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 Basculement historique BRICS / USA

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Xuan
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   Posté le 05-11-2015 à 13:38:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je publie ici un courrier de Gilbert Remond sur les transformations en cours en Russie. Elles sont la conséquence de l'agression multiforme exercée par les USA et l'OTAN et accélèrent le développement indépendant de la Russie sur le plan commercial et financier.
On peut relier ces transformations avec la réorientation stratégique du commerce en Chine, conséquence de la crise de 2008 :


Je vous donne aujourd'hui le premier article d'une série a venir selon ce que je vous ai dit dans mon précédent mail au sujet de ce qui bouge dans l'organisation du monde et les nouveaux rapports de force qui s'y établissent. Cet article, publié sur le Blog de Karine Bechet Golovko, Russie Politics, le jeudi 22 octobre marque un éloignement des théories libérales dans la conduite des affaires de l'économie en Russie. Il est la conséquence de la mise en place des BRICS et du rapprochement avec la Chine, mais aussi des politiques punitives et agressives de l'impérialisme et donc d'une modification du rapport des forces politiques dans le pays.

Il ne faut jamais oublié que le feu couve sur les braises de l'expérience soviétique et que le premier parti d'opposition est le KPRF le parti communiste. Il est suivit du rapport de S. Glaziev et de ses annexes qui m'a été transmis par Alain Bednar que je remercie encore.

Ce rapport a été publié par le Saker francophone. Nous le reprenons pour la circonstance et l’intérêt du document. Une fois n'est pas coutume mais disons le tout net que le Saker n'est pas l'un de nos sites de référence. Son orientation n'est pas la notre et ses valeurs sont dans certains domaines a l'opposé des nôtres. Il n'empêche la matière qui nous est donnée par sa publication est utile a notre édification sur l'évolution du monde. La lecture de ces documents doit bien sur être faite d'un point de vu marxiste et nourrir notre approche sur les tendances et les phénomènes en cours.Les réaction sont les biens venues.

Gilbert Remond


jeudi 22 octobre 2015


Russie: vers un tournant de la politique économique?



Le retour de l'économiste, académicien et conseiller économique du Président russe, S. Glaziev, sur le devant de la scène médiatique marque un tournant sérieux dans la politique intérieure du pays. En effet, S. Glaziev est un des rares économistes russes n'appartenant pas à la bulle néolibérale et voulant développer les secteurs réels de l'économie, mettant la finance à la place de moyen et non de but du système économique, qu'il veut, par ailleurs, national.

Ces prises de position lui ont valu beaucoup de critiques, peu argumentées mais très violentes. Or, aujourd'hui, on le voit réapparaître. Nécessité oblige. Le rêve post moderne du néolibéralisme a ses limites, la Russie semble être en position de pouvoir les imposer.

La guerre des clans politiques, plutôt idéologiques, en Russie est particulièrement forte. L'on y oppose la bulle néolibérale qui veut avoir le monopole du discours qu'elle dénomme libérale, visant avant tout à l'autorégulation, à la protection des milieux financiers et au renforcement de l'intégration de l'économie russe dans les mécanismes de mondialisation. En face, schématiquement, l'on trouve le clan de ceux qui se font appeler les conservateurs et qui correspondent à la conception classique du libéralisme. Ils défendent la réindustrialisation du pays, la maîtrise de la monnaie nationale contre la spéculation financière (intérieure et internationale) et envisagent une participation à l'économie mondiale tant que cela ne porte pas atteinte aux intérêts nationaux. Glaziev appartient plutôt à cette catégorie. Elvira Nabiullina, à la tête de la Banque centrale, Koudrine l'ancien ministre des finances, représentent la bulle néolibérale. Et ils ont presque réussi à avoir le monopole de la communication. Jusqu'à présent.

Mais la situation change. Avec les sanctions économiques, la Russie s'est trouvée obligée de développer sa production nationale, donc de relancer le secteur réel. Une politique de réindustrialisation du pays accompagne le soutien aux PMI et PME. L'heure n'est plus aux géants de l'économie, dont les intérêts sont transnationaux, mais à la mise en place d'un tissu économique nationale, donc indépendant des tribulations politiques internationales.

Parallèlement, la Russie s'est imposée sur la scène internationale avec la Crimée tout d'abord et maintenant avec la Syrie. La position politique des tenants d'une politique intérieure souveraine, forte et indépendante de celle menée par les Etats Unis, affirmant ses intérêts nationaux et les défendant, s'est trouvée fortement renforcée. Ils peuvent avoir uen chance de prendre le pas sur le clan néolibéral.

Ainsi, la manière dont la Russie a réussi à capitaliser les évènements internationaux permet d'opérer un tournant dans la politique intérieure économique, sans que l'on n'entende les hurlements habituels lors des tentatives passées.

