| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 10:20:55
| Je mets en ligne ce texte qui assimile communisme et fascisme, et qui prétend interdire toute expression communiste en Europe. Il s'agit d'une décision fasciste sous un déguisement "démocratique", et qui répond à la dégradation économique et au risque grandissant d'une nouvelle crise économique pour laquelle il n'existe plus de filet de protection, au développement des contradictions entre les pays européens, à la déliquescence des démocraties bourgeoises en Europe, liquidées par la grande bourgeoisie elle-même, au rejet des partis bourgeois par l'immense majorité des peuples d'Europe. Cette décision répond aussi à la montée des colères populaires et des manifestations, au progrès de l'idée du socialisme et du marxisme. Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur limportance de la mémoire européenne pour lavenir de lEurope (2019/2819(RSP)) Le Parlement européen, vu les principes universels des droits de lhomme et les principes fondamentaux de lUnion européenne en tant que communauté fondée sur des valeurs communes, vu la déclaration effectuée le 22 août 2019 par le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et par la commissaire Věra Jourová, dans la perspective de la «Journée européenne du souvenir» pour la commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires, vu la déclaration universelle des droits de lhomme des Nations unies, adoptée le 10 décembre 1948, vu sa résolution du 12 mai 2005 sur le soixantième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe (8 mai 1945)(1), vu la résolution 1481 sur la nécessité dune condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires, adoptée par lAssemblée parlementaire du Conseil de lEurope le 26 janvier 2006, vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal(2), vu la déclaration sur la conscience européenne et le communisme, adoptée à Prague le 3 juin 2008, vu sa déclaration sur la proclamation du 23 août comme Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme, adoptée le 23 septembre 2008(3), vu sa résolution du 2 avril 2009 sur la conscience européenne et le totalitarisme(4), vu le rapport de la Commission du 22 décembre 2010 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe (COM(2010)0783), vu les conclusions du Conseil des 9 et 10 juin 2011 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe, vu la déclaration de Varsovie du 23 août 2011 sur la Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires, vu la déclaration commune du 23 août 2018 des représentants des gouvernements des États membres de lUnion en lhonneur des victimes du communisme, vu sa résolution historique sur la situation en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, adoptée le 13 janvier 1983 à la suite de l«Appel baltique» lancé par 45 ressortissants de ces trois pays, vu les résolutions et les déclarations sur les crimes des régimes communistes totalitaires adoptées par plusieurs parlements nationaux, vu larticle 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur, A. considérant que 2019 marque le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé des souffrances humaines dune ampleur sans précédent et conduit à loccupation de pays européens pendant de nombreuses décennies; B. considérant quil y a 80 ans, le 23 août 1939, lUnion soviétique communiste et lAllemagne nazie ont signé un pacte de non-agression, connu sous le nom de pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop, dont les protocoles secrets partageaient lEurope et les territoires dÉtats indépendants entre les deux régimes totalitaires selon des sphères dinfluence, ouvrant la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale; C. considérant que, parmi les conséquences directes du pacte germano-soviétique et du traité germano-soviétique damitié, de coopération et de délimitation du 28 septembre 1939 qui sensuivit, lon compte: linvasion de la République de Pologne, dabord par Hitler, puis par Staline deux semaines plus tard, qui a brutalement privé le pays de son indépendance et représenté un drame sans précédent pour la nation polonaise; le déclenchement par lUnion soviétique communiste dune guerre dagression contre la Finlande le 30 novembre 1939; loccupation et lannexion en juin 1940 par lUnion soviétique de parties du territoire roumain, qui nont jamais été restituées; et lannexion des républiques indépendantes de Lituanie, de Lettonie et dEstonie; D. considérant quaprès la défaite du régime nazi et la fin de la Seconde Guerre mondiale, laprès-guerre a été synonyme, pour certains pays dEurope, de reconstruction et de réconciliation, tandis que dautres sont restés, pendant un demi-siècle, soumis à des dictatures, parfois sous loccupation ou linfluence directe de lUnion soviétique,et privés de liberté, de souveraineté, de dignité, de droits fondamentaux et de développement socio-économique; E. considérant que si les crimes du régime nazi ont été jugés et punis lors du procès de Nuremberg, il reste urgent de sensibiliser lopinion publique, de dresser un bilan moral de cette période et de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes du stalinisme et dautres dictatures; F. considérant que, dans certains États membres, la loi interdit les idéologies communiste ou nazie; G. considérant que lintégration européenne a constitué, dès lorigine, une réponse aux souffrances causées par les deux guerres mondiales et la tyrannie nazie qui a conduit à lHolocauste, ainsi quà lexpansion des régimes communistes totalitaires et non démocratiques en Europe centrale et orientale, et que cette intégration a permis de surmonter de profondes divisions et de vives hostilités grâce à la coopération et à lintégration, de mettre un terme à la guerre et de garantir la démocratie en Europe; considérant que, pour les pays européens qui ont souffert de loccupation soviétique ou dune dictature communiste, lélargissement de lUnion européenne à partir de 2004 a marqué leur retour au sein de la famille européenne, à laquelle ils appartiennent; H. considérant quil convient dentretenir la mémoire du passé tragique de lEurope, afin dhonorer les victimes, de condamner les auteurs de crimes et de jeter les bases dune réconciliation fondée sur la vérité et luvre de mémoire; I. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute lEurope, laissées par les crimes commis par les dictatures communistes, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir lunité de lEurope et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines; J. considérant quil y a 30 ans, le 23 août 1989, à loccasion du 50e anniversaire du pacte germano-soviétique, en mémoire des victimes des régimes totalitaires, deux millions de Lituaniens, de Lettons et dEstoniens se sont donné la main pour former la «Voie balte», une chaîne humaine et manifestation sans précédent qui allait de Vilnius à Tallinn en passant par Riga; K. considérant que bien que le Congrès des députés du peuple de lURSS ait condamné, le 24 décembre 1989, la signature du pacte germano-soviétique ainsi que les autres accords conclus avec lAllemagne nazie, en août 2019, les autorités russes ont rejeté toute responsabilité dans ce pacte et ses conséquences et promeuvent désormais une théorie selon laquelle la Pologne, les États baltes et lEurope de lOuest sont en réalité les véritables instigateurs de la Seconde Guerre mondiale; L. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires et autoritaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute lEurope, laissées par les crimes commis par les dictatures stalinienne, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir lunité de lEurope et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines; M. considérant que des groupes et des partis politiques ouvertement radicaux, racistes et xénophobes incitent à la haine et à la violence dans la société, par exemple par la diffusion en ligne de discours de haine, qui conduisent souvent à une montée de la violence, de la xénophobie et de lintolérance; 1. rappelle que, comme en dispose larticle 2 du traité sur lUnion européenne, lUnion est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, dégalité, de létat de droit, ainsi que de respect des droits de lhomme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités; que ces valeurs sont communes à tous les États membres; 2. souligne que la Seconde Guerre mondiale, conflit le plus dévastateur de lhistoire de lEurope, a été déclenchée comme conséquence immédiate du tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939, également connu sous le nom de pacte Molotov-Ribbentrop, et de ses protocoles secrets, dans le cadre desquels deux régimes totalitaires ayant tous deux lobjectif de conquérir le monde se partageaient lEurope en deux sphères dinfluence; 3. rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté dune ampleur sans précédent dans lhistoire de lhumanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle; rappelle que le régime nazi est coupable de ce crime abject quest lHolocauste; condamne sans réserve les actes dagression, les crimes contre lhumanité et les atteintes aux droits de lhomme à grande échelle perpétrés par les régimes totalitaires nazi, communistes et autres; 4. témoigne son profond respect à chacune des victimes de ces régimes totalitaires et demande aux institutions de lUnion européenne et aux parties prenantes de tout mettre en uvre pour faire en sorte que ces crimes abjects contre lhumanité et ces atteintes graves et systématiques aux droits de lhomme commis par les régimes totalitaires ne sombrent pas dans loubli et soient jugés, et garantir que ces crimes ne se reproduisent jamais plus; souligne limportance dentretenir la mémoire du passé, car il ny a pas de réconciliation sans travail de mémoire, et réaffirme quil sélève dune seule voix à tout régime totalitaire, quelle que soit lidéologie qui létaie; 5. demande à tous les États membres de lUnion de procéder à une évaluation claire et fondée sur les principes en ce qui concerne les crimes et actes dagression commis par les régimes communistes totalitaires et le régime nazi; 6. condamne toute démonstration et toute propagation didéologies totalitaires, telles que le nazisme et le stalinisme, dans lUnion européenne; 7. condamne le révisionnisme historique et la glorification des collaborateurs nazis qui ont cours dans certains États membres de lUnion; salarme de lacceptation, qui va croissant, didéologies radicales et dune régression vers le fascisme, le racisme, la xénophobie et dautres formes dintolérance au sein de lUnion européenne; se dit préoccupé par les informations faisant état de collusions, dans certains États membres, entre, dun côté, des dirigeants politiques, partis politiques et autorités chargées de faire appliquer la loi et, de lautre, des mouvements radicaux, racistes et xénophobes ayant diverses étiquettes politiques; demande aux États membres de condamner ces actes le plus fermement