| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 18-06-2013 à 14:45:43
| | LAfrique et limpérialisme américain
Les crises post-coloniales et les impératifs de la révolution africaine Abayomi Azikiwe 2013-06-14, Numéro 285 Source : pambazuka Cinq décennies après la création de lOrganisation de lunité africaine, le Pentagone et lOtan multiplient leurs poussées belliqueuses sur le continent et une urgence simpose : lUnion africaine doit prendre des mesures pour expulser les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, lAllemagne, Israël et dautres Etats impérialistes et leurs partenaires du continent. Le 25 mai 2013, cinquante ans sont écoulés depuis la fondation de lOrganisation de lunité africaine (Oua), le précurseur de lUnion africaine créée en 2002. La conférence se tient à un moment crucial dans lhistoire de lAfrique et de la diaspora. Bien que des progrès considérables ont été réalisés en Afrique et dans tout le monde africain depuis 1963, les impérialistes ont élaboré des mécanismes qui poursuivent et étendent lexploitation et loppression subséquentes des peuples africains sur le continent et dans toute lEurope, lAmérique du Nord et lAmérique latine. La réunion à Addis Ababa (Ethiopie) a pour thème " le panafricanisme et la renaissance de lAfrique", dans une tentative de ramener lorganisation continentale à ses origines politiques, issues du ferment de la lutte continentale révolutionnaire des années 60. Sur le site Web de lUnion africaine, qui annonce le 21ème sommet de lorganisation, on peut lire : "Lannée 2013 marque les célébrations du 50ème anniversaire de la fondation de lOrganisation de lunité africaine (Oua). Il se sera aussi passé un peu plus dune décennie depuis la formation de lUnion africaine qui sefforce de promouvoir « une Afrique intègre, prospère et paisible, conduite par ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans larène globale ». Par conséquent, les chefs dEtat ont déclaré lannée 2013, année du panafricanisme et de la renaissance africaine" Cette même synopsis poursuit, en disant qu"il est attendu que lanniversaire facilite et célèbre les récits africains du passé, du présent et du futur, enthousiasme et galvanise la population africaine pour quelle utilise son énergie constructive pour accélérer un programme qui promeut le panafricanisme et la renaissance au 21ème siècle. Il fournit une occasion unique et survient à un moment où lAfrique se lève et doit donc gagner en confiance pour lavenir. Les célébrations du 50ème anniversaire se dérouleront sur le thème de panafricanisme et renaissance de lAfrique" (
) Les peuples dAfrique éparpillés de par le monde attendent avec impatience le résultat du sommet afin dacquérir une vision plus claire des aspects de la pensée et des actions préconisés par les chefs dEtat et autre organes éminents de cette auguste institution. Néanmoins, notre propos aujourdhui est de réfléchir à la signification de lhistoire de lAfrique et des luttes de libération africaines qui ont eu lieu au cours des cinq dernières décennies. La question dominante est : doù venons nous et où allons-nous au cours des cinq prochaines décennies du 21ème siècle ? LA SITUATION POLITIQUE SUITE A LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE Il a été reconnu par déminents historiens progressistes et révolutionnaires africains que la Traite transatlantique des esclaves et le colonialisme ont forgé le caractère des sociétés africaines dans le monde entier. Au début du 15ème siècle, lAfrique a permis à lEurope de sortir de lAge des ténèbres, une société et une culture qui cherchait désespérément à progresser dans son développement au détriment dautres peuples de la terre. Entre le 15ème et le 19ème siècle, des millions dAfricains ont été surexploités par lesclavage et la colonisation. Cette période de lhistoire du continent a engendré la conquête de lhémisphère occidental par lEurope et la construction dun empire industriel qui a intensifié lexploitation de la population occidentale ainsi que celle du continent africain, lAsie et le Pacifique du Sud. Les Africains et dautres peuples opprimés ont bien sûr résisté avec vigueur aux attaques de lesclavage et du colonialisme. Lhistoire révèle aujourdhui, avec davantage de détails, le rôle héroïque que les Africains ont joué dans la lutte contre limpérialisme embryonnaire et qui sest poursuivi jusquà sa dévolution dans lactuel système néocolonialiste. Tous les systèmes opprimants et exploitants rencontrent des résistances de lintérieur qui entraînent lorganisation et la mobilisation de forces malmenées par les intérêts dominants de la société. Ces luttes internes, ensemble avec les défis extérieurs, aboutissent à la transformation du système en quelque chose de différent qui peut aussi bien être un progrès quune régression pour lhumanité. Bien que limpérialisme ait tenté de créer un système dexploitation et doppression à labri des attaques internes et externes, ces efforts se sont avérés futiles. