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 Burkina Faso : le changement dans la continuité

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Resistance
Jeune Communiste
Resistance
193 messages postés
   Posté le 12-11-2014 à 23:16:49   Voir le profil de Resistance (Offline)   Répondre à ce message   http://www.resistance-politique.fr/   Envoyer un message privé à Resistance   




Vingt-cinq ans après la chute du mur de Berlin, loin de l’opulence des pays riches, la diplomatie occidentale continue de frayer avec les dictateurs qu’elle paye grassement pour engager des guerres par procuration. En clair, pour lutter contre ses propres ennemis. Le dernier exemple en date est celui de l’ex-Président du Burkina Faso Blaise Compaoré, déposé à la faveur d’un soulèvement populaire.

Le curriculum vitae de l’ex-dictateur retrace l’une des périodes les plus sombres de l’Afrique contemporaine. Le Burkina Faso s’appelait la Haute-Volta et était encore une colonie française lorsque naquit dans une petite ville au nord de Ouagadougou Blaise Compaoré, en 1951. Fils d’un ancien tirailleur, il s’engage dans l’armée de son pays après être passé par des écoles militaires, au Cameroun, au Maroc puis à l’École d’infanterie située à l’époque à Montpellier. Le beau Blaise comme on l’appelait à cette époque en raison de son physique avantageux est affecté en 1981 à la tête du centre national d’entraînement commando où il succède à un certain Thomas Sankara. Celui-ci est son aîné de deux ans. Les deux hommes s’étaient liés d’amitié lors d’un stage d’instructeur parachutiste à Rabat, en 1978. Au sein de l’armée voltaïque, le duo fonde avec d’autres camarades de promotion le Regroupement des officiers communistes.

La Haute-Volta est alors en proie à des coups d’État militaires à répétition depuis son accession à l’indépendance, le 5 août 1960. Cette instabilité chronique profite aux courants progressistes, dont l’idéologie influence la génération montante des officiers subalternes à laquelle appartiennent Thomas Sankara et Blaise Compaoré, principaux acteurs de la Révolution de 1983.

Le premier nommé parvient finalement au pouvoir le 4 août 1983 et préside par la même occasion le Conseil national de la Révolution. Thomas Sankara fait rapidement changer le nom de la Haute-Volta, nom issu de la colonisation, en un nom issu de la tradition africain, le Burkina Faso, ce qui signifie le pays des hommes intègres. Il définit son programme comme anti-impérialiste, notamment dans son discours d’orientation politique. Ce dernier, comme son nom l’indique, est la référence théorique de la révolution. Blaise Compaoré est ministre dans ce gouvernement qui entend privilégier les éléments les plus fragiles de la société.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné dans un énième coup d’État. Accusé d’être le cerveau derrière la disparition tragique de son ami et prédécesseur, Blaise Compaoré nie toute implication. Vingt-sept ans après les faits, le mystère de cette disparition reste entier. Le gouvernement français de l’époque, un gouvernement de cohabitation avec Jacques Chirac Premier ministre et François Mitterrand président de la République, ainsi que plusieurs gouvernements africains proches de la France, sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans les événements qui ont précipité la fin de Thomas Sankara et de treize de ses compagnons.

Le comité des droits de l’homme des Nations Unies a condamné en 2006 le Burkina Faso pour « refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de l’ancien chef d’État ». Blaise Compaoré n’en a pas moins continué son parcours en entretenant des relations très étroites avec Paris, ce qui lui permet de promouvoir les intérêts de l’ex-puissance coloniale en Afrique. Son clan a en parallèle soutenu activement les milices de Charles Taylor au Liberia et en Sierra Leone, participé à des trafics de diamants au profit du mouvement rebelle angolais de l’UNITA pour finalement jouer un rôle trouble vis-à-vis de certains groupes armés qui ont occupé le nord du Mali à partir de début 2012.

Compaoré est aussi devenu un courtier politique au profit des États-Unis. Ces derniers disposent depuis 2007 d’une base dans la capitale burkinabé. Cette base constitue un réseau d’espionnage dans la région avec des avions espions survolant la Mauritanie, le Mali et le Sahara. Par ailleurs, l’Oncle Sam a offert en début d’année des équipements militaires d’une valeur totale de 1,8 million de dollars comme « matériel de soutien pour les forces de maintien de la paix burkinabé » (sic). Ce n’est pas pour rien que le quotidien Le Monde titrait le 26 avril 2010 son article consacré à la présidentielle gagnée par le président burkinabé avec près de 81 % des voix : « Blaise Compaoré, ex-putschiste devenu artisan de la stabilité en Afrique ».

