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 la lutte des classes en Egypte

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Xuan
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   Posté le 19-02-2011 à 00:30:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'insurrection en Egypte parvient apparemment à un tournant, où la révolte des masses populaires pourrait rencontrer l'opposition formelle de la bourgeoisie nationale.

Ci-dessous une extrait de egiptebarricada sur les grèves en Egypte :

Grèves en Egypte :

Tarek Amer, président de la banque d’État National Bank of Egypt, la principale banque commerciale du pays, a été contraint de démissionner dimanche après que 2000 employés en colère l’aient empêché d’atteindre son bureau. Le nombre d’employés mobilisés n’a cessé de croître tout au long de la journée. Un peu plus loin, même scène devant la Bank Misr, second établissement du pays. En tête des revendications : la démission des membres du conseil d’administration. «Ils ont embauché la nièce de l’ancien Premier ministre Nazif comme conseiller média auprès du président. Elle gagne 200'000 livres par mois [env. 25'000 euros]. Elle est dentiste. Qu’est-ce qu’un dentiste peut conseiller dans une banque ?» interroge un directeur de succursale parmi les manifestants (Ahram Online). Du coup, les bureaux de la Banque centrale d’Égypte sont restés fermés. Tout comme la Bourse. La télévision a annoncé que la Banque centrale resterait fermée jusqu’à jeudi à cause des grèves dans le secteur bancaire.

Au Caire, des milliers de fonctionnaires se sont mis en grève et ont manifesté à plusieurs reprises, tandis que les grèves se poursuivent ailleurs, notamment chez les dockers de Suez (où le gouverneur de la ville est en fuite) et de Port Saïd.

Les employés du ministère de l’Éducation, de même que ceux de l’Autorité des services vétérinaires, sont en grève et demandent la démission de leur directeur ainsi que des augmentations de salaires.

Le personnel du ministère du Travail a également protesté pour exiger le départ de la ministre Aïcha Abdel Hadi, membre du parti de Moubarak, tandis que les fonctionnaires de l’Organisation gouvernementale de la Jeunesse et des Sports manifestaient sur la place Tahrir.

Des centaines de conducteurs d’ambulances se sont également rassemblés sur l’autre rive du Nil avec des revendications similaires. Les archéologues et les journalistes étaient aussi dans la rue, dans des manifestations séparées. La différence de salaires entre la direction et les employés est l’un des principaux thèmes soulevés par les grévistes. Les travailleurs demandent en outre une couverture médicale et leur titularisation.

Au Caire, plusieurs centaines de travailleurs ont manifesté devant la Fédération des travailleurs égyptiens, syndicat vertical contrôlé par l’État, pour exiger la démission de son président Hussein Megawer, très impopulaire, ainsi que les membres de son conseil d’administration, accusés de complicité avec le régime de Moubarak et de corruption.

Les travailleurs de l’industrie touristique ont organisé lundi une manifestation devant l’entrée de la Grande Pyramide. Environ 150 salariés (dont beaucoup de guides) se sont rassemblés sur le plateau de Gizeh, en dehors du Caire, pour exiger des augmentations de salaires et aussi pour appeler les touristes à revenir en Égypte.

Un mouvement de grève affecte aussi la compagnie aérienne nationale EgyptAir, qui a programmé seulement 31 vols internationaux et 12 dessertes intérieures ce lundi, contre au total 145 liaisons quotidiennes. L’agence officielle Mena a fait état de manifestations dans d’autres villes, dont Assouan (sud) et Alexandrie (nord).

Les travailleurs chargés du nettoyage d’un tunnel routier très important du Caire ont dressé des barricades à l’entrée et réclament comme partout, des augmentations de salaire, des contrats en fixe (certains ont des contrats temporaires depuis onze ans), une assurance-maladie.

La direction de la Arafa Holding, le plus grand exportateur de vêtements d’Égypte, a décidé de fermer ses usines de Ramadan City jusqu’au 17 février en raison de la grève de ses usines situées à la périphérie du Caire regroupant 6000 travailleurs.

À Alexandrie, deuxième ville du pays, des milliers de travailleurs du secteur bancaire, des hôpitaux, des magasins d’État et de l’industrie étaient en grève pour la troisième journée consécutive.

À Kerdassa, au sud de la capitale, plus de 5.000 ouvriers d’une grande entreprise textile ont entamé un sit-in pour réclamer de meilleures conditions de travail et réclamer des contrats permanents et non plus provisoires.

À Assiout plusieurs entreprises, cimenterie (4000 travailleurs de l’Assiut Cement Company), chimie (2000 de l’Assiut Fertilizer Factory) ont organisé des sit-in et sont en grève pour des salaires plus élevés et des contrats fixes.

Pétrochimie, textile, aluminium, raffinage du sucre, postiers… les mouvements de lutte et de grève se poursuivent depuis maintenant trois jours… ce qui n’est pas vraiment ce que la junte militaire au pouvoir peut accepter longtemps

L'opposition formelle de l'armée :

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Égypte, a critiqué lundi ces grèves. Dans un «communiqué numéro 5» diffusé par la télévision publique, les militaires soulignent que «les nobles Égyptiens voient que ces grèves, dans cette période délicate, produisent des résultats négatifs» . L’armée «appelle les citoyens, les organisations professionnelles et les syndicats à jouer pleinement leur rôle». «À présent, tous les citoyens doivent conjuguer leurs efforts pour garantir la sécurité de la patrie», a indiqué l’armée.

Selon les militaires, les grèves et les actions de protestation dégénèrent souvent en désordres qui portent atteinte à la sécurité nationale et privent les autorités de la capacité d’approvisionner les citoyens en biens de première nécessité.

«Le Conseil suprême des forces armées appelle les citoyens et les syndicats à assumer leur rôle, chacun à sa place. Nous espérons que tout le monde participera à la création d’un climat propice à la gestion des affaires du pays jusqu’à ce qu’elle soit remise au pouvoir civil, élu par le peuple» , dit la déclaration.

L’armée a prévenu que les actions de protestation entravent la vie quotidienne des Égyptiens et «portent atteinte à l’économie nationale» .


Cet extrait figure aussi sur jura libertaire, avec un article sur la constitution d'un syndicat indépendant par les ouvriers du textile à Mahalla :




Les luttes sociales continuent pendant que l’armée dissout le Parlement

Deux jours après la chute du régime, il y a des signes qui montrent clairement que la route sera longue et difficile. Un grand nombre de mouvements de lutte de travailleurs, qui ont été essentiels au moment de faire tomber le dictateur, sont en cours. Particulièrement importants pour leurs positions stratégiques semblent être ceux touchant le pétrole et le gaz. Les travailleurs des entreprises pétrolières publiques sont actuellement devant le ministère du Pétrole à Nasr City, et exigent l’amélioration des conditions de travail et l’arrêt de la vente de gaz à Israël. Un grand rassemblement s’est déroulé hier, aussi, devant le centre de communications Ramsès, au Caire et il y a eu d’autres manifestations dans plusieurs usines. Il y eu aussi des protestations de la police pour l’augmentation des salaires et exigeant même que soit jugé l’ancien ministre Habib el Adly, qu’ils rendent responsable de toute la répression.

Pour sa part, l’armée a dissous le Parlement, en assurant qu’elle se maintiendra au pouvoir jusqu’à la tenue des élections, dans une période qui pourrait durer environ 6 mois. Cela ne semble pas satisfaire les principaux défenseurs du noyau de la révolution, qui demandent également l’abrogation de l’état d’urgence. Hier, la police militaire a forcé l’ouverture de la place à la circulation et a démantelé le camp, contre l’avis des personnes présentes. Quoi qu’il en soit il y a beaucoup de mouvement politique sur la place.


Bataille à la Fédération générale des syndicats d’Égypte

Une centaine de manifestants, membres des trois seuls syndicats libres à ce jour dans le pays, a tenté hier manifester au siège de la Fédération générale des syndicats d’Égypte, la «branche ouvrière» du syndicat vertical du régime. Les manifestants demandaient la liberté d’association syndicale et l’éviction du président de la fédération, le pro-Moubarak Hussein Megawer . Ils ont essayé de pénétrer dans le bâtiment, où ils se sont heurtés à un groupe de gros bras qui les ont attaqués, causant des dégâts matériels et plusieurs blessés. Cet incident intervient dans une atmosphère remplie d’exigences de salariés qui ne cessent pas.

En fait des représentants de la «Jeunesse de la Révolution», un ensemble regroupant des révolutionnaires de la place Tahrir, ont rencontré dimanche les chefs de l’armée. Le groupe reconnaît que des progrès ont été réalisés, mais demande instamment l’adoption de 12 points jugés essentiels. Parmi ceux-ci, le plus important serait la cession d’urgence, dans les 30 jours, du pouvoir à un gouvernement civil technocrate qui ait une plus grande légitimité. Ils mettent en avant également la libération de tous les prisonniers et la fin de l’état d’urgence qui régit le pays depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir. Ils assurent que l’application de ces demandes calmera momentanément la situation dans le pays et surtout l’agitation dans le monde du travail.



