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| Posté le 07-08-2015 à 14:38:00
| Ci-dessous des extraits des articles en question. Le débat en cours relève de notre combat pour "arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne" . Les questions soulevées par l'expression de la dictature ouverte des monopoles franco-allemands ne sont autres que la prise du pouvoir par la violence, la dictature du prolétariat, l'instauration du socialisme, mais également les rapports de domination en Europe, les rapports entre l'impérialisme français et celui allemand ou encore entre l'Europe et les USA. Bien évidemment nous n'avons pas les uns et les autres les mêmes vues et des disparités existent au sein des marxistes-léninistes, mais nous pouvons et nous devons intervenir dans ce débat afin de combattre la ligne révisionniste incarnée par P. Laurent LU.E. est la constitution dun bloc impérialiste spécifiquement européen.
Situation en Grèce et Union européenne : position de Parti communiste espagnol Publié le : 6 août 2015 Lactuelle Union européenne est, en ce moment, lexpression politique et institutionnelle la plus élevée de la constitution dun bloc impérialiste spécifiquement européen. Le Parti communiste dEspagne a maintenu et maintient le principe du respect de lautonomie daction des organisations progressistes, ouvrières et de gauche des autres pays du monde et la compréhension de lexistence de différences danalyse. Pour autant, le lien est clair entre les processus enclenchés en Grèce et en Espagne au cours (...) article entier « Un pays colonisé » Par Patrick Köbele, secrétaire général du Parti communiste allemand (DKP) Publié le : 4 août 2015
« Un pays colonisé » : tribune de Patrick Köbele, secrétaire général du Parti communiste allemand (DKP) sur la politique de lUE à lencontre de la Grèce Alexis Tsipras a accepté le chantage crapuleux exercé par lUE. Une grande coalition incluant les "vieux partis" sanctionnés par le peuple, le PASOK et la Nea Dimocratia et des composantes du parti "porteur despoir", Syriza, sapprêtent à valider cette politique au Parlement grec. Parmi les principaux points de ce chantage, on dénombre une attaque (...) article entier La Grèce comme lAfrique dans les années 1980 ! par Peter Tchawalou Publié le : 3 août 2015
La souffrance du peuple grec, le peuple africain la vit depuis des années et ceci parfois dans lindifférence totale, si on ne se cache pas derrière le principe de la bonne gouvernance. Quand toute la presse européenne sémeut pour la Grèce, quand toute la classe politique occidentale na que la Grèce sur la bouche, jai envie de leur demander sils se souviennent encore quil y a trente ans, lAfrique a du sacrifier toute une génération de citoyens à cause de cette affaire de dette ? Je ne le pense (...) article entier Quand le coup contre la Grèce révèle ce quest lUnion Européenne depuis lorigine !
Par Annie Lacroix-Riz Publié le : 1er août 2015 Il naura donc pas fallu une semaine pour que le OXI massif des grecs soit piétiné, quun coup détat financier mené de façon implacable par lUnion Européenne en étranglant la Grèce via la Banque central européenne démontre le caractère totalitaire, la nature de dictature de la classe capitaliste, de ce quest réellement et concrètement lUnion Européenne à ceux qui en douterait encore. www.initiative-communiste.fr site web du PRCF publie cette tribune de notre camarade lhistorienne Annie Lacroix-Riz, auteur (...) article entier Stathis Kouvélakis : « Le non nest pas vaincu, nous continuons »
Publié le : 29 juillet 2015 Résumons à très grands traits. Le 25 janvier 2015, Syriza remporte les élections législatives grecques sur un programme de rupture ; le 5 juillet, cest un tonitruant "OXI", à 61 %, qui envoie les petits barons de lordre européen dans les cordes ; le lendemain, Yánis Varoufákis, ministre des Finances grec, est poussé vers la sortie ; le lundi 13 juillet, le tout-venant apprend que les dix-huit heures de bataille psychologique, à la fameuse "table des négociations", ont eu raison des espoirs mis dans le (...) article entier Jeremy Cronin : « Il y a une sympathie des BRICS pour la Grèce »
Secrétaire général adjoint du Parti communiste sud-africain, membre de la direction de lANC, ministre de la Fonction publique Publié le : 29 juillet 2015 Secrétaire général adjoint du Parti communiste sud-africain, membre de la direction de lANC, ministre de la Fonction publique et fervent défenseur des coopérations Sud-Sud, Jeremy Cronin revient pour lHumanité sur laustérité imposée aux Grecs. La nouvelle banque de développement des BRICS a-t-elle formellement offert son appui à la Grèce ? Jeremy Cronin : Avant le référendum grec, il était question que la banque BRICS nouvellement lancée puisse fournir une source alternative de financement. Pour autant (...) article entier La Grèce et la direction du PCF par Jacques Sapir
Publié le : 29 juillet 2015 Jacques Sapir avait publié un premier article au vitriol sur Pierre Laurent. Cet article danalyse est plus utile en restant sur le fonds de la critique de la note proposée par la direction du PCF (note que nous avons publié ) pour permettre aux militants de comprendre la situation grecque. Nous le publions car il est essentiel davoir un débat ouvert, et il faut cesser de faire lautruche sur les critiques de lanalyse de la commission économique qui sert de base aux discours de Pierre Laurent. Un (...) article entier Déclaration du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" Grèce et U.E. : premières réflexions pour ouvrir le débat après la note du CEN (Comité exécutif national) du 17 juillet
Publié le : 28 juillet 2015 Les communistes français ont suivi avec beaucoup dintérêt la situation de la Grèce depuis larrivée au pouvoir de Syriza. Si lon connaissait les critiques du KKE par rapport à Syriza, il nen est pas moins vrai que larrivée au pouvoir dune force politique se réclamant de la gauche de rupture à la tête dun pays épuisé par des années de politique daustérité, constituait une expérience politique intéressante sur laquelle il fallait se garder de tout à priori et porter un regard communiste solidaire des luttes (...) article entier Sur la position du comité exécutif (CE) du 17 juillet sur la Grèce Il y a le feu au lac...