En effet, lorsqu'il avait été question du rapport de S. Glaziev, la presse l'avait ridiculisé, disant qu'il s'agissait d'un retour à l'époque soviétique. Pour autant, en écoutant son argumentation, elle est rationnelle et logique, même pour des personnes qui, comme moi, ne sont pas économistes.

Voici l'interview du 12 octobre qui semble avoir relancé S. Glaziev sur la scène intérieure. Il s'agit de l'émission de Pozner, opposant intégré libéral, discutant de grande qualité. Il a bien tenté de pousser Glaziev dans ses retranchements, celui-ci n'est tombé dans aucun piège. Oui, l'Etat doit intervenir, car le marché ne peut objectivement tout contrôler. Ceux qui défendent le point de vue inverse servent les intérêts particuliers de ceux qui veulent contrôler le marché. Oui, il faut planifier, mais en souplesse, et s'adapter, car il faut bien savoir où aller.

Pour ceux que cela intéresse, voici l'interview intégrale en russe. Passionant.


Malgré le respect réel pour l'individu, l'on sent les piques du "libéral qui sait". Ce ton parfois railleur est totalement mis de côté dans la presse aujourd'hui et même dans les médias "libéraux", comme Dojd ou RBK. Pourquoi? Parce que la situation a changé et que certains libéraux ont décidé de se distinguer du clan néolibéral et proposent un programme commun avec Glaziev. Une sorte d'union nationale pour éviter que la Russie ne retombe dans les années 90.

Voici une autre émission, sur RBK (la chaîne de l'oligarque Prokhorov), chaîne qui se veut libérale et spécialisée sur les questions économiques et financières.


L'Union sacrée est officialisée. L'Ombudsman pour les hommes d'affaires, B. Titov, s'allie à S. Glaziev, alors que leurs visions des problèmes, et surtout des solutions, étaient très éloignées l'une de l'autre, et ils présentent ensemble un rapport pour sortir la Russie de la voie dangereuse qu'elle est en train de prendre.

Il est ainsi affirmé que le PIB a un potentiel d'évolution de 7% à 10% rapidement. Pour cela, il faut radicalement repenser la politique économique. Il s'agit, notamment, de:

> réindustrialiser le pays (production, agriculture, technologie ...), ce qui apportera au moins 2 à 3 points de PIB;
> relancer l'exportation de la l'industrie chimique et des produits transformés, ce qui apprtera encore 1 à 2 points de PIB;
> développer le bâtiment et les infrastructures, encore 1 à 2 points;
> et prendre les mesures pour faire sortir l'économie parallèle de l'ombre, ce qui peut apporter 4 points de PIB.

Il faut également mettre un terme aux géants et monopolistes dans les domaines des ressources naturelles et des finances. Ils doivent passer à l'économie de marché. Les tarifs doivent être indexés et encadrés pour les 3/4 prochaines années, afin d'éviter une hausse brusque des tarifs.

Sur le plan financier, les auteurs du rapport proposent de radicalement changer le mandat de la Banque centrale. Pour Glaziev, elle joue contre les intérêts du pays. Il faut baisser les taux d'intérêt, relancer une politique de prêts, surveiller l'utilisation faite des fonds, monétariser l'économie russe pour la redynamiser. Car les entrepreneurs ont du mal à obtenir des prêts, les taux sont trop élevés pour être rentables. Tout cela bloque le développement de l'économie réelle et ne sert qu'au secteur bancaire et à la spéculation financière, qui elle se porte très bien.

Cette démarche n'entraînerait pas d'inflation, car le potentiel productif de la Russie est largement sous-employé, l'afflux de monnaie permettrait simplement de le réaliser. La Banque centrale doit veiller à ce que les spéculateurs internationaux n'aient pas accès au marché, à ce que l'argent soit employé pour relancer les secteurs réels et elle doit soutenir la monnaie nationale. Ce qui est en général le cas dans les autres pays. Concrètement, le taux ne doit pas dépasser 4/5%; il faut émettre en 5 ans au moins 7,5 trillions de roubles; le cours du rouble doit être stablement abaissé de 10% par rapport aux principales monnaies étrangères. Plus d'infos ici.

Enfin, un léger déficit budgétaire doit être possible, pour soutenir l'économie. On soulignera que la Russie est enfin revenue à un budget annuel et non triennal, ce qui était dangereux en période d'instabilité. Et un déficit de 3% du PIB est prévu.

S. Glaziev se bat depuis longtemps pour faire comprendre qu'une politique économique se pense globalement, avec des instruments financiers, juridiques, fiscaux, administratifs. Il semblerait que le message soit enfin passé.


Le rapport de Sergueï Glazyev et ses annexes –



Le moment serait-il venu pour la Russie, à l'heure où le néolibéralisme dévore les sociétés occidentales, de pouvoir proposer en théorie et en actes un autre modèle? A la fois démontrant la force réelle des théories classiques de l'Etat et de la souveraineté contre le post modernisme, et totalement innovante en faisant le lien avec le business et la société civile. A suivre avec beaucoup d'intérêt.