Edité le 19-02-2011 à 00:42:11 par Xuan




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   Posté le 23-02-2011 à 00:32:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A lire sur le site de Michel Collon :

Entretien avec Mohamed Hassan : Où va l’Egypte ? Où va le monde arabe ?

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   Posté le 16-07-2012 à 11:17:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Hillary Clinton accueillie par des jets de tomates et de chaussures


Selon video tf1 mais la vidéo n'est plus visible ...

Des manifestants ont lancé des projectiles dimanche sur le convoi de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, en visite à Alexandrie dans le nord de l'Egypte.

Ils ont lancé des tomates, des chaussures et des bouteilles d'eau. L'arrivée d'Hillary Clinton, à Alexandrie, dimanche, sous protection policière, à été pour le moins mouvementée. Les manifestants scandaient en outre "Monica, Monica", en référence au scandale sexuel Monica Lewinsky qui avait éclaboussé à la fin des années 90 son mari Bill Clinton quand il était président des Etats-Unis.

La manifestation semble être liée à des soupçons en Egypte sur une aide apportée par les Etats-Unis aux Frères musulmans pour remporter les élections dans le pays dans la foulée de la chute du président Hosni Moubarak en 2011 après 18 jours de manifestations. "Je veux être claire sur le fait que les Etats-Unis ne sont pas impliqués, en Egypte, dans le choix de gagnants ou de perdants, même si nous le pouvions, ce que, bien sûr, nous ne pouvons pas", a indiqué Hillary Clinton dans un discours au consulat. Le consulat avait été fermé en 1993 pour des raisons budgétaires mais a été rouvert pour accompagner l'économie égyptienne dans cet important port méditerranéen.


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   Posté le 16-07-2012 à 13:26:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Trois questions à Samir Amin sur la situation politique en Egypte
après les élections présidentielles des 16 et 17 juin 2012


lundi 16 juillet 2012

Samir Amin, économiste marxiste franco-égyptien, est depuis de longues années étroitement lié aux mouvements de luttes dans le tiers-monde. Il est également président du Forum mondial des alternatives.
Les réflexions développées par Samir Amin dans ce nouvel échange s’appuient sur un article à paraître dans la revue Recherches internationales (automne 2012) intitulé « Les victoires électorales de l’islam politique en Egypte » .


Mdl : Les 16 et 17 juin se tenait le second tour des élections présidentielles en Egypte. Le 1er juillet, le nouveau président Mohamed Morsi – candidat des Frères musulmans – a officiellement pris ses fonctions sous la surveillance du Conseil suprême des forces armées (CSFA). Quelle analyse faites-vous de la séquence électorale qui vient de se dérouler dans le plus grand des pays arabes ?

SA : Tout d’abord, il faut revenir à la situation au soir du premier tour de ces élections et rappeler que les deux candidats de la Révolution représentaient ensemble 50 % des voix ! Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, 25 % et Ahmad Chafiq (dernier premier ministre du déchu Hosni Moubarak), environ la même chose (24%).
Ces élections ont été marquées par une fraude massive organisée au grand jour. Quel en était l’objectif ? Il fallait absolument empêcher le candidat de gauche Hamdeen Sabbahi d’être au second tour. Malheureusement, cela a fonctionné puisqu’il a terminé troisième…
Les Frères musulmans ont notamment distribué massivement des « cartons » remplis de viande, d’huile et de sucre aux électeurs qui s’engageaient à voter pour eux !
Morsi était inconnu dans le pays. Il a passé 16 ans dans les universités étasuniennes. Mais, une chose est claire. Les Frères ont surestimé leur victoire. Pendant les six mois de transition qui ont fait suite à la chute de Hosni Moubarak, ils n’ont pas parlé des questions sociales, des salaires, etc. Seulement du droit religieux. C’est une lourde faute qui leur coûtera dans le futur. En effet, les revendications populaires sont clairement sociales et démocratiques : organisation libre des travailleurs, droits des femmes, élections associées au progrès social (salaires, santé, éducation). On peut également ajouter une autre exigence : le respect de la dignité nationale qui passe par l’indépendance de l’Egypte vis-à-vis des Etats-Unis et des pays du Golfe.
Après ce second tour, nous vivons une situation curieuse. Nous avons un président, certes. Mais de quoi ? Il n’y a toujours pas de Constitution. Quant au Parlement, l’armée le dissout il y a quelques semaines, Mohamed Morsi annule la dissolution le 8 juillet, et le maréchal Hussein Tantaoui prépare d’ores et déjà la réplique de l’armée. Première étape : La Haute Cour constitutionnelle annule l’application du décret présidentiel ! Pour le moment, une seule conclusion d’impose : le bras de fer entre les Frères musulmans et le commandement de l’armée est loin d’être terminé.
Les militaires vont certainement laisser pourrir la situation pour montrer que le président ne change en rien la situation du pays. Et dans un an, ils réorganiseront de nouvelles élections présidentielles et législatives avec une nouvelle Constitution.
Leur stratégie peut être résumée de la manière suivante : « voyez, c’est eux ou nous ».
Et à court terme, ce n’est pas totalement faux.

Mdl : Que représente aujourd’hui le mouvement de la Place Tahir dans ces conditions ?

SA : On l’estime à 5 millions de personnes. Mais ce sont elles qui ont réussi à en mobiliser 15 millions en 2011. Et personne d’autre. C’est là sa force. En terme électoral, cela représente environ un tiers des votants. Le processus électoral ne suffira pas à donner à ce mouvement toute sa place dans la société. Il doit exister sur le terrain du mouvement social.
Cela est d’autant plus important qu’une partie de la population se désespère alors que l’économie de survie égyptienne s’essouffle avec le tarissement du tourisme.
La question de la politisation de la société est déterminante. Tout se passe comme si l’objectif final de la « révolution » avait été d’obtenir rapidement des élections. Comme si la source exclusive de légitimité du pouvoir résidait dans les urnes. Mais il y a pourtant une autre légitimité, supérieure - celle de la poursuite des luttes pour le progrès social et la démocratisation authentique des sociétés - ! Ces deux légitimités sont appelées à des confrontations sérieuses à venir. On le voit déjà se dessiner clairement en Egypte.
Il est donc encore bien trop tôt pour dire si les « révolutions » arabes seront capables de réaliser les objectifs qu’elles se sont données, ou si elles se solderont par l’échec.

Mdl : La société égyptienne est-elle dépolitisée ?

SA : La dépolitisation a été décisive dans la montée en scène de l’islam politique. Cette dépolitisation n’est certainement pas spécifique à l’Egypte nassérienne, puis post nassérienne.
Elle a été la pratique dominante dans toutes les expériences nationales populaires du premier éveil du Sud, et même dans celles des socialismes historiques après la première phase de communisme : la suppression de la pratique démocratique (que je ne réduis pas à la tenue d’élections pluripartites), c’est-à-dire du respect de la diversité des opinions et des propositions politiques, et de leur organisation éventuelle. La politisation exige la démocratie. Et la démocratie n’existe que lorsque la liberté est donnée aux « adversaires ». Dans tous les cas, sa suppression, à l’origine donc de la dépolitisation, est responsable du désastre ultérieur. Que celui-ci prenne la forme de retours aux passéismes (religieux ou autres). Ou qu’il prenne celle de l’adhésion au « consumérisme » et au faux individualisme proposé par les médias occidentaux, comme ce fut le cas au sein des peuples de l’Europe orientale et de l’ex –URSS. Comme c’est le cas ailleurs également, non pas seulement au sein des classes moyennes (bénéficiaires éventuels du développement ), mais également au sein des classes populaires qui, faute d’alternative, aspirent à en bénéficier. Et ce, même à une toute petite échelle (ce qui est évidemment parfaitement compréhensible et légitime).
Dans le cas des sociétés musulmanes, cette dépolitisation revêt la forme principale du « retour » (apparent) de l’islam. L’articulation associant le pouvoir de l’islam politique réactionnaire, la soumission compradore et la paupérisation par l’ « informalisation » de l’économie de bazar (le « lumpen développement » ) n’est pas spécifique à l’Egypte. Elle caractérise déjà la plupart des sociétés arabes et musulmanes, jusqu’au Pakistan et au-delà.
Cette même articulation opère en Iran. Le triomphe de cette économie de bazar avait été signalé dès le départ comme le résultat majeur de la « révolution khomeyniste ». Cette même articulation pouvoir islamique/économie de marché de bazar a dévasté la Somalie, désormais effacée de la carte des nations existantes.
Toutefois, puisque vous me posez la question, je pense que non, la société égyptienne n’est pas dépolitisée. Au contraire, et il s’agit là d’un acquis de 2011, la conscientisation se développe fortement dans ce pays. Il suffit de s’y promener pour se rendre compte que tout le monde parle de politique en Egypte !
Quelque chose de puissant et de durable s’est déclenchée.

