| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 13-08-2012 à 01:12:56
| Libération commente la décision du Conseil Constitutionnel sur le TSCG «Le Conseil a déminé le traité européen» : Le « Conseil constitutionnel a estimé que la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) européen - et sa «règle dor» déquilibre budgétaire - ne nécessite pas une réforme de la Constitution mais une simple loi organique » . Cette petite astuce sémantique aboutit à appliquer les règles du traité en question tout en respectant formellement les engagements du PS. On a compris que cet enfumage ne change rien à lorientation initiale prise par Sarkozy, même si ses godillots continuent de brailler à la trahison : «Il y a un an, la précédente majorité avait fait le choix courageux dune discipline budgétaire garantie par la Constitution. Le nouveau président et sa majorité préfèrent lapparence de la discipline. Entre leurs mains, la règle dor va se transformer en règle molle» [Gilles Carrez, président (UMP) de la commission des finances à lAssemblée nationale] Libé sinquiète de la perte de souveraineté : « A coté de ce non fédéraliste, il y a le non souverainiste de ceux qui, à gauche comme à droite, considèrent que le traité entérine une perte de souveraineté de la France au profit de la technocratie européenne. » On appréciera le procédé éculé du journaliste pour nous dissimuler les faits en appelant « technocratie européenne » les monopoles et les banques franco-allemands. Ainsi désignés, les exploiteurs capitalistes franco-allemands deviennent des extranationaux en provenance de la planète Europe, et de simples fonctionnaires chargés dappliquer des règles techniques qui nous dépasseraient. Puis Libé semploie à minimiser les conséquences de cette ratification en faisant monter au créneau un « spécialiste du Droit constitutionnel » : « Cest une décision qui nest pas politique. Le Conseil a fait une lecture astucieuse et très fine du traité. Lenjeu majeur ici était de savoir si ce texte porte atteinte à la souveraineté de la France. Or, daprès les «sages», ce nest pas le cas. Ils ont considéré quil ne provoquait pas de nouveaux transferts de compétences. Tous les articles du traité ont été scrupuleusement étudiés et, pour chacun, le Conseil estime que le dernier mot revient, quoiquil arrive, au pouvoir national et non européen. »[
] « la Cour de justice européenne nest pas plus compétente que les autorités françaises pour imposer ces sanctions. Il [le Conseil constitutionnel] indique explicitement que les mesures de redressement [en cas de déficit excessif] seront prises par le Parlement français. »[
] « Il faut dire que le texte du traité européen nest pas dune clarté limpide. Le Conseil la donc analysé et interprété dans le sens le plus favorable à la France. »
Pas besoin dêtre « spécialiste du Droit constitutionnel » pour comprendre le message : Les grecs, les espagnols, les italiens eux, doivent se plier au diktat franco-allemand et toutes leurs élections ou référendums ne sont que des chiffons de papier. Tandis que nous français, qui sommes du côté du manche, nous navons rien à craindre. En effet, les principaux actionnaires des monopoles, des banques et des assurances françaises nont rien à craindre du diktat imposé par eux-mêmes aux peuples dEurope, par le biais du « Mécanisme Européen de Solidarité » ou du « traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » , qui sont conçus pour garantir leurs dividendes dans les pires situations dendettement imaginables. Et c'est bien à eux, aux rentiers bourgeois et aux bobos de son lectorat que s'adresse Libé. Cependant on a vu avec la dette espagnole ( La quadrature du cercle en Espagne ), que ce montage financier nétait pas insubmersible et les lois de la crise de surproduction capitaliste ont déjà piétiné plus d'un « mécanisme » et plus dun « traité ». Mais avant tout, les intérêts de notre peuple et des autres peuples européens sont fondamentalement opposés à ceux des capitalistes, et lexploitation des peuples de Grèce, dEspagne et dItalie a la même origine que la notre. Dès à présent nous devons dénoncer cette atteinte aux droits des peuples dEurope, qui accroît loppression des financiers sur leur dos. Pour cette même raison, la croisade contre la « perte de souveraineté de la France » nest pas notre combat . Ce mot dordre démagogique prétend associer dans la lutte contre un ennemi « étranger » des intérêts de classe irréconciliables, alors même que les plus grands exploiteurs de notre pays et leur Etat sont les inspirateurs et les bénéficiaires de ces traités doppression. Gravées ou nom dans le marbre de la Constitution, les règles de la bourgeoisie ont pour destin la poubelle et loubli dès lors que les masses se soulèvent pour les briser.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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