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les mouvements de libération nationale et les tendances communistes étaient bien visibles dans la lutte pour renverser le capitalisme et le colonialisme. Des soulèvements et rébellions révolutionnaires se sont répandus dans toute lAmérique du Nord, lEurope, lAfrique et lAsie, à commencer, en 1917, avec la révolution bolchevique, le premier rejet total du capitalisme et le remplacement de ce système exploitant par le socialisme fondé sur la dévolution du pouvoir aux classes ouvrières et aux opprimés. Les années 20 ont vu des soulèvements additionnels et des tentatives de construire une alliance mondiale entre les mouvements de libération nationaux et les partis socialistes. A la fin des années 20 le monde capitaliste allait seffondrer dans la pire crise économique qui a duré plus de douze ans jusquà lentrée en guerre des Etats-Unis en 1941. Leffondrement du capitalisme dans les années30 entraînera aussi lémergence et la diffusion du fascisme en Europe et au Japon. Toutefois, la lutte contre le fascisme dans les années 30 et 40 a amené les communistes et les mouvements nationaux de libération sur la ligne de front, lesquels ont été les facteurs décisifs dans le résultat de la guerre en 1945. Commençant en 1945, les mouvements communistes et de libération nationaux ont accru leurs efforts visant au renversement du capitalisme et du colonialisme, menant à des victoires décisives en Corée, au Vietnam, en Europe de lEst et finalement en Chine. En 1949, lInde avait déjà acquis son indépendance de limpérialisme britannique et sur le continent africain des soulèvements populaires contre le joug colonial étaient en cours. Dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale, on a vu émerger la domination des Etats-Unis dans lensemble du monde capitaliste. La Grande Bretagne, la France, lAllemagne et lItalie avaient en effet souffert de combats intenses à lintérieur de leurs frontières au cours des années 30 et 40, laissant les Etats-Unis intacts. LUnion soviétique, qui a enduré quelques uns des plus durs combats en 42 et 43, particulièrement lors de la bataille de Stalingrad, a émergé de la Deuxième Guerre mondiale comme la deuxième puissance militaire et politique après les Etats-Unis et leur impérialisme. Le socialisme sest répandu dans toute lEurope de lEst au cours de cette période et le peuple de Yougoslavie sest principalement libéré lui-même par sa résistance au fascisme avant que détablir un système socialiste. En dépit de la dévastation amenée par la Deuxième Guerre mondiale et la création des Nations Unies en 1945, dont lobjectif était en partie déviter une nouvelle conflagration internationale, la guerre a éclaté dans la péninsule coréenne en 1950, après létablissement de la République démocratique populaire de Corée (Rdpc) en 1948. La Rdpc et la population chinoise, conduite par Mao Tse Toung, ont combattu pour préserver la souveraineté nationale et le socialisme en Asie. Vers 1954, le peuple vietnamien a défait limpérialisme français contraignant les Etats-Unis à prendre lentière responsabilité de loccupation continue du sud de cette nation du Sud-Est asiatique. La même année le Front national de libération algérien (Fln) a entrepris sa lutte armée contre limpérialisme français en Afrique du Nord, pays occupé par la France depuis 1830. Dr Kwame Nkrumah, le dirigeant ghanéen de la lutte pour lindépendance, avec le Convention Peoples Party (Cpp) fondé le 12 juin 1949, principale stratège et tacticien de la révolution africaine entre la fin des années 40 et le moment de sa mort en 1972, a souligné que le mouvement conduit par les Africains contre le colonialisme et limpérialisme nétait pas isolé, mais bien connecté à la lutte globale pour la liberté, la justice et lautodétermination. Nkrumah a mis la vague montante des mouvements de libération africains et la lutte pour le socialisme sur le continent dans le contexte dun effort mondial contre toutes les formes dexploitation et doppression. Nkrumah a écrit : "Nombre de facteurs extérieurs affectent la situation africaine et si notre lutte pour la libération doit être placée dans la perspective correcte et si nous connaissons lennemi, limpact de ces facteurs doit être entièrement compris. Il y a dabord limpérialisme car cest surtout contre la pauvreté et lexploitation que nos peuples se révoltent" (Handbook of revolutionnary warfare, p1. 1968) Le dirigeant panafricaniste révolutionnaire poursuit en soulignant qu«il est par conséquent dimportance capitale de comprendre clairement la stratégie de limpérialisme, les moyens utilisés par lennemi pour sassurer de lexploitation économique continue de nos territoires et la nature des tentatives faites pour détruire les mouvements de libération. Une fois les composantes de la stratégie de lennemi dévoilées, nous serons en position pour formuler la stratégie correcte pour notre propre lutte ,selon les termes de notre situation actuelle et en accord avec nos objectifs" (Nkrumah, p. 2) Se référant spécifiquement à la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale, Nkrumah remarque qu"après la guerre, de sérieuses tensions économiques, sociales et politiques se sont manifestées dans les deux sphères", c'est-à-dire aussi bien dans les territoires colonisés et les Etats capitalistes industrialisés en Europe et en Amérique du Nord. Il note qu"à lintérieur des Etats capitalistes impérialistes, des syndicats sont devenus relativement forts et expérimentés et les revendications de la classe ouvrière pour une part plus substantielle de la richesse produite par léconomie capitaliste ne pouvaient être ignorées plus longtemps. La nécessité de concéder est devenu plus impérieuse depuis que le système capitaliste européen a été sérieusement secoué par le presque holocauste qui a marqué lexpérience des guerres coloniales". Au cours de la même période, poursuit-il, "pendant que le système capitaliste de lexploitation commence à maîtriser ses crises internes, les aires colonisées du monde sont agitées par lémergence de puissants mouvements de libération. Là, de nouveau, les exigences ne pouvaient plus être mises de côté ou ignorées lorsquelles étaient canalisées par des mouvements de masse irrésistibles, comme le Rassemblement démocratique africain (Rda), le Parti démocratique de Guinée (Pdg) et la Convention Peoples Party (Cpp) au Ghana. Dans certaines régions, par exemple au Vietnam, au Kenya et en Algérie, des confrontations directes ont démontré que les populations opprimées étaient prêtes pour mettre en uvre leurs revendications par le feu et le