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 170e anniversaire du Manifeste

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Xuan
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   Posté le 24-02-2018 à 09:54:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Manifeste communiste et les idéaux communistes par l’Ecole centrale du marxisme en Chine



Traduction Danielle Bleitrach
24FÉV

Histoire et Société

Il est très hasardeux de prétendre traduire du chinois avec la seule ressource de la traduction automatique néanmoins il me semble avoir pu en dégager la cohérence. Ce texte est passionnant, il insiste sur l’idéal communiste en affirmant « L’idéal est supérieur à la réalité, mais ne peut être séparé de la réalité. » et il insiste sur le processus autant que sur la finalité la disparition du capitalisme. Nous avons ici la description du « dépassement » du capitalisme, abolition inévitable, mais aussi sa conservation. Conservation de ce qu’il a apporté contre la féodalité, contre les autocrates, contre la superstition, son rôle dans le développement de la productivité avec cependant des crises de surproduction liées au faible pouvoir d’achat des masses. En revanche, seul le communisme, en tant que force spirituelle ancrée dans la matérialité, est capable d’abolir les injustices que le capitalisme engendre mais aussi de donner un sens à l’existence humaine par le dépassement des intérêts égoïstes. C’est une interprétation que l’on peut trouver dans Marx. Il y a du messianisme dans Marx, mais rarement cette face de Marx avait été poussée aussi loin. Rarement avait été ainsi affirmée la nécessité d’une pensée guidant au-delà de ce que le capitalisme peut apporter de satisfaction matérielle mais aussi de désenchantement et d’injustice, d’incapacité de fait à concevoir ce que les forces productives qu’il a déchaînées peuvent engendrer. Il a peur de ce qu’il a mis en branle et est condamné de ce fait à sa propre fin. J’ai mis en note les textes de Marx et Engels sur la Chine parce que ces textes correspondent à une évolution de la pensée de Marx (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Wang Haibin
22 février 2018 Source: Temps d’études


Titre original: Manifeste communiste et idéal et conviction des communistes

Comme premier programme du parti communiste le « Manifeste communiste » est basé sur le matérialisme historique pour expliquer l’émergence et le développement du prolétariat et de la bourgeoisie et explorer les grandes réalisations résultant de leur lutte. Sur « Manifeste communiste », les communistes peuvent trouver un important soutien dans la résolution de leurs idéaux et de leurs croyances. C’est pourquoi aujourd’hui, 170 ans plus tard, il nous faut encore relire cet important repère qui marque la naissance du marxisme. À l’occasion du 170e anniversaire de la publication du «Manifeste communiste», le journal a publié cet article pour en célébrer l’anniversaire.

Il est d’une importance vitale pour les communistes chinois de consolider leurs idéaux et leurs convictions. Le secrétaire général Xi Jinping a souligné cette nécessité «fondamentale» des communistes face à la vie dans la vie et au «renforcement», à «l’âme politique» et au «pilier spirituel» de l’esprit. Nous ne pouvons pas ne pas partir de ce qui est à l’origine parce que nous ne sommes au commencement et nous pouvons rechercher le fort soutien des communistes dans le Manifeste du Parti communiste pour une détermination et une conviction résolues. C’est aussi aujourd’hui, 170 ans plus tard, qu’il nous faut encore relire cet important repère qui marque la naissance du marxisme.

Fournir une base théorique

Comme le dit le «Manifeste communiste», les principes théoriques des communistes ne sont nullement basés sur les idées et les principes inventés ou découverts par les réformateurs de tel ou tel monde. Ces principes ne sont que des expressions générales de la lutte de classe existante, la vraie relation des mouvements historiques immédiats de notre vie immédiate. En fait, le «Manifeste du parti communiste» est exactement ancré dans le sol fertile de la pratique et applique consciemment les œuvres classiques du matérialisme historique. Le problème est la voix des temps. Les grandes œuvres sont souvent confrontées aux problèmes de l’époque et elles sont capables de répondre aux besoins de l’époque et à la tendance du développement historique. Comme le premier programme du parti communiste « Manifeste communiste » est basé sur le matérialisme historique pour expliquer l’émergence et le développement du prolétariat et de la bourgeoisie et d’explorer ce qui a été accompli comme résultat de leur lutte.

lLa Méthode analytique du matérialisme historique et de la lutte des classes, Marx et Engels ont brièvement présenté la situation de la lutte des classes sociales traditionnelles, l’analyse des causes de la bourgeoisie, ils ont mis en avant le rôle positif de la bourgeoisie, révélé la crise du capitalisme, expliqué le rôle historique du prolétariat Et son processus de développement, en soulignant la mission historique du prolétariat. Pour le « Manifeste communiste » la « disparition de la bourgeoisie et la victoire du prolétariat sont également inévitables » cette conclusion importante repose sur une argumentation, avec le recours à des valeurs émotionnelles ou de classe, mais l’utilisation du matérialisme historique révèle la profondeur du capitalisme, le mécanisme de l’opération sociale et ses contradictions internes.

