| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 13-06-2015 à 12:05:49
| Sur le blog de J. Tourtaux : LE NEO-COLONIALISME INTELLECTUEL DE LA GAUCHE EUROPEENNE Par tourtaux-jacques Le 12/06/2015 Publié le 12 juin 2015 par tsimok'i Gasikara Egalement sur Pambazuka image: Bolivia's first indigenous leader and a champion of the rights of Mother Earth.Le Président bolivien Evo Morales La gauche européenne a toujours eu de grandes difficultés à comprendre le nationalisme et le libéralisme dans des régions comme lAmérique Latine. Elle développe des attitudes encore mues par le paternalisme de leurocentrisme et se tourne vers lAmérique Latine non pour apprendre mais avec une posture de professeurs, comme sils étaient porteurs de lensemble de la connaissance et des expériences victorieuses, à partir desquelles ils donneraient un cours magistral sur nos processus. La gauche européenne a été essentiellement socialiste ou social-démocrate et communiste. Elle avait comme composantes essentielles les syndicats et les partis politiques avec une représentation parlementaire, participant aux des élections, alliés entre eux. Et des groupes plus radicaux, en général trotskistes qui faisaient partie du même scénario politique et idéologique. Une de ses composantes qui allait devenir problématique à savoir le nationalisme, fut classé comme une idéologie de droite à cause de son caractère chauviniste en Europe. La responsabilité attribuée aux nationalismes dans les deux guerres mondiales a renforcé cette classification. Sur dautres continents, particulièrement en Amérique Latine, cette classification apparaissait comme schématique, mécanique. Linadéquation est devenue de plus en plus claire alors que surgissaient des forces et des leaderships nationalistes. En Europe, lidéologie de la bourgeoisie montante fut le libéralisme, par opposition aux blocages féodaux à la libre circulation du capital et de la main-duvre. Le nationalisme sest situé à droite du spectre politique et idéologique, exaltant les valeurs nationales de chaque pays en opposition à celles des autres pays et, plus récemment, en sopposant à lunification européenne, parce quelle affaiblit les États nationaux. A la périphérie du capitalisme, le nationalisme et le libéralisme ont des traits distincts, et même opposés à ceux quils ont en Europe. Le libéralisme a été lidéologie des secteurs primaires exportateurs, qui vivaient du libre-échange, exprimant les intérêts de loligarchie traditionnelle, de lensemble de la droite. Par contre et à la différence de lEurope, le nationalisme a toujours eu une composante anti-impérialiste. La gauche européenne a toujours eu de grandes difficultés à comprendre le nationalisme et le libéralisme dans des régions comme lAmérique Latine. Exemple dune des erreurs provenant de la vision eurocentrique : des leaders comme Perón et Vargas ont parfois été comparés par les partis communistes dAmérique Latine avec des dirigeants fascistes européens comme Hitler et Mussolini de par leurs composantes nationaliste et antilibérale. En même temps, des forces libérales latinoaméricaines ont été acceptées par lInternationale socialiste parce quelles défendraient les systèmes politiques « démocratiques » (en réalité, libéraux) contre « les dictatures » dans lesquelles des leaders nationalistes joueraient le rôle principal avec leur charisme et leur idéologie supposée « populiste » et autoritaire. Des processus comme les révolutions mexicaines, cubaine, sandiniste, et des leaderships nationalistes comme ceux mentionnés, ont été difficiles à digérer par la gauche traditionnelle compte tenu de son héritage colonial, eurocentrique. La même chose se passe, dune certaine façon, avec la gauche latinoaméricaine du XXIème siècle, dont la gauche traditionnelle européenne éprouve des difficultés à comprendre le caractère et les luttes. Ces mêmes limites affectent les intellectuels dune gauche européenne qui reste eurocentrique dans sa vision de lAmérique Latine. Dune part, il y a les intellectuels de la social-démocratie qui, en évoluant vers le social-libéralisme puis le néo-libéralisme, ont perdu toute possibilité de comprendre lAmérique Latine et la gauche post-néolibérale de notre région. Mais il y a aussi