sang". Nkrumah souligne qu"autant dans les territoires coloniaux quen métropole, la lutte a été engagée contre le même ennemi : le capital financier international, sous sa forme interne et externe dexploitation, limpérialisme et le capitalisme. Menacé par ces attaques sur deux fronts par le mouvement de la classe ouvrière et le mouvement de libération, le capitalisme a entrepris une série de réforme afin de se munir dune armure qui protège le cur du système". Aux Etats-Unis, au cours des années 40 et jusque dans les années 70, une division délibérée a été institutionnalisé entre les classes ouvrières blanches et la classe moyenne et la population afro-américaine dont la plupart appartenait à la classe ouvrière, avec un nombre décroissant de fermiers et de prolétaires agricoles dans les zones rurales. Lavènement du mouvement pour les droits civiques au milieu des années 50 a servi à dévoiler le plan du McCarthyisme et a entraîné une plus large section des opprimés dans la lutte contre le racisme et la discrimination nationale. En 1960, le secteur estudiantin de la population afro-américaine a pris la tête de la force la plus militante dans la lutte contre la ségrégation légalisée. Ces efforts de la jeunesse menée par le Student non violent coordination committee (Sncc) et par dautres, ont réveillé une génération de jeunes gens des communautés autochtones, asiatiques et latino, ensemble avec leurs homologues de la communauté blanche. Une culture de la résistance et une lutte longue et programmée sont nées, qui avaient la capacité de défier limpérialisme armé des Etats-Unis dans le Sud Est asiatique et dans dautres parties du monde. Un mouvement sest développé, au cours de cette période, contre le statu quo, quon navait pas vu depuis la Grande dépression de 1929 à 1941. Le rôle de la Gauche dans lélaboration de la résistance à lexploitation capitaliste et le racisme a créé les conditions pour une grève générale en 1934 et la formation subséquente du Committee on Industrial Organisations (Cig) et la United Autoworkers Union (Uaw). La période de lutte entre la Grande Dépression, interrompue par la force au cours de lère de McCarthy à la fin des années 40 et le début des années 50, et le mouvement de masse embryonnaire de la fin des années 1950 menant au début des années70, a ouvert de nouvelles avenues à la lutte qui menaçait la classe dirigeante et son système dexploitation. En réaction, le système sest embarqué dans une restructuration majeure qui visait à préserver et à améliorer le système capitaliste mondial. De cette période Nkrumah a écrit que "pour éviter leffondrement interne du système sous la pression des mouvements de protestation des travailleurs, les gouvernements ont fait à leurs travailleurs certaines concessions qui ne mettaient pas en danger la nature fondamentale du système capitaliste dexploitation. Ils leur ont donné la sécurité sociale, des salaires plus élevés, des meilleures conditions de travail, de la formation professionnelle et dautres améliorations" (Nkrumah p. 4) Nkrumah souligne que "ces réformes ont contribué à brouiller les contradictions fondamentales et à corriger quelques unes des injustices les plus criantes tout en garantissant la continuation de lexploitation des travailleurs. Le mythe fût établi dune société capitaliste qui promettait labondance et une vie meilleure pour tous. Lobjectif fondamental, toutefois, était létablissement dun Etat social comme unique sauvegarde contre la menace du communisme et du fascisme". Néanmoins lobjectif était de maintenir un profit toujours croissant pour les banques et dautres corporations multinationales. Même avec létablissement dudit Etat social" en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale et jusque dans les années 70, le système dexploitation et doppression est demeuré intact. Le système capitaliste et impérialiste mondial a étendu ses réformes non seulement dans les Etats industrialisés mais aussi au sein des nations opprimées à ses frontières. Le système a commencé à dépendre à un degré plus élevé de lextraction des ressources stratégiques dAfrique, dAsie et de lAmérique latine ainsi que de lexploitation des forces de travail de ces régions géopolitiques. Evaluant ces stratégies de limpérialisme, Nkrumah a dit que "la nécessité urgente de telles réformes a été rendue évidente par lénorme croissance et expansion des forces de libération en Afrique, en Asie et en Amérique latine où des mouvements révolutionnaires ont non seulement pris le pouvoir, mais consolidé leurs gains. Les développements en Urss, en Chine, à Cuba, au Vietnam du nord, en Corée du nord et en Egypte, au Ghana, en Guinée, au Mali, en Algérie et dans dautres parties de lAfrique, démontraient que non seulement les équilibres mondiaux étaient entrain de changer, mais aussi que le système capitaliste/impérialiste était confronté à de réels dangers dencerclement". (p5) QUELQUES EXEMPLES CONCRETS DE LA REVOLUTION NATIONALE DE LIBERATION LEtat impérialiste a fait usage de ses ressources extensives et des réseaux financiers globaux et dintrigues politiques pour miner les Etats africains indépendants, comme ce fut avec le Mouvement pour les Droits civils, le Black Power, Anti-War, Women and Left movements à lintérieur des Etats-Unis et en Europe occidentale. Dans cette section, nous voulons brièvement passer en revue certains de ces développements qui ont eu lieu entre les années 1950 et 1990 en Afrique et dans toute la diaspora. Ces évènements ne peuvent être dissociés des tendances au sein du système capitaliste. LAfrique est toujours intégrée dans les réseaux du capital financier, rendant le continent dépendant de lextraction minérale et des crédits des institutions financières occidentales pour survivre. GHANA : LA SOURCE DU PANAFRICANISME Kwame