Propos recueillis par Christophe Ventura le 11/07/2012
Transmis par Linsay

Sources :
rouge midi
J. Tourtaux

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   Posté le 17-07-2012 à 13:50:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cet article - émanant de l'agence de presse iranienne - nous permet de comprendre davantage la nature des transformations en cours dans cette région du monde et, ici en particulier, quelques aspects de la position de l'Egypte par rapport à l'impérialisme occidental.

L'Egypte choisit d’ignorer les sanctions de l'UE sur le pétrole brut iranien


Téhéran.Irna. 16 Juillet 2012.

Le gouvernement égyptien en choisissant d’ignorer les sanctions de l'Union européenne imposées unilatéralement contre la République Islamique d'Iran continue le transit de pétrole brut de l'Iran de son sol.

L'Egypte n'envisage apparemment pas un programme d’arrêt du transport du pétrole brut de l'Iran par l'intermédiaire du canal de Suez ou par le biais des pipelines traversant son territoire.

Un responsable égyptien du secteur énergétique a annoncé que les sanctions de l'UE imposées à l'Iran ne sont pas liés à l'Egypte soulignant leur incompréhension face aux dispositifs des pays membres de l’Union Européenne.

Le pétrole brut de l'Iran comme celui d'autres pays transitent par l'Egypte en fonction de contrats spécifiques signés entre les deux pays.

Le pétrole brut iranien transite par le biais de l'entreprise Sume qui relie le canal de Suez à la mer Méditerranée.

La Turquie, un des plus grands consommateurs de pétrole brut de l'Iran, a reçu plus de 160.000 barils par jour de pétrole brut iranien en mai par le biais du canal de Suez en Égypte


Sources :
agence de presse de la république islamique (Iran)
J. Tourtaux

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   Posté le 06-01-2013 à 20:43:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur solidaritéinternational-pcf :


Les communistes égyptiens dénoncent la nouvelle constitution qui ouvre la voie à l'instauration d'une « dictature fasciste religieuse »



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Le 22 décembre dernier, le peuple égyptien a été appelé aux urnes pour ratifier le projet de constitution proposé par le pouvoir islamiste. Un projet qui a divisé le pays, faisant naître un mouvement d'opposition de masse dans la société égyptienne. Au-delà des fausses oppositions « libérales » montées par les médias occidentaux, que pensent les communistes de ce projet ?


Le Parti communiste d'Egypte (PCE) a dénoncé dans deux communiqués, publiés l'un avant l'autre après le plébiscite, la Constitution imposée par le président égyptien Mohammed Morsi.


Avant le référendum, il mettait en garde contre un projet qui constituait une « offensive contre les droits des ouvriers, des paysans et des couches laborieuses dans les seuls intérêts du capital » , ne garantissant « ni le droit des femmes ni celui des enfants, le droit à l'éducation, à la santé, au logement, tout en ne pénalisant pas les discriminations religieuses » , et conférant au chef de l’État des « pouvoirs absolus » qui en font un « dictateur constitutionnel » en même temps qu'elle « permet la saisie de journaux et l'emprisonnement de journalistes » , ouvrant ainsi « la porte à l'instauration d'un État fasciste religieux qui transforme des fanatiques criminels en gardien des valeurs collectives » .


Dans ce communiqué publié avant le référendum, le PCE appelait donc à son rejet et à la poursuite de la lutte pour défendre les aspirations populaires et contre les intimidations et la violence déchaînée par les Frères musulmans.


La nouvelle Constitution égyptienne a été approuvée par 63,8% des électeurs dans un référendum qui se tenait le 22 décembre, dans un scrutin marqué par un faible taux de participation, un boycott massif, des accusations de fraude et surtout par de violents affrontements avec les autorités conduisant à la mort d'au moins 17 personnes.


Les manifestations et contre-manifestants entre partisans et contestataires de Morsi ont précédé la consultation, accompagnées de la montée de voix divergentes au sein du gouvernement, de tentatives de confiscation du pouvoir de la part de Morsi et enfin de conflit ouvert entre pouvoir politique et juridique.


Après le référendum, le PCE a souligné que « ce résultat incroyable n'était pas une surprise » , dénonçant les fraudes massives visant à « trahir la volonté des masses » , de la part de groupes « qui veulent confisquer la nation et la révolution et ramener, au nom de la religion, l’Égypte dans un état d'obscurantisme » .


Les communistes ont lancé enfin un message de vigilance et de combativité : « Notre parti est vigilant face à ces violations de la loi qui constitue également une violation de la volonté de notre peuple. Il rejette cette Constitution et appelle à la poursuite de la révolution jusqu'à la victoire » .


Source : Avante, organe du Parti communiste portugais (traduction aménagée et complétée)

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   Posté le 06-07-2013 à 20:23:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

source

Pour le Parti communiste égyptien, la révolution continue après la chute de Morsi


Le triomphe de la révolution du grand peuple égyptien



Communiqué du Parti communiste égyptien


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Notre parti salue les masses du peuple égyptien, héroïque dans sa grande victoire sur les forces de la tyrannie, arriérées et communautaristes .


Notre peuple a tourné, aujourd'hui, une page sombre de son histoire , rouvrant la voie vers la réalisation des objectifs de sa grande révolution : démocratie réelle, dignité humaine, justice sociale et une société civile moderne, ouverte et populaire. Nous avons déposé un président qui n'a pas tenu ses promesses, bradé les intérêts de la patrie et de notre peuple. Le peuple a donc repris sa lutte et sa révolution , commencée le 15 janvier 2011, pour qu'elle prenne une forme plus en adéquation avec ses aspirations, espoirs et sa nature de grand peuple civilisé.


Cette victoire n'aurait pas été possible sans une résolution de fer, une persévérance et le rassemblement inédit de dizaines de millions de personnes pendant plusieurs jours consécutifs , construit par les masses de ce peuple insoumis.


Nos vaillantes forces armées ont réaffirmé leur dévouement profond, leur loyauté absolue à notre peuple et son droit à vivre une vie dans la dignité et la liberté, elles ont donc répondu à sa demande, sont entrées dans la lutte révolutionnaire, et se sont placées comme un bouclier protecteur, une force pour réaliser ses exigences et objectifs.


Les efforts magnifiques de la jeunesse égyptienne ont relancé la révolution – par leur imagination débordante, leur conscience aiguë et leur maturité d'analyse – ont redonné un élan à la révolution, récupérée par les forces obscurantistes. La pétition « Rebellion » a inspiré les masses, et a redonné un élan à leur action, une nouvelle vigueur énorme au mouvement.


A été annoncée une nouvelle feuille de route sur laquelle toutes les forces politiques, la jeunesse révolutionnaires, les forces armées, les responsables des principales institutions religieuses en Egypte, le cheikh Al-Azhar et le pape de l'Eglise St-Marc, reflétant un consensus national, et non des idées étrangères à la nature, aux traditions et à l'identité de notre grande nation.


La future feuille de route a ouvert grand la porte d'un changement de cap dans la révolution , vers la rédaction d'une constitution démocratique répondant aux aspirations de notre peuple, et à la formation d'un gouvernement national technique pendant la phase de transition.


Notre parti lance un appel pour que la priorité absolue soit donnée à la réalisation des revendications des classes laborieuses , à leur droit à vivre dans la dignité et la sécurité.


Notre parti demande également que Morsi soit porté devant la justice, lui et les piliers de sa clique et de leurs alliés terroristes, impliqués dans la politique de terreur exercée contre le peuple égyptien.


Le Parti communiste appelle les masses égyptiennes à rester dans la rue et à continuer à rester vigilants afin de s'assurer de la victoire complète de la révolution et de mettre en échec les complots de nos ennemis.

Vive la lutte du peuple égyptien !
Vive la glorieuse révolution égyptienne !


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marquetalia
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   Posté le 06-07-2013 à 21:03:11   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

le problème est que la chute de morsi profite aux etats unis et a son petit trublion infernal régional israel;la construction du barrage renaissance par l ethiopie,la remise au pas des frères musulmans et des "al shabab" en somalie promet une radicalisation du djihad dans toute cette région.

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marquetalia
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   Posté le 06-07-2013 à 22:23:24   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

la mise au ban des frères musullmans en égypte et l assechement de ce pays par l ethiopie orovoquera une "épuration ethnique" des islamistes contre les chrétiens du soudan et d erythrée,les coptes d égypte-qui sont plus de dix millions-,de la meme manière que les chrétiens de somalie,et,à terme,des nazaréens d ethiopie.