Dans le processus de promotion du développement de l’histoire sociale, le mode de production capitaliste a inévitablement rencontré des problèmes, des difficultés et des crises. La puissante productivité créée par le capitalisme, qui produit une accumulation de marchandises mais conduit à un excédent relatif de production dû au manque de pouvoir d’achat, a créé une crise économique et la crise commerciale éclate inévitablement de temps en temps. Cela montre que les forces productives possédées par la société bourgeoise ne peuvent plus favoriser le développement des relations bourgeoises: il y a un fort conflit et une contradiction entre les forces productives et les rapports de production dans le capitalisme. Les contradictions suscitées au cours du développement du capitalisme ne peuvent plus être résolues par lui. Plus important encore, la société bourgeoise produit et développe constamment son propre fossoyeur, le prolétariat. Par rapport à d’autres classes y compris la bourgeoisie, le prolétariat est une classe vraiment révolutionnaire, parce que: premièrement, les autres classes en général avec le développement de l’industrie à grande échelle et une baisse importante, mais il est le produit du prolétariat industriel à grande échelle elle-même, avec le développement de grandes industries qui continuent de croître et de se développer. Deuxièmement, le prolétariat n’a rien. Il a perdu les conditions de vie de la vieille société, a perdu ses biens et a perdu toute nationalité. Encore une fois, le prolétariat n’a rien à protéger, il est seulement l’abolition de tout le mode actuel d’appropriation, la destruction de toute protection jusque-là existante et de la protection de la propriété privée, afin d’atteindre les forces productives sociales, afin d’assurer les conditions de leur propre
développement, et enfin, le mouvement prolétarien est un mouvement indépendant qui est pour la grande majorité des gens et pour le bénéfice de la plupart des gens.
L’idéal est supérieur à la réalité, mais ne peut être séparé de la réalité. Basé sur une telle analyse pratique rigoureuse du développement et des preuves théoriques et logiques, le grand idéal du communisme a une source profonde de pratique et une base théorique solide.

Livrer la sagesse et la nourriture

Seulement basé sur la connaissance éveillée, l’identification ferme, l’acceptation sincère et la pratique consciente, peut-il y avoir des idéaux et des croyances fermes. Un la disparition de la bourgeoisie « la disparition de la bourgeoisie et la victoire du prolétariat sont également inévitables « » Deux la rupture la plus complète « que la révolution communiste est la rupture la plus radicale avec les rapports de propriété traditionnels, il devrait mettre en œuvre dans leur propre processus de développement avec les idées traditionnelles une rupture la plus radicale, et « libérer tout le développement humain », à savoir le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous les peuples, tout cela est le « Manifeste communiste » les indices de base à travers les conclusions spécifiques atteint et saisir son noyau de base, saisir les principes de base grâce à des mesures spécifiques dans certaines conditions historiques, le « Manifeste communiste » peut apporter la nourriture intellectuelle pour les idéaux communistes d’aujourd’hui et la conviction.

D’abord, sur les «deux inévitables». D’un point de vue profond, il contient la prévoyance et l’idéologie que «toute production historique finira par périr». D’un point de vue réaliste, la société capitaliste devient un facteur socialiste, ce qui se reflète dans l’ajustement fiscal capitaliste et le système par actions. La sécurité sociale, le bien-être de l’Etat et de nombreux autres aspects: à partir des conditions, seulement après que la société capitaliste ait accompli la productivité qu’elle apporte et que les relations de production socialistes mûrissent pleinement dans la société capitaliste, les deux inévitables. Ce Sera réalisé. le Parti communiste chinois a toujours attaché une grande importance aux idéaux et aux croyances, idéologiques et aux priorités pour guider et promouvoir sa cause. Marx et Engels à partir des « deux inévitable » ont révélé les lois de l’histoire, et apporté un soutien important pour cette logique de fonctionnement de notre parti, mais aussi pour contribuer à la formation et la réflexion stratégique communiste dans une perspective historique.

Deuxièmement, sur « les deux ruptures les plus radicales ». C’est alors que les rapports de production capitalistes ne peuvent continuer à promouvoir le développement des forces productives, la révolution communiste doit conserver la propriété privée capitaliste et la propriété privée dépassée. Marx et Engels contre une poignée de capitalistes occupés par l’accumulation de la main-d’œuvre publique capital, exige une démarche de changement dans la forme de capital, plutôt qu’une pure et simple opposition aux marchés et des capitaux, l’objection de Marx et Engels est lorsque la propriété privée capitaliste empêche la productivité, ignorant encore la base historique de base des faits, cherche la protection aveuglément a conception étroite de la propriété privée capitaliste, Marx et Engels ont prôné une rupture radicale avec le capitalisme et son prêche du culte de l’argent, l’égoïsme, l’hédonisme et d’autres idées, y compris bien sûr la rupture avec le concept traditionnel du despotisme féodal, la doctrine de privilège, la bureaucratie, etc. pour faire une pause complète. L’implication ici est dialectique traiter l’héritage et le développement, et saisir pleinement la sagesse de la relation entre la propriété et adapter à leurs idées et ainsi de suite.

Troisièmement, sur le « libre développement de tous les peuples ». reflète ici la poursuite communiste d’esprit de l’émancipation humaine et le libre développement des volontés, ce qui reflète le courage des communistes de poursuivre la valeur ultime et les idéaux au caractère les plus élevés. Briser le culte de Dieu et de la superstition, la religion ne joue que le rôle du confort émotionnel, il faut briser le pouvoir de culte pour entretenir l’hérédité autocratique, se débarrasser des détenteurs du pouvoir personnel de culte, de sorte que la voie de la démocratie, le mécanisme bénigne du pouvoir environnement d’exploitation et l’état de droit, mais peut aussi devenir le consensus, pour se débarrasser du culte de l’argent et du capital, pour surmonter les désirs matériels et la cupidité sans fin, ce n’est pas facile. Ce style de courage doit vraiment avoir des caractéristiques extraordinaires, un tel esprit de parti est en effet louable et vaut qu’on le recherche..

Sur la base de la portée des « deux inévitables » lois du développement historique, la mise en œuvre de « deux ruptures les plus radicales » dans les conditions historiques sont réunies, et la poursuite du «libre développement de tous les peuples, » le but le plus élevé sur cette base. Alors déchiré par l’histoire de l’identité de la sincérité cognitive et Zhengxintai, doit être pour l’entreprise communiste au service des croyances fondamentales, la sagesse et de fournir un nourrir flux constant de la puissance spirituelle.