Nkrumah a étudié aux Etats-Unis entre 1935 et 1945, avant de se rendre en Grande Bretagne pour travailler avec Georges Padmore pour lorganisation du 5ème Congrès panafricain en octobre 1945. Le résultat de ce congrès, présidé par le Dr W. E. B. Du Bois a été une mobilisation massive des travailleurs, des paysans et des jeunes dAfrique pour le mouvement national dindépendance. La Côte dOr a établi en 1951 un gouvernement de transition après que Nkrumah ait été libéré de prison, afin de promouvoir lindépendance nationale accordée en 1957. Nkrumah accordait énormément dimportance aux dépenses de lEtat consacrées à linstruction, aux services sociaux, aux services de santé, aux projets économiques dindustrialisation et au soutien inconditionnel aux mouvements de libération dans dautres parties de lAfrique et de la diaspora, ainsi quà la réalisation de lobjectif déclaré de construire le socialisme au Ghana et dans toute lAfrique. La première conférence des Etats africains indépendants sest tenue à Accra en avril 1958, rassemblant les peuples du nord et du sud du Sahara. En décembre de cette même année, la première conférence de tous les peuples africains sest déroulée à Accra, apportant les délibérations panafricaines révolutionnaires sur le continent lui-même. En 1960, le Ghana était devenu une République et Nkrumah et le Ccp se sont engagés à construire un Etat socialiste et promouvoir la création des Etats-Unis dAfrique, ce qui constituait le pivot de la politique étrangère du gouvernement.. Ces actions ont rencontré une féroce opposition de la part des impérialistes, à la tête desquels il y avait les Etats-Unis, en complicité avec des forces réactionnaires internes qui ont réussi à renverser Nkrumah le 24 février , grâce à un coup dEtat militaire appuyé par la police. Nkrumah a trouvé refuge en Guinée où il avait établi, en 1958, une alliance avec le Parti démocratique de Guinée (Pdg) au moment de lindépendance, à lépoque du président Ahmed Sekou Touré. Nkrumah a été nommé co-président du pays et a continué à écrire et à organiser dans le but de réaliser le panafricanisme et le socialisme scientifique en Afrique. La Guinée poursuivait des politiques similaires à celles du Ghana, par le contrôle de lEtat et une politique étrangère anti-impérialiste. A linstar du Ghana sous Nkrumah, la Guinée sous Sekou Touré a donné un soutien maximum aux mouvements nationaux de libération et aux Etats progressistes du continent. Ce pays a joué un rôle essentiel dans la libération de la Guinée-Bissau voisine, qui a mené une lutte armée contre le colonialisme portugais et lOtan au cours de la période 1961-1971. Après le coup dEtat, Nkrumah a mis davantage laccent sur la lutte des classes qui avait cours dans toute lAfrique après 1966. LALGERIE ET LA PHASE ARMEE DE LA REVOLUTION AFRICAINE Le Fln a triomphé dans un combat nationaliste pour gagner lindépendance. Ce qui est souvent ignoré est le soutien donné à Ben Bella et aux révolutionnaires algériens par la All African Peoples Conference et particulièrement par le gouvernement du Mali sous ladministration du président Modibo Keita. Louverture en Algérie, après 1960, dun front au sud, a assuré le succès des révolutionnaires. Dr Franz Fanon, un Africain né à la Martinique, dans les Caraïbes, a joué un rôle crucial dans la politique étrangère du Fln durant des années 50 à 1961, lorsquil est décédé des suites dun cancer. LAlgérie a fourni les premiers entraînements aux dirigeants de la branche armée de lAfrican National Congress (Anc) connue sous le nom de Um Khonto we Siswe (la lance de la nation), dont le co-fondateur était Nelson Mandela. En fait, lorsque Mandela a été arrêté en 1962, cétait avec laccusation davoir voulu quitter le pays dans le but de recevoir une formation militaire en Algérie. LAlgérie est riche en gaz naturel et en pétrole, en plus dêtre stratégiquement situés en Afrique du Nord. La division au sein du Fln en 1965, menant au coup dEtat contre Ben Bella, bien que tragique, na pas conduit à un affaiblissement de lengagement du pays en faveur de la révolution africaine. LAlgérie a joué un rôle essentiel dans larrestation et la liquidation au Congo de lagent néocolonialiste, Moïse Tchombé, soutenu par la Cia. Tchombé, capturé en 1967, est décédé en prison deux ans plus tard. En 1969, lAlgérie a accueilli le Festival culturel panafricain, qui a redonné vie à la lutte internationale des peuples noirs après le coup dEtat contre Nkrumah survenu trois ans auparavant. Cette même année, lAlgérie accordait lasile politique à la Black Panther Party, alors vicieusement attaquée par le gouvernement américain par le biais de son programme de contre espionnage. Le Black Panther Party a établi une section internationale à Alger et y est resté jusquen 1972. LAlgérie a continué à soutenir les mouvements nationaux de libération dans les régions encore colonisées du continent. LA CRISE DU CONGO ET LA CONSOLIDATION DU NEOCOLONIALISME EN AFRIQUE Patrice Lumumba, le premier Premier ministre élu de lancienne colonie du Congo belge, a fait ses débuts internationaux à la All African Peoples Conference à Accra, qui sest tenue en décembre 1958. Lumumba gagnera le soutien de la majorité de la population à lintérieur du Congo pour ses efforts en vue détablir le panafricanisme révolutionnaire et les Etats-Unis dAfrique. Les impérialistes ont considéré les développements au Congo dans les années 58-60 comme une menace contre leurs desseins néocoloniaux pour la période post indépendance en Afrique. Lumumba a bientôt été déposé, kidnappé, torturé et exécuté sous légide de la Cia et autres Etats occidentaux. Pendant plus de trois décennies, le Congo est demeuré dans lorbite de limpérialisme, faisant office de vaste réservoir pour lexploitation de ses ressources naturelles par les