Edité le 06-07-2013 à 22:23:49 par marquetalia




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a mesure que l influence chrétienne dans la corne de l afrique declinera,la tutelle occidentale disparaitra.
Xuan
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   Posté le 08-07-2013 à 19:15:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Et qu'est-ce que tu prévois pour les coptes du 3e décan ?

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Grossière ingérence de l'Allemagne et des USA dans les affaires intérieures de l'Egypte


le blog de J. Tourtaux publie une info de algerie1 - NB le lien est actuellement inactif (??!!) mais l’information est confirmé par d'autres sources. A lire ci-après.

La presse indique que les USA aussi sont intervenus :
Les Etats-Unis réclament la libération du président égyptien déchu Mohamed Morsi


L'ALLEMAGNE DE MERKEL PASSE A L'OFFENSIVE CONTRE LE PEUPLE EN DEMANDANT AUX NOUVELLES AUTORITES EGYPTIENNES DE LIBERER MOHAMED MORSI


___________________


L’Allemagne demande aux nouvelles autorités égyptiennes de “libérer” Mohamed Morsi


Par Agence | 12/07/2013 | 13:55

L’Allemagne a demandé vendredi aux nouvelles autorités égyptiennes de “libérer” le président déchu Mohamed Morsi, arrêté la semaine derniére par l’armée, après un mouvement de contestation de ses opposants.

“Nous demandons qu’il soit mis fin à toutes les mesures limitant la liberté de mouvement de M. Morsi” , a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, cité dans un communiqué.

Mercredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, avait affirmé que Mohamed Morsi se trouvait “en lieu sûr, pour sa propre sécurité” , qu’il était “traité dignement” et ne faisait “pour l’heure l’objet d’aucune poursuite” .

Le Premier ministre égyptien désigné, Hazem Beblawi, a indiqué jeudi qu’il n’exclurait pas une participation de certains Frères musulmans dans le gouvernement de transition qu’il est en train de former.

Cette demande de libérer M. Morsi a été faite alors que les partisans et opposants de M. Morsi ont appelé à manifester vendredi dans la capitale le Caire. (Aps)

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   Posté le 17-07-2013 à 09:41:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Entretien avec Salah Adli, secrétaire-général du Parti communiste égyptien : « On est entré dans la seconde phase de la révolution »


Entretien réalisé par « Nameh Mardom », organe central du Comité central du Parti communiste d'Iran (Tudeh)
source

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Je voudrais tout d'abord adresser mes salutations au Parti Tudeh et lui souhaiter tout notre succès dans sa lutte. Je voudrais également saluer le journal « Nameh Mardom » pour me donner l'occasion de jeter la lumière sur les événements historiques qui se déroulent en Egypte.


Q1 – Dans sa dernière déclaration (le 3 juillet), le Parti communiste d’Égypte fait référence à des manifestations de masse qui ont intégré diverses classes et couches de la société. Quelles sont les classes et les couches de la société égyptienne qui se sont mobilisées lors de la seconde vague de la révolution du 30 juin ?


Salah Adly : Depuis le début de la révolution du 25 janvier 2011, le mouvement de protestation n'a pas fléchi, et on a continué à assister à des manifestations de plusieurs millions de personnes, autrement dit, l'état d'éveil révolutionnaire des masses a toujours été là, tantôt s'apaisant tantôt s'embrasant. Les manifestations et les grèves des travailleurs sont également montées en puissance. Après le succès de Morsi et avec les Frères musulmans au pouvoir, les masses ont découvert leur nature autoritaire, fasciste, leur parti-pris pour les intérêts des fractions les plus réactionnaires et parasitaires du capitalisme, et leur incapacité à gérer un État de la taille de l’Égypte. Par ailleurs, leur trahison des intérêts de la patrie et leur prédisposition à agir comme un grand intermédiaire voué à préserver les intérêts de l'Amérique et d’Israël dans la région est apparue au grand jour. Ils ont conclu la trêve à Gaza et donné à l'Amérique et à Israël ce que même le régime clientéliste de Moubarak n'avait osé donner. Leur projet communautaire et obscurantiste, hostile à la démocratie, à la science, à la culture et à la tolérance, est devenu manifeste. Plus important, les masses ont découvert le caractère fallacieux de leur usage de slogans religieux pour masquer leurs plans au service du projet du « Grand Moyen-Orient » et du « chaos créateur ».


Ainsi, le nombre de protestations sociales (grèves, sit-ins, manifestations et piquets) a atteint le chiffre de 7 400 – de l'aveu même de Morsi – l'an dernier. Le taux de chômage a atteint 32%, la plupart des chômeurs disposant pourtant de qualifications moyennes ou élevées. La dette extérieure a grimpé de 34 à 45 milliards de $. La dette intérieure a augmenté de 365 milliards de livres égyptiennes au cours du règne de Morsi. La part de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté dépasse les 50% de la population. Pour résumer, la plupart des classes et couches de la société – et ses forces libérales, nationalistes et de gauche, tout comme les mouvements de jeunesse, la plupart sur des orientations de gauche et nationalistes, à quoi s'ajoutent les principales institutions étatiques, en particulier l'armée, la justice, les médias et la police – ont senti qu'il y avait un grand danger à ce que les Frères musulmans restent au pouvoir, avec leur quête ardente de la monopolisation du pouvoir et leur volonté d'exclure quiconque n'est pas avec eux, tous ceux qui ne sont pas leurs alliés, avec ces groupes terroristes qui utilisent la religion comme d'un masque.


Même des fractions importantes de la moyenne et grande bourgeoisie égyptienne dans les secteurs du tourisme, de l'industrie, du commerce, de l'agriculture et du bâtiment se sont senties menacées dans leurs intérêts par le règne des Frères musulmans qui créaient une atmosphère de chaos, d'insécurité et d'instabilité.


Le mouvement « Tamarud » (rébellion) est parvenu à rassembler 22 millions de signature pour le retrait de la confiance accordée à Morsi et l'appel à des élections présidentielles anticipées. Tous les partis, tous les syndicats et organisations ont participé à la collecte de signatures, et la campagne s'est diffusée à nos rues, nos usines, nos écoles et universités, et aux villages de tous les gouvernorats d’Égypte. La grande portée de cette campagne est qu'elle a été en mesure d'impliquer activement les citoyens égyptiens dans le mouvement révolutionnaire pour faire tomber le pouvoir des Frères musulmans. Elle a également rétabli le caractère pacifique et démocratique de l'action révolutionnaire, et formé la base d'une remise en cause du voile sacré de fausse légitimité du bulletin de vote comme seul critère de légitimité, et de validité d'un système démocratique. L'appel à une collecte de signatures s'est accompagné d'un appel à des manifestations dans toutes les places d’Égypte le 30 juin, comme un test majeur de la crédibilité de cette campagne, et comme une base pour la légitimité révolutionnaire des masses à faire chuter ce régime fasciste et déjouer le projet d'un État religieux.


La réaction des masses égyptiennes a été extraordinaire, et ce furent les plus grandes manifestations de l'histoire de l’Égypte, si ce n'est de l'histoire du monde. On a pu le vérifier par « Google earth ». Plus de 27 millions de manifestants sont sorties dans les rues en même temps dans tous les gouvernorats d’Égypte, représentant diverses classes, couches de la société égyptienne, face à des manifestations qui ne dépassaient pas 200 000 personnes du côté des Frères musulmans et de leurs alliés sur une petite place du Caire. Donc, on avait d'un côté le peuple égyptien, de l'autre les Frères musulmans et leurs alliés, isolés. C'est la réalité du tableau. C'est la réalité sur laquelle toute évaluation de la société ou toute analyse politique scientifique doit se baser.


Nous pensons que ce qui s'est passé le 30 juin est une seconde vague de la révolution égyptienne, plus forte et plus profonde que la première en 2011. Elle est là pour corriger la voie suivie par la révolution et la reprendre aux forces religieuses extrémistes qui conspirent pour voler la révolution et surfer sur la vague pour atteindre leurs objectifs fascistes et réactionnaires, et répondre aussi aux projets de l'impérialisme mondial.


Q2 – Quel est le degré de participation des travailleurs, des ouvriers dans ces manifestations ? Pourquoi les travailleurs participent-ils à la lutte contre l'Islam politique pour les droits démocratiques ?


Salah Adly : les slogans fondamentaux de la révolution de Janvier étaient : pain – liberté – justice sociale – dignité. C'est un lien essentiel de la révolution national démocratique, et qui est survenu après une longue phase historique qui a commencé dans les années 70, avec la domination du grand capital dépendant et un cycle de recul, d'arriération et de tyrannie. Durant cette période, les forces réactionnaires, en collaboration avec l'impérialisme mondial et la réaction arabe, sont parvenues à renforcer un climat qui a permis au courant de l'Islam politique – en particulier les Frères musulmans – de se développer. Les forces de la gauche ont été affaiblies, les travailleurs déplacés et les grandes industries liquidées portant un coup à toute potentialité de réaliser un développement harmonieux.