possible, car ils ébranlent les valeurs de lUnion que sont la paix, la liberté et la démocratie; 8. demande à tous les États membres de célébrer le 23 août, Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires, tant au niveau de lUnion quau niveau national, et de sensibiliser la jeune génération à ces problématiques en incorporant, dans les programmes et manuels scolaires de toutes les écoles dans lUnion européenne, lhistoire des régimes totalitaires et lanalyse des séquelles quils ont laissées; demande aux États membres de soutenir la conservation de traces écrites du passé trouble de lEurope, par exemple en faisant traduire les comptes rendus des procès de Nuremberg dans toutes les langues de lUnion européenne; 9. demande aux États membres de condamner et de combattre la négation de lHolocauste sous toutes ses formes, notamment la banalisation et la minimisation des crimes commis par les nazis et leurs collaborateurs, et de veiller à ce que les discours politiques et médiatiques soient exempts de ce type de banalisation; 10. réclame une culture mémorielle partagée, qui dénonce les crimes commis par le passé par les régimes fasciste, stalinien et autres régimes autoritaires, de manière à permettre notamment à la jeune génération dacquérir la résilience nécessaire pour faire face aux menaces auxquelles la démocratie est confrontée à lheure actuelle; invite les États membres à encourager léducation, par lintermédiaire de la culture grand public, à la diversité de nos sociétés et à la connaissance de notre histoire commune, notamment les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, telles que lHolocauste, et la déshumanisation systématique des victimes pendant de nombreuses années; 11. demande que le 25 mai (anniversaire de lexécution de Witold Pilecki, héros dAuschwitz) soit proclamé Journée mondiale des héros de la lutte contre le totalitarisme, ce qui constituera une marque de respect et un hommage à tous ceux qui, en luttant contre la tyrannie, ont fait preuve dhéroïsme et dun véritable amour du genre humain et indiquera clairement aux générations futures quelle attitude il faut adopter face à la menace de lasservissement totalitaire; 12. demande à la Commission de fournir un soutien concret aux projets de travail de mémoire et de souvenir historique dans les États membres ainsi quaux activités de la plateforme pour la mémoire et la conscience européennes, et daffecter des ressources financières suffisantes, dans le cadre du programme «LEurope pour les citoyens», au soutien à la commémoration et au souvenir des victimes du totalitarisme, comme demandé dans la position du Parlement sur le programme «Droits et valeurs» 2021‑2027; 13. déclare que lintégration européenne en tant que modèle de paix et de réconciliation résulte du libre choix des peuples de lEurope de sengager sur la voie dun avenir partagé et que lUnion européenne a la responsabilité particulière de promouvoir et de préserver la démocratie, le respect des droits de lhomme et létat de droit, non seulement à lintérieur mais aussi à lextérieur de son territoire; 14. fait observer quen adhérant à lUnion européenne et à lOTAN, les pays dEurope centrale et orientale ont non seulement pu retourner dans le giron de lEurope libre et démocratique, mais ont aussi réussi, avec laide de lUnion euro, à mettre en uvre des réformes et à entrer dans une dynamique de développement socio-économique; souligne toutefois que la possibilité dadhérer à lUnion devrait demeurer ouverte à dautres pays européens, comme le dispose larticle 49 du traité sur lUnion européenne; 15. maintient que la Russie reste la plus grande victime du totalitarisme communiste et que sa transformation en un État démocratique sera entravée aussi longtemps que le gouvernement, lélite politique et la propagande politique continueront de blanchir les crimes communistes et de glorifier le régime totalitaire soviétique; invite par conséquent la société russe à accepter son passé tragique; 16. sinquiète vivement des efforts déployés par les dirigeants de la Russie daujourdhui pour déformer les faits historiques et blanchir les crimes commis par le régime totalitaire soviétique; considère ces tentatives comme un élément dangereux de la guerre de linformation qui est menée contre lEurope démocratique et qui cherche à diviser notre continent; demande dès lors à la Commission dagir de manière décisive pour contrecarrer ces tentatives; 17. se dit préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant quun certain nombre de pays européens ont interdit lutilisation de symboles nazis et communistes; 18. constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi quà la propagation dun système politique totalitaire; 19. condamne le recours croissant par les forces politiques extrémistes et xénophobes en Europe à la dénaturation des faits historiques et leur emploi dune symbolique et dune rhétorique qui font écho à certains aspects de la propagande totalitaire, à savoir le racisme, lantisémitisme et la haine à légard des minorités, sexuelles ou autres; 20. invite instamment les États membres à veiller au respect des dispositions de la décision‑cadre du Conseil, afin de lutter contre les organisations qui diffusent des discours de haine et sèment la violence dans lespace public et en ligne, et à interdire véritablement les groupes néofascistes et néonazis et toute autre fondation ou association qui exalte et glorifie le nazisme et le fascisme ou toute autre forme de totalitarisme, tout en respectant l'ordre juridique national et la compétence nationale en la matière; 21. souligne quil convient de continuer de puiser dans le passé tragique de lEurope linspiration morale et politique nécessaire pour relever les défis du monde contemporain, et en particulier pour lutter pour un monde plus juste, bâtir des sociétés et communautés tolérantes et ouvertes qui accueillent les minorités sexuelles, religieuses et ethniques, et sassurer que les valeurs européennes bénéficient à tous; 22. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la Douma dÉtat de la Fédération de Russie ainsi quaux parlements des pays du partenariat oriental. (1) JO C 92 E du 20.4.2006, p. 392. (2) JO L 328 du 6.12.2008, p. 55. (3) JO C 8 E du 14.1.2010, p. 57. (4) JO C 137 E du 27.5.2010, p. 25.
Edité le 22-09-2019 e 10:21:14 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 11:07:37
| Evidemment le torchon signé par le Parlement Européen ne dit absolument rien ni du sang versé par le peuple soviétique : 27 millions de morts. Ni de la victoire de Stalingrad, tournant de la seconde guerre et défaite décisive de Hitler. Rappelons la nature de la seconde guerre mondiale et le déroulement des faits qui l'ont précédée : La guerre de 39-45 nest plus une guerre inter-impérialiste comparable à celle de 14-18. Staline parle de la guerre qui se profile lors du XVIIIe congrès du PCb de lURSS, en date du 10 mars 1939. Il désigne laxe comme « les agresseurs » : « Les Etats agresseurs font la guerre en lésant de toutes les façons les intérêts des Etats non-agresseurs et, en premier lieu, ceux de lAngleterre, de la France, des Etats-Unis, qui, eux, reculent et se replient en faisant aux agresseurs concession sur concession » . Le terme dagresseur nest pas gratuit puisque Hitler avait aidé Franco contre la république espagnole. Egalement dès le 19 septembre 1931 le Japon avait envahi la Mandchourie et proclamé le 18 février 1832 lEtat du Mandchoukouo. La SDN refusa de reconnaître cet état fantoche et le Japon se retira de la SDN. La seconde guerre sino-japonaise commence le 7 juillet 1937. Dès lors il ne sagit plus dune simple guerre « inter-impérialiste » comme la première guerre mondiale mais dune guerre dagression comme la définit Staline. Et les pays impérialistes comme la France, la GB et les USA sont désignés comme des « Etats non-agresseurs ». Cette analyse est cohérente avec la proposition dune alliance soviéto-britannico-française le 17 avril 1938, un mois après lAnschluss. La proposition soviétique fut rejetée le 22 mai 1938, au lendemain du pacte dacier entre lItalie et lAllemagne. Les accords de Munich sont signés le 30 septembre 1938. En mars 1939 Staline déclare encore dans son rapport au XVIIIe congrès : « Il est certain quune guerre, même peu étendue, commencée par les agresseurs sur quelque point perdu du globe, représente un danger pour les pays attachés à la paix. Dautant plus sérieux est le danger que représente la nouvelle guerre impérialiste, qui a déjà entraîné dans son orbite plus de cinq cent millions dhommes en Asie, En Afrique, en Europe. Aussi notre pays, tout en pratiquant avec persévérance la politique du maintien de la paix, a-t-il développé une activité intense en vue daugmenter la valeur combative de notre Armée et de notre Marine militaire rouges » . Clairement Staline parle des « agresseurs » et des « pays attachés à la paix » , dont font partie « les Etats non-agresseurs » , même sils font « concession sur concession » . Il sagit bien dune guerre impérialiste mais il est évident quune politique consistant à sen tenir à lécart nest plus possible, comme cétait le cas en 1914 avec le slogan « guerre à la guerre » . > Le 30 juillet 1939 la GB s'engage auprès de l'Allemagne pour isoler l'URSS. > Le pacte germano-soviétique est signé le 23 août. > Le 1er septembre lAllemagne envahit la Pologne. > Du 11 mai au 16 septembre 1939 un incident de frontière oppose l'Union soviétique à l'Empire du Japon. > La guerre a commencé et englobe déjà lURSS. Après lentrée en guerre de la France et de la GB, et après lagression fasciste contre lURSS, Staline essaie de constituer un front uni mondial contre le fascisme englobant les prolétariats, les peuples et nations opprimées, mais aussi les bourgeoisies impérialistes des USA, de la GB et de la France (on pourrait faire un parallèle avec le front uni mondial contre lhégémonisme US aujourdhui).
Edité le 22-09-2019 e 11:09:31 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 11:14:07
| L'objet de la construction de l'Union Européenne est clairement anti russe, à l'origine anti soviétique, l'URSS disparue il n'a pas changé de cible qui reste la Russie. En ce sens, c'est une construction de l'impérialisme germano américain; plutôt réussie si l'on regarde l'état de la Russie depuis 100 ans. Deux historiens A. Lacroix-Riz (ALR) et J. Pauwals (JRP), classés complotistes et staliniens, soutiennent l'idée que le tournant de la 2eme guerre mondiale a eu lieu bien avant Stalingrad début février 1943 - ALR : analysant les déclarations des militaires français à Pétain dès juillet 1941 et préparant l'alliance ...américaine; JRP : avec la défaite allemande devant Moscou et la contre attaque de Joukov faisant reculer les armées allemandes de 200 km vers l'ouest. Stalingrad a bien entendu confirmé que la défaite militaire de l'Allemagne et de ses alliés était inévitable et que le partage du butin de la guerre se fera entre USA, Grande-Bretagne et URSS.