multinationales extractives et le capital financier international. Sous ladministration de Mobutu, le Congo a aussi servi de base arrière pour limpérialisme et ses efforts visant à étouffer et à vaincre les authentiques mouvements de libération combattant pour une libération totale de lAfrique australe. Celle-ci ne sera réalisée quen 1994, lorsque Nelson Mandela a été élu et que lAnc est parvenue au pouvoir en Afrique du Sud. Aujourdhui, la République démocratique du Congo (Rdc) reste un bastion des intrigues occidentales et de lexploitation prédatrice. Des secteurs entiers de cet immense pays ne sont toujours pas contrôlés par le gouvernement central de Kinshasa. Depuis 1996, on estime que 6 millions de personnes ont péri au Congo du fait de la guerre civile largement due à lintervention impérialiste. Ce schéma de tueries de masse tire son origine de la colonisation belge sous le roi Léopold II. Quelque 8-10 millions de personnes ont été en effet tuées entre 1879 et 1908. LE COMPROMIS DE LOUA EN 1963 Les efforts des Etats impérialistes visant à saboter la révolution africaine ont conduit au développement de deux blocs principaux sur le continent qui ont fait suite à la crise du Congo de 1960/1961. Le groupe de Casablanca était composé dEtats anti-impérialistes, engagés dans le panafricanisme et le groupe de Monrovia, qui comprenait les forces modérées et conservatives, est resté lié aux anciennes puissances coloniales et maintenant au gouvernement dominant des Etats-Unis. Nkrumah a décrit cette nouvelle situation en Afrique comme étant "de limpérialisme collectif". "Les modifications introduites par limpérialisme dans sa stratégie ont été exprimées par la disparition des anciennes colonies démodées qui devaient une allégeance exclusive à une seule métropole. Limpérialisme "national" a été remplacé par limpérialisme "collectif" dans lequel les Etats-Unis occupent la place de choix", écrit-il. (Handbook, p.5) Il souligne ensuite que "la militarisation de léconomie américaine, basée sur le prétexte de la menace croissante représentée par lUrss, et plus tard par la République populaire de Chine, comme puissances socialistes, ont permis aux Etats-Unis de retarder ses crises internes, dabord pendant la "guerre chaude" (39-45) puis durant la Guerre froide (depuis 1945)." (p6) Nkrumah dit que "la militarisation a deux objectifs principaux. Elle a absorbée et continue dabsorber les excès dénergie non organisée dans une intense poussée darmements qui soutient les agressions impérialistes et de nombreux blocs et alliances formés par les puissances impérialistes au cours des 20 dernières années. Elle a aussi rendu possible une politique expansive de corruption paternaliste des peuples pauvres et opprimés du monde". (p.7) La création de lOua a rassemblé la majorité des Etats modérés et conservateurs avec le plus petit nombre des gouvernements anti-impérialistes menés par lEgypte, le Ghana, le Mali, la Guinée, la Tanzanie et lAlgérie. Un tel compromis limitera les possibilités de lorganisation continentale de prendre une position ferme contre limpérialisme et le néocolonialisme, ennemi principal de la révolution africaine. En dépit de ces limitations, Nkrumah a continué a à appeler pour la formation des Etats-Unis dAfrique. En 1963, lors du sommet fondateur de lOua, il a distribué son nouveau livre intitulé "Africa must unite", dans un effort pour mener une guerre idéologique contre limpérialisme et ses agents opérant dans divers Etats du continent. Dans un chapitre intitulé "Towards African unity" (vers une unité africaine) il déclare qu"il y a ceux qui déclarent que lAfrique ne peut pas sunir parce quil nous manque les trois ingrédients nécessaires pour y parvenir : une race, une culture et une langue commune. Il est vrai que pendant des siècles nous avons été divisés. Les frontières territoriales qui nous divisent ont été établies il y a longtemps, souvent de façon arbitraire, par les puissances coloniales". (Nkrumah, Africa must unite, p. 132) Nkrumah poursuit en soulignant que "tout ceci est inévitable en raison de notre contexte historique. Pourtant en dépit de cela, je suis persuadé que les forces en faveur de lunité sont considérablement supérieures à celles qui nous divisent Lorsque je rencontre des Africains de toutes les parties du continent, je suis toujours impressionné par tout ce que nous avons en commun. Ce nest pas seulement notre passé colonial ou le fait que nous avons des objectifs communs, cest quelque chose de plus profond. La meilleure de façon de décrire cela cest le sentiment dunité que procure le fait que nous sommes des Africains". Dans ce livre, laccent est fortement mis sur les succès de lUrss et de la Chine en ce qui concerne le développement économique. Nkrumah attribue ces progrès dans les Etats socialistes à lunité nationale, à la planification étatique et au pouvoir dévolu aux classes ouvrières et à la paysannerie Il remarque justement que le développement de lEurope occidentale et des Etats-Unis est fondé sur des siècles desclavage et de colonisation de lAfrique et dautres régions du monde. Le fait est que lAfrique doit se développer rapidement, sur des bases égalitaires enracinées dans la planification collective. Un chapitre est dédié à lengagement pour la construction socialiste du Ghana. En 1964 et 1965, Nkrumah appelait à la fondation des Etats-Unis dAfrique lors des sommets de lOua qui se sont tenus respectivement en Egypte et à Accra. Le même thème a par la suite été repris par Mouammar Kadhafi de Libye dans la déclaration de Syrte en 1999 et lors de louverture du sommet de lUnion africaine en 2002. LE COMITE DE LIBERATION DE LOUA : UN SUCCES PARMI LES DEFIS Peut-être que le plus grand succès de lhistoire de lOua, entre 1963 et 1990, a été le Comité de libération qui