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 loi anticommuniste du parlement européen

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Xuan
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   Posté le 22-09-2019 à 10:20:55   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je mets en ligne ce texte qui assimile communisme et fascisme, et qui prétend interdire toute expression communiste en Europe.
Il s'agit d'une décision fasciste sous un déguisement "démocratique", et qui répond à la dégradation économique et au risque grandissant d'une nouvelle crise économique pour laquelle il n'existe plus de filet de protection, au développement des contradictions entre les pays européens, à la déliquescence des démocraties bourgeoises en Europe, liquidées par la grande bourgeoisie elle-même, au rejet des partis bourgeois par l'immense majorité des peuples d'Europe.
Cette décision répond aussi à la montée des colères populaires et des manifestations, au progrès de l'idée du socialisme et du marxisme.



Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe
(2019/2819(RSP))
Le Parlement européen,

– vu les principes universels des droits de l’homme et les principes fondamentaux de l’Union européenne en tant que communauté fondée sur des valeurs communes,

– vu la déclaration effectuée le 22 août 2019 par le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et par la commissaire Věra Jourová, dans la perspective de la «Journée européenne du souvenir» pour la commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires,

– vu la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, adoptée le 10 décembre 1948,

– vu sa résolution du 12 mai 2005 sur le soixantième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe (8 mai 1945)(1),

– vu la résolution 1481 sur la nécessité d’une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires, adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 26 janvier 2006,

– vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal(2),

– vu la déclaration sur la conscience européenne et le communisme, adoptée à Prague le 3 juin 2008,

– vu sa déclaration sur la proclamation du 23 août comme Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme, adoptée le 23 septembre 2008(3),

– vu sa résolution du 2 avril 2009 sur la conscience européenne et le totalitarisme(4),

– vu le rapport de la Commission du 22 décembre 2010 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe (COM(2010)0783),

– vu les conclusions du Conseil des 9 et 10 juin 2011 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe,

– vu la déclaration de Varsovie du 23 août 2011 sur la Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires,

– vu la déclaration commune du 23 août 2018 des représentants des gouvernements des États membres de l’Union en l’honneur des victimes du communisme,

– vu sa résolution historique sur la situation en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, adoptée le 13 janvier 1983 à la suite de l’«Appel baltique» lancé par 45 ressortissants de ces trois pays,

– vu les résolutions et les déclarations sur les crimes des régimes communistes totalitaires adoptées par plusieurs parlements nationaux,

– vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur,

A. considérant que 2019 marque le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé des souffrances humaines d’une ampleur sans précédent et conduit à l’occupation de pays européens pendant de nombreuses décennies;

B. considérant qu’il y a 80 ans, le 23 août 1939, l’Union soviétique communiste et l’Allemagne nazie ont signé un pacte de non-agression, connu sous le nom de pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop, dont les protocoles secrets partageaient l’Europe et les territoires d’États indépendants entre les deux régimes totalitaires selon des sphères d’influence, ouvrant la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale;

C. considérant que, parmi les conséquences directes du pacte germano-soviétique et du traité germano-soviétique d’amitié, de coopération et de délimitation du 28 septembre 1939 qui s’ensuivit, l’on compte: l’invasion de la République de Pologne, d’abord par Hitler, puis par Staline deux semaines plus tard, qui a brutalement privé le pays de son indépendance et représenté un drame sans précédent pour la nation polonaise; le déclenchement par l’Union soviétique communiste d’une guerre d’agression contre la Finlande le 30 novembre 1939; l’occupation et l’annexion en juin 1940 par l’Union soviétique de parties du territoire roumain, qui n’ont jamais été restituées; et l’annexion des républiques indépendantes de Lituanie, de Lettonie et d’Estonie;

D. considérant qu’après la défaite du régime nazi et la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’après-guerre a été synonyme, pour certains pays d’Europe, de reconstruction et de réconciliation, tandis que d’autres sont restés, pendant un demi-siècle, soumis à des dictatures, parfois sous l’occupation ou l’influence directe de l’Union soviétique,et privés de liberté, de souveraineté, de dignité, de droits fondamentaux et de développement socio-économique;

E. considérant que si les crimes du régime nazi ont été jugés et punis lors du procès de Nuremberg, il reste urgent de sensibiliser l’opinion publique, de dresser un bilan moral de cette période et de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes du stalinisme et d’autres dictatures;

F. considérant que, dans certains États membres, la loi interdit les idéologies communiste ou nazie;

G. considérant que l’intégration européenne a constitué, dès l’origine, une réponse aux souffrances causées par les deux guerres mondiales et la tyrannie nazie qui a conduit à l’Holocauste, ainsi qu’à l’expansion des régimes communistes totalitaires et non démocratiques en Europe centrale et orientale, et que cette intégration a permis de surmonter de profondes divisions et de vives hostilités grâce à la coopération et à l’intégration, de mettre un terme à la guerre et de garantir la démocratie en Europe; considérant que, pour les pays européens qui ont souffert de l’occupation soviétique ou d’une dictature communiste, l’élargissement de l’Union européenne à partir de 2004 a marqué leur retour au sein de la famille européenne, à laquelle ils appartiennent;

H. considérant qu’il convient d’entretenir la mémoire du passé tragique de l’Europe, afin d’honorer les victimes, de condamner les auteurs de crimes et de jeter les bases d’une réconciliation fondée sur la vérité et l’œuvre de mémoire;

I. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute l’Europe, laissées par les crimes commis par les dictatures communistes, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir l’unité de l’Europe et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines;

J. considérant qu’il y a 30 ans, le 23 août 1989, à l’occasion du 50e anniversaire du pacte germano-soviétique, en mémoire des victimes des régimes totalitaires, deux millions de Lituaniens, de Lettons et d’Estoniens se sont donné la main pour former la «Voie balte», une chaîne humaine et manifestation sans précédent qui allait de Vilnius à Tallinn en passant par Riga;

K. considérant que bien que le Congrès des députés du peuple de l’URSS ait condamné, le 24 décembre 1989, la signature du pacte germano-soviétique ainsi que les autres accords conclus avec l’Allemagne nazie, en août 2019, les autorités russes ont rejeté toute responsabilité dans ce pacte et ses conséquences et promeuvent désormais une théorie selon laquelle la Pologne, les États baltes et l’Europe de l’Ouest sont en réalité les véritables instigateurs de la Seconde Guerre mondiale;

L. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires et autoritaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute l’Europe, laissées par les crimes commis par les dictatures stalinienne, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir l’unité de l’Europe et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines;

M. considérant que des groupes et des partis politiques ouvertement radicaux, racistes et xénophobes incitent à la haine et à la violence dans la société, par exemple par la diffusion en ligne de discours de haine, qui conduisent souvent à une montée de la violence, de la xénophobie et de l’intolérance;

1. rappelle que, comme en dispose l’article 2 du traité sur l’Union européenne, l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’état de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités; que ces valeurs sont communes à tous les États membres;

2. souligne que la Seconde Guerre mondiale, conflit le plus dévastateur de l’histoire de l’Europe, a été déclenchée comme conséquence immédiate du tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939, également connu sous le nom de pacte Molotov-Ribbentrop, et de ses protocoles secrets, dans le cadre desquels deux régimes totalitaires ayant tous deux l’objectif de conquérir le monde se partageaient l’Europe en deux sphères d’influence;

3. rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle; rappelle que le régime nazi est coupable de ce crime abject qu’est l’Holocauste; condamne sans réserve les actes d’agression, les crimes contre l’humanité et les atteintes aux droits de l’homme à grande échelle perpétrés par les régimes totalitaires nazi, communistes et autres;

4. témoigne son profond respect à chacune des victimes de ces régimes totalitaires et demande aux institutions de l’Union européenne et aux parties prenantes de tout mettre en œuvre pour faire en sorte que ces crimes abjects contre l’humanité et ces atteintes graves et systématiques aux droits de l’homme commis par les régimes totalitaires ne sombrent pas dans l’oubli et soient jugés, et garantir que ces crimes ne se reproduisent jamais plus; souligne l’importance d’entretenir la mémoire du passé, car il n’y a pas de réconciliation sans travail de mémoire, et réaffirme qu’il s’élève d’une seule voix à tout régime totalitaire, quelle que soit l’idéologie qui l’étaie;

5. demande à tous les États membres de l’Union de procéder à une évaluation claire et fondée sur les principes en ce qui concerne les crimes et actes d’agression commis par les régimes communistes totalitaires et le régime nazi;

6. condamne toute démonstration et toute propagation d’idéologies totalitaires, telles que le nazisme et le stalinisme, dans l’Union européenne;

7. condamne le révisionnisme historique et la glorification des collaborateurs nazis qui ont cours dans certains États membres de l’Union; s’alarme de l’acceptation, qui va croissant, d’idéologies radicales et d’une régression vers le fascisme, le racisme, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance au sein de l’Union européenne; se dit préoccupé par les informations faisant état de collusions, dans certains États membres, entre, d’un côté, des dirigeants politiques, partis politiques et autorités chargées de faire appliquer la loi et, de l’autre, des mouvements radicaux, racistes et xénophobes ayant diverses étiquettes politiques; demande aux États membres de condamner ces actes le plus fermement possible, car ils ébranlent les valeurs de l’Union que sont la paix, la liberté et la démocratie;

8. demande à tous les États membres de célébrer le 23 août, Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires, tant au niveau de l’Union qu’au niveau national, et de sensibiliser la jeune génération à ces problématiques en incorporant, dans les programmes et manuels scolaires de toutes les écoles dans l’Union européenne, l’histoire des régimes totalitaires et l’analyse des séquelles qu’ils ont laissées; demande aux États membres de soutenir la conservation de traces écrites du passé trouble de l’Europe, par exemple en faisant traduire les comptes rendus des procès de Nuremberg dans toutes les langues de l’Union européenne;

