| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 15-12-2014 à 14:47:26
| Laccaparement des terres ( land grabbing selon le néologisme introduit en anglais) désigne lacquisition controversée de grandes étendues agricoles auprès des pays en voie de développement par des entreprises transnationales et gouvernementales. Au cours des sept dernières années, celles-ci ont fait main basse sur quelque 86 millions dhectares, ce qui représente pas moins du cinquième de la superficie de lItalie. Éric Holt-Giménez, directeur de Food first, a délivré ces informations lors du salon international du goût, qui sest tenu à Turin fin octobre. Lorganisation internationale Grain propose aujourdhui un nouvel ensemble de données concernant 416 exemples récents daccaparement des terres à grande échelle, qui sont exclusivement le fait dinvestisseurs étrangers. Les terres dont semparent ces derniers sont destinées à la production de cultures alimentaires et couvrent une superficie de près de trente-cinq millions dhectares dans soixante-six pays. Grain a accompli un travail de fourmi en établissant la liste complète de tous les accords fonciers existants (lorganisation sest néanmoins limitée aux accords lancés après 2008 qui nont pas été annulés et qui impliquent de vastes superficies). Cet ensemble daccords fournit une illustration saisissante de la rapidité avec laquelle lagrobusiness sest installé dans les crises alimentaires depuis les crises alimentaire et financière de 2008, arrachant la production alimentaire des mains des paysans et des communautés locales. Le travail mené par Grain souligne bel et bien que lAfrique est la cible première de laccaparement des terres. Mais on peut souligner la place occupée dans ce drame par lAmérique latine, lAsie et lEurope de lEst. Laccaparement des terres est indéniablement un phénomène planétaire. Toutes les données rassemblées par Grain brossent un portrait très clair de lidentité des 298 principaux accapareurs. Si la majorité de ceux qui ont été recensés dans létude appartiennent au secteur de lagroalimentaire, les sociétés financières et les fonds souverains sont responsables dun tiers des accords. Et très souvent, les intérêts des sociétés se chevauchent. On voit ainsi que Cargill, lune des plus grandes entreprises alimentaires dagroalimentaire, a acquis des centaines de milliers dhectares de terres agricoles par le biais de son fonds de couverture, Black River Asset Management. Les investisseurs basés en Europe et en Asie sont environ responsables des deux tiers des cas daccaparement des terres. Il est intéressant de constater que la Grande-Bretagne, comme Singapour et Maurice, sert de paradis fiscal aux accapareurs et souvent, la véritable base active des sociétés est basée dans un autre pays. Dans le palmarès des accapareurs, il faut évidemment citer les États-Unis, tout en haut de la liste avec quarante et un cas daccaparements, puis les Émirats arabes unis et lArabie saoudite qui représentent à eux deux, trente-neuf cas. « Nous avons une loi qui défend la terre mais qui nest pas appliquée », affirme Ana Paula Tauacale, vice-présidente de lUnion nationale des paysans du Mozambique. Cette battante a récemment lancé une pétition visant à stopper ProSavana. Ce programme dinvestissement considérable basé au Mozambique implique également le Brésil et le Japon. Le projet a pour objectifs de développer des terres agricoles en monocultures industrielles destinées à lexportation. Cette surface denviron 14,5 millions dhectares se situe dans le corridor de Nacala au nord du Mozambique et est actuellement utilisée par de petits exploitants agricoles. Cette campagne a été un succès au niveau national. Des efforts sont néanmoins encore en cours pour coordonner la lutte entre les organisations de société civile au Brésil eu au Japon. Les gouvernements de ces deux pays sont en effet impliqués dans le projet en procédant à des investissements et à des expertises techniques. Toutefois, le soutien à un niveau régional est encore requis étant donné que les accaparements de terre, un phénomène en croissance dans la communauté de développement dAfrique australe, met en péril la sécurité alimentaire ainsi que le contrôle de leau et des semences. La situation est alarmante. Des informations proviennent sans cesse dAsie, dAfrique et dAmérique latine, révélant que les communautés locales sont dépossédées, comme jamais auparavant, de leurs seules sources de nourriture et de la sécurité de leurs moyens de subsistance. Il est courant aujourdhui dentendre dire que les petits producteurs produisent la majorité de lalimentation mondiale. Mais combien dentre nous se rendent compte quils le font avec moins dun quart de la surface agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme une peau de chagrin ? Si les petits producteurs continuent à perdre lessence même de leur existence, le monde perdra tout simplement sa capacité à se nourrir. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-avec-l-accaparement-des-terres-le-monde-perdra-sa-capacite-a-se-nourrir-125210670.html
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