Edité le 22-09-2019 e 11:24:51 par pzorba75
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 11:29:01
| | Comment la Pologne est devenue la « Hyène de lEurope » 21 SEP
Illustration : Caricature de Jozef Pilsudski dans la presse soviétique 17 septembre 2019 Photo: Boris Efimov/Texte: DmitryBavyrin https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/09/21/comment-la-pologne-est-devenue-la-hyene-de-leurope/?fbclid=IwAR1EBF2DrjW8b2ACWKSDumD238Ieuq3rXMDsy-pgk2LdeyvT2mHOlwZNJII https://vz.ru/politics/2019/9/17/998043.html La participation de Staline à la dernière partition de la Pologne donne aujourdhui à Varsovie une raison de lassimiler à Hitler et de parler de la responsabilité «égale» de lURSS et du Reich dans le déclenchement de la guerre. En même temps, des détails très importants sont délibérément oubliés, car ils exposent la Pologne sous un jour extrêmement noir et en font la «hyène de lEurope» évoquée par Churchill. Il y a exactement 80 ans, les troupes soviétiques traversaient la frontière avec la Pologne afin dannexer les terres de lUkraine occidentale et de la Biélorussie occidentale à lURSS. Cela était impliqué dans des protocoles secrets au pacte Molotov-Ribbentrop, dont le journal VZGLYAD avait auparavant examiné en détail les raisons de la signature. En même temps, lURSS navait pas le choix: larmée allemande nallait pas sarrêter à «sa moitié» de la Pologne et allait de lavant, de sorte que lalternative à ladhésion à lUnion soviétique pour ces régions était de devenir une entité étatique fantoche, entièrement contrôlée par le Reich. En termes simples, soit lURSS sétend sur les terres polonaises, soit elle reçoit une machine de guerre hitlérienne directement à ses frontières. Dans ces circonstances, une intrigue politique était en jeu la revanche territoriale dans la direction de lEst pour la guerre perdue de 1920 faisait évidemment partie des plans de Staline. Il y avait une attitude prononcée en faveur du retour de lURSS aux frontières de lEmpire russe, une sorte dexportation du socialisme non pas dans le monde entier (comme sous Lénine), mais au moins dans les limites de ses territoires. Pourtant, le fait est que Moscou était confrontée au dilemme décrit ci-dessus. Il ny avait tout simplement pas de troisième option, la solution semblait donc évidente. Dun point de vue politique, les arrangements étaient presque parfaits. LArmée rouge na franchi la frontière que lorsque la Pologne, en tant quÉtat souverain, avait cessé dexister, lorsque sa capitale était tombée, que les autorités avaient fui et que la guerre avec les Allemands était déjà complètement perdue. Dans de telles circonstances, Moscou sest engagée à protéger dHitler les » peuples frères « , parce que la Pologne elle-même ne pouvait pas le faire et, il faut le souligner, avait accepté le jeu qui lui était imposé, car, malgré lannexion de ses territoires, elle ne déclara pas la guerre à lURSS. Cependant, le gouvernement polonais moderne décrit ce qui sest passé exclusivement comme un « coup de couteau dans le dos », attribuant à Berlin et à Moscou la même responsabilité pour « avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale ». Cest une position extrêmement hypocrite, sachant que la Pologne des années 1930 ne se pensait pas autrement quen confrontation avec lURSS. La guerre, de son point de vue, aurait dû commencer dans une configuration différente: Varsovie et Berlin contre Moscou. Lidée dite jagellonne, adoptée par Jozef Pilsudski, impliquait la construction en Europe orientale dun empire fédéral avec la Pologne à sa tête, ce pourquoi il était nécessaire de morceler le territoire de lURSS. Lélite polonaise était fanatiquement subordonnée à cette idée qui finit par détruire sa raison collective et son existence même en tant quentité politique. Dailleurs, quelque chose de similaire sest passé avec Hitler et lélite nazie dans le même ordre chronologique. La Pologne, à ce quelle croyait, était assurée de manière fiable contre une variante alternative de lévolution des événements (guerre avec lAllemagne) grâce à des garanties données par la Grande-Bretagne et la France. Varsovie refusait catégoriquement de conclure des alliances avec Moscou pour des raisons idéologiques. Le fait que les événements ne se soient pas déroulés comme prévu (lUnion soviétique a refusé dêtre une victime et a tourné la situation en sa faveur) est, bien sûr, une grande douleur, mais la douleur est exclusivement polonaise. En présentant la Pologne comme une victime innocente dHitler et de Staline, la Pologne daujourdhui tente de nier lévidence même, à savoir que lÉtat de Pilsudski et Cie est à plaindre en avant-dernier lieu, personne ne contestant la dernière place dHitler. Cétait un régime autoritaire, clérical et répressif avec des rêves de colonies, de camps de concentration pour lopposition et des pupitres séparés pour les Juifs. Cette Pologne se considérait politiquement et surtout idéologiquement comme un allié naturel du projet nazi. Pilsudski a été le premier en Europe à signer un pacte de non-agression avec les nazis. Goering assista à ses funérailles qui ont suivi peu après et Hitler assista à une messe à Berlin en son honneur. Le régime, surnommé le « régime de sanations » (cest-à-dire lélimination de la « cinquième colonne », communistes, mécréants, pécheurs, juifs, etc.) vivait de pillages, de provocations et de combats incessants avec ses voisins pour leurs terres avec la Tchécoslovaquie, la Lituanie, lURSS et diverses formations nationales apparues à la fin de la Première Guerre mondiale comme des champignons après la pluie. Les terres occupées par lArmée rouge en 1939 étaient à peu près les mêmes que celles que Pilsudski avait conquises au pouvoir soviétique, mettant à profit la confusion révolutionnaire. La riposte des bolcheviks sétait soldée par une défaite militaire pour eux, des dizaines de milliers de prisonniers de lArmée rouge et des dizaines de milliers dentre eux exterminés dans les « camps de la mort » polonais précurseurs des camps de concentration allemands. Pour les soviétiques il sagissait bien sûr dune revanche, mais en même temps ils ne faisaient que récupérer ce qui leur appartenait. Et parallèlement (en vue du rattachement imminent), ils ont rendu à la Lituanie sa capitale Vilnius, quelle avait perdue dans le cadre dune autre intrigue polonaise. Lorsque la Société des Nations avait attribué la ville aux Lituaniens, Pilsudski avait fomenté une mutinerie dans les troupes, occupé la capitale lituanienne, formé létat fantoche de la Lituanie centrale, pour finalement lannexer à la Pologne. Les Lituaniens ont été contraints daccepter ce tour de passe-passe par un ultimatum des héritiers de Pilsudski, soutenus par leur allié naturel Hitler. Pour Varsovie et Berlin, il sagissait dune sorte déchange diplomatique : la Lituanie abandonne sa revendication de Vilnius sous la pression allemande et la Pologne reconnaît lAnschluss nazi dAutriche. Mais le symbole principal de la fraternité polono-nazie était bien sûr la partition de la Tchécoslovaquie démocratique, selon laquelle la Pologne prenait le contrôle de cette partie de la région de Cieszyn quelle navait pu conquérir en 1919. La cupidité était si forte que même la menace de Moscou de rompre le pacte de non-agression ne faisait pas peur aux Polonais. Cependant, cest exactement ce quils voulaient, et certains dentre eux ne le nient même pas. « Nous aurions pu trouver une place du côté du Reich presque aussi bien que celle de lItalie, et certainement meilleure que la Hongrie ou la Roumanie. En conséquence, nous serions à Moscou, où Adolf Hitler et Rydes-Smigly organiseraient un défilé des troupes polono-allemandes victorieuses » . Telle est lopinion du professeur polonais Pavel Vechorkevich exprimée dans une interview au journal officiel Rzeczpospolita. Cependant, ce journal était coutumier de telles visions du monde. Winston Churchill a comparé le rôle de la Pologne dans la destruction de la Tchécoslovaquie avec le comportement dune hyène. Et soulignant le courage des Polonais à différentes époques de lhistoire, il a écrit: «Les plus courageux des plus courageux ont trop souvent été conduits par les plus infâmes des infâmes! Et pourtant, deux Pologne ont toujours existé: lune sest battue pour la vérité et lautre a rampé dans la bassesse. Il est à noter que cette citation émane de son livre «La Seconde Guerre mondiale», écrit pendant la guerre froide, lorsque les Britanniques manifestaient déjà pleinement leur opposition au communisme et que le gouvernement polonais émigré, composé de ces «canailles», semblait être un allié évident de Londres. Un allié aussi évident que déraisonnable. À lépoque des événements décrits, Churchill, qui sopposait farouchement à la ligne » dapaisement dHitler « , a commenté comme suit les actions de lURSS contre la Pologne : «Il est tout à fait clair que les armées russes doivent se tenir sur cette ligne afin dassurer la sécurité de la Russie contre la menace nazie. Un front oriental a été créé sur lequel lAllemagne nazie nosera pas attaquer. Lorsque Herr von Ribbentrop est venu à Moscou la semaine dernière sur invitation spéciale, il a dû faire face au fait que les intentions nazies dans les États baltes et en Ukraine nétaient pas destinées à être réalisées. » À long terme, bien sûr, il sest trompé dans ses prévisions, mais la question polonaise, celle de lingratitude noire, na cessé de la travailler jusquà la fin de la guerre, pour des raisons évidentes. En ce qui concerne lhistoire du soulèvement de Varsovie, le journal VZGLYAD a déjà évoqué le rêve que les héritiers de Pilsudski ont porté jusquau bout : sans attendre la chute de Berlin, tourner les baïonnettes britanniques, françaises, américaines, polonaises et peut-être même allemandes vers Moscou. Churchill voyait une menace en lUnion soviétique, mais comme Roosevelt, il était parfaitement conscient de lutopisme de tels projets et trouvait les Polonais ennuyeux et nuisibles une force qui avait rompu avec la réalité et cherchait à créer un fossé entre les alliés. Mais les Polonais sobstinaient à agir selon le principe « limpudence est un second bonheur » . Comme dans le cas de lannexion de la Biélorussie occidentale et de lUkraine occidentale. Comme dans le cas de la Lituanie centrale. Comme dans le cas de la partition de la Tchécoslovaquie, lorsque toutes les portes polonaises ont soudainement été fermées aux ambassadeurs des pays alliés, la Grande-Bretagne et la France. Comme dans le cas des préparatifs de sabotage à larrière de lArmée rouge dans la dernière année de la guerre. Cependant cette même insolence a fini par détruire le «régime de sanations», qui a survécu à la faillite politique en deux étapes