Business Online publie pour la première fois le texte complet du document analytique largement discuté qui a été présenté aujourd’hui auprès du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie. Le Conseiller présidentiel Sergueï Glazev a présenté son rapport dans une session à huis-clos de la Commission interdépartementale du Conseil de sécurité, ce rapport a reçu une large reconnaissance en faisant la une du magazine Kommersant [journal des partisans du libéralisme, appelés aussi les atlantistes, NdT] où on le qualifie de «plus complète présentation du programme proposé par les partisans de la rupture vers la modernisation». Il existe en même temps, à la disposition des critiques et des apologistes de ces concepts, un kit biaisé de fragments, mais pas le texte en lui-même. Business Online à rempli le vide.

Les USA tentent de maintenir leur suprématie par la mise en œuvre d’une guerre mondiale

L’agression US contre la Russie et la prise de contrôle de l’Ukraine font partie intégrante de la guerre mondiale hybride (chaotique) menée par Washington pour garder son leadership dans la compétition montante avec la Chine. La Russie a été désignée comme le but de la principale agression sur la base d’une combinaison de circonstances objectives et subjectives.

Objectivement, l’escalade des tensions internationales militaires et politiques est causée par le changement des situations technologiques et des cycles historiques d’accumulation du capital, qui provoquent de profondes restructurations des économies basées sur de nouvelles technologies fondamentales et de nouveaux mécanismes de reproduction du capital. En même temps, après cinq cents ans d’expérience du capitalisme, il y a une déstabilisation aiguë du système des relations internationales, la destruction de l’ancien ordre mondial et la formation d’un nouveau, qui s’accompagne de guerres entre anciens et nouveaux leaders pour la domination du marché mondial.

L’agression US contre la Russie et sa mainmise sur l’Ukraine sont partie prenante d’une Guerre mondiale hybride.

Quelques exemples de telles périodes dans le passé : la guerre des Pays-Bas pour leur indépendance face à l’Espagne du XVIe au XVIIe siècle, qui eut pour résultat de déplacer le centre du développement capitaliste de l’Italie (Gènes), vers les Pays-Bas. Les guerres napoléoniennes, dont le résultat fut que le Royaume Uni devint un pouvoir dominant. Les Première et Deuxième Guerres mondiales qui donnèrent la domination du monde capitaliste aux USA, et la Guerre froide entre les USA et l’URSS, qui donna aux USA l’accès au leadership mondial en raison de leur supériorité dans le développement des nouvelles technologies et la mise en place du monopole de l’émission de la monnaie mondiale.

Dans l’actuelle période de croissance, et dans le domaine des nouvelles technologies avancées, la Chine prend la tête, et l’accumulation du capital au Japon crée des opportunités pour déplacer le centre d’accumulation de ce dernier vers l’Asie du Sud-Est. Confrontés à cette sur-concentration de capital dans des pyramides financières et des systèmes de production obsolètes aussi bien qu’à la perte de marchés pour leurs productions et à une baisse dans le niveau des transactions internationales en dollars, les USA tentent de garder leur leadership en fomentant une guerre mondiale hybride [militaire, médiatique et commerciale] de façon à briser leurs concurrents et partenaires. Dans une tentative d’établir leur domination sur la Russie, l’Asie centrale et le Moyen Orient, les USA voient un avantage stratégique dans le contrôle des fournitures d’hydrocarbures et autres ressources essentielles. Le contrôle des USA sur l’Europe, le Japon et la Corée assure leur domination dans la création des nouvelles connaissances et le développement des technologies avancées.

Subjectivement, l’agression anti-russe est causée par l’irritation des géopoliticiens américains devant la politique étrangère indépendante du président de la Russie et sa focalisation sur une pleine intégration eurasienne, par la création de l’EAEC, de la SCO et les tentatives de créer un espace économique commun de Lisbonne jusqu’à Vladivostok. Les USA craignent la formation d’une centre mondial indépendant, et en premier lieu les pays des BRICS. Le rôle historique de la Russie dans l’organisation de ces projets d’intégration mondiale a déclenché une vague de russophobie américaine hystérique. En plus, le président russe est diabolisé, Washington le voit comme le grand responsable de la perte de contrôle des USA sur la Russie et l’Asie centrale. La politique étrangère indépendante de Poutine est ressentie comme une menace existentielle pour la dominance américaine mondiale.

