| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 05-08-2013 à 13:46:40
| Le ROCML cellule de Pau communique : Lundi 5 août 2013
La rue arabe de lémotion à la révolution Contenir lentrée en scène des peuples arabes, contenir cette fameuse « rue arabe » que révélaient, déjà, les émeutes du pain du Caire en 1977, celles de Casablanca en juin 1981, puis celles de Tunis fin décembre 1983/ début janvier 1984 : voilà ce qui fait courir Europe et USA. Cette rue arabe sismique et incendiaire, émotive et amnésique, en peine de transformer ses émeutes en révoltes, à défaut de les traduire en révolutions, à cause des différenciations sociales inachevées en leur sein et de leur attachement romantique à lextraordinaire utopie de fraternité qui leur permit de sunir dans la lutte anticoloniale. Epouvantail commode et masse de manuvre facile pour les provocations dans le style des caricatures racistes et islamophobes, elle a longtemps épuisé son énergie dans ses impuissances historiques. Il faut bien constater quen Tunisie et en Egypte, depuis ces émeutes du pain, cette rue sest structurée et a su transformer ses émeutes en révolution. Nous sommes déjà au-delà de la révolte et les débats politiques mobilisent non les seules élites, mais les peuples égyptien et tunisien tout entiers. Du côté populaire, les masses, à Tunis comme au Caire, démontrent par leur impressionnante mobilisation quelles ne veulent plus être gouvernées comme avant. Du côté des gouvernants, UE et USA font tout pour faire croire quils peuvent encore gouverner en multipliant les conseils publics de « bonne conduite » dans cette phase de crise, mais ni lhyperpuissance américaine ni sa vassale européenne narrivent à encadrer les choix politiques comme avant. Les émeutes égyptiennes du pain de 1977 constituèrent la première grande révolte populaire contre les mesures de libéralisation qui suivirent Camp David et connues sous le nom dInfitah ou ouverture. Depuis lors, les régimes égyptiens de Sadate comme de Moubarak devinrent des interfaces -empruntons limage à lélectronique entre le système impérialiste et le peuple égyptien, dont il fallait maîtriser les révoltes et les utopies nassériennes. Les services de renseignements et non larmée égyptienne et la police étaient en charge des révoltes, les Frères étaient en charge des utopies. Mais tout le reste des décisions vitales appartenait, depuis Camp David, au système impérialiste à travers le FMI et les autres institutions. Le plan dajustement structurel, en 1991, en orientant, entre autres, la production agricole vers lexportation, a réduit la production de blé, ruiné la sécurité alimentaire et livré le pain des Egyptiens aux exportateurs de blé américains. Réellement, le peuple égyptien fait face à une gouvernance mondialisée euro-israélo-US de son économie, de son territoire, notamment le Sinaï, de sa sécurité. Les véritables gouvernants de lEgypte les puissances extérieures ne peuvent donc plus gérer comme avant. La solution US résidait dans des arrangements entre les Frères et les Moukhabarates représentées par le Général Omar Souleimane, mort opportunément. Nous sommes alors dans une crise de type révolutionnaire qui aboutira ou échouera selon lintelligence de ses acteurs, la réunion des conditions nécessaires et la mobilisation des forces populaires. La puissante mobilisation du peuple égyptien avait à lépoque fait capoter la combinaison Frères-Moukhabarates, dont Tantaoui semblait être une couverture. Lintrusion de larmée, en tant quarmée, avec les premières manifestations de ralliement dofficiers et de soldats à la révolte nétait souhaitée par aucune puissance étrangère. Lurgence américaine était de bloquer le développement inattendu et indésirable de la révolte des couches moyennes mondialisée et face-bookées vers les couches proprement populaires et vers le mouvement ouvrier égyptien aguerri par près de quarante ans de luttes contre leffroyable misère sociale engendrée par la soumission de lEgypte aux compradores et ses interfaces avec le système impérialiste mondial. Lalliance du peuple et de « son armée », celle qui porte dans la tête de ses milliers et milliers dofficiers et dizaines de milliers de sous-officiers et soldats, lhéritage contrarié de ses luttes antisionistes et antiimpérialistes, est évidemment lalternative insupportable à la vieille combinaison des Frères et des Moukhabarates. Limpératif pour les puissances impérialistes est de calmer la rue en acceptant des solutions dattente et de sauver les Frères musulmans du naufrage, puis de les recadrer avant de les remettre à la besogne. Cest la tâche de C. Ashton, de Hagel, de Kerry, de Hague et de linénarrable Fabius. Lurgence est de discréditer lesquisse de cette alliance « peuple-armée dans sa composante populaire » et de la bloquer, en coupant la séquence historique actuelle de sa chaîne de déterminations et de causalités, et en traitant la déposition de Morsi de coup dEtat. La « rue arabe » sortie du mythe pour fabriquer lhistoire réelle saura-t-elle dégager sa route de ces traquenards impérialistes ? Alger le 1er Août 2013 Mohamed Bouhamidi.
_____________________ NB Xuan : Cet article peut être comparé avec ceux de la rubrique la lutte de classe en Egypte, où on trouvera des points de vue différents. Quelles que soient les manuvres des impérialistes et quelles que soient les illusions qui peuvent momentanément abuser les masses, les peuples arabes sont fondamentalement opposés à l'impérialisme et au sionisme. Le Grand soir met en ligne un autre article de Mohamed Bouhamidi, la démystification des Frères Musulmans
Edité le 05-08-2013 e 14:08:55 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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