lors des événements de 1939 et après la défaite inévitable du soulèvement de Varsovie. En juillet 1945, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont cessé de reconnaître le gouvernement polonais en exil, mais les autorités polonaises modernes, issues du parti national conservateur de Kaczynski « Droit et justice », se considèrent comme les héritiers politiques de ces personnes qui ont jadis jeté des millions de leurs concitoyens dans le brasier de leurs opinions politiques inconséquentes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a perdu plus de personnes en pourcentage de la population totale que tout autre pays près de 18 %, soit 6,2 millions de personnes. Mais » les traits de caractère héroïques du peuple polonais ne doivent pas nous faire fermer les yeux sur sa témérité et son ingratitude qui, pendant des siècles, lui ont causé dincommensurables souffrances « , écrit Churchill. Si les fanatiques de Varsovie avaient quitté leurs ambitions impériales exorbitantes, sils avaient abandonné leurs projets napoléoniens de confrontation avec lURSS, sils ne sétaient pas opposés à une alliance commune contre Hitler avec Moscou, Paris et Londres, un grand nombre de ces victimes auraient été évitées. Mais Varsovie a fait le choix incroyablement stupide de flatter le Sherkhan nazi, car seules des personnes très stupides ne comprenaient pas le caractère inévitable de linvasion dHitler sil existait un couloir polonais sur la carte et une population allemande à lintérieur des frontières polonaises. En conséquence, le tigre a englouti la hyène la réalité nimpliquait tout simplement pas le contraire. Cependant, ses héritiers accusent toujours nimporte qui, et surtout Moscou, quils détestent tant, mais pas leur propre «sang» et leur orgueil national, marquant plus dun siècle dindépendance de la Pologne. Traduction MD pour H&S
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 11:42:38
| Le site Histoire et société publie aussi Le 80ème anniversaire du Pacte Germano-Soviétique, par Jacques Sapir HISTOIRE 23.août.2019 // Les Crises Ce jour du 23 août 2019 marque le 80e anniversaire de la signature du pacte Germano-Soviétique, dit aussi pacte Molotov-Ribbentrop. La signature de ce pacte faisait sauter la dernière des sécurités avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Lagression de lAllemagne Nazie contre la Pologne nest plus quune question de jours ; elle surviendra le 1er septembre. Les déclarations de guerre à lAllemagne de la Grande-Bretagne et de la France surviendront dès le 3 septembre 1939. Ce Pacte a été considéré comme « hors nature » par les uns ou au contraire comme parfaitement naturel, par les autres. La construction dune équivalence idéologique entre le nazisme et le stalinisme jouant ici le rôle dun « deus ex-machina » censé « expliquer » le Pacte. Pourtant, cette équivalence a été désormais, depuis la fin de la guerre froide et louverture des archives soviétiques[1], rejetée[2]. Il est aussi vrai que le Pacte fait partie des argumentaires dans lhystérie « anti-Poutine » en antirusse qui sévit actuellement en France[3]. Il reste cependant un point sensible tant en Russie quailleurs[4]. La réalité est en fait bien plus tortueuse. Depuis 1990, louverture des archives soviétiques permet déclairer, au moins en partie, les raisons et les processus qui on conduit à ce Pacte[5]. Le Pacte, qui est officiellement un accord de non-agression mais qui contient aussi un protocole dit secret, est le résultat de contraintes de sécurité pesant sur lURSS, mais aussi de raisons économiques et territoriales. La sécurité collective et lURSS LUnion soviétique sest sentie rapidement menacée par larrivée au pouvoir dHitler et a vu, dans le régime nazi, un ennemi dangereux. De ce point de vue, il est inexact de dater de 1934 labandon de la fameuse ligne « classe contre classe » qui était celle du Komintern et de la direction soviétique, et qui avait abouti à lisolement relatif de lURSS. Le Pacte dAmitié, de Neutralité et de non-Agression signé avec lItalie en septembre 1933, tout en étant aussi déterminé par des raisons économiques et industrielles, en particulier dans les constructions navales[6], avait pour but de se chercher des alliés contre Hitler[7]. Il faut noter que, depuis le sauvetage de Umberto Nobile par le brise-glaces soviétique Krasin, les relations entre lItalie mussolinienne et lURSS sétaient de beaucoup réchauffées[8]. Les dirigeants soviétiques, ayant tiré un bilan négatif de leur politique disolement, vont chercher systématiquement à réintégrer le « concert des Nations » pour tenter de se prémunir contre une alliance générale des pays capitalistes contre lURSS. Cette politique, qui les conduit à intégrer la SDN le 18 septembre 1934 et qui sincarne dans le responsable des affaires étrangères Maxime Litvinov, nest pas non plus dépourvue de dimensions militaires. Il en ira ainsi avec la France, avec léchange dofficiers à partir de 1934 ainsi que des achats de licence (pour des moteurs davions)[9], et avec la Tchécoslovaquie[10]. Cette politique de rapprochement avec les puissances « capitalistes » occidentales, vue avec une méfiance certaine depuis la Grande-Bretagne[11], connaîtra son apogée en 1937-38. La crise des Sudètes, qui commence dès la fin de 1937, et les accords de Munich (29 septembre 1938)[12], dont lURSS est exclue (tout comme le gouvernement tchèque) sera une très grande déception pour les dirigeants soviétiques et la cause dune inquiétude grandissante.
Maxime LITVINOV En effet, la Tchécoslovaquie pouvait normalement compter sur laide de la France[13]mais aussi de la Russie, à la suite de traité du 16 mai 1935 signé entre les deux pays. LUnion soviétique avait réclamé dès le début de la crise la tenue immédiate de négociations militaires entre des représentants des forces soviétiques, françaises et tchécoslovaques. Elle avait aussi réclamé linscription de la crise à lordre du jour de lassemblée générale de la SDN. Lambassadeur soviétique Ivan Maïski avait indiqué que son pays était disposé à apporter une aide militaire à la Tchécoslovaquie, à condition que la France en fasse autant[14]. De fait, entre le 21 et le 23 septembre lArmée Rouge (RKKA) avait mobilisé et commencé le déploiement de forces considérables des districts militaires de Kiev et de Biélorussie[15]. Le district de Kiev fut mobilisé le 21 septembre et celui de Biélorussie le 23 septembre. Les districts militaires de Kalinin, Leningrad, Moscou et Kharkov furent, eux aussi, concernés par cette mobilisation mais dans une moindre mesure. Le 28 septembre, tous les districts militaires à louest de lOural et ceux de Transcaucasie reçurent lordre de ne pas laisser les conscrits ayant terminé leur service militaire rentrer chez eux, ce qui équivalait à une mobilisation importante des forces armées. Près de 330 000 réservistes furent rappelés sous les drapeaux.
Char BT-7, en service en 1937 Etaient concernées soixante divisions dinfanterie, seize divisions de cavalerie avec six corps de chars et dix-sept brigades aériennes[16]. Mais, en labsence de frontière commune entre lURSS et la Tchécoslovaquie, lURSS cherchait à obtenir soit de la Pologne soit de la Roumanie un accord sur la traversée de leurs territoires. De fait si la Roumanie devait accepter tacitement des transferts aériens (des chasseurs I-16 et des bombardiers SB-71 traversèrent lespace aérien roumain)[17], la Pologne refusa, ce qui nétait pas étonnant vu le tour « pronazi » de la politique polonaise à lépoque[18]. En dépit de la demande pressante de lUnion soviétique, la France nintervint pas pour convaincre ses alliés. Ceci est dautant plus incompréhensible que des accords militaires liaient la France à la Pologne et à la Roumanie. Si la responsabilité du gouvernement britannique est naturellement engagée dans ce que des auteurs ont pu appeler la « tragédie de Munich », la responsabilité des gouvernants français semble lêtre plus encore, car ces derniers avaient les moyens de faire pression sur la Pologne et surtout sur la Roumanie[19]. La France avait même refusé la proposition soviétique de lui céder 200 chasseurs modernes (des I-16) pour renforcer son aviation[20]. Cest donc peu dire que les dirigeants soviétiques se sentirent trahis par la décision de la Grande-Bretagne et de la France de céder devant Hitler le 29 septembre dans ce quil est convenu dappeler les « accords de Munich »[21]. Les tenants de la « sécurité collective » au sein de la diplomatie soviétique se trouvèrent dans une position difficile et lidée que seule une politique unilatérale, opportuniste, pouvait garantir les intérêts et la sécurité de lURSS fit son chemin. La situation « après Munich » LAllemagne nen resta pas aux « accords de Munich ». Rapidement, avec laide de la Pologne, elle envahit ce qui restait du territoire tchécoslovaque le 15 mars 1939. La Pologne sempara quant à elle de plusieurs régions frontalières, notamment la Zaolzie (région de Teschen), et la Hongrie annexa des régions peuplées de Hongrois[22]. Le 21 mars 1939, lAllemagne prononça la dissolution du pays, avec dune part la création dune Slovaquie indépendante (et cliente de lAllemagne) et dautre part le « protectorat » de Bohème-Moravie, sous contrôle allemand[23]. Comment les dirigeants soviétiques pouvaient-ils réagir à leffondrement des structures de sécurité collective en Europe ? Le 17 avril, soit près dun mois après la dissolution de la Tchécoslovaquie, lors dune rencontre entre un diplomate soviétique (Merekalov) et un aide de Ribbentrop au sujet de lexécution des commandes soviétiques passées à Skoda (devenue, de fait, une entreprise allemande). Le diplomate allemand, Weizsacker, fit des avances vers les soviétiques et déclara que le contrat serait honoré (il en fut de même dailleurs pour un contrat britannique avec les aciéries de Pilsen concernant les plaques de blindage du porte-avions Illustrious alors en construction chez Vickers-Armstrongs[24]) mais de plus, déclarant parler au nom de Ribbentrop et de Hitler, Weizsacker affirma que rien nempêchait lAllemagne et lURSS davoir de bonnes relations. Les réactions des soviétiques furent pour le moins mitigées. Le remplacement de Litvinov par Molotov comme Commissaire aux Affaires Etrangères étant plus une manuvre de politique intérieure et un moyen pour Staline de mieux contrôler la politique étrangère quun signal vis-à-vis de lAllemagne[25]. Astakhov, qui avait remplacé Merekalov, ne fut, si lon en croit le rapport quil envoya à Moscou, pas plus impressionné par ses rencontres avec Schnurre et von Stumm, deux diplomates allemands de haut rang[26]. La position soviétique semble bien avoir été un attentisme prudent, voire hostile, jusquà la fin juillet 1939[27].
