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 l'affaire Rio Tinto

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Xuan
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   Posté le 17-07-2009 à 21:26:10   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Actualités françaises)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’affaire Rio Tinto enfle en Chine


article du Figaro

L’arrestation de cadres du groupe anglo-australien intervient sur fond de remise en ordre du marché de l’acier par les autorités.
Les hasards du calendrier sont parfois suspects en Chine. L’arrestation d’employés du groupe Rio Tinto à Shanghaï le 5 juillet pour avoir « volé des secrets d’État » n’en finit pas de laisser les observateurs internationaux perplexes. Le premier ministre australien a mis en garde la Chine hier, évoquant les importants intérêts économiques qui lient les deux pays.
Stern Hu, directeur du groupe minier anglo-australien à Shanghaï, et trois de ses collaborateurs ont été mis sous les verrous, alors qu’ils participaient aux négociations annuelles toujours en cours sur le prix du minerai de fer. Ces discussions ont pris une tournure particulièrement sensible cette année. Aucun accord n’a été trouvé à la date butoir du 30 juin entre les aciéristes chinois, représentés par la China Iron & Steel Association (Cisa), et les trois grands géants miniers mondiaux, Rio Tinto, l’autre australien BHP Billiton et le brésilien Vale. Face à l’envolée des prix des dernières années et à la baisse de la demande en contexte de crise, les pays consommateurs de minerai de fer ont négocié des prix à la baisse pour 2009-2010. La Corée du Sud et le Japon ont obtenu un rabais de plus de 30 %, loin des 45 % initialement espérés par l’industrie chinoise, qui joue l’attentisme et refuse encore de signer tout compromis.
Pékin continue de cultiver le mystère et distille les informations au compte-gouttes, mais, selon la presse officielle, l’arrestation de M. Hu, ressortissant australien, et de ses collègues chinois est bien liée à ces négociations.
L’équipe de Rio Tinto aurait soudoyé des hauts cadres de grands aciéristes chinois pour obtenir des informations sur le marché et sur la position de Pékin dans les discussions. Depuis, les autorités chinoises paraissent déterminées à mener une opération de nettoyage de l’industrie. Des responsables de cinq des grandes aciéries chinoises - Baosteel, Anshan, Benxi, Laiwu et Jinan - ont été interrogés et seize sociétés sont mises en cause.
Levier de négociation
Premier consommateur de minerai de fer de la planète avec 450 millions de tonnes importées en 2008, la République populaire espère sans doute se créer un levier de négociation. Mais « l’affaire Stern Hu » révèle aussi les pratiques d’un secteur où la corruption n’a rien d’une nouveauté. Fragmentée en 1 200 aciéries, l’industrie chinoise est au cœur d’une vaste opération de consolidation menée par le gouvernement central. Soucieux de garder, malgré cet éparpillement, un contrôle sur les prix cher au bureau du plan, Pékin a accordé des licences d’importation à un nombre restreint de 112 aciéries. Un marché parallèle s’est alors mis en place. Les grands groupes achètent du minerai de fer au plus bas prix possible, pour le revendre ensuite aux plus petites usines empochant au passage quelques bénéfices. La Cisa compte d’ailleurs supprimer vingt licences, pour resserrer son contrôle. Autre signe de la désorganisation du secteur : certains groupes sidérurgiques pourraient avoir négocié en direct avec les géants miniers des baisses de prix de 33 %.
Julie Desné



Pourquoi Pékin ouvre le feu sur Rio Tinto


17/07/2009 11:13
Publié sur Tendances Trend.be

Dix jours après l'arrestation de Stern Hu, directeur de Rio Tinto en Chine, et de trois de ses collègues, le n° 2 minier anglo-australien est accusé d'avoir corrompu les cadres de 16 grands groupes sidérurgiques chinois. Décryptage en 4 raisons d'un coup de colère qui risque de virer à la guerre diplomatique.
Les relations sino-australiennes sont de nouveau mises à l'épreuve. Alors que les aciéristes chinois ont entamé, comme chaque année, la dure négociation des tarifs du minerai de fer avec leurs fournisseurs mondiaux, le quotidien officiel China Daily ouvre son édition sur un scandale qui risque de ralentir encore les discussions.

