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 Revenir sur la classe ouvrière

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Xuan
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9351 messages postés
   Posté le 05-05-2014 à 19:50:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Gilbert Remond publie dans pcfbassin ce commentaire sur 'fakir' .

Cette démarche est complètement liée à la reconstruction du parti communiste, parti indépendant de la classe ouvrière.
Ce parti lui permettra d'occuper le devant de la scène mais il ne peut pas voir le jour si l'unité des marxistes-léninistes n'a pas pour objectif fondateur de rendre à la classe ouvrière son rôle dirigeant :



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Revenir sur la classe ouvrière


Gilbert Rémond

"Unir les communistes" y pensait fakir l'a fait , revenir sur la classe ouvrière dans le concret de ses conditions de vie et dans bien des cas maintenant de survie, apparaît plus que jamais nécessaire. Fakir cadre le problème en ramenant au devant de sa une, cette phrase de Lénine sur ce qui fait une situation pré-révolutionnaire. "Une situation pré-révolutionnaire éclate lorsque ceux d'en haut ne peuvent plus, ceux d'en bas ne veulent plus et ceux du milieu bascule avec ceux d'en bas". Le journal par ce procédé éditorial pose un diagnostique sur une situation dont nous sentons les prémisses avec les derniers résultats électoraux et le climat qui résulte de la politique gouvernementale imposée par la gauche.

"Quelque chose a bougé" est une phrase qui revient souvent et circule dans nos conversations. Par contre nous n'en trouvons pas l'expression dans la donne politique qui continue d'offrir le tableau d'un isolement superbe. Fakir en quelque traits nous en donne le compte avec une chronique qui décrit la répartition sur les listes électorales d'une ville. Il s'agit de celui d'une classe petite bourgeoise partout présentée aux fonctions représentatives. Avant-garde auto proclamée d'un corps électoral dont la sociologie vacille, elle signe avant tout son démembrement.

Badiou dans les années quatre vingt, Pialoux plus tard dans un ouvrage "retour sur la condition ouvrière", nous prévenaient. Les ouvriers disaient-ils, hégémoniques dans les conversations des années soixante sont devenus invisibles dans les années qui suivront. Comme le décrit le texte de présentation du numéro 65 de fakir tout en s’interrogeant, deux classes se sont tourné le dos, incapables de s'allier. L'une s'étant pris pour le nombril du monde et de la citoyenneté, l'autre partait sur la pointe des pieds sans que personne ne veuille s'en apercevoir. Aujourd'hui le divorce est prononcé. Ses conséquences dans les urnes se font tonitruantes.Elles se font sentir par un vide, une absence de bulletin qui laisse sans voie ceux qui se sont arrogé la représentation politique. Ces derniers se présente avec arrogance comme pour confirmer un jugement de Jean-Claude Milner porté il y a quelques années .
Dans un opuscule appelé "l'arrogance du présent" il affirmait que mai 68 et le gauchisme s'étant croisés dans une même séquence spatio-temporelle, la petite bourgeoisie avait été tout à son affaire, imposant in fine son langage. Il faisait alors le constat que "ni les banlieues, ni les pauvres, ni les syndicats, ni les ouvriers" à l'issue de cette période n'avaient su imposer leur tempo. S'écartant d'un consensus alors admis il prétendait au contraire: "que ce soit chez les amis de mai et chez les adversaires du gauchisme, le sempiternel grief résonne, modulé tantôt en gémissement tantôt en ricanement: "jamais, ils n'ont rejoint les ouvriers"! Ce sera le fait marquant de ces évènement. Ce fait signera en définitive leurs échec.

Nous vivons les temps qui bouclent cette séquence. À cette époque deux langages politiques faisaient l'accord dans la république, celui du jeu parlementaire et celui de la lutte des classes. Leur alliance et le jeux vivant des contradictions qu'ils faisaient surgir permettaient que s'interprète les représentations qui circulaient dans chacune de leurs sphères d'influence . Aujourd'hui registre le parlementaire a eu le dernier mot. Aussi le langage parlementaire ayant dominé toute la scène nous avons gagné le triste spectacle d'une lutte des classes envoyée à la niche. Leur radicale différence ne permet plus la production de thèses et de programme qui se complètent dans un jeu d'alliance face à la classe antagoniste.