Vyacheslav MOLOTOV A cette époque, Astakhov rencontra Ribbentrop en personne tandis quun diplomate allemand visitait Moscou. Il semble bien que ce soit là que les choses commencèrent à bouger. Lhostilité évidente de lAllemagne par rapport à la Pologne provoquait des inquiétudes en Grande-Bretagne et en France. Le 4 août, Molotov envoya un télégramme à Astakhov lui demandant de poursuivre les négociations avec la partie allemande mais uniquement sur loctroi de crédits commerciaux. Une délégation Franco-Britannique, par ailleurs, arriva à Moscou le 10 août. Les discussions qui commencèrent alors mirent en évidence et la décision des soviétiques daboutir à un accord militaire ferme ne laissant aucune place aux manuvres « dapaisement » et labsence de mandat des délégués franco-britannique pour faire aboutir ces négociations[28]. La faillite de ces négociations (le 12 août) ouvrit la porte à un accord entre lUnion soviétique et lAllemagne. Il convient alors de se souvenir que les dirigeants soviétiques craignent à lépoque et par dessus tout une alliance des « puissances capitalistes » dirigée contre eux. Il faut aussi se souvenir que, dans le même temps, se déroulent les combats de Khalkhin-Gol où les troupes soviétiques affrontent les troupes japonaises[29]. Or, lAllemagne, lItalie et le Japon sont nominalement liés par un Pacte. Même sil est clair que lAllemagne poursuit une politique sans tenir compte des avis italiens ou japonais, la volonté des dirigeants soviétiques de se débarrasser de la « menace japonaise », ce qui sera achevé le 11 septembre 1939, ne peut se comprendre que du point de vue dune recherche dune liberté de manuvre en Europe, et dune crainte de lAllemagne. Cette liberté de manuvre était dautant plus importante que leffondrement des restes de la « sécurité collective », du fait du mauvais vouloir des Britanniques et des Français, laissait les dirigeants soviétiques sans véritable stratégie de rechange[30]. La décision des dirigeants soviétiques de donner suite aux demandes allemandes dun accord (17 août) ne préjugeait pas du contenu réel de cet accord. Le 19 août, un accord commercial avec lAllemagne fut signé. Molotov signale bien la volonté soviétique détablir, à côté dun pacte de non-agression, un « protocole spécial », mais il ne sengage pas sur le contenu de ce dernier. Les dirigeants soviétiques refusèrent la venue immédiate de Ribbentrop. Le 21 août Hitler envoya une lettre personnelle à Staline insistant pour un accord, au vu de la dégradation de la situation entre lAllemagne et la Pologne. Staline donna alors son accord pour la venue de Ribbentrop à Moscou le 23 août[31]. Il semble donc que le texte de laccord et du protocole secret ait été rédigé entre le 21 et le 23 août. La signature du Pacte ET de son « protocole secret » eut donc lieu à Moscou le 23 août. Les dirigeants soviétiques avaient finalement opté pour ce quils percevaient comme la moins pire des solutions, et ils avaient abandonné temporairement du moins tout espoir de « sécurité collective ».
La signature du Pacte, le 23 août 1939 Lévolution de la position soviétique après le Pacte Le Pacte du 23 août ne contient donc pas ce que lon croit. Même le protocole secret, sil fixe les zones dinfluence, est en réalité relativement anodin. Face aux tergiversations des Français et des Britanniques, Staline et les dirigeants soviétiques ont choisi, en apparence, ce qui leur semblait le mieux garantir la sécurité de leur pays. Compte tenu du précédent de Munich, les dirigeants français, qui ont refusé dintervenir en septembre 1938 pour demander à la Roumanie ou à la Pologne de laisser passer les troupes soviétiques (et les protocoles militaires existaient avec ces deux pays), ne peuvent que considérer cet accord comme le fruit amer de leur propre politique. Cela néanmoins ne justifie pas les accords entre le NKVD et la Gestapo pour les échanges de prisonniers (communistes allemands contre « blancs » et défecteurs soviétiques)[32]. Si le principe dun accord est parfaitement admissible et défendable, les clauses annexes, elles, posent à lévidence problème.
Le texte du Pacte et du protocole secret Mais, lévolution de la situation suite à lagression allemande contre la Pologne va changer la donne. De fait, Staline et les dirigeants soviétiques sattendaient à une résistance plus importante de la part de larmée polonaise. Considérant son effondrement rapide, ils se décidèrent à intervenir le 17 septembre 1939. Ce faisant, et même si formellement ils pouvaient prétendre vouloir faire appliquer le protocole secret du Pacte, ils entraient dans une autre logique. Symboliquement, laction de lArmée Rouge apparaît comme un « coup de poignard dans le dos » donné à larmée polonaise. Cette action fait passer lUnion soviétique pour lallié de lAllemagne nazie. De plus, le traité sur la délimitation des frontières, signé le 28 septembre 1939 et surtout les protocoles secrets, dont celui concernant les activités des « agitateurs » polonais (avec les 4 conférences entre la Gestapo et le NKVD qui eurent lieu[33]) ouvrent la porte aux massacres dans la zone allemande comme dans la zone soviétique ; ils annoncent les massacres de Katyn[34]. Un protocole secret du 10 janvier 1941 précise même que lURSS doit compenser financièrement lAllemagne pour lacquisition de la Lituanie. https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2019/08/00-00-01-Protocole-Confidentiel-28-sept.jpg Protocole confidentiel du 28 septembre 1939
Protocole confidentiel de janvier 1941 Il est cependant clair que ces différents textes et protocoles nont quune portée temporaire. LURSS attend que lAllemagne sépuise dans sa guerre contre la France et le Royaume-Uni. Cest leffondrement de larmée (et du pouvoir politique) française en mai-juin 1940 qui va changer la donne. Staline avait donné lordre aux officiers qui entraient sur le territoire polonais de respecter scrupuleusement la ligne de démarcation, dêtre cordiaux avec les militaires allemands, mais aussi de les « balayer » au cas où ils voudraient avancer plus loin que cette ligne de démarcation. Cela montre létat réel des relations entre lURSS et lAllemagne. Mais, de septembre 1939 à juin 1940, se passent deux événements décisifs qui vont peser lourds sur les décisions de Staline et des dirigeants soviétiques : léchec relatif de lArmée Rouge face à la Finlande et, on la dit, leffondrement de la France. Staline comprend, alors, quil pourrait être confronté à une guerre contre lAllemagne bien plus tôt que ce quil a prévu, soit 1943 ou 1944. Il mesure aussi létat de désorganisation de lArmée Rouge qui est en partie de son fait[35]. Dès lété 1940, il va commencer à se préparer à une guerre contre lAllemagne, guerre quil espère pouvoir retarder jusquau printemps 1942. Linterruption du programme naval compris dans le 3ème plan quinquennal en septembre 1940, une décision qui a sans doute été prise dès la fin du mois de juillet 1940 ou en août au plus tard, et le transfert de lacier vers la construction de chars supplémentaires, est bien la preuve que Staline sait quun affrontement et inévitable avec lAllemagne. La promotion de Joukov à la tête du district militaire de Kiev en est une autre. En janvier 1941 se tinrent deux « jeux de guerre » (Kriegspiel) au Kremlin en présence de Staline et des dirigeants soviétiques, le premier du 2 au 6 janvier et le second du 7 au 14 janvier[36]. Le premier fut un jeu défensif dans lequel les forces soviétiques furent confiées au maréchal Pavlov et les forces allemandes (ou « bleues » dans la terminologie soviétique) au général Joukov. Ce dernier, le seul général soviétique à avoir lexpérience de la guerre mécanisée à la suite de sa victoire contre les japonais à Khalkhin-Gôl en août 1939, encercla les forces soviétiques stationnées en Biélorussie et déboucha vers lEst rapidement. Les cartes de ce premier « jeu » sont intéressantes car elles se révèlent très proches de la manuvre faite dans la réalité par les forces allemandes. Notons déjà que, si Staline avait réellement cru en la parole dHitler, on ne voit pas la nécessité de ce « jeu », tenu sur son ordre, et sous sa présence, au Kremlin. Le second « jeu» avait pour but de tester une contre-offensive et vit les adversaires de hier échanger leurs camps respectifs. Joukov, à la tête désormais des forces soviétiques non seulement stoppa lavancée allemande mais mena une contre-offensive qui devait le mener aux portes de la Roumanie et de la Hongrie. Un troisième « jeu » se tint toujours au Kremlin au début de février 1941. Ce nouveau « jeu » testa une offensive allemande qui serait lancée depuis la région de Bobrouïsk vers Smolensk et limportant « pont de terre » entre la Dvina et le Dniepr qui commande laccès à Moscou. Il implique donc que Staline sétait résolu à lidée dune pénétration en profondeur des armées allemandes sur le territoire de lURSS. Dans ce « jeu », Joukov appliqua une défense échelonnée pour épuiser dabord le potentiel des divisions blindées allemandes, puis passa à une contre-offensive à partir des deux ailes. Ceci correspond au scénario qui sera appliqué à Koursk en juillet 1943. Ce « jeu » démontra la supériorité dune bataille darrêt, suivie dune contre-offensive, sur une offensive préemptive. Il démontre aussi quà cette date on ne peut plus douter du sérieux avec lequel la possibilité dune attaque allemande était envisagée. Mais, Staline est resté persuadé, avec une certaine logique dailleurs, que la guerre néclaterait pas avant 1942 ou 1943 ; en quoi il se trompait gravement. Dans latmosphère de terreur et de suspicion qui règne au Kremlin, cela suffit à discréditer les informations qui remontent dès mars-avril 1941 sur les préparatifs allemands. LArmée Rouge était au milieu de ce que lhistorien militaire américain David Glantz a appelé une « crise institutionnelle »[37], à laquelle vint sajouter, lors de lattaque, la perte des transmissions avec les échelons avancés. Ce fut, en effet, lune des principales raisons de la confusion qui régna dans les premiers jours de lattaque à Moscou. Ajoutons cependant que Staline acquiesça aux demandes de Joukov du mois davril et de mai 1941[38], à lexception de la mise en alerte des districts frontaliers jugée comme pouvant apparaître comme une « provocation » par les Allemands. Ceci est parfaitement contradictoire avec le mythe selon lequel Staline aurait cru jusque aux dernières heures en la parole de Hitler. Que penser du Pacte ? Que faut-il alors penser du Pacte ? Pour les sympathisants et les militants du PCF, il fut clairement un « coup de tonnerre »[39]. Paul Nizan démissionna du PCF le 25 septembre, mais plus en réaction à la manière dont la direction du parti avait réagi au Pacte quau Pacte lui-même.