Sur la position du comité exécutif (CE) du 17 juillet sur la Grèce Une note du CE a été envoyée à tous les militants, ce qui est rarissime Publié le : 28 juillet 2015 Une analyse personnelle de la note du CE sur la situation politique ouverte par laccord européen avec la Grèce. article entier « Rendre crédible une véritable alternative »
Serge Truscello (CGT Bosch Vénissieux) Publié le : 28 juillet 2015 Dernier article du numéro 3 de la revue "Unir les communistes" dans la série "la parole aux militants dentreprise"... Les numéros 4 et 5 sont en vente, le numéro 6 sera présenté à la fête de lhumanité... pensez à vos abonnements pour faire vivre cette revue ! Il pose une question clé pour les luttes et pleine dactualité dans les suites du diktat imposé aux grecs... Quelle perspective sil est interdit de rompre avec la mondialisation capitaliste et son euro... ? Serge Truscello est délégué CGT Bosch de (...) article entier Les yeux qui souvrent : non, une « autre Europe » nest pas possible !
Publié le : 28 juillet 2015 Longtemps, jai adhéré au slogan « une autre Europe est possible ». Longtemps, jai cru réalisables les réformes nécessaires pour remettre le projet dunion des peuples dEurope sur les rails dune véritable « construction européenne ». Tous mes efforts ont donc été consacrés dans mes livres (en particulier dans « Europe, la trahison des élites » ) et mes articles, à démontrer que lUnion européenne nest pas lEurope promise ; ce qui, implicitement, pouvait signifier que lEurope promise était possible dans le (...) article entier LUE, système néo-colonial du XXIème siècle
Publié le : 28 juillet 2015 Les anciennes colonies africaines de la France, devenues théoriquement indépendantes en 1960, furent en fait, depuis, soumises à leur ancienne métropole par un lacis de Traités inégaux, sur le plan économique, monétaire, diplomatique et militaire. Pire, à cette "Francafrique" est venue sajouter la sujétion à lOccident : les peuples africains qui tentaient légitimement de sortir du sous-développement en investissant dans léducation, la santé, lindustrie, se sont retrouvés piégés par une dette (...) article entier
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| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 09-08-2015 à 17:41:47
| Sur le site du PCOF http://www.pcof.net/actualites.php?id=476 15 juillet : Notre position sur la situation en Grèce Solidarité avec le combat du peuple grec contre laustérité, pour la dignité Le « non » au référendum, à 61 %, a démontré que la majorité de la population grecque veut que cesse la politique daustérité qui frappe essentiellement les masses populaires. Une nouvelle fois, le peuple grec a dit « non » à la poursuite des programmes daustérité, de privatisations, de liquidation des services publics, des pensions
Les dirigeants de la zone euro et de la troïka nont pas accepté cette expression de volonté populaire. Ils sont passés à un niveau supérieur dans les pressions et les agressions, organisant lasphyxie financière de la Grèce. En même temps, ils ont encouragé la réaction grecque à se mobiliser pour faire pression en faveur de la politique qui fait payer la crise, la dette, aux travailleurs et au peuple. Le gouvernement Tsipras, qui avait organisé courageusement ce référendum et qui avait appelé à voter « non », a engagé des « négociations » avec ceux-là mêmes qui nont cessé de faire monter les exigences. Dautres, comme Hollande, ont agi pour, comme ils le disent, « éviter la sortie de la Grèce de leuro » et pour « sauver la zone euro ». Le résultat est un plan « daides financières » assorti dun ensemble de mesures qui allient austérité et mise sous tutelle de lEtat et de léconomie grecs. Cest un « plan » qui, par bien des aspects, va plus loin que les mémorandums précédents, notamment parce quil est imposé à un gouvernement élu pour mettre un terme à laustérité sans fin. Il faut prendre le temps danalyser et de réfléchir à tout ce qui sest passé en quelques semaines, pour en tirer des leçons qui, on le sent bien, sont très importantes pour tous les peuples. Prendre le temps pour tirer les leçons importantes pour tous les peuples La précipitation et les analyses à lemporte-pièce ne font quajouter à la confusion. Ce travail est devant nous ; il concerne tous ceux et celles, toutes les organisations qui sont engagés dans le soutien au peuple grec et qui veulent continuer à travailler dans ce sens. Nous allons nous y atteler, mais nous pouvons dès à présent mettre en avant plusieurs questions que nous avons soulevées tout au long de ces mois de mobilisations. La première, cest que les enjeux de ce combat ne sont pas dabord économiques, mais avant tout et essentiellement politiques. En effet, lenjeu pour les tenants des politiques néolibérales, les dirigeants qui imposent le même type de politique anti-ouvrière et anti-populaire à « leurs » peuples, est de faire la démonstration quil nest pas possible de faire autrement que de se plier au diktat de loligarchie. Ils veulent « tuer dans luf » toute idée que les travailleurs et les peuples peuvent imposer une politique qui rompe avec les dogmes du néolibéralisme. Le deuxième enjeu, cest la construction européenne, avec notamment les mécanismes qui permettent dimposer cette politique néolibérale, en loccurrence leuro et tous les traités, règles, directives