Raison n° 1, la corruption : Rio Tinto aurait corrompu les représentants de grandes aciéries d'Etat chinois
Citant une source industrielle anonyme, le journal révèle que l'anglo-australien Rio Tinto aurait ciblé et corrompu les cadres de 16 aciéristes chinois chargés de négocier les prix du minerai. Une «pratique non écrite», souligne la source, qui explique qu'en cas de refus, Rio les aurait simplement privés du précieux minerai.
Les médias shanghaiens se sont aussitôt emparés de l'affaire, rapportant que des représentants de grandes aciéries d'Etat chinois avaient été gracieusement invités l'an dernier par Rio à assister à des épreuves des Jeux olympiques dans des stands VIP. Le gouvernement a quant à lui gardé le silence sur cette révélation, qui met au jour les failles de la fixation du prix des minerais en Chine.
Pour éviter les abus dans ce domaine, l'Association chinoise du fer et de l'acier (CISA) s'emploie depuis quatre ans à limiter les licences d'importation attribuées aux producteurs d'acier et aux intermédiaires. Résultat : les industriels autorisés à importer ne sont plus que 112, contre 500 en 2005. Or, la Chine compte près de 1.200 aciéristes, la plupart de petite taille, qui se retrouvent obligés d'acheter leur matière première aux grands du secteur.
«Certains producteurs licenciés prêtent peu attention aux prix du minerai importé dans la mesure où ils répercutent les hausses sur les prix de revente», illustre un spécialiste anonyme cité par le China Daily. Alors que la réglementation chinoise limite entre 3 % et 5 % les marges de revente, certains aciéristes n'hésiteraient pas à pratiquer des marges de 50 %, chiffre Xianfang Ren, analyste chez IHS Global Insight.

Raison n° 2, l'espionnage : le patron et trois cadres de Rio Tinto Chine auraient volé des secrets d'Etat
L'accusation intervient également 10 jours après que le dirigeant de Rio Tinto en Chine, Stern Hu, et trois de ses collègues ont été arrêtés pour «espionnage commercial», ce qui les rend passibles de prison à vie. La Chine aurait depuis recueilli des «preuves suffisantes» qu'ils ont «volé des secrets d'Etat et causé d'énormes pertes aux intérêts économiques et à la sécurité du pays», rapporte l'AFP.
Dix jours après l'arrestation de Stern Hu, directeur de Rio Tinto en Chine, et de trois de ses collègues, le n° 2 minier anglo-australien est accusé d'avoir corrompu les cadres de 16 grands groupes sidérurgiques chinois. Décryptage en 4 raisons d'un coup de colère qui risque de virer à la guerre diplomatique.
Les relations sino-australiennes sont de nouveau mises à l'épreuve. Alors que les aciéristes chinois ont entamé, comme chaque année, la dure négociation des tarifs du minerai de fer avec leurs fournisseurs mondiaux, le quotidien officiel China Daily ouvre son édition sur un scandale qui risque de ralentir encore les discussions.

Raison n° 3, le camouflet : Rio Tinto a préféré l'offre de BHP Billiton à celle du chinois Chinalco
L'affaire survient aussi quelques semaines après le rejet par Rio d'une offre d'investissement de Chinalco, le géant public chinois de l'aluminium, qui en aurait fait le premier actionnaire du groupe anglo-australien. Lequel a finalement choisi de s'allier au n° 1 mondial, BHP Billiton. L'affaire a été ressentie comme un camouflet par Pékin, qui a même suggéré que le deal, susceptible de créer une situation de monopole, soit examiné par le ministère du commerce chinois.
«Il est certain que l'arrestation de Stern Hu puis l'accusation de Rio ont un parfum de revanche, observe Ronan Diot, avocat collaborateur au cabinet Norton Rose. Il semble que les Chinois aient fait parler la colère, d'autant que l'accusation de violation de secret d'Etat est vague et à usage multiple.» Mais l'affaire Chinalco n'est sans doute pas le seul facteur à l'œuvre dans l'attaque à l'encontre de Rio Tinto.
Raison n° 4, le secteur : premier consommateur mondial d'acier, la Chine a pourtant du mal à imposer des prix moins élevés
Depuis le début de la crise économique, les aciéristes sont particulièrement sous tension. Alors que Pékin met en œuvre son vaste plan de relance et notamment ses milliers de projets de reconstruction, la négociation des prix de l'acier apparaît tout à fait cruciale. Or, malgré son statut de premier consommateur et importateur d'aciers spéciaux mondial, la Chine a encore du mal à imposer à ses fournisseurs des prix moins élevés. Au contraire, ses besoins sont tels qu'ils minent sa capacité de négociation.
L'an dernier, elle a ainsi dû accepter un quasi-doublement du prix du minerai. Problème : à partir du second semestre, les prix de l'acier se sont mis à chuter. D'où sept mois de pertes consécutifs pour les aciéristes locaux. Pour 2010, la Chine tente donc d'arracher une baisse de 40 % du prix du minerai, là où le Japon et la Corée du Sud ont négocié en mai une baisse de 33 %. «Le problème n'est pas tant que l'industrie sidérurgique soit éclaboussée par un scandale de corruption, mais plutôt qu'elle soit dans l'impossibilité de négocier des prix plus avantageux», analyse Xianfang Ren.
Quelle que soit l'issue de cette crise, le Premier ministre australien, Kevin Rudd, a rappelé à Pékin que sa gestion serait particulièrement observée par les gouvernements et les entreprises étrangers, qui en tireraient leurs propres conclusions. L'Australie est d'ailleurs elle-même en train d'examiner une dizaine de demandes de rachats de groupes miniers australiens par des entreprises chinoises.

