouvoir. Le contre-exemple de Rifondazione comunista (Italie) On a encore mesuré linanité de cette méthodologie menchévique ces dernières années en Italie : en effet, lors de lautoliquidation du PCI à lappel des renégats Achille Occhetto, Massimo DAlema et Cie, toutes sortes de courants saffirmant peu ou prou communistes se sont additionnés pour former le « Parti de la Refondation Communiste » (« Rifondazione » en abrégé), les communistes italiens théoriquement issus de la Troisième Internationale consentant à se dissoudre dans ce magma pseudo-« unitaire » où prédominaient les trotskistes et les mouvementistes », au premier rang desquels le chef du nouveau parti, Bertinotti : bref, à un parti auto-liquidé, lex-PCI, a succédé un parti demblée voué à lauto-liquéfaction, Rifondazione. Expérience très négative au final puisque cette manière de faire a logiquement conduit à la paralysie et à limplosion de Rifondazione et que cette seconde dissolution a terriblement amplifié le découragement dans la mouvance communiste transalpine : cen est venu au point que, à la suite du mouvement communiste italien organisé, cest la gauche italienne elle-même, y compris la social-démocratie classique en tant quelle était encore vaguement liée au mouvement ouvrier, qui sest volatilisée au point quil ny a plus au parlement italien ni député communiste ni député socialiste, si « rosé » soit-il ! Bref, en matière de reconstruction communiste comme dans le domaine amoureux, « qui trop embrasse mal étreint » au point que, à larrivée, la confusion entre parti et front est destructive à la fois pour le parti, quelle construit comme un front, de manière trop floue et exagérément « accueillante », et pour le front populaire lui-même, quelle tend à absorber de manière étriquée au sein du parti. De cet aspect, nos camarades vénézuéliens auraient sans doute beaucoup de choses à dire à partir de leur expérience sur ces constructions qui tendent à confondre le front et le parti davant-garde
La méthode du « plus grand commun dénominateur » méconnaît les seuils minimaux en-deçà desquels il ny a ni parti communiste ni même amorce dune lutte pour le changement de société Mais surtout, dans les conditions présentes, la seconde méthodologie menchévisante que nous analysons ici présente le même vice de forme rédhibitoire que celui que nous avons signalé à propos de la première méthodologie, celle qui privilégie la lutte de tendances à lintérieur du PCF : la seconde perspective nignore pas moins que la première cette évidence, pourtant sans cesse rappelée par Lénine à lencontre des menchéviks et de leurs amis trotskistes, que, au-dessous dun certain seuil idéologique, organisationnel et stratégique, non seulement un parti donné nest pas un parti communiste et ne peut pas le devenir, non seulement il ne peut pas réellement, à supposer quil le veuille, changer la société une impuissance que la classe ouvrière repère du premier coup dil (elle se dit: ces gaillards nous envoient dans le mur, eux-mêmes ne savent pas ce quils veulent, or pour nous ouvriers, la vie est déjà assez dure comme ça sans se livrer à ces amusement potentiellement mortels !) , mais un tel parti ne peut en rien intéresser la classe laborieuse : dinstinct, celle-ci a tôt fait de repérer que lesprit politicien et ses petits arrangements à base de lutte des places paralyseront davance ces constructions « communistes » dépourvues de cap, de ciment organisationnel et de programme clair. III La tierce méthode : sorganiser, aller aux masses pour porter une alternative contre-cohérence patriotique, populaire et communiste à la cohérence politique réactionnaire de la bourgeoisie La tierce méthode qui na rien, faut-il le dire, dune « troisième voie » entre capitalisme et socialisme ! est la méthode franchement communiste quessaie de mettre en place le PRCF avec les moyens dont il dispose. Sans négliger de peser à loccasion sur les congrès du PCF, en soutenant fraternellement quand il y a lieu les mairies du PCF disposées au dialogue inter-communiste, sans cesser de tendre la main à la minorité marxisante du PCF, sans négliger dagir avec dautres groupes communistes sur des questions dintérêt commun, le PRCF part avant tout dune analyse du capitalisme et des explosives contradictions de classes de la formation sociale française. Il constate que la stratégie fondamentale de lennemi de classe dont létat-major se confond avec la direction du MEDEF, et plus précisément encore, avec le CAC 40 déjà hautement américanisé a été exposée de la manière la plus nette dans le manifeste patronal intitulé Besoin daire (2012) ; sy affiche sans vergogne la volonté cynique den finir avec lEtat-nation français partiellement hérité de la Révolution jacobine et de ce que lidéologue patronal Denis Kessler appelle le « compromis de 1945 entre communistes et gaullistes», celui que résument le sigle « CNR » et son programme Les Jours heureux. En toutes lettres, et à lissue dun vote unanime de ses instances, le MEDEF explique dans Besoin daire que, pour mener la chasse au profit maximal à léchelle continentale et transcontinentale, pour conjurer aussi les insurrections ou pré-insurrections populaires dont le peuple français reste coutumier en vertu de ses traditions frondeuses (de Mai 68 aux Gilets jaunes en passant par le refus de la constitution européenne, la révolte des jeunes contre le CPE ou les grandes grèves de 1995, 2003, 2010 et 2016), les monopoles capitalistes à base française doivent rapidement « changer daire »: cela signifie désactiver et déborder lEtat-nation à la fois par le bas et par le haut ; par le bas, en « reconfigurant les territoires » et en liquidant les communes et les département au profit des euro-métropoles et des Grandes régions à lallemande (Macron appellera cela le « Pacte girondin »); par le haut, en transférant la souveraineté française à léchelon européen (en novlangue macroniste, cela donne la « souveraineté européenne » et le « saut fédéral européen »), voire en construisant ce que Bruno Le Maire et D. Strauss-Kahn nhésitent pas à appeler un Empire. Et ça ne gêne en rien le MEDEF que dexpliquer que pour reconfigurer et redimensionner le capitalisme « français », il faut marginaliser à bas bruit la langue française elle-même, piétiner ce qui reste de la Francophonie internationale et instituer langlais comme seule « langue des affaires et de lentreprise », ainsi que la ouvertement exigé au nom de Businesseurope (le syndicat patronal européen) le Baron Seillière, ex-président du patronat « français ». Il est vrai que lex-président « français » de la BCE, le bien-nommé Jean-Claude Trichet, avait déjà cru devoir inaugurer sa présidence en déclarant devant le parterre des décideurs européens : « I am not a Frenchman » ! Enfin, le MEDEF projette dinsérer les futurs États-Unis dEurope (exit aussi la « souveraineté européenne » au sein dune nouvelle « Union transatlantique » bien évidemment centrée sur Washington. Et dimplorer Berlin, maître de leuro, et Washington, grand-maître du dollar et de lOTAN, de co-assumer la supervision de lEmpire euro-atlantique dans lequel la France anglicisée, divisée, et si jose dire, « éparpillée façon puzzle », aurait tôt fait de se réduire à une simple expression géographique, le grand capital redéployant son capitalisme monopoliste dÉtat[13] euro-régionalisé, continentalisé et transcontinentalisé, dans les structures néo-étatiques et culturelle (anglicisation du droit notamment) des Länder à la française et du nouveau Reich euro-atlantique. Dénoncer et affronter la cohérence réactionnaire du bloc Union européenne/MEDEF/Parti Maastrichtien Unique Or ce programme du MEDEF na rien dune glaçante rêverie : articulé à la pluie de directives européennes qui assaillent notre pays, il fournit concrètement la feuille de route concrète des attaques, apparemment disparates mais en réalité étroitement planifiées et coordonnées qui, par lentremise de ces petits commis du Parti Maastrichtien Unique que sont tour à tour Sarkozy, Hollande ou Macron (et demain Le Pen[14] ?), désossent jour après jour quitte à contourner lun après lautre tous les référendums populaires nationaux ou régionaux[15] toute espèce de vestige de République souveraine, sociale, laïque, démocratique et indivisible. Dans ces conditions, que faut-il revendiquer haut et fort pour, ne serait-ce que commencer à changer la société, remettre le monde du travail à loffensive, lui permettre de diriger un large rassemblement populaire majoritaire et daller à laffrontement de classes sur des bases dynamiques ? Quoi dautre, si lon balaie les pudeurs dappareils et les remugles électoralistes, si ce nest la sortie franche de la France de lUE atlantique dans la perspective affichée du socialisme pour notre pays ? En deçà de ce seuil minimal de ce que le PRCF appelle les « quatre sorties » -, de leuro, de lUE, de lOTAN et du capitalisme quobtiendra-t-on dans le meilleur des cas sinon des mois ou des années de tractation paralysante avec lUE sans pouvoir entretemps nationaliser franchement les monopoles capitalistes, sans pouvoir demblée instituer un contrôle national des capitaux, sans pouvoir réellement renverser les alliances internationales de la France, sans être à même de construire un pouvoir populaire capable de se confronter au pouvoir multiforme du capital, sans pouvoir frapper au cur la spéculation des milliardaires et « mettre le monde du travail au cur de la vie nationale », comme y invitait le PCF en 1944 ? Cohérence de classe contre cohérence de classe Cest pourquoi le PRCF construit pour notre pays, cohérence de classe contre cohérence de classe, une stratégie qui est lexact opposé de celle du MEDEF et qui, sous le nom dAlternative rouge et tricolore, conjugue défense du progrès social, reconquête de lindépendance nationale, recherche de coopérations transcontinentales, programme de transition révolutionnaire ciblant clairement le socialisme pour notre pays ? Une stratégie à la fois frontale, car elle suppose la construction dun large Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste (Fr.A.P.P.E.), la centralité du monde du travail à lintérieur de ce front et dans ce but, la reconstitution dun PC de combat associé à laction dun large front syndical de classe et de lutte. Au-dessous de ce seuil minimal, on naura aucun changement, seulement du Mitterrand-bis, du Jospin-bis ou du Hollande bis, avec la fascisation surplombant nos têtes comme une épée de Damoclès. Au-dessous de ce même seuil stratégique, on nentrera même pas dans la temporalité politique que nous impose objectivement lagenda capitaliste endiablé de déconstruction de la nation et, sur le plan international, de marche à la guerre mondiale impérialiste sous légide du pas si « endormi » que ça Joe Biden. Au-dessous de ce seuil stratégique qui nest nullement un diktat arbitraire et « hégémonique » du PRCF mais le minimum raisonnable quon puisse attendre dun communiste , on ne reconstruira pas un parti de combat mais un petit ectoplasme rouge pâle ou rose vif qui nintéressera absolument pas les travailleurs : il nest que de voir combien de fois déjà la classe ouvrière, du Nord-Pas-de-Calais aux banlieues populaires des grandes villes, a déjà x fois répudié et humilié électoralement à la fois le PS et le PCF mutant, ou de voir à quel point la notion de gauche, y compris de « gauche unie », semble aujourdhui boudée par les milieux populaires tant cette noble idée a été salie et dévoyée depuis Mai 1981. Privilégier les luttes dappareil ou de micro-appareils ou partir du peuple et des conditions objectives du changement ? Bref, pour réunir les communistes et réorganiser un parti communiste digne de ce nom, il ne faut pas partir, en tout cas, pas principalement, des affrontements florentins à fleurets mouchetés auxquels donnent lieu, dans lindifférence absolue des travailleurs, les congrès du PCF pendant que la « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat part littéralement en boulettes, que les travailleurs étouffent sous le management patronat, que les Lumières séteignent peu à peu sous lavancée de nouveaux obscurantismes, que langlais patronal devient de fait, bien quillégalement, la langue de travail des grandes entreprises et que la jeunesse populaire, exproprié de toute perspective davenir, na plus envie que de hurler son désarroi. Il ne faut pas davantage absolutiser le regroupement de micro-organisations dénuées dancrage militant réel, même sil peut être utile ponctuellement de dialoguer sur des questions théoriques et de fédérer un maximum de militants sur des combats précis. Il faut partir au contraire de la problématique géopolitique et politique effective. De la défense de la paix et des souverainetés nationales. De la lutte contre tous les impérialismes, le « nôtre » inclus. Des besoins objectifs des travailleurs, dont le premier est que notre pays recouvre sa capacité de mener une politique autonome de développement économique et culturel. De la souffrance de masse qui monte du pays. Il faut se dire que l« explosion sociale » craintivement annoncée par lex-Premier Ministre Édouard Philippe peut venir à tout moment, comme la montré la crise inachevée des Gilets jaunes, et quil faut être en capacité, quand cette explosion se produira sans crier gare, de lui offrir au moins les bases dun programme de transition révolutionnaire et au moins lembryon dune organisation dynamique et disciplinée. Car sans cela, la désorientation idéologique générée par des décennies de carence du parti davant-garde est désormais si grave que le soulèvement populaire peut aussi être récupéré par lextrême droite, nourrir de suicidaires appels à lintervention politique de larmée[16], voire vers des formes de guerre civile inter-« communautaires » pilotées par la, ou par les, extrêmes droites. On peut bien sûr nous objecter que les moyens du PRCF sont trop modestes pour donner corps à cette voie exigeante. Mais, outre le fait que le PRCF attire de plus en plus de jeunes et que ses liens avec le Mouvement communiste international et avec les syndicalistes de classe de France ne cessent de sétoffer, la modestie des forces nest pas un argument sérieux pour des communistes. Mieux a toujours valu, pour des léninistes des forces modestes mais bien orientées, que des forces plus grandes paralysées par des alliances compromettantes avec des appareils enlisés dans des alliances électoralistes totalement discréditées. En outre, si notre orientation est juste et cest ce quil faut voir en premier quand on nest pas un opportuniste il ne faut pas faire de la faiblesse des effectifs une objection, au contraire, il faut se demander comment aider le PRCF à accroître sa force et son impact militants. Car noublions pas quaucun individu nest extérieur aux rapports de forces sociaux et que lindifférence organisationnelle dun trop grand nombre de communistes qui « comptent les points » et ne sengagent pas est aussi un élément du rapport des forces. Conclusion Cest cette voie populaire et révolutionnaire, patriotique et internationaliste à la fois, qua choisi de privilégier le PRCF, sans pour autant, répétons-le, sinterdire de tendre la main aux camarades qui luttent à lintérieur du PCF ni de dialoguer fraternellement avec ceux qui croient juste de privilégier les regroupements dorganisation. Si nous avons tort de procéder de la sorte, quon nous le démontre sans invectives. Si nous avons raison, que lon cesse de compter les points et despérer passivement lavènement de « jours meilleurs ». Et que lon vienne plutôt nous aider et que lon « retrousse les manches » en faisant ce que doit faire tout communiste désireux de mettre en accord ses idées et ses actes : non pas pantoufler sans fin dans une organisation discréditée et sans ressort, qui na plus guère à « vendre » quun passé quelle a déjà cent fois renié, ne pas ménager la chèvre et le chou en naviguant éternellement entre les organisations soi-disant « antilibérales » de la gauche établie, PCF-PGE inclus, mais accomplir le premier devoir du communiste : celui de sorganiser, de sengager pour du bon, avec discipline et abnégation dans une organisation marxiste-léniniste prolongeant au présent le grand passé du grand PCF, donc porteuse dune alternative rouge et tricolore pour le temps présent. Georges Gastaud, le 23.4.2021
_______________ [1] Auteur notamment de Mondialisation capitaliste et projet communiste (1997) et du Nouveau défi léniniste (2017). [2] Jexcepte Georges Marchais de cette liste: cest sous son autorité que les plus graves dérives ont pris corps au 22, 23, 24, 28èmes congrès, que la rupture avec le Mouvement communiste international a été consommée, que le PCF a adhéré au bloc fractionnel « eurocommuniste » emmené par Berlinguer (PC italien) et Carrillo (PC dEspagne), que le PCF est entré à reculons certes dans le gouvernement pré-maastrichtien et social-atlantiste de Mauroy (1981), tout cela sous linfluence dintellectuels antisoviétiques et anti-léninistes de choc comme Ellenstein, Damette, Juquin, Martelli, etc. Cependant, il faut reconnaître que Marchais était tout de même, de par ses origines de classe ouvrière et son ancrage dans ce que jappellerai l « ancien Parti », capable de résister épisodiquement et de manière brouillonne et inconséquente à ces dérives destructives. Il se méfiait viscéralement de Mitterrand et de la social-démocratie et a toujours tenté dassocier la défense de la classe ouvrière à celle de la nation (par ex. lors de la belle bataille du Non à Maastricht que mena le PCF en 1992, avant, très vite, de se rallier sous légide de Francis Wurtz à la funeste théorie de la « réorientation progressiste de lUE »). La longue et très contrastée mandature de Marchais à la tête du PCF a donc été marquée par une série de zigzags politiques, des tentatives de raidissements, voire de re-communisation partielle, succédant de manière inconséquente et abruptes à des phases irrémédiables de honteux déferlement révisionniste, antisoviétique et droitier. Mais globalement, cest la pente droitière qui a triomphé jusquà emporter Marchais : après avoir parrainé lhyper-opportuniste Robert Hue, alors chef de file des élus du PCF, G. Marchais naura guère tardé à se faire humilier inhumainement par la clique renégate de Hue que lex-député du Val-de-Marne avait imprudemment placé à la tête du PCF. [3] Cest évidemment faux. Même si le nom dun parti est une question très importante, on a vu dauthentiques Partis marxistes-léninistes comme le SED est-allemand rester le « parti des communistes » même en changeant de nom (SED signifie Parti Socialiste Unitaire dAllemagne) alors quon a vu à linverse des « PC » en titre se décommuniser totalement, par ex. le PC dEspagne de Santiago Carrillo (qui a fini sa triste carrière de renégat en éditorialiste du principal journal bourgeois espagnol
). Pour prendre un exemple plus direct encore, cela fait maintenant
107 ans que le Parti « socialiste » français sappelle ainsi alors que depuis 1914 cette organisation na cessé dêtre, selon le mot de Léon Blum, non par le constructeur du socialisme (bien que le PS, alias SFIO, ait plusieurs fois dirigé le gouvernement) le « gérant loyal du capitalisme ». [4] Y compris si cette ville
qui a déjà changé de nom, soit dit en passant, parachève son anglicisation galopante et quelle cesse dêtre principalement la capitale française pour devenir le centre de leuro-pôle francilien ? Car cest ce que voulait très explicitement lancien président « socialiste » de la Région francilienne, le sinistre Jean-Paul Huchon (cf son Livre « De battre ma gauche sest arrêtée »), alors uni aux « communistes » en son Conseil régional ? [5] Le destructif et politiquement indécent Robert Hue sétant entretemps fait élire sénateur sur une liste PS avant dappeler à voter Macron au 1er tour de la présidentielle, à linstar de lancien ministre « communiste » Gayssot
[6] Par ex. le vote par les députés du PCF de la loi Molac (avril 2021) qui pousse à leuro-régionalisation linguistique de la France, ou par ex. le vote de létat durgence par le groupe « communiste » en 2015, sachant que cet état durgence ne pouvait manquer dêtre utilisé contre la classe ouvrière, comme on la très vite vu à lépoque où Valls était ministre de lIntérieur, puis Premier Ministre
Il faut évidemment combattre le terrorisme islamiste, mais pas sous la houlette des gouvernements bourgeois dont toute la politique, tant étrangère quintérieure, alimente le terrorisme. Pas plus quil ne faut combattre lintégrisme salafiste de la manière dont a procédé lex-député PCF André Gerin quand il flirtait avec Sarkozy sur ce terrain pseudo-républicain. [7] Cest ce que lauteur de ces lignes shonore davoir fait quand il était secrétaire de la section de Lens du PCF, notamment à lépoque du gouvernement Jospin-Buffet : pas un numéro de LIncorruptible, le journal de la section lensoise du PCF, nest alors sorti des presses sans que ce gouvernement social-impérialiste (guerre de Yougoslavie notamment) et social-maastrichtien (préparation du passage à leuro, privatisation de France-Télécom, dAir-France, etc.), ministres « communistes » inclus, ne soit clairement dénoncé auprès des travailleurs lensois. À une tout autre échelle historique, eût-on imaginé Rosa Luxemburg ou Karl Liebknecht demeurer membre du SPD (encore formellement marxiste) sans dénoncer sa ligne impérialiste durant la guerre de 1914/18 ? Rosa elle-même nenvoyait pas dire, du fond de sa prison dEmpire, et alors quelle était encore membre, formellement, du SPD, que « la social-démocratie nest plus quun cadavre puant ». Le tort tactique de Rosa aux yeux de Lénine aura été dêtre demeurée trop longtemps au sein du SPD, davoir trop différé la création du PC dAllemagne (le KPD). Au point que, lorsque linsurrection prolétarienne aura pris son élan en Allemagne, le prolétariat de ce pays naura pas pu disposer pleinement dun parti de combat discipliné et apte à diriger loffensive. De la Commune de Paris à linsurrection spartakiste, toutes deux sauvagement réprimées, la question majeure demeure et elle reste une vraie croix pour tous les éléments centristes qui veulent éternellement cultiver le marxisme dans un cadre social-démocrate : celle de la séparation organisationnelle entre révolutionnaire et réformiste. Bref, la question du Congrès de Tours qui nest pas derrière, mais DEVANT nous ! [8]
alors président dhonneur de la FNARC, lorganisation qui précéda le PRCF. [9] On ne sache pas quà lépoque, Fabien Roussel se soit signalé par une quelconque opposition au gouvernement social-privatiseur Jospin auquel participait sans états dâme exagérés la sénatrice « communiste » nordiste Michèle Demessine
[10] Un vote Macron de second tour que la direction du PCF a osé présenter comme un barrage possible à lextrême droite en mai 2017
Comme les fédérations Nord et Pas-de-Calais du PCF nont pas craint, toute honte bue, de soutenir Xavier Bertrand en le présentant, au second tour, comme un « barrage » au FN aux précédentes régionales
[11] Propos qui, au mieux, ne signifie rien et veut dire quon reste tout en sortant, qui na aucune espèce de crédibilité (pour renégocier les traités, il faut laccord des 27 gouvernements européens, tous plus à droite les uns que les autres, voire dextrême droite : Pologne, Hongrie, Pays baltes, etc.) et qui, quand bien même il prendrait forme, ne pourrait mener quà la ruine rapide de la France puisque, pendant quauraient lieu les négociations, notre pays subirait dénormes saignées spéculatives et serait dans lincapacité de se défendre, nayant pas rétabli sa souveraineté monétaire
[12] Contournant la question toujours décisive des nationalisations (le mot « nation » étant devenu quasiment tabou), le programme actuel du PCF est non seulement inférieur au programme commun PS/PCF de 1972, non seulement très inférieur à celui du PCF seul de 1971 (intitulé « Changer de cap »), mais il est même très en deçà de celui du PS mitterrandien des années 1970
Jentends bien que le PS navait aucune intention réelle dappliquer son programme. Mais que dire dun parti « communiste » qui, avant même dêtre au pied du mur, commence par raboter ses intentions elles-mêmes ? Rappelons quen 1976, le programme commun PC/PS a éclaté sur la question des nationalisations, G. Marchais jugeant à juste titre que, en deça dun certain seuil de nationalisations démocratiques, le futur gouvernement dunion populaire naurait certainement pas en main les leviers économiques minimaux nécessaires à sa politique. Mais cette notion de « seuil minimal » de nationalisation semble être totalement sortie de la tête de nombre de communistes actuels
[13] Il est temps que les marxistes cessent dêtre dupes des analyses néokeynésiennes critiquant le prétendu « ultralibéralisme », la « déconstruction de lÉtat » et autres sornettes qui rabattent les communistes vers les fadaises de l« antilibéralisme » tout en les éloignant à la fois de la lutte pour le socialisme et de la confrontation pure et dure avec lUE. Le capitalisme monopoliste dÉtat, ce concept dorigine léniniste que le PCF savait parfaitement analyser à lépoque du gaullisme et du pompidolisme triomphants, reste bien ce « mécanisme unique de lÉtat bourgeois et des monopoles capitalistes » que critiquait, une foison de faits à lappui, le livre éponyme paru en 1972 aux Editions sociales. Ce « CME » na nullement disparu : il a avant tout migré et changé déchelle changé d « aire » dirait le MEDEF si bien que la déconstruction de lÉtat bourgeois NATIONAL au profit, dune part, des Grandes Régions à lallemande, dautre part de lEurope fédérale (« saut fédéral européen » co-pilotée par Berlin et par Washington a déplacé et radicalisé le CME bien plus quelle ne la aboli. Même la fameuse « concurrence libre et non faussée » inhérente au traité de Maastricht nest quune ruse de la raison dialectique : en instaurant une concurrence débridée à léchelle continentale et transcontinentale, on dé-segmente et on détruit les marchés local et national, on fait place nette pour les trusts continentaux et transcontinentaux, on arase à la fois les monopoles publics (pour construire des monopoles privés, par ex. SUEZ-GDF aux dépens dEDF-GDF) et lindépendance des PME, et lon fait monter en puissance un maxi-État continental (doté de sa monnaie, de son armée, de sa gendarmerie, de son Parquet, voire de sa langue unique : le globish), à savoir lEmpire européen producteur de « normes » tatillonnes. Un Empire si peu « libéral » quil dispense sans fin dénormes subventions publiques directes (cf le « grand emprunt européen », garanti par le contribuable européen et déversé sans contrôle sur les monopoles capitalistes) ou indirectes (milliards deuro GRATUITS injectés à jet continu par la BCE vers les banques et vers les monopoles industriels) tout en détruisant au passage, non pas « le CME » mais les services publics et la protection sociale gagnés par les travailleurs dans le cadre des luttes de classe menées à léchelle des États-nations. Bref, de moins en moins d « Etat (nation) -Providence » pour les travailleurs, les artisans et les petits paysans, et de plus en plus dÉtats (européens) Providence
pour le grand capital. [14] Le mensuel du PRCF, « Initiative communiste » a déjà moult fois dénoncé le faux duel et vrai duo que constitue le couple mortifère Macron/Le Pen, le premier ne cessant de « prendre de droite » la seconde à coups de lois sécuritaires et de stigmatisation « des » musulmans, la second cherchant à déborder Macron sur le terrain de leuro-atlantisme en validant sans la moindre pudeur « nationaliste » leuro, lUE, Schengen et, bien entendu, lOTAN. Si bien que le « bloc bourgeois » personnifié par Macron ne sinscrit pas moins dans le processus de fascisation dont le lepénisme est laile marchante que symétriquement le Rassemblement lepéniste sinscrit de plus en plus dans le Parti Maastrichtien Unique héritier de feu l « UMPS ». La base commune permanente des blocs bourgeois européen type Merkel, Macron, Draghi-Renzi, etc. et des blocs euro-identitaires (type Le Pen, Kaczynski, Orban, etc.) est lamalgame « antitotalitaire » que pratique désormais le Parlement européen lui-même entre communistes et nazi pour mieux criminaliser les premiers et, de moins en moins insidieusement, banaliser et réhabiliter lextrême droite déjà au pouvoir ou aux portes du pouvoir dans un bon tiers des pays européens. Nest-il pas évident dailleurs que si Le Pen devient présidente en 2022, elle ne rompra pas plus avec lUE que lUE ne rompra avec elle. Tout ce beau monde convergera dans lanticommunisme, latlantisme, lantisyndicalisme primaire et la marche aux guerres néocoloniales, le tout supervisé par Berlin et « super-supervisé » par Washington. [15] Non seulement le référendum sur la constitution européenne de 2005, mais aussi les référendums corse et alsacien des années 2000 qui, tous deux, avaient refusé la constitution dune « collectivité territoriale unique » corse ou alsacienne abolissant les départements républicains. Là aussi, dans les deux cas, les grandes bourgeoisies hexagonale et régionales ont froidement violé la volonté populaire. Dans ces conditions de viol permanent de Marianne et de la Constitution, continuer comme si de rien nétait, comme le fait le PCF, à ne sinterroger en rien sur la participation aux élections européennes et régionales (sans préjuger du résultat de cette réflexion, ne serait-ce quen étudiant démocratiquement la question !), alors que ces élections sont bâties elles-mêmes sur déclatants dénis de démocratie (quand les populations concernées ont-elles eu à valider la mise en place des treize Grandes Régions créées par F. Hollande ?), montre à quel point dabaissement est tombé lesprit critique dans notre pays. [16] Nous avons eu loccasion de dénoncer sur www.initiative-communiste.fr lappel irresponsable du chanteur en gilet jaune Francis Lalanne à une intervention de larmée pour « rétablir la démocratie ». Comme quoi le spontanéisme et le rejet démagogique des partis en général et du PC en particulier peut conduire aux pires naïvetés. La lettre ouverte à Macron datée du 22 avril 2021 quont publiée un certain nombre de généraux retraités menaçant à demi-mots Macron dun putsch sil ne peut rétablir à temps l « ordre » et la « civilisation », est un symptôme de ce qui nous menace si les communistes, au lieu de se perdre en jeux florentins dappareil et de micro-appareils, ne sattachent pas à construire ensemble, en se tournant de manière privilégiée vers les travailleurs (entrées des entreprises, manifs populaires, quartiers défavorisés, LP et LT, soutien public au syndicalisme de classe
) une alternative patriotique et populaire tourné vers le Frexit progressiste dans la perspective du socialisme pour notre pays.
Edité le 28-04-2021 e 15:14:15 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Posté le 04-05-2021 à 19:55:17
| Il va falloir commencer par la voie N°II pour mener des actions concrètes sur le terrain, comme remplacer le bureau de poste qui vient juste d'être fermé par exemple, remplacer l'état devenir l'état. Pour embrayer sur la voie prônée par Gastaud mais sans les bourdasses du PRCF (Du genre défendre les traorés.) Avec les stratégie de communication del Frente obrero. |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 04-05-2021 à 23:42:33
| N'importe quelle association peut se mobiliser pour un bureau de postes. La particularité du parti communiste c'est de lutter pour le socialisme et le communisme et d'élaborer un plan d'action dans ce but. On parle de la construction de ce parti, et de ses objectifs. Des militants du PCF mènent aussi des actions pour conserver un bureau de postes, mais leur parti ne se prononce pas clairement pour une société socialiste. Dans ce cas toutes leurs actions n'auraient ni queue ni tête. Naturellement il faut des cellules d'entreprise, mais il faut d'abord leur assigner un objectif final. D'ailleurs le texte de Gastaud qui semble porter sur l'organisation tourne en fait autour de la ligne politique, pour démontrer que celle du PRCF est juste. L'unité des communistes autour d'objectifs communs est la première condition.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-05-2021 à 14:36:11
| | J. Staline : Des perspectives du P.C.A. et de la bolchévisation − 1925 DANIELLE BLEITRACH 16 MAI 2021 Voici un texte que lon peut analyser non comme un dogme mais comme une réflexion théorique sur lexpérience historique que doivent faire chaque nation, chaque formation sociale. Quy a-t-il de valide dans cette bolchévisation qui demeure le fondement de tous les partis communistes ayant réussi à accéder au pouvoir et à sy maintenir? En quoi est-elle devenue un modèle contraignant et à partir de quand ? Une hypothèse pourrait être utilement étudiée: ce nest pas Staline qui à prétendu définir un modèle soviétique pour tous les partis en niant les spécificités nationales de développement autant que de lhistoire de la lutte des classes, mais bien Khrouchtchev qui prétend imposer un modèle tout en retirant la protection de lURSS avec la coexistence pacifique, ce qui aboutira au terrible divorce sino-soviétique. En quoi cependant les incontestables errances khrouchtcheviennes sont-elles le produit de ce qui na pu être transformé à temps ? Toutes ces questions historiques prennent dautant plus dacuité que nous sommes confrontés aux difficultés stratégiques face à la crise hégémonique du capital. Nous ne trouverons pas dans le passé les clés de cette stratégie mais des mises en garde de ce texte qui sont toujours valides : ainsi en est-il de la manière de démasquer la social démocratie. Alors que notre blog est centré sur les questions internationales, nous sommes, comme le dit Staline, convaincus que la prise de conscience de la nature de la social démocratie se fait sur le terrain quotidien et concret de ce que vit la classe ouvrière, tous ceux qui souffrent du capital et à qui lon offre des leurres. Cest ce qui motive notre choix de soutenir la nouvelle direction du PCF et son dirigeant Fabien Roussel. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société ) https://histoireetsociete.com/2021/05/16/j-staline-des-perspectives-du-p-c-a-et-de-la-bolchevisation-%e2%88%92-1925/ La Pravda n° 27, 3 février 1925 Note du Centre MLM : Ci-dessous présenté, lentretien de Staline avec Herzog − cadre du Parti Communiste dAllemagne −, publié par La Pravda le 2 février 1927. Il y est largement question de bolchévisation. Quest-ce que la bolchévisation ? « La bolchévisation des sections de lInternationale Communiste consiste à étudier et à appliquer dans laction les expériences acquises par le Parti Communiste russe au cours des trois révolutions et aussi, bien entendu, les expériences de toutes les autres sections ayant à leur actif des luttes sérieuses. A la lumière de cette expérience les sections de lInternationale Communiste doivent comprendre les tâches qui leur incombent et généraliser leur propre expérience » . Et : « La bolchévisation consiste à savoir expliquer les principes généraux du léninisme à chaque situation concrète dans chaque pays. La bolchévisation est en plus lart de saisir le chaînon le plus important qui permet de tirer toute la chaîne. Ce chaînon ne peut être identique dans tous les pays à cause de la diversité de leurs conditions sociales et politiques » (Thèses sur la bolchévisation, Exécutif élargi de lIC, 1925).