En fait, les travailleurs étaient impliqués dans la plupart des protestations qui ont monté à partir de 2006 et ont participé à toutes les manifestations populaires, comme une partie du peuple, et non organisés sur une base de classe. Cela est dû à l'absence de fortes organisations syndicales, elle-même héritage d'une tyrannie et d'une répression gouvernementale cherchant à contrôler les syndicats. C'est aussi le résultat de grandes transformations, dans la période précédente, dans la structure de classe et la composition de la classe ouvrière dans plusieurs secteurs. Elle se trouve désormais dans les PME contrôlés par le secteur privé, où les travailleurs ne peuvent pas former de syndicats. La classe ouvrière n'est pas apparue de façon claire en tant que classe dans la révolution. Par manque d'unité réelle entre les forces de gauche et par sa faiblesse dans la phase précédente pour de nombreuses raisons, que nous ne pouvons mentionner ici faute de temps, le mouvement ouvrier n'a pas émergé de façon efficace ni influente, par rapport à l'ampleur de sa participation et les grands sacrifices consentis dans la révolution.


Il est important de spécifier que les travailleurs du secteur public ont découvert que les pratiques et les attitudes des Frères musulmans ne diffèrent pas des orientations du régime de Moubarak, elles sont même pires. Les Frères musulmans ont mis en œuvre les mêmes politiques, la poursuite du programme de privatisation et la libéralisation des prix, ils n'ont pas augmenté le salaire minimum alors que c'était une des premières exigences de la révolution. Ils ont même réduit les impôts pour les patrons, continué la privatisation des services et refusé de mettre en place un programme d'assutance-santé. Ils ont insisté pour brader et hypothéquer le patrimoine public égyptien et ses institutions à travers le projet de « bons islamiques » qu'ils se sont empressés de faire adopter à la Choura (la chambre haute du parlement) contrôlée par les Frères musulmans. Leur position la plus dangereuse fut leur refus d'accepter la loi qui garantissait la liberté syndicale, dont ils avaient pourtant convenu avec toutes les forces politiques et courants syndicaux avant la révolution, et ils ont remplacé les hommes de Moubarak, dans le Syndicat général des travailleurs égyptiens contrôlé par l’État, par leurs propres hommes. Voilà la base sociale et démocratique qui explique le choix réalisé par la classe ouvrière pour la révolution contre le pouvoir des Frères musulmans et des forces de l'Islam politique, en plus d'autres raisons que j'ai déjà mentionné.


Ceux qui imaginent que les travailleurs ne se sont révoltés qu'en raison de lutte de clans ou que pour des raisons économiques se trompent. Les travailleurs sont très conscients des dangers que porte le projet des extrémistes religieux et leurs pratiques fascistes dans tous les domaines, démocratique, politique, économique, social et national.


Q3 – Dans vos communiqués, le PC d’Égypte caractérise les événements actuels comme une révolution … Quelles sont la nature, les tâches et les revendications immédiates portées par la révolution ?


Salah Adly: Oui, ce qui se passe en ce moment est une révolution. Pour être précis, c'est la seconde grande vague de la révolution de janvier 2011, puisque sa première vague a été interrompue, confisquée par les Frères musulmans en dépit du fait qu'ils n'y ont pas participé, n'ont pas appelé à la révolution ni ne l'ont faite. C'est une révolution démocratique avec une orientation clairement sociale et patriotique. Elle continue, et des couches sociales ainsi que des forces politiques très diverses (libéraux, nationalistes et forces de gauche) y ont participé. Avec la poursuite du mouvement révolutionnaire, la vérité s'est révélée sur les diverses positions, et les parti-pris de ces forces et leur volonté de continuer sur la voie de la révolution se dévoilent.


Les premières tâches démocratiques de la révolution sont de promulguer une nouvelle constitution civile démocratique qui mettent l'accent sur les droits de l'Homme, les droits des femmes et les droits économiques et sociaux des travailleurs, et qui n'entrave pas le droit du peuple à choisir son système politique et économique à l'avenir, en fonction du rapport de forces. Ainsi l'objectif de faire tomber cette Constitution communautaire, réactionnaire et déformée, plutôt que de l'amender, est un objectif fondamental pour les forces démocratiques et progressistes, à l'heure actuelle.


Une des tâches de la révolution démocratique est aussi de garantir la liberté de former des syndicats, partis politiques et associations sans ingérence gouvernementale, en rejetant la formation de partis politiques sur une base religieuse et communautaire, la pleine égalité entre hommes et femmes en droits comme en devoirs, l'égalité devant la loi et la criminalisation des discriminations, religieuses ou autres.


Parmi les tâches sociales : il y a l'élaboration d'un vaste plan de développement social reposant sur le soutien aux secteurs productifs avec la nécessité d'une répartition équitable des richesses produits au profit des pauvres et des travailleurs, en répondant à quelques exigences sociales immédiates. La priorité numéro un, c'est la mise en place d'un salaire minimum et maximum et de le fixer sur l'évolution des prix, annuler la dette des petits paysans, revoir le budget pour donner plus d'argent à la santé et à l'éducation, la construction de logements pour les personnes à bas revenus, augmenter les taxes sur les riches, reprendre possession des grandes entreprises qui ont été privatisées et lutter contre la corruption.


Les tâches nationales sont : s'opposer à la dépendance envers les États-Unis, refuser de succomber à l'hégémonie sioniste, revoir l'accord de Camp David, rétablir le rôle national de l’Égypte à l'échelle arabe, africaine, régionale et internationale, et approfondir les relations avec les pays et les peuples du Tiers-monde.


Q4 – Est-ce que les événements actuels en Egypte signifient le rejet par les Égyptiens de l' « Islam politique » ou seulement le rejet des « Frères musulmans » ?


Salah Adly: Les Frères Musulmans sont l'organisation la plus efficace et la plus influente de toutes celles que compte l'Islam politique. Toutes les autres organisations, y compris les groupes djihadistes et salafistes, étaient des alliés des Frères musulmans et sont sortis dans la dernière bataille pour défendre leur régime car ils savent que leur défaite signifierait un revers cuisant pour le projet communautaire islamiste qui est soutenu par l'administration américaine comme une alternative à l'effondrement des régimes autoritaires. Seul le parti salafiste Al-Nour a été exclu de l'alliance lors de la dernière bataille pour des considérations liées à ses relations avec l'Arabie saoudite, bien que nous sachions qu'il s'agit d'un parti réactionnaire et communautaire, opposé aux droits de l'Homme et à ceux des femmes et des minorités, y compris des autres sectes islamistes. C'était manifeste quand ils incitaient les gens à commettre des crimes, à tuer les Chiites et à traîner leurs corps dans le massacre horrible qui s'est produit dans un village le mois dernier.


Nous croyons que la bataille n'est pas terminée, et on a besoin d'une lutte politique, sociale et culturelle pour écraser la résistance et changer le climat général de ces dernières décennies.


Mais ce sur quoi nous aimerions attirer votre attention, c'est que ce qui se produit en Égypte actuellement n'est pas seulement un affrontement entre les Frères musulmans et leurs alliés de la droite religieuse, et l'appareil de sécurité de l’État. Ils se retrouvent confrontés à l'ensemble du peuple égyptien, toute religion et courants confondus, ainsi qu'à l'ensemble des institutions étatiques, y compris la justice, les médias et la culture. Dans les quartiers et dans les villages, les Frères musulmans se retrouvent face aux masses égyptiennes, ayant perdu le soutien de larges couches de la population au cours des deux dernières années. Mais l'armée et les forces de sécurité auront un rôle important à jouer dans leur affrontement contre les milices terroristes armées.


En bref, nous voyons que ce qui s'est passé constitue un revers majeur pour les desseins de la droite religieuse en général, et pas seulement pour le projet des Frères musulmans. Cela aura des implications majeures pour la région, dans la période à venir.


Q5- Quelle est votre opinion sur les arguments selon lesquels le renvoi de Morsi n'est pas démocratique car il a été élu légalement et qu'une nouvelle constitution a été ratifiée par référendum. Morsi a-t-il été renversé par l'armée égyptienne ?


