| | | | | | | | Resistance | | Jeune Communiste |  | | 193 messages postés |
| Posté le 02-07-2013 à 23:35:09
| « LAfrique na pas besoin dhommes forts, mais de fortes institutions ». Cest la phrase célèbre que prononça en 2009 le président des États-Unis, Barack Obama, devant le Parlement du Ghana, lors de son premier voyage en terre africaine. Quatre ans plus tard, les espoirs des Africains dans le nouveau président américain, considéré au début de son mandat comme le messie en passe dapporter la démocratie, la paix et le développement sur le continent noir, ont cédé la place à une grande déception. Obama a trahi ses origines africaines en poursuivant la politique impérialiste de son prédécesseur, George Bush. Ces deux-là ont finalement pour point commun davoir défendu bec et ongles les intérêts étasuniens. Cette tournée africaine de Barack Obama suscite dans ce contexte peu denthousiasme. La fièvre de lobamania, qui a secoué le monde en 2008 et 2009, est retombée. Les dernières affaires (Wikileaks et Snowden) ont écorné un peu plus limage dObama et démontré les limites de lattachement des États-Unis à la démocratie et aux libertés fondamentales dont ils se font pourtant les chantres. Le choix de se rendre au Sénégal, en Tanzanie et en Afrique du sud nest évidemment pas un hasard. Obama veut rendre hommage aux trois grandes démocraties africaines. À Pretoria, le locataire de la Maison blanche devait rencontrer Nelson Mandela, mais la faiblesse actuelle du plus célèbre dirigeant noir de lère moderne a rendu impossible la rencontre entre les deux hommes. En Afrique, les « institutions fortes » vantées par le président étasunien au Ghana ont été foulées aux pieds. La Libye en est le meilleur exemple. LOncle Sam a réussi à évincer son grand rival Mouammar Kadhafi qui avait suscité la crainte des occidentaux en prenant la tête de lUnion africaine en 2002. Il faut dire que son projet de créer une banque centrale africaine, une monnaie unique et, crime de lèse-majesté, une force militaire unifiée, nallait pas vraiment dans le sens des intérêts étasuniens. Pendant quObama tente de reconquérir le cur des Africains, son déplacement fait lobjet dune immense polémique aux États-Unis. Son coût est estimé entre soixante et cent millions de dollars. Une fourchette parfaitement crédible quand on sait que la dernière virée européenne du vice-président Joe Biden avait coûté un million de dollars pour deux nuits. De largent bien dépensé pour la presse locale. Selon le Fonds monétaire international, les pays de lAfrique subsaharienne vont maintenir leur croissance estimée à 5,5 % jusquà la fin de lannée 2013. En 2014, elle devrait être en légère progression dans la région pour atteindre 5,7 %. La Maison blanche a dans un communiqué souligné la nécessité de renforcer linvestissement et le commerce. En 2011, les exportations des États-Unis vers lAfrique ont été évaluées à 21,1 milliards de dollars. Une augmentation de 23 % en un an. Selon le bureau du représentant du commerce étasunien, les principaux produits à lexportation sont les machines (4.000 millions de dollars, soit une augmentation de 15 % par rapport à lannée précédente), les véhicules (3,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 42 %), le pétrole brut (1,8 milliards deuros, soit une augmentation de 30 %) et les céréales (1,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 31 %). Le commerce avec lAfrique se porte bien. À la veille de larrivée du président Obama au Sénégal, le Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye, espère que « cette nouvelle alliance entre Dakar et Washington pourra avoir des retombées sur plusieurs aspects », citant entre autres lagriculture, lénergie et la sécurité. Lors dun entretien donné à une station radio locale, il sest dit convaincu que « la visite dObama sera loccasion pour les États-Unis de consacrer le Sénégal comme modèle démocratique pour lAfrique tout entière ». Dun côté, lOncle Sam célèbre les pays démocratiques
et de lautre il continue de sceller les plus obscures alliances. Comme celle avec le président rwandais Paul Kagamé, qui est accusé par les Nations-Unies de piller le sol de la République démocratique du Congo
Ou avec le président ougandais Yoweri Musenevi, un dictateur au pouvoir depuis 1986 qui compte faire assassiner ceux qui sopposeraient à sa volonté de désigner son fils, Muhoozi Kainerugaba, comme successeur. Le 20 mai, la police avait interdit de publication deux journaux indépendants, le Daily Monitor et le Red Pepper, et empêché la radiodiffusion de deux stations qui avaient publié une lettre du général David Sejusa Tinyefuza, aujourdhui en exil au Royaume-Uni. Il dénonçait la tentative de transfert de pouvoir. Le 30 mai 2011, le New York Times attirait lattention sur le cas du président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1989 avec la complicité active des diplomates et hommes daffaires étasuniens. Comme le formule joliment le quotidien new-yorkais, « le fait quil soit très critiqué en matière de libertés élémentaires na pas fait obstacle à un large et diplomatique engagement américain ». La Guinée est le quatrième exportateur africain de pétrole, grâce notamment aux investissements des compagnies étasuniennes Chevron, Marathon Oil et Noble Energy. Deux ans ont passé et Nguema est toujours au pouvoir. Barack Obama na pas manqué lors de son passage au Sénégal de visiter lîle de Gorée. « En tant quAfricain-Américain et président africain-américain, la visite de ce site me donne des motivations plus fortes pour lutter en faveur des droits de lhomme dans le monde », a-t-il déclaré, reprenant ses esprits après « ce moment très puissant ». Mais les faits sont décidément têtus et nous montrent quaux États-Unis, il nexiste quun seul parti - celui du business composé de deux factions, les « démocrates » et les « républicains », dont Obama et Bush ont été respectivement jusque-là les meilleurs représentants. Capitaine Martin http://www.resistance-politique.fr/article-afrique-l-obamania-est-retombee-118855706.html
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