qui lont mis en place. La question de la « sortie de leuro » a été au cur des affrontements politiques. Tsipras a toujours mis en avant la volonté de son gouvernement de tout faire pour ne pas prendre la décision dune sortie de leuro. Il a donné de nombreux gages dans ce sens. Et, en fin de compte, cela na fait quencourager les partisans les plus déterminés à « faire payer les Grecs » à faire monter les exigences. Le résultat, cest ce dernier plan de contre-réformes. Cela pose une question de fond : est-il possible de changer la nature néolibérale de la construction européenne en respectant ses règles ? Nous disons clairement « non ». Cela pose dans la foulée une deuxième question : si une politique qui rompt avec le néolibéralisme est incompatible avec leuro et la construction européenne néolibérale, faut-il « sortir de leuro » pour pouvoir envisager de la développer ? A cette question, nous disons quune rupture avec leuro doit se préparer et ne doit pas simproviser. Et quand nous parlons de « se préparer », nous voulons dire, avant tout, préparer et mobiliser les travailleurs et le peuple pour créer le rapport de force nécessaire pour résister et pouvoir briser les attaques de la grande bourgeoisie, de la réaction et de loligarchie internationale, qui a donné un avant-goût de jusquoù elle est prête à aller pour défendre sa construction européenne, son euro, et tous les mécanismes politiques et institutionnels qui laccompagnent. Comme ne cesse de le répéter Hollande, la préservation de cette construction européenne et de leuro, sont ses priorités. Il les partage avec Merkel. Quitte à sacrifier un peuple, quitte à fouler aux pieds ses aspirations, son avenir et sa souveraineté. Le combat des travailleurs et du peuple grec contre la politique daustérité est plus que jamais à lordre du jour : soyons solidaires des combats des travailleurs, de la jeunesse, des retraités, des femmes travailleuses, des paysans
de Grèce, contre la politique daustérité et développons le combat, ici en France, contre la politique de Hollande-Valls-Macron, au service du Medef et de loligarchie. Paris, 15 juillet 2015 Parti Communiste des Ouvriers de France
-------------------- Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO) |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 10-08-2015 à 00:17:26
| LEurope Unie est la forme actuelle de notre capitalisme, celle choisie par le grand capital. Mais elle nest quun épisode de son histoire. Autant une politique "qui rompt avec le néolibéralisme est incompatible avec leuro et la construction européenne néolibérale" , autant la sortie de lEurope ou de leuro ne signifient pas la fin du capitalisme. Par conséquent la sortie de l'euro ou de l'Europe ne peut être envisagée séparément du renversement du capitalisme. D'autre part il faut s'interroger sur la signification des expressions "rupture avec le capitalisme", "dépassement du capitalisme" , etc. C'est au cours du 29e congrès en 1996, sous la direction de Robert Hue que fut abandonnée la référence au socialisme « Le terme de socialisme renvoyait à plusieurs notions. Il renvoie à un courant de pensée, courant de contestations de la société capitaliste née du socialisme utopique prolongées par les luttes sociales du XIXe siècle, nourries de l'espérance sociale qu'a fait naître la Commune, l'aspiration sociale qu'incarne le socialisme de Jaurès. Mais le socialisme exprime aussi une société de transition, une étape ou on changerait d'en haut les conditions économiques et matérielles de la société selon des critères prédéterminés, étape théorisée et modélisée à partir du stalinisme dans les pays de l'Est. La commission n'a pas voulu retenir ce qui fait référence à une étape théorisée. » Extraits du document adopté au 29ème congrès de 1996 : « C'est en ce sens que nous parlons de « dépassement du capitalisme » pour caractériser cette conception neuve de la révolution. Dépassement n'est pas adaptation : il ne s'agit en rien d'en rabattre sur l'objectif, qui est de passer à une autre organisation sociale. Mais il n'est pas non plus « abolition » brusque, par décret, dont l'histoire à montré qu'elle ne prémunit ni contre les tares de l'ordre ancien, ni meme contre sa restauration. Le terme de « dépassement » correspond à la conception d'un processus de transformation de la société dont le rythme, la durée dépendent du peuple qui permette de mettre en cause, jusqu'à les supprimer, l'exploitation, l'aliénation, les dominations, non pas en faisant table rase de la société actuelle, mais en s'appuyant, dans ce combat, sur le développement des acquis, besoins, potentiels de cette société. Nul ne peut prétendre définir à l'avance les constructions politiques et les ruptures par lesquelles cette transformation socialiste s'effectue, au rythme des luttes et des votes du peuple. » Sous le cache-sexe "d'étape théorisée" l'abandon du socialisme dissimule la honte du stalinisme. Le parti révisionniste s'est couché devant les injonctions de la bourgeoisie à renoncer à la dictature du prolétariat sous quelque forme qu'elle puisse être évoquée. Il va de soi que nous devons bannir cette forme d'autocensure et cesser d'utiliser ces expressions vides de sens au lieu du socialisme . Marx expliquait très clairement la nature du socialisme, étape intermédiaire au communisme, dans le Manifeste : « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie (
) Ceci ne pourra naturellement se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production (
) Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé dune classe pour loppression dune autre . Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe (
) et, comme classe dominante, détruit par la violence lancien régime de production (
) il détruit en même temps (
) les classes en général, et par là-même, sa propre domination comme classe
»
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| | Finimore | | Grand classique (ou très bavard) |  | | 2647 messages postés |
| Posté le 10-08-2015 à 16:25:32
| Xuan a écrit :
LEurope Unie est la forme actuelle de notre capitalisme, celle choisie par le grand capital. Mais elle nest quun épisode de son histoire. Autant une politique "qui rompt avec le néolibéralisme est incompatible avec leuro et la construction européenne néolibérale" , autant la sortie de lEurope ou de leuro ne signifient pas la fin du capitalisme. Par conséquent la sortie de l'euro ou de l'Europe ne peut être envisagée séparément du renversement du capitalisme. |
Il ne peut y avoir de rupture avec le capitalisme sans une rupture avec l'UE ! Mais il peut y avoir une rupture avec l'UE sans rupture avec le capitalisme.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-08-2015 à 11:46:59
| A titre d'illustration du débat en cours, deux textes sur des positions opposées. On relira aussi celui du ROCML : "sortir de l'Europe ou sortir du capitalisme". Et sur le même sujet, plus précisément sur la dictature du prolétariat : Démocratie et Dictature Nous devrions repenser et remettre en question l'expression "sortir de l'Europe, sortir de l'euro, sortir du capitalisme", etc.