Salah Adly: Ceux qui ont viré Morsi, ce sont les 22 millions de citoyens égyptiens qui ont signé un document contenant leur signature, leur nom, leur numéro de carte d'identité et le nom de leur province, écrits à la main plutôt que sur Internet, dans un référendum inédit qui a culminé dans une « grande sortie » sur toutes les places et dans toutes les rues du pays, avec 27 millions de manifestants le 30 juin, pour quatre jours consécutifs. C'est Morsi qui a lui-même perdu toute légitimité lorsqu'il a publié sa déclaration constitutionnelle dictatoriale en novembre 2011. C'est Morsi qui a piétiné les droits de l'Homme lorsque ses partisans terroristes ont assiégé la Cour constitutionnelle, quand ses milices ont torturé des manifestants devant le palais présidentiel al-Ittihadyah Palace comme le montre l'enquête menée par le bureau du procureur, et quand ses hommes ont tué des manifestants devant le QG du Parti de la Justice et de la liberté (la branche politique des Frères musulmans) sous les ordres explicites du leader du groupe et de son bras droit, comme les tueurs l'ont admis devant le procureur. C'est Morsi qui a renié ses promesses lorsqu'il avait annoncé qu'il amenderait la constitution et formerait un gouvernement de coalition. Lui et son groupe se sont soumis avec zèle aux conditions du Fonds monétaire international, et ont aussi déclaré le Djihad contre la Syrie, lors d'une conférence de forces djihadistes terroristes, sans en faire référence ni à l'armée ni au Conseil de défense national.


Par conséquent, toutes les forces politiques et tous les partis, même les Salafistes du parti Al-Nour, qui ont quitté le navire avant qu'il ne coule, ont soutenu l'idée d'élections présidentielles anticipées. Cet appel n'est pas un coup d’État contre la démocratie, au contraire, il émane du cœur de la démocratie populaire quand tout président trahit ses engagements envers le peuple et le programme sur lequel le peuple l'a élu.


Limiter la cause de la démocratie juste au « bulletin de vote » est un détournement total de l'essence de la démocratie et un rejet explicite du droit des peuples à se révolte contre leurs dirigeants autocratiques et les régimes fascistes qui instrumentalisent la région pour masquer leur nature réactionnaire et leur orientation capitaliste et de droite.


La défense de Morsi par les Etats-unis et les États capitalistes occidentaux, le fait de réduire la question à un « coup militaire » contre une « légitimité constitutionnelle » est une position formelle qui cache le fait que l'impérialisme mondial est terrifié par les révolutions populaires et leur incapacité à dépasser les frontières étroites de la démocratie bourgeoise qui dans le fond ne représente que la forme optimale de défense des intérêts des grands monopoles et de leurs agents locaux, dans le contrôle de la destinée des peuples du Tiers-monde.


Ce qui s'est passé n'est aucunement un coup militaire, mais plutôt un coup révolutionnaire du peuple égyptien pour se débarrasser d'un régime fasciste. Ce que l'armée a fait, c'est exécuter la volonté du peuple et le protéger des complots des Frères musulmans et de leurs alliés terroristes armés qui veulent attiser les conflits communautaires et les guerres civiles, diviser l'armée égyptienne et détruire les institutions de l’État égyptien afin de servir les intérêts de l'impérialisme et du sionisme dans la région.


A quel genre de coup militaire assiste-t-on lorsque des dizaines de millions de personnes se trouvent dans les rues ?!! Quel genre de coup militaire quand le responsable de la Cour constitutionnelle a déjà pris le pouvoir, ce qui était demandé par le Front de salut, qui comprend toutes les forces d'opposition dans leur diversité et par le mouvement de jeunesse « Tamarud », et ce qui avait été adopté par les masses égyptiennes ?! Quel genre de coup militaire quand un gouvernement est constitué de civils compétents sera formé et aura pleins-pouvoirs pendant une période transitoire qui n'excédera pas un an et se conclura par la promulgation d'une constitution civile démocratique, et des élections présidentielles et législatives que tout le monde voulait ? Quel genre de coup militaire autorise le droit à des manifestations pacifiques, même de ses opposants, et n'impose pas un état d'urgence ? La déclaration d'Al-Sisi, chef de l'armée égyptienne, dans laquelle il affirme que la feuille de route pour la phase de transition, n'a été annoncée qu'après un dialogue et un consensus avec les représentants du peuple égyptien, y compris la jeunesse du mouvement « Tamarud » (Rébellion), les représentants du Front de salut, le cheikh d'Al-Azhar, le pape copte et un représentant des femmes. Le peuple égyptien a fêté sur les places, dans les quartiers, les villages cette grande victoire pour le peuple égyptien et la coopération de l'armée à ses aspirations.


Nous devons, comme nous l'enseigne le marxisme, analyser la situation concrète et ne pas limiter notre vision à des préjugés rigides ou à des formules toutes prêtes. N'est-il pas intéressant de noter que les médias occidentaux ont fermé les yeux face à tout cela, refusant de voir la réalité et insistant à décrire ce qui se passait comme un coup militaire ?!


Néanmoins, nous tenons à rester vigilant dans la phase qui s'annonce, pour s'assurer que le rôle de l'Armée dans cette phase se limite à la protection du peuple et de la sécurité nationale égyptienne, qu'elle respecte ses promesses de ne pas s'ingérer directement dans les affaires politiques, pour enfin s'assurer que le peuple reste dans la rue pour gagner la mise en œuvre de leurs revendications dans la phase de transition.


Q6 – Quelle est votre analyse de la position des États-Unis sur les événements en Égypte ?


Salah Adly: Les Etats-unis ont été pris par surprise par la révolution de janvier 2011, mais ils avaient préparé des solutions de rechange en Égypte avant, lorsqu'ils ont senti que le régime de Moubarak commençait à être usé. Ils sont donc intervenus directement après sa chute pour former une alliance entre l'ancien Conseil militaire et les Frères musulmans pour remettre le pouvoir aux Frères musulmans après avoir promis de servir les intérêts des États-Unis, de garantir la sécurité d’Israël et de poursuivre une politique économique néo-libérale, contraire aux intérêts des masses populaires.


Mais les États-Unis ont découvert, après un certain temps, toute l'étendue de l'incapacité des Frères musulmans à gérer le pays, leur déficit en personnes compétentes et leur alliance persistante avec les groupes djihadistes plutôt qu'avec les forces libérales et plutôt que d'unir les gros capitalistes dans un système stable basé sur la remise du pouvoir entre les mains de cette classe, tout en préservant les intérêts américains. Les États-Unis tenaient dans le même temps à préserver les intérêts et les privilèges de l'armée afin de se garantir leur loyauté.


Mais les États-Unis étaient dans le même temps effrayés de la poursuite de cette situation révolutionnaire en Égypte, de la montée des protestations ainsi que du rejet populaire du pouvoir des Frères musulmans. Ils ont aussi fait pression sur les Frères musulmans pour mener à bien les réformes, et ont aussi fait pression sur les forces de l'opposition libérale, en particulier celles représentant les intérêts du grand capital dans les partis Wafd, le Parti des Égyptiens libres et le Parti de la constitution pour qu'elles précipitent les élections législatives, mettent fin à leur alliance avec les forces de gauche et rejettent les orientations révolutionnaires des mouvements de jeunesse qui croient que les objectifs de la révolution et la chute du régime des Frères musulmans ne peuvent être atteints que par une grande révolution populaire, et boycottent les élections.


Quand « Tamarud » (Rébellion) et son idée géniale d'ôter toute légitimité à Morsi ont réussi, cela a placé tout le monde devant un dilemme, quand de vastes couches de la population ainsi qu'une bonne partie des forces politiques y ont répondu. Cela a mis un terme aux hésitations des forces politiques, elles se sont ralliées à l'option populaire de renverser Morsi et d'organiser des élections présidentielles anticipées. Cette revendication a fait monter l'appel au renversement du régime des Frères musulmans, à la modification de la Constitution et à un changement de cap dans la révolution, avec une nouvelle légitimité révolutionnaire et une nouvelle phase transitoire sur des bases acceptables.


Les Frères musulmans, les Américains, l'armée, et mêmes les forces de l'opposition politique et la jeunesse, n'imaginaient pas que la riposte populaire atteindrait une telle ampleur qu'elle forcerait tout le monde à accomplir la volonté populaire.


Nous savons que les États-Unis ont exercé des pressions de façon flagrante sur les chefs de l'armée et les forces politiques libérales pour qu'on ne renverse pas Morsi et qu'il puisse continuer à mettre en œuvre les grosses réformes. Mais c'était trop tard, tout le monde avait compris que le peuple avait parlé et que l'alternative serait l'escalade de la guerre civile, du terrorisme et des conflits communautaires, ouvrant la porte à une intervention étrangère.


Arrivés à ce point critique qui a conduit au renversement de Morsi, l'intervention de l'armée s'est déroulée dans des conditions qui servaient les objectifs de la révolution, dans cette phase.


Il est intéressant de noter que c'est la première fois que l'armée égyptienne a désobéi à des ordres américains, ayant réalisé les grands dangers auxquels elle s'exposait, ainsi que toute la nation, si elle refusait de soutenir la révolution.