Première question (Herzog) . Estimez-vous que les rapports politiques et économiques dans la république capitaliste démocratique dAllemagne sont tels, que la classe ouvrière devra, au cours dune période plus ou moins rapprochée, mener la lutte pour le pouvoir ? Réponse (Staline) . Il serait difficile de répondre à cette question avec une précision rigoureuse, si vous parlez de délais et non dune tendance. Point nest besoin de démontrer que la situation actuelle se distingue essentiellement de la situation de 1923, par la conjoncture aussi bien internationale quintérieure. Toutefois, compte tenu des sérieux changements possibles dans la situation extérieure, léventualité nest pas exclue dun brusque changement de la situation, dans un proche avenir, au profit de la révolution. Linstabilité de la situation internationale est le gage que cette supposition peut devenir une probabilité. Deuxième question . Étant donné la situation économique et les rapports des forces, une période préparatoire plus longue sera-t-elle nécessaire chez nous pour conquérir la majorité du prolétariat (tâche que Lénine avait assignée aux partis communistes de tous les pays et dont il soulignait lextrême importance avant la conquête du pouvoir politique) ? Réponse . Pour autant quil sagit de la situation économique, je ne puis apprécier les choses quen me basant sur les données générales dont je dispose. Selon moi, le plan Dawes 1 a déjà donné certains résultats, il a abouti à une stabilisation relative de la situation. La pénétration des capitaux américains dans lindustrie allemande, la stabilisation de la monnaie, le redressement de la situation dans plusieurs industries maîtresses dAllemagne, − ce qui ne signifie pas le moins du monde un assainissement radical de léconomie allemande, − enfin, une certaine amélioration de la situation matérielle de la classe ouvrière, − autant de faits qui ne pouvaient manquer daboutir à un certain renforcement des positions de la bourgeoisie en Allemagne. Cest là, pour ainsi dire, le côté « positif » du plan Dawes. Mais le plan Dawes a, en outre, des côtés « négatifs » qui doivent inévitablement se faire sentir à un moment donné et torpiller les résultats « positifs » de ce plan. Il est évident que le plan Dawes représente pour le prolétariat allemand un double joug, intérieur et extérieur du Capital. Les contradictions entre lextension de lindustrie allemande et le rétrécissement des marchés extérieurs pour cette industrie, la disproportion entre les exigences hypertrophiées de lEntente et les possibilités limitées de léconomie nationale allemande pour satisfaire ces exigences, autant de faits qui, en aggravant inévitablement la situation du prolétariat, des petits paysans, des employés et des intellectuels, ne peuvent manquer daboutir à une explosion, à une lutte directe du prolétariat pour la prise du pouvoir. Mais on ne saurait envisager cette circonstance comme lunique condition favorable à la révolution allemande. Pour que cette révolution puisse triompher, il est nécessaire, en outre, que le Parti communiste représente la majorité de la classe ouvrière, quil devienne la force décisive dans la classe ouvrière. Il est nécessaire que la social-démocratie soit démasquée et battue, quelle soit réduite à ne plus être quune infime minorité au sein de la classe ouvrière. Ces conditions faisant défaut, il est inutile même de songer à la dictature du prolétariat. Pour que les ouvriers puissent vaincre, ils doivent être inspirés par une seule volonté, guidés par un seul parti jouissant de la confiance incontestable de la majorité de la classe ouvrière. Si deux partis concurrents, de force égale, existent au sein de la classe ouvrière, alors, même au cas où les conditions extérieures sont favorables, une victoire durable est impossible. Lénine, le premier, a particulièrement insisté là-dessus, dans la période qui précéda la révolution dOctobre, jugeant cette condition indispensable à la victoire du prolétariat. La situation la plus favorable à la révolution, serait une situation où la crise intérieure en Allemagne et laccroissement décisif des forces du Parti communiste coïncideraient avec de sérieuses difficultés dans le camp des ennemis extérieurs de lAllemagne. Selon moi, labsence de cette dernière condition, dans la période révolutionnaire de 1923, a joué un rôle négatif non des moindres, tant sen faut. Troisième question . Vous avez dit que le, P.C.A. devait avoir derrière lui la majorité des ouvriers. Jusquà présent, on a accordé trop peu dattention à cet objectif. Que faut-il faire, à votre avis, pour que le P.C.A. devienne un parti énergique, doué dune force de recrutement en progression constante ? Réponse . Certains camarades pensent que renforcer le parti et le bolchéviser, cest chasser du parti tous les hétérodoxes. Cela est faux, évidemment. On ne peut démasquer la social-démocratie et la ravaler au rôle dinfime minorité dans la classe ouvrière, quau cours dune lutte quotidienne pour les besoins concrets de la classe ouvrière. Il faut clouer la social-démocratie au pilori non pas dans les problèmes planétaires, mais dans la lutte quotidienne de la classe ouvrière pour améliorer sa situation matérielle et politique ; les salaires, la journée de travail, le logement, les assurances, les impôts, le chômage, la vie chère etc., toutes ces questions doivent jouer un rôle important, sinon décisif. Battre les social-démocrates chaque jour, sur ces questions, en démasquant leur traîtrise, telle est la tâche. Mais cette tâche serait incomplètement réalisée si les questions pratiques quotidiennes nétaient pas rattachées aux questions capitales de la situation internationale et intérieure de lAllemagne, et si, dans le travail du parti, toute cette action quotidienne nétait pas éclairée du point de vue de la révolution et de la conquête du pouvoir par le prolétariat. Mais seul est capable de faire cette politique un parti qui a à sa tête des cadres de dirigeants suffisamment expérimentés pour renforcer leur propre parti, en mettant à profit toutes les bévues de la social-démocratie, et suffisamment préparés au point de vue théorique pour que les succès partiels ne leur fassent pas oublier les perspectives du développement révolutionnaire. Cest ce qui explique principalement pourquoi le problème des cadres dirigeants des partis communistes en général, le parti communiste allemand y compris, est lun des problèmes essentiels de la bolchévisation. Pour réaliser la bolchévisation, il est nécessaire de réunir au moins plusieurs conditions fondamentales, sans lesquelles la bolchévisation des partis communistes est, dune façon générale, impossible. 1. Il faut que le parti se considère non pas comme un appendice du mécanisme électoral parlementaire, ce que fait, au fond, la social-démocratie, et non pas comme un supplément gratuit aux syndicats, ce que prétendent parfois certains éléments anarcho-syndicalistes, mais comme la forme supérieure de lunion de classe du prolétariat, appelée à diriger toutes les autres formes dorganisations prolétariennes, depuis les syndicats jusquà la fraction parlementaire. 2. Il faut que le parti, et surtout ses éléments dirigeants, sassimilent pleinement la théorie révolutionnaire marxiste, en la rattachant étroitement à la pratique révolutionnaire. 3. Il faut que le parti élabore des mots dordre et des directives non pas en se basant sur des formules apprises par cur et des parallèles historiques, mais en sappuyant sur une analyse minutieuse des conditions concrètes, intérieures et internationales, du mouvement révolutionnaire, en tenant rigoureusement compte de lexpérience des révolutions de tous les pays. 4. Il faut que le parti vérifie la justesse de ces mots dordre et directives dans le feu de la lutte révolutionnaire des masses. 5. Il faut que tout le travail du parti, surtout si les traditions social-démocrates nont pas encore disparu dans son sein, soit réorganisé sur un plan nouveau, sur le plan révolutionnaire, de telle sorte que chaque démarche du parti et chacune de ses actions, conduisent naturellement à la pénétration révolutionnaire des masses, à la préparation et à léducation des grandes masses de la classe ouvrière dans lesprit de la révolution. 6. II faut que, dans son travail, le parti sache unir un rigoureux esprit de principe (ne pas confondre avec le sectarisme !) à un maximum de liaisons et de contacts avec les masses (ne pas confondre avec le suivisme l), sans quoi il est impossible au parti non seulement denseigner les masses, mais de sinstruire auprès delles, non seulement de guider les masses et de les élever jusquau niveau du parti, mais de prêter loreille à la voix des masses et de deviner leurs besoins les plus urgents. 7. Il faut que le parti sache unir dans son travail un esprit révolutionnaire intransigeant (ne pas confondre avec lesprit daventure révolutionnaire!) à un maximum de souplesse et de capacité de manuvre (ne pas confondre avec le conformisme !), sans quoi il est impossible au parti de sassimiler toutes les formes de lutte et dorganisation, de rattacher les intérêts quotidiens du prolétariat aux intérêts vitaux de la révolution prolétarienne, et de combiner dans son travail la lutte légale avec la lutte illégale. 8. Il faut que le parti ne dissimule pas ses fautes, quil ne craigne pas la critique, quil sache perfectionner et éduquer ses cadres en tirant profit de ses propres erreurs. 9. Il faut que le parti sache choisir pour son groupe principal de dirigeants les meilleurs éléments parmi les combattants davant-garde, suffisamment dévoués pour être les interprètes authentiques des aspirations du prolétariat révolutionnaire, et suffisamment expérimentés pour devenir les chefs véritables de la révolution prolétarienne, capables dappliquer la tactique et la stratégie léninistes. 10. Il faut que le parti améliore méthodiquement la composition sociale de ses organisations et quil épure ses rangs des éléments opportunistes qui le corrompent, pour atteindre au maximum dhomogénéité. 11. Il faut que le parti établisse une discipline prolétarienne inflexible, basée sur la cohésion idéologique, sur une claire vision des objectifs du mouvement, sur lunité dans laction pratique et sur une attitude consciente de la grande masse des adhérents envers les tâches du parti. 12. Il faut que le parti vérifie méthodiquement lexécution de ses propres décisions et directives, sans quoi ces dernières risquent de devenir des promesses creuses, capables simplement de ruiner la confiance des grandes masses prolétariennes à son égard. A défaut de ces conditions et autres analogues, la bolchévisation est un son creux. Quatrième question. Vous avez dit quen plus des côtés négatifs du plan Dawes, la deuxième condition de la conquête du pouvoir par le P.C.A., serait une situation où le parti social-démocrate apparaîtrait aux yeux des masses entièrement démasqué, et où il ne représenterait plus une force sérieuse au sein de la classe ouvrière. Le chemin est encore long pour arriver à ce résultat, étant donné les faits réels. Ici les défauts et les faiblesses des méthodes actuelles de travail dans le parti se font manifestement sentir. Comment peut-on les éliminer ? Comment appréciez-vous les résultats des élections de décembre 1924 pendant lesquelles la social-démocratie, − parti entièrement corrompu et pourri, − non seulement na rien perdu, mais a même gagné près de deux millions de voix? Réponse. Il ne sagit pas là de défauts dans le travail du parti communiste allemand. Il sagit, avant tout, que les emprunts américains et la pénétration du capital américain, plus la monnaie stabilisée, en améliorant quelque peu la situation, ont créé lillusion quil était possible de liquider totalement les contradictions intérieures et extérieures de la situation en Allemagne. Cest à la faveur de cette illusion que la social-démocratie allemande a fait son entrée triomphale, comme montée sur un blanc coursier, au Reichstag actuel. Aujourdhui Wels fait parade de sa victoire aux élections. Mais, apparemment, il ne comprend pas quil sapproprie une victoire qui nest pas la sienne. Ce nest pas la social-démocratie allemande mais le groupe Morgan qui a triomphé. Wels na été et nest quun des commis de Morgan. Plan Dawes. Cest ainsi quon appelle le rapport concernant le payement des réparations par lAllemagne, rapport établi par un comité international dexperts, sous la présidence du général Dawes, financier américain, et ratifié le 16 août 1924 à la Conférence de Londres des Alliés
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 29-12-2021 à 23:19:12
| Le réseau faire vivre met en ligne : https://lepcf.fr/I-LA-CELLULE-D-ENTREPRISE A noter : "La cellule d'entreprise n'apporte pas par elle-même la théorie marxiste-léniniste, mais par l'expérience pratique multipliée elle est la source de la théorie et sa vérification. Elle est le garant du caractère de classe du parti et l'organisation de l'avant-garde de la classe ouvrière. Archimède disait " donnez-moi un levier et je soulèverai le monde ". La cellule d'entreprise est le levier qui peut soulever le prolétariat, l'organiser dans un seul syndicat de classe et de masse, mener des campagnes politiques nationales et internationales..." On peut se demander quel est le sens de ce texte dans le PCF. Or ce sont les révisionnistes qui ont mis fin aux cellules d'entreprise. Le courant d'opposition et de retour aux principes ml l'a dénoncé s'est emparé de cette revendication pour reconstruire des cellules d'entreprise. Des jeunes ont commencé à reconstruire ces cellules. Quelle est la finalité ? Il faut avoir confiance dans les masses. Si la ligne révisionniste l'emportait définitivement dans le PCF, les cellules d'entreprise disparaîtraient de nouveau. Elles sont incompatibles avec un parti bourgeois. L'expérience du PCMLF montre qu'en l'investissant, la social-démocratie radicale a étouffé la voix des cellules d'entreprise encore trop faibles dans le parti. Elles constituent une des conditions pour le renforcement d'un courant marxiste-léniniste dans le PCF.
_______________ Cours sur la cellule, 1928 En 1976 le PCMLF rééditait ce document sur la création des cellules dentreprises. Le N°1 des Carnets du Militant, épuisé depuis longtemps, était le fac-similé dun texte de 1928 édité par le Parti communiste français, un cours sur la cellule. La cellule du parti SOMMAIRE I - LA CELLULE DENTREPRISE 1° ) Composition 2° ) Organisation 3° ) Travail de la cellule 4° ) Moyens de réalisation 5° ) Méthodes de travail 6° ) Formation politique des adhérents 7° ) Liaison avec le comité de Parti II- LA CELLULE LOCALE 1° ) Composition de la cellule La cellule dentreprise doit être composée des communistes travaillant dans lentreprise donnée. Une cellule peut être constituée avec trois camarades. Dans son effort de recrutement, la cellule doit sattacher à recruter plus particulièrement parmi les ouvriers les plus exploités : manuvres, manuvres spécialisés et femmes. Cette orientation spéciale du recrutement résulte de deux facteurs : 1° politique de rationalisation de la bourgeoisie ; 2° composition sociale de notre parti. La rationalisation amène lélimination progressive du travail qualifié et son remplacement par une main duvre qui na subi aucun apprentissage (manuvres, femmes). Cette main duvre représente la figure centrale de lindustrie rationalisée, elle est aussi la plus exploitée. Nos cellules dentreprises doivent être composées en grande partie des éléments appartenant à cette masse essentielle du prolétariat industriel, car cest la condition dune liaison étroite de la cellule avec la majorité des ouvriers de lentreprise. Cest ainsi que la cellule pourra connaître exactement létat desprit et les besoins de la masse ouvrière de son entreprise et par conséquent la diriger effectivement. Cette nécessité daméliorer la composition sociale de nos cellules dentreprise apparaît encore plus clairement quand on tient compte du deuxième facteur : leur composition actuelle. Ce sont en majorité des ouvriers qualifiés professionnels, parmi lesquels se forme justement laristocratie ouvrière qui est la base de lopportunisme dans le mouvement ouvrier. Cela ne veut dire aucunement que ces ouvriers sont de mauvais communistes. Seulement une telle composition sociale constitue une base propice aux déviations opportunistes. Dautre part, quand on tient compte des traditions encore fortement enracinées dans lindustrie, des cloisons étanches qui séparent les ouvriers professionnels qui se considèrent comme une couche supérieure, de la grande majorité des ouvriers non qualifiés, il est clair que nos cellules sont faiblement liées à la masse essentielle de lentreprise, ne connaissent pas son état desprit et ses besoins, ne savent pas par conséquent la diriger dans la lutte contre le régime capitaliste. Un deuxième problème important ayant trait a la composition de la cellule dentreprise est celui des rattachés. En règle générale nous devons être contre la présence des rattachés à la cellule dentreprise. Mais les difficultés de vie politique et du travail pratique de la cellule dentreprise nécessitent laffectation des rattachés (discussion, diffusion du journal dentreprise). Le nombre de rattachés doit âtre réduit au strict minimum. Les autres doivent être affectés dans les cellules de leur lieu dhabitation. 2° ) Organisation de la cellule Pour le bon fonctionnement de la cellule, la constitution dun bureau composé de 2 à 3 camarades est indispensable. Le bureau doit : a) Préparer lordre du jour de la réunion de la cellule en solutionnant lui-même les questions secondaires et en organisant la discussion de façon à utiliser au maximum la courte durée de la réunion de la cellule dentreprise ; b) Contrôler lexécution des tâches confiées aux différents camarades (assurer pendant les heures de repas une liaison permanente avec les éléments de la cellule ; par là même, contrôler lexécution des tâches confiées aux différents camarades, etc.) ; c) Assurer une liaison étroite avec le comité de parti ; d) Se réunir et prendre des décisions en cas durgence, dans lintervalle des réunions de la cellule. Sans un bureau, la cellule ne peut pas remplir convenablement son râle, elle risque de compromettre gravement 1action du Parti dans des moments importants (Ex. : une manifestation convoquée en 48 heures, déclenchement brusque dun mouvement dans lentreprise, etc.). Le bureau de la cellule doit désigner en son sein, un secrétaire politique et au moins pour chaque tâche importante un responsable, cest à dire - un secrétaire pour le travail syndical (ou de masse pour les cellules de quartier), dont la tâche consistera plus particulièrement à suivre le travail de la section syndicale de lusine ; - un secrétaire pour lagitation et la propagande, qui soccupera spécialement de lorganisation des réunions dusine et de sympathisants ; qui réunira les articles pour le journal dentreprise ; qui organisera la diffusion du matériel dagitation et de la littérature du parti ; qui conseillera les membres de la cellule pour leurs lectures ; qui, sil y a lieu, organisera une école, etc. ; - un secrétaire à lorganisation dont le rôle consistera à veiller à la régularité des réunions ; à lutter contre les absences injustifiées ; à fournir aux organismes dirigeants des petits rapports sur la marche de la cellule - cest lui qui, par exemple, quand il est décidé dorganiser une réunion de sympathisants, a pour tâche de trouver le local, de repérer dans lusine (avec laide de tous les membres de la cellule) les sympathisants quil faut inviter, etc., et surtout, cest lui qui a à organiser le recrutement individuel et collectif. Dans la pratique, ces tâches sont difficilement séparables. Cest pourquoi la direction de la cellule doit être collective ; toutes les tâches doivent être discutées par le bureau de la cellule et lexécution doit en être assurée par toute la cellule sous la direction de tel ou tel responsable selon la tâche à accomplir. Pour faciliter léducation de tous les camarades de la cellule on doit faire passer successivement le maximum de camarades dans le bureau. Tous les trois ou six mois, la cellule doit faire le bilan de son activité et renouveler partiellement son bureau et les responsables aux différentes tâches, en veillant à assurer la continuité du travail, cest à dire en conservant dans le bureau les camarades qui se sont révélés les plus capables et les plus dévoués. 3° ) Travail de la cellule La cellule doit être pour les ouvriers de lentreprise ce quest le Parti pour lensemble des travailleurs : leur chef politique, leur état-major, leur détachement organisé. Le travail de la cellule doit donc être dirigé vers la conquête de la masse de lusine. A) Etude de lentreprise. - La cellule doit dresser un plan économique de lentreprise, connaître ses procédés de production, ses bénéfices, dans la mesure du possible, sa direction et ses liaisons industrielles et financières. Elle doit, dautre part, rassembler tous les renseignements concernant le personnel (composition, salaires, durée du travail, les traditions de lutte, les forces politiques en présence, etc.). Cette étude doit être systématiquement complétée, particulièrement en ce qui concerne les conditions de travail et les revendications du personnel. B ) Lutte pour les revendications immédiates - La cellule doit minutieusement examiner les revendications immédiates dans lentreprise et organiser systématiquement la lutte pour leur aboutissement. (Nous verrons plus loin de quelle façon elle doit le faire afin de ne pas se substituer à la section syndicale dentreprise, dont la tâche essentielle est la défense des revendications immédiates des ouvriers). Mais la cellule doit toujours lier les revendications immédiates aux mots dordre généraux du Parti communiste, en montrant aux ouvriers la liaison indissoluble des luttes économiques et politiques, en orientant ainsi les ouvriers sur la base de la lutte pour les revendications immédiates, vers la lutte politique contre le régime capitaliste. La cellule doit toujours agir dans la ligne de la tâche essentielle du P.C., la préparation du prolétariat à la conquête révolutionnaire du pouvoir. C) Campagnes du Parti. - La cellule doit mener toutes les campagnes du Parti à lintérieur de son entreprise autour des mots dordre du Parti. Les fautes dans lactivité du Parti, qui ont nécessité la politique de rectification, résultaient dans une large mesure de ce que les campagnes du Parti navaient pas pour centre de gravité les entreprises. La cellule doit adapter chaque campagne du Parti aux conditions particulières de son entreprise et trouver les meilleurs moyens pour la faire aboutir sur son terrain daction. D) Mouvements ouvriers. - Les communistes doivent âtre à la tête des mouvements ouvriers. La cellule doit préparer, organiser et diriger les mouvements dans son entreprise par lintermédiaire du comité dusine, de la section syndicale, etc., et à laide de ses propres moyens daction (journal dusine, appels du Parti, etc.). E) Organisations ouvrières. - La cellule doit diriger politiquement toutes les organisations ouvrières se trouvant sur le terrain de son entreprise : section syndicale, secours rouge prolétarien, comité de grève... F) Formation politique des adhérents. - Cest une partie intégrante du travail de la cellule. Nous en parlerons à part. 4° ) Moyens de réalisation Nous allons voir les moyens principaux qui se trouvent à la disposition de la cellule pour réaliser ses tâches. Le matériel courant dont la cellule doit se servir constamment, ce sont les tracts, les affiches, et surtout les papillons et les bombages. Ce matériel doit diffuser nos mots dordre et préparer les réunions dentreprise quon peut classer en deux catégories 1° Réunion dagitation à lentrée ou à la sortie. - Ces réunions sont faites par un agitateur qui nest pas de la cellule, et qui vient à la porte parler aux ouvriers de lusine. Ces réunions ont un grand intérêt pour couronner le travail intérieur fait par la cellule dans lusine ou pour annoncer une assemblée générale de lusine ou une manifestation. 2° Réunion de sympathisants. - Elle nest pas annoncée à toute lentreprise, on convoque individuellement les ouvriers qui sont le plus près de nous. Cest un bon moyen de propagande et de recrutement pour le Parti. Quand cela simpose, pour éviter la répression, les camarades de la cellule ne se mettront pas au bureau de la réunion, ni ne prendront la parole. Le bureau sera formé avec laide des camarades mis à la disposition de la cellule par le comité de parti ; lorateur sera désigné par ce dernier. Le journal dentreprise est le meilleur moyen de réaliser le travail de la cellule. Il est dune importance capitale pour extérioriser le travail de la cellule malgré la répression patronale. Le journal doit être le journal de toute lentreprise et avoir la collaboration des sans-parti. Naturellement, il ne doit rien contenir qui soit contre la ligne du Parti, ni sa figure communiste ne doit en rien être atténuée sous prétexte de gagner les masses arriérées. Lutilisation de la correspondance ouvrière qui se développe actuellement autour du journal national est une excellente façon de faire du journal dentreprise, le journal de lensemble des ouvriers de lentreprise qui est lécho de leur misère et qui défend leurs revendications. Présentation : le journal doit être facilement lisible. Le titre ne doit pas être général (Aube rouge, Drapeau rouge, LEtincelle ou la reprise du titre national) mais adapté à lusine avec une bonne caricature (Ex. : La Flamme rouge pour une usine à gaz ; LAgitateur, journal dune usine chimique). Contenu : surtout, pas de grands articles politiques découpés dans lHumanité nouvelle ou le journal national et tenant presque toute la place. Le journal de lentreprise ne doit pas être une copie maladroite de lorgane central Larticle politique, obligatoire, doit être court, écrit simplement et faisant comprendre, autant que possible à partir de la situation de lusine, un des mots dordre du parti et il doit aboutir à une conclusion pratique, relative à lentreprise. Le gros du journal doit être composé par les faits de lentreprise, mais traités de façon à en tirer une conclusion communiste. Les deux grands défauts à éviter, cest de faire un journal uniquement politique ou un journal relatant uniquement des faits de lentreprise. Les dessins sont excellents pour animer le journal. Confection : le journal doit être absolument écrit par les membres de la cellule. Il faut que la cellule le tire elle-même. Cest surtout important dans les conditions de lillégalité, pour le développement de lautonomie technique des cellules et la protection des points de tirage plus importants. Cellule et section syndicale Nous examinerons le travail de la cellule à travers lorganisation ouvrière la plus importante. Comme tous les membres du Parti doivent être obligatoirement syndiqués, la cellule constitue le noyau de la section syndicale dentreprise. La cellule doit par conséquent examiner le travail syndical à faire, prendre des décisions et les faire politiquement adopter et réaliser par la section syndicale. Cest en apportant les meilleures solutions et en étant les meilleurs militants sur le terrain syndical que les communistes exerceront le rôle dirigeant du Parti dans la section syndicale. La cellule, tout en dirigeant la lutte pour les revendications immédiates à travers la section syndicale, doit prendre position en tant que Parti sur toutes les questions intéressant les ouvriers, y compris les questions économiques, dans son journal, dans des tracts, papillons, etc. Elle exercera aussi publiquement la critique du travail syndical et des mouvements dans lentreprise au nom du Parti. Les deux grands défauts à éviter, cest de substituer la cellule à la section syndicale ou deffacer le rôle du Parti et son expression en tant que tel, dans les luttes économiques du prolétariat intimement liées à ces luttes politiques. 5° ) Méthodes de travail de la cellule A) Une bonne organisation. - Nous soulignons encore une fois limportance dune bonne organisation pour laccomplissement des tâches de la cellule. Résumons ses principes : a) bureau de cellule ; b) responsables aux différentes taches ; c) liaison étroite avec le comité de parti ; d) contrôle systématique de laccomplissement du travail décidé. B ) Travail dorganisation. - Dans ce domaine, deux problèmes doivent être pratiquement résolus a) un plan de travail établi pour une période de quelques mois est une base excellente pour un travail systématique et efficace ; b) division du travail il faut entraîner dans le travail tous les membres de la cellule sans exception - en pratiquant une répartition judicieuse des tâches ; ne pas surcharger un camarade de tâches, surtout un nouvel adhérent qui doit séduquer progressivement au travail ; c) résultats dorganisation après chaque campagne : le Parti souffre de la disproportion entre son influence toujours grandissante et son organisation en état de stagnation ; la raison essentielle en réside dans le travail trop restreint à lagitation et la propagande, et qui naboutit pas à des résultats dorganisation ; la cellule doit donc toujours envisager la façon dont elle va profiter du point de vue dorganisation du travail quelle accomplit, par le recrutement et lorganisation des ouvriers avancés. d) Travail clandestin. - La répression patronale démolit trop souvent nos cellules dentreprise à cause du manque total des mesures de précautions élémentaires. Nous en citons quelques unes : a) se réunir dans un lieu non repéré, le changer dès le premier soupçon ; (ne pas venir directement de lusine à la réunion) ; b) seul le secrétaire doit connaître les noms et les adresses des adhérents, dans la cellule ils doivent tous porter un pseudonyme ressemblant à des noms réels ; c) ne pas afficher sa qualité de membre du Parti dans lentreprise sans analyse des conditions ; d) être prudent dans les conversations dans les lieux publics et accomplir son travail à lintérieur de lentreprise en prenant toutes précautions utiles. Deux défauts sont à éviter : 1° de ne pas prendre au sérieux les mesures élémentaires du travail clandestin ; le Parti en souffre, étant obligé de reconstruire pendant de longs mois une cellule démolie ; 2° de se replier sur soi-même et de ne pas extérioriser le travail de la cellule. La lutte contre le mouchardage et la répression est une tâche importante de la cellule. D) Initiative. - Le développement de linitiative des membres de la cellule est une chose excellente pour le travail de la cellule. Il ne faut pas prendre les directives des organismes du Parti à la lettre, mais dans la pratique trouver les meilleurs moyens de les appliquer aux conditions de lentreprise. Il ne faut pas non plus attendre toutes les directives pour entreprendre quelque chose, mais agir par sa propre initiative à tous les événements (Ex. : répression, grèves, solidarité...). 6° ) Formation idéologique et politique Cest un travail important de la cellule, car la faiblesse idéologique des membres du Parti se répercute dans les faiblesses daccomplissement de ses tâches. Les adhérents doivent être formés par : a) lexamen de lactualité politique générale et intérieure au Parti ; b) léducation marxiste-léniniste et la pensée maotsétoung ; c) la répartition des responsabilités. Les moyens suivants se trouvent à la disposition de la cellule : a) discussion autocritique du travail accompli, du point de vue politique et pratique ; b) examen des faits politiques de la semaine ; c) discussion des ordres du jour du Parti ; d) auto-éducation et étude collective. Le matériel Courant à utiliser est : les circulaires, le Bulletin Intérieur, les Carnets du Militant et le journal central. 7° ) Liaison avec le comité de parti Cette liaison doit sétablir réciproquement. De la part de la cellule : en envoyant les secrétaires aux sections ou départements de travail organisation et agitprop, presse, syndicaux, etc.) ; en envoyant des délégués aux réunions des cadres, dinformation, aux conférences, etc. De la part du comité de Parti : en visitant régulièrement les cellules, en faisant faire des comptes rendus de son travail par les membres de la cellule. II- LA CELLULE LOCALE Composition : La cellule locale est composée des communistes habitant le territoire daction de la cellule (localité, quartier, rue, maison). Les communistes sont affectés à leur cellule dhabitation seulement quand il ny a pas de cellule dans lentreprise où ils travaillent. Ils sont transférés dans cellule de leur entreprise dès que celle-ci est formée. La question importante, cest le contrôle régulier de la composition des cellules locales, afin de retrouver les camarades qui doivent militer dans leurs entreprises et de les envoyer à la cellule correspondante. Organisation : Mêmes principes que pour la cellule d entreprise. Mais certaines activités (logement, associations damitié, contrôle de la distribution de la presse... ) prennent une plus grande importance. Travail de la cellule Nous ne faisons quénumérer les tâches de la cellule locale a) Aider à la création des nouvelles cellules dentreprises. b) Agitation et propagande locales, diffusion de la presse centrale. c) Travail syndical. d) Organisations proches du Parti. Les moyens de réalisation, la méthode de travail, la formation politique des adhérents et la liaison avec le comité de parti doivent être appropriés aux tâches de la cellule locale.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-01-2022 à 00:26:40
| Un excellent texte marxiste, qui montre la nécessité pour les communistes et leur parti de rompre avec la social-démocratie radicale. La photo publiée par Danielle Bleitrach est prise le 19 mars 1977 lors de la manifestation du PCMLF pour le 106e anniversaire de la Commune de Paris, qui fut suivie d'un meeting. On reconnaît à gauche Claude Lebrun ouvrier chaudronnier, Jean Luc Einaudi, André Druesne, et à droite Jacques Jurquet. K. Marx- F. Engels, la nécessité dun parti de la classe ouvrière autonome https://histoireetsociete.com/2020/04/26/k-marx-f-engels-la-necessite-dun-parti-de-la-classe-ouvriere-autonome/ DANIELLE BLEITRACH 26 AVRIL 2020 Adresse du Comité Central à la Ligue des communistes Ce texte de 1850, dans le prolongement de létude des événements parisiens de 1848 et des révoltes avortées dans toute lEurope, est un de ceux où est clairement posée la nécessité dun parti propre à la classe ouvrière que Lénine reprendra et qui deviendra le Que faire? Comme la nécessité de la dictature du prolétariat sera tirée de lexpérience de la Commune. Karl Marx et Engels nont pas été que des théoriciens, ils ont été des dirigeants ouvriers, et il est nécessaire de bien mesurer larticulation théorie pratique, sans dogmatisme, qui leur permet une conception scientifique de la politique, même sil ne sagit pas de lectures faciles et de ne pas laisser dire que Lénine nétait pas marxiste (note de Danielle Bleitrach). LE COMITÉ CENTRAL A LA LIGUE Frères [1], Au cours des deux années révolutionnaires 1848-49, la Ligue [2] sest doublement affirmée ; une fois par le fait que ses membres ont en tous lieux énergiquement pris part au mouvement ; que dans la presse, sur les barricades et les champs de bataille ils ont été au premier rang du prolétariat, la seule classe vraiment révolutionnaire. La Ligue sest encore affirmée en ce sens que sa conception du mouvement, telle quelle était exposée dans les circulaires des congrès et du Comité central de 1847, ainsi que dans le Manifeste communiste, est apparue comme la seule vraie ; que les espoirs formulés dans ces documents se sont entièrement vérifiés, et le point de vue sur la situation actuelle que la Ligue ne propageait auparavant quen secret, est maintenant dans la bouche de tous les hommes et est prêché sur la place publique. En même temps, lancienne et solide organisation de la Ligue sest sensiblement affaiblie. Un grand nombre de membres, directement engagés dans le mouvement révolutionnaire, ont cru que le temps des sociétés secrètes était passé et que laction publique pouvait seule suffire. Certains cercles et communes ont laissé leurs relations avec le Comité central se relâcher et sassoupir peu à peu. Tandis que le parti démocratique, le parti de la petite bourgeoisie, sorganisait de plus en plus en Allemagne, le parti ouvrier perdait son seul appui solide ; cest tout au plus sil conservait, dans quelques localités, son organisation pour des buts locaux ; et cest ainsi que, dans le mouvement général, il est tombé complètement sous la domination et la direction des démocrates petits-bourgeois. Il faut mettre fin à un tel état de choses ; lindépendance des ouvriers doit être rétablie. Le Comité central a compris cette nécessité et cest pourquoi, dès lhiver 1848-49, il a envoyé en Allemagne un émissaire, Joseph Moll, afin dy réorganiser la Ligue. La mission de Moll resta cependant sans effet durable, soit que les ouvriers allemands neussent pas encore acquis à lépoque assez dexpérience, soit que lactivité de Moll fût interrompue par linsurrection de mai dernier [3], Moll prit lui-même le fusil, entra dans larmée de Bade-Palatinat et tomba le 29 juillet au combat de la Murg. En lui, la Ligue perdait un de ses membres les plus anciens, les plus actifs et les plus sûrs, qui avait pris une part active à tous les congrès et Comités centraux et avait antérieurement déjà accompli avec grand succès une série de voyages-missions. Après la défaite des partis révolutionnaires dAllemagne et de France en juillet 1849, presque tous les membres du Comité central se sont retrouvés à Londres, ont complété leurs rangs par de nouvelles forces révolutionnaires et poursuivi avec une nouvelle ardeur la réorganisation de la Ligue. La réorganisation ne peut sopérer que par un émissaire, et le Comité central estime éminemment important que lémissaire parte précisément à cette heure où une nouvelle révolution est imminente, où le parti ouvrier doit se présenter avec le plus dorganisation, le plus dunité et le plus dindépendance possible, sil ne veut pas à nouveau, comme en 1848, être pris à la remorque et exploité par la bourgeoisie. Frères ! Nous vous avons déjà dit, en 1848, que les bourgeois libéraux allemands allaient accéder au pouvoir et tourneraient aussitôt leur puissance nouvellement acquise contre les ouvriers. Vous avez vu comment la chose sest faite. Ce furent, en effet, les bourgeois qui, après le mouvement de mars 1848, semparèrent immédiatement du pouvoir dÉtat et sen servirent aussitôt pour refouler tout de suite les ouvriers, leurs alliés de la veille au combat, dans leur ancienne situation dopprimés. Si la bourgeoisie na pu atteindre ce but sans faire alliance avec le parti féodal écarté en mars et sans même, en fin de compte, abandonner à nouveau le pouvoir à ce parti féodal absolutiste, elle sest du moins assurée des conditions qui, par suite des embarras financiers du gouvernement, mettraient enfin tout le pouvoir entre ses mains et lui garantiraient tous ses intérêts, si le mouvement révolutionnaire se trouvait à même, dès à présent, de sengager dans une évolution dite pacifique. La bourgeoisie naurait même pas besoin, pour asseoir sa domination, de se rendre odieuse par des mesures de violence dirigées contre le peuple, toutes ces mesures de violence ayant déjà été exécutées par la contre-révolution féodale. Mais lévolution ne suivra pas cette voie pacifique. La révolution qui doit la précipiter est, au contraire, imminente, quelle soit provoquée par le soulèvement autonome du prolétariat français, ou par linvasion de la Babel moderne révolutionnaire [4] par la Sainte-Alliance [5]. Et le rôle que les bourgeois libéraux allemands ont, en 1848, joué vis-à-vis du peuple ce rôle si perfide, sera, dans la révolution prochaine, assumé par les petits bourgeois démocrates, qui occupent actuellement dans lopposition la même place que les bourgeois libéraux avant 1848. Ce parti, le parti démocratique, bien plus dangereux pour les ouvriers que lancien parti libéral, se compose de trois éléments : I. Les fractions les plus avancées de la grande bourgeoisie qui se proposent comme but la subversion immédiate et totale du féodalisme et de labsolutisme. Cette tendance a pour représentants les conciliateurs de Berlin qui préconisaient autrefois le refus de limpôt. II. Les petits bourgeois démocrates-constitutionnels qui ont surtout poursuivi, pendant le dernier mouvement, létablissement dun Etat fédéral plus ou moins démocratique, tel que le voulaient leurs représentants, la gauche de lAssemblée de Francfort et, plus tard, le Parlement de Stuttgart, et aussi eux-mêmes dans leur campagne en faveur dune constitution dempire [6]. III. Les petits bourgeois républicains dont lidéal est une république fédérative allemande dans le genre de la Suisse, et qui se donnent aujourdhui le nom de rouges et de sociaux-démocrates, parce quils se bercent de la douce illusion de supprimer loppression du petit capital par le gros capital, du petit bourgeois par le gros bourgeois. Les représentants de cette fraction furent membres des congrès et comités démocratiques, dirigeants des associations démocratiques, rédacteurs des journaux démocratiques. Maintenant, après leur défaite, toutes ces fractions sintitulent républicaines ou rouges, tout comme en France les petits bourgeois républicains se donnent aujourdhui le nom de socialistes. Là où, comme au Wurtemberg, en Bavière, etc., la possibilité soffre encore à eux de poursuivre leurs buts dans la voie constitutionnelle, ils profitent de loccasion pour sen tenir leur ancienne phraséologie et démontrer dans les faits quils nont pas le moins du monde changé. Il va de soi dailleurs que le changement de nom de ce parti ne modifie nullement son attitude à légard des ouvriers, mais prouve simplement quil est actuellement obligé de faire front contre la bourgeoisie alliée à labsolutisme et de prendre appui sur le prolétariat. Le parti petit-bourgeois démocratique est très puissant en Allemagne, il nembrasse pas seulement la grande majorité des habitants bourgeois des villes, les petits commerçants industriels et les maîtres-artisans ; il compte parmi ses adhérents les paysans et le prolétariat rural, tant que ce dernier na pas encore trouvé dappui dans le prolétariat autonome des villes. Lattitude du parti ouvrier révolutionnaire vis-à-vis de la démocratie petite-bourgeoise est la suivante : il marche avec elle contre la fraction dont il poursuit la chute ; il la combat sur tous les points dont elle veut se servir pour sétablir elle-même solidement. Les petits bourgeois démocratiques, bien loin de vouloir bouleverser toute la société au profit des prolétaires révolutionnaires, tendent à modifier lordre social de façon à leur rendre la société existante aussi supportable et aussi commode que possible. Ils réclament donc avant tout que lon réduise les dépenses publiques en limitant la bureaucratie et en reportant les principales impositions sur les grands propriétaires fonciers et les bourgeois. Ils réclament ensuite que la pression exercée par le grand capital sur le petit soit abolie par la création détablissements de crédit publics et des lois contre lusure, ce qui leur permettrait, à eux et aux paysans, dobtenir, à des conditions favorables des avances de lEtat, au lieu de les obtenir des capitalistes. Ils réclament enfin que, par la suppression complète du système féodal, le régime de propriété bourgeois soit partout introduit à la campagne. Pour réaliser tout cela, il leur faut un mode de gouvernement démocratique, soit constitutionnel ou républicain, qui leur assure la majorité, à eux-mêmes et à leurs alliés, les paysans, et une autonomie administrative, qui mettrait entre leurs mains le contrôle direct de la propriété communale et une série de fonctions actuellement exercées par les bureaucrates. Quant à la domination et à laccroissement rapide du capital, on aura soin de faire obstacle, soit en limitant le droit de succession, soit en remettant à lEtat autant de travaux que possible. Pour ce qui est des ouvriers, il est avant tout bien établi quils resteront, comme avant, des salariés ; mais ce que les petits bourgeois démocratiques souhaitent aux ouvriers, cest un meilleur salaire et une existence plus assurée ; ils espèrent y arriver soit au moyen de loccupation des ouvriers par lEtat, soit par des actes de bienfaisance ; bref, ils espèrent corrompre les ouvriers par des aumônes plus ou moins déguisées et briser leur force révolutionnaire en leur rendant leur situation momentanément supportable. Les revendications résumées ici ne sont pas défendues en même temps par toutes les fractions de la démocratie petite-bourgeoise, et rares sont ceux pour qui elles apparaissent, dans leur ensemble, comme des buts bien définis. Plus des individus ou des fractions vont loin, et plus ils feront leur une grande partie de ces revendications ; et les rares personnes qui voient, dans ce qui précède, leur propre programme, se figureraient avoir ainsi établi le maximum de ce quon peut réclamer de la révolution. Ces revendications toutefois ne sauraient en aucune manière suffire au parti du prolétariat. Tandis que les petits bourgeois démocratiques veulent terminer la révolution au plus vite et après avoir tout au plus réalisé les revendications ci-dessus, il est de notre intérêt et de notre devoir de rendre la révolution permanente, jusquà ce que toutes les classes plus ou moins possédantes aient été écartées du pouvoir, que le prolétariat ait conquis le pouvoir et que non seulement dans un pays, mais dans tous les pays régnants du monde lassociation des prolétaires ait fait assez de progrès pour faire cesser dans ces pays la concurrence des prolétaires et concentrer dans leurs mains au moins les forces productives décisives. Il ne peut sagir pour nous de transformer la propriété privée, mais Seulement de lanéantir ; ni de masquer les antagonismes de classes, mais dabolir les classes ; ni daméliorer la société existante, mais den fonder une nouvelle. Que la démocratie petite-bourgeoise, au fur et à mesure du développement incessant de la révolution, exerce pour un temps une influence prépondérante en Allemagne, ceci ne laisse subsister aucun doute. Il sagit donc de savoir quelle sera, à son égard, la position du prolétariat et spécialement de la Ligue : 1. pendant que durera la situation actuelle où les démocrates petits-bourgeois sont également opprimés ; 2. dans la prochaine lutte révolutionnaire qui leur donnera la prépondérance ; 3. après cette lutte, aussi longtemps que durera cette prépondérance des démocrates petits-bourgeois sur les classes déchues et sur le prolétariat. 1. En ce moment où les petits bourgeois démocratiques sont partout opprimés, ils prêchent en général au prolétariat lunion et la réconciliation ; ils lui tendent la main et sefforcent de mettre sur pied un grand parti dopposition, qui embrasserait toutes les nuances du parti démocratique ; en dautres termes, ils sefforcent de prendre les ouvriers au piège dune organisation de parti où prédomine la phraséologie social-démocrate générale, qui sert de paravent à leurs intérêts particuliers et où, pour ne pas troubler la bonne entente, les revendications particulières du prolétariat ne doivent pas être formulées. Une telle union tournerait au seul avantage des petits bourgeois démocratiques et absolument tout au désavantage du prolétariat. Le prolétariat perdrait toute sa position indépendante, conquise au prix de tant de peines, et retomberait au rang de simple appendice de la démocratie bourgeoise officielle. Cette union doit donc être repoussée de la façon la plus catégorique. Au lieu de se ravaler une fois encore à servir de claque aux démocrates bourgeois, les ouvriers, et surtout la Ligue, doivent travailler à constituer, à côté des démocrates officiels, une organisation distincte, secrète et publique du parti ouvrier, et faire de chaque communauté le centre et le noyau de groupements ouvriers où la position et les intérêts du prolétariat seraient discutés indépendamment des influences bourgeoises. Combien peu les démocrates bourgeois prennent au sérieux une alliance où les prolétaires auraient la même puissance et les mêmes droits queux-mêmes, cest ce que montrent par exemple les démocrates de Breslau qui, dans leur organe, la Neue Oder-Zeitung [7], attaquent furieusement les ouvriers quils appellent socialistes, groupés en organisations distinctes. Sil sagit de livrer combat à un adversaire commun, point nest besoin dunion particulière. Dès quil faut combattre directement un tel adversaire, les intérêts des deux partis coïncident momentanément ; et dans lavenir, comme jusquà ce jour, cette alliance prévue simplement pour lheure sétablira delle-même. Il va de soi que, dans les conflits sanglants imminents, ce sont surtout les ouvriers qui devront remporter, comme autrefois, la victoire par leur courage, leur résolution et leur esprit de sacrifice. Comme par le passé, dans cette lutte, les petits bourgeois se montreront en masse, et aussi longtemps que possible, hésitants, indécis et inactifs. Mais, dès que la victoire sera remportée, ils laccapareront, inviteront les ouvriers à garder le calme, à rentrer chez eux et à se remettre à leur travail ; ils éviteront les prétendus excès et frustreront le prolétariat des fruits de la victoire. Il nest pas au pouvoir des ouvriers dempêcher les démocrates petits-bourgeois dagir ainsi ; mais il est en leur pouvoir de rendre difficile cette montée des démocrates en face du prolétariat en armes, et de leur dicter des conditions telles que la domination des démocrates bourgeois renferme, dès son origine, le germe de sa déchéance et que son éviction ultérieure par la domination du prolétariat sen trouve singulièrement facilitée. Il importe surtout que les ouvriers, pendant le conflit et immédiatement après le combat, réagissent autant que faire se peut contre lapaisement préconisé par les bourgeois et forcent les démocrates à mettre à exécution leurs présentes phrases terroristes. Leurs efforts doivent tendre à ce que leffervescence révolutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois réprimée aussitôt après la victoire. Il faut, au contraire, quils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de sopposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction. Pendant et après la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications à côté de celles des démocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, dès que les bourgeois démocratiques se disposent à prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin quils obtiennent ces garanties de haute lutte et sarrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants à toutes les concessions et promesses possibles ; cest le plus sûr moyen de les compromettre. Il faut quils sefforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscitée par le nouvel état de choses et létat divresse, conséquence de toute victoire remportée dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant à légard du nouveau gouvernement une méfiance non déguisée. Il faut quà côté des nouveaux gouvernements officiels ils établissent aussitôt leurs propres gouvernements ouvriers révolutionnaires, soit sous forme dautonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comités ouvriers, de façon que les gouvernements démocratiques bourgeois non seulement saliènent aussitôt lappui des ouvriers, mais se voient, dès le début, surveillés et menacés par des autorités qui ont derrière elles toute la masse des ouvriers. En un mot, sitôt la victoire acquise, la méfiance du prolétariat ne doit plus se tourner contre le parti réactionnaire vaincu, mais contre ses anciens alliés, contre le parti qui veut exploiter seul la victoire commune. 