les intellectuels francs-tireurs ou liés à des courants de lultra gauche européenne qui lancent leurs analyses critiques sur les gouvernements progressistes latinoaméricains avec une grande désinvolture, expliquant ce que ces gouvernements ont fait de faux, ce quils devraient faire, ce quils ne devraient pas faire, etc. Ils parlent comme si leurs thèses avaient été confirmées, sans pouvoir présenter aucun exemple concret de ce que leurs idées ont produit et démontré, qui sadapterait mieux à la réalité que les chemins que ces gouvernements suivent. Ils se préoccupent des tendances « caudillistes », « populistes », des leaders latinoaméricains, jugent ces processus à partir de ce quils estiment que devraient être les intérêts de tel ou tel mouvement social, ou de lune ou lautre thématique. Ils ont des problèmes pour comprendre le caractère nationaliste, anti-impérialiste, populaire, des gouvernements post néolibéraux, leurs processus concrets de construction dune hégémonie alternative dans un monde encore très conservateur. Ils survolent les réalités comme des oiseaux, saluant quelque chose pour ensuite le critiquer, sans sidentifier profondément à lensemble de ces mouvements qui forment la gauche du XXIème siècle. Le temps passe et ces visions eurocentriques ne débouchent sur aucune construction concrète, parce quils sont impuissants à capter les trames contradictoires de la réalité et à partir de cela, proposer les alternatives qui peuvent être portées par les peuples. Ils se comportent comme sils étaient les « consciences critiques de la gauche latinoaméricaine » et comme si nous avions besoin delles, comme si nous navions pas conscience des raisons de nos avancées, des obstacles que nous avons devant nous et des difficultés pour les dépasser. Non seulement ils ne peuvent présenter les résultats de leurs analyses dans leurs propres pays qui peuvent être la France, le Portugal, lAngleterre ou dautres pays , là où lon suppose que leurs idées devraient avoir des résultats, mais ils ne réussissent pas non plus à expliquer ni même à aborder les raisons pour lesquelles, dans leurs propres pays, la situation de la gauche est incomparablement pire que dans les pays latinoaméricains quils critiquent. Ce sont des attitudes encore mues par le paternalisme de leurocentrisme et qui se tournent vers lAmérique Latine non pour apprendre mais avec une posture de professeurs, comme sils étaient porteurs de lensemble de la connaissance et des expériences victorieuses, à partir desquelles ils donneraient un cours magistral sur nos processus. Ils représentent, en fait, malgré les apparences, les formes de la vieille gauche, qui na pas fait lautocritique de ses erreurs, échecs et reculs. Qui ne sont pas disposées à apprendre des nouvelles expériences latinoaméricaines. Laura universitaire ne réussit pas à cacher les difficultés quils ont pour sengager dans des processus concrets et, à partir de ceux-ci, pour partager la construction des alternatives. Les analyses qui ne débouchent pas sur des propositions concrètes de transformation de la réalité, présentent de moins en moins dintérêt. Les postures critiques restent sur le plan de théories qui ne se projettent pas dans le champ du réel, sans aucune capacité à sapproprier la réalité concrète, moins encore de la transformer. Pour reprendre le vieil adage marxiste toujours actuel : leurs idées ne se transforment jamais en force matérielle parce quelles ne pénètrent jamais dans les masses. Emir Sader ** ** Emir Sader est philosophe, professeur de sociologie à lUniversité de São Paulo (Usp) et de lUniversité de lEtat de Rio de Janeiro (Uerj) où il dirige le Laboratoire des Politiques Publiques.
Edité le 13-06-2015 e 18:14:44 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 15-06-2015 à 20:31:57
| | le néo-colonialisme de la gauche européenne est aussi palbable dans le soutien de Francois Hollande à Bouteflika,sous pretexte d éviter une déstabilisation de l Afrique du Nord-alors que le chaos en Libye est due à l intervention de son prédecesseur aux cotés des Britanniques et des Américains pour renverser Kadhafi,qui a eu le tort de proposer une ébauche d unité de toute l Afrique. |
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