Les forces démocratiques et nationales réalisent que les leaders de l'armée ont des intérêts et des privilèges qu'ils veulent conserver, et qu'ils veulent avoir un rôle dans le système de pouvoir sans ingérence politique directe. Nous croyons qu'il faut le prendre en compte à cette étape, en insistant sur la nécessité de corriger graduellement ces choses dans la phase suivante.


Nous nous attendons à ce que les États-Unis, dans la situation actuelle, fomente des complots pour attiser les conflits, l'instabilité et soutiennent ces groupes qui veulent installer le chaos afin de réaliser ces projets de « chaos créateur », de faire de l’Égypte un autre Irak. C'est ce qui s'est passé et qui a été exposé au grand jours lors de la conspiration du 5 juillet. Ce complot a été qualifié par la jeunesse d' « agression tripartite : États-Unis, Israël et Frères musulmans » contre le peuple d’Égypte. Ce plan visait à faire capoter la révolution, remettre Morsi, semer le chaos et la terreur par des manifestations qui auraient occupé les places de la Libération en utilisant des armes et le terrorisme, en lançant une campagne de rumeurs et une guerre de désinformation sans précédent en Egypte afin de créer des divisions entre le peuple et l'armée, et au sein de l'armée, et de comploter avec des groupes djihadistes au Sinai afin de le déclarer région libérée en collusion avec Israël et les groupes islamiques à Gaza.


L’Égypte a vécu des heures critiques après le discours de terrorisme et d'intimidation prononcé par le leader du groupe fasciste, des Frères musulmans, à ses partisans sur la place Rabi’a al-Adawiyya à Nasr City, au Caire. Ce fut le signal de départ d'un grand complot contre la volonté populaire. CNN comme BBC arabe ont joué un rôle dangereux dans ce complot. Mais le peuple et l'armée ont été capables de déjouer cette intrigue et le rôle honteux joué par l'Amérique. La trahison du peuple et de la patrie par les Frères musulmans a encore une fois pu être constaté. Ce fut un coup majeur porté aux desseins de l'impérialisme, surtout américain, dans la région, une réaffirmation du triomphe de la révolution et de la volonté du peuple sur les forces de la contre-révolution.


Q7 – Comment jugez-vous le nouveau président par intérim, Adly Mansour, et que doit-il faire maintenant ?


Salah Adly: C'est un juge reconnu pour son intégrité et sa compétence, il n'a pas exprimé de préférences politiques ni adopté certains parti-pris. Le discours qu'il a fait après avoir prêté serment et pris son poste de président par intérim pendant la phase de transition était un bon discours, positif. Il a insisté sur le fait que c'était le « peuple seul » qui l'avait autorisé à prendre cette place, et que les pouvoirs qui lui étaient conférés étaient honorifiques, mais que la véritable autorité résidait dans le premier ministre qui sera choisi par consensus parmi les forces nationales et la jeunesse, et qui sera chargé de mettre en place les missions convenues par les forces nationales, démocratiques et sociales. La priorité numéro un pour le gouvernement sera d'arrêter l'effondrement économique, répondre aux revendications imminentes des travailleurs et garantir la sécurité.


Nous ressentons la nécessité à ce que continue à se manifester une pression populaire dans les rues, ce qu'a confirmé le discours d'Al-Sisi, protégeant le droit à la manifestation pacifique. Cela garantit qu'il n'y aura pas de déviation de ce qui a été convenu, que l'armée n'interviendra pas sauf dans les limites convenues pour assurer le succès de cette difficile phase transitoire.


Q8 - Quels sont les principaux défis que rencontre votre parti, en particulier par rapport aux autres forces politiques et à la création d'une alliance unifiée ?


Salah Adly: Le principal défi reste d'unir les forces de gauche pour affronter les grandes tâches qui nous incombent dans la période. Les plus importantes sont :


1 – S'assurer de la réalisation des objectifs et des tâches de la phase transitoire ;


2 – Obtenir un consensus sur un seul candidat des forces nationales et démocratiques pour mener la bataille des élections présidentielles ;


3 – Former un front des forces de gauche, des nassériens, du mouvement de jeunesse et des organisations syndicales ; préparer des listes communes pour les prochaines élections législatives et locales ; exercer des pressions pour s'assurer qu'il n'y aura pas de retrait de l'objectif de changement de cap de la révolution, dans la phase transitoire ;


4 – Chercher à renforcer et développer la structure de notre parti, renouveler le parti avec du sang frais et développer son programme afin qu'il puisse faire face aux grands défis auxquels il est confronté.

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   Posté le 03-08-2013 à 20:15:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Manlio Dinucci avance un point de vue diamétralement opposé. Cependant l'opinion des masses égyptiennes et leur action n'y apparaît pas :

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« Solution » égyptienne pour la Tunisie ?

par Manlio Dinucci

En Égypte et en Tunisie, la pseudo-révolution du printemps arabe a permis la confiscation du pouvoir par les Frères musulmans. Cependant, leur renversement au Caire par l’armée, observe Manlio Dinucci, ne signifie pas une nouvelle phase révolutionnaire, mais au contraire la fin de tout espoir révolutionnaire.

RÉSEAU VOLTAIRE - 30 JUILLET 2013



En Égypte, le général Abdel Fattah al-Sisi —homme du Pentagone, nommé il y a un an par le président Morsi chef d’état-major et ministre de la défense— ordonne d’ouvrir le feu sur les Frères musulmans qui protestent à cause de la déposition et de l’arrestation de Morsi et appelle les forces laïques, en descendant dans la rue, à lui donner « le mandat pour affronter la violence et le terrorisme » .
Appel reçu aussi en Tunisie. « Ce qui arrive en Égypte nourrit nos espoirs et pourrait avoir une influence sur la Tunisie, parce que l’ennemi commun, ce sont les Frères musulmans » , déclare Basma Khalfaoui, veuve de Chokri Balaid, le leader du Front populaire assassiné en février dernier. Et conclut :
« Ce qui est arrivé en Égypte n’est pas un coup d’État, c’est la continuation de la révolution » .

Grâce à cette caste militaire formée et financée par les USA, qui a garanti pendant plus de trente ans le régime de Moubarak, puis la « transition pacifique » quand le soulèvement populaire a renversé Moubarak ; puis l’ascension de Morsi à la présidence pour neutraliser les forces laïques, et enfin la déposition de Morsi quand se sont soulevées contre lui les oppositions laïques.

Face à la sanglante répression du Caire, la Maison-Blanche a diplomatiquement déclaré « ne pas avoir l’obligation légale de déterminer si les militaires égyptiens ont accompli un coup d’État en déposant le président Morsi » , formule qui permet aux USA de continuer à fournir au Caire une aide militaire de 1,5 milliards de dollars annuels. Continuant ainsi à renforcer la caste militaire, principal levier de l’influence étasunienne et occidentale en Égypte. Comme elle l’est en Tunisie.

La Tunisie, informe l’ambassade des États-Unis, est un « allié stratégique de longue date de Washington » , qui a formé, entraîné et équipé ses forces armées. Confirmé par le fait que c’est « un des rares pays au monde qui ait des cadets dans toutes les académies militaires des États-Unis » , où se sont formés environ 5 000 hauts gradés tunisiens. Cette caste militaire, qui est aussi de formation française, après avoir soutenu pendant 24h le dictateur Ben Ali, l’a officiellement déposé quand désormais il avait été renversé par le soulèvement populaire.

Aujourd’hui, alors que l’affrontement se fait plus aigu entre les islamistes et les laïcs, certains dans la gauche tunisienne en appellent à cette caste militaire pour une « solution » de type égyptien, c’est-à-dire une intervention armée contre le parti islamique, « l’ennemi commun » .

Position suicidaire. Comme le démontre ce qui arrive en Égypte, où les puissantes forces extérieures et intérieures opposées à la révolution ont favorisé la fracture du mouvement populaire qui a renversé la dictature de Moubarak, avec comme résultat l’affrontement aujourd’hui entre des masses musulmanes appauvries et des masses laïques appauvries. Au profit de la caste militaire, laquelle renforce sa position et ainsi celle des puissances —au premier rang desquelles les USA— qui tiennent l’Égypte sous le joug de leurs intérêts politiques, stratégiques et économiques. Au profit d’Israël, qui renforce son siège contre Gaza : les militaires égyptiens ont détruit ou fermé environ 80 % des tunnels, vitaux pour l’approvisionnement en nourriture et en carburant et donc pour la survie de la population palestinienne.

Et pendant que, dans le sillage des USA, l’Union européenne inscrit la branche militaire du Hezbollah islamique libanais dans la liste des « organisations terroristes » , des groupes terroristes islamiques continuent à être infiltrés en Syrie par les USA et par les alliés européens.

Et certains à gauche continuent à définir cela aussi comme une « révolution ».