9. demande aux États membres de condamner et de combattre la négation de l’Holocauste sous toutes ses formes, notamment la banalisation et la minimisation des crimes commis par les nazis et leurs collaborateurs, et de veiller à ce que les discours politiques et médiatiques soient exempts de ce type de banalisation;

10. réclame une culture mémorielle partagée, qui dénonce les crimes commis par le passé par les régimes fasciste, stalinien et autres régimes autoritaires, de manière à permettre notamment à la jeune génération d’acquérir la résilience nécessaire pour faire face aux menaces auxquelles la démocratie est confrontée à l’heure actuelle; invite les États membres à encourager l’éducation, par l’intermédiaire de la culture grand public, à la diversité de nos sociétés et à la connaissance de notre histoire commune, notamment les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, telles que l’Holocauste, et la déshumanisation systématique des victimes pendant de nombreuses années;

11. demande que le 25 mai (anniversaire de l’exécution de Witold Pilecki, héros d’Auschwitz) soit proclamé Journée mondiale des héros de la lutte contre le totalitarisme, ce qui constituera une marque de respect et un hommage à tous ceux qui, en luttant contre la tyrannie, ont fait preuve d’héroïsme et d’un véritable amour du genre humain et indiquera clairement aux générations futures quelle attitude il faut adopter face à la menace de l’asservissement totalitaire;

12. demande à la Commission de fournir un soutien concret aux projets de travail de mémoire et de souvenir historique dans les États membres ainsi qu’aux activités de la plateforme pour la mémoire et la conscience européennes, et d’affecter des ressources financières suffisantes, dans le cadre du programme «L’Europe pour les citoyens», au soutien à la commémoration et au souvenir des victimes du totalitarisme, comme demandé dans la position du Parlement sur le programme «Droits et valeurs» 2021‑2027;

13. déclare que l’intégration européenne en tant que modèle de paix et de réconciliation résulte du libre choix des peuples de l’Europe de s’engager sur la voie d’un avenir partagé et que l’Union européenne a la responsabilité particulière de promouvoir et de préserver la démocratie, le respect des droits de l’homme et l’état de droit, non seulement à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de son territoire;

14. fait observer qu’en adhérant à l’Union européenne et à l’OTAN, les pays d’Europe centrale et orientale ont non seulement pu retourner dans le giron de l’Europe libre et démocratique, mais ont aussi réussi, avec l’aide de l’Union euro, à mettre en œuvre des réformes et à entrer dans une dynamique de développement socio-économique; souligne toutefois que la possibilité d’adhérer à l’Union devrait demeurer ouverte à d’autres pays européens, comme le dispose l’article 49 du traité sur l’Union européenne;

15. maintient que la Russie reste la plus grande victime du totalitarisme communiste et que sa transformation en un État démocratique sera entravée aussi longtemps que le gouvernement, l’élite politique et la propagande politique continueront de blanchir les crimes communistes et de glorifier le régime totalitaire soviétique; invite par conséquent la société russe à accepter son passé tragique;

16. s’inquiète vivement des efforts déployés par les dirigeants de la Russie d’aujourd’hui pour déformer les faits historiques et blanchir les crimes commis par le régime totalitaire soviétique; considère ces tentatives comme un élément dangereux de la guerre de l’information qui est menée contre l’Europe démocratique et qui cherche à diviser notre continent; demande dès lors à la Commission d’agir de manière décisive pour contrecarrer ces tentatives;

17. se dit préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant qu’un certain nombre de pays européens ont interdit l’utilisation de symboles nazis et communistes;

18. constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la propagation d’un système politique totalitaire;

19. condamne le recours croissant par les forces politiques extrémistes et xénophobes en Europe à la dénaturation des faits historiques et leur emploi d’une symbolique et d’une rhétorique qui font écho à certains aspects de la propagande totalitaire, à savoir le racisme, l’antisémitisme et la haine à l’égard des minorités, sexuelles ou autres;

20. invite instamment les États membres à veiller au respect des dispositions de la décision‑cadre du Conseil, afin de lutter contre les organisations qui diffusent des discours de haine et sèment la violence dans l’espace public et en ligne, et à interdire véritablement les groupes néofascistes et néonazis et toute autre fondation ou association qui exalte et glorifie le nazisme et le fascisme ou toute autre forme de totalitarisme, tout en respectant l'ordre juridique national et la compétence nationale en la matière;

21. souligne qu’il convient de continuer de puiser dans le passé tragique de l’Europe l’inspiration morale et politique nécessaire pour relever les défis du monde contemporain, et en particulier pour lutter pour un monde plus juste, bâtir des sociétés et communautés tolérantes et ouvertes qui accueillent les minorités sexuelles, religieuses et ethniques, et s’assurer que les valeurs européennes bénéficient à tous;

22. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la Douma d’État de la Fédération de Russie ainsi qu’aux parlements des pays du partenariat oriental.


(1) JO C 92 E du 20.4.2006, p. 392.
(2) JO L 328 du 6.12.2008, p. 55.
(3) JO C 8 E du 14.1.2010, p. 57.
(4) JO C 137 E du 27.5.2010, p. 25.


Edité le 22-09-2019 à 10:21:14 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 22-09-2019 à 11:07:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Evidemment le torchon signé par le Parlement Européen ne dit absolument rien ni du sang versé par le peuple soviétique : 27 millions de morts.
Ni de la victoire de Stalingrad, tournant de la seconde guerre et défaite décisive de Hitler.

Rappelons la nature de la seconde guerre mondiale et le déroulement des faits qui l'ont précédée :

La guerre de 39-45 n’est plus une guerre inter-impérialiste comparable à celle de 14-18.

Staline parle de la guerre qui se profile lors du XVIIIe congrès du PCb de l’URSS, en date du 10 mars 1939. Il désigne l’axe comme « les agresseurs » :
« Les Etats agresseurs font la guerre en lésant de toutes les façons les intérêts des Etats non-agresseurs et, en premier lieu, ceux de l’Angleterre, de la France, des Etats-Unis, qui, eux, reculent et se replient en faisant aux agresseurs concession sur concession » .

Le terme d’agresseur n’est pas gratuit puisque Hitler avait aidé Franco contre la république espagnole.
Egalement dès le 19 septembre 1931 le Japon avait envahi la Mandchourie et proclamé le 18 février 1832 l’Etat du Mandchoukouo. La SDN refusa de reconnaître cet état fantoche et le Japon se retira de la SDN.
La seconde guerre sino-japonaise commence le 7 juillet 1937.

Dès lors il ne s’agit plus d’une simple guerre « inter-impérialiste » comme la première guerre mondiale mais d’une guerre d’agression comme la définit Staline. Et les pays impérialistes comme la France, la GB et les USA sont désignés comme des « Etats non-agresseurs ».

Cette analyse est cohérente avec la proposition d’une alliance soviéto-britannico-française le 17 avril 1938, un mois après l’Anschluss.
La proposition soviétique fut rejetée le 22 mai 1938, au lendemain du pacte d’acier entre l’Italie et l’Allemagne.
Les accords de Munich sont signés le 30 septembre 1938.


En mars 1939 Staline déclare encore dans son rapport au XVIIIe congrès :
« Il est certain qu’une guerre, même peu étendue, commencée par les agresseurs sur quelque point perdu du globe, représente un danger pour les pays attachés à la paix.
D’autant plus sérieux est le danger que représente la nouvelle guerre impérialiste, qui a déjà entraîné dans son orbite plus de cinq cent millions d’hommes en Asie, En Afrique, en Europe.
Aussi notre pays, tout en pratiquant avec persévérance la politique du maintien de la paix, a-t-il développé une activité intense en vue d’augmenter la valeur combative de notre Armée et de notre Marine militaire rouges »
.

Clairement Staline parle des « agresseurs » et des « pays attachés à la paix » , dont font partie « les Etats non-agresseurs » , même s’ils font « concession sur concession » .
Il s’agit bien d’une guerre impérialiste mais il est évident qu’une politique consistant à s’en tenir à l’écart n’est plus possible, comme c’était le cas en 1914 avec le slogan « guerre à la guerre » .


> Le 30 juillet 1939 la GB s'engage auprès de l'Allemagne pour isoler l'URSS.
> Le pacte germano-soviétique est signé le 23 août.
> Le 1er septembre l’Allemagne envahit la Pologne.
> Du 11 mai au 16 septembre 1939 un incident de frontière oppose l'Union soviétique à l'Empire du Japon.
> La guerre a commencé et englobe déjà l’URSS.

Après l’entrée en guerre de la France et de la GB, et après l’agression fasciste contre l’URSS, Staline essaie de constituer un front uni mondial contre le fascisme englobant les prolétariats, les peuples et nations opprimées, mais aussi les bourgeoisies impérialistes des USA, de la GB et de la France (on pourrait faire un parallèle avec le front uni mondial contre l’hégémonisme US aujourd’hui).


Edité le 22-09-2019 à 11:09:31 par Xuan




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pzorba75
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   Posté le 22-09-2019 à 11:14:07   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

L'objet de la construction de l'Union Européenne est clairement anti russe, à l'origine anti soviétique, l'URSS disparue il n'a pas changé de cible qui reste la Russie. En ce sens, c'est une construction de l'impérialisme germano américain; plutôt réussie si l'on regarde l'état de la Russie depuis 100 ans.
Deux historiens A. Lacroix-Riz (ALR) et J. Pauwals (JRP), classés complotistes et staliniens, soutiennent l'idée que le tournant de la 2eme guerre mondiale a eu lieu bien avant Stalingrad début février 1943
- ALR : analysant les déclarations des militaires français à Pétain dès juillet 1941 et préparant l'alliance ...américaine;
JRP : avec la défaite allemande devant Moscou et la contre attaque de Joukov faisant reculer les armées allemandes de 200 km vers l'ouest.
Stalingrad a bien entendu confirmé que la défaite militaire de l'Allemagne et de ses alliés était inévitable et que le partage du butin de la guerre se fera entre USA, Grande-Bretagne et URSS.