a coordonné lassistance continentale et internationale aux mouvements de libération nationaux. Le processus de décolonisation atteindra un tournant en 1975/76, avec la tentative de sabotage de lindépendance nationale de lAngola par limpérialisme. La division entre les trois groupes de libération qui opéraient dans le pays a fourni une ouverture à lalliance des Etats-Unis avec le régime raciste dAfrique du Sud et de Namibie pour intervenir, en coordination avec la Cia, en vue dimposer un leadership réactionnaire à lEtat. Lappel de Dr Agostinho Neto, le dirigeant du Mouvement populaire pour la libération de lAngola (Mpla), au gouvernement cubain de Fidel Castro, a conduit au déploiement de 55 000 soldats cubains internationalistes. Ces forces, en coopération avec les Etats anti-impérialistes africains, comme la Guinée, ont amené la première défaite militaire de la South African Defence Force (Sadf), au début de 1976. Les internationalistes cubains sont restés en Angola jusquen 1989, lorsque un accord exhaustif pour le retrait du pays des troupes sud-africaines a été conclu, qui incluait la libération de la Namibie, la libération des prisonniers politiques en Afrique du Sud et le début des négociations pour mettre un terme au régime de lApartheid. Auparavant, au Zimbabwe, les forces révolutionnaires du Zimbabwe African Union Patriotic Front et le Zimbabwe African Peoples Union Patriotic Front ont mené, en avril 1980, à lindépendance nationale du pays anciennement connu sous le nom de Rhodésie. Le Zimbabwe, lAngola, le Mozambique, la Tanzanie et le Lesotho ont tous servi de base arrière aux militaires de lANC et les forces politiques qui combattaient pour la libération de lAfrique du Sud. LES PROGRAMMES DAJUSTEMENT STRUCTUREL : LA FACE ECONOMIQUE DU NEOCOLONIALISME Après la chute du gouvernement de Cpp au Ghana, en 1966, le pays a renoncé à sa position progressiste en ce qui concerne la construction du socialisme et du panafricanisme sur le continent. Le Fond monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale ont pratiquement pris en charge la gestion de lEtat, abandonnant les entreprises étatiques pour mettre laccent sur lindustrialisation. Ainsi quune politique étrangère progressiste. Dans les années80, la méthode qui consiste à restructurer les Etats africains indépendants à commencer à se répandre sur tout le continent. Au Ghana, le Programme de redressement économique (Pre) été instauré en 1983 sous ladministration du Lieutenant Jerry Rawlings qui avait accédé au pouvoir lors dun coup dEtat militaire le 31 janvier 1981. Le Pre est par la suite devenu Programme dajustement structurel (Pas) et ces méthodes étaient gérées par le Fmi et la Banque mondiale dans divers Etats africains. En Ouganda, après la venue au pouvoir du chef du National Resistance Army, Yoweri Museweni, le pays a pris la même direction que le Ghana. Le Ghana et lOuganda ont été à lavant-garde des pays panafricains qui tentaient de faire progresser lunité continentale et le socialisme dans les années 1960. Le Ghana, à lépoque de Nkrumah, était un proche allié de lOuganda du président Milton Obote, renversé par le général Idi Amin dans un coup dEtat soutenu par lOccident en 1971. Aujourdhui, de nombreux rapports suggèrent que lAfrique connaît une ère de renaissance. Néanmoins, il y a toujours une grande dépendance monétaire vis-à-vis de létranger, résultant de lexportation, mais le chômage et la pauvreté restent élevés bien quils aient connu une réduction dans différents Etats. Au cours du "Printemps arabe" de la fin de lannée 2010 et du début 2011, la cause qui a provoqué le soulèvement en Tunisie, en Egypte, au Maroc et en Algérie est à chercher dans léchec de ces gouvernements de fournir de lemploi aux jeunes et aux travailleurs en général. Les gouvernements de Tunisie et dEgypte ont été contraints de démissionner, respectivement en janvier et février 2011, pendant que lAlgérie a réussi à gérer les manifestations qui semblaient liées à lindépendance durable du pays de lOccident. En Libye, bien que les impérialistes et la presse dominante aient tenté de lier la rébellion soutenue par lOccident, qui a fait irruption en février 2011, aux développements en Tunisie et en Egypte, la nature de ces manifestations sest rapidement révélée autre. Lorsque la rébellion a pris les armes contre la Jamahiriya, la révolte a été écrasée par le gouvernement de Kadhafi. Utilisant la défense militaire et politique efficaces de la Jamahiriya comme prétexte, les Etats impérialistes se sont rapidement rendus auprès du Conseil de sécurité pour quil passe deux résolutions. La première, la résolution 1970, a mis le gouvernement de Kadhafi sous embargo lui refusant la livraison darmes mais na pas exclu les rebelles formés par la Cia et les transfuges. Ensuite, la résolution 1973 a imposé lexclusion aérienne sur la Libye, une formule pour ouvrir la voie à des bombardements massifs par les forces américaine et de lOtan, et qui ont duré sept mois entiers. En plus de lembargo sur les armes et les bombardements massifs de la Libye, les capitaux du pays placés à létranger ont été gelés et la Cia a été envoyée dans le pays pour identifier les objectifs à bombarder. Kadhafi et sa famille ont été victimes de plusieurs tentatives dassassinat au cours de la guerre. Des membres de sa famille ont été tués dans des attaques aériennes et finalement son convoi a été atteint lors dune attaque aérienne le 20 octobre 2011. Il a par la suite été capturé, brutalement battu, torturé, et pour finir fusillé par une soi-disant milice soutenue par le Pentagone, la Cia et lOtan. Depuis la destitution de Kadhafi, lEtat nord africain riche en pétrole a sombré dans le chaos. Quatre agents de la Cia, se présentant comme des diplomates de Washington ont été tués à Benghazi le 