Edité le 17-08-2015 e 12:04:54 par Xuan
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| Posté le 17-08-2015 à 11:50:19
| | Disons-le dune seule voix ! Le 22 juillet 2015 « Il faut sortir de leuro et de lU.E atlantique par la voie progressiste »: disons-le dune seule voix ! Par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF
Le piteux effondrement de Tsipras prouve, sil en était besoin, que leuro et lU.E ne sont pas réformables: ces broyeurs de peuples associés à lO.T.A.N et à lUnion Transatlantique en gestation sont en effet conçus de A à Z pour assurer lhégémonie germano-américaine, écraser les acquis sociaux et les souverainetés nationales, prohiber le socialisme sur notre continent. La punition infligée au peuple grec par Angela Merkel avec lappui de Hollande indique ce quil adviendrait en Espagne ou en France si les amis du Parti de la Gauche européenne (Podemos, Front de Gauche, etc) parvenaient au pouvoir sur la base de leur paralysante utopie dune « Europe sociale, démocratique et pacifique » construite dans le cadre de la dictature euro-atlantique. Rappelons que lU.E-O.T.A.N ne se cache même plus pour installer à Kiev un régime pronazi et belliqueusement anti-russe. Dans ces conditions, un nombre grandissant de partis communistes et progressistes européens (Portugal, Espagne, Grèce, pays scandinaves) et de personnalités françaises (MM Bernier, Sapir, Lordon, Rufin, certains rédacteurs de Marianne, certains responsables du Parti de gauche, de nombreux maires ruraux hostiles à leuro-métropolisation du territoire) convergent, sur la base de leurs analyses respectives avec ce que dit le P.R.C.F depuis sa fondation en 2004: lU.E. du grand capital, il faut en sortir pour ne pas « y rester »!
Pour sa part, le P.R.C.F fait de la dynamique populaire et progressiste anti-UE le socle dune stratégie révolutionnaire de rupture avec le capitalisme tant il est vrai que lintégration euro-atlantique est au coeur de la guerre de classe menée par le Capital contre le Travail et tant le légitime rejet populaire de leuro fait de ce dernier le maillon faible de lEmpire européen en crise. Alors que jusquà maintenant les faux euro-sceptiques xénophobes et réactionnaires du F.N ont exploité la complaisance du camp progressiste à légard de la « construction » européenne, appeler à en sortir, en unissant le drapeau rouge et le drapeau tricolore et en actualisant les grands principes progressistes du CNR pourrait rendre linitiative politique et sociale au monde du Travail. Face au Parti Unique Maastrichtien (Europe-Ecologie, Partis « socialiste » et « Républicain » ) et au Rassemblement Bleu Marine qui bloquent lalternative en France, nest-il pas temps de rendre visible un Rassemblement Rouge Marianne fédérant les militants franchement communistes (membres ou pas du PCF), les gaullistes de progrès, les syndicalistes de Lutte, les républicains véritables fidèles à lhéritage de Jean Moulin?
Pour briser la censure qui vise actuellement les courants progressistes anti-U.E. et anti-F.N., il est urgent que ces forces échangent publiquement, sexpriment ensemble tout en se liant aux luttes sociales. Il serait raisonnable dengager des échanges, de co-organiser des débats publics (cest ce que fera le PRCF sur son stand à la fête de lHuma), de lancer des appels communs à débattre dans chaque département sur les conditions politiques et programmatiques dune sortie progressiste de leuro et de lEurope atlantique. Sexprimer en parallèle contre lU.E ne suffit plus. Lheure des convergences publiques est venue. En prenant le Peuple et le monde du travail à témoin, construisons le Front antifasciste et populaire (FRAPP!) pour lindépendance nationale, la démocratie, le progrès social et la coopération internationale. Georges Gastaud secrétaire national du P.R.C.F A lire : La gauche et leuro: liquider et reconstruire Frédéric Lordon La Grèce, la gôche, la gauche Jacques Sapir
Edité le 17-08-2015 e 12:05:56 par Xuan
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-08-2015 à 11:54:59
| Sur le blog je lutte donc je suis, un article de Yannis Youlountas : LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE BY YANNIS YOULOUNTAS · 13/08/2015 Un contresens répandu sur les causes et les conséquences du troisième mémorandum qui vient dêtre signé par Tsipras.
LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE 13 août 2015. Athènes est tombée. La chose est entendue depuis un mois exactement. Ceux qui en discutent encore ne sopposent plus que sur des chiffres situés après la virgule et sur des éléments de langage, notamment lépineuse question dutiliser ou pas le mot « trahison » pour qualifier la volte-face de Tsipras et de ses conseillers. Certains mont écrit pour me suggérer de ne pas utiliser ce mot. Dautres voulaient, au contraire, que je tire sur lambulance.Lassé par ces chamailleries dapothicaires, jai choisi le silence fin juillet. Lessentiel était dit. Le reste devenait fioritures, toilette mortuaire et embaumement. Mais sans messe funèbre : la plupart de mes amis français continuaient à veiller inexorablement et à espérer limpossible réveil dun cadavre en décomposition politique. Le Tsipras de la victoire du 25 janvier était momifié amoureusement par ses fans dévastés, mêlant le déni de réalité à la thanatopraxie. Je navais plus rien à faire là et je suis sorti du débat anachronique sur la pointe des pieds.Sortie de la zone euro, abracadabra !Depuis, jobserve parfois le délire des analyses et des commentaires, la confusion des causes et des solutions. Et un mot, un seul mot, plus que tout autre, revient sur toutes les lèvres : souverainisme. Autrement dit, la cause principale du problème serait lhétéronomie politique du gouvernement grec dominé par les institutions supranationales. Et la solution, élevée au rang de formule magique, se résumerait en une seule phrase : « sortie de la zone euro, abracadabra ! » Permettez-moi de sourire. Le problème du souverainisme est larbre qui cache la forêt et occulte le vrai débat. Pire encore, appelons un chat un chat : le souverainisme est le principal piège de la débâcle grecque, tant avant quaprès le 13 juillet. Même sous la pression, un choix reste un choix Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce que raconte tout le monde, ou presque, personne na imposé la capitulation à Tsipras. Il y a eu des débats, certes. Des combats, bien sûr. Un bras de fer, évidemment. Mais il ny a eu ni épée, ni revolver, ni bombe, ni missile qui ait menacé la vie des protagonistes. Aucun de ces notables, confortablement installés entre fauteuils en cuir et table en chêne, café et croissants, douceurs et jus dorange, na été décapité, affamé, licencié, expulsé de son domicile, privé de soins. Arrêtons de dire nimporte quoi. Il ne sagissait que de pressions politiques, aussi fortes fussent-elles. Et même sous la pression, un choix reste un choix. Ne pas entendre les propositions de la plateforme de gauche de Syriza, depuis des mois, nétait pas lié à un problème auditif, mais à une volonté politique. Se couper du mouvement social et des chercheurs indépendants en économie et en philosophie politique ne relevait pas dune panne de téléphone, mais dune préférence réfléchie pour dautres conseillers véhiculant des idées modérées et le germe de la renonciation. Ne consacrer quune seule après-midi au travail colossal de la commission pour laudit de la dette grecque pour, ensuite, ne pas en tenir compte et feindre doublier la possibilité dannuler la dette, nétait pas le fait dune amnésie passagère due au surmenage, mais dune option politique claire et même dun choix paradigmatique. Bref, le gouvernement Tsipras a été pleinement souverain dans sa décision, face aux instances supranationales, et prétendre le contraire, cest oublier un peu vite que la vie politique, comme la vie en général, est lobjet de tensions incessantes, parfois très vives, qui néliminent pas pour autant toute capacité à choisir nos pensées et nos actes. Oui, le gouvernement grec a été souverain et, oui, il avait dautres options possibles que la capitulation. Le nier, cest contribuer au TINA imaginaire qui altère la volonté et renforce la résignation. Un mois après, il est temps de se réveiller et douvrir les yeux. Les deux débats corollaires, sur les moyens et sur la légitimité de la décision, ont également été tronqués. Je ne reviendrai pas sur les moyens, souvent abordés ici. Tout ce qui est évoqué plus haut suffit à réfuter totalement le discours mensonger qui parle dabsence dalternative : les propositions de la plateforme de gauche, du mouvement social très créatif, notamment dans lautogestion, des chercheurs indépendants ou encore de la commission pour laudit de la dette ont purement et simplement été rejetées. Stopper laustérité, un point cest tout Lautre débat occulté concernait la légitimité de sortir ou pas de leuro. Là encore, plus le stratagème est gros, mieux il passe. Quel était exactement le mandat principal du gouvernement Syriza-Anel, au lendemain de sa formation le 27 janvier ? Plus que jamais, les choses étaient claires, très claires. Cétait même le seul sujet de la campagne électorale en janvier : stopper laustérité, un point cest tout. Le reste, rarement abordé, nétait que discussion annexe. Le mandat principal de Tsipras nétait pas déviter ou doser, au contraire, une sortie de leuro, mais précisément déviter un nouveau mémorandum avec son lot de casses sociales, de coupes budgétaires et de dilapidations du bien commun. Ou, pour le dire autrement : sil navait certes pas de mandat explicite pour sortir de la zone euro, il en avait encore moins pour imposer trois ans denfer supplémentaire, de surcroît juste après le OXI à 61% au référendum du 