Inspirer la force mentale

Dans le « Manifeste communiste », Marx et Engels ont affirmé hautement la contribution historique de la civilisation capitaliste: le renversement du régime féodal rigide corrompu, sa capacité à favoriser le progrès de l’industrialisation, l’urbanisation et la marchandisation, et rassembler les caractéristiques modernes dynamiques, accéléré le cours de l’histoire du monde et largement libéré et développé les forces productives sociales. Nous trouvons que Marx et Engels n’ont pas mentionné leur rôle positif dans le monde spirituel, la vie spirituelle et la culture spirituelle lorsqu’ils ont révélé le rôle historique du capital. En fait, les civilisations capitalistes ont de sérieuses limitations dans la promotion de la construction de la civilisation spirituelle. Jusqu’à aujourd’hui, la logique du capital n’a fait que montrer ses grandes réalisations dans la construction de la civilisation matérielle.

En abordant la nature des communistes, les communistes Marx et Engels ont aucun intérêt du prolétariat ensemble des intérêts différents, les communistes non seulement soulignent et respectent les intérêts communs de l’ensemble du prolétariat, sans distinction de nationalité, et représentent toujours les intérêts du mouvement dans son ensemble En théorie, les communistes sont pleinement conscients des conditions, du processus et des résultats généraux du mouvement prolétarien. De tels communistes doivent non seulement cultiver leur capacité à saisir les lois et la volonté du peuple, mais aussi améliorer constamment leur propre domaine spirituel et leur quête spirituelle.

La vérité du marxisme réside non seulement dans son exploration en profondeur et le développement de la société humaine à saisir la volonté des masses, mais sur la théorie que Marx et Engels ont toujours rempli avec la poursuite de l’auto-réflexion et l’esprit d’auto-innovation, de méditer La théorie ouvre un nouveau royaume. En 1872, dans la préface de l’édition allemande « Manifeste communiste » de Marx et Engels a souligné que, pour l’application pratique de ces principes, à tout moment, en tout lieu d’être dans les conditions historiques en vigueur. Cette poursuite spirituelle de Marx et Engels exige aussi qu’aujourd’hui nous devrions interpréter le «Manifeste communiste» du monde contemporain et de la réalité de la Chine.

« Le Manifeste communiste » a une INCIDENCE de la poursuite spirituelle, et les exigences pour les communistes pour améliorer le monde spirituel, et doit être en mesure de raffermir la croyance dans le marxisme, une croyance ferme dans le socialisme et le communisme et le socialisme aux caractéristiques chinoises est fermement communistes. Des idéaux communs et une pratique fidèle inspirent plein de pouvoir spirituel.

(Auteur: Ecole Centrale du Marxisme)
(Éditeur: Chang Xuemei, Cheng Hongyi)

A relire les textes de Marx et Engels sur la Chine, c’est à cette occasion alors qu’il avait vu avec la colonisation anglaise en Inde la première révolution connue par ce pays à travers la Chine il dénonce l’horreur de l’impérialisme. Ils ont été publié dans un livre de la collection 10/18 consacré à Marx et Engels en Chine
TEXTES DE MARX-ENGELS [191]

I. LA CHINE, L’ANGLETERRE ET LA RÉVOLUTION [191]

Karl Marx – Déplacement du centre de gravité mondial [193]
Karl Marx – La révolution en Chine et en Europe [199]
Karl Marx – Le conflit anglo-chinois [213]
Friedrich Engels – Perse-Chine [223]
Friedrich Engels – La nouvelle campagne anglaise en Chine [233]
Karl Marx – La Russie et la Chine [239]

II. DISSOLUTION PARLEMENTAIRE ET GUERRES COLONIALES [255]

Karl Marx – Débats parlementaires sur les hostilités en Chine [255]
Karl Marx – La défaite du ministère Palmerston [265]
Karl Marx – Les élections anglaises [277]
Karl Marx – La situation des ouvriers de fabrique [281]
Karl Marx – Quel est le fauteur d’atrocités en Chine ? [285]
Karl Marx – Extraits de la correspondance officielle [293]
Karl Marx – Palmerston et les élections générales [301]

III. LE POISON CAPITALISTE EN CHINE [313]

Karl Marx – L’histoire du commerce de l’opium [315]
Karl Marx – Les effets du traité de 1842 sur le commerce sino-britannique [327]
Karl Marx – Le nouveau traité avec la Chine [335]
Friedrich Engels – Opium, alcool et révolution [345]
Friedrich Engels – La pénétration russe en Asie centrale [349]
Friedrich Engels – Les gains de la Russie en Extrême-Orient [361]

IV. RUINE DE LA CHINE TRADITIONNELLE [373]

Karl Marx – La nouvelle guerre chinoise [375]
Karl Marx – Le commerce avec la Chine à la lumière des structures sociales de ce pays [405]
Karl Marx – Politique anglaise [413]
Karl Marx – Affaires chinoises [Taïpings] [423]
Karl Marx – Le commerce britannique du coton [429]
Friedrich Engels – Le traité de commerce avec la France [433]
Friedrich Engels – Marché colonial et marché mondial [435]
Friedrich Engels – La guerre sino-japonaise [437]
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Xuan
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Danielle Bleitrach fait ce commentaire intéressant.

« L’humanité ne se pose jamais que les problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne se présente que lorsque les conditions matérielles pour le résoudre existent ou du moins sont en voie de devenir » disait aussi Marx..
C’est seulement au moment où la mondialisation montre sa face cachée, celle de l’émergence, qu’une autre mondialisation devient possible.