Washington met en place une guerre mondiale qui diffère des précédentes par une absence de ligne de front où les armées s’opposent. Elle est basée sur l’utilisation moderne des informations et des technologies cognitives, en liaison avec le soft power et l’usage limité des forces militaires sous forme d’opérations punitives quand l’ennemi est dépourvu de possibilités de résistance. Le but est de déstabiliser la situation interne du pays victime, au moyen de la subornation de sa conscience sociale par des idées subversives, en provoquant une détérioration socio-économique qui encourage les diverses forces d’opposition, en soudoyant les élites productives pour infiltrer les institutions gouvernementales et renverser le gouvernement légitime et, pour finir, transférer le pouvoir à un gouvernement fantoche – technique bien rodée du régime change [à l’aide de la cinquième colonne].

La Secrétaire assistante au Département d’État des USA, Victoria Nuland, distribue des cookies sur le Maidan.

Ces guerres sont qualifiées d’hybrides : jusqu’au dernier moment, le gouvernement du pays victime ne se sent pas menacé. Sa capacité politique est jugulée par des négociations et des consultations sans fin, le système immunitaire est détruit par une propagande démagogique, pendant que l’ennemi est activement occupé à détruire les structures de sécurité interne et externe. Le moment décisif est la suppression, par des moyens militaires, des poches de résistance qui émergent. C’est de cette manière que les USA ont achevé avec succès la Guerre froide contre l’Union soviétique, ils sont maintenant en train d’étendre le chaos dans les régions stratégiques importantes du Moyen-Orient et tentent de regagner le contrôle sur l’espace post-soviétique.

L’organisation d’un conflit militaire entre la Russie et l’Europe est très souhaitable pour les USA

En organisant un putsch et en établissant un contrôle total sur les structures de pouvoir de l’État ukrainien, Washington transforme une part du monde russe en terrain pour le renseignement militaire, visant une intervention humanitaire et politique en Russie dans le but de transmettre une guerre chaotique sur son territoire, en organisant une révolution et un démembrement subséquent. Ils espèrent que la conscience du public russe ne sera pas immunisée contre la pénétration d’agents d’influence venant d’Ukraine, laquelle est une partie intégrale des racines spirituelles et culturelles russes, et, aussi, que les Forces armées russes ne feront pas usage d’armes de destruction massives contre leurs propres frères.

En lançant la guerre russo-ukrainienne, les USA ont entraîné l’Otan contre la Russie, imposant des sanctions économiques anti-russes. Ces deux actes ont pour but d’affaiblir l’UE et de consolider leur contrôle sur Bruxelles. L’organisation d’un conflit militaire entre la Russie et les pays européens de l’Otan en Ukraine est le scénario le plus avantageux pour les USA, pour lesquels une guerre en Europe a toujours été bénéfique. La provocation d’une guerre au motif de protéger les populations face à une agression russe est le principal objectif assigné par les Américains au régime russophobe de Kiev. Tant que ce régime existe, il tentera de provoquer une guerre avec la Russie, y compris par le martyr de la population russe du Sud-Est de l’Ukraine.

Même si nous ne pouvons stopper l’agression US en Ukraine et résoudre la crise ukrainienne, il n’y a aucun doute sur l’inévitable et longue détérioration du commerce et des relations économique entre la Russie et les membres de l’Otan, ainsi qu’avec les autres pays dépendants des USA (Japon, Corée du Sud, Canada, Australie). Étant donnée la haute dépendance externe de l’économie russe, ceci crée une menace sérieuse pour la sécurité nationale. Le plus menaçant de ces risques réside dans le gel des placements en devises étrangères, l’isolement des banques russes des systèmes internationaux de paiement et d’information, le blocus des produits de haute technologie et l’aggravation des conditions d’exportations de la Russie.

Actuellement, le montant des placements en devises étrangères de la Fédération de Russie situé sous la juridiction des pays de l’Otan est de plus de $1,2 trillions, constitué de placements à court terme pour environ $0,8 trillions. Leur gel peut être partiellement équilibré par une action symétrique contre les placements de pays de l’Otan en Russie qui avoisinent $1,1 trillions, dont plus de $0,4 trillons à long terme. Cette menace peut être neutralisée si les autorités monétaires organisent à temps le retrait des placements russes à court terme aux USA et dans l’EU, ce qui peut changer la balance en sa faveur. Pourtant, malgré la menace des sanctions, les placements russes dans des valeurs financières US et européennes continuent.

Avant qu’il ne soit trop tard, il y a urgence à vendre les valeurs placées en obligations aux USA, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et dans tous les pays participant aux sanctions contre la Russie. Ils peuvent être remplacés par des investissements en or et autres métaux précieux ou en stocks de liquidités plus commodes, y compris des investissements cruciaux dans la sécurité des pays membres des EAEC, SCO, BRICS, aussi bien que dans les organisations où les Russes ont une participation (y compris la Banque eurasienne de Développement, la CIS, l’AIIB, la Nouvelle banque de développement, etc.), ainsi que dans l’expansion des infrastructures qui soutiennent les exportations russes. Pour finir, la création de places de marchés internationales pour les échanges de marchandises russes en roubles, sous juridiction russe, est très importante, ainsi que la création de réseaux internationaux de vente de services et de produits russes à haute valeur ajoutée.