Alors que le président déchu a été exfiltré par les forces spéciales françaises en Côte d’Ivoire, le nouvel homme fort du pays semble être le lieutenant-colonel Isaac Zida. Adoubé par l’armée, il a affirmé lundi 3 novembre vouloir ouvrir la porte à un régime de transition dirigé par un civil. Paris et Washington ne semblent pas inquiets de la tournure des événements. Le nom du futur dirigeant importe finalement peu, du moment que l’armée, équipée et entraînée par l’Occident, soit en mesure de mettre fin à toute situation instable.

Nous assistons en quelque sorte à une valse des dictateurs, comme si finalement personne n’était descendu dans la rue pour les destituer. Rien ne serait pire pour les puissances occidentales qu’un régime islamique, nous dit-on. Ces basses manœuvres seraient donc organisées pour conjurer la fièvre islamiste. Soit. Mais est-il possible que personne ne se rende compte que cette politique, basée sur l’ingérence et le mépris des peuples, ne fait qu’alimenter la popularité des groupes djihadistes, perçus comme la seule alternative anti-impérialiste et révolutionnaire dans ces régions ?

Bruno Delahaye, ex-responsable de la cellule africaine de l’Élysée, affirmait dans un entretien publié par le Figaro le 12 janvier 1998 qu’il avait dû recevoir dans son bureau quatre cents assassins et deux mille trafiquants de drogue. « On ne peut pas ne pas se salir les mains avec l’Afrique », ajouta-t-il. Tout n’est pourtant qu’une question de volonté. Il semble néanmoins qu’on s’achemine vers un changement dans la continuité. Dommage que les Africains soient les derniers à en profiter. Le continent noir est sous pression. Les troubles qui ne manqueront pas d’éclater à terme auront au moins le mérite de clore cette partie de l’histoire que d’aucuns ont appelée à tort la décolonisation.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-burkina-faso-le-changement-dans-la-continuite-124969121.html

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marquetalia
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   Posté le 13-11-2014 à 11:00:41   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

la possible montée en puissance d "islamistes"au Burkina Faso serait un bon pretexte à une intervention militaire francaise-il y a un peu plus de 60 pourcents de musulmans dans ce pays.

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Xuan
Grand classique (ou très bavard)
12144 messages postés
   Posté le 18-11-2014 à 14:46:04   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal : L’axe des nouveaux perturbateurs ?


Ababacar Fall «Barros»
2014-11-17, Numéro 347


Pambazuka

Pour avoir endossé, de fait le Pacte colonial avec Blaise, ces dernières décennies, certains politiciens répugnants ‘’se faufilent au pouvoir lorsque le peuple se bat’’. Les gesticulations, les tractations de ces ‘’envoyés spéciaux’’ autour de la ‘’la table de la Cedeao’’, à Ouagadougou, ne visent qu’un seul objectif : faire de sorte la situation n’échappe pas à la ‘’Françafrique’’.

Le président français, François Hollande, depuis le Québec, a avoué que la France, a aidé à faire exfiltrer Blaise Compaoré de Ougadougou vers la Côte d’Ivoire. Auparavant, un Sénégalais, ‘’spécialiste de la guerre’’, et les ‘’médiamensonges’’, ont tenté de brouiller les pistes en désignant Po et le Ghana, comme destinations du ‘’fugitif’’. Sachant bien que le Po de 1983 n’est plus celui du 31 octobre 2014. Et que le Ghana où vit la sentinelle Rawlings n’était pas la bonne destination pour l’assassin de Sankara, de Lingani, de Zongo, le journaliste brûlé vif avec quatre de ses compagnons dans leur véhicule. Toutes affaires non élucidées

Tous les observateurs avertis, à l’exception des journalistes + et autres chroniqueurs + , savaient pertinemment que la destination de l’homme des occidentaux, la France en tête, était immanquablement la ‘’Cote d’Ivoire’’ d’Alassane Ouattara, de Guillaume Soro. Ce pays n’est pas choisi au hasard. Loin s’en faut.

- Les africains sérieux ont trouvé ridicules les gesticulations puériles et les menaces de sanctions envers le Burkina actuel lancées par l’Union africaine, ainsi que le déplacement de la délégation composée des présidents du Sénégal et du Nigéria. La réaction fut unanime : ‘’Pourquoi ils n’ont pas menacé de sanctions Blaise lorsqu’il s’est entêté à modifier la constitution ?’’

Les événements survenus au Burkina mettent avec netteté, en évidence, l’ordre colonial qui prévaut dans le pré-carré français, en Afrique de l’Ouest. Cela, particulièrement, en rapport avec les précédents événements survenus au Mali et en Cote d’Ivoire. Dans ce dernier pays, Chirac, Sarkozy, puis Hollande, tous dans le contexte de rivalités inter-impérialistes ne voulaient, pour rien au monde, perdre la Côte d’Ivoire et les Etats ‘’baignés’’ par le pétrole du Golfe de Guinée où des milliards de barils de pétrole y sont repérés dans l’océan. Il n’est point besoin de faire un dessin pour montrer que Ouattara, ancien commis expéditionnaire de la Bceao et du Fmi, et Blaise Compaoré, le barbouze, sont les agents attitrés pour défendre les intérêts occidentaux.