2. Mais, pour pouvoir affronter de façon énergique et menaçante ce parti dont la trahison envers les ouvriers commencera dès la première heure de la victoire, il faut que les ouvriers soient armés et bien organisés. Il importe de faire immédiatement le nécessaire pour que tout le prolétariat soit pourvu de fusils, de carabines, de canons et de munitions et il faut sopposer au rétablissement de lancienne garde nationale dirigée contre les ouvriers. Là où ce rétablissement ne peut être empêché, les ouvriers doivent essayer de sorganiser eux-mêmes en garde prolétarienne, avec des chefs de leur choix, leur propre état-major et sous les ordres non pas des autorités publiques, mais des conseils municipaux révolutionnaires formés par les ouvriers. Là où les ouvriers sont occupés au compte de lEtat, il faut quils soient armés et organisés en uni corps spécial avec des chefs élus ou en un détachement de la garde prolétarienne. Il ne faut, sous aucun prétexte, se dessaisir des armes et munitions, et toute tentative de désarmement doit être repoussée, au besoin, par la force. Annihiler linfluence des démocrates bourgeois sur les ouvriers, procéder immédiatement à lorganisation propre des ouvriers et à leur armement et opposer à la domination, pour le moment inéluctable, de la démocratie bourgeoise les conditions les plus dures et les plus compromettantes : tels sont les points principaux que le prolétariat et par suite la Ligue ne doivent pas perdre de vue pendant et après linsurrection imminente. 3. Dès que les nouveaux gouvernements se seront quelque peu consolidés, ils engageront immédiatement leur lutte contre les ouvriers. Pour pouvoir alors affronter avec force les petits bourgeois démocratiques, il faut avant tout que les ouvriers soient organisés et centralisés dans leurs propres clubs. Après la chute des gouvernements existants, le Comité central se rendra, dès que possible, en Allemagne, convoquera sans retard un congrès auquel il soumettra les propositions indispensables concernant la centralisation des clubs ouvriers sous une direction établie au siège du mouvement. La rapide organisation, au moins dune fédération provinciale de clubs ouvriers, est un des points les plus importants pour renforcer et développer le parti ouvrier. La subversion des gouvernements existants aura pour conséquence immédiate lélection dune représentation nationale. Ici le prolétariat doit veiller: I. A ce quun nombre important douvriers ne soient sous aucun prétexte écartés du vote par suite dintriguer des autorités locales ou des commissaires du gouvernement. II. A ce que partout, à côté des candidats démocratiques bourgeois, soient proposés des candidats ouvriers, choisis autant que possible parmi les membres de la Ligue, et dont il faudra, pour assurer leur élection, utiliser tous les moyens possibles, Même là où il ny a pas la moindre chance de succès, les ouvriers doivent présenter leurs propres candidats, afin de sauvegarder leur indépendance, de dénombrer leurs forces et de faire connaître publiquement leur position révolutionnaire et les points de vue de leur parti. Ils ne doivent pas en loccurrence se laisser séduire par la phraséologie des démocrates prétendant, par exemple, que lon risque de la sorte de diviser le parti démocratique et doffrir à la réaction la possibilité de la victoire. Toutes ces phrases ne poursuivent finalement quun but : mystifier le prolétariat. Les progrès que le parti prolétarien doit réaliser par une telle attitude indépendante sont infiniment plus importants que le préjudice quapporterait la présence de quelques réactionnaires dans la représentation populaire. Si, dès le début, la démocratie prend une attitude décidée et terroriste à légard de la réaction, linfluence de celle-ci aux élections sera davance réduite à néant. Le premier point sur lequel les démocrates bourgeois entreront en conflit avec les ouvriers portera sur labolition du régime féodal. Comme dans la première Révolution française, les petits bourgeois remettront aux paysans les terres féodales à titre de libre propriété ; en dautres termes, ils voudront laisser subsister le prolétariat rural et former une classe paysanne petite-bourgeoise, qui devra parcourir le même cycle dappauvrissement et dendettement croissant, où le paysan français se trouve encore à lheure actuelle. Dans lintérêt du prolétariat rural et dans leur propre intérêt, les ouvriers doivent contrecarrer ce plan. Ils doivent exiger que la propriété féodale confisquée reste propriété de lEtat et soit transformée en colonies ouvrières que le prolétariat rural groupé en associations exploite avec tous les avantages de la grande culture. Par là, dans le cadre des rapports déséquilibrés de la propriété bourgeoise, le principe de la propriété commune va acquérir aussitôt une base solide. De même que les démocrates font alliance avec les cultivateurs, de même les ouvriers doivent faire alliance avec le prolétariat rural. Ensuite, les démocrates chercheront directement soit à instaurer la république fédérative, soit, sils ne peuvent éviter la république une et indivisible, à paralyser au moins le gouvernement central en donnant aux communes [8] et aux provinces le maximum dindépendance et dautonomie. A lopposé de ce plan, les ouvriers doivent non seulement poursuivre létablissement de la république allemande une et indivisible, mais encore essayer de réaliser, dans cette république, la centralisation la plus absolue de la puissance entre les mains de lEtat. Ils ne doivent pas se laisser induire en erreur par tout ce que les démocrates leur racontent de la liberté des communes, de lautonomie administrative, etc. Dans un pays comme lAllemagne, où il reste encore à faire disparaître de si nombreux vestiges du moyen âge et à briser tant de particularisme local et provincial, on ne saurait en aucune circonstance tolérer que chaque village, chaque ville, chaque province oppose un nouvel obstacle à lactivité révolutionnaire, dont toute la puissance ne peut émaner que du centre. On ne saurait tolérer que se renouvelle létat de choses actuel qui fait que les Allemands sont obligés, pour un seul et même progrès, de livrer une bataille particulière dans chaque ville, dans chaque province. On ne saurait tolérer surtout quune forme de propriété, qui se situe encore derrière la propriété privée moderne avec laquelle, de toute nécessité, elle finit par se confondre, cest-à-dire la propriété communale avec ses querelles inévitables entre communes riches et communes pauvres, ainsi que le droit du citoyen de lEtat coexistant avec le droit du citoyen de la commune avec ses chicanes, se perpétue au préjudice des ouvriers, par une réglementation communale soi-disant libre. Comme en France en 1793, la réalisation de la centralisation la plus rigoureuse est aujourdhui, en Allemagne, la tâche du parti vraiment révolutionnaire [9] . Nous avons vu comment les démocrates accéderont au pouvoir lors du prochain mouvement et comment ils seront contraints de proposer des mesures plus ou moins socialistes. La question est de savoir quelles mesures y seront opposées par les ouvriers. Il va de soi quau début du mouvement les ouvriers ne peuvent encore proposer des mesures directement communistes. Mais ils peuvent : 1. Forcer les démocrates à intervenir, sur autant de points que possible, dans lorganisation sociale existante, à en troubler la marche régulière, à se compromettre eux-mêmes, à concentrer entre les mains de lEtat le plus possible de forces productives, de moyens de transport, dusines, de chemins de fer, etc. 2. Ils doivent pousser à lextrême les propositions des démocrates qui, en tout cas, ne se montreront pas révolutionnaires, mais simplement réformistes, et transformer ces propositions en attaques directes contre la propriété privée. Si, par exemple, les petits bourgeois proposent de racheter les chemins de fer et les usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient simplement et sans indemnité confisqués par lEtat en tant que propriété de réactionnaires. Si les démocrates proposent limpôt proportionnel, les ouvriers réclament limpôt progressif. Si les démocrates proposent eux-mêmes un impôt progressif modéré, les ouvriers exigent un impôt dont les échelons montent assez vite pour que le gros capital sen trouve compromis. Si les démocrates réclament la régularisation de la dette publique, les ouvriers réclament la faillite de lEtat. Les revendications des ouvriers devront donc se régler partout sur les concessions et les mesures des démocrates. Si les ouvriers allemands ne peuvent semparer du pouvoir et faire triompher leurs intérêts de classe sans accomplir en entier une évolution révolutionnaire assez longue, ils ont cette fois du moins la certitude que le premier acte de ce drame révolutionnaire imminent coïncide avec la victoire directe de leur propre classe en France et sen trouve accéléré. Mais ils contribueront eux-mêmes à leur victoire définitive bien plus par le fait quils prendront conscience de leurs intérêts de classe, se poseront dès que possible en parti indépendant et ne se laisseront pas un instant détournerpar les phrases hypocrites des petits bourgeois démocratiquesde lorganisation autonome du parti du prolétariat. Leur cri de guerre doit être : La révolution en permanence ! Londres, mars 1850. Diffusé sous forme de tract en 1850. Notes [1] LAdresse du Comité central à la Ligue des communistes fut rédigée par Marx et Engels fin mars 1850 lorsquils espéraient encore voir remonter la révolution et travaillaient à lélaboration de la théorie et de la tactique du prolétariat. Ils y soulignèrent la nécessité pour le prolétariat de créer un parti indépendant, de sisoler des démocrates petits-bourgeois. Lidée fondamentale de lAdresse est celle de la révolution ininterrompue amenant la suppression de la propriété privée et des classes, la création dune société nouvelle. LAdresse fut répandue secrètement parmi les membres de la Ligue des communistes. En 1851, la police se vit en possession dun document trouvé sur des membres de la Ligue des communistes arrêtés ; il fut publié dans des journaux bourgeois allemands et dans le livre écrit par deux fonctionnaires de police Wermuth et Stieber. (Note de léditeur) [2] Ligue des communistes, première organisation communiste internationale créée par Marx et Engels. Elle exista de 1847 à 1852. (Note de léditeur) [3] Il sagit des insurrections populaires qui éclatèrent en Allemagne en mai-juillet 1849 pour défendre la Constitution impériale (adoptée par lAssemblée nationale de Francfort le 28 mars 1849, mais rejetée par plusieurs États allemands). Ces insurrections, isolées et spontanées, furent écrasées en juillet 1849. (Note de léditeur) [4] Il sagit de Paris considéré depuis la révolution française de 1789 comme foyer de la révolution. (Note de léditeur) [5] La Sainte-Alliance, pacte réactionnaire des monarques de Russie, dAutriche et de Prusse formé en 1815 pour réprimer les mouvements révolutionnaires et maintenir des régimes féodaux et monarchiques. (Note de léditeur) [6] La gauche de lAssemblée de Francfort, laile petite-bourgeoise de lAssemblée nationale réunie en première séance, après la révolution de mars en Allemagne, le 18 mai 1848 à Francfort-sur-le-Main. Elle se posa pour but principal la liquidation du morcellement du pays et lélaboration dune constitution pour toute lAllemagne. Cependant, lAssemblée hésita à assumer le pouvoir suprême et ne sut prendre une position résolue dans les principales questions de la révolution allemande de 1848-49, par suite des hésitations et de la lâcheté de sa majorité libérale, et de lindécision de son aile gauche. Le 30 mai 1849, lAssemblée dut se transporter à Stuttgart ; le 18 juin 1849, elle fut démantelée. (Note de léditeur) [7] Neue Oder-Zeitung (Nouvelle Gazette de lOder), quotidien de la bourgeoisie démocratique allemande paraissant sous ce titre de 1849 à 1855 à Breslau (Wroclaw). En 1855, Marx en fut le correspondant à Londres. (Note de léditeur) [8] Le terme semploie ici dans un sens large ; il désigne également les municipalités des villes. (N.R) [9] Il faut rappeler aujourdhui que ce passage repose sur un malentendu. A ce moment-là il était admis grâce aux faussaires bonapartistes et libéraux de lhistoire que la machine administrative centralisée française avait été introduite par la grande Révolution et maniée notamment par la Convention comme une arme indispensable et décisive pour vaincre la réaction royaliste et fédéraliste et lennemi extérieur. Mais cest actuellement un fait connu que pendant toute la révolution, jusquau 18-Brumaire, ladministration générale des départements, arrondissements et communes se composait dautorités élues par les administrés eux-mêmes qui, dans le cadre des lois générales de lEtat, jouissaient dune liberté complète ; que cette auto-administration provinciale et locale, semblable à ce qui se passe en Amérique, devint précisément le plus puissant levier de la révolution, et cela à un point tel que Napoléon, immédiatement après son coup dÉtat du 18-Brumaire, sempressa de la remplacer par le régime préfectoral encore en vigueur de nos jours, et qui fut dès le début un instrument de réaction. Mais tout aussi peu que lauto-administration provinciale et locale est en contradiction avec la centralisation politique nationale, tout aussi peu elle est liée nécessairement à cet égoïsme borné cantonal ou communal qui nous choque tellement en Suisse et quen 1849 tous les républicains fédératifs de lAllemagne du Sud voulaient établir comme règle en Allemagne. (Note dEngels pour lédition de 1885.)
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 14-02-2022 à 17:42:41
| Ci-dessous une contribution de Jean-Paul Legrand PCF : REDEVENIR LE PARTI DES OUVRIERS. Réflexion rédigée par Jean-Paul LEGRAND (nouvelle version après consultation de camarades) Ces dernières années le PCF a de façon significative perdu de nombreux militants ouvriers pour diverses raisons ce qui a modifié sa composition sociologique. Or même si la part de la classe ouvrière a diminué dans la population active celle-ci est évaluée aujourdhui à environ 6 millions de personnes soit 21% de la population active. Les effectifs des ouvriers communistes formés au corpus dun marxisme-léninisme officiel du PCF avant 1970 ont disparu par le fait du décès de ces militants et il ny a pas eu de transmission de masse de lexpérience théorique et pratique vers les générations ouvrières actuelles en raison en partie de la désindustrialisation capitaliste mais surtout du révisionnisme progressif de la période 1968-1993 qui a eu son apogée avec Robert Hue, période sur laquelle nous devons impérativement revenir pour analyser les causes externes et internes du déclin du parti. Il est incontestable que le nombre de responsables ouvriers de la cellule jusquau conseil national a été réduit considérablement. La disparition des cellules dentreprise en raison des liquidations dactivités et de la désindustrialisation a conduit à cette baisse des effectifs ouvriers. Cependant cette baisse nexplique pas à elle seule comment les organismes de direction ont notablement vu diminuer leurs effectifs ouvriers. Cette diminution est en rapport avec la disparition dune politique de recrutement et de formation des cadres qui privilégiait le recrutement de militants ouvriers, orientation elle-même en rapport avec les abandons théoriques du PCF sur le rôle dirigeant que la classe productrice devrait avoir dans la société pour lémanciper de la domination capitaliste et des aliénations qui en découlent. Il ne sagit pas ici de critiquer les efforts théoriques conséquents de toute une génération de militants qui ont enrichi le patrimoine du parti et ont fait avancer la créativité du marxisme, il sagit dobserver la réalité selon laquelle des dirigeants ont pu sous prétexte dindispensables innovations théoriques de qualité, entamer une révision et un abandon de concepts du marxisme qui nont pas perdu leur pertinence dans la réalité des 60 dernieres années et ce jusquà maintenant comme celui de la dictature du prolétariat ou sur le plan organisationnel du centralisme démocratique. Le patrimoine théorique davant cette période qui pouvait aussi avoir bien des aspects dogmatiques, avait également des atouts démontrés, une richesse opératoire qui a permis à des dizaines de milliers de militants ouvriers de posséder une grande culture et les bases organisationnelles pour animer la lutte politique, le combat idéologique, la vie dun parti en lien dialectique permanent avec le peuple grâce aux cellules dentreprises et de quartier. Il sagit de ne pas jeter le bébé avec leau du bain comme cela a été fait bien trop rapidement sous prétexte deurocommunisme, de mutation et avec précipitation opportuniste après la destruction de lURSS. Le PCF que jai connu au début des années 70 était composé de militants qui étudiaient ensemble leconomie, la philosophie, les méthodes dorganisation démocratique liées au principe du centralisme démocratique spécifique à toutes les organisations socialistes qui avaient adhéré aux conditions de linternationale léniniste afin de ne pas réitérer la trahison des élus socio-démocrates ayant soutenu la guerre impérialiste. Ce très riche patrimoine de militantisme et dexpériences sociales et politiques a été abandonné progressivement à partir de la période eurocommuniste (PCF-PCI-PCE), abandons confirmés par Robert Hue et sa bande qui ont voulu en sappuyant sur le désarroi causé par la fin de lURSS et la forte reduction dinfluence organisationnelle et électorale du parti transformer le PCF en un parti bourgeois de communication inventant un communisme mutant deconnecté totalement dune analyse de classe sérieuse des réalités nationales et internationales. Il sagissait pour cette direction de liquider la base ouvrière du parti, ses cellules et de transformer le PCF en un produit de marketing électoral en inventant un nouveau « communisme », en emboitant le pas aux analyses bourgeoises des difficultés du socialisme en URSS et dans les pays dEurope de lEst notamment en les dissociant de la crise de limpérialisme ce qui est un non-sens marxiste. Il sagissait du même coup de devenir un supplétif de la social-démocratie en conservant le nom de « communiste » en raison de lattachement historique de milliers de travailleurs à la forte symbolique de ce mot mais den vider la substance théorique en inventant une réinterprétation du marxisme affirmant un « communisme déjà là » sur la base de confusion des concepts et notamment sur celui du communisme tel quexprimé par Marx et Engels : « Pour nous, le communisme n'est pas un état de choses quil convient détablir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles quelles existent actuellement. » Car lidée dun « communisme déjà là » est trompeuse, elle suggère que le communisme serait déjà établi au sein du capitalisme, et par extension quil suffirait dattendre que le capitalisme perisse de sa propre crise pour que le communisme puisse sépanouir. Or nos camarades Marx et Engels écrivent avec raison que le communisme est un mouvement , le mouvement réel de la lutte des classes à lépoque du capitalisme qui abolit létat actuel des choses. Abolir cest faire disparaitre cet ordre et le remplacer par un autre qui est celui du renversement de la domination de classe, du passage historique d ´un mode de production hégémonique (capitaliste) à un autre mode de production hégémonique de nature differente (socialiste). Cest ce mouvement de la transition socialiste par la formation dalliances et de luttes qui permet aux classes dominées non capitalistes de devenir dominantes, autrement dit ce moment dintenses luttes entre dominant/dominés qui se traduit par des conquêtes sociales et politiques, de nouveaux droits et des pouvoirs conquis par des décisions economiques, politiques, juridiques, qui permettent au peuple dempêcher les grands capitalistes de dominer lensemble de la société, décisions et moments démocratiques, où les avancées sont plus nombreuses que les reculs dans le combat, que Marx et Engels définiront sous le terme de « dictature du prolétariat » qui est le moment dans laffrontement de classe où la classe dominante na pas encore tout perdu de ses pouvoirs mais les perd progressivement au point den être petit à petit dépossédée. En abandonnant les fondamentaux du marxisme, les révisionnistes ont bien compris quils priveraient les travailleurs doutils théoriques permettant denvisager une telle perspective révolutionnaire et ramenant lidée du communisme dans le seul cadre de lélectoralisme et de celui dinstitutions faites pour la domination de la classe capitaliste. Ces mêmes révisionnistes qui en général ont eu des parcours politiques qui leur ont permis dêtre permanents du parti en cumulant des postes politiques et des mandats délus parfois durant plus dune ou deux décennies, voire trois, se sont coupés pour beaucoup du monde du travail et de ses réalités même si on ne peut généraliser ce phénomène. Il est notable en région parisienne que ce phénomène a affecté sérieusement la « banlieue rouge » qui petit à petit a perdu son influence communiste du fait dune tendance à la monopolisation par les élus de décisions qui devaient être débattues et prises par les instances locales du parti, gravissime erreur pour certains et volonté délibérée pour dautres qui ont conduit à linsuffisance thèorique, politique, organisationnelle du parti au moment où la crise capitaliste entrait dans une nouvelle phase critique. Le parti ne pourra pas faire léconomie de cette introspection sur les 60 dernières années si a contrario du déclin qui na cessé, il veut redevenir le parti populaire utile aux travailleurs et aux intérêts nationaux en se reconstruisant avec le couplage dun marxisme vivant et les forces du travail et de la création dans notre pays. Pour avancer dans cette voie, Il nous faut se donner lobjectif du recrutement des ouvriers et travailleurs de la production pour que la classe ouvrière fasse du PCF son outil demancipation pour elle et en alliance avec les autres classes subissant la domination du grand capital dans le but de libérer toute la société. Dès aujourd'hui nous devons redonner à la classe ouvrière les raisons d'espérer, cela passe par des propositions économiques alternatives couplées à une conscience du rôle des idées dans la lutte des classes. Il est nécessaire pour cela que le parti communiste démontre comment le capitalisme est un mode de production aux capacités de domination extrêmement adaptatives. En effet le capitalisme est aussi une organisation sociale qui pour la première fois dans lhistoire a placé aussi puissamment la lutte idéologique comme condition de sa survie. Au fur et à mesure de son développement il démontre les énormes capacités qua la classe ouvrière à satisfaire les besoins de la société et en même temps il les limite, voire les détruit, pour répondre aux besoins de suraccumulation du capital de la grande bourgeoisie. Cest la compréhension de cette contradiction dialectique dans tous les domaines de la vie sociale qui est la clef de la constitution de la classe ouvrière en classe consciente delle-même et pour cette compréhension elle a besoin dun intellectuel collectif, dune organisation communiste qui permette à chacun dêtre un acteur critique et conscient de la transformation sociale. Le parti doit donc en permanence se préoccuper de la transmission du patrimoine historique du mouvement ouvrier et communiste à la jeune génération car le capitalisme fonde aussi son exploitation sur loubli, lamnésie historique de celle-ci, de ses crimes et de ses responsabilités dans les répressions du mouvement démancipation, les plus grands génocides et guerres de lhistoire. On pourra remarquer que depuis quelques mois le PCF qui est travaillé par sa contradiction entre une tendance réformiste et une tendance révolutionnaire sest doté dun secrétaire national beaucoup plus attentif au travail collectif que ses prédécesseurs. Cela se traduit par le fait que Fabien Roussel, choisi par les adhérents comme candidat du PCF à la présidentielle a multiplié les rencontres avec les ouvriers se déplaçant dans de nombreuses entreprises sur tout le territoire et ce depuis son election en 2018 comme secrétaire national. Il a axé toute sa campagne sur le monde du travail et la nécessité de développer les forces productives nationales. Est-ce lhirondelle qui annonce un nouveau printemps du communisme en France ou une posture électoraliste ? Lactivité du PCF, les résultats aux prochaines élections et son prochain congrès nous indiqueront si la tendance vers une orientation révolutionnaire de réappropriation par la classe ouvrière de son parti se confirme ou pas. Sans cette réappropriation du parti par le monde du travail et en son sein par la classe ouvrière il ny aura aucune perspective socialiste pour la France.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 05-04-2022 à 20:14:50
| Une lettre de Danielle Bleitrach : Pour répondre à PAM, sur le 22 e Congrès: une politique de cadres est encore plus nécessaire DANIELLE BLEITRACH 21 MAI 2020 HTTPS://HISTOIREETSOCIETE.COM/2020/05/21/POUR-REPONDRE-A-PAM-SUR-LE-22-EME-CONGRES-UNE-POLITIQUE-DE-CADRE-EST-ENCORE-PLUS-NECESSAIRE/ Ce que tu décris avec divers camarades, cette filiation qui conduit au parti ceux qui ne sont plus des ouvriers minspire une réflexion sur la manière dont à partir de la fin non du terme dictature du prolétariat mais de la remise en cause de la nécessité dune avant-garde prolétarienne, avec ses hiérarchies, on a reconduit le parti communiste du choix révolutionnaire au clientélisme sous ses multiples formes. Je pars pour cela de mes recherches sur le monde prolétarien qui ont démarré justement dans ce contexte du 22e congrès et les conclusions que jen tire y compris aujourdhui. Jétais depuis 1956, une militante de base dans une cellule de quartier puis dans ma cellule de lUniversité. Partout je fondais cellule et organisation syndicale, école darchitecture, institut daménagement régional, je subissais des répressions, mais à cette époque-là jétais enfin installée dans ma profession denseignant chercheur et jétais membre du Comité national du CNRS. Nous étions 25 à juger des carrières, des projets scientifiques et des crédits des laboratoires de sociologie.Alain Chenu et moi dirigions un laboratoire et dimportantes recherches, dans le livre que nous avons écrit alain chenu et moi en 1979, lusine et la vie, nous avons étudié la classe ouvrière dans les Bouches du rhône en mettant en évidence les différents types douvriers, leurs modes de vie en suivant le modèle gramscien de louvrier fordien. Nous avons procédé à travers létude statique des feuilles de paye de plus de 5000 ouvriers et grace à lexploitation de très longs interviews passés avec plus de 230 ouvriers, plus lobservation des procès de fabrication ouvrier et leur lieu de résidence, mode dhabitat et de transport. Nous dirigions une équipe dune dizaine denquêteurs et trois collaborateurs techniques, lenquête était financée par lOREAM, (le centre de recherche établi autour de la création du golfe de Fos) le ministère du travail. Ses prolongements ont donné lieu à un autre livre sur Lille et Marseille (classe ouvrière et social démocratie)nous avons également tenté de mettre en évidence les conditions de ladhésion au PCF et sest imposé à nous à la fois un modèle méditerranéen clanique et dans ce cadre le poids de la famille et le code de lhonneur méditerranéen. Si jai si longtemps supporté la fédération du PCF des Bouches du Rhône et jusquil y a peu les moeurs politiques de cette fédération cest dû à mes travaux de recherche que je poursuivais en minterrogeant sur les formes de la décomposition de ce que je navais cessé détudier, mais cela est devenu de plus en plus douloureux, tant jai vu les formes claniques se substituer à ce que je définissais comme le choix révolutionnaire et sa manière de rompre avec le clan tout en assurant dautres permanences familiales qui survivent à la fin de lappartenance ouvrière et que tu décris dans ton propre parcours . Pour comprendre ce que le clan il suffit de revoir le Guépard et voir comment laristocratie et la bourgeoisie qui vient dans son sillage engendrent des formes de clientèles avec des codes de lhonneur mafieux. Celui qui tient le plus à la dignité du clan cest le garde chasse du prince joué par Serge Regginani, il se rebelle contre larrivée des bourgeois dont le pouvoir nait du meurtre de masse et de la corruption par le crime. En matière détude des sociétés méditerranéennes et du code de lhonneur, il y avait les recherches de Bourdieu travaillant sur la Kabylie en pleine guerre dAlgérie. Il définissait assez bien la nature de ce que je voyais comme une des bases de la dictature du prolétariat permettant déchapper au clientélisme du clan, la perception du rapport des forces et la dignité prolétaire qui en naissait. On ne se bat pas avec nimporte qui, jai retrouvé cela à Cuba. Si la logique de lhonneur suppose la reconnaissance dune égalité idéale en honneur, la conscience populaire nignore pas pour autant les inégalités de fait. A celui qui sécrie: moi aussi, jai une moustache, le proverbe répond: la moustache du lièvre nest pas celle du lion. disait Bourdieu. voici ce que jécrivais alors : Etre un révolutionnaire cest rompre avec le clientèlisme du clan mais en conserver aussi en le magnifiant cette inégalité qui mesure les différences dans laffontement. Le premier travail dune organisation révolutionnaire parti ou syndicat cest de trouver des cadres qui créent la reconnaissance des autres, qui en fait créent une hierarchie aux multiples ramifications qui tient lorganisation. Parce que la grande différence entre lesprit clanique et ladhésion à un syndicat ou un parti révolutionnaire cest celle du choix de solutions individuelles ou collectives pour le travailleur et sa famille. Un tel choix, qui apparemment ne remet pas en cause les hiérarchies interpersonnelles à travers lesquelles sexerce le code de lhonneur, définit en fait deux systèmes de valeurs qui sopposent nécessairement; le clientélisme et léthique de classe ne sont pas conciliable; cest non seulement lindividu mais également sa famille qui entrent dans un système ou dans un autre. Le travailleur qui affirme son choix révolutionnaire et stigmatise le clientélisme le fait souvent en des termes moraux qui désignent lindividu non seulement comme un allié du patronat (une bordille) mais comme un homme incapable de résister à sa femme .p167 Je peux mon cher PAM poursuivre aujourdhui cette analyse pour te montrer comment dans les Bouches du Rhône des choix du parti qui ne respectaient pas la constitution dune avant-garde mais au contraire pour tenir des troupes de plus en plus mal formées, vieillissantes, installait de plus en plus au postes clés des gens faibles et manipulables pour mieux les tenir jusquau moment où il ny a plus rien à monnayer. Cela a créé de fait le retour partout du clientélisme et du clanisme, dans les bastions traditionnels du port, des chemins de fer comme dans les cités populaires. On ne comprend rien à la main mise de la droite sur cette ville pauvre si lon en passe pas par ce clanisme, ce clientélisme qui repose sur une profonde aliénation politique du prolétariat. Le parti communiste na pas cherché à lutter contre, il sest fondu dans cet aspect général pour conserver quelques bastions de plus en plus réduits. ce nest pas seulement un parti délus comme cela a été analysé, le paradoxe cest que le parti délus tente de défendre des îlots prolétariens et devient le lieu de résistances de plus en plus affaiblies devant lampleur de lassaut et la Macronie cest cela aussi, lattaque des ultimes résistances ou subsistaient grace aux luttes des îlots. Nous sommes à un nouveau défi où les choix séclairent Le terme de prolétaire peut paraître dépassé pourtant il renvoie bien à la racine des comportements de classe (celui dont la seule richesse est ses enfants), parce que le dirigeant soit dorigine intellectuelle comme Marx, Lénine, Mao, Fidel ou prolétarienne comme Thorez, sa capacité est de comprendre que ce qui ce joue est la survie de lindividu et de sa famille au point que le sublime, lanar du XIXe siècle refuse le mariage pour ne pas perdre sa liberté de dire merde au patron
ça et la qualification, lart de faire monter les prix
Comment ne pas voir que cette aliénation est toujours là et plus que jamais? Cest me taire ou perdre mon boulot, lavancement et le changement de dénomination. Parce que tu as raison de noter que quand Robert Hue décide den finir avec les cellules dentreprise celles-ci sont malades dans la réalité. Il y a contre-révolution dans le sillage de la chute de lURSS., un nouveau rapport des forces à léchelle mondiale inaugurée par le Chili. Oui mais voilà le rôle justement dun parti révolutionnaire cest de dire on suit ou on combat? Cest ce quon fait les Cubains parce que tu crois que lîle que fuyaient les balseros, ou des jeunes filles de quinze ans se prostituaient nétait pas malade, oui mais voilà il y a eu un Fidel Castro et ceux autour, un peuple pour affirmer le capitalisme cest pire, il na pas davenir.. La social-démocratisation du parti communiste français a été de dire on sadapte
à ce à quoi il était impossible de sadapter et aujourdhui plus encore que hier Ceux qui ont résisté lont fit sur leurs bases et le dialogue international est devenu plus difficile, mais nous sommes dans le temps où justement il faut échanger les expériences, sans modèle mais en méditant sur ce qui a été réalisé. Il y a eu certes modification de la classe ouvrière mais il y a eu partout surtout destruction du parti sur des bases de classe et les structures sociales anciennes sont venues se substituer à celles qui avaient tenté de naître, cest vrai en URSS, mais ça lest partout dans tout le bassin méditerranéen. Nos camarades grecs ont tenu bon en exaspérant la rupture entre dictature du prolétariat et clanisme. Enfin, je crois que la permanence des structures sociales par le biais de la famille fait que les relations du pouvoir, ce que lon attend dans le monde prolétarien dun chef reste le même. Un exemple, je nai cessé de mettre en garde Fabien Roussel contre sa propension à être seul, cest le contraire de ce que doit faire un dirigeant dun parti communiste qui doit être entouré. Quand il nest pas capable de tenir un exécutif, au point que nimporte qui peut faire nimporte quoi cest tout ce que ce parti compte encore de révolutionnaires qui souffrent dune telle déchéance de direction. Jai personnellement toujours refusé un rôle dirigeant, étant consciente que je nétais en rien adaptée à ce rôle même si souvent les véritables révolutionnaires tentaient de me convaincre de lassumer, mais jen connais les contraintes et les nécessités. Quitter le comité central, le contrat moral qui était celui de ses membres, a été pour moi le plus grand soulagement. Dans une certaine mesure redevenir une sympathisante du PCF le 22 avril a renouvelé ce soulagement. jétais dans les deux cas resté au code de lhonneur dun parti en train de disparaître, cest dire la permanence des structures dans les mentalités. Ce nest pas un hasard si Jean Claude Delaunay lie le CME au parlementarisme
Le paradoxe est que le PCF conserve un impact dans les couches populaires dans une espèce de clientélisme, le clientélisme municipal. Le rôle des élus. Que tu le veuilles ou non dans le monde prolétarien, quel que soit létat où labsence dorganisation révolutionnaire le laisse un dirigeant nest jamais seul, il est garant du traitement des siens, il ne sagite pas, il agit. Il y a des contenus comme dirait Marx sur lessentiel à la fois subtil et grossier (pour grossir le trait), linvite à laction et le contrôle des tâches. Autrement à moins dêtre une tête folle, il ne se lance pas
Les risques sont trop grands
Les gilets jaunes prouvent à quel point la jacquerie peut être préférée à des chefs trop faibles ou étrangers à leurs préoccupations. Le paradoxe, mais en est-ce bien un, est que labolition de la dictature du prolétariat correspond aussi à celui qui encore aujourdhui dans limaginaire populaire symbolise cette parole populaire : Georges Marchais. Comment il a fallu de lextérieur et de lintérieur labattre, le ridiculiser pour abolir toute idée dune avant garde au profit dun parti dirigé comme les autres par des spécialistes du politique, des gens formés par et pour les médias. Pour faire simple le peuple français na pas retenu que Georges Marchais avait aboli la dictature du prolétariat mais quil a été le dernier dirigeant à parler au nom du prolétariat en créant un rapport des forces avec la bourgeoisie jusque dans le lieu de sa domination la télévision. Voilà je pourrais longuement développer mon analyse mais il métait difficile de rester au parti communiste quand non content dabolir le terme dictature du prolétariat ce que je peux concevoir il recrée les clientélismes de la soumission au capital et décapite réellement la nécessaire avant-garde capable de résister et donc de tenir la force des chacun. On retrouve dans un tout autre contexte de civilisation, la même idée dans le parti communiste chinois, pour être égalitaire, un parti doit instituer des hiérarchies liées aux capacités, cest même une des bases de la transition socialiste.. Il faudrait encore analyser lépanouissement individuel que le militant peut vivre dans un parti davant-garde, quil sagisse de lenthousiasme de Ho chi minh, de ceux dAragon à encore aujourdhui une bonne partie des Cubains ou nos camarades grecs, et quand on le compare à la souffrance du délitement des partis bourgeois, on se dit quil y a encore beaucoup à connaître sur la relation entre lindividu et le collectif. Je dois dire que quand je me suis retrouvée à Cuba, jai reconnu au contraire les conditions de cette résistance et une politique de cadres totalement différente. Donc ce nest pas parce que jai une passion inassouvie pour les despotes que je propose une réflexion sans tabou sur la dictature de la bourgeoisie, ses différentes formes de lhégémonie clientéliste à la répression sans complexe et ce quil faut pour resister à sa violence. Mais au contraire parce que je suis convaincue que la créativité des êtres humains et il va falloir en avoir- a besoin dorganisations dans lesquelles sont mis en cause solitude, individualisme, ego insatiable, ce qui nintervient jamais dans un mouvement qui rapidement cède la place à lisolement et un petit groupe qui se substitue aux autres. Appelez cette nécessité comme vous lentendrez elle est nécessaire. Danielle Bleitrach
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-04-2022 à 13:52:12
| | Jean-Claude DELAUNAY : perspective, le congrès du parti
__________________ 15 AVRIL 2022 https://histoireetsociete.com/2022/04/15/jean-claude-delaunay-perspective-le-congres-du-parti/ Comme il est plus que probable que nétant plus membre du PCF et en létat ne songeant pas à rejoindre celui qui glorifie Fitterman, Juquin mais censure des gens comme moi, les censure, les diffame et ajoute que cest de leur faute parce quils sont excessifs et manquent sans doute de diplomatie, je ne participerai pas au Congrès qui à linverse délections est travail interne. Nous ouvrirons ici probablement une rubrique de discussion mais je ne la gérerai pas et Marianne refuse décrire des chapeaux. Il me semble que cest loccasion de nous ouvrir à dautres participants mais il mest venu lidée de demander à Franck Marsal dont les interventions de synthèse font non seulement lunanimité dans ce blog mais à lextérieur de gérer cette affaire. A lui de constituer une équipe avec tous ceux nombreux qui font la richesse de nos réflexions. En ce qui concerne la proposition de Jean-Claude, elle me semble essentielle mais encore prématurée parce que le match nest pas terminé et les élections législatives, lexistence dun groupe communiste entre autres, ce qui nous vaudra des discours pesants sur la nécessité de reconstruire la gauche, alors que selon moi il ny a quune chose à en dire : sans un véritable parti communiste cette gauche est une flaque sans ossature et qui sévapore à la fois par collaboration de classe et par démagogie populiste, mais je dis ça je dis rien, la preuve est faite que mon opinion est peu ou pas entendue et ce nest pas grave, dhommes et de femmes irremplaçables les cimetières en sont pleins. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société Il me semble que nous devons, en tenant compte de notre expérience jusquà ces jours derniers, mettre la plupart de nos raisonnements actuels dans la perspective du prochain congrès des communistes. Sinon, nous nen sortirons pas. Il y a tellement de points à traiter, ou qui nous échappent ou que nous ne maîtrisons pas. Si nous nous plaçons dans cette perspective, je vois, au plan théorique et politique, trois sujets majeurs à traiter. Le premier est lanalyse de la société dans laquelle nous vivons, celle de 2022, pas celle dhier ou davant-hier, celle daujourdhui. Aucune action politique nest possible sans cette analyse réfléchie. La grande bourgeoisie fait cette analyse, les producteurs de tournesol font cette analyse, les syndicats de cheminots font cette analyse, la section de Villejuif du PCF fait cette analyse, bref tout le monde le fait. Nous, communistes français, nous avons aussi à la faire. Cest basique. Si nous navons pas une approche sans doute différenciée, complémentaire, mais néanmoins commune, de la société dans laquelle nous vivons, nous somme comme un troupeau de poules rencontrant un troupeau de canards, nous ne nous comprenons pas. Cest lintérêt et limportance, notamment de ce blog, que davoir cette analyse. Quand jen lis les articles ou les commentaires nombreux, je sais quici, le national nest pas séparé de linternational et du mondial. Nous cherchons collectivement à raisonner et à comprendre les choses en communistes, sans séparer, par exemple, le combat pour les retraites et les dépenses militaires «pour aider lUkraine», car, cest aussi bête que ça, il existe un lien entre les deux. Je ne développe pas. Le deuxième sujet est la société que nous ambitionnons de construire. Moi, je veux bien que «la France des Jours Heureux» soit un bon titre. Je trouve quand même que cela manque en soi de contenu. En létat actuel des choses, et sans doute parce que je les perçois mal étant trop loin, la France des Jours Heureux me fait davantage penser à la Veillée des Chaumières quà Marx et à Lénine. Or Il ny a pas, il ny aura de France des Jours Heureux sans une société socialiste. Quest ce quune société socialiste? Cest une société qui devra avoir pour mission initiale de socialiser la valeur dusage et la valeur. Lutter contre le réchauffement climatique, ou pour la maîtrise de lactuelle pandémie, cela suppose de socialiser la valeur dusage et la valeur, au moins en partie. Cela suppose, comme condition nécessaire quoique non suffisante, déliminer totalement et définitivement la domination que le capital monopoliste et la grande bourgeoisie exercent sur la société française. Là encore, je ne développe pas. Mais si on veut sortir du carcan de la démocratie bourgeoise à lépoque du capital monopoliste mondialisé, il va bien falloir promouvoir et mettre en place dautres rapports sociaux, économiques, politiques, culturels, scientifiques que ceux dans lesquels nous sommes emprisonnés. Et tout cela, qui est immense, nest quune mission initiale. Un copain ma écrit récemment, me disant quici, en France, la réflexion volait au raz des pâquerettes et se polarisait fortement sur le résultat en tant que quantité. Je pense sincèrement que nous aurions pu faire mieux. Mais bon, ce résultat étant donné, nous navons absolument pas à nous décourager. Le marxisme-léninisme est un instrument puissant danalyse. Il nouvre pas toutes les portes. Il ne donne pas la solution pratique, politique des problèmes, mais il permet déclairer les conditions générales dévolution des sociétés. La social-démocratie, qui a coupé ses liens avec le marxisme, na pas grand chose à se mettre sous la dent. Les classes dirigeantes se nourrissent de la théorisation américaine, que nous devons connaître bien sûr. Mais cela ne pisse pas très loin. Évidemment, lusage du marxisme-léninisme suppose que la compréhension que les communistes français ont de ses potentialités devienne plus grande, plus riche, plus nourrie que ce quelle est aujourdhui. Mais ce nest pas difficile. Ce que les communistes ont pour devoir de faire, cest dobserver pour comprendre, en évitant de regarder la réalité «avec des lunettes de couleur» comme disent certains Chinois. Et puis il y a des gens, des marxistes, et sans doute aussi des non-marxistes, voire des anti-marxistes, qui, dans ce pays, écrivent des choses intéressantes, voire importantes. Il faut les lire. Des responsables politiques communistes qui ne lisent rien dautre que des articles quils peuvent lire en 3 minutes, dans le train, mutilent leur capacité daction. On ne peut, dune part, répéter que notre époque est celle de la révolution scientifique et technique, et dautre part se contenter de lire des textes dont le contenu principal est «arreu, arreu». Le troisième sujet est celui faisant la jonction entre les deux précédents, cest celui de lorganisation communiste, de son idéologie, de son organisation et de son action tant pour comprendre la société dans laquelle nous vivons, contribuer à ses combats, que pour promouvoir et lutter pour une société nouvelle. Je vais mexprimer clairement et, je lespère, sans mesquinerie. Je comprends que certaines ou certains éprouvent à légard de Fabien Roussel de la fraternité (je pense en particulier au texte dAlain Girard que Danielle a publié). Moi, je me sens plus réservé. Dautant que Fabien est un adulte. Il est majeur et comme on dit, vacciné, du moins je lespère pour lui. Et, dans certaines circonstances, on doit être réglo, raisonnable, mais je mentirais en disant que je me sens fraternel à son égard. Peu importe dailleurs. Mais si jai voté Fabien Roussel, ce nest pas pour la qualité de sa prestation, que jai trouvée insuffisante. Et parfois même franchement nulle. Jai sans doute voté pour lui par discipline, mais pas tellement. Cest encore et surtout parce que dune part, jai la certitude quaucune révolution de la société naura lieu dans ce pays sans une organisation communiste, et que, dautre part, aucun vote apparemment alternatif (Mélenchon) navait le moindre rapport avec cette exigence. Pour linstant, la seule force qui puisse remplir ce rôle dorganisateur de la révolution est celle du PCF. Je ne pense pas insulter qui que ce soit du mouvement syndical ou dautres organisations communistes en disant cela. En tout cas, cest, si je puis dire, le résultat de mon observation ainsi que «mon pari pascalien». Jai donc voté Roussel non pas parce que japprécie Roussel et le travail de son équipe mais parce que cétait le candidat du Parti communiste et pour aucune autre raison, certainement pas par sympathie avec ce quil avait raconté sur la Chine, ou en raison de ses positions relatives à lOTAN et à la guerre menée par les impérialistes contre le bloc asiatico-européen de la Russie et de la Chine. Je suis désolé de dire ces choses de manière aussi crue, mais cest la vérité. Maintenant, lélection présidentielle est pour nous, communistes, terminée en tant quélection, et il nous faut tourner la page. A Roussel fut confiée la tâche de diriger le PCF. Il doit donc, avec lensemble des communistes, tourner la page et aller de lavant. Était-ce une bonne façon de la tourner et daller de lavant que dappeler à voter Macron pour faire barrage à Le Pen ? Personnellement, je trouve quil naurait pas dû prononcer cet appel et que cela : 1) napporte aucune protection particulière aux populations que nous prétendons défendre et au contraire en vulnérabilise dautres, 2) entraîne une division supplémentaire entre les communistes, 3) fait partie dune stratégie électorale «à la papa» beaucoup plus que dune stratégie politique révolutionnaire, 4) souligne lincohérence de nos comportements, 5) apporte un soutien à Macron dans une situation potentiellement très grave dont la classe que représente ce dernier est à lorigine et contribue à aggraver les dangers, 6) se situe dans le vieux moule éculé de la démocratie bourgeoisie, où «le peuple» des riches cohabite avec le peuple des pauvres et où on fait semblant, par lintermédiaire du vote, que tout le monde est égal et que nous sommes tous frères, 7) pourrit, par conséquent, le travail que nous avons à faire pour remettre le PCF en état. Le paradoxe de la décision prise par Roussel est que sa seule efficacité sera faible, au plus symbolique, peut-être électorale (les législatives), mais à quel prix? Elle napportera aucune protection particulière réelle à celles et à ceux que nous prétendons défendre. Cet appel leur apportera tout au plus une protection «symbolique». Mais dans ce cas, que peuvent, par exemple, penser les gilets jaunes, durement éprouvés par la police macronienne? Est-ce par le vote présidentiel, avant-hier pour Chirac, hier pour Macron, aujourdhui encore pour Macron, que nos compatriotes dorigine maghrébine, contribuent à régler leurs problèmes? Nous leur donnons une bien mauvaise leçon de démocratie. En réalité, nous sommes incohérents. Dun côté nous regrettons «le vote utile», dont ont certainement bénéficié tant Mélenchon que Macron. Mais dun autre côté nous appelons à voter Macron. Ce nest quand même pas parce que nous avons une affection particulière pour cet instrument de la grande bourgeoisie française! Donc le vote Macron est «un vote utile». Cela étant dit, les choses sont, à mon avis, encore plus compliquées. Une crise très profonde est la réalité actuelle des sociétés capitalistes développées contemporaines. Limpérialisme se débat. Il est pris dans la nasse de ses contradictions, mais il est loin dêtre mort. Ses partisans, qui nont pas lu Marx, ne savent pas quils sont condamnés par lhistoire. Ils se battent et ils sont prêts à tout. Le nazisme, mais aussi le fascisme, se sont développés en conjuguant 3 forces et en cristallisant leur unité : 1) une grande bourgeoisie menacée, 2) des classes moyennes en crise, 3) des voyous et des criminels. Pensons-nous vraiment que notre société est à labri dun tel péril? Pourquoi soutiendrions-nous, en engageant le Parti communiste dans cette histoire, lun de ces pôles contre lautre, alors que la probabilité dune situation du genre «fascisme» grandit ? Jen viens au texte de Pierre-Alain. Il écrit, en parlant des habitants du quartier des Minguettes et de tous ceux qui lui ressemblent, «Leur dire quon sen fout quelle soit élue ou pas, serait une catastrophe». Mais ce nest pas le problème. Si les communistes abandonnaient la défense des populations les plus vulnérables, ils ne seraient plus les communistes. Le problème est de répondre aux questions suivantes : «A quoi sert et à quoi doit servir le Parti communiste français, aujourdhui, en 2022 ? Doit-il servir à faire voter les communistes pour Macron pour faire barrage à Le Pen, alors même que la grande bourgeoisie française, dont les membres soutiennent tant Macron que Le Pen et Zemmour, est en crise profonde?». Et puis «Il est normal, écrit également Pierre-Alain, que le candidat sexprime clairement pour voter contre Le Pen. Les communistes nont pas besoin den faire des tonnes sur le sujet». En quoi est-ce «normal»? Qui a fixé les règles de cette normalité? Ny avait-il pas dautres moyens et dautres raisons de nous exprimer, en tant que communistes, au vu des résultats du 1er tour de cette élection ? La peste et le choléra nont pas exactement les mêmes taux de mortalité. Lun est plus mortifère que lautre? Est-ce une raison de choisir lun plutôt que lautre en faisant semblant de croire, à un moment où la société française se prépare sans le savoir à des événements dune extrême gravité, que le choix de lun protégerait de lautre? Pourquoi nous avoir foutu ça dans les pattes alors que nous avons bien plus important à faire? Oui, il faut revenir à lessentiel, préparer dès à présent notre Congrès, cest-à-dire nous préparer à nous battre de manière offensive. Les élections législatives ne seront quune péripétie. La démagogie va se mettre à y couler de manière encore plus impétueuse que le Fleuve Jaune lorsquil est en crue.