Tout le monde y perd, car ainsi que l'écrit d'entré de jeux Milner "la petite bourgeoisie intellectuelle à ceci de particulier qu'elle se souhaite médiocre, spécialement quand elle a donné des preuves, une fois par hasard, qu'elle ne l'était pas. Cette préférence accordée aux représentations qui l'abaissent, cela fait partie de ses qualités essentielles"concluait-il. Sous l'effet du gauchisme qui en était finalement l'expression, le débat national après 68 s'est engouffré dans cette médiocrité théorique qui nous à fait perde de vu les enjeux essentiels et la réalité d'une lutte des classes qui dorénavant travaillent tous les domaines de la société par en dessous. Elle peut le faire en toute tranquillité pour aboutir dans une ultime conséquence au pacte de responsabilité et à la redéfinition d'une nouvelle majorité. Nous en connaissons les contours: celle de l'union nationale autour des intérêts du grand capital! Et en effet cette nouvelle avant-garde se fout bien qu'un bastion prolétaire puisse s'écrouler! Ses revendications et ses intérêts sont ailleurs. Il se donnent a entendre dans une autre homogénéité qui se structure exclusivement dans les revendications sociétales. Sauf qu'arrive un moment où le capital refuse de les financer pour ceux qu'il a, depuis, désigné sous l'item " assistés".

Du coup il devient crucial de revenir sur cette séquence, sur ses sous tendus théoriques et sociologiques. Il devient urgent d'ouvrir des espaces ou les termes de la contradiction parlementarisme/ luttes des classe retrouvent leur marques. Cela passe en particulier par un retour sur le terrain et une prise de parole par les intéressés, par ceux qui sont le sel et la terre de cette histoire, celle de notre monde soumis a la lutte des classes.
La lecture de ce numéro de Fakir devrait nous aider à ouvrir plusieurs dossiers qui s’articulent les un aux autre dans un rapport dialectique. Mais avant tout il faut rendre visible ceux qui constituent le noyau rassembleur, les ouvriers aux prises avec la contradiction capital/travail donc aussi parler des enjeux industriels, de politique industrielle sous le contrôle de la classe qui en est le cœur.


Gilbert Rémond


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Extrait de "Et toi petit-bourgeois, tu sers à quoi ?" (édition papier - voir le site : http://www.fakirpresse.info/)


Un coup d’œil à la mairie d’Amiens suffit à le confirmer : sur les quarante-trois conseillers « de gauche », dix appartiennent à l’Éducation nationale (« professeur des universites », « proviseur », « enseignante-chercheure », etc.), à peu près autant à d’autres services publics (« ingénieur territorial », « ingénieur d’études », « cadre de la fonction publique »), les permanents de la politique ont leur quota (« attaché de groupe », « chargée de mission », « assistante de mission »), le monde associatif n’est pas oublié (« cadre associatif » à deux reprises –, « éducatrice spécialisée »), les artistes non plus (« plasticien », « conseillère artistique »), et une fois listé les « journalistes » (deux), les « avocats » (deux), il reste quelques strapontins pour les catégories majoritaires dans la ville réelle : un « infirmier », un « électricien », une « employée de la sécurité sociale », une « employée » tout court, et c’est tout. Il y a là une extraordinaire homogénéité, une formidable domination. Du coup, de quel projet une telle municipalité se flatte-t-elle, dressant son bilan ? Du « transfert des facultés de sciences humaines depuis le campus vers la Citadelle »...

Mais quand la première boîte de la région ferme à côté de chez soi, c’est une sacrée secousse, non ? Quand 1 173 gars du coin se retrouvent sur le carreau, ça doit tonner et tanguer chez les élus, pas vrai ? Quand un bastion prolétaire s’écroule, le fer de lance des luttes dans le coin, ça fait vibrer et chialer les militants ?

Eh bien non. On s’en fout.
La vie continue comme avant.
Alors, on revient sur le cas Goodyear à Amiens : que s’est-il passé ?
Et surtout : que ne s’est-il pas passé ? Pourquoi cette apathie ?
Parce que, même à l’échelle d’une ville, deux classes se sont tournées le dos, incapables de s’allier. Un peu à l’image du pays…
Dans son numéro 65, Fakir se penche sur le divorce entre « les deux cœurs sociologiques de la gauche » : « Prolos, intellos, qu’est-ce qui coince ? » Pourquoi la petite bourgeoisie culturelle tient-elle les leviers de tous les pouvoirs, se détournant de préoccupations populaires ?

Fakir n° 65, en kiosques le 30 avril, au prix de 3 €.
Mais pourquoi, également, la classe ouvrière – et ses représentants syndicaux – se replie-t-elle sur elle-même, incapable de porter un message plus universel ?


Suite à ce dossier, enfin, une exclusivité : Antonio Gramsci nous a accordé un entretien, en direct de sa prison. Il nous avait envoyé un tas de petits cahiers : comme on lui a confié avec franchise, « Monsieur Gramsci, on n’a rien compris. » Du coup, l’intellectuel italien nous explique sa pensée. Ca peut nous servir.

« Une situation pré-révolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus et ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas » , écrivait le camarade Lénine.

À nous de basculer, et de faire basculer…
Et comme ça, à la fin, c’est nous qu’on va gagner !
Parce que sans vous on ne peut rien, et qu'on est complètement indépendant, n'oubliez pas de vous abonner !

Et pour commander le dernier numéro, c'est par ici !


Edité le 05-05-2014 à 23:24:02 par Xuan




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