Paul Nizan Le retour du PCF à une ligne « classe contre classe », à une ligne de « pacifisme révolutionnaire », apparut à de nombreux militants et sympathisants comme une régression. La profonde désorientation qui régna dans le PCF, couplé avec la répression du gouvernement français, paralysa largement ses activités. Linterprétation même du Pacte posait problème. Sagissait-il, ce que nous savons maintenant à la lecture des archives, dun acte opportuniste ou bien présageait-il dune alliance plus durable avec Hitler ? Ces questions touchaient militants et sympathisants bien au-delà de la sphère communiste. De fait, le Pacte semblait valider certaines des positions du « pacifisme intégral » issu de la guerre de 1914-1918. Cela peut expliquer le basculement de certains sympathisants de gauche vers le soutien à la collaboration après juin 1940. Et, il est clair que les dirigeants soviétiques étaient eux-mêmes embarrassés par le Pacte. La décision de Staline et de Molotov dimposer le « protocole secret » puis daller au-delà de ce dernier était difficilement réconciliable avec le discours tenu jusque là. Les annexions de territoire, des Pays Baltes à la Bessarabie, attestaient que lURSS était bien la continuation de lEmpire Russe et non un Etat différent. La guerre contre la Finlande, où la Russie exigeait, et finalement obtint, des compensations territoriales importantes vint sajouter au tableau à lhiver 1939-1940. Le fait que lURSS appliquait une « soviétisation » brutale (déportation des « éléments bourgeois », collectivisation forcée) dans les territoires quelle avait obtenus du fait du Pacte indiquait bien que, pour Staline et certains de ses plus proches associés (dont Molotov) la dimension « territoriale » était elle aussi importante. On ne peut donc pas interpréter le Pacte uniquement du point de vue de la sécurité de lURSS, même si ce point est, bien sûr, le point le plus important ; il faut aussi intégrer la dimension territoriale. Cette dimension territoriale, cette volonté dannuler le traité de Brest-Litovsk, se fait de plus en plus pressante à partir de début 1939. On ne peut donc exclure quelle ait joué un rôle non pas dans le décision den arriver au Pacte, mais dans celle dy inclure des « clauses secrètes ». Elle semble bien avoir joué un rôle de plus en plus important dans la période « post-Pacte » qui va de septembre 1939 à lété 1940. Cette dimension va savérer la plus contre-productive. Les Pays Baltes vivront ainsi leur « annexion » par lURSS de manière très négative. Elle naméliorera pas, par ailleurs, la sécurité de lUnion soviétique. Les annexions ainsi que les gains territoriaux obtenus au détriment de la Finlande furent justifiés par les gouvernements soviétiques par la volonté déviter un blocus de la base navale de Leningrad. Mais, quand les Allemands attaquèrent lURSS en juin 1941, la défense soviétique dans ce secteur seffondra rapidement dans ce secteur et, en septembre 1941, Leningrad était bien bloquée. Ces annexions, loin de donner un avantage en termes de « profondeur stratégiques » aux armées soviétiques, obligèrent de démanteler les fortifications réalisées avant 1939 pour les reconstruire (ou tenter de le faire) plus proche de la nouvelle frontière. De fait, ce processus était loin dêtre achevé quand la guerre éclata. Le Pacte eut-il aussi une dimension économique ? Les négociations entre Allemands et Soviétiques aboutirent à la livraison de quantités importantes de blé et de pétrole à lAllemagne[40]. Mais, lAllemagne sut bien se passer de ces livraisons à partir de 1941. En échange, les Soviétiques obtinrent dimportantes livraisons de machines-outils et déquipements militaires de la part de lAllemagne[41]. Ces livraisons vinrent opportunément remplacer les livraisons américaines interrompues suite à lannexion des Pays Baltes. Or, le commerce entre les Etats-Unis et lURSS était important avant 1939. Il avait commencé dès 1930, alors que les deux pays navaient pas établi de relations diplomatiques (celles-ci datent de novembre 1933), et il sétait renforcé avec laccord commercial de juillet 1935, puis avec lobtention de la clause de la Nation la plus favorisée à lété 1937[42]. De 1937 à 1939, les Soviétiques demandèrent lassistance des Etats-Unis pour la conception des 4 cuirassés de la classe « Sovetsky Soyuz » quils entendaient construire[43]. Les relations économiques et commerciales avec lAllemagne se substituèrent aux relations avec les Etats-Unis, interrompues à la suite des conséquencesdu Pacte. Elles nétaient nullement nécessaires. Le Pacte et son héritage Le Pacte est un objet dhistoire totale. Il ne peut être abordé par un seul de ses côtés. Sa dimension sécuritaire est cependant évidente. Compte tenu de lenchaînement des événements depuis septembre 1938, et des accords de Munich, on voit mal comment il aurait pu être évité. Cependant, le Pacte nimpliquait pas forcément les « protocoles secrets », et celui du 23 août 1939 semble bien avoir correspondu à la volonté de Staline et de Molotov. Dès la Perestroïka, la position de lEtat soviétique, puis de lEtat russe a cependant été claire sur les « protocoles secrets ». Ainsi, le 24 décembre 1989, le Congrès des députés du peuple, qui était alors lorgane supérieur du pouvoir en Union Soviétique, avait adopté une résolution concernant lévaluation politique et juridique du Pacte de non-agression de 1939. Cette résolution condamnait officiellement le protocole secret en tant quacte de «pouvoir totalitaire», un acte qui ne traduisait nullement «la volonté du peuple soviétique qui nassume aucune responsabilité pour cette collusion»[44]. Cela sapplique encore plus aux protocoles secrets du 28 septembre 1939. Le Pacte a-t-il sauvé lURSS face à Hitler ?[45] La dégradation de létat de loutil militaire soviétique de septembre 1938 à la fin de lautomne 1939, et dont la guerre Russo-Finlandaise permet de se rendre compte, est une évidence. Cet état faisait que lURSS navait que peu dintérêt dentrer en guerre au 1er septembre 1939. Mais, cette dégradation était niée ou très sous-estimée par les dirigeants soviétiques. Elle na joué aucun rôle à ce que lon sache dans la signature du Pacte. Comme on la dit, les dirigeants soviétiques nont pris conscience du risque imminent dune attaque allemande quà la fin de lété 1940. Ce nest quà partir des « kriegspiel » de janvier et février 1941 quils mesurent lampleur de la tache de réorganisation de lArmée Rouge. On constate alors quune bonne année a été perdue dans la préparation à la guerre qui vient. Vouloir gagner du temps se comprend et se justifie parfaitement, mais encore faut-il ne pas gaspiller le temps gagné ; pourtant, cest ce que les dirigeants soviétiques ont fait.
Chasseur I-16, 1938, dans une unité de la protection de la Flotte Ceci étant dit, les responsables réels du Pacte sont tout autant Chamberlain, le Premier ministre britannique, et Daladier que Staline. Leur refus denvisager laffrontement en septembre 1938, alors que lArmée Rouge était en meilleure position que ce quelle était en septembre 1939, et que lArmée allemande était bien plus faible que ce quelle sera un an plus tard, est une décision dont limportance est fondamentale pour comprendre le Pacte. La responsabilité du Président du Conseil français est même plus importante que celle de son homologue britannique. Elle implique aussi les défaitistes au sein de lEtat-Major français. Toute vision du Pacte qui oublie cela se discrédite radicalement et complètement. NOTES [1] http://historyfoundation.ru/2019/05/31/pakt/ [2] Kershaw I. et M. Lewin, (edits.), Stalinism and Nazism Dictatorships in Comparison, Cambridge University Press, Cambridge, février 1997, [3] Schmitt O., Pourquoi Poutine est notre allié? Anatomie dune passion française , Paris, Hikari Éditions, 128 p.. [4] https://fr.sputniknews.com/societe/201906031041320466-moscou-originaux-du-pacte-germano-sovietique-de-non-agression-de-1939/ [5] Voir, Ilichev L.F., God krizisa, 1938-1939: Dokumenty i Materialy, 2 Vols., Moscou, Izdatelstvo polit. lit-ry, 1990. Voir aussi Carley M.J., 1939 : Lalliance de la dernière chance, Montréal, Presse Universitaires de Montréal, 2001. [6] Calvitt Clarke III J., « ITALO-SOVIET MILITARY RELATIONS IN 1933 And 1934 : MANIFESTATIONS OF CORDIALITY », Paper Presented to the Duquesne History Forum, Pittsburgh, PA, 27 octobre, 1988. Voir aussi Yakubov, V. & Worth, R., The Soviet Project 7/7U Destroyers, In Jordan, J. & Dent, S. (eds.). Warship 2008, Londres, Conway, 2008, pp. 99114 ; Yakubov, V. Worth, R., « The Soviet Light Cruisers of the Kirov Class », in Jordan, John (ed.), Warship 2009, Londres, Conway, 2009, pp. 8295. ; Rohwer, J. et Monakov, M. S., Stalins Ocean-Going Fleet. Londres, Frank Cass, 2001. [7] Calvitt Clarke III J., Russia and Italy Against Hitler: The Bolshevik-Fascist Rapprochement of the 1930s. Westport, CT: Greenwood Press, 1991. Gorodetsky, G., Soviet Foreign Policy, 1917-1991: A Retrospective. Londres, Routledge, 2014. [8] Charles N. Robinson et N. M. Ross, eds, Brasseys Naval and Shipping Annual, 1930, « A Soviet naval mission visited Italy in December 1930 », Londres, William Clowes and Sons, Ltd., 1930. [9] Vidal G., Une alliance improbable Larmée française et la Russie soviétique 1917-1939, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 307p. [10] Pokorná A., Czechoslovak-Soviet Armaments Cooperation in the Second Half of the 1930s », in Historie a vojenství, no. 5 (1982), pp. 5677. [11] Ryan, J.F., The Royal Navy and Soviet Seapower, 1930-1950 : Intelligence, Naval Cooperation and Antagonism, Univ. Of Hull, PhD., janvier 1996. [12] Winock M., N. Benkorich, La Trahison de Munich : Emmanuel Mounier et la grande débâcle des intellectuels, CNRS éditions, 2008. [13] Traité damitié du 25 janvier 1924 et Traité de Locarno du 16 octobre 1925 : ces documents sont reproduits dans Colliard-Manïn, Droit International et Histoire Diplomatique, Tome H, Europe, Paris, Domat-Montchrestien, 1970, p. 89 et 