Prenant en compte la tendance actuelle au gel des placements et valeurs privées des sociétés russes ou des individus avec lesquels les autorités monétaires des pays occidentaux commencent à interférer, la Russie doit envisager des mesures pour un moratoire partiel ou total du service des prêts et des investissements originaires de ces pays.

La Banque centrale traîne les pieds pour créer un Système national de cartes de paiement

La Banque centrale a retardé la création d’un Système national de carte de paiement, ainsi que le Système d’échange et d’information bancaires qui pourrait protéger le système financier bancaire russe des sanctions sous les juridictions des systèmes et de paiement et placement VISA, MasterCard, SWIFT, ainsi qu’il en avait été décidé il y a trois ans. Maintenant il est nécessaire de mettre à l’ordre du jour la création de ces systèmes internationaux pour la prochaine rencontre des pays des BRICS à Oufa afin d’assurer le fonctionnement des instruments de paiements russes, pas seulement en Russie mais à l’étranger. ANNEXE 1

En savoir plus : La Russie précipite l’abandon de SWIFT par les BRICS

Ainsi qu’il a été répété souvent par le président russe, il est nécessaire de lancer le rapatriement de l’économie russe [de-offshorization], pour éviter de créer une dépendance critique de ses circuits de production aux institutions légales et financières anglo-saxonnes et prévenir la perte systématique de $60 billions par an, différentiel entre les rendements des capitaux empruntés et prêtés. Des propositions en ce sens ont été plusieurs fois transmises au ministre des Finances et à la Banque de Russie. ANNEXE 2. Des initiatives législatives récentes à cet égard se limitent à la question du transfert vers l’extérieur des taxes sur le revenu, ce qui n’a pas éliminé des sources plus importantes d’exportation de capitaux, mais a aussi stimulé le déplacement des taxés vers des juridictions étrangères.

Il est important d’appliquer les multiples instructions du président de la Russie sur la mise en place d’un marché financier, et la création d’agences de notation, de compagnies de conseil et d’audit locales. Ralentir l’exécution de ces directives présidentielles induit des pertes significatives pour le système financier national dues à une sous-évaluation systématique du crédit rating, notation de crédit, des emprunteurs russes et à une mauvaise conduite des partenaires occidentaux.

La Banque de Russie continue sa politique d’ouverture totale des marchés financiers

La Banque centrale russe continue à servir la dette du capital étranger

Dans le but de poursuivre une politique indépendante il est nécessaire d’organiser notre propre développement économique. Un adversaire qui contrôle les performances productives de notre économie nationale peut manipuler les sentiments de la communauté des affaires, affecter drastiquement les fonctions vitales de la Société. Il n’est pas possible de gagner une guerre avec eux dans de pareilles circonstances, rendant impossible la conduite d’une politique étrangère indépendante. Ceci nous amène au fait que le chemin des dirigeants russes vers une politique étrangère indépendante doit être soutenue par la remise en place de la souveraineté nationale dans le contrôle des performances productives et le développement de notre propre économie.

La plus importante condition pour la neutralisation des sanctions occidentales est le passage des sources extérieures vers des sources nationales de crédit. Les experts et les spécialistes russes ont sans cesse proposé des solutions à ces problèmes, mais elles ont été catégoriquement rejetées par la Direction de la Banque centrale russe, qui continue à se concentrer et à servir les intérêts du capital étranger.

Bien plus, malgré l’amère expérience des fuites spéculatives des capitaux étrangers en 1998, en 2008 et en 2014, la Banque centrale continue sa politique de mise en danger total du marché financier russe, ne prenant pas les mesures pour à la fois contrer les exportations de capitaux et créer des sources internes de crédit. Conséquence de cette politique, les sources de financement de l’économie russe sont largement dépendantes de l’étranger et demeurent nettement insuffisantes pour financer la simple reproduction du capital ou même la simple consolidation de celui-ci. Le résultat est une dépendance profonde de l’économie russe aux marchés extérieurs, sa spécialisation dans l’exploitation des matières premières, la dégradation du secteur des investissements, le déclin des industries manufacturières et la subordination du système financier aux intérêts du capital étranger, lequel bénéficie d’un transfert annuel de $120 à 150 milliards ANNEXE 3. La politique de la Banque centrale russe consistant à maintenir des taux d’intérêts élevés et à restreindre la distribution du crédit, dans un contexte de gel des sources externes de crédit, entraîne une contraction de la masse monétaire, un déclin de la production et des investissements ainsi que des banqueroutes avec leurs conséquences sociales négatives.

La transition de la Banque centrale vers un taux flottant du rouble a été une erreur majeure.