Edité le 16-04-2022 e 14:35:19 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 16-04-2022 à 14:31:55
| Commentaires : Daniel Arias Il me semble que la campagne des présidentielles a été menée comme si nous étions en position de gagner, cest à dire avec des arguments de type social démocrates; une simple répartition des richesses. Les communistes du PCF ont gaspillé ce rendez-vous médiatique avec le peuple pour promouvoir le socialisme réel. Sachant que de toutes manières nous nallions pas gagner les élections, ni être au second tour, cette stratégie a été inutile pour développer la conscience populaire. Nous avons manqué daudace et à quelques détails près nous étions pas si loin de Mélenchon. Dans lhypothèse très peu probable dun Mélenchon élu nous aurions été associé au gouvernement comme le sont aujourdhui les communistes du PCE avec le gouvernement Sanchez associés à Podemos. Pour quel résultat pour le peuple espagnol ? Linflation monstrueuse des prix de lénergie sur le marché libre conjugué à la casse de lindustrie espagnole font des dégâts importants et ouvrent les portes à Vox et à la phalange qui porte un message social potentiellement très dangereux. Il faut se rendre compte que pour une partie du peuple la Révolution est incarnée sous forme de Révolution Nationale sous la conduite de lextrême droite. Dautres se révoltent perdus dans le spontanéisme des Gilets Jaunes. Visiblement nous navons pas appris de ces deux phénomènes qui se veulent en rupture avec lordre dominant bourgeois dans un cas ils se trompent dans lautre ils sont égarés. Nous communistes nous sommes interdits de porter une voix révolutionnaire qui a fait notre succès passé. Le réformisme et lalliance avec le PS pour intégrer les institutions bourgeoises sont une catastrophe. Nous avons renoncé à notre rôle dAvant Garde pour un gloubi boulga participatif sans but de construire le socialisme ouvert à toute une gauche associative représentative parfois dune poignée de bobos dont la caricature est le magazine Regards. Nous avons déserté dans bien des villes les quartiers populaires. Nous sommes face à un risque de fascisme plus ou moins rapide selon le vainqueur des élections et javoue ne pas être très sûr de qui des deux nous mènera au fascisme le plus vite. La situation est que nous sommes égarés, dispersés, de nombreux communistes isolés, désorganisés avec une menace réelle devant nous, pour nous et pour le peuple. Sur les aspects pratiques urgents le PCF devrait: 1) clarifier sa ligne et ses rangs, nous avons été trop gentil avec les liquidateurs. 2) traiter le cas des communistes isolés au cas par cas et tenter de les faire revenir sur des bases assainies. 3) renforcer la démocratie interne par une formation exigeante (marxiste léniniste) des militants et une subordination des élus aux décisions des camarades. Les élus doivent servir les camarades et être leurs relais. Sur les aspects politiques : 1) encourager un front anti fasciste national et européen et développer son influence populaire pour devenir un parti de masse. Évaluer avec sérieux les risques liés au fascisme et à ses bandes armées et prendre les mesures nécessaires. 2) réviser le bilan des expériences socialistes européennes avec la plus grande rigueur possible afin détablir la vérité aussi bien sur les réussites que sur les failles. 3) promouvoir le socialisme réel dans toutes ses actions sans complaisance avec les politiques keynésiennes. 4) faire une auto critique de la liquidation et de la social démocratie européenne depuis la seconde guerre mondiale et de nos participations gouvernementales. 5) prendre un soin particulier à la cohérence des communistes dans la durée et entre les différents représentants pour éviter toute confusion parmi le peuple et toute exploitation par nos ennemis de la droite et de la social démocratie. 6) mettre en valeur les moments révolutionnaires et progressistes ainsi que les atouts français. De Robespierre au CNR en passant par la commune il y a de quoi faire.
__________________ Baran Daccord sur tout. Les interventions de Jean-Claude et Daniel sont tjrs intéressantes à lire. Et disons que tout ce travail stratégique présuppose une mise à distance du crétinisme électoral
Un président du PCF dépeint comme un beau gosse ça amuse les néoconservateurs mais cest quand même assez minable dans le fond. Jai aussi voté pour le PCF en Pascalien comme Jean-Claude. La morale de lhistoire cest que la ligne identitaire a été suffisamment floue pour jusquà la fin se faire manger par lesthétique social-démocrate. Le reniement du capital historique du PC pour incarner une gauche BCBG, adoubé par les clercs a été lalpha et loméga, ne donnant aucune ligne davenir à lADN communiste. On parle souvent en gestion ou marketing de respect de lADN dune organisation comme principe de réussite dune entreprise. Le crétinisme électoral des organisations politiques a longtemps été raillé par le PCF, comme un corps étranger à son génie danalyseur collectif. Aujourdhui, au nom de ce crétinisme de liquidateur, il se condamne à continuer le chemin derrance social-démocrate. Le sociatélisme saupoudré de social nest pas la voie pour conquérir la population française réfractaire, qui sincarne aujourdhui dans le concept de France périphérique (au projet de société civile bourgeoise -devrait-on ajouter). Cest là un échec objectif de la gauche dans son ensemble et la seule chose irremplaçable que savait mettre en uvre le PC par son puissant travail organisationnel et son rôle danalyseur collectif. Je ne crois pas que les structures mentales qui guident le subconscient de Roussel et de ses éminences grises puissent lorienter vers un travail de type Que faire?. Cest trop violent, trop ringard pour ses collaborateurs conquis aux catégories de la société civile bourgeoise. Le costume de laventurier beau gosse en camping muni du guide du routard est plus en adéquation avec ce que la société civile réclame du communiste aseptisé, débarrassé de son léninisme! Je dois dire que cette élection ma fait mal à la tête (pour rester poli) et cest la première fois pour moi après une élection
Auparavant cétait relativement impossible je dois dire car je men foutais royalement des Hue et compagnie. Javais bien sûr des copains plus âgés que moi qui mont montré que lintégrité, la droiture et lintelligence étaient des attributs au moins anthropologiques présents en substance dans ce parti et quil fallait sy intéresser autrement quen marxisant snobinard, je men foutiste que jétais et je suis
Avec un tout autre itinéraire sensible et intellectuel que Jean Claude et dautres ici jai donc eu mal à la tête pas pour des raisons de bête score (car dans létat actuel le résultat ne peut être quune donnée accessoire qui exclut en soi toute analyse) mais jai été vraiment achevé par le positionnement immédiat de Roussel juste après le résultat, comme sil était pressé de menotter le PC aux chaînes des maîtres libéraux, daligner le moteur du parti au rythme bourgeois, en parfait subordonné de la systémique politico-mondaine. Cancre mais beau joueur et surtout bobo-gosse! Il na même pas eu la finesse dutiliser les nuances du langage pour exprimer un semblant dopposition au scénario proposé, comme lont fait Mélenchon et le candidat rural dont je ne me souviens plus le nom
Lassagne un truc comme ça. On est donc tous daccord sur ce blog pour dire que le résultat cest pas ce qui est le plus préoccupant pour nous mais ce qui doit être interrogé cest cet acharnement à ne pas vouloir saisir les opportunités dune situation politique qui se présente pour affirmer sa différence, son ADN communiste. A contrario cest comme si le personnel politique voulait détruire les ressources politiques de différenciation, pour se noyer dans lindifférence de la société bourgeoise. Ainsi, le beau gosse Roussel ! Cest ce qui est retenu dun point de vue phénomènologique. Cet acharnement superstructural à prolonger les pratiques et représentations des liquidateurs rend difficile le renversement du pourrissement historique. Jusquà quand les desiderata de la société civile bourgeoise va ronger le moteur théorique et stratégique du seul outil politique valable en France ? Pourquoi léquipe de Roussel choisi de rester bloquer au stade du miroir des social-démocrates? Bien entendu on peut comprendre que cest plus facile de jouer la ligne de lopposant sympa, mi-coco, mi-bobo, à lintérieur de lappareil pour saccorder aux liquidateurs et à lextérieur pour être validé par les clergés médiatiques et impérialistes. Et donc quoi ? Lavenir du socialisme Rousselien va se limiter à un constructivisme socialo-sociétal accepté par la communication bourgeoise car programme de jours heureux réduit à une promotion du camping, du saucisson et du nucléaire! Avec un petit peu de justice sociale svp ! Mais juste un petit peu. Lapproche electoraliste de Melenchon a eu le mérite dêtre cohérente avec la structure opportuniste de son mouvement. Il a gagné des grandes villes et les banlieues mais sans véritable dynamique dans la France périphérique à la société civile bourgeoise. Ainsi, son parti va vraisemblablement finir par disparaître avec lui. Néanmoins, la France insoumise a touché sa cible objective, elle sest accordée à son sujet transindividuel, soit le maximum de conscience possible qui est offert par le mouvementisme dune gauche refusant le réalisme communiste. Elle ne pourra jamais faire mieux. Cest un parti jeune qui donne limpression davoir un souffle politique mais cest un électoralisme mort né, principalement à cause de sa nature organisationnelle spontanéiste, travaillée par les organes pourrissants de la société civile bourgeoise. Mais le mouvementisme est cohérent avec son ADN structurellement social-traitre. Au fond ils sont contents les cadres insoumis: ils ont gagné des jeunes et font un score de perdant qui leur assure certainement une progression de niveau de financement et de postes politiques! Au final, la caravane de Roussel est passée mais on ne sait pas trop pour qui pour quoi faire ? Son discours de ralliement macronien a été catastrophique. Tout ça pour dire que oe crétinisme électoral a été débile jusquau bout! Il ny a pas dautre choix que den finir. Si le PC ne le comprend pas au prochain congrès, je crois bien que ce sera larrêt cardiaque du Colonel Fabien. Un peu rien à voir mais un peu quand même car on aime les livres intelligents ici: je signale et suggère aux camarades du blog la parution du livre la France sous nos yeux (Seuil). Cest un excellent essai de la littérature bourgeoise qui permet dactualiser une approche du peuple français sous un angle phénomènologique, géographique, concret, donc assez riche.
__________________ Papadopoulos G Je partage cet article et meme je le trouve encore tres gentil avec le candidat. Quand au second tour il ne reste que deux fascistes qui sont les deux faces dune meme piece. Je ne me metrais pas la rate au cours bouillon pour voter pour lautre. Resistance et reconstruction veritable dun PCF.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 06-07-2022 à 23:04:08
| | Un parti communiste, atout indispensable du renouveau de la démocratie 5 JUILLET 2022 https://histoireetsociete.com/2022/07/05/un-parti-communiste-atout-indispensable-du-renouveau-de-la-democratie/#comment-5808 Un important débat a lieu dans ce blog et il reflète pour ce que jen sais bien des interrogations, des prises de conscience dans et hors parti communiste. Il touche à lessentiel, la conscience de plus en plus aiguë que le capitalisme a fait son temps et que parce quil entretient des divisions, des concurrences, des guerres, le capitalisme va a contrario de la nécessaire coopération pour répondre aux défis auquel chaque pays est confronté. La nécessité du socialisme -en tant quil est un mode de production capable dorienter le progrès et non la régression vers ces coopérations collectives- simpose. Oui mais voilà il ne faut pas se faire dillusions, jamais la droite, lextrême-droite nont été aussi fortes, labstention massive nest pas nécessairement le signe dune exigence de changement profond mais un repli préoccupant. Comment peut-on aller vers ces coopérations et surmonter la situation actuelle qui est laffaiblissement des partis et forces organisées qui pourraient uvrer en vue du socialisme? Comment provoquer leffort collectif, en vue dun dépassement de contradictions secondaires mais profondément ancrées dans les mentalités? Comme le notait Lénine, le compromis bourgeois sera longtemps à lordre du jour. Nous devons comprendre, écrivait Lénine, quà défaut dune base philosophique solide, il nest point de science ni de matérialisme qui puisse soutenir la lutte contre lenvahissement des idées bourgeoises et une renaissance de la conception bourgeoise du monde oeuvres, t33, p.207) Ce compromis bourgeois nait non seulement de lancien ordre des choses, un cadavre pourrissant dans le nouveau, mais de la difficulté de la lutte, de la crainte dy perdre plus quon ny gagne et donc de la recherche dune position de conciliation que lon croit plus aisée à atteindre. Ce que souligne donc Lénine cest la nécessité dune avant-garde mais une avant-garde qui soit toujours plus et mieux dans le concret et le partage des difficultés populaires, qui mesure cet envahissement de la crainte du changement, la comprend et y répond en renforcement pas en stigmatisation, en faux procès. Parce que dans le même temps, le même Lénine mettait les communistes en garde contre une vision sectaire et létroitesse. Je dirais que les deux vont ensemble le sectarisme va avec labsence de formation, lisolement et laffaiblissement. Il insistait sur la nécessité de rassembler dans la construction du socialisme toutes les forces de la vieille société loyales à la construction des soviets pour lamélioration et la souveraineté du peuple. On ne construira pas le communisme avec les seuls communistes et rien ne sera édifié sans alliance avec les sans parti en priorité dans tous les domaines du travail expliquait-il. Mais chez Lénine, cette nécessité exige des communistes toujours mieux avertis des buts et capables de promouvoir laction collective sans sectarisme mais avec lucidité. Il faut expliquait-il démasquer partout systématiquement la démocratie moderne bourgeoise, surtout celle des Etats-Unis, matrice impérialiste. Toutes sortes de socialistes, notait-il , admirent cette démocratie et se prosternent devant elle, alors quen fait, elle nest rien dautre que la liberté de prêcher ce que la bourgeoisie a intérêt à prêcher, cest-à-dire les idées les plus réactionnaires, la religion, lobscurantisme, la défense des exploiteurs, etc. (id.p.206) En général, montrait-il, lédification du socialisme a besoin de la paix, pas nimporte quelle paix, celle qui laissera toute latitude à uvrer au rétablissement économique et aux progrès sociaux. Pas une paix dont larmement et laccumulation des facteurs de guerre est le ressort avec de formidables inégalités, toutes les injustices saccumulant mais une véritable paix qui crée les conditions dun partage et où chacun a à gagner à la coopération. Bref, je résumerai ce qui me semble plus que jamais pertinent dans cet exposé léniniste: quand la tempête et les périls menacent, il faut faire tous les efforts du monde pour créer les conditions de lalliance et pas seulement au sommet entre partis politiques, tous plus ou moins coupés des masses, mais dabord à partir du monde du travail en travaillant tous ensemble à des solutions concrètes. Le sectarisme, létroitesse sont à proscrire et ces défauts accompagnent en général la faiblesse des communistes, faiblesse organisationnelle, faiblesse théorique. Roussel a raison dinsister sur le PCF comme parti de gouvernement mais il faut aller jusquau bout de cette vision: parti de gouvernement quand il sagit de remettre en cause le capitalisme et son autodestruction tout sauf démocratique, il a raison de souligner lambition dune telle participation, il sagit comme à la libération de reconstruire la France, ses services publics, mais on ne pourra le faire quen mettant au pas ceux qui ne cessent de la détruire. Pas seulement les évadés fiscaux, mais bien la financiarisation, la destruction des capacités productives du pays. Ce qui est déjà avancée vers le socialisme et qui ne saurait se contenter de mesures ponctuelles alors que lénorme ponction du capital financier samplifie. Ce refus du politicien et de ses jeux de notables, Roussel a raison de laffirmer mais il faut quil en tire les conséquences pour bien gérer léconomie, gouverner lEtat et faire du commerce, utiliser le capital privé tout en lévinçant de la direction politique, ce qui est construire le socialisme, il faut choisir et répartir judicieusement les cadres. La clé de la situation disait Lénine est dans les hommes, dans le choix des cadres, dans la vérification de lexécution. Il faudra voir le rôle du parti et pas seulement celui de ses élus dans une assemblée nationale devenue une véritable pétaudière avec le partage des influences et des petits avantages, mais bien dans cette capacité à fournir des cadres issus en particulier des couches prolétariennes. Des cadres, disons-le ayant une conception de classe sans laquelle la souveraineté est un vain mot. Donc le congrès, sa préparation, est fondamental pas seulement pour le parti mais pour sortir la France de cette impuissance, cette aliénation, ce grotesque dune élite hors sol capricieuse et destructrice. En fait lexpérience qui a été faite au sein du PCF, comme dans celui des divers mouvements, cest la carence dans ce domaine des cadres. Il va y avoir un congrès du PCF, un certain nombre dentre nous ont été systématiquement écartés et beaucoup de militants découvrent létat réel du parti. Ce nest pas pire que dans dautres partis, mais aucun ne se donne le but dun parti communiste et na besoin de lintervention consciente de ses militants comme tous ceux qui désirent loyalement uvrer à lamélioration de la vie collective. Jai eu les échos de ce qui se passait dans certaines sections, la direction actuelle de ces sections, fédérations, acquises aux anciens dirigeants ne réunit plus personne et pratique linertie, face à cela un certain nombre de camarades ont repris les listings des adhérents y compris ceux qui ne viennent plus, ont pris leur distances et vont les contacter. Il y a un héritage à transmettre et il est important, les jeunes en feront ce que leur action exigera, action de communistes. Il ne sagit pas seulement de comprendre le monde mais de le transformer et cest à eux de faire et à nous de transmettre. Roussel dit que le parti communiste est un parti de gouvernement, une force de proposition. Oui mais il faut dabord reconstruire ce parti par rapport à la rupture qui existe aujourdhui et qui montre lépuisement de la démocratie bourgeoise, la nécessité de faire autrement pour créer les conditions collectives de toutes les coopérations. On ne rétablira une situation qui sest dégradée depuis trente au moins en quelques semaines mais sans prétendre la reproduire à lidentique, on peut déjà mesurer le bougé et il existe, les insuffisances également. Il y a quelques constantes que jai brièvement notées qui doivent servir de point dappui à un renouveau non seulement du PCF mais de la vie démocratique de notre pays, celle qui favorise lintervention populaire. Danielle Bleitrach
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 19-07-2022 à 16:42:27
| NB : dans un article relevant le limogeage de la procureure ukrainienne qui avait enquêté sur le massacre de Bucha, Danielle Bleitrach écrit "Mais bientôt il ny aura plus que ces médias et Vincent Boulet, lhomme du secteur international du PCF , pour croire en pareil régime" Larticle de pam se trouve sur https://lepcf.fr/Oui-nous-avons-des-divergences-sur-le-communisme-du-XXIe-siecle
_______________________ Oui, nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle ! par Pierre Alain Millet https://histoireetsociete.com/2022/07/19/oui-nous-avons-des-divergences-sur-le-communisme-du-xxie-siecle-par-pierre-alain-millet/ 19 JUILLET 2022 Dimanche 17 juillet 2022, par pam, Patrice Leclerc, qui par parenthèse na pas parrainé Fabien Roussel, maire de Gennevilliers a publié le 8 juillet dernier une tribune sur la stratégie du PCF, intitulée Nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle , relayée dans lHumanité dès le 11 juillet. Au passage, Pierre Alain Millet souligne que lhuma navait pas consacré une seule ligne à la déclaration A loffensive publiée le 27 juin par 132 militants dont Michèle Picard, la maire de Vénissieux, la plus grande ville communiste hors région parisienne. Cela confirme que Patrice Leclerc a raison, nous avons des divergences. Mais il faut constater que lHumanité nest pas le journal du débat sur ces divergences, mais un journal prenant parti le plus souvent contre lopinion majoritaire des communistes. Ceux-ci doivent exiger que ce journal qui fut le leur, respecte leurs débats et publie donc lappel A loffensive signée de Michèle Picard à la même place que la tribune de Patrice Leclerc. En attendant, il faut mener ce débat ailleurs que dans lHumanité, ce site va y contribuer, parmi dautres, dit le site PCF/ débat, le site histoire et societe relaye quelques textes. Histoire et société a renoncé à espérer quoi que ce soit de lHumanité et de la totalité de la presse qui se réclame encore (surtout quand il y a des appels à contribution financière) des militants communistes mais qui pratique une censure totale, voire la diffamation contre ceux quelle a désignés comme staliniens, ce qui est une manière bien commode et bien digne des trotskistes qui tiennent désormais une bonne partie de lappareil pour en fait ne donner la parole quaux soutiens de lOTAN et du capital. Mais le futur congrès du PCF sera-t-il démocratique ou les liquidateurs une fois de plus par inertie, viol des choix collectifs et censure conduiront-ils le PCF à sa fin? Nous en sommes là
et cela dépend des communistes eux-mêmes. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société )
_________________ Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers a publié le 8 juillet dernier une tribune sur la stratégie du PCF, intitulée "Nous avons des divergences sur le communisme du XXIe siècle", relayée dans lHumanité dès le 11 juillet. Au passage, lhuma navait pas consacrée une seule ligne à la déclaration "A loffensive" publiée le 27 juin par 132 militants dont Michèle Picard, le maire de Vénissieux, la plus grande ville communiste hors région parisienne. Cela confirme que Patrice Leclerc a raison, nous avons des divergences. Mais il faut constater que lHumanité nest pas le journal du débat sur ces divergences, mais un journal prenant parti le plus souvent contre lopinion majoritaire des communistes. Ceux-ci doivent exiger que ce journal qui fut le leur, respecte leurs débats et publie donc lappel "A loffensive" signée de Michèle Picard à la même place que la tribune de Patrice Leclerc. En attendant, il faut mener ce débat ailleurs que dans lhumanité, ce site va y contribuer, parmi dautres. Commentaires de lecture de la tribune de Patrice Leclerc Oui, la longue séquence électorale doit conduire à une réflexion stratégique comme nous y invite Patrice Leclerc. La séquence présidentielle et législative pourrait permettre de discuter à partir des faits de la stratégie et de la tactique du PCF pour chercher à ce que le courant communiste soit vraiment utile pour transformer le monde. Mais première remarque, quest-ce que le courant communiste ? Pour nous, le communisme est un parti organisé, un parti daction pour qui lélection est dabord un thermomètre et pas le cur de son activité, un parti au service dun large rassemblement populaire qui lui aussi se construit à partir des luttes. Dans ce rassemblement, le parti nest pas un courant parmi dautres, mais un outil nécessaire au monde du travail, loutil pour affronter la guerre idéologique quimpose toujours le capitalisme pour diviser, dévoyer, détourner justement ce mouvement populaire du seul but qui peut lui permettre de transformer le monde, la remise en cause du capitalisme, la construction dune autre société. Ensuite, Patrice Leclerc affirme quon peut se mettre daccord sur des faits, sans avoir proposé aucune analyse des résultats de ces élections fondant ce quil appelle des faits. Aucune analyse des résultats factuels en voix, pourcentage, élus, ou même analyses politiques, sociologiques de ce que ces élections traduisent. Résultat, non, nous ne sommes pas daccord sur ces faits. Ils sont une interprétation médiatique, peut-être dominante dans lentourage de Patrice Leclerc, mais pas du tout fondée sur une analyse concrète des situations concrètes, et quil faut contester. Des faits ? Non, nous avons une autre analyse des résultats ! -Que le danger préfasciste que nous décrivions pour obtenir une candidature unique de la gauche nétait pas une peur, mais une réalité au regard des résultats présidentiels et législatifs. On ne sait pas qui est ce nous puisque la tribune est signée dun maire souvent présenté PCF [1], mais que ce nous nest évidemment pas le nous communiste, puisque les communistes avaient très majoritairement décidé, au contraire, que pour affronter labstention comme le vote dextrême-droite, il fallait poser le premier jalon de la reconstruction dun grand parti communiste et donc une candidature communiste. Et lanalyse des résultats permet daffirmer ce que lobservation des campagnes indiquait, la candidature Mélenchon qui représentait cette candidature unique possible et sen est approchée en absorbant le plus gros de lélectorat de gauche, na en rien freiné ce danger pré-fasciste. Au contraire, la campagne de Mélenchon sest progressivement concentrée sur le vote utile à gauche, délaissant et les abstentionnistes et le vote dextrême-droite. La contribution de Mélenchon à la mise en scène de Zemmour dans deux débats télés a aidé la dédiabolisation de Marine Le Pen, préparant son succès. Pire, pour les législatives, le délire médiatique du élisez-moi premier ministre a contribué à effacer ce danger fasciste que toute analyse électorale sérieuse pouvait annoncer. Mais Mélenchon a concentré ses efforts pour imposer des candidats LFI dans les circonscriptions les plus à gauche [2], délaissant les circonscriptions à risque RN [3], laissant une grande part des militants de gauche surpris et désemparés devant le nombre de députés RN. Et il a ensuite continué à minimiser ce danger fasciste en laissant croire que limportant était davoir mis LREM en minorité et présentant le résultat comme un succès de la gauche, pourtant à son plus faible niveau historique après un mandat de droite
-Que la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale a changé les termes du débat public face au danger préfasciste et au gouvernement. Notre désunion à la présidentielle a permis à Macron, au RN et aux LR de faire dominer le débat sur la sécurité, lislamophobie, le séparatisme. La NUPES, avec les Insoumis, les communistes, les socialistes, les verts et des personnalités du mouvement social a imposé un débat lors de ces législatives sur les vrais problèmes : salaires, emplois, logement, social. La diversion identitaire na pas été possible dans le débat mais pas disparue en six semaines après la présidentielle. Le danger préfasciste persiste. Oui, le danger préfasciste persiste, il est même nettement renforcé par cette séquence électorale. Et non, comme la souvent dit Fabien Roussel, ce nest pas la désunion de la gauche qui a laissé la place aux idées de droite, cest sa faiblesse. Par contre, la question du pouvoir dachat a bien été présente dans la campagne présidentielle, notamment grâce à la belle campagne des jours heureux, et la colère sur ces questions contre Macron a été au coeur du vote Mélenchon dans les quartiers populaires [4]. Mais cette colère na pas permis dunir un peuple très divisé entre abstentionnistes, majoritaire chez les ouvriers, colère noire du RN, dominante dans les zones périphériques, et vote Mélenchon, dominant dans lélectorat historique de gauche des grandes agglomérations. La Nupes na rien imposé en dehors du mythe délirant de Mélenchon premier ministre, qui a médiatiquement masqué au contraire le risque fasciste, et aggravant la division du peuple devant les exubérances mélenchonistes qui ne passent pas dans un électorat rejetant les joutes médiatiques oratoires et ce qui est perçu comme un théâtre loin du concret populaire. - Que la candidature de Jean-Luc Mélenchon a rassemblé nettement plus au premier tour que la candidature communiste, socialiste et EELV et que cest un vote réparti dans toutes les couches sociales qui rassemble particulièrement dans la jeunesse des quartiers populaires contrairement au vote pour le candidat communiste. Oui, Mélenchon a pompé la gauche [5]. Mais non, au contraire, lanalyse des résultats électoraux montre lincapacité du vote Mélenchon à unir le peuple, à progresser dans toutes les couches sociales. Dans plus de 40% des communes, Mélenchon fait moins en 2022 quen 2017 ! Ces résultats sont géographiquement très inégaux, les ouvriers lont rejeté, et son succès dans les quartiers populaires et leur jeunesse se fait là où la gauche historique faisait ses plus hauts scores. Et le fait principal que tout analyste devrait mettre en avant est que Mélenchon fait moins dans ces villes que Mitterrand. Au total, il absorbe la gauche en la réduisant à son plus bas niveau historique ! -Que sil y a eu un phénomène de vote utile à gauche, il faut aussi voir quil ny avait aucune hésitation entre plusieurs candidats dans le vote des jeunes et moins jeunes des quartiers populaires. Ils ont utilisé le bulletin Mélenchon pour se faire respecter, se donner de la force, agir contre toutes les stigmatisations et est le résultat du contenu de la campagne de Mélenchon. Oui, dans certains quartiers, comme le mien aux Minguettes, beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) ont cru que Mélenchon était la force pour combattre à la fois Macron et Le Pen. Pourtant, dans les bureaux de vote des Minguettes, il y a plus dabstentionnistes que de votes Mélenchon ! Mais tout communiste devrait sinterroger sur les ravages de lidéalisme de citoyens, jeunes ou moins jeunes, qui viennent voter une fois tous les cinq ans sans jamais sengager dans les luttes sociales, et sans revenir voter quelques semaines plus tard aux législatives. Et que dire de ce culte de la personnalité qui mise tout sur un sauveur suprême qui passe bien à la télé en délaissant toute organisation locale et toute lutte ? Une force pour se faire respecter, nous dit Patrice Leclerc ? Un énorme idéalisme mortifère pour la gauche et qui affaiblit les quartiers populaires, devrait dire tout communiste ! -Quaprès la colère contre la division de la gauche aux présidentielles est venue lespoir des électrices et électeurs de gauche de retrouver de la force grâce à leur union. Les candidatures non NUPES ont échoué quasiment partout face aux NUPES, y compris contre des personnalités implantées localement. Celui ou celle qui décevra laspiration à lUnion pour être plus fort en payera le prix politique durablement. Oui, Mélenchon a réussi son OPA sur la gauche, et comme il le disait dans son bilan raisonné de 1981 et de la présidence de François Mitterrand, quand lunion sest imposée comme lespoir populaire, celui qui sen écarte est battu. Confirmation, mais Patrice Leclerc devrait justement aller au bout de cette comparaison. Car la force de ce formidable espoir de lunion de la gauche a produit quoi en 1981 ? en 1997 ? en 2017 ? A chaque fois, cet espoir senferme dans un électoralisme mortifère qui déchec en échec affaiblit le monde du travail et les quartiers populaires ! Après 2017, où est passé cette force insoumise électorale dans les combats sociaux des années suivantes ? 7 Millions de voix Mélenchon, 3 Millions de grévistes du samedi au mieux ? Et le résultat, répétons-le, cest le plus bas niveau de la gauche après un mandat de droite, moins de députés de gauche 2022 quen 2002 (voir les trois raisons du troisième échec de Jean- Luc Mélenchon) ! Faut-il donc continuer sur cette voie qui répète comme une farce lunion de la gauche ? Comment ne pas exploser de rire ou de colère devant ces dirigeants socialistes ou écologistes qui nous rejouent la pièce mitterrandienne ou holandienne de la gauche contre le système ? Ne faut-il pas sinquiéter de cette Nupes blanchisseuse des trahisons socialistes ? Les questions qui opposent les communistes Patrice Leclerc sur cette base présentée comme des faits, mais dont la lecture critique montre que ce sont des erreurs de lecture de cette séquence électorale, identifie « quatre questions qui « opposent » les communistes :» 1/ La lutte contre lextrême droite doit-elle se faire en partant du constat que « les électrices et électeurs du FN posent de vraies questions mais pas la bonne réponse et qui conduit à aller sur leur terrain : sécurité, immigration, violence, lutte contre lislam »
ou cette lutte doit-elle se mener en développant les questions sociales, les luttes contre toutes les discriminations, la stigmatisation de lextrême droite et de la haine de lautre, en donnant espoir dune alternative politique. Bref sagit-il dagir pour convaincre que ceux qui votent FN se trompent ou dagir pour que celles et ceux qui ne votent pas, votent à gauche. Vous excuserez le simplisme de cette présentation, mais elle permet de mettre le doigt sur une divergence fondamentale par exemple sur notre relation avec le Printemps Républicain qui trouvait bien la campagne du PCF et condamnait la campagne de Mélenchon. Stigmatise-t-on une partie du peuple de France en le qualifiant de « la fraction radicalisée des quartiers périphériques » ou comme une fraction du monde du travail et de la création, porteuse dune diversité qui peut construire du commun avec le monde du travail sur tout le territoire. Patrice Leclerc oppose ainsi laction sur les questions « sécurité, immigration, violence ou islam » , aux questions sociales. Notons dabord quun communiste ne devrait pas accepter cette liste qui est sans fondement. Car quel lien entre sécurité et immigration ? sécurité et islam ? Admettons que Patrice Leclerc veut en fait dire quil ne faut pas répondre à la bataille idéologique de lextrême-droite, qui elle relie ces sujets, et quil faut en quelque sorte la subvertir en imposant dautres batailles idéologiques, sur les questions sociales. Cest une grave erreur pour une raison fondamentale. Lextrême-droite na pas inventé ces sujets parce que ce serait son idéologie. Elle part bien dun réel, vécu par des millions de gens dans les milieux populaires, pour poser les questions à sa manière, préparant ses réponses politiques. Mais ne pas reprendre le discours de lextrême-droite ne doit surtout pas conduire à nier le réel vécu par les milieux populaires. Or le réel vécu est bien marqué par les trafics et les violences, linsécurité et les incivilités. Cest un fait tout aussi important que de dire que le réel est aussi marqué par la pauvreté, la précarité, les inégalités. Nier une partie du réel, cest se couper des masses et cest ce qua fait le parti communiste depuis des décennies, comme une large partie de la gauche. Jhabite dans une grande barre de copropriété sociale aux Minguettes, marquée depuis des années par un point de deal qui détruit matériellement une allée, rend la vie invivable à plusieurs familles, et devant laquelle des groupes de jeunes attirés par largent facile narguent la police, les services publics, et même les techniciens des réseaux ou dascenseurs ? Faut-il dire à ces habitants quil ne faut pas reprendre les thèmes de lextrême-droite ? De même, le réel est bien marqué par limmigration et lislam, le nier alors même que la concurrence dans le travail, le logement fait rage dans les milieux populaires ? Que dire à une famille immigrée du Maghreb de deuxième génération qui voit un chantier de rénovation de son immeuble être presquentièrement réalisée par des immigrés récents de lEst de lEurope ? Que limmigration est une chance pour la France ? Et que dire aux musulmans qui font face à des pressions religieuses pour leur imposer un islam rigoriste et très politique ? Comment leur garantir leur liberté de culte, de conscience, de pratiques, comme à tous les autres, comme aux non croyants, comme aux femmes qui refusent la contrainte vestimentaire du regard dun islam réactionnaire ? Que la laïcité est une idée dextrême-droite ? Construire du commun, une formule très mode, mais qui veut dire quoi ? que limmigration est une originalité pour construire du commun ? Quelle expérience réelle font les habitants des quartiers populaires comme les Minguettes où des dizaines de logements sont squattés par des familles roumaines poursuivies depuis des années par létat et coincés dans une situation de non droit ? Le commun dans ce réel, cest la misère et la concurrence violente dans le peuple ! Faut-il dire que cest normal quun grand quartier populaire soit une porte dentrée pour les arrivants et que ceux qui sen sortent mieux doivent en partir dès quils peuvent, théorie de la ville populaire terre de transit ? Non, lopposition nest pas celle que présente Patrice Leclerc entre une tactique reprenant les questions de lextrême-droite et une autre les ignorant. Elle est dans leffort ou le refus de prendre en compte le réel vécu des milieux populaires, même et surtout quand il est révélateur des concurrences dans le peuple qui sont le vécu concret de millions dhabitants. Faire croire que les valeurs humanistes, ou les bons sentiments des couches moyennes éduquées vont résoudre ce défi de la guerre dans le peuple est une impasse. Il faut relever le défi du droit à la tranquillité, de la bataille contre léconomie parallèle et les mafias, Il faut aussi unir le peuple dans une bataille contre les causes de limmigration, les guerres et le développement inégal. Dans les deux cas, ce nest pas en opposant les questions sociétales et sociales, au contraire, mais en les articulant, en en montrant la cohérence qui est dans la cause de toutes les difficultés vécues. Cest le capitalisme qui crée les concurrences dans le peuple. Cest contre lui quil faut lunir. Voilà la réponse communiste à lextrême-droite, sur toutes les questions, sociétales ou sociales ! 2/ Quelle est notre utilité communiste devant lenjeu climatique. Cela pose les questions de nos propositions et luttes contre le productivisme (produire moins et autrement), pour changer les rapports de productions, contre le capitalisme du désir consumériste pour développer une frugalité heureuse, et de nouveaux rapports de lhumanité au vivant. Oui, il y a une opposition claire sur lenjeu climatique. Patrice Leclerc reprend les thèses écologistes dominantes, dédouanant le capitalisme avec le productivisme et renvoyant les causes de limpasse climatique sur les comportements en déviant les luttes vers lacceptation de la frugalité heureuse du gourou réactionnaire Pierre Rahbi. Les communistes au contraire doivent inventer une autre société sortant du capitalisme de la séduction. Non, le capitalisme nest pas un productivisme. Il cesse de produire dès quil ny a plus de profit, il détruit même. Il ne produit que pour le profit, cest un profitivisme ! Cest très différent. Ce nest pas la production qui est la cause des attaques contre la nature, de lincapacité à décarboner rapidement lélectricité, cest le profit, partout et toujours. Cest pour le profit dans laffrontement entre US et Russie que lEurope vient de relancer son électricité au charbon en refusant de prolonger les dernières centrales nucléaires allemandes. Un contresens total et scandaleux même pour ceux qui veulent sortir du nucléaire et qui souvent reprennent le dernier rapport du GIEC nous disant que nous navons plus que trois ans. Cest pourquoi on ne peut inventer de nouveaux rapport au vivant sans inventer de nouveaux rapports sociaux, et donc sortir lintérêt privé du pouvoir détat, cest à dire construire un pouvoir populaire, cest à dire construire une société socialiste ! On ne peut le faire en expliquant au peuple que ce sont ses choix de consommation qui sont la cause des dérives du capitalisme. La frugalité heureuse est loutil idéologique du capital pour faire accepter laustérité contrainte. Elle masque les inégalités profondes dans les consommations et le fait que sans sortir du capitalisme, on pourra refuser lavion aux familles immigrés qui veulent aller au pays, mais on ne pourra refuser les jets privés des premiers de cordées ! On pourra limiter la viande aux familles populaires dont beaucoup ny avait que peu accès, mais on ne réduira aucune des gabegies des plus riches ! Les communistes ont une grande utilité dans le débat climatique, démontrer le vide et linefficacité des discours écologistes dominants, montrer limpasse de laccord de Paris et de la loi de transition énergétique pour une croissance verte du gouvernement PS-Verts de Hollande. Les communistes sont très utiles pour montrer que le discours dominant écologiste cache le système derrière les techniques, impose un débat sur des choix techniques pour ne pas mener le débat sur les choix politiques. Cela les conduit à être très utiles pour montrer quun grand service public de lénergie a besoin dénergies pilotables décarbonées, donc du nucléaire dans létat des techniques, pour construire les conditions du droit de tous à laccès à une énergie décarbonée, propre et accessible. 3/ Le communisme est-il du capitalisme monopoliste détat, une forme de keynésianisme qui fait du crédit bonifié un moyen de pilotage du capitalisme ou le mouvement réel qui remet en cause toutes les dominations, économiques, sociales, de genre, ainsi que sur la nature et qui agit pour lappropriation sociale des moyens de production. Sur ce point Patrice Leclerc a raison, le projet de société communiste ne peut pas être simplement un capitalisme monopoliste détat, et donc ne peut seulement sinspirer du programme des jours heureux de 1945. Il doit être redéfini à partir de la crise actuelle du capitalisme mondialisé et on peut par exemple ouvrir ce débat avec la contribution de notre camarade Jean-Claude Delaunay rompre avec le capitalisme, construire le socialisme . Pour une part, cest ce que Fabien Roussel a commencé à faire dans son projet des jours heureux, qui reprend une formule représentative de notre histoire et de la force potentielle du rassemblement populaire, mais en esquissant par exemple une autre conception des rapports sociaux et des droits des travailleurs. Mais si le travail est immense pour engager réellement la remise en cause de toutes les dominations, les communistes sont en difficulté depuis quils sont dominés par lidée que le communisme était un déja-là quil suffisait de faire grandir, en masquant le caractère décisif du pouvoir de la bourgeoisie sur létat. Car la question centrale pour remettre en cause les rapports sociaux en général, au travail comme dans la ville ou la consommation, cest bien denlever létat à la grande bourgeoisie et de construire un pouvoir populaire. Il faut aller au bout de la question de Patrice Leclerc sur lappropriation sociale des moyens de production, il faut affirmer la nécessité de lappropriation sociale de létat et de ses moyens de coercition et donc lexpropriation de la grande bourgeoisie de létat. Il faut donc bien une révolution et aucune élection ne suffira à la rendre possible, même si une élection peut en être un moment. 4/ Quelle place et rôle des communistes dans la NUPES comme mouvement pluraliste au service du peuple pour transformer le monde. Comment être utiles dans cet espace déchanges, de débats et de luttes dans lequel nous pourrions développer en réflexion et en acte nos originalités communistes au service du mouvement réel de transformation sociale ? Bien évidemment, si les communistes doivent proposer un véritable changement de société pour arracher létat à la bourgeoisie, organiser un nouveau pouvoir populaire pour de nouveaux rapports sociaux engageant la sortie du capitalisme, alors ils ne peuvent exister ou même raisonner à travers la NUPES comme mouvement pluraliste. Nous avons déjà donné. Lunion de la gauche construite dans des négociations dappareils réduites aux enjeux électoraux est une impasse mortelle pour le mouvement populaire. Nous en avons fait la cruelle expérience historique avec un programme commun qui était pourtant beaucoup plus sérieux et construit quun programme de la NUPES qui nest quune série daccords électoraux bricolés entre partis deux à deux et même pas consolidés ! Comment être utile dans cet espace ? Cest impossible pour les communistes. Cet espace na existé que pour un accord électoral des législatives, un mauvais accord très en défaveur du parti communiste et entièrement au service du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Ce nest pas un espace de luttes, le mouvement social a montré avec les gilets jaunes que le réel est plus fort que les accords dappareils. Lurgence pour être utile au mouvement populaire, cest de reconstruire un parti communiste daction, de terrain. Cest la condition pour unir notre peuple qui na jamais été autant divisé, faire grandir un projet de société porteur de cette unité populaire en faisant grandir les consciences. Oui, Patrice Leclerc a raison. Nous avons des divergences. Mais ses propositions sont une impasse qui enfermerait encore plus le mouvement social dans la division et le réformisme. Il ne tire aucune leçon de léchec historique de lunion de la gauche et propose de recommencer. Les communistes auront loccasion au contraire de sappuyer sur les atouts et les limites de la campagne des jours heureux pour franchir de nouvelles étapes dans la reconstruction dun grand parti communiste, capable dimpulser un mouvement populaire uni et organisé, délaissant les combinaisons politiciennes de la grande famille socialiste dont Mélenchon a pris la tête. je ne sais pas si Patrice Leclerc est toujours membre du PCF, sans doute que non, en tout cas, il na pas parrainé Fabien Roussel pour lélection présidentielle, et na dailleurs parrainé personne [2] dont les circonscriptions historiquement communistes, comme la 14ème du Rhône [3] a-t-il tenu compte de son échec face à Marine Le Pen dans le Nord en 2012 ? [4] Comme militant communiste dun grand quartier populaire, je sais que notre belle bataille qui a bien mobilisé sur les idées communistes a conduit la plupart des électeurs gagnés au... vote Mélenchon ! [5] et plus il pompait la gauche, plus Macron pompait LR et plus Le Pen pompait la colère noire populaire, la stratégie du vote utile était tactiquement tournée contre la gauche et donc sest révélée au grand profit des droites !
Edité le 19-07-2022 e 16:55:17 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-07-2022 à 15:47:38
| | A rappeler : ce que dit Brecht aux militants du PCF sous tutelle 20 JUILLET 2022 https://histoireetsociete.com/2022/07/20/a-rappeler-ce-que-dit-brecht-aux-militants-du-pcf-sous-tutelle/ Brecht a lart des évidences
Il se contente de rappeler la vérité, celle des faits, les faits ou cette preuve du pudding qui tient au fait quon le mange sont de même nature que la découverte que la propriété privée nest pas le bien de tous
Que quand cette propriété conditionne le travail, le moyen de vivre de ceux qui dépendent delle mais que les exploités nont plus de pouvoir sur cette propriété financiarisée qui les dévore, il ny a pas à espérer être libre si le pouvoir politique nexerce pas une dictature sur leurs appétits. Larmée de ces charognards nest pas destinée à restaurer la justice mais à vous faire crever pour leurs profits. Une vérité qui était jadis lABC des communistes, cela sappelait la dimension de classe. Pour mesurer à quel point cette vérité est tous les jours depuis plus de trente ans bafouée par les directions de lHumanité, du secteur international, pour mesurer à quel point les communistes sont trahis, il faut voir que les intellectuels fidèles à Marx, au léninisme, sont aujourdhui interdits dans lHumanité, en revanche voici le personnage qui a eu droit à une tribune dans lHumanité P. Leclerc, dans laquelle des gens comme moi sont interdits depuis plus de trente ans parce que le boulet trotskiste(1) a la haute main sur ses complices des médias, cest à dire que le parti est sous tutelle du capital et la question est de savoir jusquà quand les militants accepteront la trahison. Cela ne me concerne plus mais les concerne eux. Pour préciser la question : quelle est la nature de la divergence ? peut-elle être résolue par un débat fraternel ou touche-t-elle à ce qui fonde lutilité du PCF ? Cest cette question quil faudra bien trancher. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete) « La grande vérité de notre époque la connaître nest pas tout, mais lignorer revient à empêcher la découverte de toute autre vérité importante cest celle-ci : Notre continent sombre dans la barbarie parce que la propriété privée des moyens de production est maintenue par la violence. À quoi sert décrire courageusement quon sombre dans la barbarie si on ne dit pas clairement pourquoi ? Ceux qui torturent le font pour conserver la propriété privée des moyens de production. » Bertolt Brecht, (1898-1956), communiste, dramaturge, poète, créateur du théâtre dialectique. Alain Girard nous parle de celui dont lHumanité publie une tribune au nom des communistes, P. Leclerc Sur la petite histoire, lorsque MGB devint la candidate que lon sait à lélection présidentielle, avec à la clé la rupture dans les collectifs anti-libéraux, P Leclerc avait annoncé son départ du PCF je cite En décembre 2006, douche froide avec la proposition de candidature de Marie-George Buffet, (lettre ouverte à MGB) comme candidature unitaire, alors quil était évident que cette proposition de la première secrétaire du PCF ne pouvait pas faire le « double consensus » nécessaire. Janvier 2007, je me mets en congé de parti. Je parraine Bové, mais je ne soutiens aucun candidat aux présidentielles. 19 juin 2007 En profond désaccord, avec les changements dorientation sur les élections présidentielles, je métais mis en congé de parti tout le temps des présidentielles jusquà ce jour. Il est temps pour moi, après y avoir mûrement réfléchi, de clarifier mon rapport au Parti communiste français. Je vous propose donc de ne plus me considérer dans les effectifs du PCF. Je ne suis plus adhérent. Octobre 2012, reprise de la carte au PCF pour succéder au maire sortant PCF de Genevilliers, sans commentaire
Sur le fond, le discours de P. Leclerc est celui de la dilution, de la dissolution dans un magma, avant collectifs anti libéraux, puis un Front de gauche puis la cerise sur le gâteau, la Nupes. Électoralement déjà un constat, échecs à tous les coups, les stratégies de regroupement autour dune ligne contre le libéralisme, en clair contre le capitalisme daujourdhui en regret du capitalisme si cool dhier, car il sagit dans bien des discours de sassocier à cette démarche de fond qui a pour toile de fond lidée que le capitalisme est soit invincible soit déjà mort et que dans tous les cas il suffirait de presque rien, de saccommoder, de négocier les marges
Le refus de partir du concret sur ces alliances, leurs contenus, leurs résultats, le triomphe de la Nupes en étendard, entendre que la preuve que ça marche parce que le groupe communiste à lAssemblée est plus fort
65% des ouvriers employés dans labstention avec une autre forme dabstention, celle des luttes populaires, syndicales
Sans parti de classe à lentreprise, sans éveil politique en son sein, sans organisation en son coeur, difficile pour la conscience dappartenance de classe de se révéler. Dans le discours dominant nous pouvons lire également que le capitalisme dans sa phase de développement actuel est déjà lantichambre du socialisme, un tigre de papier, mais pas si mâché que cela. Sur les différents points mis en exergue sur ce texte, sur les thèmes des droits à la sécurité, sociale et pouvoir retrouver sa voiture tous les matins cest un droit, ne pas devoir présenter une pièce didentité à un groupe de dealers pour franchir une entrée dimmeuble cest un droit, ne pas être obligée de se voiler pour ne pas être emmerdée par des gugusses dans la cité, cest un droit. Au fait, en décousu, voir des jeunes en lignes, guidés par les dealers jusquaux bureaux de votes, jai vécu, il sagissait de voter Royal qui allait légaliser
Tiens comme JLM dailleurs, nous devons prendre en compte que nombre de jeunes des cités ne votent que pour limmédiat, la survie, parfois celle de toute la famille. Cest cela lhumanisme bêlant, ne rien toucher au système, le légaliser, belle manière de régler la question, fume et vote. Limmigration ou les immigrations, jy ai travaillé 35 ans, le tour du monde gratis, surtout le tour de nombre dexils, de misères mais le tour de gens extraordinaires pour lessentiel, leur courage, leur volonté de vivre, de faire la nique au désespoir. Entre kurdes aux villages rasés, femmes congolaises victimes des viols des soldatesques, algériens privés de soins au pays car tout y est miné par un pouvoir discrédité, entre un étudiant palestinien en errance, chassé de sa propre terre et ces hommes du Darfour pour qui les violences que nous subissons ici ninspirent que sourires grimaçants, si vous saviez chez nous et ces travailleurs maliens où figure sur le titre de séjour ce métier, trieur de déchets, eux qui me disaient, on va rentrer, il y a du pétrole chez nous et qui narrivaient pas à concevoir que ce ne serait pas pour eux
Limmigration, le migrant ne choisit pas lexil, dailleurs en matière de migrations en intérieur du pays avec la casse des services publics, des industries, les métropoles carnivores
Le débat et sans doute pire, lengagement militant pour le développement, le droit au développement, le droit dexiger que les pillards payent, désormais cest quelques lignes, petites, en programme, on est si bien chez soi et entre soi sans voir que lun sans lautre cest pas gagné
Oui jai vu des familles algériennes attendre et attendre un logement social avec les ressources à la clé et les politiques désignant des prioritaires, histoire de semer un peu plus de divisions voire de haines. Tel public prioritaire avec une évidence, le non respect dune priorité, légalité et le droit daccès à un logement qui exigent, par exemple, un ministère du logement, ya pas, ya plus, cest comme les lignes budgétaires, austérité à tous les étages des besoins populaires. La question centrale du combat pour la paix, le désarmement nucléaire doit retrouver sa place également, cest peu dans le texte et pourtant cest génétique chez les communistes et surtout, cest lurgence. Etre irradié avec un Smic à 2000 euros ce nest pas la panacée.. Sur lensemble de ce texte, la volonté de rendre à notre peuple un parti qui soit le sien, utile et de transformation sociale est présente, il demeure la nécessité de travailler, non seulement un programme mais la stratégie pour quil aboutisse, un programme non seulement porté, adopté par les couches populaires mais qui en soit le fruit. Pour récolter, semer à lentreprise, dans la cité demeure la seule perspective quand il sagit dorganiser et de récolter. Perso je nai pas de divergences avec P. Leclerc car je nai aucune convergence demblée pour un fossoyeur quittant le PCF pour y revenir pour la gamelle. Il faut mesurer les dégâts de ce genre de comportements, le PCF nest pas un parti comme les autres, cest celui du combat révolutionnaire, P. Leclerc, Autain sont passés de lautre côté.
____________ (1) je reste convaincue que tous les trotskistes ne sont pas de la même espèce que les lambertistes qui méritèrent le titre peu glorieux dhitlero-trotskistes, préférant les nazis aux staliniens, ni les Boulets du secteur international inféodés aux fondations allemandes, et nous publions ici très volontiers les trotskistes des Etats-Unis qui savèrent dabord des anti-impérialistes et qui soutiennent Cuba, le Venezuela, dénoncent le rôle de lOTAN.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-07-2022 à 17:48:12
| Pour info le texte - pétition à l'offensive À loffensive ! Lapprofondissement de la crise démocratique, sociale et économique, labsence dalternative transformatrice caractérisent la situation issue de la dernière période électorale. Pourtant le rejet de la politique dEmmanuel Macron sest exprimé fortement. Relevons le défi de transformer cette colère en mobilisation, engagement et espoir. Cest urgent alors que le peuple, atteint dans son pouvoir dachat, les salaires et conditions de travail, sa dignité, souffre toujours plus de la politique brutale du capital. Organisation, projet, éducation populaire, le chantier doit souvrir rapidement. Le 39ème congrès ne devra pas craindre la confrontation didées tout en recherchant la construction collective et fraternelle pour permettre de nouveaux progrès pour le PCF et pour notre peuple. La crise politique et démocratique ainsi que la décomposition des institutions de la Vème République dominent la situation, exacerbées par la présidentialisation renforcée par le quinquennat et linversion du calendrier électoral. Labstention reste dominante pour tous les scrutins de la période. Aux deux tours des législatives, plus dun électeur sur deux ne sest pas déplacé. Lextrême droite progresse dangereusement en installant un groupe de 89 députés à lAssemblée nationale, après sêtre hissée au second tour des présidentielle. Le cumul Zemmour/Le Pen représentait 34,91 % soit 10 622 312 voix au premier tour de la présidentielle. La droite LR seffondre aux présidentielles, tout en limitant la casse aux législatives avec 61 députés. Emmanuel Macron est réélu président sans dynamique. Il est sanctionné aux législatives ; il lui manque 44 députés « Ensemble » pour une majorité absolue. La gauche progresse légèrement par rapport à 2017 mais son poids électoral reste historiquement faible même si le choix de la candidature unique au premier tour permet de progresser en nombre de députés soit 131 députés NUPES et 22 divers gauche. Elle recule en nombre de voix et en pourcentage par rapport à la présidentielle. Le choix de pousser au « vote utile » renforce à lextrême la compétition au profit des trois premiers sans en modifier lordre, au détriment du débat et du vote sur les projets. Macron est fragilisé mais la droite et lextrême droite sont dominantes, tandis que lélectorat populaire reste divisé et la gauche affaiblie. Le PCF atteint un objectif essentiel. Nous avons présenté, comme nous lavions décidé au 38ème congrès, un candidat à lélection présidentielle. Si la campagne dynamique de Fabien Roussel méritait plus que 2,3 % et 802 588 voix , les Jours heureux sont un point dappui pour lavenir. Ils nous ont permis dinstaller notre parti et notre candidat dans le paysage politique national. Le rapport de force se joue toujours dans la réalité des résistances et mobilisations du pays, que la gauche soit au pouvoir ou pas. Laccord électoral NUPES ne peut masquer que la question de lunité populaire et de la construction dune alternative de transformation sociale et démocratique de caractère révolutionnaire reste posée. Dautant que les désaccords entre les forces de gauche sur la nature des mesures nécessaires pour dessiner une issue aux diverses crises sont profonds. Sils ninterdisent pas les alliances électorales ponctuelles et les batailles communes sur ce qui fait consensus, ils sopposent à toute dilution dans un cadre et un programme commun. Le deuxième objectif atteint est lexistence dun groupe communiste, un atout important pour notre visibilité et lactivité du PCF. Mais lobtention du groupe sest faite sous la contrainte de la France Insoumise et de son leader Jean-Luc Mélenchon. Elle se paie au prix fort de plus de 500 circonscriptions interdites de candidats communistes, malgré des ancrages et des enjeux locaux importants pour aujourdhui et pour lavenir. Cela nous a éloignés de lengagement du 38ème congrès de présenter des candidats à toutes les élections. Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ont affirmé dès le premier tour de la présidentielle leur volonté dinstaller la NUPES et son parlement comme un cadre permanent pour la gauche. Leurs représentants locaux ne se privent pas de dire que la NUPES simposera dans les collectivités locales, décidera des accords pour lensemble des élections à venir, des européennes jusquaux municipales, pour aboutir à une candidature commune aux prochaines présidentielles. Cest donc une nouvelle tentative deffacement des partis que tente dinstaller le leader de la France insoumise, une fédération de la gauche sociale-démocrate teintée de populisme substituant à la lutte des classes laffrontement peuple/élites. Lexistence du PCF est évidemment un obstacle pour ceux qui veulent effacer le choix de 1920 et lhéritage marxiste-léniniste du 20ème siècle. Céder à cette entreprise de destruction des partis alors que notre pays et le monde affrontent de graves crises, sociale, économique, sanitaire et climatique dramatique pour tous les peuples et que limpérialisme US nous prépare avec lOTAN à une nouvelle guerre serait mortifère pour le PCF, affaiblirait le mouvement social et le monde du travail faisant la part belle au capital. Dans ces conditions, alors que les diktats de Mélenchon pèsent jusque dans les débats du Conseil national, les communistes doivent disposer de tous les éléments de discussion et être consultés jusquau vote statutaire sur toute éventuelle participation permanente aux instances de la NUPES. Lessentiel à lissue de cette période, cest que PCF poursuive les Jours heureux et développe très vite ses propres initiatives. Nous avons posé des marqueurs de notre projet, poursuivons : financement de la Sécurité sociale et de la retraite par la cotisation, enjeux de lénergie nucléaire, lutte contre le réchauffement climatique, appropriation collective des moyens de production et les nationalisations, droits nouveaux des salariés, avenir de lindustrie automobile et du moteur thermique, universalisme et laïcité, refus de rajouter de la guerre à la guerre dans les différents conflits
. Le renforcement de notre organisation en nombre et en cellules est essentiel. Le Conseil national doit préparer une grande campagne de pétition sur la hausse des salaires et des pensions commençant dès lété pour faire connaître notre revendication. Le parti doit aussi être à linitiative pour proposer à lensemble des forces de progrès social, politiques, syndicales et associatives, lorganisation dune campagne pour les retraites, utilisant toutes les formes de mobilisation depuis les manifestations, les grèves, la structuration de cellules dentreprises jusquaux pétitions pour un référendum. Faisons de la paix, de la sortie de lOTAN et sa dissolution un combat essentiel.