Hélène Duvigneau (à Pékin), L'Expansion.com



Plusieurs articles dans la presse officielle chinoise relèvent cette affaire de corruption industrielle :


«La corruption omniprésente» dans l'affaire de Rio Tinto

Peopledaily 2009/07/15

Les cadres des 16 aciéries chinoises participant aux discussions sur le prix du minerai de fer cette année, ont été achetés par les employés de Rio Tinto, a affirmé mardi un initié du secteur, et le gouvernement envisage d'annuler 20 licences d'importation du minerai de fer pour réglementer le marché chaotique de l'importation du minerai de fer en Chine.
Cette surprenante révélation survient alors qu'on est en train d'élargir l'investigation dans l'affaire d'espionnage dans laquelle est impliqué le deuxième plus grand producteur du minerai de fer au monde, Rio Tinto.
Une enquête sur les dirigeants des 5 principaux producteurs d'acier et les responsables de l'association de l'industrie serait ouverte à la suite de la détention de quatre employés de la filiale chinoise de Rio Tinto, dont un citoyen australien.
"Rio Tinto était en contact avec les principaux dirigeants des 16 aciéries, qui détenaient les informations industrielles sensibles, lorsque la China Iron and Steel Association (CISA) les a amenés à la table des négociations", a déclaré un responsable de haut niveau d'une grande entreprise sidérurgique à condition d'anonymat.
"Et ensuite Rio Tinto leur a donné un pot de vin (pour accéder aux données du secteur), ce qui est devenu une pratique tacite dans le secteur", a dit la source.
"Si les entreprises n'avaient pas accepté, ils auraient coupé l'approvisionnement et l'ensemble de l'industrie sidérurgique serait corrompu".
Il s'est prononcé lorsque la CISA se serait mise à réexaminer le système des licences d'importation du minerai de fer, parce que certains titulaires de ces licences auraient abusé de leurs droits.
"Il est très probable que la CISA va annuler environ 20 licences d'importation du minerai de fer détenues par les fabricants d'acier et des sociétés de négoce, visant surtout les sociétés commerciales", a indiqué le journal 21st Century Business Herald, citant une source anonyme.
Un autre initié du secteur, qui a également demandé à garder son anonymat, a dit à China Daily: "Il y a environ 1 200 aciéries en Chine. La plupart des petites et moyennes entreprises sans licences d'importation doivent acheter du minerai aux grandes entreprises qui ont des licences.
"Par conséquent, certaines grandes usines ne se soucient pas du prix de minerai, parce qu'ils pourraient transférer l'augmentation des coûts vers les petites et moyennes entreprises. Pendant ce temps, les petites et moyennes aciéries sont contraintes de signer des contrats avec des mineurs internationaux en privé".
La CISA a commencé à réduire le nombre de licences sur l'importation du minerai de fer en 2005. A la fin du mois de septembre, le nombre d'entreprises possédant des licences en Chine a été réduit de 500 en 2005 à 112 aujourd'hui, et les entreprises commerciales - de 250 à 40.



Les secrets des aciéries chinoises trouvés sur les ordinateurs de Rio Tinto


Peopledaily 2009/07/15

Des informations détaillées sur les aciéries chinoises ont été découvertes sur les ordinateurs de Rio Tinto dans le bureau de Shanghai de la compagnie, ont indiqué lundi les médias locaux.
Quatre employés du fournisseur de minerai de fer australien Rio Tinto ont été arrêtés à Shanghai le 5 juillet, accusés d'espionnage.
Un initié a déclaré que Rio connaissait presque tous les détails sur certaines entreprises sidérurgiques chinoises, qui ont signé des contrats de vente à long terme avec Rio.
Les renseignements sur les ordinateurs de Rio comprenaient les données sur la gamme de produits, les détails des ventes, les plans d'achat, les stocks des matières premières et le calendrier de production.
"Même les présidents de ces sociétés n'avaient pas ces informations à leur disposition," a dit l'initié.
Tan Yixin, cadre supérieur du principal fabricant d'acier chinois Shougang Group, a été arrêté à Beijing le 7 juillet dernier, accusé de "crimes commerciaux". Tan était en charge d'importation et d'exportation du minerai de fer pour la compagnie.
Beaucoup d'employés des fournisseurs étrangers du minerai de fer travaillaient dans les aciéries chinoises, alors qu'ils connaissaient les détails concernant ces entreprises, selon les initiés.
"Les fournisseurs étrangers du minerai de fer auraient également versé des pots de vin aux cadres dirigeants des fabricants d'acier chinois pendant leurs vacances et les fêtes", a ajouté un initié.




Edité le 17-07-2009 à 21:45:32 par Xuan




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