Edité le 22-09-2019 à 11:24:51 par pzorba75




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Xuan
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   Posté le 22-09-2019 à 11:29:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Comment la Pologne est devenue la « Hyène de l’Europe »



21
SEP


Illustration : Caricature de Jozef Pilsudski dans la presse soviétique



17 septembre 2019

Photo: Boris Efimov/Texte: DmitryBavyrin
https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/09/21/comment-la-pologne-est-devenue-la-hyene-de-leurope/?fbclid=IwAR1EBF2DrjW8b2ACWKSDumD238Ieuq3rXMDsy-pgk2LdeyvT2mHOlwZNJII
https://vz.ru/politics/2019/9/17/998043.html


La participation de Staline à la dernière partition de la Pologne donne aujourd’hui à Varsovie une raison de l’assimiler à Hitler et de parler de la responsabilité «égale» de l’URSS et du Reich dans le déclenchement de la guerre. En même temps, des détails très importants sont délibérément oubliés, car ils exposent la Pologne sous un jour extrêmement noir et en font la «hyène de l’Europe» évoquée par Churchill.

Il y a exactement 80 ans, les troupes soviétiques traversaient la frontière avec la Pologne afin d’annexer les terres de l’Ukraine occidentale et de la Biélorussie occidentale à l’URSS. Cela était impliqué dans des protocoles secrets au pacte Molotov-Ribbentrop, dont le journal VZGLYAD avait auparavant examiné en détail les raisons de la signature. En même temps, l’URSS n’avait pas le choix: l’armée allemande n’allait pas s’arrêter à «sa moitié» de la Pologne et allait de l’avant, de sorte que l’alternative à l’adhésion à l’Union soviétique pour ces régions était de devenir une entité étatique fantoche, entièrement contrôlée par le Reich.

En termes simples, soit l’URSS s’étend sur les terres polonaises, soit elle reçoit une machine de guerre hitlérienne directement à ses frontières.

Dans ces circonstances, une intrigue politique était en jeu – la revanche territoriale dans la direction de l’Est pour la guerre perdue de 1920 faisait évidemment partie des plans de Staline. Il y avait une attitude prononcée en faveur du retour de l’URSS aux frontières de l’Empire russe, une sorte d’exportation du socialisme non pas dans le monde entier (comme sous Lénine), mais au moins dans les limites de ses territoires.

Pourtant, le fait est que Moscou était confrontée au dilemme décrit ci-dessus. Il n’y avait tout simplement pas de troisième option, la solution semblait donc évidente.

D’un point de vue politique, les arrangements étaient presque parfaits. L’Armée rouge n’a franchi la frontière que lorsque la Pologne, en tant qu’État souverain, avait cessé d’exister, lorsque sa capitale était tombée, que les autorités avaient fui et que la guerre avec les Allemands était déjà complètement perdue. Dans de telles circonstances, Moscou s’est engagée à protéger d’Hitler les » peuples frères « , parce que la Pologne elle-même ne pouvait pas le faire et, il faut le souligner, avait accepté le jeu qui lui était imposé, car, malgré l’annexion de ses territoires, elle ne déclara pas la guerre à l’URSS.

Cependant, le gouvernement polonais moderne décrit ce qui s’est passé exclusivement comme un « coup de couteau dans le dos », attribuant à Berlin et à Moscou la même responsabilité pour « avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale ».

C’est une position extrêmement hypocrite, sachant que la Pologne des années 1930 ne se pensait pas autrement qu’en confrontation avec l’URSS. La guerre, de son point de vue, aurait dû commencer dans une configuration différente: Varsovie et Berlin contre Moscou. L’idée dite jagellonne, adoptée par Jozef Pilsudski, impliquait la construction en Europe orientale d’un empire fédéral avec la Pologne à sa tête, ce pourquoi il était nécessaire de morceler le territoire de l’URSS. L’élite polonaise était fanatiquement subordonnée à cette idée qui finit par détruire sa raison collective et son existence même en tant qu’entité politique.

D’ailleurs, quelque chose de similaire s’est passé avec Hitler et l’élite nazie dans le même ordre chronologique.


La Pologne, à ce qu’elle croyait, était assurée de manière fiable contre une variante alternative de l’évolution des événements (guerre avec l’Allemagne) grâce à des garanties données par la Grande-Bretagne et la France. Varsovie refusait catégoriquement de conclure des alliances avec Moscou pour des raisons idéologiques.

Le fait que les événements ne se soient pas déroulés comme prévu (l’Union soviétique a refusé d’être une victime et a tourné la situation en sa faveur) est, bien sûr, une grande douleur, mais la douleur est exclusivement polonaise. En présentant la Pologne comme une victime innocente d’Hitler et de Staline, la Pologne d’aujourd’hui tente de nier l’évidence même, à savoir que l’État de Pilsudski et Cie est à plaindre en avant-dernier lieu, personne ne contestant la dernière place d’Hitler.

C’était un régime autoritaire, clérical et répressif avec des rêves de colonies, de camps de concentration pour l’opposition et des pupitres séparés pour les Juifs. Cette Pologne se considérait politiquement et surtout idéologiquement comme un allié naturel du projet nazi.

Pilsudski a été le premier en Europe à signer un pacte de non-agression avec les nazis. Goering assista à ses funérailles qui ont suivi peu après et Hitler assista à une messe à Berlin en son honneur.

Le régime, surnommé le « régime de sanations » (c’est-à-dire l’élimination de la « cinquième colonne », communistes, mécréants, pécheurs, juifs, etc.) vivait de pillages, de provocations et de combats incessants avec ses voisins pour leurs terres – avec la Tchécoslovaquie, la Lituanie, l’URSS et diverses formations nationales apparues à la fin de la Première Guerre mondiale comme des champignons après la pluie.


Les terres occupées par l’Armée rouge en 1939 étaient à peu près les mêmes que celles que Pilsudski avait conquises au pouvoir soviétique, mettant à profit la confusion révolutionnaire. La riposte des bolcheviks s’était soldée par une défaite militaire pour eux, des dizaines de milliers de prisonniers de l’Armée rouge et des dizaines de milliers d’entre eux exterminés dans les « camps de la mort » polonais – précurseurs des camps de concentration allemands.

Pour les soviétiques il s’agissait bien sûr d’une revanche, mais en même temps ils ne faisaient que récupérer ce qui leur appartenait. Et parallèlement (en vue du rattachement imminent), ils ont rendu à la Lituanie sa capitale Vilnius, qu’elle avait perdue dans le cadre d’une autre intrigue polonaise. Lorsque la Société des Nations avait attribué la ville aux Lituaniens, Pilsudski avait fomenté une mutinerie dans les troupes, occupé la capitale lituanienne, formé l’état fantoche de la Lituanie centrale, pour finalement l’annexer à la Pologne.

Les Lituaniens ont été contraints d’accepter ce tour de passe-passe par un ultimatum des héritiers de Pilsudski, soutenus par leur allié naturel Hitler. Pour Varsovie et Berlin, il s’agissait d’une sorte d’échange diplomatique : la Lituanie abandonne sa revendication de Vilnius sous la pression allemande et la Pologne reconnaît l’Anschluss nazi d’Autriche.

Mais le symbole principal de la fraternité polono-nazie était bien sûr la partition de la Tchécoslovaquie démocratique, selon laquelle la Pologne prenait le contrôle de cette partie de la région de Cieszyn qu’elle n’avait pu conquérir en 1919. La cupidité était si forte que même la menace de Moscou de rompre le pacte de non-agression ne faisait pas peur aux Polonais. Cependant, c’est exactement ce qu’ils voulaient, et certains d’entre eux ne le nient même pas.

« Nous aurions pu trouver une place du côté du Reich presque aussi bien que celle de l’Italie, et certainement meilleure que la Hongrie ou la Roumanie. En conséquence, nous serions à Moscou, où Adolf Hitler et Rydes-Smigly organiseraient un défilé des troupes polono-allemandes victorieuses » . Telle est l’opinion du professeur polonais Pavel Vechorkevich exprimée dans une interview au journal officiel Rzeczpospolita. Cependant, ce journal était coutumier de telles visions du monde.


Winston Churchill a comparé le rôle de la Pologne dans la destruction de la Tchécoslovaquie avec le comportement d’une hyène. Et soulignant le courage des Polonais à différentes époques de l’histoire, il a écrit:

«Les plus courageux des plus courageux ont trop souvent été conduits par les plus infâmes des infâmes! Et pourtant, deux Pologne ont toujours existé: l’une s’est battue pour la vérité et l’autre a rampé dans la bassesse. ”


Il est à noter que cette citation émane de son livre «La Seconde Guerre mondiale», écrit pendant la guerre froide, lorsque les Britanniques manifestaient déjà pleinement leur opposition au communisme et que le gouvernement polonais émigré, composé de ces «canailles», semblait être un allié évident de Londres.

Un allié aussi évident que déraisonnable.