Edité le 20-07-2022 e 17:48:48 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 26-08-2022 à 15:49:26
| | On croit toujours avoir atteint le fond
de la liquidation de la démocratie
mais non! par Danielle Bleitrach 26 AOÛT 2022 https://histoireetsociete.com/2022/08/26/on-croit-toujours-avoir-atteint-le-fond-de-la-liquidation-de-la-democratie-mais-non-par-danielle-bleitrach/ Les déclarations successives de Macron concernant la manière dont en Ukraine nous défendrions notre espace de liberté, la fin de lère dabondance, ont suscité en France une certaine conscience de la manière dont le pouvoir élu, nous prenait pour des crétins. Le niveau de largumentation équivalant à celui de leur propagande des amuseurs de plateau de télévision montrait ce avec quoi il croyait possible de gruger le plus élémentaire bon sens. Cette manière de tomber les masques nexiste pas seulement en France, et si elle est inquiétante parce quelle accompagne un recours à lautoritarisme, un bellicisme affiché jusquà ses conséquences ultimes, elle peut également nous aider à nous réveiller. A mesurer à quel point nous avons été dépossédés de la démocratie, de la possibilité pour le citoyen dintervenir sur la conduite de sa propre vie comme de celle de la nation apparaît au grand jour. Ce qui se passe aux Etats-Unis, en Europe, au Japon et dans tous les pays satellites de lempire marque cette perte de souveraineté sur laquelle il faudra nécessairement se donner les moyens dagir. UNE DÉMOCRATIE QUI TOURNE A LA PARODIE ET AU FASCISME DUNE CLASSE CAPITALISTE Je ne métendrai pas sur ce qui se révèle au Japon, à partir de lassassinat dun ex-premier ministre, à savoir lemprise dune secte anticommuniste (Moon) pour imposer au pays qui a vécu Hiroshima une course en avant vers le surarmement et le désastre nucléaire. Le fait divers révèle létat de la société et le fond dun appel aux forces conservatrices les plus rétrogrades, la tradition, la nation illusoire, est conçue pour contraindre un peuple et elle est partout à luvre. Au fur et à mesure que montent les colères populaires, limpossibilité à vivre, devant la manière dont une classe capitaliste toujours plus enflée de profits, de spéculations prétend encore et toujours faire pression sur le travail, on retrouve alors comme en Ukraine cette alliance entre des mafias, des troupes poussant lanticommunisme jusquà lésotérisme. Ce cirque masque de moins en moins lessentiel, le pillage opéré sur les biens de la nation et du peuple, leur dépossession. Il faut alors voir quels individus acceptent dêtre les élus dune telle démocratie, ce quune telle forfaiture engendre. Larrogance jusquà la stupidité dun Macron se retrouve partout au plan européen, des têtes à claques, des faux durs, qui se croient tous les droits, et il est stupéfiant de mettre en regard la colère et les luttes de peuples face à lattitude puérile et effrayante de leurs dirigeants et la manière dont on a désorganisé, dépossédé la classe ouvrière, pour mieux ne pas laisser dautre alternative à une gauche déconsidérée et le fascisme. Lélite a partout le même profil minable et complètement hors sol. Lexemple de ce qui se passe en Grande Bretagne en est une illustration saisissante : pendant que la paillasse qui assure son propre intérim Johnson multiplie les visites à son homologue ukrainien tout aussi parodique, celle qui prétend à sa succession Liz Truss a déclaré quelle serait « prête » à utiliser larsenal nucléaire du Royaume-Uni si elle devenait Premier ministre. La dirigeante conservatrice a déclaré quelle serait prête à appuyer sur le bouton nucléaire, même si cela signifiait « lanéantissement mondial ». Sexprimant lors dun événement hustings à Birmingham, Truss sest entretenue avec lanimateur de Times Radio, John Pienaar, qui a déclaré que cela le rendrait « physiquement malade » sil était confronté à la décision. Truss a déclaré que ce devoir était un « devoir important du Premier ministre », et a reçu une salve dapplaudissements après avoir déclaré quelle naurait aucun problème à ordonner lutilisation de larsenal nucléaire du Royaume-Uni si nécessaire. La folie de cette déclaration et les applaudissements courtisans qui lont saluée dit jusquoù ces gens comme le malade ukrainien sont prêts à aller contre leur propre peuple. Cela fait apparaître larrogance du président Macron comme un moindre mal, une bouffonnerie impuissante à la mode du chancelier allemand, pourtant il ne faut pas sous-estimer ce quelle porte de danger, les pas en avant accomplis vers le pire. Dans la même logique, celle du grand remplacement, celui de ces dirigeants incohérents par des malades fascistes, que lon fabrique comme la seule alternative, le processus est le même : ce qui se passe en Italie montre quil ne sagit même plus de populisme fascisant ou de mafias berlusconiennes mais bien du retour mussolinien dans lequel ladhésion à lUkraine là encore joue son rôle. On sait en effet que la candidate promue à coup de sondage qui font delle la seule en situation de débarrasser les Italiens dune classe politique qui na cessé de mener le pays dans le mur na pas craint dutiliser une vidéo montrant une réfugiée ukrainienne violée par des ressortissants du Moyen Orient comme argument à sa xénophobie et de fait son alignement sur lOTAN, alors même quen Italie il y a un fort mouvement pour refuser lenvoi darmes. LE RÉSULTAT DE TRENTE ANS DE CONTRE RÉVOLUTION illustration : BFM TV. BFMTV @BFMTV INFO BFMTV Volodymyn Zelensky tiendra le discours d'ouverture de la rentrée du Medef lundi bfmtv.com/politique/volo... 12:19 25 25août22 TweetDeck Ne nous faisons pas dillusion : si nous en sommes arrivés là non seulement en France mais dans ce quon appelle loccident cest le résultat dune contre révolution qui a systématiquement et patiemment dépouillé le peuple, la classe ouvrière, les travailleurs de tous ses conquis en matière dorganisation et dexpression. Oui le peuple a besoin dune patrie souveraine et de démocratie. Les passions (intérêts) qui culminent dans des campagnes médiatiques doivent être dénoncées pour ce quelles sont : le choix de toutes les aliénations, le fétichisme de la marchandise et lautodestruction. Il faut se méfier des formules dans lesquelles on prétend résumer le matérialisme historique, cette arme intellectuelle dont on a dépouillé la classe ouvrière et les travailleurs, ainsi en est-il de ces raccourcis comme le prolétariat na pas de patrie ou encore ce qui parait remettre en cause la nécessité de la démocratie. Ce que dit Marx cest que la capital prive la classe ouvrière de patrie comme de droits démocratiques, ce dont il est privé il doit lacquérir mais ce faisant il en transforme la nature. La liberté du travailleur est, pour sa survie, de se vendre au propriétaire des moyens de production et den subir la tyrannie. Idem pour la patrie
Cela signifie pour Marx que le travailleur doit construire une autre conception de la nation dont la paix et la coopération entre peuples est lessentiel, comme il doit construire une démocratie véritable dans laquelle les appétits de la bête sauvage quest le capital sont politiquement interdits. Ce savoir-là a été aboli, partout le capital a patiemment entretenu des complices pour détruire les organisations ouvrières. Ce qui se passe en France où une course de vitesse semble engagée sous des formes diverses entre la fascisation et lautodestruction à gauche et dans le PCF là aussi témoigne pour qui a le courage de regarder la réalité en face de cette contrerévolution, de la manière dont comme à son habitude le capital tente de créer la confusion entre anti-impérialisme et vrais nazis
Lutilisation y compris du juste combat pour la Palestine, de mouvements en Amérique latine et dans des mouvements de libération nationale de la défense de la patrie avec le racisme, la xénophobie et lantisémitisme, lindulgence dont bénéficient les individus à la Soral et Dieudonné. Ils sont un prétexte à haut-le-cur démocratique pour ceux qui agissent dans le même sens queux pour attiser les conflits, les divisions. Ici nous avons toujours pris garde de les dénoncer. Les groupuscules sont les lieux où sous couvert de radicalisation impuissante mais de vrais haines et compromis se réalisent de telles confusions et le dévoiement anti-impérialiste. Cela aussi plaide en faveur de la reconquête du PCF. Parce que dans le même temps, il faut réaliser la manière dont le capital et la CIA ont réussi à placer leurs pions à la tête de la gauche et du PCF. Nous retrouvons jusquà la caricature les traits caractéristiques de ce personnel du capital de la classe bourgeoise: à gauche, dans le PCF, on a les mêmes, la manière dont ils ont utilisé pour leur carrière les postes, les biens conquis par leurs prédécesseurs, des finances opaques dont plus personne ne maitrise qui possède quoi mais qui en vingt ans ont bradé tous les biens comme toute lorganisation et la formation des militants. Ce qui sest passé au niveau international a débuté sur le modèle de lURSS par le placement à la tête dindividus liquidateurs qui se sont taillé des sinécures dans les biens vendus du peuple. Et ces gens-là, de la race dont on fait les oligarques ou leurs complices, se bat jusquau bout pour jeter un rideau de fumée sur le crime dont savère capable le capital, crée un signe déquivalence
Ils sont les ultimes atouts de la manière dont cette classe capitaliste tente jusquà la révélation du caractère grotesque de la démonstration dempêcher la souveraineté nationale autant que lintervention démocratique des citoyens en lui substituant la violence. Ils déconsidèrent la gauche, le PCF et donc ouvrent un espace pour la radicalisation fasciste. Est-il encore possible de surmonter une telle dépossession ? Lavantage si lon peut dire de cette farce ukrainienne cest que les faits se rassemblent et obligent à voir la réalité en face, ainsi en est-il des dirigeants européens mais ce qui se passe dans les partis politiques, dans les médias est tout aussi révélateur. En ce qui concerne le PCF, la mutation est en train de prendre son sens, non seulement dans le soutien à lOTAN, dans le refus du secteur international et de la presse dite communiste, lHumanité en tête de pratiquer le moindre internationalisme actif en faveur des communistes, comme les communistes russes, ukrainiens ou même cubains. Je cite ici le texte de Michel Strulovici publié hier dans les réseaux sociaux: Il est des moments où se cristallisent des éléments apparemment disjoints et qui prennent sens. Il en est ainsi du communiqué du directeur de LHumanité, Fabien Gay, à propos de la fête du journal. Par le pouvoir des mots, Fabien Gay, vient dinstaller une distance officielle entre le PCF et ce qui fut son organe central. En effet, la direction de LHumanité invite Fabien Roussel de la même manière quil le fait pour JLM, Olivier Faure, les dirigeants écologistes, etc
Si je comprends bien le sous-texte de cette déclaration, LHumanité largue les amarres et décide que le PCF nest quun parti le soutenant comme les autres. Si mon père était vivant, lui qui comme des centaines de milliers de communistes se battit, bec et ongles, pour la diffuser, il en resterait coi. Et je pense que tous les Résistants journalistes qui arpentèrent les couloirs du journal en seraient saisis de stupéfaction. Si le journal croit se sauver en devenant le porte-parole de léphémère NUPES, cest à dire du mouvement gazeux populiste, il se trompe lourdement. A mon avis. Mais peut-être que je ny comprends rien. La vieillesse certainement. Ce constat nous sommes nombreux à le partager y compris dans ce blog, nous ne nous faisons depuis pas mal de temps aucune illusion sur la manière dont le parti communiste a été détruit de lintérieur et avec lui, privés de perspectives politiques, les syndicats, les associations. Ce qui sest passé au 38e congrès, pour limitée que soit la poussée témoigne cependant de ce qui couve dans la société française, la non résignation de celle-ci et il ne faut pas comme certains le sous-estimer. Jai dit à plusieurs reprises que vu létat organisationnel et démocratique des forces populaires, il était nécessaire de partir des forces déjà rassemblées et de rechercher une centralité de reconquête parce que tout leffort du capital depuis trente ans a été de créer les conditions dune marginalisation tant au plan international quau plan interne. Mais ce dont témoigne aussi la guerre en Ukraine, que lon soit pour ou contre lintervention (aventure ou nécessité cest un processus totalement contradictoire avec isolement et fragilité de la force hégémonique, lEurope étant la zone la plus malade et lUkraine sa caricature, de la stratégie de limpérialisme américain. Cest un point dappui essentiel pour la reconquête et une nécessité de cette reconquête que la conscience de ce basculement historique. La seule réponse est dans le Socialisme, labolition des mises en concurrences, xénophobies, guerres au profit des coopérations. Cest ce que veulent à toute force nous faire ignorer les liquidateurs quil faut impérativement battre au prochain congrès pour opérer une reconquête politique des droits de la majorité de notre peuple. Danielle Bleitrach
Edité le 26-08-2022 e 15:50:36 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-10-2022 à 20:04:03
| LE PCF EST BIEN TROP FAIBLE, QUELLE VOIE POUR LE REDRESSER ? (Version complétée et finalisée déposée comme contribution au débat du congrès du PCF) Lobstacle majeur pour créer un rassemblement populaire majoritaire transformateur cest la faiblesse du PCF dans le prolétariat, car cest aujourdhui encore un appareil trop tourné sur lui-même obnubilé par les alliances politiques pour les élections au lieu de lêtre par la nécessité dorganiser politiquement la classe ouvrière et les couches populaires afin de lutter pour développer les forces productives, dagir avec les populations pour un aménagement du territoire qui combat la métropolisation et soccupe sérieusement de la ruralité. Le parti communiste daujourdhui a des effectifs très âgés, il na pas les jeunes cadres ouvriers qui eux connaissent les réalités de la production et de lexploitation, ni même des responsables de fédération et de section formés au marxisme. Cest un PCF qui ne procède que très peu à une vraie connaissance des réalités internationales et nationales. Il hérite de la destruction de lorganisation entamée par Robert Hue et ses affidés qui continuent à défendre des thèses farfelues comme celle du « communisme déjà là » qui relèvent plus de lintellectualisme de lentre-soi que de lanalyse de la réalité concrète du développement la lutte des classes contemporaine. La voie du redressement de la force communiste indispensable est celle de la création de cellules tournées vers le monde du travail et vers la jeunesse et la formation de cadres et de directions à la connaissance du marxisme et de sa mise en oeuvre créatrice. A lapproche du Congrès du PCF, chaque communiste doit sexprimer. Fabien Roussel a commencé, par un travail remarquable à rendre visible une identité communiste, par laffirmation de positions marxistes dans un certain nombre de domaines. Il est lobjet dattaques à lextérieur comme à lintérieur du parti. Cest bien la lutte des classes, laffrontement ideologique qui sexprime et il ne faut pas sen étonner, cela est bon signe car le communisme revient dans le débat. Cependant, tous les efforts de Fabien Roussel seront vains si il ny a pas lexpression de chaque communiste afin que le débat permette de faire émerger ce quil faut absolument changer dans le parti. Le dernier congrès a ouvert une porte que certains voudraient refermer pour que la force vitale du communisme ne se déploie pas dans la classe ouvrière et le monde du travail. Car idéologiquement cette société capitaliste craint comme la peste le fantôme qui la hante : celui dun prolétariat conscient de son rôle historique de devenir la classe dominante. Tous ceux qui trainent les pieds, qui trouvent toujours des pretextes pour ne pas developper lactivité communiste en direction des ouvriers et des salariés de façon concrète, tous ceux qui refusent que des ouvriers prennent des responsabilités dirigeantes dans le parti, qui ont abandonné lobjectif majeur et fondamental de créer des cellules dentreprises ou au moins une activité régulière de la cellule de quartier vers lentreprise, tous ceux là se trompent lourdement car ils tournent le dos à ce qui est historiquement le communisme, le mouvement de ceux qui sont contraints de vendre leur force de travail pour survivre. Car il ny a de communisme que dans et à partir de laffrontement capital/travail, que dans et à partir de lexploitation capitaliste. Cela necessite donc sans attendre de concentrer et de multiplier les initiatives du parti en direction des entreprises selon un plan de travail au moins hebdomadaire. Cest à partir des liens avec les salariés que le parti se renforcera dadhésions ouvrières et de jeunes camarades qui deviendront les dirigeants de nos organisations. Jean-Paul LEGRAND
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 02-11-2022 à 23:06:36
| L'article de PAM : https://lepcf.fr/Roussel-une-chance-pour-reconstruire-l-unite-populaire?fbclid=IwAR3AxDwU5knCnPIIBHz5oGVUyxxf_N8Y7HSiLASGL6XKNA07W3yxuynz-PI Roussel, une chance pour reconstruire lunité populaire un parti communiste pour repolitiser les quartiers populaires Mardi 1er novembre 2022, par pam Pour médiapart, Roussel est un problème. Un article repris par le bondyblog titré "le problème Roussel des élus des quartiers populaires", cite des élus communistes critiques qui seraient représentatifs de ces quartiers populaires... Médiapart, cest inutile de demander, mais peut-être que BondyBLog acceptera le débat en donnant la parole à dautres élus communistes de quartiers populaires qui contestent totalement cette analyse critique et au contraire, se battent pour lunité populaire dans ces quartiers comme avec cette France ouvrière périphérique qui rejette massivement la gauche ? Larticle publié par par Héléna Berkaoui et Olorin Maquindus le 4 octobre est titré Le problème Roussel des élus des quartiers populaire. Il affirme que « dans lancienne banlieue rouge, les élus locaux du PCF sont légion à serrer les dents face aux sorties réactionnaires de leur secrétaire national ». Et de citer quelques noms, - Josselin Aubry, adjoint à la mairie de Fresnes (Val-de-Marne) qui parle dune « ligne de fracture entre les quartiers populaires » - Hadrien Bortot, élu de Paris qui pointe ce quil qualifie de « posture politique et idéologique anti-woke, assumée mais pas débattue en interne » - une élue parisienne anonyme qui affirmerait « Beaucoup délus de banlieue nont pas voté pour Roussel au précédent congrès » et qui explique leur silence parce-que « il ne faut pas casser Roussel » - et le maire de La Courneuve, Gilles Poux, qui pense que pour Fabien Roussel « La connaissance de ce que sont les grands centres urbains le marque peut-être moins que la désindustrialisation des villes du Nord. » Sils avaient interrogé dautres élus de banlieue, cela aurait conduit à un article très différent. On peut leur proposer des noms, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Christine Burricand, élue métropolitaine du Grand Lyon et habitante des minguettes, ou Pierre Bell-Loch, maire de Vitry-sur-Seine, ou Ian Brossat élu parisien dun des arrondissements de paris avec le plus de quartiers populaires... Oui, il y a un débat à gauche, chez les communistes, et chez les élus communistes sur lorientation du PCF. Le 38ème congrès a, pour la première fois, refusé le texte proposé par la direction du parti. Les auteurs croient que ce serait un "malaise", la relation entre La France insoumise (LFI) et les communistes a été cahoteuse, le chef de file de LFI allant même jusquà qualifier le PCF de « parti du vide et du néant ». Cest une vue réductrice mais au fonds révélatrice des motivations électorales des critiques de Fabien Roussel. Que ce soit pour les présidentielles ou pour les polémiques à répétition, lenjeu est la relation avec la France Insoumise, que ce soit sur le contenu, les communistes ont-ils ou pas des divergences profondes avec les insoumis ? sur les pratiques politiques, comme on la vu avec les réactions au vote par le RN de la motion de censure Nupes, ou sur les pratiques militantes, le rapport aux mouvements sociaux avec notamment lattitude face aux manifestations syndicales ou à la marche doctobre décidée par Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, la motivation fondamentale du texte choisi par les communistes en 2018" est claire dès son introduction « Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au coeur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir linfluence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps », son premier chapitre faisant un bilan critique sévère de la situation du parti et concluant, bien loin des seules préoccupations électorales Ces erreurs ont un lien avec le doute qui sest installé sur le communisme après la disparition de lURSS, semblant consacrer un triomphe définitif du capitalisme. Les enseignements de cette tentative de révolution, qui a ébranlé le monde mais a finalement été défaite, continuent de susciter des débats importants dans le mouvement communiste. Ce qui est certain, cest que la disparition de lURSS nous plaçait, dans les années 90, au défi dune analyse approfondie et du choix dune novation communiste. Au lieu de cela, les directions successives du PCF ont été gagnées par le renoncement, jusquà des choix qui ont déstabilisé et déstructuré notre parti, comme labandon de la bataille à lentreprise, et qui ont brouillé le repérage de classe du parti dans la société. Les communistes constatent que laccumulation délections depuis le 38ème congrès na pas permis davancer de manière significative sur des gains en organisation des communistes ni en lien avec les entreprises. Ce pourrait être lenjeu central du prochain congrès. Mais ce nest pas la préoccupation des critiques de Fabien Roussel. Pourtant lenjeu fondamental révélé par cette longue séquence électorale est bien celui de lunité du peuple, mise à mal par des décennies de privatisation, de concurrence, de précarité, de recul des services publics. Résultat politique au premier tour des présidentielles ; une abstention dominante dans les milieux populaires malgré la colère contre Macron et le vote utile Mélenchon, une gauche incapable dêtre écouté du monde ouvrier, des fractures géographiques et sociales béantes... En résumé, un peuple désuni, trop faible dans le combat de classe que lui impose un capitalisme débridé. On sait que Jean-Luc Mélenchon fait tout pour masquer cette réalité difficile dans une stratégie qui conduit à limpasse populaire. Certains communistes ne veulent pas la regarder en face. Ils ont tort. Seule la vérité est révolutionnaire. Mais prenons les débats quévoque cet article. Les critiques des interventions de Fabien Roussel Fabien Roussel réduit à une stratégie médiatique Les communistes avaient tellement pris lhabitude de dirigeants absents des médias et ne provoquant aucune réaction que le "succès" médiatique de Fabien Roussel dérange. Il serait « devenu le communiste préféré de la droite ». Certes, la droite utilise bien sûr les contradictions à gauche dans cette vie politicienne, et chacun y accorde ou non de limportance, mais pourquoi pas de réactions quand les mêmes utilisent les conflits entre dirigeants écologistes ou insoumis ? La grande majorité des militants communistes sont heureux que leur choix davoir un candidat à lélection présidentielle permette, malgré un résultat trop faible, davoir regagné de laudience médiatique pour les communistes. Mais il est vrai que cela oblige à assumer les débats. Ainsi, Josselin Aubry « est en permanence en train de se défendre de ses déclarations (...) Nous, on est sur le terrain, ce sont des propos difficiles à justifier devant les associations ». Et bien de nombreux militants et élus communistes sont sur le terrain et constatent au contraire que cela permet davoir un vrai débat avec des habitants des quartiers populaires qui ne supportent plus le "bcbg" dune gauche médiatique qui ne parle pas des réalités quils vivent. Ceux qui reprochent à Fabien Roussel ses "succès" médiatiques, sont les premiers à réduire la bataille politique à cette dimension médiatique. Quand Josselin Aubry dit « Le plus catastrophique, cest que cette stratégie tue toutes capacités de remettre des idées de gauche dans le débat politique », cest lhôpital qui se fout de la charité. Fabien Roussel pose des questions au coeur de labstention massive des quartiers populaires. Sur les conséquences de la concurrence généralisée sur les divisions du peuple, au premier chef la sécurité, la propreté, les incivilités, mais aussi linjustice des politiques dites de solidarité, mais "caritatives", qui donnent le sentiment à ceux qui travaillent quils ne sont pas aidés, à liniquité de politiques dites environnementales comme les ZFE, aux contradictions dune aide aux migrants qui fait des choix entre ceux qui sont protégés et ceux qui ne le sont pas, et bien sûr à lexigence dun emploi pour tous, digne et avec un bon salaire... Oui, la gauche est dans une impasse et Fabien Roussel, a sa place, commence à dessiner une autre voie. Lessentiel sera cependant la capacité des communistes à sorganiser pour sortir enfin de ce vieil échec dune union de la gauche dirigée par les socialistes, et de reconstruire un parti communiste et un rassemblement populaire autour du monde du travail, pour une gauche politique qui retrouve sa force dabord dans ses liens avec le monde du travail. Unir le peuple malgré les divisions liées à la mise en concurrence généralisée Cest le fonds des désaccords. Pourquoi de telles divisions dans le peuple ? Le débat sur le travail et les allocs est-il une invention médiatique ou une réalité politique de terrain ? Qui na jamais rencontré un habitant de quartier protester contre ceux qui sont aidés pendant que lui travaille dur ? Ou demander pourquoi les jeunes du quartier ne sont pas embauchés sur les chantiers de rénovation urbaine où on retrouve des immigrés de lEst ? Ou demander pourquoi il y a tant dattributions de logement prioritaires quand il attend depuis des années ? Quand Fabien Roussel affirme que sa gauche est celle dun bon travail et dun bon salaire, pas celles des allocations et minima sociaux, pourquoi les réactions de quelques dirigeants à gauche sont aussi violentes [1] ? Il suffit pourtant de lire Fabien Roussel pour savoir quil ne défend pas les attaques contre les allocations et minima mais affirme le droit au travail et au salaire pour tous ! Faut-il comprendre que ceux qui le dénonce sont pour les minimas pour tous et un emploi pour ceux qui ont de la chance ? Quand Gilles Poux explique ce désaccord en supposant que « La connaissance de ce que sont les grands centres urbains le marque peut-être moins que la désindustrialisation des villes du Nord. », on se demande de quoi il parle à propos de grands centres urbains, en tout cas, pas des quartiers populaires qui vivent ces "contradictions au sein du peuple" créées par la concurrence généralisée. Et quand un élu parisien dit « Ici, on na pas les populations qui sont ciblées par Fabien Roussel », on se demande comment est son quartier que le journal dit "en voie de gentrification" Dans mon quartier des minguettes, un des plus grands quartiers prioritaires de France, dans ma barre de 15 étages avec son point de deal et ses problèmes dincivilités sur la propreté ou le stationnement, je peux témoigner du sentiment général de mes voisins, très majoritairement dorigine immigrée et exigeant "moins de laxisme" ! ou de ce que disaient deux femmes anciennes du quartier lors dune assemblée générale à lautomne 2021, en plein scandale Zemour des prénoms : "avant il y avait ici des mohamed et des paul, maintenant, il n y a que des mohamed". Ce sont les élus communistes de Vénissieux qui leur répondent, en affirmant que leurs difficultés ne viennent pas des prénoms des habitants... Il serait stupide de nier les fractures de la France entre régions, rural et urbain, banlieues et centres villes métropolitains... Mais si larticle a raison de refuser une opposition des "pauvres contres la pauvres", il devrait justement poser la question "comment unir les différentes catégories du peuple, dans la diversité de leur habitat et conditions sociales ?. Cela commence par unir le peuple dans les quartiers populaires, ce que les communistes Vénissians ont engagé dans leur débat "repolitiser les quartiers populaires", et bien sûr pour ne pas enfermer ces quartiers dans le discours de victimisation qui nie les raisons de classes de leur ségrégation, condition pour unir entre les différent quartiers. Cest le défi posé aux communistes et que relève Fabien Roussel à sa manière et dans son rôle, unir le peuple. Et, contrairement à la stratégie en échec de Jean-Luc Mélenchon, il faut dabord reconnaitre les divisions bien réelles qui existent dans le peuple, faire des choix sur les revendications prioritaires à mettre en avant, pour unir non à partir de valeurs supposées "de gauche", mais à partir des conditions concrètes de mise en mouvement de tous. La stratégie électorale Stéphane Peu aurait dit , selon larticle, que « La ligne de Roussel se distancie et se marginalise du rassemblement de la gauche et du peuple » . Je nai pas vu de critiques par Stéphane Peu du résultat de son choix présidentiel de Jean-Luc Mélenchon qui pour le coup marginalise la gauche dans la division du peuple Larticle semble opposer Fabien Roussel qui revendique de vouloir séduire lélectorat du Rassemblement national (RN). Dans son livre Ma France heureuse, digne, solidaire (Le Cherche midi, 2021), il accuse les directions précédentes davoir « laissé au seul Front national la mainmise sur des sujets comme la nation, la souveraineté, la sécurité, le vivre-ensemble » et Stéphane Peu qui dirait « Le sujet, cest la mobilisation des abstentionnistes, pas des électeurs du RN. » [2] Les auteurs noublient pas le député François Ruffin appelant à ce que la « France périphérique » devienne une priorité de LFI au lendemain du premier tour de la présidentielle, et reconnaissent malgré tout que « Lancien candidat à la présidentielle de 2022 incarne un enjeu désormais ancien de la gauche : la reconquête dun électorat populaire en dehors des grandes villes. ». Sauf quils tombent ainsi dans ce piège de lopposition entre quartiers populaires et périphéries populaires, comme si les difficultés politiques de la gauche nétaient pas les mêmes dans tous ces quartiers ! Car le discours médiatique de la réussite de Jean-Luc Mélenchon dans les banlieues populaires est une construction sans fondement. Si le vote RN reste faible dans ces quartiers, labstention reste dominante et Jean-Luc Mélenchon 2022, dominant une gauche affaiblie, fait moins bien dans ces quartiers que la gauche de Mitterrand ! En fait, la bataille de lunité populaire se joue aussi bien avec les abstentionnistes, que la stratégie de vote utile de JLM a délaissé, quavec lélectorat populaire "énervé mais pas fachos" quil a finalement délaissé aussi pour se consacrer à pomper lélectorat de gauche restant, signant ainsi lui-même sa défaite. Il ny aura pas de reconquête électorale sans marquer des points en faveur de lunité populaire avec les abstentionnistes comme lélectorat RN, dans les villes comme dans les campagnes ! La préparation du congrès Il est frappant de voir que les communistes reprenant les polémiques contre Fabien Roussel évoquent très vite le congrès et sa supposée "ligne autonomiste", Josselin Aubry espérant que le congrès permettra de redéfinir une ligne politique. Gilles Poux vent la mèche en remontant dans lhistoire... « le PCF a déjà eu dans son histoire « des raidissements » mais aussi des stratégies de personnification et dagitations médiatiques, notamment à lépoque de Georges Marchais. » (...) Le prochain congrès du parti, en avril, sera le moment pour clarifier « une ligne qui sur des aspects identitaires frôle le repli sur soi », assure-t-il. Le retour à Georges Marchais est un hommage peut-être inconscient à une réalité médiatique comme politique. Marchais reste dans la mémoire politique populaire celui qui tient tête au système en portant les intérêts populaires. Que de fois ai-je entendu dans un porte à porte "sil y avait encore Marchais...". Mais lépoque Marchais est aussi celle où se joue cette union de la gauche qui, de Mitterrand à Mélenchon, se construit sur laffaiblissement des communistes et est incapable dorganiser un mouvement populaire majoritaire. Cest bien de cette histoire longue de la stratégie dunion que le 38ème congrès a engagé la critique, affirmant quil ne pouvait y avoir de rassemblement populaire majoritaire portant une vraie rupture sans reconstruire un parti communiste portant la révolution du XXIième siècle. Et cest bien cette critique qui dérange des élus, notamment en région parisienne, élus dont la place hérite le plus souvent de cette union de la gauche électorale et perdant ses attaches de classe. Elle a conduit à la perte du département de la Seine-Saint-Denis qui fournissait une grande part de lappareil organisé du PCF et symbolisait la mutation de Robert Hue comme la métamorphose de Marie-Georges Buffet, autrement dit sa dissolution dans un mouvement de gauche pour Jean-Luc Mélenchon. Cest dailleurs le nud de la contradiction à gauche. - Dun coté, le point de vue de Jean-Luc Mélenchon qui limite la critique de lunion de la gauche à la critique de la droite du PS ayant empêché la contre offensive populaire en 1983, comme si Mitterrand avait jamais envisagé autre chose quune gestion loyale du capitalisme ! - De lautre, un parti communiste cherchant à son dernier congrès des chemins nouveaux pour un rassemblement populaire majoritaire, et affirmant en discutant de ses bases sociales : Une unité populaire est possible. Elle reste toutefois à construire, dautant plus que le ressenti des fractures et divisions a progressé. Ce travail difficile, qui se conduit dans les luttes comme dans les efforts dorganisation, a besoin dun travail théorique pour repenser une stratégie dunion qui ne dépossède pas le monde du travail de son rôle historique, contester la domination de la bourgeoise, affirmer son rôle dirigeant ! Voir en ligne : larticle publié dabord sur mediapart puis sur bondyblog [1]avec un effet indirect surprenant, passer au silence les déclarations de Mélenchon à la fête [2] Notons que la stratégie insoumise de Stéphane Peu na absolument pas fait reculer labstention.