11 septembre. Le New York Times a relaté la mort de lambassadeur Christopher Stevens et de trois autres Américains et a estimé que cétait le coup le plus dur subi par la Cia en trois décennies. AFRICOM/OTAN ET LA MILITARISATION DE LAFRIQUE Le US Africa Command (Africom) a été créé officiellement début 2008, avec un quartier général à Stuttgart, en Allemagne. Les tentatives pour placer ces quartiers généraux en Afrique ont rencontré une résistance substantielle de la part des Etats et de lUnion africaine. Toutefois les Etats-Unis ont une base dans la Corne de lAfrique, à Djibouti. En plus de cette base, il y a des stations de drones, des centres de la Cia et dautres opérations conjointes avec différents Etats africains, comme en Somalie, en Ethiopie, aux Seychelles, au Sud Soudan, en Ouganda, en République centrafricaine, en Egypte, au Congo au Ghana et dans dautres Etats. En décembre 2012, Obama annonçait que son administration envoyait 3500 forces spéciales et instructeurs militaires dans 35 pays africains pour prêter assistance dans la lutte contre le "terrorisme". Pourtant, les effroyables crimes de guerre commis par les Etats-Unis sous ladministration Obama ne suscitent pas de vagues au Congrès américain, pas même parmi les Noirs du Congrès. En Libye, quelque 2 millions personnes ont été déplacées et entre 50 et 100 000 ont été tuées par les Etats-Unis et lOtan dans une guerre dagression et de changement de régime. A lère post Kadhafi, des milliers dAfricains demeurent dans des prisons contrôlées par des milices qui ont la bride au cou, du fait du General National Congress (Gnc) soutenu par les Etats- Unis et lOTAN. Une délégation du Tpi qui visitait la Libye en 2012 pour investiguer les conditions de détention de Saïf el Islam, le fils aîné de Kadhafi et successeur attitré, a été détenue par la milice Zintan qui détient aussi Saïf el Islam Le Tpi, communément aussi appelé "La Cour pénale africaine" en raison de sa seule préoccupation pour les hommes dEtat et chefs rebelles africains, a inculpé Kadhafi et son gouvernement pendant la guerre impérialiste contre la Libye de 2011. Ces dirigeants ont été inculpés sur la base daccusations frauduleuses liées à leffort de défendre le pays contre les rebelles soutenus par lOccident et qui ont terrorisé le pays pendant des mois. Mais eux ont échappé aux examens du TPI basé à la Hayes. Les Nations Unies et dautres organes internationaux sont restés muets sur les crimes contre lhumanité perpétrés par les contre-révolutionnaires. Ceci est également vrai pour les développements en Somalie, où la Cia et le Pentagone ont mené des attaques de drones et des attaques aériennes qui ont assassiné des milliers de personnes. Les Africains ont continué de résister aux attaques dAfricom et de ses substituts sur le continent. Il a été rapporté, en mai 2013, quau moins 3000 soldats de lAmsom ont été tués en Somalie lors dune tentative pour écraser Al Shebab qui résistait aux forces soutenues par les impérialistes et qui singéraient dans les affaires de cet Etat de la Corne de lAfrique. Les guerres de Somalie et de Libye ont débordé sur le Mali, le Kenya et le Niger voisin. Le Kenya a entre 2000 et 3000 soldats qui occupent la partie australe de la Somalie sous légide des Etats-Unis Lintervention militaire par le Pentagone, la Cia et lOtan connaîtra une escalade à court terme en raison du rôle stratégique croissant de lAfrique dans le système capitaliste mondial. Dans toute lAfrique de lEst et du Centre, dimportants gisements de pétrole, de gaz naturel et autres ressources stratégiques ont été découverts. A lheure quil est, au moins le 25% du pétrole importé aux Etats-Unis provient dAfrique, ce qui maintenant excède la quantité importée de la péninsule arabique. LE CHEMIN EN AVANT POUR LAFRIQUE ET LA DIASPORA Afin que lAfrique puisse progresser et sa population se développer, il doit y avoir une rupture décisive davec le système impérialiste capitaliste financier. Avec la crise du capitalisme qui va saggravant, le système économique ne fournit aucune véritable solution aux problèmes de lAfrique, pas plus que pour sa propre population en Europe ou en Amérique du Nord. LEurope demeure dans une profonde récession avec un taux de chômage astronomique dans les pays du sud, qui dépasse les 25%. Même en France, en Grande Bretagne et en Allemagne, la crise économique a épuisé les réserves nationales, obligeant des banques centrales dàsauver les institutions financières afin déviter leffondrement total. Aux Etats-Unis le taux de pauvreté et de chômage, en terme réel, est stupéfiant. Près de la moitié de la population estime quelle vit dans la pauvreté ou presque. La crise économique est devenue politique parce que ni la Maison Blanche, ni le Congrès, ni Downing Street, ni Bruxelles ou Paris nont proposé dalternatives pour extraire le système capitaliste du malaise économique qui affecte des millions de travailleurs, de paysans et de jeunes. Les seules propositions qui émanent des centres de pouvoir et de leurs substituts dans les gouvernements sont le recours à plus daustérité et à des mécanismes qui limitent toute ressemblance à un débat démocratique, discussion ou action collective. Notre tâche est en relation avec linstruction, la mobilisation et lorganisation des masses de la population afin de travailler pour des solutions à ces défis. La crise en Afrique et dans la diaspora nest pas isolée de la lutte plus générale des peuples du monde. En Afrique, il y a eu un énorme mouvement vers des alliances avec dautres Etats du continent et avec le Sud global. Le Forum China-Africa Cooperation a tenu cinq sommets résultant dans laccroissement de la coopération aussi bien économique que politique entre les deux régions. LAfrique est maintenant le principal partenaire commercial de