À l’époque des événements décrits, Churchill, qui s’opposait farouchement à la ligne » d’apaisement d’Hitler « , a commenté comme suit les actions de l’URSS contre la Pologne :

«Il est tout à fait clair que les armées russes doivent se tenir sur cette ligne afin d’assurer la sécurité de la Russie contre la menace nazie. Un front oriental a été créé sur lequel l’Allemagne nazie n’osera pas attaquer. Lorsque Herr von Ribbentrop est venu à Moscou la semaine dernière sur invitation spéciale, il a dû faire face au fait que les intentions nazies dans les États baltes et en Ukraine n’étaient pas destinées à être réalisées. »

À long terme, bien sûr, il s’est trompé dans ses prévisions, mais la question polonaise, celle de l’ingratitude noire, n’a cessé de la travailler jusqu’à la fin de la guerre, pour des raisons évidentes. En ce qui concerne l’histoire du soulèvement de Varsovie, le journal VZGLYAD a déjà évoqué le rêve que les héritiers de Pilsudski ont porté jusqu’au bout : sans attendre la chute de Berlin, tourner les baïonnettes britanniques, françaises, américaines, polonaises et peut-être même allemandes vers Moscou. Churchill voyait une menace en l’Union soviétique, mais comme Roosevelt, il était parfaitement conscient de l’utopisme de tels projets et trouvait les Polonais ennuyeux et nuisibles – une force qui avait rompu avec la réalité et cherchait à créer un fossé entre les alliés.

Mais les Polonais s’obstinaient à agir selon le principe « l’impudence est un second bonheur » . Comme dans le cas de l’annexion de la Biélorussie occidentale et de l’Ukraine occidentale. Comme dans le cas de la Lituanie centrale. Comme dans le cas de la partition de la Tchécoslovaquie, lorsque toutes les portes polonaises ont soudainement été fermées aux ambassadeurs des pays alliés, la Grande-Bretagne et la France. Comme dans le cas des préparatifs de sabotage à l’arrière de l’Armée rouge dans la dernière année de la guerre.

Cependant cette même insolence a fini par détruire le «régime de sanations», qui a survécu à la faillite politique en deux étapes – lors des événements de 1939 et après la défaite inévitable du soulèvement de Varsovie. En juillet 1945, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont cessé de reconnaître le gouvernement polonais en exil, mais les autorités polonaises modernes, issues du parti national conservateur de Kaczynski « Droit et justice », se considèrent comme les héritiers politiques de ces personnes qui ont jadis jeté des millions de leurs concitoyens dans le brasier de leurs opinions politiques inconséquentes.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a perdu plus de personnes en pourcentage de la population totale que tout autre pays – près de 18 %, soit 6,2 millions de personnes. Mais » les traits de caractère héroïques du peuple polonais ne doivent pas nous faire fermer les yeux sur sa témérité et son ingratitude qui, pendant des siècles, lui ont causé d’incommensurables souffrances « , écrit Churchill.

Si les fanatiques de Varsovie avaient quitté leurs ambitions impériales exorbitantes, s’ils avaient abandonné leurs projets napoléoniens de confrontation avec l’URSS, s’ils ne s’étaient pas opposés à une alliance commune contre Hitler avec Moscou, Paris et Londres, un grand nombre de ces victimes auraient été évitées.

Mais Varsovie a fait le choix incroyablement stupide de flatter le Sherkhan nazi, car seules des personnes très stupides ne comprenaient pas le caractère inévitable de l’invasion d’Hitler s’il existait un couloir polonais sur la carte et une population allemande à l’intérieur des frontières polonaises. En conséquence, le tigre a englouti la hyène – la réalité n’impliquait tout simplement pas le contraire. Cependant, ses héritiers accusent toujours n’importe qui, et surtout Moscou, qu’ils détestent tant, mais pas leur propre «sang» et leur orgueil national, marquant plus d’un siècle d’indépendance de la Pologne.

Traduction MD pour H&S

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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Le 80ème anniversaire du Pacte Germano-Soviétique, par Jacques Sapir


HISTOIRE
23.août.2019 // Les Crises


Ce jour du 23 août 2019 marque le 80e anniversaire de la signature du pacte Germano-Soviétique, dit aussi pacte Molotov-Ribbentrop. La signature de ce pacte faisait sauter la dernière des sécurités avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. L’agression de l’Allemagne Nazie contre la Pologne n’est plus qu’une question de jours ; elle surviendra le 1er septembre. Les déclarations de guerre à l’Allemagne de la Grande-Bretagne et de la France surviendront dès le 3 septembre 1939.

Ce Pacte a été considéré comme « hors nature » par les uns ou au contraire comme parfaitement naturel, par les autres. La construction d’une équivalence idéologique entre le nazisme et le stalinisme jouant ici le rôle d’un « deus ex-machina » censé « expliquer » le Pacte. Pourtant, cette équivalence a été désormais, depuis la fin de la guerre froide et l’ouverture des archives soviétiques[1], rejetée[2]. Il est aussi vrai que le Pacte fait partie des argumentaires dans l’hystérie « anti-Poutine » en antirusse qui sévit actuellement en France[3]. Il reste cependant un point sensible tant en Russie qu’ailleurs[4].

La réalité est en fait bien plus tortueuse. Depuis 1990, l’ouverture des archives soviétiques permet d’éclairer, au moins en partie, les raisons et les processus qui on conduit à ce Pacte[5]. Le Pacte, qui est officiellement un accord de non-agression mais qui contient aussi un protocole dit secret, est le résultat de contraintes de sécurité pesant sur l’URSS, mais aussi de raisons économiques et territoriales.

La sécurité collective et l’URSS
L’Union soviétique s’est sentie rapidement menacée par l’arrivée au pouvoir d’Hitler et a vu, dans le régime nazi, un ennemi dangereux. De ce point de vue, il est inexact de dater de 1934 l’abandon de la fameuse ligne « classe contre classe » qui était celle du Komintern et de la direction soviétique, et qui avait abouti à l’isolement relatif de l’URSS. Le Pacte d’Amitié, de Neutralité et de non-Agression signé avec l’Italie en septembre 1933, tout en étant aussi déterminé par des raisons économiques et industrielles, en particulier dans les constructions navales[6], avait pour but de se chercher des alliés contre Hitler[7]. Il faut noter que, depuis le sauvetage de Umberto Nobile par le brise-glaces soviétique Krasin, les relations entre l’Italie mussolinienne et l’URSS s’étaient de beaucoup réchauffées[8]. Les dirigeants soviétiques, ayant tiré un bilan négatif de leur politique d’isolement, vont chercher systématiquement à réintégrer le « concert des Nations » pour tenter de se prémunir contre une alliance générale des pays capitalistes contre l’URSS. Cette politique, qui les conduit à intégrer la SDN le 18 septembre 1934 et qui s’incarne dans le responsable des affaires étrangères Maxime Litvinov, n’est pas non plus dépourvue de dimensions militaires. Il en ira ainsi avec la France, avec l’échange d’officiers à partir de 1934 ainsi que des achats de licence (pour des moteurs d’avions)[9], et avec la Tchécoslovaquie[10]. Cette politique de rapprochement avec les puissances « capitalistes » occidentales, vue avec une méfiance certaine depuis la Grande-Bretagne[11], connaîtra son apogée en 1937-38. La crise des Sudètes, qui commence dès la fin de 1937, et les accords de Munich (29 septembre 1938)[12], dont l’URSS est exclue (tout comme le gouvernement tchèque) sera une très grande déception pour les dirigeants soviétiques et la cause d’une inquiétude grandissante.



Maxime LITVINOV

En effet, la Tchécoslovaquie pouvait – normalement – compter sur l’aide de la France[13]mais aussi de la Russie, à la suite de traité du 16 mai 1935 signé entre les deux pays. L’Union soviétique avait réclamé dès le début de la crise la tenue immédiate de négociations militaires entre des représentants des forces soviétiques, françaises et tchécoslovaques. Elle avait aussi réclamé l’inscription de la crise à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la SDN. L’ambassadeur soviétique Ivan Maïski avait indiqué que son pays était disposé à apporter une aide militaire à la Tchécoslovaquie, à condition que la France en fasse autant[14]. De fait, entre le 21 et le 23 septembre l’Armée Rouge (RKKA) avait mobilisé et commencé le déploiement de forces considérables des districts militaires de Kiev et de Biélorussie[15]. Le district de Kiev fut mobilisé le 21 septembre et celui de Biélorussie le 23 septembre. Les districts militaires de Kalinin, Leningrad, Moscou et Kharkov furent, eux aussi, concernés par cette mobilisation mais dans une moindre mesure. Le 28 septembre, tous les districts militaires à l’ouest de l’Oural et ceux de Transcaucasie reçurent l’ordre de ne pas laisser les conscrits ayant terminé leur service militaire rentrer chez eux, ce qui équivalait à une mobilisation importante des forces armées. Près de 330 000 réservistes furent rappelés sous les drapeaux.



Char BT-7, en service en 1937

Etaient concernées soixante divisions d’infanterie, seize divisions de cavalerie avec six corps de chars et dix-sept brigades aériennes[16]. Mais, en l’absence de frontière commune entre l’URSS et la Tchécoslovaquie, l’URSS cherchait à obtenir soit de la Pologne soit de la Roumanie un accord sur la traversée de leurs territoires. De fait si la Roumanie devait accepter tacitement des transferts aériens (des chasseurs I-16 et des bombardiers SB-71 traversèrent l’espace aérien roumain)[17], la Pologne refusa, ce qui n’était pas étonnant vu le tour « pronazi » de la politique polonaise à l’époque[18]. En dépit de la demande pressante de l’Union soviétique, la France n’intervint pas pour convaincre ses alliés. Ceci est d’autant plus incompréhensible que des accords militaires liaient la France à la Pologne et à la Roumanie. Si la responsabilité du gouvernement britannique est naturellement engagée dans ce que des auteurs ont pu appeler la « tragédie de Munich », la responsabilité des gouvernants français semble l’être plus encore, car ces derniers avaient les moyens de faire pression sur la Pologne et surtout sur la Roumanie[19]. La France avait même refusé la proposition soviétique de lui céder 200 chasseurs modernes (des I-16) pour renforcer son aviation[20].