5 juillet. Virguler aujourdhui autour de son mandat concernant leuro pour justifier son choix, cest tout simplement se moquer du monde. Tsipras a joué la carte de lunité nationale Non seulement la décision du gouvernement Tsipras a été souveraine, mais en plus elle est intervenue au terme dune dérive politique quil est indispensable dévoquer ici. Le salut national qui nous rappelle de mauvais souvenirs politiques en France a progressivement remplacé le discours sur les inégalités sociales, au fil des mois. La misère des plus démunis sest progressivement transformée en nation en péril. Les rapports de classes ont été balayés au profit des rapports en pays, plus ou moins amicaux ou rivaux à légard de la Grèce. Tsipras a joué la carte de lunité nationale et de lamalgame de lidentité grecque des victimes de « la crise », et, ce faisant, il a gagné son statut de chef en Grèce, aux yeux dune majorité de la population. Chef du gouvernement en loccurrence. Et surtout chef détat parmi ses semblables. Lancien gendre idéal au regard si doux est devenu lhomme de confiance, mûr, posé et réfléchi, puis le guide inflexible, autoritaire, mais dévoué faisant de son mieux dans lintérêt du pays tout entier. Un pays uni, selon lui, dans le mélange de situations sociales non seulement hétérogènes, mais surtout antagonistes. A celles et ceux qui, dans laile gauche de Syriza ou au-delà dans la gauche et dans le mouvement social, rappelaient que lAllemagne, cest douze millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, que la France, cest toujours plus de laissés pour compte dans tous les domaines et, surtout, que la Grèce, cest aussi des patrons rapaces et leur lot de collaborateurs complices dans la hiérarchie des entreprises et des administrations, Tsipras insistait souvent sur la gravité du moment : ne pas se désunir, éviter les conflits sociaux et faire les bons choix dans lintérêt de tous. Lincroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes Cest précisément une attitude souverainiste. Oui, vous avez bien lu : à ceux qui vous parlent de souverainisme comme dune baguette magique qui eut été nécessaire en Grèce, vous pouvez les envoyer jouer aux billes. Car cest exactement le chemin qua malheureusement pris Tsipras, ces derniers mois, en déplaçant la tension nécessaire entre les classes sociales sur le terrain des tensions dun autre type entre gouvernements au prétexte illusoire de régler, par la négociation à léchelle des états, de profondes inégalités sociales au sein de chacun dentre eux. Il sagit tout simplement dun transfert de compétence depuis les mouvements sociaux des territoires en luttes vers le petit groupe de notables disposant de lincroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes. Cest la réunion spectaculaire des puissants au prétexte frauduleux daméliorer le sort des faibles, avec, fort logiquement, le résultat inverse. Est-ce vraiment cela une politique de gauche ? Est-ce un mode daction cohérent pour un gouvernement dinspiration marxiste ? Et cest là quintervient le dernier point. Rappelez-vous qui est au pouvoir, depuis janvier, aux côtés de ministres Syriza : le principal parti souverainiste en Grèce, ANEL, aussi appelé Grecs indépendants. A-t-il critiqué ce mode daction ? Non, bien sûr, il la approuvé, après avoir fait semblant de râler, le temps de reprendre du dessert. Ses députés ont-ils refusé laccord du 13 juillet, lors des votes du 15 et du 22 juillet au parlement ? Non, ils ont voté la totalité des mille pages organisant le désastre, avant de retourner à la buvette. Le ministre membre des Grecs indépendants a-t-il finalement démissionné et quitté le gouvernement ? Pas du tout. Les Grecs indépendants ont obtenu un deuxième portefeuille ministériel, et hop ! Tout va bien pour eux ! Ça continue ! Alors, le souverainisme est-il la solution ? Non, comme on vient de le voir, cest au contraire lun des problèmes principaux de ces derniers mois. Cest pourquoi, en France et ailleurs, en dépit des pleurnicheries tous azimuts qui sont parfois des larmes de crocodiles et des lamentations sur lhétéronomie politique du gouvernement Syriza-Anel (désormais sans laile gauche de Syriza) sous la dictée des institutions supranationales, il serait bon darrêter de rejeter toutes les responsabilités sur les autres et de se cacher derrière son petit doigt. Bien sûr la responsabilité de ces institutions est immense, mais ce nest pas elles qui ont littéralement décidé de tout ce qui vient de se passer pour les classes populaires en souffrance en Grèce, comme pour les pans entiers de nature mis en vente. Non, au bout du compte, cest le gouvernement grec qui a refusé toutes les autres options depuis six mois, en allant jusquà dire quelles nexistaient pas. La baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre Et la sortie de leuro ? Ce moyen, parmi dautres, nest en rien lapanage des uns ou des autres. Il ny a aucun brevet « sortie de leuro » déposé à lINPI. Et rien ne prouve quun parti se proclamant souverainiste serait plus à même de lorganiser, surtout au vu de lexpérience grecque. En réalité, la sortie de leuro nest quun outil dans une boite à outils qui en compte des dizaines. Et lutilisation des uns nempêche pas celle des autres. Pendant que le souverainisme ressasse, comme un disque rayé, la solution magique de la sortie de leuro, la vraie gauche et les mouvements révolutionnaires projettent