90. [14] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/GORODETSKY/59133 [15] Les « districts militaires » ou Voennyy Okrug sont des circonscriptions de temps de paix qui ont pour fonction de gérer localement les unités militaires, de les entraîner, et dassurer le cadre de leur mobilisation. En temps de guerre, ils sont remplacés par des « Fronts » ou des « directions stratégiques ». Sapir J., Le système militaire soviétique, Paris, La Découverte, 1989. [16] Jukes G., «The Red Army and the Munich Crisis », in Journal of Contemporary History, Vol. 26, n°2, (1991), pp. 195-214. [17] Elle navait pas à lépoque les moyens de sy opposer. Voir Documents on German Foreign Policy 1918-1954, series D, vol. II (HMSO, Londres 1950), 383 and 43. [18] Sapir J., « Larmée française, lURSS et la Pologne », note publiée sur RussEurope le 26 mars 2016, https://russeurope.hypotheses.org/4825 [19] Doise J.et M. Vaïsse, Politique étrangère de la France. Diplomatie et outil militaire, 1871-1991, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no 153), 1992 (1re éd. 1987, Imprimerie nationale), 749 p. [20] Cuny J. et Danel R., Laviation de chasse française 1918-1940, Paris, éditions Larivière, 1974, pp. 142 et ssq.. [21] Voir Adamthwaite A.P., « Democracies, Dictatorships and Public Opinion : Government, Press and Opinion in Britain and in France in the Approach to Munich », dans Opinion publique et politique extérieure en Europe : actes du Colloque de Rome (16-20 février 1981), vol. II : 1915-1940, Rome, Publications de lÉcole française de Rome, coll. « Publications de lÉcole française de Rome » (no 54-2), 1984, 460 p. [22] Beuve-Méry H., « De laccord de Munich à la fin de lÉtat tchéco-slovaque ? », Politiqueétrangère, Paris, Centre détudes de politique étrangère, no 2, 4e année,‎ avril 1939, p. 135-154. [23] Marès A., Histoire des Tchèques et des Slovaques, Ed. Perrin, Co., Tempus, 2005 [24] Lyon, D.J., Warship Profile 10, HMS Illustrious Aircraft Carrier 1939-1956, Technical History et Friedman, N., British Carrier Aviation: The Evolution of the Ships and Their Aircraft. Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, 1988. [25] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », in Soviet Studies, Vol. 44, No. 1 (1992), pp. 57-78. [26] God krizisa, vol. 1, op. cit.. document 329. [27] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 61. [28] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 67/68. [29] Voir Sapir J., La Mandchourie oubliée : Grandeur et démesure de lart de la guerre soviétique, Éditions du Rocher, coll. « Art de la guerre », 1996, 291 p. ; Coox A.D., Nomonhan : Japan Against Russia, 1939, Stanford (Ca), Stanford University Press, 1985, 1256 p. [30] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 69. [31] God Krizisa, vol. 2, op.cit., documents 570 et 572. [32] Buber-Neumann, M., Prisonnière de Staline et dHitler : déportée en Sibérie, vol. I, Paris, Seuil, 1949 et Prisonnière de Staline et dHitler : déportée à Ravensbrück, vol. II, Paris, Seuil, 1988. [33] Sontag, R. J. et Stuart Beddie J., Nazi-Soviet Relations 19391941: Documents from the Archives of The German Foreign Office. Washington, D.C.: Department of State, 1948. [34] La responsabilité de Staline et des dirigeants soviétiques fut reconnue lors dun vote à la Douma en 2010. https://www.bbc.com/news/world-europe-11845315 [35] Sapir J., La défaite française de 1940 vue par les soviétiques in Cahiers du CEHD, n°23, Nouvelle histoire bataille (II), pp. 273-281. [36] Fulgate B. et L. Dvoretsky, Thunder on the Dnepr, San Francisco, Ca, Presidio Press, 1997, 2001 [37] Glantz D., Before Stalingrad: Barbarossa, Hitlers Invasion of Russia 1941, Tempus, 2003. [38] En particulier le rappel de 800 000 réservistes et le transfert de 4 armées des districts militaires de lintérieur du pays vers les frontières occidentales. Voir Général S.P. Ivanov (ed.) Nachalnyj Period Vojny, [La période initiale de la guerre] Moscou, Voenizdat, 1974, chap. 8. [39] Kimyongür A., « Louis Aragon: (Re) writing the Nazi-Soviet Pact », in E-rea [En ligne], 4.2 | 2006, document 8, mis en ligne le 15 octobre 2006, URL : http://journals.openedition.org/erea/254 [40] Ericson E.E., Feeding the German Eagle : Soviet Economic Aid to Nazi Germany, 19331941, Greenwood Publishing Group, 1999. [41] Weinberg G.L., Germany and the Soviet Union 1939-1941, Leiden, E.J. Bril, 1954. [42] Kerblay B., « Perspectives des relations économiques entre lU.R.S.S. et les Etats-Unis » In Politique étrangère, n°5 1959 24eannée. pp. 504-512; [43] Braynard, F. O., By Their Works Ye Shall Know Them, The Life and Ships of William Francis Gibbs 18861967 New York: Gibbs & Cox, 1968. [44] https://fr.sputniknews.com/societe/201906031041320466-moscou-originaux-du-pacte-germano-sovietique-de-non-agression-de-1939/ [45] https://fr.sputniknews.com/international/201907081041618429-pacte-molotov-ribbentrop-seconde-guerre-modiale-non-agression-allemagne-nazie/
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| Posté le 22-09-2019 à 11:44:49
| | Parti Communiste Portugais : NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP 20 SEP https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/09/20/parti-communiste-portugais-note-du-bureau-de-presse-des-deputes-europeens-du-pcp/?fbclid=IwAR2uFXOXSFFXgLvDZElvj-42iiJvwajLGsOi8rPzWe7mJfJ09ZT9cCvYuTc NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP La majorité du Parlement européen promeut lanticommunisme et la réécriture de lhistoire 19 septembre 2019, Strasbourg La majorité du Parlement européen a approuvé aujourdhui, avec le vote favorable des députés du PS, du PSD, du CDS et du PAN, une résolution grave et abjecte, qui constitue un autre élément déplorable de la stratégie de révisionnisme historique prônée par lUnion européenne. Le texte maintenant approuvé promeut les conceptions et les falsifications les plus réactionnaires de lhistoire contemporaine dans une tentative déplorable dassimiler fascisme et communisme, minimisant et justifiant les crimes du nazisme-fascisme et réduisant au silence les responsabilités complicates des grandes puissances capitalistes telles que le Royaume-Uni ou la France. ce qui a ouvert la voie au début de la Seconde Guerre mondiale dans lespoir de réprimer les hordes nazies contre lURSS, entraînant des coûts humains et matériels considérables pour lUnion soviétique, quaucun autre pays na supportés. Focalisant cette égalisation sans scrupule sur le contexte du pacte Ribbentrop-Molotov, cachant son contexte historique, la résolution adoptée par la majorité des députés omet dimportants comportements de tolérance, de complicité et dalignement des grandes puissances capitalistes sur la montée du fascisme dans plusieurs pays européens. lutter contre lidéal communiste et contre les énormes acquis économiques et sociaux des ouvriers et des peuples de lURSS, qui ont encouragé les luttes et les aspirations des ouvriers et des peuples de toute lEurope. Labsence intentionnelle de références à la résolution adoptée par la majorité du PE au pacte de concorde et de coopération du 15 juillet 1933 signé entre le Royaume-Uni, la France, lAllemagne et lItalie, qui a ouvert la voie au réarmement de lAllemagne, en est la preuve; ou le soutien militaire de Hitler et de Mussolini à Franco et au coup dÉtat fasciste qui a conduit à la guerre civile en Espagne, dont le régime fasciste serait reconnu par la France et le Royaume-Uni en février 1939; ou la conférence de Munich, qui aboutirait au traité du même nom, signé le 30 septembre 1938 entre lAllemagne, la France, lItalie et le Royaume-Uni, en vue du démembrement de la Tchécoslovaquie occupée par larmée nazie, avec des parties de son territoire occupées. par la Pologne et la Hongrie. Ou encore le sabotage des gouvernements français et anglais aux efforts de négociation dun pacte dassistance mutuelle entre leurs pays et lURSS qui empêcherait une seconde guerre mondiale, encourageant ces gouvernements à sattendre à un conflit germano-soviétique. La résolution adoptée par la majorité du PE non seulement efface la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler, mais cherche également à effacer la contribution décisive des communistes et de lUnion soviétique à la défaite du fascisme nazi et à la libération des peuples du pouvoir colonial après la Seconde Guerre mondiale. Guerre mondiale. Une résolution qui vise également à faire taire le rôle des communistes dans la libération des peuples de loppression fasciste, comme au Portugal, ou du rôle quils ont joué et jouent dans la promotion des droits démocratiques politiques, économiques, sociaux et culturels des travailleurs. Cette résolution comporte encore un autre élément dont on ne peut ignorer la gravité: elle vise à ouvrir la voie à une intensification et à une généralisation de la persécution et à la prohibition des partis communistes, ainsi quà traîner dautres forces progressistes et du mouvement syndical, avec la complicité de lUnion européenne et de lOTAN dans plusieurs États membres tels que la Lituanie, lEstonie, la Lettonie ou la Pologne, entre autres où, parallèlement à la réhabilitation et aux louanges historiques du fascisme et à la glorification des collaborateurs avec le fascisme nazi, monuments de la résistance antifasciste, y compris lArmée rouge, la xénophobie et le racisme et promouvoir les forces fascistes. Ce révisionnisme historique reprend les positions antérieures de lUE qui, souhaitant enseigner au monde les leçons de la « démocratie » et des « droits de lhomme », promouvait les reculs de la civilisation, attaquant les droits sociaux et du travail, la souveraineté nationale et la démocratie. Une entité au service du grand capital et des grandes puissances, dans laquelle se développent des tendances et pratiques répressives limitant les droits et libertés fondamentaux, ainsi que des militaristes. Des politiques qui sont, comme par le passé, à lorigine de la résurgence des forces de droite et fascistes.