la Chine. Au Zimbabwe, le gouvernement de la Zanu-Pf a pris, en 2000, des mesures décisives en confisquant la terre pour laquelle le peuple a combattu pendant de longues années durant la lutte révolutionnaire armée. Le gouvernement du président Mugabe a été vilipendé par lOccident et ses alliés bien quaujourdhui la recherche a montré que la confiscation de la terre a augmenté la productivité et le revenu des travailleurs agricoles africains et des paysans. Cette expérience au Zimbabwe est prise en considération par dautres Etats africains dans les régions de lAfrique australe et ailleurs. En Afrique du Sud et en Namibie, la masse des travailleurs, des jeunes et des paysans espère la réalisation pleine et entière des objectifs des révolutions démocratiques nationales. LAfrique du Sud a la classe ouvrière la plus importante et la plus organisée du continent. Les troubles dans lindustrie minière et le secteur agricole poussent le pays vers une nationalisation et la confiscation de la terre et des moyens de production. LUnion africaine doit prendre des mesures pour expulser les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, lAllemagne, Israël et dautres Etats impérialistes et leurs partenaires du continent. Les problèmes africains qui perdurent remontent à la domination du système impérialiste sur tout le continent. En ce qui concerne la lutte de la diaspora africaine en Amérique du Nord et en Europe, lutte contre le racisme et loppression nationale, elle a une signification cruciale. Les forces de la diaspora africaine, motivées par les idéaux du panafricanisme a joué et peut continuer de jouer un rôle décisif dans la consolidation générale des mouvements dindépendance africaine et le progrès vers le panafricanisme et la renaissance africaine. Dans son livre "Africa must unite", Nkrumah a écrit que "lexpression "panafricanisme" nétait pas entré en vigueur avant le début du 20ème siècle lorsque Henry Sylvester Williams de Trinidad et William Edward Burghardt du Bois des Etats-Unis dAmérique, tous deux dascendance africaine, lont utilisée lors de plusieurs congrès panafricains auxquels participaient principalement des intellectuels dascendance africaine. Une contribution notoire au nationalisme africain et au panafricanisme a été le mouvement "Back to Africa" de Marcus Garvey" (pp 133) Depuis 1963, les Afro-américains et les Africains des Caraïbes ont joué un rôle central dans la lutte pour populariser le concept de libération africaine. Durant les années80 et au début des années 90, la lutte de solidarité dAfrique du Sud, influencée par les Afro-américains, a permis la première action législative et administrative contre le régime de lApartheid. Avec la venue de ladministration dObama, la nécessité de mettre laccent sur lélément de classe dans la lutte panafricaine est essentielle. LAfrique nest pas larrière-cour de limpérialisme américain et doit avoir loccasion dexercer sa souveraineté et son indépendance pleine et entière. Aux Etats-Unis, les villes dans lesquels résident les Afro-américains sont aux prises avec dénormes crises économiques qui éviscèrent le pouvoir politique gagné par la lutte populaire au cours de la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale. Des alliances de principes avec des Etats africains progressistes et lorganisation des masses seront les avenues de la lutte pour éradiquer le sous-développement et le néocolonialisme du continent et parmi les nations opprimées, captives de lOccident. Par conséquent, comme le soulignait Nkrumah dans son Handbook of Revolutionary Warfare "Lunité africaine implique que limpérialisme et loppression étrangère doivent être éradiquées dans toutes leurs formes. Que le néocolonialisme doit être identifié et éliminé et la nouvelle nation africaine doit se développer dans le cadre continental". (p.27) Nkrumah poursuit en disant qu"au cur du concept dunité africaine il y a le socialisme et la définition socialiste de la nouvelle société africaine. Socialisme et lunité africaine sont organiquement complémentaires. Il ny a quun seul véritable socialisme qui est le socialisme scientifique, dont les principes sont contraignants et universels". (p.29) A défaut de panafricanisme révolutionnaire basé sur le socialisme scientifique, les Africains et leurs alliés dans le monde entier doivent travailler pour définir, organiser et mobiliser au maximum pour la transformation de la société capitaliste et le système impérial mondial. Ce sont là les leçons des cinq dernières décennies et elles doivent être évaluées afin de progresser vers la libération totale de lAfrique et de ses peuples
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Edité le 18-06-2013 e 14:46:28 par Xuan
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 05-07-2013 à 14:54:08
| l impérialisme nippon aussi est présent en afrique du nord,notamment économiquement au kénya,sans compter les 150 soldats shintoistes déployés à djibouti-qui participent ainsi à la formation de l état fantoche de mogadiscio,80 ans après celui du manchukuo.
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 05-07-2013 à 16:54:58
| il n empeche que les milices al shabab sont fascisantes,détruisent des lieux de cultes soufis,se financant par le trafic de stupéfiants et sont proches des djihadistes syriens que washington et paris hésitent à armer-l arsenal pourrait se heurter aux interets occidentaux en somalie,au yemen,en égypte,en libye en turquie,voir en tunisie .
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| | marquetalia | | Grand classique (ou très bavard) | | 9697 messages postés |
| Posté le 06-07-2013 à 11:29:47
| il est certain que les terroristes djihadistes ne se financent pas par la vente de muguet tous les 1 er mai...
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