Edité le 02-11-2022 e 23:15:19 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 04-12-2022 à 16:53:41
| Pour un parti utile à notre pays, trois priorités pour notre congrès ! | Histoire et société https://histoireetsociete.com/2022/12/04/pour-un-parti-utile-a-notre-pays-trois-priorites-pour-notre-congres/ Pour un parti utile à notre pays, trois priorités pour notre congrès !4 DÉCEMBRE 2022 Pourquoi je soutiens le texte qui suit, qui pose clairement et avant toute base commune le parti quil nous faut, défendant quoi et avec quelle organisation ? Parce que je vais vous raconter une histoire vraie : Une amie menvoie cette anecdote quon lui rép était enfant dans sa famille communiste en Corse pour lui enseigner ce quest la lutte des classes : cest lhistoire de cet ouvrier agricole sartenais, un journalier du siècle dernier, qui tous les jours descendait à pied dans la vallée du rizzanese travailler la vigne pour son riche propriétaire terrien. Un soir, au retour de son travail, alors quil pleuvait à torrents, son patron sur sa calèche, sarrêta sur le chemin à sa hauteur et lui proposa de le ramener chez lui. Louvrier tout reconnaissant monta sur la calèche qui repartit aussitôt. Après une centaine de mètres, le seigneur (sgio en corse), cest ainsi que le riche possédant se faisait appeler, stoppa net et lui dit sur un ton sec : descends maintenant! Louvrier tout surpris lui demanda: :mais pourquoi et le seigneur de lui répondre: Sache que le bien des pauvres est de courte durée
La question est à quel prix le bien des pauvres ne sera-t-il pas de courte durée quand ils auront le pouvoir, ils nauront pas le pouvoir sans être en capacité dimposer leurs intérêts ? Il leur faut des élus mais sans un parti il semble quils ne soient pas une garantie
Le vote des députés français à lAssemblée Nationale sest fait en connaissances de cause puisquaucun dentre eux ne peut ignorer que les États-Unis font payer le prix des crises à leur alliée, lEurope, elle paye pour la guerre, pour les sanctions, lOTAN, pour sa rivalité avec la Chine, les Français nont aucune protection à attendre de cette alliance criminelle. Cette Assemblée nationale sait de quoi il retourne et elle envoie le peuple français dans une guerre qui nest pas la sienne et leffort de guerre va se traduire par une justification de tous les autoritarismes, toutes les décisions arbitraires. Tous ces députés le savent et en se ralliant à lOTAN, ils ont fait descendre de la voiture ceux qui espéraient encore en des gens pareils, en confortant le consensus autour du pouvoir des riches. A la suite de quelle pression, quel chantage il ne sest pas trouvé un seul député communiste pour refuser de signer ce texte qui violait toutes les décisions du parti ? Termineront-ils comme Robert Hue, se ressaisiront-ils? cest leur problème, seul la mort transforme une vie en destin et cest à eux de voir
Lhistoire les jugera
Mais aussi ils ont démontré a contrario à quel point il est urgent pour tous quil existe un vrai parti communiste, merci de la leçon cest au moins le service que vous aurez rendu, nul ne peut se satisfaire de vos éternels compromis et de votre unité de façade qui retombe toujours du même côté, celle où lon vous fait descendre de la voiture. Paradoxalement oui les Etats-Unis veulent la guerre, oui nos politiciens répondent à leur appel, mais ils ne sont plus maitres du jeu. Le monde nest déjà plus le leur et ils sont grotesques, sinistres et pitoyables à sinventer des victoires dans la débâcle de leur monde. Ils votent des sanctions le G7 plus lAustralie et reprennent en choeur les délires de leurs marionnettes
Et en violation de tous les textes du dernier congrès voici quune assemblée nationale de pleutres avec une douzaine de députés communistes unanimes se rallie à cette union sacrée du capital réduit à la portion congrue. Mais le fait est que cela ne peut plus durer cette liquidation et cette trahison permanente de ce que sont les communistes. Le texte qui suit a le mérite denfin dire ce quil y a dire, il prend ses responsabilité, qui les tiendra? Quil existe ce texte-là avant toute base commune est une bonne chose parce que cela prouve quenfin on prend les communistes pour des adultes et quon arrête les tractations de sommet, les petits arrangements dans les travées du parlement, voire les chantages, le parti ne se limite pas à cela, il nest pas un appendice de ses élus, y a-t-il un pilote dans lavion? Notre peuple français va faire son expérience et celle-ci sinscrit à contrario de la lâcheté de ceux qui ont trahi sa confiance, il va souffrir, nous allons tous souffrir plus que nous limaginons puisquil ne sest pas trouvé à lAssemblée Nationale un parti, une force pour nous défendre, mais cela dit lurgence daller au bout de la volonté des communistes de défendre lexistence dun parti communiste, de mener jusquau bout la clarification. Que les communistes sachent quils ont derrière eux une longue histoire, celle de la France, celle de ce parti, celle dune planète qui a choisi daffronter le capitalisme, les uns en conscience et la plupart parce quil leur est impossible dagir autrement. Ceux là seront-ils capables? En tous les cas ils ont déjà pris leurs responsabilités et ils les prennent encore dans un moment qui est aussi celui dun changement dépoque dans lequel le rôle des communistes savère indispensable comme cela a été dit à la Havane et cela passe par la paix. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete) Samedi 3 décembre 2022, 39 éme congrès 2022 | Le 38éme congrès, en décidant de réaffirmer la place et lutilité du PCF dans la vie politique, a permis un nouvel élan de notre activité. Ces quatre dernières années ont été marquées par de nouvelles propositions et actions, tant dans la période du COVID que dans les élections européennes et présidentielles. Pleinement engagés dans ce renouveau du PCF, nous identifions trois questions qui nous semblent essentielles pour déployer toute notre activité politique et nous ancrer comme le parti de la transformation sociale capable de porter lespoir populaire alors que le capitalisme en crise systémique menace lavenir de lhumanité. La priorité de la bataille pour la paix et notre engagement pour un nouvel internationalisme Lidentification de notre projet, contenus et combats, comme « Le socialisme des jours heureux » Le PCF pour permettre au plus grand nombre dêtre acteurs du processus révolutionnaire, priorité à la cellule I. Pour la Paix et un nouvel internationalisme La situation internationale se révèle extrêmement dangereuse. Le risque dune guerre mondiale et de lutilisation de larme nucléaire sont aujourdhui évoqués ouvertement par les dirigeants de ce monde. La guerre en Ukraine est dabord un affrontement entre lOtan et la Russie, une guerre où les stratèges américains affirment « Faire la guerre jusquau dernier ukrainien ». LOTAN élargit toujours plus son champ daction et accentue sa force de frappe en Europe orientale, au mépris des engagements pris avec la Russie par les États-Unis et leurs supplétifs européens à la fin de la guerre froide. Si le militarisme du régime de Poutine est indéniable et que celui-ci rêve de restaurer la Russie au rang des puissances impérialistes, cela ne saurait cacher quà ce jour la Russie nest pas une puissance impérialiste, mais une puissance militariste acculée par lOTAN. Si les opérations russes doivent être questionnées voire condamnées quand des crimes sont avérés, cela ne doit pas masquer que la responsabilité première se trouve du côté de lOTAN, cest-à-dire, in fine, des États-Unis et de ses alliés européens. Nous ne pouvons être dupes. Il sagit pour les Etat-Unis datteindre la République populaire de Chine, de semparer de nouveaux marchés et de nouvelles richesses, de garantir la suprématie idéologique de loccident capitaliste sur le monde. Le blocus impérialiste contre Cuba persiste ainsi que les intimidations contre le Venezuela et le Nicaragua. Les fossoyeurs néolibéraux sorganisent toujours plus, comme en décembre 2021 au Sommet pour la démocratie, initié par les États-Unis, pour décider disent-ils, de renouveler le monde au nom du marché libre, au nom des libertés individuelles et au nom de ce quils appellent « leur démocratie ». Lobjectif affiché est clair, créer toutes les conditions pour poursuivre la soumission des peuples qui produisent les richesses, et celle des Nations qui perdent leur souveraineté, à la volonté du capital et à son accumulation durable. La paix est donc la condition pour ne pas laisser sinstaller la barbarie. La déclaration et les objectifs de travail des 78 partis communistes et ouvriers à la rencontre de La Havane dOctobre 2022, constitue une base de travail permettant de relancer un mouvement international pour la Paix et nous demandons que le PCF y prenne activement sa place. Linternationalisme doit se décliner dans les initiatives prises par la direction du PCF mais aussi par limpulsion dinitiatives locales dinformations, de rencontres et de solidarités concrètes. La France doit sortir de lOTAN et exiger sa dissolution ! Le 39ème congrès doit prendre la décision dune campagne pour la Paix dans toute la France permettant déclairer lopinion publique et débouchant sur une grande marche avec lensemble des forces progressistes pour stopper cette escalade et exiger la Paix ! II. HUIT THÈSES POUR OSER LE SOCIALISME DES JOURS HEUREUX Le programme « Des Jours heureux » porté par Fabien Roussel à lélection présidentielle a rencontré un écho dans la société française. Dans leur diversité, les communistes se le sont appropriés. Ils veulent lui donner corps, le développer au-delà du cadre électoral comme un projet de société. Car les luttes de ces dernières années buttent sur labsence dune perspective politique crédible, alternative à la société capitaliste actuelle. Lélectorat populaire qui subit de plein fouet la violence de cette société sexprime dans labstention, ou trop souvent dans la recherche dun bouc émissaire. Il appartient aux communistes de porter dans la société un projet politique de rupture en faveur des milieux populaires, avec au centre la question du travail, de son organisation, de la maîtrise des richesses produites. Il reste fort à faire ! Notre prochain congrès est un moment clé pour mettre en débat un tel objectif que nous proposons de nommer « le socialisme des jours heureux », le situant résolument dans le mouvement historique national de 1793 et la commune, du CNR à la dernière présidentielle, comme dans le mouvement historique mondial de toutes les révolutions progressistes, ayant démontré aux peuples quune autre société est possible, quelle est difficile, marquée par des avancées et des reculs, des tâtonnements et des erreurs, mais que les peuples peuvent y gagner beaucoup pour les salaires, les services publics, les droits fondamentaux (éducation, santé, culture
). Pour travailler à une telle refondation globale de la société française, nous avons besoin des outils marxistes et léninistes pour mieux comprendre le mouvement du monde capitaliste, en innovant pour construire une perspective socialiste adaptée à la réalité française du 21ème siècle dans un monde en plein bouleversement. En ce sens, il nous faut interroger les « éléments de conquis sociaux » en France, comme leur difficulté à résister à la guerre du capital. Nous devons innover en relation fraternelle avec les forces communistes et progressistes qui se battent partout sur la planète. Dans cet esprit voici quelques thèses que nous souhaitons porter au débat : 1. Pour envisager un autre projet de société, il faut rompre avec un capitalisme en crise systémique. Le 22ème congrès en 1976 proposait de prolonger les acquis du CNR dans une « étape de démocratie avancée » par une stratégie dunion de la gauche orientée vers une victoire électorale. Lhistoire a tranché, la gauche livrée au parti socialiste sest tourné vers laccompagnement du capitalisme en crise, jusquau macronisme. La vague « libérale » initiée par Thatcher, a montré la violence de létat contre les milieux populaires. On ne peut gagner ni même conserver des acquis partiels sans mettre en cause la domination des pouvoirs économiques. Le capitalisme en crise systémique naccepte aucun compromis. Il faut rompre tout de suite avec la domination de létat par la bourgeoisie. 2. Au niveau mondial, limpérialisme sous égide étasunienne se raidit dans une succession de crises qui mettent en cause sa domination monétaire, économique, technologique et même culturelle. Aux impérialismes concurrents du début du 20ème siècle a succédé une mondialisation intégrée sous égide étasunienne. Présenté comme le gendarme dun monde censé protéger la démocratie face aux États dits « totalitaires », cet impérialisme assure en fait un pillage systématique des ressources des nations du Sud. En délocalisant dans ces pays une part toujours croissante de leur industrie, les multinationales peuvent compter sur une main-duvre à exploiter à moindre coût et sur la relance de laccumulation du capital dans les nouveaux pays ouverts à leur règne pour tenter de contrer une baisse tendancielle du taux de profit, pourtant irrémédiable. 3. Au plan national, limpérialisme prend la forme dun capitalisme monopoliste dÉtat financiarisé contestant de plus nos conquis sociaux. Pourtant, la manne financière versée aux entreprises privées est un puissant facteur de socialisation des grands moyens de production et déchange. Profitant des délocalisations et du chômage qui en résulte, le capital a pu attaquer avec succès le pouvoir des syndicats, détruire les conquis sociaux et comprimer les salaires. Fermant la parenthèse du capitalisme monopoliste dÉtat social où les institutions publiques étaient ambivalentes, à la fois au service des intérêts du capital et du bien public du fait du rapport de force issu de la 2nde guerre mondiale, le capital, avec la diminution progressive de sa plus-value causée entre autres par la décolonisation, a mis lappareil des États impérialistes à son seul service pour quil garantisse son taux de profit. 4. Le capitalisme en crise doit briser toute résistance populaire. Il ouvre la voie aux fascismes Face au sentiment généralisé de déclassement et à la colère grandissante du peuple, le capitalisme joue la carte de la division, usant tour à tour de son influence pour faire monter le populisme ou le fascisme. Si nous voulons parler à tous ceux qui doutent du système nous ne pouvons nous contenter de leur parler de nos valeurs progressistes, il faut en fait proposer une rupture avec le système qui apparaissent comme un projet alternatif. 5. Briser le règne du capital, sortir de la logique du taux de profit, réorienter les sommes prodigieuses que lÉtat met au service du capital, nécessite la prise du pouvoir dÉtat. Le rôle du Parti communiste est de rendre le contrôle de lÉtat à la classe des travailleurs et des travailleuses, de les aider à prendre le contrôle des entreprises et à les laisser décider de lusage des fonds mis à la disposition des entreprises. Un tel choix concourt à la remise en cause systémique des pouvoirs de la grande bourgeoisie et se traduit forcément par un affrontement total dont lenjeu est la prise définitive de contrôle de lappareil dÉtat. Mais nous pourrons enfin disposer des leviers nécessaires pour résoudre les grands enjeux de civilisation. Une fois conquis cet appareil dÉtat, il sera plus aisé de créer les outils dune planification démocratique de réorienter lallocation du capital vers le bien commun et progressivement mettre en place de nouveaux critères de gestion. Cest ainsi que le programme des Jours heureux pourra finalement transformer la société et bâtir le socialisme des Jours heureux en France. 6. Parce que nos conquis sociaux, comme le financement public des monopoles privés, sont des constructions nationales, la souveraineté de la France face à lUE et à lOTAN est primordiale. La forme pervertie de socialisation de linvestissement et dune large partie des profits qui a déjà eu lieu sest faite à léchelle nationale, y compris au sein de lUnion européenne (UE). Cest dans lhistoire nationale que sont construits nos conquis sociaux. Loin de minorer les interdépendances entre les États, notamment au sein de lUE, et le besoin de larges coopérations, nous aurons besoin dautres révolutions ailleurs quen France pour desserrer létau que le capital ne manquera pas de faire peser sur la France des Jours heureux. Le capitalisme dont nous hériterons est un capitalisme de monopoles nationaux financé par leurs États-Nations. 7. Nous pourrons nous appuyer sur un début de rééquilibrage des forces entre limpérialisme mondialisé et les pays du sud. Malgré leffondrement des pays de lEst et laffirmation dune victoire totale de limpérialisme, en trente ans la part de léconomie mondiale contrôlée par limpérialisme na cessé de régresser passant de près de 50 % à moins de 30 %. Les BRICS en voie délargissement, et notamment la Chine subvertissent la mondialisation qui bénéficiait tant à la classe capitaliste des pays impérialistes. Cest vers lensemble de ces pays en voix démancipation de limpérialisme que nous trouverons aide et coopération comme le font déjà des pays comme Cuba ou le Venezuela. Une prise de distance avec les traités de lUE se traduira par un internationalisme renouvelé. 8. Nous avons besoin dune internationale, loin de la trahison de 1914 , qui ouvre de nouvelles relations internationales préfigurant une « communauté de destin pour lhumanité » nécessaire à la résolution des enjeux climatique et de développement mondial. [1] On ne peut espérer construire et réussir une telle rupture seul sans avoir au préalable tissé de nombreux liens de coopérations et déchange avec tout ceux qui nous ont précédés ou qui comme nous cherchent une voie vers le socialisme. Dans cet esprit, la coopération avec les partis communistes et ouvriers telle quelle sest matérialisée lors de la conférence de la Havane doit sintensifier. III. Le PCF : Son organisation, une clef indispensable pour gagner la bataille idéologique, un outil pour construire le socialisme des jours heureux. Pour agir et bâtir la France des Jours Heureux, notre 39e congrès doit affirmer clairement la nécessité du Parti, de son organisation, de son activité, du redéploiement des communistes en France qui exige une politique de formation ambitieuse. Seul un parti organisé, un parti de proximité, en phase avec les réalités concrètes peut mener la bataille idéologique et un combat émancipateur. 1. Un PCF utile, au plus près des préoccupations populaires : Priorité à la cellule Par sa structuration, le parti doit offrir des champs daction et dintervention aux travailleurs et travailleuses et se donner les moyens de son renforcement. La cellule est aujourdhui loutil pouvant nous permettre un travail de proximité efficace. Notre but est la prise du pouvoir politique et économique, cela passe par notre ancrage sur le terrain au plus près des travailleurs et travailleuses, des citoyens et citoyennes. Notre objectif est de structurer le PCF avec des cellules, en dépassant les difficultés. Nous devons travailler la question de fond de notre ancrage local, de son renouvellement de la formation des militants à la base. Être un parti populaire contre tous les populismes, cest permettre à nos concitoyens de semparer du fait politique à chaque instant. Notre rôle est déveiller les consciences et de faire vivre la démocratie. Il nous faut rompre avec lélectoralisme qui nous pousse trop souvent à nagir quen fonction des échéances électorales, dans un pays où la constitution et lhyper présidentialisation structure la vie politique. Il est essentiel de montrer jour après jour la pertinence du socialisme des jours heureux pour répondre aux problèmes concrets que rencontrent la population. Dans un contexte de défiance vis à vis de la politique, lancrage et lidentification de nos camarades par leurs collègues de travail, leur voisinage permet de montrer que le PCF nest pas un parti comme les autres. Loin des professionnels de la politique, il est le parti de ceux qui sorganisent et sactivent. Avec la dévitalisation financière de nos cellules, les lieux déchanges des communistes se sont fortement reportés vers les AG de section. Nous constatons que si elles sont parfois nécessaires, elles tendent à scléroser lactivité du parti autour dun petit nombre de camarades, réduisent lexpression et la mobilisation du plus grand nombre. En revanche, la cellule permet au parti de confier à chacun de ses adhérents une part dans leffort commun et dans la discussion commune, condition préalable à la démocratie interne et à la mobilisation de chaque adhérent. Lors de la réunion de cellule, cest au travers des échanges et des discussions sur la situation internationale, nationale et locale que se forgent les actions et la feuille de route. Cest dans ces moments que chacun apprend, enrichit ses analyses, et se forme. Il importe également daccentuer vigoureusement leffort de formation, préalable à lefficacité de notre activité ainsi quau renouvellement des cadres. Il nous faut mettre en uvre, à tous les niveaux de notre parti, des temps de formation. Ces temps doivent également mettre en avant les revues et publications du parti. La forme parti est une nécessité. Cest un gage defficacité dans le combat révolutionnaire pour la prise du pouvoir. 2. Un parti présent et actif sur les lieux de travail Cest dans les entreprises que sexerce la contradiction capital/travail ; lieu dexploitation, lentreprise est lendroit où le capital assure sa domination. A linverse de ce quaffirme le capital, la classe ouvrière est une réalité inhérente au monde du travail. Bien quhétérogène, le monde du travail a des intérêts communs et des aspirations communes dont nous devons nous emparer. Entre 1937 et 1996, les cellules dentreprises ont groupé entre 25 % et 35 % des adhérents du parti [2]. Se retrouver et militer sur le lieu de travail est essentiel, même si cela exige de la prudence. Aujourdhui, les 50 plus grandes entreprises françaises regroupent plus de 15 % des salariés du privé, soit plus de 2 millions de salariés. Les 500 plus grandes entreprises en regroupent plus du double. Et les petites et moyennes entreprises sont le plus souvent organisées au sein dun groupe : 80 % des PME de plus de 40 salariés font partie dun groupe. En France, 6,5 millions de salariés travaillent pour une multinationale (française ou à contrôle étranger). Le pouvoir économique de ces groupes et de ces entreprises est immense et le combat au sein de ces entreprises pour un pouvoir populaire est essentiel. Être capable de contester les choix des capitalistes, les choix économiques des directions des entreprises et des groupes suppose dacquérir une connaissance concrète de loutil de production, des enjeux dinvestissement. Cest seulement ainsi que nous sommes capable de montrer que dautres politiques, des politiques de développement, dinvestissements sont possibles et nécessaires. Dans lentreprise, le travail politique et le travail syndical sont complémentaires. Un tract du parti peut apporter des explications, des perspectives qui vont au delà du combat syndical et sont essentielles à la compréhension des enjeux et des combats. Le syndicat peut alors se centrer sur ses missions et rassembler largement les salariés. Les lieux de travail, les lieux dactivité sociale et économique, ce ne sont pas que les entreprises privées. Dans la plupart des villes, les premiers employeurs sont souvent létat, une collectivité, un hôpital
Là aussi, une présence communiste régulière, auprès des travailleurs, par un bulletin ou un tract thématique diffusé massivement, animé si possible par une cellule communiste fraternelle et ouverte doit être une priorité. Notre congrès doit faire de lactivité du PCF en direction des travailleurs et travailleuses une priorité politique et dorganisation. Être au plus près des travailleurs et travailleuses, cest se donner les moyens dêtre visible et de rayonner sur tout un bassin de vie. Cest le lieu pour relayer nos grandes campagnes politiques et thématiques et notre conception du socialisme. Tourné vers lavenir et combattant du bonheur universel, le PCF doit être la force qui bouscule lordre établi. Les élections Européennes avec Ian Brossat et les élections présidentielles avec Fabien Roussel ont permis notre retour dans le paysage politique et sur le plan médiatique. Lengagement déterminé de milliers de communistes à travers le pays à pu sexprimer lors de ces batailles. Faisons de cette force un moyen de poursuivre le renforcement de notre parti au travers de notre présence auprès des travailleurs et travailleuses. Le Parti Communiste doit reprendre le chemin de la proximité, travailler darrache-pied à sa réimplantation au plus près des intérêts populaires pour construire la France des Jours Heureux. Contribution collective : Kamel BEN AZZOUZ, Stephane BAILANGER, Pascal BRULA, Robert BRUN, Marie-Christine BURRICAND, Michèle CARBONNIER, Esteban EVRARD, Clara GIMENEZ, Kevin GUILLAS-CAVAN, Jonathan JUILLARD, Jean-Paul LEGRAND, Fabienne LEFEBVRE, Anne MANAUTHON, Franck MARSAL, Jean-Pierre MEYER, Pierre-Alain MILLET, Leila MOUSSAVIAN-HUPPE, Michèle PICARD, Hervé POLY, Gilbert REMOND, Benoit ROGER, Laurent SANTOIRE, Nicolas STIENNE, Danielle TRANNOY
Edité le 04-12-2022 e 17:15:22 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 06-12-2022 à 16:36:12
| | La question est qui a conduit le PCF jusque là, jusquà ce bradage dune vie de lutte pour la paix, de desintéressement, dintégrité ? https://histoireetsociete.com/2022/12/06/la-question-est-qui-a-conduit-le-pcf-jusque-la-jusqua-ce-bradage-dune-vie-de-lutte-pour-la-paix-de-desinteressement-dintegrite/ Sur la déclaration du Ministère français des Affaires étrangères concernant les projets de la mise en place dun tribunal spécial pour la Russie nous népiloguerons pas, cela regarde le peuple russe mais ce quelle nous dit mérite aussi que lon y réfléchisse parce quil sagit de la cécité volontaire de la France et cest bien réel. Oui la France cest le colonialisme, lIndochine, et les horreurs de la guerre dAlgérie, mais cest Henri Martin, Henri Alleg
Ils sont restés jusquau bout au PCF même en critiquant, en se retrouvant avec dautres pour refuser la dérive. Ce que nous dit ici la Russie concerne particulièrement le PCF, non parce quil devrait au nom du passé soviétique saligner sur la Russie daujourdhui, mais parce quen tant que Parti communiste, il doit uvrer à la paix dans un monde nouveau qui cherche à naitre, le sens même de ce qui sest dit au sommet de la Havane. Cette perspective a besoin de communistes, de patriotes, en ce qui concerne la paix, une solution diplomatique ne peut pas ignorer lorigine des guerres, et accorder du crédit au seul camp de lOTAN, systématiquement appuyer sa propagande et finir par signer ce genre de chose. Il ne peut pas sans se détruire cautionner cette trahison de lui-même et de son pays. Un communiste sait ou devrait savoir que la France ce ne peut pas être seulement cette vague militariste qui va au devant des souhaits des Etats-Unis, saligne sur cet État et ses intérêts qui la dupent par lâcheté, par complicité néo-coloniale ? Face à cette lâcheté, la stupéfaction de la France, celle qui répond au nom de Robespierre, le parti des 75.000 fusillés, de lhonneur et de la droiture malgré tous les colonialistes, les bourreaux, les messieurs Thiers, est encore plus douloureuse. Elle est la réaction dun communiste simple et honnête qui na jamais rien demandé pour lui-même ni poste, ni honneur, quand il découvre quAndré Chassaigne, qui jusque-là le représentait dignement a porté ce genre de proposition au nom du groupe communiste, il sinterroge sur qui a pu obtenir que cet homme intègre accepte cette tâche indélébile sur une vie de militant droit et honnête, comme nous sommes tous salis? Il ne sagit pas seulement de sindigner mais bien de comprendre comment peut-on en arriver là? Il est temps de demander : qui êtes-vous hommes de lombre, conseillers vendus à lOTAN depuis de nombreuses années, vous alignant depuis toujours sur les allégations mensongères des Glucksman et autre BHL, menant campagne contre la Yougoslavie, la Russie, la Chine, en fait tous les pays que désigne lempire. Est-ce dans le seul espoir davoir des accords de sommet avec le PS et les verts dans les futures législatives, est-ce le prix de ce reniement ? Quest-ce qui fait votre puissance au sein de ce parti? Le silence de ceux qui ne veulent pas voir, pas savoir mais jusquoù iront-ils ? Ce nest même pas de lopportunisme électoraliste, la courte vue pour avoir des élus communistes, lélectoralisme est une manière de rationaliser la forfaiture dans laquelle vous nous entraînez. Et même si lhorizon indépassable dun élu communiste est désormais lélection prochaine, Chassaigne et nous tous savons que suivre aussi aveuglement Macron nest pas la méthode pour convaincre lélectorat, le nôtre mais notre peuple. Vous qui avez contribué avec les Joliot Curie à créer le nucléaire civil et dénoncé toujours le nucléaire militaire, vous vous alignez sur Macron qui a tout privatisé, lui et ses prédécesseurs ruiné notre indépendance énergétique et au moment où son gouvernement va nous plonger dans le noir, en cherchant des guerres prétextes, y compris nucléaire vous croyez quil y a là de quoi vous rapporter une voix? Alors pourquoi ? Vous croyez réellement aux inventions horrifiques des plateaux de télévision, des chaînes en continu à propos du Donbass et de lhéroïsme dAzov? Il serait temps alors de faire le bilan de la manière dont vous vous êtes intoxiqués vous-mêmes ? Nous sommes nombreux à avoir vécu lexpérience de la main mise sur le parti, de votre censure, de la manière dont vous manipulez les militants. Mais permettez mon expérience personnelle, sur la durée, trente ans environ, et dernièrement encore quand nous avons tenté Marianne et moi de faire connaitre les crimes ukrainiens dans le Donbass, les 48 personnes brulés vifs dans la maison des syndicats à Odessa. Nous avons été interdites y compris dans La Marseillaise, alors que les mères des martyrs dont un jeune JC de vingt ans sont venus dans les locaux de la CGT 13. Il ny a pas eu un dirigeant du parti des Bouches du Rhône pour les accueillir. Cette omerta qui a pu être imposée au parti la été par quelle mafia en sappuyant non seulement sur le carriérisme minable, mais aussi sur le désir des communistes de conserver lunité de leur parti, et de plus en plus leur sous information, leur désorganisation. La dérive vient de loin, les mêmes qui ont soutenu Robert Ménard contre Fidel Castro, les Patrick le Hyaric & Co
suivent fidèlement toutes les propagandes de lOTAN. Ils sintéressent aux kurdes parce quils sont dans la coalition qui attaque la Syrie pour lempire, aux femmes iraniennes pour les mêmes raisons, les causes humaines sont salies par ce fil à la patte. A quand ladhésion à lordre denvoyer des bombes sur ces pays pour leur apprendre à vivre en massacrant la population civile ?Jusquà quand exerceront-ils leur censure ces copropriétaires autoproclamés du parti, de sa presse, de tout ce quils ont vendu et de largent quils ne cessent dexiger des militants sans jamais rendre des comptes. Jusquà quand en les suivant approuvera-t-on la guerre, fera-t-on silence sur les communistes mis en prison, jusquà quelle folie conduira-t-on par censure de ceux qui protestent le parti communiste français, le journal de Jaurès et de Marcel Cachin ?