Ce témoignage montre aussi la persistance de la lutte des classes dans la société socialiste.
Ceci éclaire rétrospectivement l’histoire de l’URSS, et pour nous-mêmes, le rapport entre démocratie et contrainte de classe dans le pouvoir d’Etat d’une France socialiste. :


_______________________


Un jour, Monsieur Wang m’a dit, les problèmes les plus graves sont ceux dont on ne parle pas parce qu’il n’y a pas encore de solution

24
FÉV

histoire et société


Un jour j’ai eu une longue discussion avec un Chinois, cela se passait dans un restaurant marseillais proche du stade vélodrome et nous étions en 2008. Le Chinois qui avait une cinquantaine d’années tenait le restaurant mais c’était un homme très cultivé et aussi engagé dans le flux millénaire de son pays, que de son actualité. Il a fini par s’asseoir à ma table alors que toute la clientèle avait disparu. Tandis que son épouse qui faisait les comptes hochait la tête pour appuyer les analyses de son lettré de mari. Les lumières étaient pratiquement toutes éteintes sauf une applique contre le mur. La tension s’inscrivait sur les visages même si mes hôtes ne se sont jamais départis de leur sourire.

Il s’appelait comme il se doit monsieur Wang

Mon intérêt pour la Chine, son histoire, l’avait charmé et il m’a demandé: est-ce que vous connaissez le problème de la Chine ?

Je lui en cité plusieurs dont le réchauffement climatique qui pouvait à la fin assécher la source des grands fleuves de l’Asie. Chaque fois que j’énonçais un problème y compris le vieillissement de la population, l’absence de démocratie, etc… Monsieur Wang secouait la tête en signe de dénégation. Il a fini par me dire il n’y a pas de problème tant que celui-ci est dit, discuté en public, le problème c’est quand le problème n’est jamais posé officiellement, cela veut dire que personne ne sait comment le résoudre.

Pour lui le problème, à ce que j’ai cru comprendre, résidait dans la perte des valeurs morales qui accompagnait les réformes dont les effets étaient spectaculaires en matière de victoire sur le sous-développement. Tout y contribuait y compris la politique de l’enfant unique qui faisait du petit chinois un capricieux, égoïste. Les mesures prises étaient nécessaires mais il deviendrait tout aussi urgent d’intervenir le plus tôt possible. Il m’a alors annoncé que déjà le parti communiste dont il laissait entendre qu’il était membre préparait des individus aptes à faire face.

Il m’a alors expliqué comment étaient formés les dirigeants. On prenait quelques jeunes postulants et on les expédiait dans un coin connu pour sa corruption, les luttes de clan, les tensions sociales ou les difficultés diverses les plus insurmontables. Et là il devait faire ses preuves, témoigner de la lucidité de son diagnostic, de son art d’utiliser les rapports de forces locaux et de sa capacité impitoyable à trancher au bon moment. Y compris, avait-il ajouté à mon grand étonnement, un véritable dirigeant doit savoir tuer s’il n’y a pas d’autres moyens. Ceux qui franchissaient, sous l’œil attentif des anciens, les étapes de cette formation, pouvaient prétendre à diriger un jour la Chine. Il m’avait cité quelques lieux typiques de cette formation pour le plus haut niveau, la municipalité de Chongqing qui a 34 millions d’habitants et une superficie égale à celle de l’Autriche et qui était pour lui le lieu de tous les déchaînements de la bête sauvage du capitalisme. Je n’ai pas retenu les autres lieux qu’il m’a décrits mais l’idée d’un stage au cœur des contradictions du développement lui paraissait essentielle pour préparer l’avenir. On formait un dirigeant comme un athlète en voyant ses potentialités mais aussi en les exerçant, en les développant. C’était de ce fait un pur produit du parti et pas celui de rivalités pour le pouvoir, même s’il était probable qu’il existait un moment de compétition.

J’ai souvent ces derniers temps pensé à monsieur Wang que je n’ai jamais revu. J’ai pensé à lui bien sûr en lisant tous les commentaires sur Xi Jinping le nouveau président chinois dont chacun s’interrogeait sur le pouvoir personnel. Mais aussi j’y ai pensé en lisant ce texte de l’Ecole centrale du marxisme sur la manière dont le Manifeste du parti communiste de Marx pouvait aider la Chine à son étape actuelle de son évolution. Cette phrase reflétait assez bien sa pensée : « L’idéal est supérieur à la réalité, mais l’idéal doit être en relation avec la réalité » . Quelle belle définition du communisme, cela renvoie à cette définition du communisme dont j’ai souvent entendu citer le début mais qui mérite d’être reprise en entier et dont voici le premier paragraphe.

Dans « L’Idéologie allemande » :

« Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes.

(…) Le prolétariat ne peut donc exister qu’à l’échelle de l’histoire universelle, de même que le communisme, qui en est l’action, ne peut absolument pas se rencontrer autrement qu’en tant qu’existence « historique universelle ».

(…) Les individus ont été de plus en plus asservis à une puissance qui leur est étrangère, — oppression qu’ils prenaient pour une tracasserie de ce qu’on appelle l’Esprit du monde, — une puissance qui est devenue de plus en plus massive et se révèle en dernière instance être le marché mondial. Mais il est tout aussi fondé empiriquement que cette puissance, si mystérieuse pour les théoriciens allemands, sera abolie par le renversement de l’état social actuel, par la révolution communiste (nous en parlerons plus tard) et par l’abolition de la propriété privée qui ne fait qu’un avec elle ; alors la libération de chaque individu en particulier se réalisera exactement dans la mesure où l’histoire se transformera complètement en histoire mondiale.