C’est donc peu dire que les dirigeants soviétiques se sentirent trahis par la décision de la Grande-Bretagne et de la France de céder devant Hitler le 29 septembre dans ce qu’il est convenu d’appeler les « accords de Munich »[21]. Les tenants de la « sécurité collective » au sein de la diplomatie soviétique se trouvèrent dans une position difficile et l’idée que seule une politique unilatérale, opportuniste, pouvait garantir les intérêts et la sécurité de l’URSS fit son chemin.

La situation « après Munich »
L’Allemagne n’en resta pas aux « accords de Munich ». Rapidement, avec l’aide de la Pologne, elle envahit ce qui restait du territoire tchécoslovaque le 15 mars 1939. La Pologne s’empara quant à elle de plusieurs régions frontalières, notamment la Zaolzie (région de Teschen), et la Hongrie annexa des régions peuplées de Hongrois[22]. Le 21 mars 1939, l’Allemagne prononça la dissolution du pays, avec d’une part la création d’une Slovaquie indépendante (et cliente de l’Allemagne) et d’autre part le « protectorat » de Bohème-Moravie, sous contrôle allemand[23]. Comment les dirigeants soviétiques pouvaient-ils réagir à l’effondrement des structures de sécurité collective en Europe ?

Le 17 avril, soit près d’un mois après la dissolution de la Tchécoslovaquie, lors d’une rencontre entre un diplomate soviétique (Merekalov) et un aide de Ribbentrop au sujet de l’exécution des commandes soviétiques passées à Skoda (devenue, de fait, une entreprise allemande). Le diplomate allemand, Weizsacker, fit des avances vers les soviétiques et déclara que le contrat serait honoré (il en fut de même d’ailleurs pour un contrat britannique avec les aciéries de Pilsen concernant les plaques de blindage du porte-avions Illustrious alors en construction chez Vickers-Armstrongs[24]) mais de plus, déclarant parler au nom de Ribbentrop et de Hitler, Weizsacker affirma que rien n’empêchait l’Allemagne et l’URSS d’avoir de bonnes relations. Les réactions des soviétiques furent pour le moins mitigées. Le remplacement de Litvinov par Molotov comme Commissaire aux Affaires Etrangères étant plus une manœuvre de politique intérieure et un moyen pour Staline de mieux contrôler la politique étrangère qu’un signal vis-à-vis de l’Allemagne[25]. Astakhov, qui avait remplacé Merekalov, ne fut, si l’on en croit le rapport qu’il envoya à Moscou, pas plus impressionné par ses rencontres avec Schnurre et von Stumm, deux diplomates allemands de haut rang[26]. La position soviétique semble bien avoir été un attentisme prudent, voire hostile, jusqu’à la fin juillet 1939[27].



Vyacheslav MOLOTOV

A cette époque, Astakhov rencontra Ribbentrop en personne tandis qu’un diplomate allemand visitait Moscou. Il semble bien que ce soit là que les choses commencèrent à bouger. L’hostilité évidente de l’Allemagne par rapport à la Pologne provoquait des inquiétudes en Grande-Bretagne et en France. Le 4 août, Molotov envoya un télégramme à Astakhov lui demandant de poursuivre les négociations avec la partie allemande mais uniquement sur l’octroi de crédits commerciaux. Une délégation Franco-Britannique, par ailleurs, arriva à Moscou le 10 août. Les discussions qui commencèrent alors mirent en évidence et la décision des soviétiques d’aboutir à un accord militaire ferme ne laissant aucune place aux manœuvres « d’apaisement » et l’absence de mandat des délégués franco-britannique pour faire aboutir ces négociations[28]. La faillite de ces négociations (le 12 août) ouvrit la porte à un accord entre l’Union soviétique et l’Allemagne.

Il convient alors de se souvenir que les dirigeants soviétiques craignent à l’époque et par dessus tout une alliance des « puissances capitalistes » dirigée contre eux. Il faut aussi se souvenir que, dans le même temps, se déroulent les combats de Khalkhin-Gol où les troupes soviétiques affrontent les troupes japonaises[29]. Or, l’Allemagne, l’Italie et le Japon sont nominalement liés par un Pacte. Même s’il est clair que l’Allemagne poursuit une politique sans tenir compte des avis italiens ou japonais, la volonté des dirigeants soviétiques de se débarrasser de la « menace japonaise », ce qui sera achevé le 11 septembre 1939, ne peut se comprendre que du point de vue d’une recherche d’une liberté de manœuvre en Europe, et d’une crainte de l’Allemagne. Cette liberté de manœuvre était d’autant plus importante que l’effondrement des restes de la « sécurité collective », du fait du mauvais vouloir des Britanniques et des Français, laissait les dirigeants soviétiques sans véritable stratégie de rechange[30].

La décision des dirigeants soviétiques de donner suite aux demandes allemandes d’un accord (17 août) ne préjugeait pas du contenu réel de cet accord. Le 19 août, un accord commercial avec l’Allemagne fut signé. Molotov signale bien la volonté soviétique d’établir, à côté d’un pacte de non-agression, un « protocole spécial », mais il ne s’engage pas sur le contenu de ce dernier. Les dirigeants soviétiques refusèrent la venue immédiate de Ribbentrop. Le 21 août Hitler envoya une lettre personnelle à Staline insistant pour un accord, au vu de la dégradation de la situation entre l’Allemagne et la Pologne. Staline donna alors son accord pour la venue de Ribbentrop à Moscou le 23 août[31]. Il semble donc que le texte de l’accord et du protocole secret ait été rédigé entre le 21 et le 23 août. La signature du Pacte ET de son « protocole secret » eut donc lieu à Moscou le 23 août. Les dirigeants soviétiques avaient finalement opté pour ce qu’ils percevaient comme la moins pire des solutions, et ils avaient abandonné – temporairement du moins – tout espoir de « sécurité collective ».



La signature du Pacte, le 23 août 1939

L’évolution de la position soviétique après le Pacte
Le Pacte du 23 août ne contient donc pas ce que l’on croit. Même le protocole secret, s’il fixe les zones d’influence, est en réalité relativement anodin. Face aux tergiversations des Français et des Britanniques, Staline et les dirigeants soviétiques ont choisi, en apparence, ce qui leur semblait le mieux garantir la sécurité de leur pays. Compte tenu du précédent de Munich, les dirigeants français, qui ont refusé d’intervenir en septembre 1938 pour demander à la Roumanie ou à la Pologne de laisser passer les troupes soviétiques (et les protocoles militaires existaient avec ces deux pays), ne peuvent que considérer cet accord comme le fruit amer de leur propre politique. Cela néanmoins ne justifie pas les accords entre le NKVD et la Gestapo pour les échanges de prisonniers (communistes allemands contre « blancs » et défecteurs soviétiques)[32]. Si le principe d’un accord est parfaitement admissible et défendable, les clauses annexes, elles, posent à l’évidence problème.







Le texte du Pacte et du “protocole secret”

Mais, l’évolution de la situation suite à l’agression allemande contre la Pologne va changer la donne. De fait, Staline et les dirigeants soviétiques s’attendaient à une résistance plus importante de la part de l’armée polonaise. Considérant son effondrement rapide, ils se décidèrent à intervenir le 17 septembre 1939. Ce faisant, et même si formellement ils pouvaient prétendre vouloir faire appliquer le protocole secret du Pacte, ils entraient dans une autre logique. Symboliquement, l’action de l’Armée Rouge apparaît comme un « coup de poignard dans le dos » donné à l’armée polonaise. Cette action fait passer l’Union soviétique pour l’allié de l’Allemagne nazie. De plus, le traité sur la délimitation des frontières, signé le 28 septembre 1939 et surtout les protocoles secrets, dont celui concernant les activités des « agitateurs » polonais (avec les 4 conférences entre la Gestapo et le NKVD qui eurent lieu[33]) ouvrent la porte aux massacres dans la zone allemande comme dans la zone soviétique ; ils annoncent les massacres de Katyn[34]. Un protocole secret du 10 janvier 1941 précise même que l’URSS doit compenser financièrement l’Allemagne pour l’acquisition de la Lituanie.


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Protocole confidentiel du 28 septembre 1939



Protocole confidentiel de janvier 1941

Il est cependant clair que ces différents textes et protocoles n’ont qu’une portée temporaire. L’URSS attend que l’Allemagne s’épuise dans sa guerre contre la France et le Royaume-Uni. C’est l’effondrement de l’armée (et du pouvoir politique) française en mai-juin 1940 qui va changer la donne. Staline avait donné l’ordre aux officiers qui entraient sur le territoire polonais de respecter scrupuleusement la ligne de démarcation, d’être cordiaux avec les militaires allemands, mais aussi de les « balayer » au cas où ils voudraient avancer plus loin que cette ligne de démarcation. Cela montre l’état réel des relations entre l’URSS et l’Allemagne. Mais, de septembre 1939 à juin 1940, se passent deux événements décisifs qui vont peser lourds sur les décisions de Staline et des dirigeants soviétiques : l’échec relatif de l’Armée Rouge face à la Finlande et, on l’a dit, l’effondrement de la France.