bien au-delà dinnombrables formes dactions qui caractérisent leurs analyses respectives et objectifs politiques. Et rien ne doit être laissé au hasard. Les rapports de classes et de dominations ne seffaceront pas au prétexte de lunité nationale et du pouvoir plein et entier délus bonhommes et repus chantant la Marseillaise devant une foule émue. Car la baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre et le pouvoir ne sert que le pouvoir. Nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières Sortir de la zone euro pour sortir de la zone euro ne suffit pas. Crier au loup venu dailleurs pour détourner les brebis nationales de la menace des loups nationaux est une vieille recette éculée. Une ficelle, un piège, une potence. Cest lutter contre tous nos prédateurs qui est nécessaire, urgent, vital. Cest nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières. Cest, au moins, nous mettre en synergie, attentifs et solidaires, face à linternationale du capitalisme triomphant. Cest nous rappeler le chemin parcouru, pour en comprendre les échecs et redécouvrir les rêves de celles et ceux qui nous ont précédé, il y a un siècle-et-demi. Cest ouvrir de nouvelles perspectives, décoloniser limaginaire, inventer des chemins de traverses, oser au-delà de ce qui paraît possible et, en aucun cas, se replier sur soi. Depuis un mois, ce nest pas Athènes qui est tombée, en réalité. Ce sont les persécutés et les insoumis de partout qui avaient les yeux rivés sur la Grèce, dun bout à lautre du monde, et qui ont été frappés une fois de plus. Cest pourquoi lheure nest en aucun cas à lunion des tyrans avec leurs victimes, même au prétexte de la coexistence sur un même bout de territoire, mais au soulèvement simultané et solidaire des damnés de la Terre. TINA ? En effet, mais dans le sens contraire. Oui, il ny a pas dalternative. Il ny a pas dautre issue possible pour sortir de limpasse. Il ny a rien à attendre, mais tout à faire. Il ny a pas dalternative : lutter. Yannis Youlountas
____________________ PS : si vous le souhaitez, nous pourrons en discuter lors des premières projections-débats, en version expérimentale puis définitive, de « Je lutte donc je suis ». 03/09 MARTIGUES (13) 08/09 ALBI (81) 09/09 TARBES (65) 10/09 VIC-EN-BIGORRE (65) 11/09 ANÈRES (65) 12/09 MIRABEL/BLACONS (26) 13/09 REILLANNE (04) PUIS PORT-DE-BOUC (13) 14/09 CASTELNAUDARY (11) 19/09 GRENOBLE (38) 20/09 GENÈVE (SUISSE) 21/09 ANNECY (74) 22/09 THONON-LES-BAINS (74) 23/09 THORENS-GLIÈRES (74) 24/09 BERRE (13) 26/09 GRAULHET (81) 01/10 AUBAGNE (13) 03/10 MOUHANS-SARTOUX (06) 08/10 TOULON (83) 15/10 TOURNEFEUILLE (31) 17/10 CLUNY (71) 18/10 TOURNUS (71) 21/10 GRAMAT (46) 22/10 ANGERS (49) 23/10 RENNES (35) 24/10 ÉVRAN (22) 25/10 LANNION (22) PUIS ST-BRIEUC (22) 26/10 BREST (29) 27/10 LORIENT (56) 28/10 VANNES (56) 29/10 OLÉRON (17) 30/10 ROCHEFORT (17) 02/11 TULLE (19) 03/11 ST-OUEN-LAUMÔNE (95) 04/11 PARIS (75) 06/11 PARIS (75) 09/11 JOIGNY (89) 10/11 MEYMAC (19) 11/11 AUBUSSON (23) 12/11 LIMOGES (87) 13/11 MONTLUÇON (03) 14/11 VÉNISSIEUX (69) 16/11 TOULOUSE (31) 19/11 LE VIGAN (30) 20/11 POUCHARRAMET (31) 21/11 MAS DAZIL (09) 03/12 AU 09/12 TOURNÉE EN BELGIQUE ET DANS LE NORD Détails : http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16 Contact programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net Bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY Je présenterai quelques extraits du film aux rencontres nationales des SEL à Digne le 20/08 et au congrès de lICEM (pédagogie Freinet) le 21/08 à Aix-en-Provence. Le film sera mis en ligne en gratuit sur Internet (dans une douzaine de langues) dès que sa version sera finalisée, après avoir pris le temps déchanger avec vous durant les premières projections-débats.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 17-08-2015 à 13:29:34
| | Faire ouvertement front au projet européen le blog d'Aurélien Bernier La séquence de « négociations » entre la Grèce et l'Union européenne s'est achevée de la pire façon qui soit : par la signature, le 13 juillet, d'un accord renforçant l'austérité et détruisant encore un peu plus la souveraineté du peuple. Un accord accepté par le gouvernement de gauche radicale, élu justement pour en finir avec l'austérité et l'humiliation vécue par les Grecs depuis de longues années. En rendant les armes, la majorité de Syriza emmenée par le premier ministre Alexis Tsipras n'a pas totalement trahi son programme électoral. Ce dernier, en effet, n'a jamais évoqué le fait de rompre avec l'Union européenne ou de sortir de la zone euro. Par contre, le référendum du 5 juillet, qui a vu le peuple dire massivement Non à un premier projet d'accord, interdisait absolument à Alexis Tsipras de signer un plan aussi proche du projet rejeté dans les urnes et aussi défavorable à la Grèce. Le premier ministre a cru que la large victoire du Non le 5 juillet suffirait à assouplir la position des créanciers. Ce fut exactement le contraire. Mais cette erreur d'appréciation n'est rien à côté de la faute politique commise par la suite. Un référendum n'est pas un simple sondage d'opinion. Il engageait Alexis Tsipras à obtenir de meilleures conditions ou à refuser de signer. Quitte à démissionner en cas de blocage complet des négociations, lui qui avait mis cette démission sur la table huit jours plus tôt, à l'occasion du scrutin. En acceptant l'ultimatum des créanciers, Syriza