La combinaison de ces deux erreurs amène au constat qu’en annonçant la transition de sa politique monétaire vers un ciblage de l’inflation, la Banque centrale a obtenu des résultats opposés : l’inflation a doublé et la confiance dans la devise nationale et dans sa régulation a été sapée pour longtemps. Avec un potentiel annuel de PNB de 6 à 8 % et une croissance de l’investissement, l’économie russe a été artificiellement amenée dans un piège stagflationiste : une diminution du PNB de 5% avec un taux d’inflation de 15%. Pendant ce temps, un scénario bien plus dangereux, car chargé de sérieuses potentialités, n’est plus impossible : le défaut des investisseurs russes majeurs dans la crainte d’une fuite des capitaux et de la chute des prix des hydrocarbures. Durant le premier trimestre de 2015 nous avons pu constater une détérioration aiguë des performances productives du secteur réel de l’économie russe. Le volume des crédits délivrés à diminué de plus de 0.5 trillions de roubles et les défauts de paiement ont augmenté de 60%. Depuis janvier de cette année, l’économie en général n’a pas généré de profits. Le gain total des entreprises a plongé de moitié comparé à celui de l’année de pré-crise de 2007.

Dans ce contexte, la continuation d’une politique de restriction de liquidités par la Banque centrale a aggravé le processus et causé un dysfonctionnement de tous le système de production et de circulation des liquidités. La diminution du niveau de monétisation d’au moins 10% l’an dernier et de 15% à 20% cette année amène inévitablement à une chute correspondante des investissements et de la production, aggravant encore plus la situation financière, et causant une banqueroute en masse dans les entreprises.

La détérioration des conditions de production du secteur réel de l’économie s’accompagne d’un maintien artificiel de l’extrême rentabilité des spéculations sur les devises. Si l’année dernière la spéculation sur les devises, basée sur la chute du rouble, a atteint des rendements de 30 à 50 % par an, mobilisant les trois quarts de l’injection de liquidités par la Banque centrale pour refinancer le système bancaire, maintenant la spéculation engrange 40% des profits sur la remontée du rouble. En créant un marché des transactions sur les monnaies étrangères, la Banque centrale a de facto subventionné la spéculation monétaire, qui, en convertissant des crédits obtenus à 2%, a permis d’acquérir des obligations fédérales avec un gain de 10% et ensuite un rachat de devises à un prix plus bas. Ainsi la politique de la Banque centrale a stimulé la spéculation monétaire au détriment du secteur réel de la production. Après la ré-appréciation du rouble de 30%, ce dernier a complètement perdu tout l’avantage dans la compétitivité des prix obtenu par la dévaluation de l’année dernière, ce qui a créé les conditions pour une nouvelle vague de dévaluation.

Le « rapatriement » de l’économie devrait stopper la fuite systématique des capitaux.

La dette des emprunteurs russes envers les prêteurs occidentaux atteint $560 Mds

Ainsi que cet exposé le démontre, les effets de la gestion de l’économie et de la vie sociale depuis l’étranger étant imperceptibles, ne pouvant dés lors pas être détectés et démantelés, sont au moins aussi dangereux que d’autres types de contraintes imposées à la Russie. Le manque d’une prise de conscience claire et la progressivité lente et banalisée sont les armes psychologiques au moyen desquelles la Russie est canalisée, par un projet imposé de l’extérieur, vers des pièges institutionnels et financiers, qui créent des menaces exorbitantes pour la sécurité nationale et un risque de dommages en nous projetant à grande vitesse dans une guerre économique hybride (économique, informationnelle, ou autre, droit vers la catastrophe). L’introduction de faux objectifs et de méthodes inefficaces dans la conscience des leaders et des régulateurs nous amènent à être facilement manipulés et utilisés pour la destruction de notre propre économie et la subordination de notre politique à des intérêts étrangers.

Un autre dogme du FMI, le refus des restrictions sur le marché des devises, s’ajoute aux erreurs exposées ci dessus – qui sont en fait le cadre nécessaire au contrôle extérieur. Ce dogme induit une volatilité gigantesque du capital, encourage la corruption, facilite l’expatriation de l’économie avec son extrême vulnérabilité aux menaces extérieures. L’insoutenabilité de ce dogme, qui est destiné à servir les intérêts et la spéculation du capital étranger, ainsi que d’officiels corrompus et du crime organisé, est prouvée à la fois par les recherches scientifiques et l’expérience pratique. Les contrôles des changes sélectifs et des mouvements des capitaux à travers les frontières sont pratiqués par la vaste majorité des pays, y compris les USA. Ils sont systématiquement pratiqués par nos partenaires des BRICS, qui ont largement réussi à attirer les investissements directs étrangers. La nécessité du contrôle des changes afin de repousser les attaques spéculatives et garantir la stabilité macroéconomique est prouvée.