(…) Ce n’est pas la critique, mais la révolution qui est la force motrice de l’histoire, de la religion, de la philosophie et de toute autre théorie. Cette conception montre que la fin de l’histoire n’est pas de se résoudre en « conscience de soi » comme « esprit de l’esprit », mais qu’à chaque stade se trouvent donnés un résultat matériel, une somme de forces productives, un rapport avec la nature et entre les individus, créés historiquement et transmis à chaque génération par celle qui la précède, une masse de forces de production, de capitaux et de circonstances, qui, d’une part, sont bien modifiés par la nouvelle génération, mais qui, d’autre part, lui dictent ses propres conditions d’existence et lui impriment un développement déterminé, un caractère spécifique ; par conséquent les circonstances font tout autant les hommes que les hommes font les circonstances.

Cette somme de forces de production, de capitaux, de formes de relations sociales, que chaque individu et chaque génération trouvent comme des données existantes, est la base concrète de ce que les philosophes se sont représenté comme « substance » et « essence de l’homme », de ce qu’ils ont porté aux nues ou qu’ils ont combattu, base concrète dont les effets et l’influence sur le développement des hommes ne sont nullement affectés parce que ces philosophes se révoltent contre elle en qualité de « conscience de soi » et d’ »uniques ».

Ce sont également ces conditions de vie, que trouvent prêtes les diverses générations, qui déterminent si la secousse révolutionnaire, qui se reproduit périodiquement dans l’histoire sera assez forte pour renverser les bases de tout ce qui existe ; les éléments matériels d’un bouleversement total sont, d’une part, les forces productives existantes et, d’autre part, la formation d’une masse révolutionnaire qui fasse la révolution, non seulement contre des conditions particulières de la société passée, mais contre la « production de la vie » antérieure elle-même, contre l’ »ensemble de l’activité » qui en est le fondement ; si ces conditions n’existent pas, il est tout à fait indifférent, pour le développement pratique, que l’idée de ce bouleversement ait déjà été exprimée mille fois… comme le prouve l’histoire du communisme. »


En France j’ai souvent eu l’impression que cette référence au communisme comme mouvement évitait d’aborder les problèmes concrets de la politique du PCF, ce qui selon l’analyse pertinente de monsieur Wang était de mauvaise augure pour envisager des solutions. Mais le moins que l’on puisse dire est que le parti communiste chinois n’a jamais craint de partir à la nage dans les eaux de la mondialisation avec un parti communiste qui ne manque pas d’audace devant la réalité.

Le texte de l’école central du marxisme tente de donner corps à cette analyse à partir de l’expérience chinoise comme une réponse aux inquiétudes de monsieur Wang. Le problème est désormais posé et seul le communisme peut le résoudre parce qu’il abolit ce dont il a réussi à intégrer les aspects révolutionnaires.

Mais j’ai pensé également à l’influence que la découverte de ce que subissais la Chine, la guerre de l’opium, entre autres, avait contribué à faire évoluer la pensée de Marx sur les différents modes de production et sur leur relation à la transition vers le socialisme.
Ce que la réflexion sur l’Inde n’avait pas engendré chez Marx et Engels, le spectacle du dépeçage de la Chine par l’impérialisme l’avait provoqué comme d’ailleurs la rencontre avec la Russie avait déclenché l’hypothèse d’autres possibles à un état encore embryonnaire. Le manifeste du Parti communiste est un texte basé sur l’Europe, son évolution capitaliste, mais dans lequel la mondialisation est déjà envisagée à travers ce prisme et qui ouvre un nouveau rapport théorie pratique dont l’actualité est évidente y compris pour monsieur Wang très marqué par l’influence de Confucius.

Danielle Bleitrach


Edité le 24-02-2018 à 19:47:33 par Xuan




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La Chine célèbre le 170ème anniversaire du Manifeste communiste

25

FÉV
French.china.org.cn - Mis à jour le 23. 02. 2018 Mots clés : Parti communiste, PCC

il ne s’agit pas d’une simple commémoration mais d’une mobilisation avec un retour à Marx qui permet de lier à lui directement le socialisme à la chinoise au fondateur théoricien sans avoir à passer par Lénine ou Staline qui quelques soient leurs immenses mérites n’ont pas pu préserver la Révolution russe de la corruption du parti et de la chute dans le capitalisme comme un nouveau féodalisme. Encore une hypothèse à vérifier, à approfondir… la Chine a gagné dans la querelle sino-soviétique ouverte par Khrouchtchev et avec elle la fin du « modèle ». Mais ce qu’en tirent les communistes russes est un enseignement sur le fait qu’il ne saurait y avoir pour la Russie de politique souveraine dans un monde dominé par l’impérialisme des Etats-Unis sans un parti communiste.

C’est aussi ce que l’on peut retirer du texte de Ziuganov adressé à POutine (traduit par Marianne et publié hier sur ce blog il est temps de neutraliser les provocateurs qui gravitent autour du Kremlin) et qu’il faut comprendre me semble-t-il comme une proposition d’alliance face aux traîtres qui fourmillent au Kremlin. IL n’y a pas que Lavrov de récupérable, Poutine peut choisir la défense de la souveraineté et s’appuyer sur le parti communiste, en commençant par jouer le jeu de l’élection.
On sait la manière dont les communistes russes, Ziuganov en tête sont intéressés par le parcours de la Chine, hier et aujourd’hui. Il me semble que rien de ce débat ne devrait être occulté, il concerne tous les communistes. (note de Danielle Bleitrach)
histoire et société



170e anniversaire du Manifeste du Parti communiste


china.org.cn 23. 02. 2018

Avec la publication en février 1848 de ce document rédigé par Karl Marx et Friedrich Engels, le marxisme est apparu « tel un éclair déchirant le ciel sombre », indique un article publié jeudi par l’agence d’information Xinhua.