Staline comprend, alors, qu’il pourrait être confronté à une guerre contre l’Allemagne bien plus tôt que ce qu’il a prévu, soit 1943 ou 1944. Il mesure aussi l’état de désorganisation de l’Armée Rouge qui est en partie de son fait[35]. Dès l’été 1940, il va commencer à se préparer à une guerre contre l’Allemagne, guerre qu’il espère pouvoir retarder jusqu’au printemps 1942. L’interruption du programme naval compris dans le 3ème plan quinquennal en septembre 1940, une décision qui a sans doute été prise dès la fin du mois de juillet 1940 ou en août au plus tard, et le transfert de l’acier vers la construction de chars supplémentaires, est bien la preuve que Staline sait qu’un affrontement et inévitable avec l’Allemagne. La promotion de Joukov à la tête du district militaire de Kiev en est une autre. En janvier 1941 se tinrent deux « jeux de guerre » (Kriegspiel) au Kremlin en présence de Staline et des dirigeants soviétiques, le premier du 2 au 6 janvier et le second du 7 au 14 janvier[36]. Le premier fut un jeu défensif dans lequel les forces soviétiques furent confiées au maréchal Pavlov et les forces allemandes (ou « bleues » dans la terminologie soviétique) au général Joukov. Ce dernier, le seul général soviétique à avoir l’expérience de la guerre mécanisée à la suite de sa victoire contre les japonais à Khalkhin-Gôl en août 1939, encercla les forces soviétiques stationnées en Biélorussie et déboucha vers l’Est rapidement. Les cartes de ce premier « jeu » sont intéressantes car elles se révèlent très proches de la manœuvre faite dans la réalité par les forces allemandes. Notons déjà que, si Staline avait réellement cru en la parole d’Hitler, on ne voit pas la nécessité de ce « jeu », tenu sur son ordre, et sous sa présence, au Kremlin. Le second « jeu» avait pour but de tester une contre-offensive et vit les adversaires de hier échanger leurs camps respectifs. Joukov, à la tête désormais des forces soviétiques non seulement stoppa l’avancée allemande mais mena une contre-offensive qui devait le mener aux portes de la Roumanie et de la Hongrie. Un troisième « jeu » se tint toujours au Kremlin au début de février 1941. Ce nouveau « jeu » testa une offensive allemande qui serait lancée depuis la région de Bobrouïsk vers Smolensk et l’important « pont de terre » entre la Dvina et le Dniepr qui commande l’accès à Moscou. Il implique donc que Staline s’était résolu à l’idée d’une pénétration en profondeur des armées allemandes sur le territoire de l’URSS. Dans ce « jeu », Joukov appliqua une défense échelonnée pour épuiser d’abord le potentiel des divisions blindées allemandes, puis passa à une contre-offensive à partir des deux ailes. Ceci correspond au scénario qui sera appliqué à Koursk en juillet 1943. Ce « jeu » démontra la supériorité d’une bataille d’arrêt, suivie d’une contre-offensive, sur une offensive préemptive. Il démontre aussi qu’à cette date on ne peut plus douter du sérieux avec lequel la possibilité d’une attaque allemande était envisagée.

Mais, Staline est resté persuadé, avec une certaine logique d’ailleurs, que la guerre n’éclaterait pas avant 1942 ou 1943 ; en quoi il se trompait gravement. Dans l’atmosphère de terreur et de suspicion qui règne au Kremlin, cela suffit à discréditer les informations qui remontent dès mars-avril 1941 sur les préparatifs allemands. L’Armée Rouge était au milieu de ce que l’historien militaire américain David Glantz a appelé une « crise institutionnelle »[37], à laquelle vint s’ajouter, lors de l’attaque, la perte des transmissions avec les échelons avancés. Ce fut, en effet, l’une des principales raisons de la confusion qui régna dans les premiers jours de l’attaque à Moscou. Ajoutons cependant que Staline acquiesça aux demandes de Joukov du mois d’avril et de mai 1941[38], à l’exception de la mise en alerte des districts frontaliers jugée comme pouvant apparaître comme une « provocation » par les Allemands. Ceci est parfaitement contradictoire avec le mythe selon lequel Staline aurait cru jusque aux dernières heures en la parole de Hitler.

Que penser du Pacte ?
Que faut-il alors penser du Pacte ?

Pour les sympathisants et les militants du PCF, il fut clairement un « coup de tonnerre »[39]. Paul Nizan démissionna du PCF le 25 septembre, mais plus en réaction à la manière dont la direction du parti avait réagi au Pacte qu’au Pacte lui-même.



Paul Nizan

Le retour du PCF à une ligne « classe contre classe », à une ligne de « pacifisme révolutionnaire », apparut à de nombreux militants et sympathisants comme une régression. La profonde désorientation qui régna dans le PCF, couplé avec la répression du gouvernement français, paralysa largement ses activités. L’interprétation même du Pacte posait problème. S’agissait-il, ce que nous savons maintenant à la lecture des archives, d’un acte opportuniste ou bien présageait-il d’une alliance plus durable avec Hitler ? Ces questions touchaient militants et sympathisants bien au-delà de la sphère communiste. De fait, le Pacte semblait valider certaines des positions du « pacifisme intégral » issu de la guerre de 1914-1918. Cela peut expliquer le basculement de certains sympathisants de gauche vers le soutien à la collaboration après juin 1940.

Et, il est clair que les dirigeants soviétiques étaient eux-mêmes embarrassés par le Pacte. La décision de Staline et de Molotov d’imposer le « protocole secret » puis d’aller au-delà de ce dernier était difficilement réconciliable avec le discours tenu jusque là. Les annexions de territoire, des Pays Baltes à la Bessarabie, attestaient que l’URSS était bien la continuation de l’Empire Russe et non un Etat différent. La guerre contre la Finlande, où la Russie exigeait, et finalement obtint, des compensations territoriales importantes vint s’ajouter au tableau à l’hiver 1939-1940. Le fait que l’URSS appliquait une « soviétisation » brutale (déportation des « éléments bourgeois », collectivisation forcée) dans les territoires qu’elle avait obtenus du fait du Pacte indiquait bien que, pour Staline et certains de ses plus proches associés (dont Molotov) la dimension « territoriale » était elle aussi importante. On ne peut donc pas interpréter le Pacte uniquement du point de vue de la sécurité de l’URSS, même si ce point est, bien sûr, le point le plus important ; il faut aussi intégrer la dimension territoriale. Cette dimension territoriale, cette volonté d’annuler le traité de Brest-Litovsk, se fait de plus en plus pressante à partir de début 1939. On ne peut donc exclure qu’elle ait joué un rôle non pas dans le décision d’en arriver au Pacte, mais dans celle d’y inclure des « clauses secrètes ». Elle semble bien avoir joué un rôle de plus en plus important dans la période « post-Pacte » qui va de septembre 1939 à l’été 1940.

Cette dimension va s’avérer la plus contre-productive. Les Pays Baltes vivront ainsi leur « annexion » par l’URSS de manière très négative. Elle n’améliorera pas, par ailleurs, la sécurité de l’Union soviétique. Les annexions ainsi que les gains territoriaux obtenus au détriment de la Finlande furent justifiés par les gouvernements soviétiques par la volonté d’éviter un blocus de la base navale de Leningrad. Mais, quand les Allemands attaquèrent l’URSS en juin 1941, la défense soviétique dans ce secteur s’effondra rapidement dans ce secteur et, en septembre 1941, Leningrad était bien bloquée. Ces annexions, loin de donner un avantage en termes de « profondeur stratégiques » aux armées soviétiques, obligèrent de démanteler les fortifications réalisées avant 1939 pour les reconstruire (ou tenter de le faire) plus proche de la nouvelle frontière. De fait, ce processus était loin d’être achevé quand la guerre éclata.

Le Pacte eut-il aussi une dimension économique ? Les négociations entre Allemands et Soviétiques aboutirent à la livraison de quantités importantes de blé et de pétrole à l’Allemagne[40]. Mais, l’Allemagne sut bien se passer de ces livraisons à partir de 1941. En échange, les Soviétiques obtinrent d’importantes livraisons de machines-outils et d’équipements militaires de la part de l’Allemagne[41]. Ces livraisons vinrent opportunément remplacer les livraisons américaines interrompues suite à l’annexion des Pays Baltes. Or, le commerce entre les Etats-Unis et l’URSS était important avant 1939. Il avait commencé dès 1930, alors que les deux pays n’avaient pas établi de relations diplomatiques (celles-ci datent de novembre 1933), et il s’était renforcé avec l’accord commercial de juillet 1935, puis avec l’obtention de la clause de la Nation la plus favorisée à l’été 1937[42]. De 1937 à 1939, les Soviétiques demandèrent l’assistance des Etats-Unis pour la conception des 4 cuirassés de la classe « Sovetsky Soyuz » qu’ils entendaient construire[43]. Les relations économiques et commerciales avec l’Allemagne se substituèrent aux relations avec les Etats-Unis, interrompues à la suite des conséquencesdu Pacte. Elles n’étaient nullement nécessaires.

Le Pacte et son héritage
Le Pacte est un objet d’histoire totale. Il ne peut être abordé par un seul de ses côtés. Sa dimension sécuritaire est cependant évidente. Compte tenu de l’enchaînement des événements depuis septembre 1938, et des accords de Munich, on voit mal comment il aurait pu être évité. Cependant, le Pacte n’impliquait pas forcément les « protocoles secrets », et celui du 23 août 1939 semble bien avoir correspondu à la volonté de Staline et de Molotov. Dès la Perestroïka, la position de l’Etat soviétique, puis de l’Etat russe a cependant été claire sur les « protocoles secrets ». Ainsi, le 24 décembre 1989, le Congrès des députés du peuple, qui était alors l’organe supérieur du pouvoir en Union Soviétique, avait adopté une résolution concernant l’évaluation politique et juridique du Pacte de non-agression de 1939. Cette résolution condamnait officiellement le protocole secret en tant qu’acte de «pouvoir totalitaire», un acte qui ne traduisait nullement «la volonté du peuple soviétique qui n’assume aucune responsabilité pour cette collusion»[44]. Cela s’applique encore plus aux protocoles secrets du 28 septembre 1939.