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| Posté le 22-09-2019 à 11:46:27
| | DÉCLARATION DU KKE (traduction Nic Enet) Le Parlement européen s'avère être un porte-drapeau de l'anticommunisme qui est l'idéologie officielle de l'UE. Dans une déclaration sur la résolution anticommuniste scandaleuse du Parlement européen, le service de presse du CC du KKE déclare : "Le KKE condamne la résolution commune ignoble et anticommuniste du Parlement européen, signée par les groupes politiques du Parti populaire, des sociaux-démocrates, des libéraux, des verts et des réformistes conservateurs. Le but de cette monstruosité réactionnaire est de légaliser l'interdiction des partis communistes et des symboles communistes imposée à un certain nombre d'États membres de l'UE, tels que les États baltes et le groupe dit de Visegrad, la généralisation de la criminalisation et de la persécution de l'idéologie communiste et l'action des forces populaires qui luttent avec les communistes et résistent à l'impopularité de la barbarie. Il déforme l'histoire de façon provocante, assimilant le communisme au fascisme d'une manière non historique. Elle ouvre la voie aux gangs fascistes et aux forces d'extrême droite qui se développent en Europe, blanchissant le nazisme et ses crimes hideux. La contribution décisive de l'Union soviétique à l'écrasement du monstre fasciste, avec le sang de millions de Soviétiques, les sacrifices incalculables des communistes qui ont mené le mouvement héroïque de résistance contre le joug nazi, sont encore gravés dans la mémoire des peuples. Le Parlement européen s'avère être un porte-drapeau de l'anticommunisme, qui est l'idéologie officielle de l'UE, un précurseur et un complément nécessaire à la politique antipopulaire dure qu'il impose avec les gouvernements bourgeois dans ses Etats membres. L'histoire a été irrévocablement écrite par les peuples avec leurs luttes, et les apologistes du capital et de la barbarie capitaliste ne la réécrivent pas avec des résolutions. Les députés qui votent en faveur de cette construction anticommuniste assument une responsabilité sérieuse que notre peuple jugera à la lettre. " 19/09/2019
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 11:52:12
| Histoire révisionniste Deux points de la résolution adoptée par le Parlement européen le 19 septembre 2019, à l'occasion du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale : #1[La résolution] souligne que la Seconde Guerre mondiale, la guerre la plus dévastatrice de l'histoire de l'Europe, a été provoquée par le fameux Traité de non-agression nazi-soviétique du 23 août 1939, également appelé Pacte Molotov-Ribbentrop, et ses protocoles secrets, qui ont permis à deux régimes totalitaires ayant pour objectif commun la conquête mondiale, de scinder l'Europe en deux zones d'influence ; #11[La résolution] invite la Commission à apporter un soutien efficace aux projets de mémoire historique et de mémoire dans les États membres et aux activités de la plate-forme européenne Mémoire et conscience, et à allouer des ressources financières suffisantes dans le cadre du programme "L'Europe pour les citoyens" pour soutenir la commémoration et le souvenir des victimes du totalitarisme ; souligne que les générations futures devraient avoir accès à du matériel éducatif concret qui souligne les conséquences graves de la passivité devant les graves violations des lois et normes internationales ; Quels pays dEurope signent un pacte avec le Nazisme et quand ? Communist Party of Great Britain - Marxist Leninist
Note : la photo de couverture sur la page facebook du Communist Party of Great Britain Marxist Leninist
Edité le 22-09-2019 e 11:58:17 par Xuan
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| | pzorba75 | | Grand classique (ou très bavard) | | 1186 messages postés |
| Posté le 22-09-2019 à 14:28:35
| Xuan a écrit :
Histoire révisionniste ... [/img] |
Un des premiers pactes signés avec le IIIe Reich allemand a été le Concordat signé par E. Pacelli (futur pape Pie XII) et F. Von Papen (vice-chancelier) en juillet 1933. C'étaient déjà des amis... contre l'athéisme et le bolchevisme. La situation a-t-elle évolué au sein de l'Union européenne? Guère sur le fond, le Vatican reste la référence réactionnaire la plus affirmée, contre l'émancipation sociale et la lutte des classes. Finalement, un modèle social démocrate chrétien.
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| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 14-02-2020 à 23:33:14
| Je rappelle que le 4 février, au deuxième jour de sa visite en Pologne, Emmanuel Macron a exprimé sa solidarité avec ses hôtes polonais contre la Russie. « Je veux redire la solidarité de la France avec le peuple polonais face à ceux qui veulent nier la réalité » et contre « toute tentative de falsification » de lHistoire ». « Je vois la démarche russe de réinterpréter la Seconde guerre mondiale, de culpabiliser peuple polonais. Cest un projet éminemment politique » , a-t-il relevé. « La Pologne nest pas responsable du déclenchement de la Seconde guerre mondiale, elle en fut victime. La Pologne na pas choisi dêtre le lieu de lhorreur . Poutine fait la leçon à Zelensky sur linadmissibilité de la falsification de lhistoire de la Seconde Guerre mondiale© Sputnik . Alexey Nikolsky https://fr.sputniknews.com/international/202002141043073072-poutine-fait-la-lecon-a-zelensky-sur-linadmissibilite-de-la-falsification-de-lhistoire-de-la/ 22:00 14.02.2020 Dossier:L'histoire face à des menaces de révision (25) En réponse aux propos de Volodymyr Zelensky qui a soutenu la décision de la Pologne daccabler lUnion soviétique de la même responsabilité dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale que lAllemagne nazie, Vladimir Poutine a rappelé à son homologue ukrainien quil était inadmissible daltérer la vérité historique. Réagissant aux déclarations du Président ukrainien sur le rôle de lURSS dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine a souligné lors dune conversation téléphonique avec Volodymyr Zelensky le caractère inadmissible du détournement de la vérité historique, a fait savoir le service de presse du Kremlin. Cette conversation a eu lieu suite à une initiative ukrainienne. «Dans le contexte de lapproche du 75e anniversaire de la grande Victoire, la partie russe a souligné lapport de tous les peuples de lURSS à la défaite de lAllemagne nazie et a indiqué linadmissibilité de la falsification de la vérité historique concernant les faits de la Seconde Guerre mondiale» , précise la publication. LURSS accusée au même titre que lAllemagne nazie La déclaration de Volodymyr Zelensky a été faite lors de la visite du Président en Pologne à loccasion du 75e anniversaire de la libération dAuschwitz. Selon lui, lUnion soviétique a contribué au déclenchement de la guerre autant que lAllemagne nazie. La «collision des régimes totalitaires» a permis ainsi aux nazis de «lancer lengrenage mortel de lHolocauste» . Son discours fait écho à ladoption par le Parlement polonais dune résolution jugeant que limpact de lUnion soviétique dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale était identique à celui de lAllemagne nazie. De plus, Jaroslaw Kaczynski, le président du parti au pouvoir a réclamé que la Russie indemnise la Pologne pour les dommages subis par le pays pendant la guerre. Le Kremlin a ensuite riposté en déclarant posséder des documents prouvant une collusion entre la Pologne et lAllemagne. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a également martelé que la Pologne avait reçu des territoires qui appartenaient avant à lAllemagne et ce, uniquement grâce à lUnion soviétique.
Edité le 14-02-2020 e 23:33:28 par Xuan
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| Posté le 17-02-2020 à 17:26:44
| | HONGRIE. LE GOUVERNEMENT ORBAN RÉHABILITE UN RÉGIME FASCISTE Lundi, 17 Février, 2020 Vadim Kamenka https://www.humanite.fr/hongrie-le-gouvernement-orban-rehabilite-un-regime-fasciste-684771 À loccasion de son discours à la nation, le premier ministre Viktor Orban devait présenter ses nouvelles batailles identitaires. Viktor Orban est à loffensive. Référendum sur le versement des indemnités légales aux Roms, réformes scolaires
Le premier ministre hongrois lance une nouvelle bataille culturelle et identitaire après sen être pris aux médias et à la Constitution. Malgré les alertes de Bruxelles sur les atteintes répétées de lÉtat de droit, le dirigeant du Fidesz poursuit la révolution conservatrice en Hongrie en tant que défenseur des valeurs de la chrétienté et du nationalisme. Dernière réforme en date, un nouveau programme scolaire qui sappliquera en septembre aux orientations idéologiques assumées. La rédaction du texte a été réalisée par Mihaly Takaro, un historien proche des milieux dextrême droite. « Aucun programme na jamais été à ce point teinté didéologie » Lassociation des professeurs hongrois a estimé dans un communiqué que ces nouveaux programmes « étaient un poison pour la pensée et devaient être immédiatement retirés » . En effet, sur la liste des écrivains à étudier à partir de la rentrée prochaine, trois sont obligatoires. Albert Wass et Jozsef Nyiro sont des auteurs antisémites et soutien du régime hongrois dHorthy pour le second. « Cest un programme ouvertement patriote, centré sur lenfant et adapté au XXIe siècle » , se défend le ministère des Ressources humaines, qui recouvre léducation, la culture et les sports. Cela na pas convaincu Laszlo Miklosi, le président de lassociation des professeurs dhistoire, qui condamne cette réforme. « Depuis la fin du changement de système (sortie du communisme en 1990), aucun programme na jamais été à ce point teinté didéologie » , constate-t-il dans le Times of Israel. Le gouvernement hongrois multiplie les projets révisionnistes et négationnistes. Cette réforme scolaire ny échappe pas. Elle entend réhabiliter le régime fasciste de lamiral Miklos Horthy (1920-1944) et en faire lapologie comme celle de la remise sur pied du pays ! Ce Pétain hongrois avait mis en place des politiques antisémites dès les années 1920. Et il deviendra un soutien affiché du IIIe Reich, durant la Seconde Guerre mondiale, en prenant part à de nombreux pogroms ou déportations. « Ce dirigeant hongrois de lentre-deux-guerres a clairement collaboré avec le régime nazi. Entre mai 1944 et septembre, ils participent pleinement aux exterminations avec la Wehrmacht, venue dans le royaume en mars 1944 » , nous rappelle le journaliste et historien Dominique Vidal. 430 000 juifs ont été déportés sous ce régime. Plusieurs enseignants affichent leur détermination à lutter contre cette réforme réalisée en catimini. Des protestations ont eu lieu le 10 février et dautres devraient se tenir jusquà la rentrée prochaine. Un boycott ou la réécriture des manuels sont aussi envisagés, affirme lassociation des professeurs. En cette année de centenaire du traité de Trianon, qui est vécu par les Hongrois comme un drame national qui a amputé le pays de deux tiers de son territoire, Orban a également prévu dorganiser une nouvelle consultation nationale. Elle doit porter sur le versement dindemnités légales aux détenus qui compensent les mauvaises conditions dans les prisons surpeuplées du pays (surpopulation la plus importante de lUE) et aux Roms. Depuis septembre, le premier ministre refuse de leur verser une amende de 300 000 euros de dommages et intérêts. Le gouvernement a été condamné en 2015 par la cour dappel de Debrecen pour avoir autorisé la ségrégation scolaire dune soixantaine denfants roms. Cette consultation est dénoncée par de nombreux partis et associations qui craignent une relance de violences et discriminations contre cette minorité de 10 millions dhabitants en Hongrie. Vadim Kamenka
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| | Plaristes | | Communiste et Français ! | | Militant expérimenté | | 796 messages postés |
| Posté le 18-02-2020 à 00:25:36
| Les €uropéïstes nous invitent à voter conservateur pour faire face à la menace.
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