Un commentaire publié le même jour dans le People’s Daily, le porte-voix du Parti communiste de Chine (PCC), compare le Manifeste du Parti communiste à une « aube glorieuse dans l’histoire spirituelle humaine » et un « foyer spirituel pour les communistes » .

Les communistes chinois d’aujourd’hui peuvent continuer à apprendre beaucoup et à s’inspirer du Manifeste du Parti communiste, souligne un article publié par Study Times, un journal dirigé par l’Ecole du Parti du Comité central du PCC.
Le Comité central de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise a publié un article sur son compte public WeChat intitulé Joyeux anniversaire Manifeste. Celui-ci a été lu par plus de 100 000 personnes et aimé par des milliers.

« Du Manifeste du Parti communiste au Léninisme, [et] de la Pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la Théorie de la triple représentation et la Perspective scientifique sur le développement à la Pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise pour une nouvelle ère, nous pouvons voir une trajectoire cohérente » , note Han Zhenfeng, le doyen de la Faculté du marxisme à l’Université Jiaotong de Beijing.

Même si la Chine a poursuivi sa propre voie dans la révolution et le développement socialiste, le marxisme a toujours été un guide, estime le professeur Chen Xianda de l’Université Renmin de Chine.
Le 31 décembre 2017, lors de l’allocution de Xi Jinping diffusée à la télévision et en ligne pour la nouvelle année, le Manifeste du Parti communiste était visible dans la bibliothèque du président, aux côtés d’autres classiques du communisme.
Au cours des 170 années qui ont suivi la publication de ce document, le monde a été témoin de l’émergence de la Chine, qui est passée d’un pays faible et peu développé à une nation prospère, détachée du modèle de développement occidental et ayant trouvé une voie plus adaptée vers la modernisation.
Le socialisme à la chinoise pour une nouvelle ère n’est pas seulement une cause pour la Chine, mais également une part remarquable du socialisme au XXIe siècle, estime Jiang Hui de l’Académie des sciences sociales de Chine (ASSC).
Cette année marque le 170e anniversaire du Manifeste du Parti communiste, ainsi que le 40e anniversaire du lancement de la dynamique de réforme et d’ouverture de la Chine socialiste.
Pour Fang Ning, le directeur de l’Institut de sciences politiques de l’ASSC, la Chine offre ainsi une référence à d’autres pays en développement qui s’efforcent de se moderniser, ainsi qu’aux pays développés perturbés par une situation difficile inhérente.
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Edité le 27-02-2018 à 07:52:56 par Xuan




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   Posté le 25-02-2018 à 12:34:50   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Marx toujours en vogue à Manchester 170 ans après la publication du "Manifeste du Parti communiste"


Par : french.china.org.cn Mis à jour le 25-02-2018

Comme de nombreux autres jours d'hiver en Grande-Bretagne, Manchester connaît ce jour-là une bruine verglaçante et parfois de fortes rafales de vent. Mais ça ne décourage nullement les visiteurs de la bibliothèque de Chetham, l'une des plus anciennes bibliothèques publiques du monde anglophone.
Le bâtiment en grès, construit en 1653, est devenu une attraction touristique grâce à sa collection de quelque 200.000 livres, manuscrits et archives. Mais ce qui impressionne le plus les visiteurs, c'est une table en chêne tachée dans une alcôve de la salle de lecture: la table de Karl Marx.
Fergus Wilde, un bibliothécaire de 56 ans, est probablement le visiteur le plus assidu de cette salle de lecture. Ayant travaillé dans la bibliothèque pendant vingt ans, il a pris l'habitude de s'asseoir à cette table presque tous les jours pour étudier la pensée de Marx.

"C'est un privilège quotidien" , dit M. Wilde. "Je me suis de plus en plus intéressé au fil des ans à l'histoire de Marx et sa pensée", confie-t-il à Xinhua à l'occasion du 170e anniversaire de la publication du "Manifeste du Parti communiste" , co-écrit avec Friedrich Engels.

"Je pense qu'il y a une 'renaissance' de l'intérêt public dans l'analyse de Marx non seulement en raison de son influence sur l'histoire, mais aussi des temps présents" , estime-t-il. Il observe que la critique sociale de Marx a connu ce renouveau à la suite de la crise financière mondiale de 2008, qui a été essentiellement déclenchée par la cupidité capitaliste et une résurgence du néolibéralisme.

"Notre économie a toujours connu des crises. Il a été démontré de façon convaincante au cours des 30 dernières années que l'écart entre les riches et les pauvres s'est accru, mais aussi entre les pays riches et les pays pauvres. Il fallait que certaines questions soient posées tôt ou tard" , selon Fergus Wilde.
"Même si vous considérez que le monde capitaliste a produit d'abondantes richesses, il faut se poser la question : ces richesses peuvent-elles être justifiées et partagées équitablement?" .

La bibliothèque de Chetham était l'endroit où Marx et son ami Engels se rencontraient et étudiaient fréquemment au cours de l'été 1845, un an après leur rencontre à Paris. Pendant cette période, Engels habitait à Manchester, travaillant pour la filature de coton de son père, alors que Marx, qui habitait à Londres, se rendait fréquemment dans cette ville du nord-ouest de l'Angleterre.

Les recherches qu'ils ont menées lors de leurs passages à la bibliothèque ont joué un rôle "crucial" dans la formation de leurs théories, débouchant sur "Le manifeste du Parti communiste", qui a été publié fin février 1848.

Cette bibliothèque a eu un "impact d'une importance disproportionnée" sur les travaux de Marx et Engels, assure M. Wilde, ajoutant que les deux philosophes allemands ont étudié les moyens de production capitalistes en utilisant l'entreprise familiale d'Engels comme cas d'étude. C'est à cette époque que Friedrich Engels a écrit son livre historique "La situation de la classe ouvrière en Angleterre en 1844" , paru l'année suivante en allemand.