Si des mesures urgentes ne sont pas prises pour diriger radicalement la politique monétaire vers l’établissement de sources internes de crédits à long terme pour assurer la stabilité de la devise russe et du système financier ANNEXE 4, alors les sanctions occidentales pourront détruire les capacités de réinvestissement des secteurs de l’économie russe basés sur l’exportation de même qu’ils paralyseront les activités de nombreuses banques et secteurs industriels. En particulier, une action urgente est nécessaire pour remplacer les prêts de l’étranger aux entreprises d’État et aux banques par des prêts ciblés, avec l’aide de la Banque centrale dans des conditions similaires, soit à travers l’une des institutions d’aide au développement, soit directement avec les bénéficiaires des prêts. Malgré tout, comme l’année dernière, la Banque centrale a négligé l’impact négatif des sanctions occidentales, en exacerbant leurs effets par sa propre politique monétaire. Alors que les autorités monétaires des USA et de l’UE, en continuant leur politique expansionniste de crédit, manipulent aisément le marché russe des valeurs, affectant de manière critique les résultats de l’économie russe et créant un avantage compétitif pour leurs entreprises, y compris l’absorption des actifs les plus rentables. Un développement soutenable de l’économie russe, sa remonétisation, sa modernisation et l’organisation d’investissements à long termes à disposition de l’économie réelle, tout cela ne pourra être réalisé sans corriger ces dysfonctionnements.

Le montant total des emprunts russes envers les créditeurs occidentaux est de $560 Mds avec une réserve totale de devises de $360 Mds. Cela crée un risque de défaut du système financier russe et la banqueroute de nombreux débiteurs dans le cas de requêtes simultanées de liquidation des crédits. Cela peut être résolu par une rapide dé-externalisation de l’économie, qui peut arrêter l’évasion systématique des capitaux et sécuriser le retour de $500 Mds vers les juridictions russes. La menace d’une nationalisation des entreprises stratégiques dans le cas d’un manque de volonté flagrant des propriétaires pour rapatrier leurs valeurs sous une juridiction russe peut amener à une importante et efficace dé-externalisation. Comme récompense pour ces retours, on peut substituer aux crédits extérieurs des crédits intérieurs de même montant, aidant par la même occasion à accorder les principes aux objectifs financiers.

Maintenir l’économie sous dépendance extérieure assure une défaite dans la guerre hybride

La liste de mesures précédente n’épuise pas, loin de là, les exigences requises pour assurer la sécurité économique, l’état de celle-ci n’étant pas satisfaisante ANNEXE 5. Au delà des problèmes les plus pressants qui requièrent des solutions immédiates, il faut mentionner : la reconstruction du secteur délabré des investissements, spécialement la construction de machines outils, l’industrie électronique et celle des instruments de mesure ; la dégradation du potentiel scientifique et technique en raison des sous-investissements chroniques en R&D et l’élimination virtuelle des sciences industrielles et de la recherche scientifique menée lors de la croisade des privatisations ; l’abandon des sciences de base due aux restrictions budgétaires lors de la réforme de l’Académie des sciences de Russie. Le niveau technologique insuffisant dans des secteurs clefs de la croissance des nouvelles technologies, (nanotechnologies, bio-engineering et technologies informationnelles), amène à une sur-dépendance aux technologies étrangères dans d’importants secteurs, (aviation, médecine, équipement ICT).

Pour supprimer la dépendance externe extrêmement critique aux importations technologiques, nous voulons un programme de substitution de ces importations à large échelle, équilibrant les ressources humaines, matérielles et financières. Ceci ne peut pas être réalisé dans le système actuel sans une régulation économique des méthodes de planification, sans des bilans prévisionnels et une programmation des buts, sans des prévisions scientifiques et un renforcement des structures. Ceci requiert le déploiement d’un système de planification stratégique avec une centralisation des fonctions clefs au niveau du président de la Russie. ANNEXE 6

Le plus grand danger des sanctions économiques est qu’elles puissent bloquer l’accès de la Russie aux nouvelles technologies.

Si ceci n’est pas neutralisé d’ici quelques années, notre économie peut arriver à une situation de retard irréversible dans la maîtrise des processus organisant les nouvelles technologies. Ces dernières peuvent assurer une longue vague de croissance, la mise à niveau de l’industrie et des armées à un degré élevé d’efficience qualitative. Dans le but de prévenir ce manquement il est nécessaire, d’un côté, d’accroître les aides pour la R&D dans les secteurs clefs de ces technologies, et d’un autre côté, il faut obtenir une augmentation radicale de la responsabilisation des directions des institutions en charge du développement dans l’utilisation des fonds attribués. Ceci requiert la création d’un système moderne de direction, de gestion scientifique et technique du développement du pays, couvrant tous les niveaux de la recherche et des cycles de production, et basé sur une modernisation de l’économie en rapport avec le nouvel ordre technologique ANNEXE 7.