Cest avec ce bilan-là que vous espérez rencontrer les Cubains, mais ils ne peuvent que mépriser ce parti qui a caché la signature de la Havane pour chuter sur une telle ignominie
Mais le pire est que vous êtes prêts à nous envoyer en guerre parce que comme tous les traitres de cette assemblée qui na rien de nationale, vous cédez à la vague militariste qui submerge cette chambre introuvable et avec eux vous trahissez la France
Il faut que les députés fassent leur autocritique, quil y ait au sein du parti une discussion sur ce que lon peut attendre de ses députés, du secteur international, de la formation nécessaire des militants, quon arrête les mondanités et que lon sintéresse au parti, au rôle dintervention des militants, de lorganisation, que lHumanité sengage à ne plus censurer tout ce qui déplait à lOTAN et que lon arrête de mépriser les communistes, ce doit être lengagement du 39e congrès pour que celui-ci ait un sens, pour quun début de confiance règne dans ce moment où se construit lunité du parti. Pas de grand déballage, mais une ligne claire et les moyens dy parvenir. Qui poussera la complicité jusquà vouoir ignorer cet acte là, parler dautre chose ? Pour les encourager à aller jusquoù ? cela na que dautre duré
Mais que ceux qui prétendent juger de ce parti en restant en dehors au lieu de contribuer à sa re-création, une fois de plus, se demandent quel rôle réel ils jouent, comment espèrent-ils vaincre le capital, convaincre la masse de notre peuple, sils ne sont pas capables de reconquérir leur propre parti? On a besoin deux
Cest ce que Lénine disait à Monmousseau le dirigeant syndical qui refusait de se mêler au parti de Frossard: tant que tu ny sera pas, les socialistes bourgeois feront la loi et te priveront du parti. Monmousseau a adhéré et quelques mois après sest retrouvé avec Marcel Cachin, Gabriel Peri à la Santé pour avoir dénoncé la guerre et fraternisé avec les communistes allemands
Comme le député Ambroise Croizat a été mis en prison avec les autres députés communistes par le gouvernement socialiste issu du Front populaire pour avoir refusé de dénoncer lURSS dans son obligation après Munich de faire face à lAllemagne et à qui on voulait attribuer la cause de la guerre
Ambroise Croizat qui nous apporta la sécurité sociale quils veulent brader, qui mourut dépuisement et qui jamais na trahi le chemin de lhonneur. Oui le PCF cest cette histoire-là, la seule qui aura fait de notre vie le meilleur, la seule chose que lon retiendra de nous tous, personne ne doit labandonner comme un étendard peut lêtre par des lâches dans une bataille quils fuient. Non vous ne recréerez pas de toute pièce un autre parti communiste, tout ce que vous ferez ce sont des groupuscules, autour de gens devenus malgré eux des liquidateurs, mais je puis vous dire parce que je vous connais tous que lon a besoin de vous et quil est temps de le comprendre. Et toi me diront-ils ? Moi, cest vous qui mavez abandonnée et rendue incapable dagir, il y a mes défauts, ma franchise, mon manque de diplomatie, et cest pourquoi jai décidé de les mettre au service de tous, là où avec Marianne et dautres nous pouvions encore agir, je nai plus ma carte et je ne la reprendrai jamais justement parce que ce qui est important est ce que nous pouvons faire, cest ça qui fait de nous désormais des communistes. Je nai pas été la seule à jouer ce rôle de sentinelle, cest vrai et ceux que je critique souvent pour leur refus de renforcer le PCF, parfois en rejoignant la social démocratie dans ces pseudos-radicalismes, ont eu un tel mérite. Mais la plupart dentre vous peuvent et doivent agir autrement que moi, ils ny seront pas interdits comme je le suis, pour recréer ce parti, non pas le diviser il y en a qui sont là pour ça mais au contraire reconstruire son unité daction et de pensée, son efficacité. La situation est grave, elle peut encore devenir pire, et cest pourquoi la France les travailleurs ouvriers, intellectuels, la jeunesse, tous ont un besoin urgent dun parti communiste, de ses militants désintéressés, dune direction voyant loin et agissant dans lintérêt des travailleurs, de la paix, de légalité et de la fraternité, il ny a pas dautre parti pour jouer ce rôle, le détruire est prendre une responsabilité historique. Vous tous qui assumez un rôle de direction, vous nêtes pas au dessus des communistes, vous navez pas reçu mandat pour le liquider et le déshonorer, les communistes sont tous responsables et à ce titre ils doivent entamer un véritable dialogue sur ce quils veulent, sans chasse aux sorcières, fraternellement mais sans feindre de ne pas voir. Nous navons pas sous la main de Fidel Castro, de Maurice Thorez, ni même de Marcel Cachin, il faut faire avec ce que lon a, renforcer le collectif et de lui surgiront les personnalités à la hauteur de la situation. Le collectif doit donc suppléer à la faiblesse des dirigeants, les aider à naître cest notre conception des grands hommes, ils ne sont rien sans les masses qui font lhistoire, aidons ceux qui tentent davancer vers un peu mieux par notre critique mais aussi par notre action : les yeux ne peuvent pas se fermer et les bouches se taire, au point où en est le parti pour pouvoir vivre ensemble, retrouver un début de confiance, il faut savoir ce que lon veut. Sans ce minimum-là rien nest possible et faute de cela vous signez lacte de décès du PCF au moment où on en a le plus besoin. Cest de vous communistes dont tout dépend. Danielle Bleitrach 2472-02-12-2022 Communiqué de presse Nous sommes indignés par la déclaration du Ministère français de lEurope et des Affaires étrangères concernant le projet de créer un tribunal spécial pour juger les crimes dagression de la Russie. En plus dessayer dimpliquer la Cour pénale internationale, les pays occidentaux ont décidé de promouvoir lidée de créer une autre instance judiciaire ouvertement politisée, qui, en fait, na rien à voir avec la justice. Nous ne cessons de nous étonner du cynisme des autorités françaises. Soulignant que leur priorité était la lutte contre limpunité en Ukraine, le Ministère français des Affaires étrangères refuse de voir les nombreux crimes de guerre documentés des forces armées ukrainiennes et les taisent délibérément. Pour une raison quon ignore Paris ferme les yeux sur larbitraire jurudique du régime de Kiev au cours des huit dernières années contre les habitants du Donbass, qui continuent de mourir sous les tirs quotidiens dartillerie et de roquettes. Ils refusent de voir les meurtres de civils et les sévices dont ils sont victimes commis par les forces armées ukrainiennes dans les territoires contrôlés par Kiev. Ainsi, tout récemment, des images choquantes de lexécution de prisonniers de guerre russes non armés par des combattants ukrainiens ont fait le tour du monde. Avec une indifférence totale de la part des zélatuers présumés de la légimité et des droits de lhomme parmi les démocraties libérales, la junte de Kiev crée année après année une atmosphère dintolérance totale envers la dissidence, recourant aux formes de pression les plus odieuses sur les médias et les journalistes indésirables et soutient la violence à leur encontre allant jusquaux représailles physiques. Or, pour les autorités françaises, tout cela na pas dimportance. Pour elles, seul importe ce que rapportent les émissaires de Kiev et la propagande du régime criminel. Nous exigeons des diplomates français, si attentifs à la protection des droits de lhomme, de ne pas diviser pas les gens en bons et mauvais, les siens et les autres. Parmi les nombreuses équipes davocats et de criminalistes envoyées par la France en Ukraine, au moins un expert aurait dû être désigné pour étudier les atrocités des nationalistes ukrainiens qui sont bien connues, ainsi que pour visiter les territoires russes bombardés par les forces armées ukrainiennes. Ce nest pas la première fois que nous faisons face à lhypocrisie des pays occidentaux lorsque nous discutons des conséquences humanitaires des hostilités. Les crimes des États-Unis et de leurs alliés en Yougoslavie, en Irak, en Libye, en Syrie et dans dautres pays, qui ont fait de nombreuses victimes parmi la population civile avec des armes de lindustrie militaire américaine et européenne, sont évidents pour les résidents des États concernés, leurs voisins de la région, et tous ceux qui ne font pas partie du fameux milliard dor. La tentative actuelle des pays occidentaux de mettre en place un mécanisme pseudo-judiciaire sans précédent dans son nihilisme juridique est un autre exemple de la pratique occidentale du deux poids deux mesures. Un tel entre soi naura jamais de juridiction sur la Russie. Il est particulièrement étrange dentendre de telles déclarations venant de Paris. Les crimes de guerre commis par les Français pendant la période du colonialisme en Algérie pendant la guerre pour lindépendance, en Indochine, et, à partir dexemples récents, en Libye, sont restés impunis et ont privé la France du droit moral de faire de telles déclarations. On ne se souvient pas que le Ministère français des Affaires étrangères ait désigné à haute voix ces dossiers comme ses priorités. Nous recommandons que Paris commence par créer un tribunal spécial pour ses propres crimes au cours des guerres coloniales, de diverses opérations punitives, dinterventions dans diverses parties du monde.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 06-12-2022 à 16:38:25
| | Lhistoire sert à se repérer dans le présent, réflexions sur lopportunisme des milieux dirigeants de la classe ouvrière, par Danielle Bleitrach 5 DÉCEMBRE 2022 https://histoireetsociete.com/2022/12/05/lhistoire-sert-a-se-reperer-dans-le-present-reflexions-sur-lopportunisme-des-milieux-dirigeants-de-la-classe-ouvriere-par-danielle-bleitrach/ En survolant la base commune qui vient de sortir du conclave du conseil national du PCF du weekend, je dirais quelle marque un statu quo donc nécessairement un immobilisme. Pas la moindre avancée depuis le 38e congrès mais la droitisation est freinée. Il faut replacer ce statu quo dans ce moment où la politique française elle-même parait suspendue dans lattente de ce à quoi elle refuse de faire face. On ne sait combien de temps cela va durer. Cela peut saccélérer, alors le congrès en avril nécessitera dautres thèses (davril comme il se doit, enfin pas jusque-là, soyons réalistes). Donc cette base commune reflète la médiocrité politique du moment, parce que le Parti communiste Français limite lui-même les enjeux réels de la période historique et retrouve la sécurité des ornières dans lesquelles tout le monde piétine. Et pourtant si jétais une militante communiste, je mintégrerais pleinement à ce congrès pour faire avancer les consciences quoi que je pense de cette base commune qui ninterdit rien, ne propose pas grand chose mais laisse toute latitude aux militants pour simpliquer individuellement et en groupe
parce quon a rarement raison tout seul. Alors lessentiel est dans ce travail damendement de ne pas perdre la vision du but : former une force qui soit en situation daffronter le capital, son militarisme, sa répression et de passer outre les blocages opportunistes en proposant le changement de société, peut-être en parlant du grand absent de cette base commune, le socialisme avec son parti révolutionnaire
ça peut toujours servir
illustration : Frossard et Marcel Cachin
nous avons le choix
encore faudrait-il savoir de qui il sagit. 1-La base commune ou le statu quo Pourtant, il y a déjà une contradiction entre cette peur de changer et limpossibilité de continuer comme avant qui sourd dans la population française. De celle-ci, on préfère entendre la peur du changement plutôt que laspiration à changer. Cela se traduit chez les éléments les plus avancés, si je fais référence à mes informations sur létat du parti, à un divorce croissant entre la prise de conscience de la base et le ronron des sommets, en tous les cas un besoin de réflexion et daction avec les moyens de mettre en uvre, ce qui nexiste pas dans cette base commune. Ce qui caractérise dailleurs toute la vie politique de notre pays dans laquelle un personnel politique qui est littéralement intoxiqué par lusage excessif des plateaux de télévision et leur ambiance hors sol, et qui finit par croire que cest là réellement la préoccupation des Français. Leur horizon, celui de cette base commune et de la forfaiture du vote ce texte qui range la France derrière lOTAN, cest celui des élections législatives anticipées auxquelles songe Macron et qui les obsède. Cest lhorizon temporel de cette base commune. Les dirigeants communistes qui ont rédigé ce texte ne sont pas pire que les autres partis, ils sont comme eux incapables de voir le basculement historique dans lequel nous sommes, incapables de concevoir un parti qui ne soit pas autre chose que des groupes de distributeurs de tracts pour élections. Leur horizon cest une union de la gauche qui leur permettra la conquête des postes et une participation gouvernementale où ils auront un ministère qui leur permettra dappliquer les thèses du secteur économique sur lemploi : la formation etc
La base commune telle quelle est est un anesthésiant à toute ambition davoir un parti qui se batte pour un changement de societe. Bizarrement on retrouve la sortie de lOTAN dans le texte, comme une sorte de concession à la sensibilité majoritaire du parti mais on sent que cette question na pas entrainé la moindre discussion sur le vote des députés. Pourquoi cette affirmation de principe sans remise au moins en discussion du vote des députés? Sans doute parce que le secrétaire national a la double casquette. Et malheureusement un manque de travail sur les questions internationales qui lui fait croire que le peuple français est complètement rangé derrière lUkraine, ce qui est pour le moins partiel. En fait le fond reste lunion de la gauche à lassemblée et dans les médias, cest cela qui est le vecteur principal de tous les opportunismes, mais le parti restant opposé à cette dérive, on joue les funambules et on évite ce qui fâcherait. Tout le monde se moque du débat idéologique, la seule chose qui compte cest outre les futures élections, les rapports de force en interne, à savoir à la fin du jeu qui occupera quoi à la fin du Congrès, conserver ses baronnies, faire élire un maximum des siens au futur conseil national, voilà pour le Parti. Nous en sommes exactement à ce qui caractérise les motions au PS, dont tout le monde se désintéresse du contenu mais se demande combien des siens on réussira à faire rentrer dans les instances nationales, avec partage des moyens matériels. La tournée en France du secrétaire national se préoccupe de moins en moins dailleurs du parti et ressemble de plus en plus à celle de Macron dans les territoires, cest le choix électoral qui détermine le but que lon donne à lactivité. Bref les absents de cette base commune sont le socialisme et le parti en revanche tout pour les futures législatives et même la présidentielle sur les plateaux de télévision. Face à ces ornières qui sont celles dans lesquelles le parti communiste sembourbe depuis plus de vingt ans et qui en font un parti comme les autres, il nen reste pas moins quil nest toujours pas un parti comme les autres. Lenjeu est de savoir ce que fera un parti qui a recommencé à espérer ? Se contentera-t-il de cette lutte des places avec le soin palliatif dune distinction identitaire reposant sur lexaspération de lantagonisme avec Mélenchon et les siens pour éviter le piège de la Nupes où la FI serait aussi hégémonique que les USA dans lOTAN ? Parce que cette base commune permet à peu près nimporte quoi et en particulier le partage de ce quil reste des dépouilles du PCF et des conquêtes espérées en matière de postes ministériels. Cest exactement ça lopportunisme
que lon veut confondre avec le réalisme en se moulant dans les institutions existantes
Pourquoi parler dhistoire, dabord parce que ce qui est frappant cest quun parti qui sest voulu marxiste a rarement manifesté aussi peu dintérêt pour la période historique dans lequel il est sensé sinscrire : en matière idéologique nous sommes en état de coma dépassé, et il sagit surtout de ne mécontenter personne, lopportunisme à la doxa médiatique se substituant à lécoute des masses tel que pourrait le faire un parti qui aurait ses racines dans notre peuple, dans lentreprise, on lui substitue léquivalent des préaux radicaux. Parce que lhistoire nous aide à voir une issue en comprenant que nous nen sommes pas du tout là où lopportunisme sobstine à croire que lon est : Il est clair que ce texte ne convient pas du tout à la situation dans laquelle se trouve le monde et notre pays mais il permet une intervention des militants qui auraient une telle préoccupation. Encore faudrait-il quils se regroupent et fasse le travail qui manque ici. Le travail nest pas seulement de réécrire un texte dont visiblement tout le monde se moque, le partage à tous les niveaux des postes étant le vrai enjeu. Il sagit de recréer un parti qui soit combatif et conscient de la situation qui nous attend, au sein même de cette absence dambition et de cette courte vue au-delà de lego de ses inspirateurs. Cela peut toujours servir et pas seulement dans la préparation dun congrès, avoir un tel parti peut savérer utile pour un avenir dont on peut craindre quil ne se borne pas à satisfaire le narcissisme des politiciens et de nos éditoriaux des médias. Cest là que les leçons de lhistoire peuvent servir. Non pas parce que lhistoire se répète à lidentique mais parce que les analogies nous aident à saisir quelques lignes forces enfouies sous lincapacité à penser le présent et lavenir, ce qui est le propre des sociétés en déclin enfermées dans des querelles byzantines. Le propre des décadences, ce qui caractérise le capitalisme et lépuisement de son modèle démocratique. Cela paradoxalement me conforte dans lidée que sil y a encore quelque chose à faire cest bien au sein de ce qui est notre identité, lhistoire de la France, celle du mouvement communiste et donc à lintérieur de ce malheureux PCF quil faut construire. Parce que cest dans ce gisement-là quil y a encore à puiser, ce parti porte comme notre pays inscrit en lui des strates dexpériences, une archéologie mémorielle qui le font avoir des choix fondamentaux, comme le nucléaire mais aussi la bataille pour léducation, des emplois avec de bons salaires, la lutte contre la vie chère, un refus de limpérialisme et ses guerres, donc de lOTAN qui de temps en temps sont des rochers sur lesquelles viennent sarcbouter les refus militants comme ceux du peuple français, le refus de changer de nom en témoigne
Donc il faut partir de là et recréer un collectif. 2- IL Y A CENT ANS, COMMENT LE PCF TENTAIT DE SORTIR DE LOPPORTUNISME Les mémoires de Jacques Duclos sont une mine historique et jen relis souvent des chapitres. Celui consacré au combat contre loccupation de la Rhur qui se passe en 1922-23 par bien des points nous fait songer à la situation présente et le jeune Jacques Duclos, qui sort de lhorreur des tranchées comme bien de ses camarades, est dans un état de colère compréhensible. Le nouveau parti qui nait à Tours est dans une situation confuse, il combine chez ses militants cette colère, une passion internationaliste qui combine adhésion à lURSS et espérance de paix, colère contre ceux qui ont accepté lunion sacrée et la boucherie, volonté de classe. Il faut rompre avec la social démocratie, le parti socialiste qui a accepté cette guerre, qui a trahi la classe ouvrière, ce qui a fait naitre le parti à Tours avec à la tête de ce parti des planches pourries comme Frossard. Personne na la moindre idée de ce que serait un parti révolutionnaire, et suivant les sections on est pour linternationalisme ou pour les postes délus et les petits arrangements, lart de ne mécontenter personne. Sur la question de la paix, on assiste à lintérieur de ce parti à une division cohabitation de fait. En 1920, il y avait eu de grandes grèves en particulier celle des cheminots. Le gouvernement avait frappé durement les grévistes, mais comme le dit Duclos les grandes grèves de 1920 eurent pourtant une influence positive. Elles éclairèrent des dizaines de milliers de travailleurs nouveaux sur la nécessité den finir avec le réformisme. Elles contribuèrent à de nouveaux progrès du courant favorable à la Troisième internationale (p.181 volume 1) Et le jeune Duclos salue avec espoir le voyage à Moscou de Marcel Cachin et L.O Frossard. Cest sous ce voyage que nous plaçons notre article daujourdhui, pour comprendre ce quest un parti qui a à sa tête Frossard et Cachin, ce dernier manque un peu à notre actualité. Nous sommes loin aussi de lidée dun tel voyage à Moscou, ce nest vraiment pas à lordre du jour
Cest vrai et pourtant toute proportion gardée les ambiguïtés de la délégation du PCF à la Havane, la signature du texte et son désaveu par censure seront probablement lobjet danalyse des historiens du futur. Parce quil y a ce monde multipolaire en train de naitre, et la manière dont il est travaillé politiquement par les non alignés et lexistence de grand partis communistes comme le chinois et le cubain, le pays où est né le bolchevisme a connu une contrerévolution, mais na pas plus oublié sa révolution que nous navons oublié la révolution française. Il faut repenser tout cela sans reproduire à lidentique
Le IIe Congrès de linternationale auquel se rendent les Français du parti communiste naissant à Tours est marqué par un discours de Lénine contre lopportunisme: lopportunisme est notre ennemi principal. Lopportunisme dans les milieux dirigeants de la classe ouvrière, cest la social démocratie non prolétarienne, le socialisme bourgeois, il est pratiquement démontré que les militants ouvriers appartenant aux tendances opportunistes défendent mieux la bourgeoisie que les bourgeois eux-mêmes (p.180) Il est clair que Marcel Cachin et L.O Frossard sortirent de ce Congrès avec une vision tout à fait différente des orientations du jeune parti communiste qui nait à Tours même si les deux choisissent la rupture avec le parti socialiste et sa trahison. Quel parti pour quel but ? Les belles âmes et les petits arrangements Létat réel du PCF reflète dailleurs la confusion générale. Duclos décrit un parti où il y a beaucoup de beaux parleurs qui embobinent les autres et qui nont visiblement rien à y faire. Beaucoup déléments dit-il, singéniaient à perpétuer dans le parti les habitudes et le type de travail de lancien parti socialiste, dans le même temps la CGT réformiste excluait à tours de bras les sections qui nétaient pas daccord avec son réformisme et se tournaient vers lInternationale. A la vérité, le nouveau parti conservait beaucoup de traits et de vieilles habitudes de lancien. Les réunions de section avec 200 ou 300 participants donnaient limpression dune sorte de parlement où lon discutait beaucoup, après quoi il ny avait plus personne pour appliquer les décisions prises (p.197) On sy croirait à la seule différence près que les sections actuelles du PCF daujourdhui nont même plus la taille des cellules de jadis, et que si les discussions débouchent également sur labsence de mise en uvre, on chercherait en vain la passion et leffervescence. Cette base commune en est la vivante preuve, le terme vivant nest pas dailleurs réellement approprié
Mais accélérons, en fait déjà à cette époque il y a des différences entre sections. Si les réformistes se soucient comme dune guigne des travaux de lInternationale et du IIIe Congrès (juin 1921) qui, entre autres, lutte contre lopportunisme et linefficacité par la modification des structures du parti avec le souci prioritaire de la cellule dentreprise, il y a un certain nombre de jeunes gens en colère et militants aguerris qui se réorganisent. Notons quà cette époque-là déjà, les pires réformistes du PCF invitent à la fois à un retour à la IIe internationale socialiste et à une refonte avec le parti socialiste et dans le même temps dénoncent la NEP comme ayant abandonné lidéal communiste. On sy croirait. En avril 1922, lURSS fait un retour fracassant sur la scène diplomatique internationale avec la conférence de Gènes. La délégation soviétique conduite par Tchitchérine avait reçu mandat de défendre la coexistence pacifique et de chercher des accords séparés avec les capitalistes occidentaux. Elle commence par signer à Rapallo un traité de renoncement aux dommages de guerre avec lAllemagne. Ce qui va être utilisé pour dénoncer la collusion anti-patriotique supposée entre les communistes et lennemi boche. Les éléments droitiers à la Frossard et les gauchistes à la Souvarine sallient pour une surenchère de chauvinisme et de communisme intégral. Il faut voir que le gouvernement de Poincaré devenu président du Conseil savère au plan international le défenseur dune politique qui vise à faire payer le boche alors que dautres comme lAngleterre veulent lâcher du lest. Cette dispute au sein de lentente pas très cordiale européenne donnait lieu en France à une propagande anti-boche aux accents mâles auxquels il était difficile déchapper comme il est difficile déchapper au soutien inconditionnel à Zelensky notre héros otanesque. Et le gouvernement français décida doccuper la Ruhr le 11 janvier 1923, comme il pourrait décider de faire entrer nos troupes stationnées en Roumanie actuellement dans la joyeuse mêlée ukrainienne derrière ou devant les troupes de lOTAN, cest là le sens de ce que les députés ont voté au parlement y compris les députés communistes en décembre 2022. Relisez cette déclaration et voyez ce quelle autorise. Si lon regarde la situation du parti en janvier 1922, la confusion y était assez comparable à celle qui règne aujourdhui enfin au sommet. Frossard aurait voté sans état dâme cette résolution. Pendant ce temps-là Marcel Cachin sétait rendu en Allemagne pour y rencontrer Clara Zetkine qui dirigeait la délégation des communistes allemands et un manifeste rédigé ensemble par eux appela les travailleurs français et allemands à sopposer au traité de Versailles, à lidée même que lAllemagne pourrait payer, à lentrée dans la Rhur. Ils dénoncent ce que cela peut provoquer desprit de revanche, cest en effet la dépréciation du Mark, qui en une journée passe de lachat dun appartement à celui dune miche de pain. Après que les socialistes se soient de fait associés à la répression des spartakistes, à lassassinat de Rosa Luxembourg par les corps francs, cest la porte ouverte aux séditions et voyous de lextrême-droite. De lopportunité ou de lopportunisme des ruptures Les réactions des uns et des autres étaient si prévisibles que Poincaré avait fait arrêter Monmousseau qui se battait contre la direction liquidatrice de la CGT et que dans la foulée il avait fait lever limmunité parlementaire de Marcel Cachin qui fut arrêté peu après, on note aussi larrestation de Gabriel Péri pour la jeunesse communiste et du gérant de lhumanité Vandeputte. Ils ne furent pas les seuls, et tous furent enfermés à la prison de la santé et cette incarcération donna lieu à une campagne pour leur libération chez un grand nombre de militants. Duclos note que larrestation de ces camarades mamenait à considérer comme dautant plus méprisable lattitude de L.O Frossard et de ceux qui avaient donné leur démission du parti juste avant le déclenchement des mesures de répression. (p.211) Méprisable certes mais aussi ailleurs. En fait ce qui préoccupe ces gens-là ce sont les élections qui vont avoir lieu en 1924. Entre temps les capitalistes à léchelle européenne sétaient entendus, les capitalistes français avaient rencontré les barons de la Rhur et Poincaré fit une mâle déclaration sur lunité des alliés : Je ne veux pas après une victoire de la solidarité incarner une guerre de la solitude. On croirait du Macron après sa rencontre avec Biden. Et il dut prendre des mesures damnistie en faveur des communistes et syndicalistes incarcérés. Toutes ces grandes manuvres et ces appels au chauvinisme français, à la solidarité des alliés permettent de trouver le moment opportun pour choisir des carrières, la démission de Frossard en pleine incarcération des camarades internationalistes est préparée depuis pas mal de temps. Les manuvres tactiques se déroulent sur fond de choix à la fois à courte vue, cest ce qui caractérise lopportunisme, avec au centre la défense dintérêts personnels et lincapacité à voir ce qui est en train de naitre puisque cest aussi à ce moment-là quHitler tente se premiers coups de main. Mais il faudra encore du temps pour que le parti communiste rentre dans sa propre histoire avec Maurice Thorez
il oscillera entre gauchisme groupusculaire et opportunisme, les deux faces dune même réalité jusquà ce que la France dans sa masse exprime la nécessité dune autre politique
Ce que lhistoire nous permet de voir cest quil y a une dialectique entre le niveau des masses qui font lhistoire et leurs dirigeants et nous sommes entrés dans un processus. Lhistoire nous apprend beaucoup de choses, elle ne se reproduit jamais de la même manière, elle est à la fois dans son mouvement le produit de la lutte des classes mais aussi la synthèse de déterminations complexes que lon ne saurait réduire à la psychologie des dirigeants, quil sagisse de ceux de notre pays ou celui du mouvement ouvrier. Dans un tel contexte aucun combat nest inutile, tous ont des conséquences et les acteurs réels de la transformation sociale ne sont pas ceux que lon imagine dans une vision politique qui perd la profondeur historique de ses propres choix. Lopportunisme nest pas seulement la mauvaise volonté ou la trahison de ceux qui le pratiquent, bien que cela sen rapproche dans la mesure où cet opportunisme défend parfois mieux le capital que les partis dits conservateurs ne le font eux-mêmes, mais également le produit dune situation où lon sacharne à ne pas voir ce qui est en train de changer à une rapidité qui fait que nous sommes déjà ailleurs sans lavoir perçu
Bref, moi si jétais un militant communiste, je mintégrerais pleinement à ce congrès pour faire avancer les consciences quoi que je pense de cette base commune qui ninterdit rien, ne propose pas grand chose mais laisse toute latitude aux militants pour simpliquer individuellement et en groupe
Danielle Bleitrach
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 20-12-2022 à 22:33:44
| | Nous avions trouvé les défauts de la cuirasse Intervention de Benoît Frachon devant le congrès de lInternationale Syndicale Rouge 20 DÉCEMBRE 2020 https://histoireetsociete.com/2022/12/20/nous-avions-trouve-les-defauts-de-la-cuirasse-intervention-de-benoit-frachon-devant-le-congres-de-linternationale-syndicale-rouge/ Merci à Franck Marsal qui nous propose de reprendre pied dans un des grands moments de péril de notre histoire, face à la montée du nazisme, face à la collaboration de classe, il sest trouvé au sein de la CGT et du parti communiste des dirigeants comme Benoît Frachon pour faire face. Frank Marsal dit lactualité de cette intervention qui reprend pied dans la classe ouvrière. Cet exemple historique nous permet de comprendre lampleur et la profondeur des batailles à mener. Il ne sagit pas de bâtir des alliances de façade qui laissent en suspens les enjeux de long terme au profit dune victoire (voire dune défaite amoindrie, comme ce fut le cas lors des précédentes élections législatives). La NUPES était, pour différentes raisons, imposée par les circonstances. Il fallait faire élire des députés pour porter une voix alternative au parlement. Mais limpulsion de cette alliance na en rien la puissance et lenracinement populaire, le caractère de classe de lunion syndicale recherchée par Frachon et les communistes français dans les années 30. La bataille qui est au cur de nos enjeux, ce nest pas lunion pour lunion, cest daller, ainsi que lexplique Benoît Frachon, cest de développer le souci dominant de mieux connaître les pensées intimes des masses, de parler à ces masses un langage quelles comprennent et demployer une tactique qui les aide à faire lexpérience.) (Note de Danielle Bleitrach et Franck Marsal pour histoireetsociete) Cest au lendemain du 7e congrès de lInternationale communiste, tenu du 25 juillet au 20 août 1935, qua été prononcée lallocution de Benoît Frachon dont nous reproduisons ici des extraits. Cette réunion, demeurée clandestine, sest tenue dans le cadre dune conférence de lInternationale syndicale rouge (ISR) organisée du 22 au 25 août 1935, à la veille de la réunification syndicale en France entre la Confédération générale du travail (CGT) et sa concurrente la Confédération générale du travail unitaire (CGTU). Jai découvert ce texte (https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2003-3-page-105.htm#no5) en effectuant des recherches sur le parcours et les discours de Benoît Frachon, et dautres dirigeants communistes de cette époque, comme Ambroise Croizat, Marcel Paul, et tant dautres, dont bien sûr Maurice Thorez. Cette génération fera, par son courage, sa lucidité et son sacrifice (nombre de ces militants et dirigeants feront le sacrifice de leur vie), du Parti Communiste une force décisive pour une période cruciale de lhistoire de France. Elle nous a légué des institutions parmi les plus avancées (la sécurité sociale non pas telle que nous la connaissons aujourdhui, lEdF de Marcel Paul, et tant dautres) et nous apporte une expérience puissance et des leçons actuelles que nous devons prioritairement nous réapproprier Ce cycle politique sest amorcé en 1920 par la création du Parti Communiste, dans limpulsion de la révolution russe qui, se propageant à lEurope, mit fin à la Grande boucherie de 14 18. Rapidement après la création du Parti Communiste Français, la minorité opposée à cette création et à ladhésion à lInternationale Communiste quitte le nouveau parti et se réorganise. Le journal LHumanité (fondé par Jean Jaurès) bascule du côté communiste. La CGT est, depuis 1914 et le ralliement à la guerre, traversée par les mêmes débats que lancien Parti Socialiste. Son secrétaire général, Léon Jouhaux, soutient, du début à la fin, leffort de guerre. Il apporte lappui de la CGT à lorganisation économique de leffort de guerre. Cette politique, identique à celle des dirigeants socialistes français suscite la même opposition. Un courant syndicaliste révolutionnaire émerge dans la CGT dès 1915. Cependant, la majorité de la CGT de lépoque, demeurera, elle, dans le camp que lon appellera réformiste (cest à dire favorable à des réformes dans le cadre légal des institutions par opposition au camp révolutionnaire favorable au renversement des institutions elle-mêmes). Une centrale syndicale révolutionnaire, la CGTU se crée en 1921, notamment à partir des fédérations des Métaux et des Cheminots. Elle se rapproche rapidement du Parti Communiste Français, dont des militants et cadres en constitueront principalement la cheville ouvrière et la direction. Benoît Frachon est né en 1893 dans une famille de mineurs, du bassin houiller de la Loire. Entré jeune dans la vie active, il devient tourneur métallurgiste et adhère à la CGT en 1909. Adhérant dès sa fondation au Parti Communiste Français, il y prendra rapidement des responsabilités. Dirigeant de la grande grève des métallurgistes de Saint-Etienne en 1924, il devient secrétaire de lUD de la Loire de la CGTU et prend concomitamment des responsabilités importantes dans cette organisation et devient en 1933 secrétaire général de la CGTU. A la suite du Pacte Germano-Soviétique, lunité syndicale est rompue et Benoît Frachon est déchu de ses mandats syndicaux. Il dirigera la première publication clandestine de lHumanité le 26 octobre 1940. Dirigeant de premier plan du PCF dans la clandestinité et la résistance, il prépare la renaissance du syndicalisme français sous la forme dune grande CGT réunifiée qui comptera en 1945 plus de six millions de membres. Alors que Léon Jouhaux organisera une nouvelle scission en 1948, pour créer avec les fonds des services secrets américains la CGT FO. Benoît Frachon, qui connaîtra à nouveau la répression policière et sera incarcéré en 1953 (à la suite des grèves de lété 53), restera le secrétaire de la CGT (majoritaire) jusque dans les années 60. Que retenir de ce texte de 1935 ? Tout au long de ce long cycle historique, Jouhaux et le réformisme quil porte demeureront constants et resteront eux-mêmes : Vous savez camarades notre opinion à légard des dirigeants confédérés : elle na pas varié. Nous les voyons, même dans la période actuelle, sefforcer de freiner le mouvement de masse. Même quand ils agissent différemment que dans les périodes précédentes, nous savons nous, communistes, que cest le résultat du mouvement de masse. De son côté, Frachon restera Frachon. La politique de lunité (et ceci est valable pour le plan syndical comme pour le plan politique) ne se fonde pas sur le fait que les gens auraient changé, que les divergences fondamentales seraient aplanies