Visiblement, la bibliothèque de Chetham a été une grande source d'inspiration pour ces deux amis.

Dans une lettre à Marx écrite plusieurs années plus tard, en 1870, Engels écrit: "Ces derniers jours, j'ai de nouveau passé beaucoup de temps assis à la table rectangulaire dans l'alcôve où nous nous sommes assis il y a vingt-quatre ans. J'aime beaucoup ce lieu. Le vitrail fait en sorte que le temps soit toujours beau par ici" .
Mis à part les vitraux, endommagés par une tempête à l'hiver 1875 et remplacés par du verre ordinaire, la table et l'alcôve sont demeurés presque inchangés.

Les livres originaux que Karl Marx lisait à l'époque peuvent encore être trouvés sur les étagères de la bibliothèque, tels que "L'état des pauvres" de Frederick Morten Eden et "Enquête sur les devoirs des hommes des classes supérieures et des classes moyennes de la société en Grande-Bretagne" de Thomas Gisborne, parus tous deux en 1795.
Les visiteurs, tous comme M. Wilde, peuvent s'asseoir à la table et réfléchir aux problèmes que les deux grands penseurs ont peut-être soulevés voici 170 ans.

Byron Tyrer est un guide bénévole à la bibliothèque après avoir pris sa retraite il y a six mois. "Nous vivons dans une époque particulière et l'intérêt pour l'analyse de Marx et pour cette bibliothèque croît" , assure-t-il en précisant que "certains visiteurs ont parcouru la moitié du monde pour venir ici".
Chloë Maria, une visiteuse française, s'est arrêtée devant la célèbre table pendant un certain temps, y feuilletant attentivement des exemplaires des livres lus par Marx et Engels.
"Rien que de les imaginer assis ici est juste incroyable" , confie-t-elle. "De toute évidence, il y a quelque chose qui ne va pas dans notre société et nous devons trouver des réponses" .


Edité le 25-02-2018 à 12:35:06 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 26-02-2018 à 09:01:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Qu'est-ce qu’ « abolir la propriété privée » et pourquoi?


En commémoration du 170ème anniversaire du Manifeste du Parti Communiste

Maison d'édition populaire www.ccpph.com.cn 2018-02-07 Source: China Theory Network

Le "Manifeste communiste" publié en 1848 est un document programmatique sur la théorie et la pratique, pour l’alliance des communistes, et c’est un symbole de la naissance du marxisme et du socialisme scientifique. Dans le «Manifeste communiste», Marx et Engels ont résumé la théorie communiste comme «abolition de la propriété privée». Alors, quel est le but de «l'abolition de la propriété privée» ? C'est une question urgente qui a besoin d'être clarifiée.

Le "Manifeste communiste" (ci-après dénommé le « Manifeste » ) a souligné que les principes théoriques des communistes ne sont nullement basés sur les idées et les principes de certains réformateurs. En même temps, l'abolition des relations de propriété préexistantes n'est pas spécifique au communisme. Le Manifeste soutient que toutes les relations de propriété ont subi des changements historiques fréquents. Par exemple, la révolution française a aboli la propriété féodale et l'a remplacée par la propriété bourgeoise. « Cependant, la propriété privée bourgeoise moderne […] est basée sur l'antagonisme de classe et sur l'exploitation des uns par les autres. » Ainsi, en ce sens, « les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée.» Le but de l'élimination de la propriété privée est évidemment d'éliminer les «antagonismes de classe» et «l'exploitation des uns par les autres». Mais spécifiquement, sa signification devrait être ceci:

Premièrement, l'abolition de la propriété privée n'a pas pour but de priver qui que ce soit du pouvoir de posséder des produits sociaux, mais de priver du pouvoir d'asservir le travail d'autrui.

« Le Manifeste » dit :
« On nous a reproché, à nous autres communistes, de vouloir abolir la propriété personnellement acquise, fruit du travail de l'individu, propriété que l'on déclare être la base de toute liberté, de toute activité, de toute indépendance individuelle.»
C'est en fait une calomnie contre les communistes. Cette propriété ne sera pas détruite par les communistes, car le bien du petit bourgeois du petit paysan a déjà été éliminé. Dans une société capitaliste, «le progrès de l'industrie l'a aboli et continue de l’abolir tous les jours» . De toute évidence, la bourgeoisie veut toujours déformer le sens du communisme abolir la propriété privée, en reprochant aux communistes d’essayer de détruire les biens personnels, de manière à isoler et attaquer les communistes. « Le Manifeste communiste » énonce clairement: «Nous ne voulons en aucune façon abolir cette appropriation personnelle des produits du travail » , parce que « cette appropriation ne laisse aucun profit net qui confère un pouvoir sur le travail d'autrui . Les communistes n'élimineront donc jamais les biens personnels appartenant à des individus, y compris le logement, et permettant le libre développement des personnes.

Les communistes veulent éliminer le pouvoir d'utiliser ces biens privés ou produits sociaux pour asservir les autres. Nous voyons que dans la société capitaliste, « celui qui n'a pas d'autre propriété que sa propre force de travail doit, quel que soit son statut social et culturel, l’aliéner pour accéder à d’autres conditions matérielles » . Le prolétariat ne peut travailler qu'avec la permission du possédant, et ainsi le prolétariat ne peut survivre qu'avec la permission de la bourgeoisie. De toute évidence, ce pouvoir, qui utilise les moyens de production pour asservir le prolétariat, doit-il être maintenu ? Ou bien les communistes doivent-ils l'éliminer ? Par conséquent, les communistes en tant que représentants des intérêts du mouvement prolétarien, «n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat. » Les communistes ont pour but l'éradication de l'oppression et de l'exploitation du prolétariat, la libération du prolétariat des chaînes de la propriété privée.