envoie un message terrible, à savoir que la rupture avec l'Union européenne serait encore pire que l'extrême austérité et la mise sous tutelle politique qui figurent dans l'accord. C'est une victoire de Margaret Thatcher à titre posthume : il n'y aurait aucune alternative à l'eurolibéralisme. C'est évidemment faux. Certes, il fallait envisager d'autres alliances (avec la Russie, la Chine...) qui n'auraient pas été sans contreparties, il fallait s'attendre à des représailles de la part des dirigeants européens et il fallait surtout avoir le courage de nationaliser largement, de dévaluer, de relancer la production et la consommation nationales. Mais on imagine difficilement que ce « plan B » puisse donner de pires résultats que le « plan A » qu'Alexis Tsipras a signé. Peut-être la majorité de Syriza mise-t-elle sur un coup de billard à trois bandes pour se soustraire, à posteriori, à certaines clauses de l'accord. En attendant, ceux qui ont voté Non le 5 juillet ont bel et bien été trahis. Et les conséquences de cette faute sont prévisibles : le parti d'extrême droite Aube dorée s'est déjà positionné comme dernier rempart face à l'Union européenne ; il risque fort de progresser de façon spectaculaire lors des prochains scrutins. Les répercussions seront également sévères dans le reste de l'Europe. Pour Podemos en Espagne tout d'abord, qui a cru bon de soutenir la majorité de Syriza après l'accord du 13 juillet. Dans ces conditions, où la coalition de gauche annonce à l'avance qu'elle aussi préférera se coucher plutôt que de rompre avec Bruxelles, on voit mal pourquoi les Espagnols la porteraient au pouvoir. Le renoncement de Syriza se paiera cher aussi en France. On imagine déjà Marine Le Pen renvoyer cet échec de la gauche radicale grecque à la figure de Jean-Luc Mélenchon ou de Pierre Laurent, qui auront bien du mal à trouver des arguments convaincants pour se défendre. Les difficultés actuelles et celles qui s'annoncent sont très largement dues à la myopie de la gauche radicale sur la véritable nature de l'Union européenne. Pendant dix ans, entre le Non français du 29 mai 2005 et aujourd'hui, elle n'a cessé de prétendre, en dépit du bon sens, que les institutions communautaires étaient réformables. L'Union européenne pouvait bien imposer le traité de Lisbonne, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), martyriser et humilier les pays du Sud, négocier avec les États-Unis le Grand marché transatlantique... les Syriza, les Front de gauche et les Podemos n'en démordaient pas : la négociation avec Bruxelles, Francfort et Berlin permettrait de « changer l'Europe ». Et de faire de l'euro un outil au service des peuples... Le plus tragique est de ne pas avoir perçu que ce discours, même s'il est plus virulent dans sa forme, n'est qu'une réplique de la propagande sociale-démocrate : demain, l'Europe sociale ! Les promesses trahies de François Mitterrand, de Lionel Jospin puis de François Hollande suffisaient à disqualifier totalement cette stratégie. Mais la gauche radicale s'entêtait. Jusqu'à la séquence grecque de 2015 qui fait définitivement voler en éclat l'illusion de la « réforme de l'intérieur ». Il est bien temps aujourd'hui d'entrouvrir ces débats, tout en les canalisant pour qu'ils ne nous emmènent pas trop loin. Clémentine Autain (Ensemble) estime que l'on peut à présent douter du fait que l'union monétaire soit le paradis sur Terre et que, par conséquent, on est en droit de remettre en cause son existence. Tout en précisant aussitôt que refuser l'euro ne veut pas dire refuser l'Union européenne. En Belgique, le trotskiste Daniel Tanuro accepte enfin d'envisager la sortie de la Grèce de la zone euro... avant d'indiquer que cette solution n'est pas valable pour la France ou d'autres pays. Je repense alors aux écrits de mon ami et camarade Samir Amin, au lendemain du 29 mai 2005 : « On ne pourra jamais faire évoluer "de l'intérieur" l'Europe engagée dans la voie du libéralisme atlantiste, en direction d'une "Europe sociale" et indépendante (des États-Unis). C'est en faisant front ouvertement au projet européen tel qu'il est qu'on maximisera les chances d'une construction alternative authentique1. » Et je me dis que nous avons perdu dix ans. J'ai défendu de mon côté l'idée de « désobéissance européenne », en lui donnant un contenu très clair : restaurer la souveraineté juridique et monétaire au niveau national pour mener des politiques de gauche. Je considérais qu'à partir du moment où un État dirigé par la gauche radicale recouvrait sa souveraineté, l'appartenance formelle aux institutions communautaires était secondaire. Cela reste techniquement vrai, mais le sort qui est fait aujourd'hui à la Grèce change la donne. Le simple fait d'être membre de l'Union européenne est devenu politiquement intolérable pour la gauche. Il ne s'agit plus seulement de rompre avec l'eurolibéralisme. Il s'agit d'affirmer que nous n'avons absolument rien en commun, ni du point de vue des objectifs, ni du point de vue des valeurs, avec ces institutions conçues dans une logique de classe, pour lutter contre les peuples, et qui se sentent à présent assez puissantes pour ne plus faire le moindre compromis. Le seul objectif valable est d'en sortir et de les démanteler. 1« Quel "projet européen" ? », Samir Amin, 21 juin 2005.
Edité le 17-08-2015 e 13:30:15 par Xuan
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