Les propositions décrites ci-dessus pour renforcer la sécurité économique dans la guerre hybride mondiale non déclarée contre la Russie sont essentiellement concentrées sur le rehaussement de l’efficacité des institutions d’État. En parallèle, il faut soutenir les conditions favorables aux initiatives industrielles et à la croissance de l’activité du secteur industriel privé. En sus des mesures proposées pour la création de sources internes de crédit à long terme peu coûteuses, il faut ajouter un système de taxes aidant à passer de la production à la consommation ANNEXE 8, aussi bien que des mesures pour réduire le coût des services dans les infrastructures, spécialement celles de l’énergie, une mauvaise réforme de celles-ci entraînant de multiples augmentations de tarifs dans l’intérêt d’intermédiaires en position de monopole ANNEXE 9.

La mise en place de ces mesures, avant tout l’élimination des causes de stagflation, ainsi que la création des conditions de l’essor économique ANNEXE 10, doit être réalisée avant l’année prochaine. Sinon l’escalade des sanctions économiques contre la Russie peut mener à la destruction des systèmes de production dépendants du marché extérieur, accompagnée d’une chute aiguë des revenus des opérateurs économiques, et à l’arrêt de nombreuses industries liées aux importations, ainsi qu’à la banqueroute de nombreuses entreprises dépendantes des crédits extérieurs. Cela peut conduire à une nette régression du standard de vie des gens – à la fin de 2015 vers le niveau de 2003, gommant l’effet positif de 10 ans d’augmentation des revenus internes – ceci permettant à nos ennemis de mettre en place la prochaine phase de la guerre chaotique contre la Russie.

La stabilité de l’ordre économique et social ne peut être garantie sans l’établissement de buts à long terme, sans le travail systémique global de l’État, des entreprises et des citoyens, avec l’objectif de mettre en place la possibilité d’un développement souverain, dans une société socialement moderne et technologiquement avancée correspondant au rôle de la Russie dans le monde.

Une définition claire doit en être communiquée au groupes sociaux et à l’opinion publique sur la situation réelle interne et internationale du pays. Sans ces actions personnelles et informationnelles, les mesures prises pour contrer les menaces économiques ne seront pas suffisamment efficaces.

La Russie a été mise face à une situation où elle est obligée de se battre pour une existence indépendante, où le maintien du statut de dépendance de son économie vis à vis du système économique mondial occidental peut la conduire à la défaite dans la guerre hybride lancée par les USA, et au danger de perdre sa souveraineté nationale. La neutralisation de cette menace est impossible sans changer le modèle national d’intégration dans l’économie mondiale, sans la formation de mécanismes de développement souverains, et sans construire autour une coalition anti-guerre basée sur les principes d’égalité, de bénéfice mutuel, et de respect de la souveraineté nationale.

Dans tous les cas, il est nécessaire de donner une réponse systémique et durable au crédit à long terme imposé et à l’embargo technologique, car le manque de réponse incite l’Occident à imposer d’autres sanctions – embargo commercial, gel des avoirs en devises étrangères, exclusion des banques russes du système international d’information et de paiements bancaires, et la détérioration des engagements russes à l’exportation.

Nous parlons de mesures urgentes et systémiques coordonnées, afin de mobiliser l’État et la société pour contrer les menaces à l’existence de la Russie en tant qu’État souverain. De plus ces mesures doivent être objectivement compréhensibles, pas simplement pour la Défense et la Diplomatie – qui restent cantonnées au champ géopolitiques – mais aussi pour la restauration du contrôle sur le marché domestique, y compris un contrôle monétaire et une intégration avec nos associés, la création d’un réseau de protection des intérêts économiques de la Fédération de Russie, ainsi que des réponses organisées et rapides à la menace grandissante envers la sécurité nationale dans le domaine économique. Le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie doit jouer le rôle d’État-major civil en créant un plan stratégique pour contrer ces menaces, l’application de ce plan s’imposant à tous les corps économiques du gouvernement.

L’insatisfaction avec le Système mondial actuel d’absolue domination des USA est commun à tous les pays des BRICS.
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Sergueï Glazyev
Article original en russe
Traduit du russe en anglais par KA, Elona, Seva et Eugenia.
Traduit de l’anglais en français par Gabriel et Ludovic, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Liste des annexes

ANNEXE 1 Comment les pays des BRICS peuvent acquérir un système international de paiement qui leur soit propre.
ANNEXE 3
ANNEXE 4 Comment stabiliser le système bancaire et se protéger du dollar et de l’euro?
ANNEXE 5 Comment sauvegarder la sécurité socio-économique de la Russie?
ANNEXE 6 Comment revenir d’un marché sauvage à une économie planifiée?
ANNEXE 7 Comment arrêter la « fuite des cerveaux » et revenir à une recherche scientifique d’État?
ANNEXE 8 Comment libérer le monde des affaires d’une imposition excessive?
ANNEXE 9 Comment apprendre à économiser l’électricité ?
ANNEXE 10 Comment éviter le piège de la stagflation et assurer la croissance ?

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