Concernant le Mali qui entre dans le dispositif impérialiste pour le contrôle des matières premières, le Journal sénégalais l’As du 31 octobre, nous apprend qu’ ATT, (Amadou Toumani Touré), ancien président du Mali, qui se la coule douce à Dakar, aux frais du contribuable sénégalais, venait de déménager du ‘’Petit Palais’’ , traditionnellement maison du Premier ministre, au quartier chic de Ngor Almadies. Mais pourquoi ATT est chouchouté et dorloté par l’Occident ? Nos stratèges les ‘’spécialistes machin’’, passent sous silence le fait que c’est à cause du laxisme (calculé ?) d’ATT, par rapport à la gestion du dossier du Nord-Mali, que Amadou Yaya Sanogo (étiqueté pro-américain), l’avait débarqué. Et que ce changement a profité à Ibrahima Boubacar Keita (IBK).

Après son élection à la présidence du Mali, ce dernier a nommé l’officier des bérets verts, général d’armée. Mais très vite, obéissant à l’injonction de ses amis occidentaux, IBK le mit aux ‘’arrêts de forteresse’’. Ce qui fait que depuis plus d’un an, on ne parle plus de lui. Sauf qu’hier on a cherché à lui coller le corps exhumé du colonel Youssouf Traoré, tué dans une mutinerie, en septembre 2013.

En tout état de cause, tous les hommes et femmes, de quel bord politique, syndical, religieux, de la société civile, démocrate, épris de justice, devraient simplement demander justice pour le Général Sanogo. C’est–à-dire ; qu’il soit jugé ou libéré. Rappelons-nous qu’après avoir trainé dans la boue Sanogo et calomnié l’armée malienne, des armes commandées pour le Mali furent bloquées dans les ports de Dakar, Togo ou Cotonou. La suite est connue, un boulevard a été ouvert aux djihadistes vers le Mali.

Aujourd’hui, Macky Sall est présenté par ‘’des cabinets de propagande’’ comme celui qui pourrait remplacer Blaise dans la ‘’mission de médiateur volontaire’’. En tout cas, cette mission sur le Burkina, accompagnée du débonnaire au chapeau noir (qui aurait dû rester dans son fief du Nigéria, pour en découdre avec Boko haram), n’a pas impressionné l’opposition qui a vite fait d’éventrer le complot qui consistait à remettre en selle les assassins du Cdp, parti de Blaise. Car la riposte fut cinglante lorsque les envoyés de la Cedeao ont tenté de le faire avec leurs gros mots : ‘’Dialogue inclusif, consensuel’’, rappelant un ancien théoricien du dialogue de Yamoussoukro, avec l’Afrique du Sud.

C’est ‘’la ronde des hyènes autour des cimetières’’

David Diop, le poète avait vu juste ! Le branle-bas qui se déroule à Ouagadougou n’est pas pour restituer la souveraineté aux populations qui ont débarqué le potentat Blaise. Même la secrétaire d’Etat aux Affaires africaines du gouvernement américain s’est invitée au débat. Tous avancent masqués, en parlant de remettre le pouvoir aux civils. Mais quels civils ? Pour eux, le bon civil ce sera le civil ‘’modéré’’, apte à défendre les intérêts des multinationales occidentales. Mais où sont les représentants des populations, des jeunes qui recevaient les balles ?

Pour avoir endossé, de fait le Pacte colonial avec Blaise, ces dernières décennies, certains politiciens répugnants ‘’se faufilent au pouvoir lorsque le peuple se bat’’. Les gesticulations, les tractations de ces ‘’envoyés spéciaux’’ autour de la ‘’la table de la Cedeao’’, à Ouagadougou, ne visent qu’un seul objectif : faire de sorte la situation n’échappe pas à la ‘’Françafrique’’ Pour qu’il y ait un homme capable d’égaler Blaise et ses compères Déby, Sassou, Eyadema, etc. Il semble que nom de celui va conduire la transition sera connu, le 29 novembre 2014. Devinez pourquoi ? Ce sera la date d’ouverture du Sommet de la Francophonie, à Dakar !

Cela dit, nous croyons que ce qui vient de se passer au Burkina Faso va faire ouvrir les yeux à certains de nos compatriotes qui, très virulents, s’étaient attaqués à bras raccourcis, à Gbagbo, le chef d’Etat insoumis, en le traitant de tout les noms. Qu’ils sortent d’abord leurs papiers, pour pouvoir faire leur ‘’mea-culpa’’ ou autocritique ! Les aveux de François Hollande montrent pertinemment, au regard de la tentative de reconstitution du ‘’nid d’aigles’’ à travers l’axe Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, que la France est l’un des principaux ‘’perturbateurs endocriniens’’ de la Cedeao, de l’Uemoa, voire de la Cedeao.

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