Deuxièmement, l'abolition de la propriété privée ne consiste pas à transformer la propriété personnelle en propriété sociale, mais à détruire la nature de classe du capital et les conditions de vie dans lesquelles les travailleurs ne vivent que pour l’accumulation du capital.

Le Manifeste a souligné que certains vont reprocher aux communistes de vouloir éliminer « la propriété privée bourgeoise ». En effet, les communistes devraient faire ainsi. La propriété privée capitaliste bourgeoise est le « capital », ou « l'exploitation du produit du travail salarié» qui «ne peut s'accroître qu'à la condition de produire encore et encore du travail salarié, afin de l'exploiter de nouveau » . De toute évidence, le capitaliste dépend de l'exploitation du travail des ouvriers, c'est-à-dire du travail salarié. En tant que produit collectif, le capital ne peut être démultiplié par un seul capitaliste, mais par les efforts conjugués de nombreux travailleurs.

Mais le travail salarié, le travail du prolétariat ne lui apporte aucune propriété, il n’est qu’un des instruments de l’accumulation du capital. « Le prix moyen du travail salarié, c'est le minimum du salaire, c'est-à-dire la somme des moyens de subsistance nécessaires pour maintenir en vie l'ouvrier en tant qu'ouvrier. Par conséquent, ce que l'ouvrier s'approprie par son labeur est tout juste suffisant pour reproduire sa vie ramenée à sa plus simple expression » . Sans parler de l'acquisition de biens personnels par de mauvais salaires.

Cependant puisque « le capital n'est donc pas une puissance personnelle; c'est une puissance sociale » . Alors les communistes doivent « transformer le capital en propriété commune appartenant à tous les membres de la société » , abolir « l'indépendance et l'individualité » du capital, détruire la nature de la classe bourgeoise de la propriété privée, supprimer ce « qui fait que l'ouvrier ne vit que pour accroître le capital, et ne vit qu'autant que l'exigent les intérêts de la classe dominante » .

Le « Manifeste » soutient que la seule façon « d'éliminer le système de propriété des biens séparée de l'écrasante majorité du peuple » , et d’éviter que «les travailleurs soient niés et que les ouvriers n'obtiennent rien» dans la société capitaliste, c’est que dans une société communiste « le travail salarié » se débarrasse du « capital » et de l'exploitation, de sorte que « le travail déjà accumulé ne soit qu’un moyen d’élargir d'enrichir et d’embellir l’existence des travailleurs» .

Troisièmement, le but de l'élimination de la propriété privée est d'éliminer l'exploitation, d'éliminer les antagonismes de classe et, éventuellement, d'établir une coalition de personnes libres.

Le « Manifeste » dit que l'abolition de la propriété privée est la condition de l'éradication de l'exploitation, et des conditions de l'exploitation, de la suppression des classes et des antagonismes de classe : éliminer le caractère individuel, l'indépendance et la liberté de la bourgeoisie, pour restaurer la personnalité individuelle, l'indépendance et la liberté. Il faut éliminer l'exploitation de l’homme par l’homme et éliminer ensuite l'exploitation ethnique des nations, c'est-à-dire détruire l'oppression du prolétariat par la bourgeoisie, et éliminer l'oppression de la bourgeoisie par le prolétariat en tant que classe. En résumé, l’abolition de la propriété privée par la révolution communiste signifie «réaliser la rupture la plus radicale avec les rapports de propriété privée capitaliste, » jeter les bases pour la réalisation du communisme, l’instauration d’une communauté de peuples libres. Les conditions « du libre développement de tous » .

Quatrièmement, l'élimination de la propriété privée, l'élimination de l'antagonisme de classe et l'élimination de l'exploitation ne sont pas accomplies d’un seul coup : c'est un processus historique à long terme.

Le Manifeste déclare que l’action commune du prolétariat, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation. Par conséquent, pour supprimer la propriété privée, pour éliminer l'antagonisme de classe, pour éliminer l'exploitation, « la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie » . Alors, « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante » , et en tant que classe dominante détruira par la violence les anciens rapports de production, éliminera les conditions d'existence des antagonismes de classe, et l’existence même de sa propre condition.

Mais nous savons que la révolution communiste ne se réalisera pas dans un court laps de temps, et seulement à un certain stade de développement économique, politique, social et culturel, résultant de tous les aspects d’un développement coordonné. Bien que le Parti communiste chinois ait établi un pouvoir d'Etat socialiste après une révolution démocratique, le stade primaire du socialisme n’a pas traversé l’épreuve de la société capitaliste. Au contraire, il doit passer par ces fourches caudines. Les communistes chinois vont à l'essence du socialisme qui est de « libérer et développer les forces productives, éliminer l'exploitation et la polarisation, et, finalement, parvenir à la prospérité commune, » sur la base de cette réalité. Quelle pourrait être sans «exploitation» préalable l'essence socialiste «d'élimination de l'exploitation» ?

Par conséquent, la nécessité d'éliminer l'exploitation n'est pas seulement le bon jugement des communistes chinois dans le cadre du développement socialiste, mais aussi la base pour les communistes chinois pour formuler leurs tâches actuelles. L'abolition des conditions d'exploitation existantes, c'est-à-dire l'éradication de la propriété privée, n'est pas seulement une théorie des communistes, mais aussi un commencement et une mission des communistes.


(Auteur: Yang Ning Cong, diplômé en 2015 de l’École des hautes études du Parti)


Edité le 27-02-2018 à 07:52:13 par Xuan




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