Le Pacte a-t-il sauvé l’URSS face à Hitler ?[45] La dégradation de l’état de l’outil militaire soviétique de septembre 1938 à la fin de l’automne 1939, et dont la guerre Russo-Finlandaise permet de se rendre compte, est une évidence. Cet état faisait que l’URSS n’avait que peu d’intérêt d’entrer en guerre au 1er septembre 1939. Mais, cette dégradation était niée ou très sous-estimée par les dirigeants soviétiques. Elle n’a joué aucun rôle à ce que l’on sache dans la signature du Pacte. Comme on l’a dit, les dirigeants soviétiques n’ont pris conscience du risque imminent d’une attaque allemande qu’à la fin de l’été 1940. Ce n’est qu’à partir des « kriegspiel » de janvier et février 1941 qu’ils mesurent l’ampleur de la tache de réorganisation de l’Armée Rouge. On constate alors qu’une bonne année a été perdue dans la préparation à la guerre qui vient. Vouloir gagner du temps se comprend et se justifie parfaitement, mais encore faut-il ne pas gaspiller le temps gagné ; pourtant, c’est ce que les dirigeants soviétiques ont fait.



Chasseur I-16, 1938, dans une unité de la protection de la Flotte



Ceci étant dit, les responsables réels du Pacte sont tout autant Chamberlain, le Premier ministre britannique, et Daladier que Staline. Leur refus d’envisager l’affrontement en septembre 1938, alors que l’Armée Rouge était en meilleure position que ce qu’elle était en septembre 1939, et que l’Armée allemande était bien plus faible que ce qu’elle sera un an plus tard, est une décision dont l’importance est fondamentale pour comprendre le Pacte. La responsabilité du Président du Conseil français est même plus importante que celle de son homologue britannique. Elle implique aussi les défaitistes au sein de l’Etat-Major français.

Toute vision du Pacte qui oublie cela se discrédite radicalement et complètement.

NOTES
[1] http://historyfoundation.ru/2019/05/31/pakt/

[2] Kershaw I. et M. Lewin, (edits.), Stalinism and Nazism – Dictatorships in Comparison, Cambridge University Press, Cambridge, février 1997,

[3] Schmitt O., Pourquoi Poutine est notre allié? Anatomie d’une passion française , Paris, Hikari Éditions, 128 p..

[4] https://fr.sputniknews.com/societe/201906031041320466-moscou-originaux-du-pacte-germano-sovietique-de-non-agression-de-1939/

[5] Voir, Il’ichev L.F., God krizisa, 1938-1939: Dokumenty i Materialy, 2 Vols., Moscou, Izdatelstvo polit. lit-ry, 1990. Voir aussi Carley M.J., 1939 : L’alliance de la dernière chance, Montréal, Presse Universitaires de Montréal, 2001.

[6] Calvitt Clarke III J., « ITALO-SOVIET MILITARY RELATIONS IN 1933 And 1934 : MANIFESTATIONS OF CORDIALITY », Paper Presented to the Duquesne History Forum, Pittsburgh, PA, 27 octobre, 1988. Voir aussi Yakubov, V. & Worth, R., “The Soviet Project 7/7U Destroyers”, In Jordan, J. & Dent, S. (eds.). Warship 2008, Londres, Conway, 2008, pp. 99–114 ; Yakubov, V. Worth, R., « The Soviet Light Cruisers of the Kirov Class », in Jordan, John (ed.), Warship 2009, Londres, Conway, 2009, pp. 82–95. ; Rohwer, J. et Monakov, M. S., Stalin’s Ocean-Going Fleet. Londres, Frank Cass, 2001.

[7] Calvitt Clarke III J., Russia and Italy Against Hitler: The Bolshevik-Fascist Rapprochement of the 1930s. Westport, CT: Greenwood Press, 1991. Gorodetsky, G., Soviet Foreign Policy, 1917-1991: A Retrospective. Londres, Routledge, 2014.

[8] Charles N. Robinson et N. M. Ross, eds, Brassey’s Naval and Shipping Annual, 1930, « A Soviet naval mission visited Italy in December 1930 », Londres, William Clowes and Sons, Ltd., 1930.

[9] Vidal G., Une alliance improbable – L’armée française et la Russie soviétique 1917-1939, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 307p.

[10] Pokorná A., “Czechoslovak-Soviet Armaments Cooperation in the Second Half of the 1930s », in Historie a vojenství, no. 5 (1982), pp. 56–77.

[11] Ryan, J.F., The Royal Navy and Soviet Seapower, 1930-1950 : Intelligence, Naval Cooperation and Antagonism, Univ. Of Hull, PhD., janvier 1996.

[12] Winock M., N. Benkorich, La Trahison de Munich : Emmanuel Mounier et la grande débâcle des intellectuels, CNRS éditions, 2008.

[13] Traité d’amitié du 25 janvier 1924 et Traité de Locarno du 16 octobre 1925 : ces documents sont reproduits dans Colliard-Manïn, Droit International et Histoire Diplomatique, Tome H, Europe, Paris, Domat-Montchrestien, 1970, p. 89 et 90.

[14] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/GORODETSKY/59133

[15] Les « districts militaires » ou Voennyy Okrug sont des circonscriptions de temps de paix qui ont pour fonction de gérer localement les unités militaires, de les entraîner, et d’assurer le cadre de leur mobilisation. En temps de guerre, ils sont remplacés par des « Fronts » ou des « directions stratégiques ». Sapir J., Le système militaire soviétique, Paris, La Découverte, 1989.

[16] Jukes G., «The Red Army and the Munich Crisis », in Journal of Contemporary History, Vol. 26, n°2, (1991), pp. 195-214.

[17] Elle n’avait pas à l’époque les moyens de s’y opposer. Voir Documents on German Foreign Policy 1918-1954, series D, vol. II (HMSO, Londres 1950), 383 and 43.

[18] Sapir J., « L’armée française, l’URSS et la Pologne », note publiée sur RussEurope le 26 mars 2016, https://russeurope.hypotheses.org/4825

[19] Doise J.et M. Vaïsse, Politique étrangère de la France. Diplomatie et outil militaire, 1871-1991, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no 153), 1992 (1re éd. 1987, Imprimerie nationale), 749 p.

[20] Cuny J. et Danel R., L’aviation de chasse française 1918-1940, Paris, éditions Larivière, 1974, pp. 142 et ssq..

[21] Voir Adamthwaite A.P., « Democracies, Dictatorships and Public Opinion : Government, Press and Opinion in Britain and in France in the Approach to Munich », dans Opinion publique et politique extérieure en Europe : actes du Colloque de Rome (16-20 février 1981), vol. II : 1915-1940, Rome, Publications de l’École française de Rome, coll. « Publications de l’École française de Rome » (no 54-2), 1984, 460 p.

[22] Beuve-Méry H., « De l’accord de Munich à la fin de l’État tchéco-slovaque ? », Politiqueétrangère, Paris, Centre d’études de politique étrangère, no 2, 4e année,‎ avril 1939, p. 135-154.

[23] Marès A., Histoire des Tchèques et des Slovaques, Ed. Perrin, Co., Tempus, 2005

[24] Lyon, D.J., Warship Profile 10, HMS Illustrious Aircraft Carrier 1939-1956, Technical History et Friedman, N., British Carrier Aviation: The Evolution of the Ships and Their Aircraft. Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, 1988.

[25] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », in Soviet Studies, Vol. 44, No. 1 (1992), pp. 57-78.

[26] God krizisa, vol. 1, op. cit.. document 329.

[27] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 61.

[28] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 67/68.

[29] Voir Sapir J., La Mandchourie oubliée : Grandeur et démesure de l’art de la guerre soviétique, Éditions du Rocher, coll. « Art de la guerre », 1996, 291 p. ; Coox A.D., Nomonhan : Japan Against Russia, 1939, Stanford (Ca), Stanford University Press, 1985, 1256 p.

[30] Roberts G., « The Soviet Decision for a Pact with Nazi Germany », op. cit. p. 69.

[31] God Krizisa, vol. 2, op.cit., documents 570 et 572.

[32] Buber-Neumann, M., Prisonnière de Staline et d’Hitler : déportée en Sibérie, vol. I, Paris, Seuil, 1949 et Prisonnière de Staline et d’Hitler : déportée à Ravensbrück, vol. II, Paris, Seuil, 1988.

[33] Sontag, R. J. et Stuart Beddie J., Nazi-Soviet Relations 1939–1941: Documents from the Archives of The German Foreign Office. Washington, D.C.: Department of State, 1948.

[34] La responsabilité de Staline et des dirigeants soviétiques fut reconnue lors d’un vote à la Douma en 2010. https://www.bbc.com/news/world-europe-11845315

[35] Sapir J., “La défaite française de 1940 vue par les soviétiques” in Cahiers du CEHD, n°23, “Nouvelle histoire bataille (II)”, pp. 273-281.

[36] Fulgate B. et L. Dvoretsky, Thunder on the Dnepr, San Francisco, Ca, Presidio Press, 1997, 2001

[37] Glantz D., Before Stalingrad: Barbarossa, Hitler’s Invasion of Russia 1941, Tempus, 2003.

[38] En particulier le rappel de 800 000 réservistes et le transfert de 4 armées des districts militaires de l’intérieur du pays vers les frontières occidentales. Voir Général S.P. Ivanov (ed.) Nachal’nyj Period Vojny, [La période initiale de la guerre] – Moscou, Voenizdat, 1974, chap. 8.