Lunité seule, au moment du Front Populaire et malgré la grève puissante de juin 1936 ne résout pas non plus les questions cruciales auxquelles la France et le monde font alors face. La lutte se déroule et se poursuit sur un long cycle historique de lutte des classes. Même la victoire de 1945 et les avancées de la période 1944 1946 ne seront quune étape dune lutte des classes qui se poursuivra et se poursuit encore. Lanalyse que fait Frachon de la situation du mouvement syndical et de la stratégie de développement des idées et de linfluence communistes parmi les travailleurs est donc remarquable : Nous allons à cette CGT unifiée avec le sentiment quau début nous serons en minorité, et avec cet autre sentiment que nous serons en masse. Nous ne brûlerons pas les étapes, nous travaillerons pour la direction de cette CGT, pour la direction communiste de cette CGT sans le dire mais ce travail peut être long. Combien ? Cela dépend un peu des événements et puis de nous. Deux ans, quatre ans, cinq ans peut-être, camarades nous travaillons avec une telle perspective. Peut-être cinq ans. Nous aurons cette patience. Le point dappui constant de Benoît Frachon et des communistes dans leur stratégie (et là encore cela vaut dans toutes les dimensions de notre travail politique), cest daller vers les masses de travailleurs, de leur parler simplement et directement, en prenant en compte leur situation réelle, leurs opinions, pour produire un discours qui fasse sens pour eux et permettent de les amener à considérer les choses avec plus dacuité : Lélément essentiel de cette politique nouvelle a été chez nous le souci dominant de mieux connaître les pensées intimes des masses et en particulier des masses déjà organisées dans les syndicats réformistes, de parler à ces masses un langage quelles comprennent et demployer une tactique qui les aide à faire lexpérience de la nocivité du réformisme et de son rôle scissionniste dans le mouvement ouvrier. Bien entendu, une telle politique suppose une stratégie consciente et appliquée avec rigueur. Lunité ainsi travaillée et développée nest pas un mélange informe dans lequel tout se confond avec tout, ni dans lequel le court terme efface les enjeux de long terme. Fort de cette vision de long terme et de cette orientation vers les larges masses de travailleurs, la CGTU a pu développer lunification par la mobilisation de la base des travailleurs syndiquées, en même temps quelle menait des discussions approfondies avec la direction : Nous avons vu dans le pays se modifier les rapports entre ouvriers révolutionnaires et ouvriers confédérés dans la grande bataille contre les décrets-lois, où il ny a pas eu un seul centre du pays et une seule ville où des manifestations communes naient été organisées, non seulement entre les dirigeants de syndicats de base, mais entre les dirigeants dunion confédérés et dunion unitaire. Cela nous a permis de réaliser avant lunification nationale déjà les premières bases dunification. Vous savez en France, nous avons maintenant plus de 600 syndicats unifiés, de nombreuses sections syndicales unifiées : cela représente environ 120 000 syndiqués, confédérés et unitaires qui sont effectivement unifiés malgré que la direction confédérée ait mené une campagne acharnée contre ces syndicats unifiés. Elle a essayé dutiliser largument, qui avait si bien réussi contre lOSR : que les syndicats unifiés cétait la dislocation du mouvement, que nous voulions détruire les syndicats confédérés. Si nous avons obtenu ce résultat intéressant, cest que les ouvriers confédérés ne les ont pas écoutés, quils ont compris que nous, unitaires, nous ne venions pas pour détruire leur syndicat, mais au contraire pour les renforcer. Cet exemple historique nous permet de comprendre lampleur et la profondeur des batailles à mener. Il ne sagit pas de bâtir des alliances de façade qui laissent en suspens les enjeux de long terme au profit dune victoire (voire dune défaite amoindrie, comme ce fut le cas lors des précédentes élections législatives). La NUPES était, pour différentes raisons, imposée par les circonstances. Il fallait faire élire des députés pour porter une voix alternative au parlement. Mais limpulsion de cette alliance na en rien la puissance et lenracinement populaire, le caractère de classe de lunion syndicale recherchée par Frachon et les communistes français dans les années 30. La bataille qui est au cur de nos enjeux, ce nest pas lunion pour lunion, cest daller, ainsi que lexplique Benoît Frachon, cest de développer le souci dominant de mieux connaître les pensées intimes des masses, de parler à ces masses un langage quelles comprennent et demployer une tactique qui les aide à faire lexpérience. Simplement, la situation nest plus dune classe ouvrière organisée en deux courants opposés. La situation dominante est celle de la confusion, de la non-organisation, de la dispersion à tous les niveaux du mouvement ouvrier. Chaque fait divers, chaque circonstance est exploitée pour opposer les uns aux autres et masquer lexploitation et loppression de classe. La conquête ne se fera donc pas en reproduisant les formes du passé, mais par un travail profond danalyse, de compréhension et de action au sein des masses populaires. Benoît Frachon nous livre ici le point de vue du travail syndical, mais laction autonome du parti communiste, et de ses cellules dentreprises, auprès des travailleurs joue un énorme rôle dans ce travail de conviction, de mobilisation et de conscientisation. Nous ne pouvons pas sauter le travail de fond, dimplantation au sein des collectifs de travail et nous contenter dune unité de façade comme palliatif. Intervention de Benoît Frachon : Camarades, le congrès de lInternationale communiste nous a fixé des tâches qui nous font une obligation de travailler à lunité syndicale dans nos pays et à léchelle internationale. Léchange de nos expériences est incontestablement dune grande utilité, mais nous pensons quil faudra faire mieux, quil faudra utiliser ces expériences nationales et internationales pour faire de lobjectif que nous a tracé le congrès de lIC, cest-à-dire de lunité syndicale, une réalité. Pendant treize ans nous avons, en France, combattu le réformisme et affirmé la nécessité de lunité sans que les résultats soient satisfaisants. Aujourdhui, cependant, tout le monde parle de lunité comme dune perspective très prochaine. Cette idée de lunité syndicale prochaine est dans les esprits de millions douvriers français, et les dirigeants réformistes dans leurs discours officiels sont eux-mêmes contraints dexaminer une telle éventualité. Cest au dernier congrès du syndicat national des instituteurs que Jouhaux lui-même, dans son discours, déclarait : Lunité syndicale sera une réalité en 1936. Quelles sont les raisons de ces modifications ? Il y en a évidemment plusieurs. Dabord la situation politique dans notre pays, le développement de la crise et du mécontentement des masses, la conviction chez les ouvriers de la nécessité de sunir pour riposter à lattaque de la bourgeoisie et aussi les derniers événements de lannée dernière, la menace plus directe du fascisme et là encore à la conviction de la classe ouvrière que la lutte contre le fascisme devait être une lutte de front uni. Mais tous ces éléments objectifs auraient été insuffisants. Nous pouvons avoir de tels événements qui portent les masses à lunité syndicale et ne pas utiliser un tel sentiment, ne pas avoir agir de façon à ce que ce mouvement unitaire se développe et devienne une réalité. La politique nouvelle que nous pratiquons, en particulier depuis plus dune année, a puissamment contribué au développement de ce courant unitaire et aboutit déjà à des réalisations partielles dunité. En quoi consiste cette politique ? Lélément essentiel de cette politique nouvelle a été chez nous le souci dominant de mieux connaître les pensées intimes des masses et en particulier des masses déjà organisées dans les syndicats réformistes, de parler à ces masses un langage quelles comprennent et demployer une tactique qui les aide à faire lexpérience de la nocivité du réformisme et de son rôle scissionniste dans le mouvement ouvrier. Quavons-nous fait pendant 13 années ? Nous avons parlé un peu pour nous-mêmes et agi comme si tous les ouvriers avaient les mêmes convictions que nous. Nous avons critiqué le réformisme comme si tous les ouvriers avaient vu clairement ce que nous-mêmes nous avions déjà vu. En sommes nous pensions, bien à tort que les masses ouvrières pouvaient se passer de leur propre expérience et que la nôtre leur suffisait. Cependant, camarades, sil y a des travailleurs qui suivent encore les dirigeants réformistes et ils sont nombreux cest que ces ouvriers sont convaincus que là est leur intérêt, et nous devons établir une différence entre ces ouvriers qui croient que leurs intérêts est avec leur dirigeants réformistes et nous, militants révolutionnaires qui avons déjà connu par notre propre expérience et par létude approfondie que nous en avons faite, ce quest le réformisme. Pendant 13 années nous avons agi de même à légard de lopposition dans les syndicats réformistes et nous navons jamais réussi pendant ces 13 années quà créer parfois une opposition étroite composée uniquement des ouvriers les plus avertis, les plus convaincus, opposition qui était immédiatement coupée de la grande masse des syndiqués de sa grande organisation, et que les dirigeants réformistes avaient ainsi de grandes facilités à liquider. Je crois que cest là une des explications pour lesquelles nous avons parlé pendant des années sur la nécessité de constituer lopposition dans les syndicats sans que nous ayons obtenu des résultats sérieux. Nos efforts dun an ont fait plus que nous navons fait pendant ces 13 années pour développer lopposition dans les syndicats réformistes. Et cependant nous navons plus parlé de lopposition dans les syndicats réformistes. Pourquoi navons plus parlé de lopposition dans les syndicats réformistes ? Pourquoi ne parlons-nous même plus de la gauche dans les syndicats réformistes ? Parce que là encore, dans le développement de notre travail, nous avons analysé les pensées qui traversaient lesprit des syndiqués réformistes, nous avons constaté combien les manuvres des dirigeants confédérés agissaient dans lesprit des ouvriers, comment, lorsque les dirigeants confédérés expliquaient que les communistes, que les syndiqués unitaires voulaient développer la gauche dans les syndicats pour les détruire, pour les disloquer, nous avons assisté dans presque tous les cas à des réactions très vigoureuses de la part douvriers encore peu éduqués politiquement mais qui veulent quand même se défendre contre le capitalisme ; ils défendaient contre nous leur organisation. Nous nous sommes efforcés pendant cette année, sans parler ni de lorganisation de lopposition, ni de la gauche dans les syndicats réformistes, nous nous sommes efforcés de développer cette opposition et cette gauche et maintenant nous avons dans des centaines de syndicats confédérés, parmi des centaines de milliers douvriers réformistes une véritable opposition qui se manifeste dans la critique de lattitude des dirigeants confédérés sur des problèmes quotidiens et nous avons, maintenant, en particulier au cours de ces dernières semaines, avec la lutte contre les décrets-lois, alors que les dirigeants de la CGT font des efforts surhumains pour freiner le mouvement des masses, nous avons ce spectacle réjouissant pour nous de lopposition de la presque unanimité des syndicats et des syndiqués confédérés qui se traduit par des actions dans tout notre pays, et des actions en front uni avec nos camarades. Nous pensons que ce résultat a été obtenu encore parce que nous avons appliqué une politique nouvelle. Nous ne sommes pas parvenus pendant 13 années à faire de nos syndicats rouges de larges organisations de masse. Sans doute il y a là les défauts de notre travail, défauts sur lesquels je ne veux pas insister aujourdhui, que nous avons eu loccasion dans maintes assemblées comme celle-ci de marquer, de souligner. Cependant, il ne faut pas penser que le travail syndical, que la transformation de la CGTU, dune organisation de 260 000 membres en une organisation de millions dhommes na pas été le souci de notre parti. Elle a fait lobjet, cette question, de nombreux examens. Le parti a donné des forces au mouvement syndical et cependant, pendant ces 13 années, nous ne sommes pas parvenus, non seulement à faire de nos syndicats rouges une organisation de millions, nous navons pas pu les modifier, dans un sens favorable, dune façon satisfaisante. Là aussi, nous avons examiné ce problème et avons voulu sortir des clichés. Nous avons voulu voir sil ny a pas autre chose que les défauts de notre travail et cet examen nous a mené à la conviction profonde que lexistence prolongée de plusieurs centrales syndicales était un non sens et que tous nos efforts devaient être faits pour faire disparaître ce non sens. Nous sommes parvenus à cette conviction et lexpérience nous a montré que lexistence prolongée de deux centrales aboutissait infailliblement à donner à ces centrales un caractère de tendance très net, un peu étroit, sectaire et par exemple en France, notre CGTU apparaissait à des millions douvriers comme une filiale du parti communiste. Cette conviction acquise, nous avons engagé une campagne pour réaliser lunité syndicale comme une condition du développement du mouvement révolutionnaire de notre pays. Et cette campagne, nous lavons menée avec constance et vigueur parce que déjà nous étions convaincus de sa nécessité. Quel était avant, notre attitude à légard des dirigeants confédérés, et pendant cette période dune année, comment avons-nous agi ? Vous savez camarades notre opinion à légard des dirigeants confédérés : elle na pas varié. Nous les voyons, même dans la période actuelle, sefforcer de freiner le mouvement de masse. Même quand ils agissent différemment que dans les périodes précédentes, nous savons nous, communistes, que cest le résultat du mouvement de masse. Mais, autoamorçage, ce que nous pensions des dirigeants confédérés nous lécrivions, nous en parlions avec un peu de brutalité, et nous heurtions le sentiment de centaines de milliers douvriers confédérés, dont cétaient encore les dirigeants et en qui ils avaient leur confiance. Nous avons jugé plus opportun de montrer pas à pas, de faire comprendre petit à petit, par des exemples, par leur expérience à ces ouvriers réformistes que ce nous pensions des dirigeants confédérés était juste. Nous, ne lavons pas dit, nous navons pas rejeté des choses dont nous étions convaincus, parce que nous avons jugé inutile de parler pour nous-même, mais toute notre activité, toutes les propositions que nous avons adressées aux dirigeants confédérés avaient des objectifs ; faire comprendre aux ouvriers confédérés ce que sont vraiment leurs dirigeants et les amener à une politique plus proche de la nôtre. Je dis mon opinion ici sur les dirigeants confédérés, camarades, ouvertement. Je dis quils servent la bourgeoisie, parce que cest une conférence fermée, je ne le dirais pas dans une conférence ouverte et si le sténogramme devait être publié, soyez assurés quil serait expurgé minutieusement de cette partie. Nous avons aussi pensé quil était nécessaire dutiliser les différenciations qui sexprimaient chez les dirigeants réformistes. Depuis plusieurs mois, parmi les cercles dirigeants de la direction centrale de la CGT, il y a maintenant des disputes sans fin, il y a des opinions divergentes et nous, militants des syndicats révolutionnaires, nous ne voulons pas ignorer quil y a ces divergences, nous ne voulons pas identifier tous les dirigeants réformistes de la même façon, mais nous pensons quil est utile pour le mouvement ouvrier, pour lunité syndicale, dutiliser ces divergences pour faire avancer le mouvement. Nous nous sommes adressés, pendant un an, à la direction de la CGT dune façon correcte ; nous avons éliminé de notre langage et de nos écrits tout ce qui est épithète et ne prouve rien. Nous nous sommes efforcés de remplacer les qualificatifs et les épithètes par des explications qui nétaient pas destinées à la masse des ouvriers réformistes. Nous nous sommes adressés à eux en proposant des choses qui correspondaient aux intérêts, aux désirs des masses, et en particulier des masses confédérées. Évidemment, nous avons essuyé beaucoup de refus. Quand nous avons envoyé nos premières lettres aux dirigeants de la CGT, on nous a répondu par un refus un peu hautain. Le mouvement dopposition dans la CGT nétait pas tel quil obligea les dirigeants confédérés à modifier déjà un peu leur tactique. On ignorait que nous, nous avions analysé les faits, comme je viens de vous lindiquer, on se fiait encore à notre tactique du passé, on pensait quà une telle réponse négative nous allions répondre épithète et des qualificatifs. Que nous allions nous contenter denregistrer que les dirigeants de la CGT servaient une fois de plus le capitalisme. On sest trompé. Nous avons écrit de nouveau. Nous navons pas laissé une seule réponse des dirigeants de la CGT sans léplucher phrase par phrase, mot par mot, pour trouver le point faible dans cette réponse et ça a été pour nous, une satisfaction permanente, cest que dans chaque réponse, nous avions trouvé les défauts de la cuirasse qui nous permettaient de poser le problème avec des éléments nouveaux. Nous avons renouvelé ainsi nos propositions à chaque occasion, chaque événement politique, chaque lutte économique des propositions ont été faites ayant pour objectif non seulement du travail pratique pour lorganisation du front unique, mais de propositions publiques à la direction de la CGT. Nous avons fait une petite brochure de documents échangés entre la CGT et la CGTU, depuis une année, des documents et lettres. Cette brochure a 100 pages. Camarades, vous pensez bien que si notre travail consistait seulement à léchange de lettres et de documents entre la CGT et la CGTU nous aurions une brochure de dix pages et pas de résultats. Mais quand nous faisons nos lettres, nous avions soin de mettre les éléments qui éveillaient la curiosité des ouvriers confédérés qui nous permettait de discuter avec eux et à chaque envoi de documents cétaient des discussions qui sétablissaient entre ouvriers confédérés et ouvriers unitaires de sorte que le travail dopposition dans la CGT nétait pas un travail mené schématiquement, il ny avait pas une direction qui disait « vous allez faire ça et ça dans un syndicat », mais nous avions un développement dinitiative parmi nos syndiqués à qui nous donnons des arguments et ainsi nous sommes parvenus à nouer des rapports avec des centaines dorganisations confédérées dont les portes nous avaient été fermées jusque là, dans lesquelles on refusait de nous entendre, dans lesquelles la seule présence dun unitaire qualifié de communiste, même sil ne létait pas, était considérée comme une menace et un défi. Nous avons vu dans le pays se modifier les rapports entre ouvriers révolutionnaires et ouvriers confédérés dans la grande bataille contre les décrets-lois, où il ny a pas eu un seul centre du pays et une seule ville où des manifestations communes naient été organisées, non seulement entre les dirigeants de syndicats de base, mais entre les dirigeants dunion confédérés et dunion unitaire. Cela nous a permis de réaliser avant lunification nationale déjà les premières bases dunification. Vous savez en France, nous avons maintenant plus de 600 syndicats unifiés, de nombreuses sections syndicales unifiées : cela représente environ 120 000 syndiqués, confédérés et unitaires qui sont effectivement unifiés malgré que la direction confédérée ait mené une campagne acharnée contre ces syndicats unifiés. Elle a essayé dutiliser largument, qui avait si bien réussi contre lOSR : que les syndicats unifiés cétait la dislocation du mouvement, que nous voulions détruire les syndicats confédérés. Si nous avons obtenu ce résultat intéressant, cest que les ouvriers confédérés ne les ont pas écoutés, quils ont compris que nous, unitaires, nous ne venions pas pour détruire leur syndicat, mais au contraire pour les renforcer. Mais, camarades, ces formes dunification elles ont fait passer bien des nuits blanches aux militants. Elles ont même fait blanchir des cheveux ; elles ont inquiété beaucoup de bons camarades. Pourquoi ? Parce que ces formes dunifications nont pas été déterminées dans les détails dans un bureau de la CGTU. Elles sont venues de la base, des syndiqués eux-mêmes, qui suivaient la politique que nous désirions dans les syndicats, qui avaient compris quil fallait aller plus vite dans la question de lunité. Cest ainsi que se sont formés les syndicats unifiés où chaque adhérent conserve la carte de sa propre organisation centrale. Ce nest pas nous qui avions déterminé cette forme dunification, ce sont les cheminots qui un jour ont dit : il faut faire lunité. Cest eux qui ont trouvé cette forme qui facilitait leur tâche. Mais, quand nous avons reçu une première résolution qui nous faisait cette proposition ça na pas été tout seul chez nous. Il y en avait qui disaient cela nest pas écrit dans nos résolutions et par conséquent cela doit être mauvais. Eh bien, là encore, nous avons tenu compte de la vie et nous avons pensé que les résolutions, si bien soient-elles, nétaient pas capables dentraver le cours de la vie et quune résolution bien faite devait indiquer aux communistes quils devaient examiner chaque phase du travail. Nous avons soutenu et développé linitiative, fait grandir le sentiment de la responsabilité chez tous nos militants et nous avons approuvé chaque forme dunification, nous nous sommes bien gardés même quand ces formes comportaient quelques dangers nous nous sommes bien gardés de les corriger en freinant le mouvement dunité. Sans doute, nous nous sommes efforcés de guider nos militants. Ces idées toutes frustres un peu brutes qui naissent de linitiative des masses cest notre rôle de les polir de les fignoler, mais pas de les repousser parce que nous nen sommes pas les inventeurs. La bataille actuelle contre les décrets-lois montre que ce travail dunification a déjà abouti à de bons résultats. Depuis le 15 juillet le gouvernement interdit les manifestations : jamais il ny en avait autant. Nous avons commencé le recensement des manifestations qui se sont déroulées depuis le 17 juillet, date à laquelle le gouvernement à mis en application les décrets-lois. Cest par centaines de milliers quil faut les chiffrer les manifestations dans toutes les villes grandes et petites y compris Paris. Et cest par centaines et par milliers quil faut compter les manifestations. Actuellement, nous avons des pourparlers avec les dirigeants de la CGT et les pourparlers se continuent pour trouver les points sur lesquels lEntente puisse se réaliser. Ces réunions communes que nous avons avec les dirigeants de la CGT, ce sont de véritables batailles pas physiques, mais des batailles orales qui ont commencé à fleuret moucheté et maintenant on va jusquà frapper les coups de poings sur la table. Interruption de Lozovski : Seulement sur la table ? Frachon : Oui, seulement sur la table. On ne frappe pas sur la figure même si lenvie nous en prenait, nous sommes suffisamment maîtres de nous-mêmes pour ne pas aller jusque là. Mais, camarades, ce travail na pas été tout seul. Nous avons eu des discussions et nous avons fait des concessions et des concessions, qui nous ont coûté. Et parfois avant de les faire, ces concessions, nous avons eu des discussions dans le bureau politique, nous avons parfois passé plusieurs séances au bureau politique à discuter pour savoir si les avantages que lon pouvait tirer compensaient la concession faite. Dans le développement de notre travail nous avons parfois payé cher quelques résultats et parfois même trop cher. Cest le cas pour les cheminots du PLM. Lunification sest faite rapidement, mais nous lavons payée plus cher que nous aurions dû. Mais lexamen des cas où nous avons payé trop cher, quest-ce quil nous montre ? Il nous montre que là où nous avons payé plus cher, cest que nous avions apporté le moins de soins à la direction de lorganisation unitaire, cest là où nous avons laissé des directions qui nétaient pas très révolutionnaires et des difficultés que nous sentions moins parce que nous avions là une organisation un peu partisane, quand nous avons vu ensemble les syndiqués unitaires et confédérés, des dirigeants confédérés qui nétaient pas venus à lunité que contraints par leurs masses, nous avons évité toutes ces difficultés. Mais, camarades, même là où nous avons payé cher, le prix est moins élevé que ce que nous avons retiré [
]. Mais, camarades, la plus grande concession que nous avons dû faire, celle qui nous a coûté le plus, cest labandon des fractions. Pourquoi avons-nous abandonné les fractions ? Il fallait quil y ait des raisons bien sérieuses, bien impérieuses pour amener les communistes à faire cette déclaration dabandon des fractions. Nous avions, nous, écrit, dit que jamais nous nabandonnerions les fractions et nous les avons abandonnées. Parce que pour le communisme il nest pas question damour propre, et quand la vie nous amène à prendre des décisions qui sont contraires parfois à ce que nous avions écrit et dit nous nhésitons pas à le faire. Il y a dans les masses françaises un large préjugé, entretenu, développé par la bourgeoisie et les dirigeants réformistes, contre les fractions du parti communiste dans les syndicats. Il y a aussi chez les ouvriers socialistes ou socialisants qui sont dans les syndicats réformistes et qui en constituent lossature, la lutte pour la prédominance dun parti et lutilisation de ce quon a montré les fractions communistes comme des éléments de division ; quon a réussi à faire croire à des centaines de milliers douvriers que les fractions étaient des éléments de discorde dans les syndicats. Il y a ce préjugé chez beaucoup douvriers puis, il faut bien le dire camarades, il y a aussi des fautes dans lutilisation des fractions. Il y a chez nous une petite histoire qui a trait à un moineau qui picorait du crottin de cheval duquel il extrayait les graines davoine, et après sêtre bien repu, il était tellement heureux quil monte sur un toit et se met à chanter et voilà un chasseur qui passe lentend et labat. La morale de lhistoire cest que lorsquon a mangé du crottin il ne faut pas le chanter sur les toits. Peut-être pourrait-on prendre pour nous la morale de cette histoire. Nous avons souvent plus crié que fait
Lozovski : Il y avait plus de bruit que de fractions ? Frachon : Oui
Et pas seulement chez nous. Nous avons pensé que le parti communiste, quoique ce soit pour lui une grosse question, un gros problème, ne pouvait sarrêter à ces questions. Pendant plusieurs mois, camarades, notre travail dunité syndicale a été entravé par cela. Les dirigeants réformistes avaient trouvé la branche à laquelle se raccrocher et ils utilisaient cela, et ils enfonçaient le coin, et ils tapaient dessus. Et le résultat, camarades, cétait que le travail pour lunité était freiné, était ralenti, quil commençait à y avoir chez un certain nombre douvriers confédérés partisans de lunité une certain désespérance, des désillusions ; et ceux qui maintenant disent : nous verrons lunité, ceux-là commençaient à dire : il ny a rien à faire, il ny aura jamais lunité. Cétait une question grave, un problème sérieux. Nous ne pouvions pas, nous, communistes, dans une telle période laisser sancrer un tel état desprit chez les ouvriers et risquer pour une telle chose de porter atteinte au développement du Front populaire. Nous avons fait cette déclaration, mais, camarades, cela na pas été sans discussion. La discussion, si on devait oui ou non abonner les fractions, vous pensez bien cela na pas été une petite affaire ; il ny avait pas seulement des discussions entre nous mais des discussions avec notre conscience, avec nous-mêmes. Nous avons passé des heures et des nuits sur les textes ; nous avons cherché dans les résolutions des congrès ; nous avons remonté très loin ; nous avons lu les textes de Lénine et de Staline et nous navons jamais trouvé le fait actuel. Nous navons jamais trouvé cela dans les résolutions ni dans les écrits de Lénine et de Staline. Il y en a dautres, il y a les éplucheurs de texte, il y a ceux qui cherchent dans les textes ou les articles la phrase qui permettra de lâcher le coup descopette, vous savez ceux qui attendent au coin du bois le passant avec lescopette. Nous avons dû nous battre avec ceux-là. Parce que nous avons lu dans les résolutions et dans les textes de Lénine et de Staline ce que les éplucheurs de textes nont jamais lu. Nous avons su lire, nous, dans les textes de Lénine et de Staline que le communisme cest la vie et que les textes ne doivent pas lempêcher daller à dans la vie [applaudissement]. Nous navons pas voulu ignorer la vie. Est-ce que le parti y a perdu ? Eh bien, camarades, je vous le dis très tranquillement, jamais le parti communiste navait eu dans les milieux confédérés une telle influence que maintenant. On remercie le parti communiste davoir su enlever le dernier obstacle à lunité, on est content du parti communiste, on est content du front unique et du Front populaire, on le salue davoir enlevé cet obstacle à lunité et le résultat cest que dans le congrès du plus grand syndicat de la CGT qui groupe 80 000 membres, celui des instituteurs, le dirigeant du syndicat a pu parler au congrès de la formule sublime que le parti communiste avait lancé : la paix, le travail et la liberté. Cest la première fois que dans un congrès confédéré on rend hommage, aux acclamations des congressistes, au parti communiste. On reconnaissait en fait, le rôle dirigeant du parti communiste ou il abandonnait les fractions. Où en sont nos discussions ? Nous avons maintenant, après cette déclaration sur les fractions qui nous a permis de faire remonter lintérêt en faveur de lunité, il y a aussi la bataille politique, les décrets-lois, la menace du fascisme qui fait monter le mouvement des masses. Tout cela créé des conditions bien plus favorables à lunité. Aussi les dirigeants confédérés qui avaient rompu les pourparlers, avec succès, avec cette question des fractions, les dirigeants confédérés ont été contraints immédiatement de reprendre les pourparlers ? Bien entendu, ça ne va pas tout seul. On essaye dans les discussions de faire voter des textes, de présenter des résolutions des éléments qui serviraient dattaques contre le parti communiste. Cest bien plus difficile quauparavant. Ils ont dit, pendant des mois : ce sont les fractions qui sont lobstacle, nous navons rien contre le parti communiste, les fractions sont disparues on cherche dautres arguments. Ils sont devant une position bien plus difficile. Nous avons donc beaucoup plus de facilités pour faire monter le mouvement en faveur de lunité syndicale. Et puis nous-mêmes, nous avons appris au contact des dirigeants confédérés, que la direction de la CGT ce nest pas un seul dieu en plusieurs personnes. Nous avons appris quil y avait des différences dans ces conceptions que les événements agissaient différemment sur lun ou lautre, et nous avons appris à utiliser cela. Cest un secrétaire adjoint de la CGT, je dis encore ça parce que cest une réunion fermée, qui, un jour où jétais dans son bureau parce que nous allons dans les bureaux de la CGT, presque comme nous allons dans ceux de la CGTU, nous arrivons, nous frappons à la porte, nous entrons, nous avons telle chose à vous dire, et nous venons vous le dire ce secrétaire adjoint me disait « cest la dispute, maintenant tout le monde sengueule, chacun tiraille de son côté ». Eh bien, nous utilisons cela camarades. Nous écoutons, nous savons lire entre les textes, nous apprenons un petit peu et quand lun deux semble plus près de venir avec nous, celui-là on le loue publiquement, on écrit un article dans lequel on dit : avec lui, on pourra peut-être sentendre. Et ainsi, nous essayons daccentuer les divergences, toujours avec lobjectif de gagner à une politique de classe le plus grand nombre de syndiqués et de militants. Ça donne quelques résultats. Lunité syndicale en France, cest un gros morceau. Et la bourgeoisie de notre pays a plus dun tour dans son sac. Elle sait utiliser le sentiment de masse, elle sait employer les manuvres les plus habiles comme les plus hypocrites et malgré que nous ayons déjà signé un document en commun avec les dirigeants de la CGT, dans lequel il nest pas question de lutte de classe, parce quon nous disait ce nest pas notre affaire, cest le congrès qui décidera, mais dans lequel nous avons introduit une phrase qui explique la lutte de classe et le rôle que les syndicats doivent mener pour la défense des intérêts des ouvriers, malgré cela ça ne va pas tout seul. Maintenant, les dirigeants confédérés essayent de faire lunification de façon, à conserver leur hégémonie sur le mouvement. Ils seraient même heureux dêtre débarrassés sur les problèmes de lunité en nous empêchant de développer notre point de vue, ils sont même prêts à nous donner des places dans la direction, deux secrétaires de la CGT. On nous offre cela et on sarrangerait ensuite. Vous pensez bien que ce nest pas un arrangement en famille que nous voulons, mais nous voulons des places pour notre mouvement et le plus que nous pouvons. Nous avons encore des difficultés. Jouhaux déclare : lunité sera une réalité à la fin de lannée. Il dit cela pour se montrer unitaire, mais il ne fait rien pour cela, au contraire. Mais nous qui avons la conviction bien arrêtée que lunité est indispensable à la montée du mouvement révolutionnaire en France, nous la ferons. Mais peut-être, camarades, et cest même certain, que dans une CGT réunifiée, nous serons en minorité, quant à la direction dune telle CGT : ce sera aussi un problème qui ne se résoudra pas en quelques semaines. Nous allons à cette CGT unifiée avec le sentiment quau début nous serons en minorité, et avec cet autre sentiment que nous serons en masse. Nous ne brûlerons pas les étapes, nous travaillerons pour la direction de cette CGT, pour la direction communiste de cette CGT sans le dire mais ce travail peut être long. Combien ? Cela dépend un peu des événements et puis de nous. Deux ans, quatre ans, cinq ans peut-être, camarades nous travaillons avec une telle perspective. Peut-être cinq ans. Nous aurons cette patience. [
] ».
__________________ Commentaire Xuan : Cette façon daborder le sujet correspond exactement à létat desprit de la classe ouvrière. Quant au débat actuel dans le PCF, je crois que la très grande majorité des camarades souhaitent sincèrement labolition du capitalisme et un monde nouveau, même sils sont abusés par des conceptions réformistes. Par conséquent il est négatif de leur coller des étiquettes, ça ne sert quà diviser et retarder lunité. Mais évidemment celle-ci ne peut se réaliser que sur des positions marxistes-léninistes quil est nécessaire de défendre. Cest bien ce que veut dire B. Frachon à propos de lunité syndicale, il sagit de positions de classe. A noter que ce texte concerne le travail dans une organisation de masse, dirigé par un parti communiste, tandis que la lutte actuelle seffectue à lintérieur du parti communiste lui-même. Il y aurait dailleurs matière à réflexion sur le « parti communiste de masse ». A mon avis cest un oxymore qui na rien à voir avec la dialectique. Parce que cette notion va précisément à lencontre du rôle dirigeant de ce parti dans les différentes organisations de masse, elle nie même lexistence des organisations de masse. Pour diriger, ce parti devrait être lavant-garde du prolétariat, et non une organisation comme les autres.
Edité le 20-12-2022 e 22:35:17 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| |
| | | | | | | | | |
|