[39] Kimyongür A., « Louis Aragon: (Re) writing the Nazi-Soviet Pact », in E-rea [En ligne], 4.2 | 2006, document 8, mis en ligne le 15 octobre 2006, URL : http://journals.openedition.org/erea/254

[40] Ericson E.E., Feeding the German Eagle : Soviet Economic Aid to Nazi Germany, 1933–1941,

Greenwood Publishing Group, 1999.

[41] Weinberg G.L., Germany and the Soviet Union 1939-1941, Leiden, E.J. Bril, 1954.

[42] Kerblay B., « Perspectives des relations économiques entre l’U.R.S.S. et les Etats-Unis » In Politique étrangère, n°5 – 1959 – 24eannée. pp. 504-512;

[43] Braynard, F. O., By Their Works Ye Shall Know Them, The Life and Ships of William Francis Gibbs 1886–1967 New York: Gibbs & Cox, 1968.

[44] https://fr.sputniknews.com/societe/201906031041320466-moscou-originaux-du-pacte-germano-sovietique-de-non-agression-de-1939/

[45] https://fr.sputniknews.com/international/201907081041618429-pacte-molotov-ribbentrop-seconde-guerre-modiale-non-agression-allemagne-nazie/

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Parti Communiste Portugais : NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP

20
SEP

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/09/20/parti-communiste-portugais-note-du-bureau-de-presse-des-deputes-europeens-du-pcp/?fbclid=IwAR2uFXOXSFFXgLvDZElvj-42iiJvwajLGsOi8rPzWe7mJfJ09ZT9cCvYuTc

NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP

La majorité du Parlement européen promeut l’anticommunisme et la réécriture de l’histoire

19 septembre 2019, Strasbourg

La majorité du Parlement européen a approuvé aujourd’hui, avec le vote favorable des députés du PS, du PSD, du CDS et du PAN, une résolution grave et abjecte, qui constitue un autre élément déplorable de la stratégie de révisionnisme historique prônée par l’Union européenne.

Le texte maintenant approuvé promeut les conceptions et les falsifications les plus réactionnaires de l’histoire contemporaine dans une tentative déplorable d’assimiler fascisme et communisme, minimisant et justifiant les crimes du nazisme-fascisme et réduisant au silence les responsabilités complicates des grandes puissances capitalistes – telles que le Royaume-Uni ou la France. – ce qui a ouvert la voie au début de la Seconde Guerre mondiale dans l’espoir de réprimer les hordes nazies contre l’URSS, entraînant des coûts humains et matériels considérables pour l’Union soviétique, qu’aucun autre pays n’a supportés.

Focalisant cette égalisation sans scrupule sur le contexte du pacte Ribbentrop-Molotov, cachant son contexte historique, la résolution adoptée par la majorité des députés omet d’importants comportements de tolérance, de complicité et d’alignement des grandes puissances capitalistes sur la montée du fascisme dans plusieurs pays européens. lutter contre l’idéal communiste et contre les énormes acquis économiques et sociaux des ouvriers et des peuples de l’URSS, qui ont encouragé les luttes et les aspirations des ouvriers et des peuples de toute l’Europe.

L’absence intentionnelle de références à la résolution adoptée par la majorité du PE au pacte de concorde et de coopération du 15 juillet 1933 signé entre le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie, qui a ouvert la voie au réarmement de l’Allemagne, en est la preuve; ou le soutien militaire de Hitler et de Mussolini à Franco et au coup d’État fasciste qui a conduit à la guerre civile en Espagne, dont le régime fasciste serait reconnu par la France et le Royaume-Uni en février 1939; ou la conférence de Munich, qui aboutirait au traité du même nom, signé le 30 septembre 1938 entre l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, en vue du démembrement de la Tchécoslovaquie occupée par l’armée nazie, avec des parties de son territoire occupées. par la Pologne et la Hongrie. Ou encore le sabotage des gouvernements français et anglais aux efforts de négociation d’un pacte d’assistance mutuelle entre leurs pays et l’URSS qui empêcherait une seconde guerre mondiale, encourageant ces gouvernements à s’attendre à un conflit germano-soviétique.

La résolution adoptée par la majorité du PE non seulement efface la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler, mais cherche également à effacer la contribution décisive des communistes et de l’Union soviétique à la défaite du fascisme nazi et à la libération des peuples du pouvoir colonial après la Seconde Guerre mondiale. Guerre mondiale. Une résolution qui vise également à faire taire le rôle des communistes dans la libération des peuples de l’oppression fasciste, comme au Portugal, ou du rôle qu’ils ont joué et jouent dans la promotion des droits démocratiques – politiques, économiques, sociaux et culturels des travailleurs. Cette résolution comporte encore un autre élément dont on ne peut ignorer la gravité: elle vise à ouvrir la voie à une intensification et à une généralisation de la persécution et à la prohibition des partis communistes, ainsi qu’à traîner d’autres forces progressistes et du mouvement syndical, avec la complicité de l’Union européenne et de l’OTAN dans plusieurs États membres – tels que la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie ou la Pologne, entre autres – où, parallèlement à la réhabilitation et aux louanges historiques du fascisme et à la glorification des collaborateurs avec le fascisme nazi, monuments de la résistance antifasciste, y compris l’Armée rouge, la xénophobie et le racisme et promouvoir les forces fascistes.

Ce révisionnisme historique reprend les positions antérieures de l’UE qui, souhaitant enseigner au monde les leçons de la « démocratie » et des « droits de l’homme », promouvait les reculs de la civilisation, attaquant les droits sociaux et du travail, la souveraineté nationale et la démocratie. Une entité au service du grand capital et des grandes puissances, dans laquelle se développent des tendances et pratiques répressives limitant les droits et libertés fondamentaux, ainsi que des militaristes. Des politiques qui sont, comme par le passé, à l’origine de la résurgence des forces de droite et fascistes.

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DÉCLARATION DU KKE (traduction Nic Enet)


Le Parlement européen s'avère être un porte-drapeau de l'anticommunisme qui est l'idéologie officielle de l'UE.

Dans une déclaration sur la résolution anticommuniste scandaleuse du Parlement européen, le service de presse du CC du KKE déclare :

"Le KKE condamne la résolution commune ignoble et anticommuniste du Parlement européen, signée par les groupes politiques du Parti populaire, des sociaux-démocrates, des libéraux, des verts et des réformistes conservateurs.

Le but de cette monstruosité réactionnaire est de légaliser l'interdiction des partis communistes et des symboles communistes imposée à un certain nombre d'États membres de l'UE, tels que les États baltes et le groupe dit de Visegrad, la généralisation de la criminalisation et de la persécution de l'idéologie communiste et l'action des forces populaires qui luttent avec les communistes et résistent à l'impopularité de la barbarie.
Il déforme l'histoire de façon provocante, assimilant le communisme au fascisme d'une manière non historique. Elle ouvre la voie aux gangs fascistes et aux forces d'extrême droite qui se développent en Europe, blanchissant le nazisme et ses crimes hideux.
La contribution décisive de l'Union soviétique à l'écrasement du monstre fasciste, avec le sang de millions de Soviétiques, les sacrifices incalculables des communistes qui ont mené le mouvement héroïque de résistance contre le joug nazi, sont encore gravés dans la mémoire des peuples.

Le Parlement européen s'avère être un porte-drapeau de l'anticommunisme, qui est l'idéologie officielle de l'UE, un précurseur et un complément nécessaire à la politique antipopulaire dure qu'il impose avec les gouvernements bourgeois dans ses Etats membres.

L'histoire a été irrévocablement écrite par les peuples avec leurs luttes, et les apologistes du capital et de la barbarie capitaliste ne la réécrivent pas avec des résolutions. Les députés qui votent en faveur de cette construction anticommuniste assument une responsabilité sérieuse que notre peuple jugera à la lettre. "

19/09/2019

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   Posté le 22-09-2019 à 11:52:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Histoire révisionniste

Deux points de la résolution adoptée par le Parlement européen le 19 septembre 2019, à l'occasion du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale :

#1[La résolution] souligne que la Seconde Guerre mondiale, la guerre la plus dévastatrice de l'histoire de l'Europe, a été provoquée par le fameux Traité de non-agression nazi-soviétique du 23 août 1939, également appelé Pacte Molotov-Ribbentrop, et ses protocoles secrets, qui ont permis à deux régimes totalitaires ayant pour objectif commun la conquête mondiale, de scinder l'Europe en deux zones d'influence ;

#11[La résolution] invite la Commission à apporter un soutien efficace aux projets de mémoire historique et de mémoire dans les États membres et aux activités de la plate-forme européenne Mémoire et conscience, et à allouer des ressources financières suffisantes dans le cadre du programme "L'Europe pour les citoyens" pour soutenir la commémoration et le souvenir des victimes du totalitarisme ; souligne que les générations futures devraient avoir accès à du matériel éducatif concret qui souligne les conséquences graves de la passivité devant les graves violations des lois et normes internationales ;

Quels pays d’Europe signent un pacte avec le Nazisme et quand ?
Communist Party of Great Britain - Marxist Leninist



Note : la photo de couverture sur la page facebook du Communist Party of Great Britain Marxist Leninist



Edité le 22-09-2019 à 11:58:17 par Xuan




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   Posté le 22-09-2019 à 14:28:35   Voir le profil de pzorba75 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à pzorba75   

Xuan a écrit :

Histoire révisionniste
...
[/img]

Un des premiers pactes signés avec le IIIe Reich allemand a été le Concordat signé par E. Pacelli (futur pape Pie XII) et F. Von Papen (vice-chancelier) en juillet 1933. C'étaient déjà des amis... contre l'athéisme et le bolchevisme.
La situation a-t-elle évolué au sein de l'Union européenne? Guère sur le fond, le Vatican reste la référence réactionnaire la plus affirmée, contre l'émancipation sociale et la lutte des classes. Finalement, un modèle social démocrate chrétien.

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