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio
Source
Il Manifesto (Italie)


Edité le 03-08-2013 à 20:18:51 par Xuan




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Xuan
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Egypte : La révolution du 30 juin... Sa nature, fonctions et perspectives


Communiqué du PC Egyptien, traduction PAM pour lepcf.fr
vendredi 16 août 2013


Traduction à partir de la version anglaise révisée pour quelques phrases à partir de la version arabe par AF.

1. Révolution de juin, corriger le cours de la Révolution de Janvier

La Révolution du 30 Juin 2013 est la plus profonde et mature deuxième vague pour corriger la trajectoire de la révolution du 25 Janvier 2011 et pour compenser le plus grand danger pour l’Egypte dans son histoire récente, à savoir le risque d’apostasie culturelle, la coupure avec l’époque menaçant l’unité de la patrie. Ce danger était représenté par les forces de droite religieuse fasciste, dirigée par les Frères musulmans, les forces qui représentent les segments les plus parasitaires, voire tyranniques, corrompus, fascistes, racistes et réactionnaires du grand capital, en outre aussi une menace sérieuse pour la sécurité nationale égyptienne, représentée par la prise du pouvoir par les Frères musulmans pour gouverner le pays, engageant la mise en œuvre du programme d’appropriation et de contrôle de l’Etat pour le pillage des richesses du pays, de complot pour détourner la révolution et la nation au profit d’un clan dirigé par les Etats-Unis et mis en œuvre sous les auspices du Qatar et de la Turquie, afin de briser le territoire national et menacer l’entité et l’unité de l’Etat égyptien, en le jetant dans l’abîme des rivalités sectaires et des conflits religieux pour le transformer sur les deux modèles de l’Irak et la Syrie, afin d’assurer la pleine sécurité d’Israël et de protéger les intérêts des États-Unis et de l’impérialisme mondial dans la région, à travers le démantèlement des pays arabes et la destruction des armées nationales qui sont une menace potentielle pour Israël.

L’accord-complot qui a été passé pour arrêter la révolution du 25 Janvier a été basé sur l’intronisation de la Confrérie musulmane comme dirigeants du plus grand pays arabe en leur donnant les moyens politiques dans la région, en échange de leur instrumentalisation pour servir les plans américano-sionistes et leur intégration dans les politiques de mondialisation capitaliste et la continuité de l’approche néolibérale associée aux monopoles mondiaux. Les Frères musulmans étaient prêt pour cela, car c’était eux qui avaient obtenu l’accord d’armistice sans précédent entre le Hamas et Israël. Ils avaient gardé le silence sur la décision d’Obama de reconnaître Jérusalem comme la capitale éternelle d’Israël et sont tombés muets sur les violations sionistes de la mosquée Al-Aqsa après avoir trompé les masses avec leurs slogans "Khyber Khyber ô Juifs" et « Vers Jérusalem nous allons millions de martyrs ». Le plus dangereux est ce qui a été exposé de leur volonté de compromettre le territoire national et conspiré avec Israël et les Etats-Unis pour mettre en œuvre le projet sioniste balançant entre la réinstallation des Palestiniens dans le Sinaï, ainsi qu’en accordant Halayib et Shalateen au Soudan, et l’abandon de la souveraineté nationale dans le projet suspect de la région du canal de Suez, d’accélérer l’accord avec le Fonds monétaire international et de promulguer la loi des contrats islamiques.

L’un des objectifs des projets impérialistes au Moyen-Orient est l’établissement d’états sur des bases religieuses, pour servir principalement le plan sioniste de déclarer Israël un Etat juif pour tous les Juifs dans le monde. En plus, un résultat important est d’impliquer ces pays religieux inévitablement dans un conflit sectaire. Donc, il est devenu stratégiquement nécessaire pour diviser et fragmenter les pays arabes et porter les conflits entre sunnites et chiites, entre musulmans et chrétiens, entre musulmans et juifs à remplacer le Conflit israélo-arabe de libération nationale et aussi de remplacer la lutte de classe sociale parmi les peuples arabes et les régimes autoritaires alliés aux monopoles mondiaux et internationaux impérialistes.

Nous avons vu des signes clairs et visibles en Egypte avec le pouvoir des Frères musulmans dans une série d’attaques contre des églises ainsi que l’attaque de la cathédrale Saint-Marc pour la première fois dans l’histoire depuis l’introduction de l’Islam en Egypte, comme l’attaque brutale sur les chiites dans le village de "Abu Nomros" , tuant et en trainant sur les routes quatre d’entre eux, et la Déclaration du Jihad dans le stade, appelant à l’engagement de terroristes mercenaires dans la guerre en Syrie, tout comme la prolifération des groupes de "promotion de la vertu et la prévention du vice » , et l’émergence de lynchages et pendaisons aux lampadaires. Si l’on ajoute à cela la série continue de torture à des sit-ins dans Rabea et Nahda aux mains des milices, les Frères musulmans et leurs alliés, nous nous trouvons en face d’un scénario sauvage, barbare et hors la loi sans droit à la différence. L’objectif est ainsi devenu que nous nous éliminions par nous-mêmes, et que notre châtiment aille à notre propre corps et non pas vers nos véritables ennemis.

Ainsi, nous étions destinés à ce triste sort, mais la conscience, la vigilance et la grandeur du peuple égyptien ont sauvé l’Egypte et défait tous ces complots. Ainsi, la géniale campagne Tamarrod a su mobiliser toutes les contributions au rejet populaire de la loi des Frères musulmans à travers une campagne de signatures de plus de 22 millions de personnes signataires en moins de deux mois. Elles ont été recueillies par toutes les organisations, les classes et les catégories du peuple égyptien, même au sein des institutions de l’Etat et des organismes dans tous les gouvernorats d’Egypte. Elle a été suivie par la grande manifestation du peuple égyptien le 30 Juin, avec plus de 30 millions de citoyens rassemblant dans tous les gouvernorats d’Egypte. Les forces armées égyptiennes s’associant à la volonté du peuple, adoptant les exigences du peuple et annonçant la feuille de route pour faire tomber le régime des Frères et de leurs alliés des forces de la droite religieuse. Cela a mis les Etats-Unis et l’Union européenne dans une véritable crise. C’était la première fois que les forces armées égyptiennes agissaient contre la volonté américaine depuis plus de 40 ans. C’était aussi la première fois que le peuple égyptien de toutes les obédiences, les forces politiques et les institutions s’unissent pour corriger la trajectoire de la révolution et commencer à élaborer une constitution civile et démocratique pour le pays, pour sortir de la dépendance et de la servilité.

Peut-être que c’est ce qui explique le mouvement trépidant et les vols de la navette de Ashton et Barnes et d’autres fonctionnaires en Egypte, d’une manière considérée comme une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures à travers les pratiques de pression constante pour libérer le président déchu qui est accusé de contacts avec l’étranger touchant à la sécurité nationale de l’Etat. Ce fut aussi l’objectif de ne pas dissoudre les sit-in armés et terroristes de Rabea et Nahda, dans le but d’assurer le maintien des Frères musulmans dans la vie politique égyptienne, le maintien de l’organisation des partis extrémistes religieux de droite pour continuer le complot de déstabilisation, de fragmentation et de mise sous pression de la nouvelle direction égyptienne, en essayant de semer la confusion et perturber la carte de l’avenir pour faire échouer la révolution du 30 Juin.

Nous considérons que la révolution du peuple égyptien du 30 Juin comme la correction de la trajectoire de la révolution du 25 Janvier est une extension de toutes les phases de la révolution nationale démocratique qui a commencé avec la Révolution Orabi en 1881 et s’est poursuivie jusqu’à la révolution de 1919 et la révolution en 1952...

La révolution du 30 Juin est venue pour accomplir les tâches historiques de cette révolution inachevée qui restent en suspens, surtout après la vague d’apostasie générale réactionnaire qui a balayé l’Egypte et la région depuis le milieu des années soixante-dix et a duré plus de 30 ans et ce qui s’est passé en même temps d’effondrement du mouvement de libération arabe ainsi que l’effondrement de l’Union soviétique et la montée de la tendance actuelle fasciste de droite religieuse sous des régimes autoritaires juchés sur le soupir de nos peuples depuis des décennies.

La contradiction en Egypte est maintenant non seulement une contradiction entre les forces de l’opposition politique et un groupe réactionnaire despotique qui est arrivé au pouvoir et a échoué dans la gouvernance du pays, mais plutôt l’opposition est reflétée plus profondément entre la majorité de la masse du peuple égyptien et de ses forces politiques nationales et démocratiques d’une part et les forces de la droite religieuse fasciste dirigée par des Frères musulmans, qui représentent la plus grande menace pour l’avenir de la nation et la révolution de l’autre.

Par conséquent, la révolution de Janvier et sa deuxième vague en Juin cherche à compléter l’indépendance nationale contre toutes les formes de dépendance et compromis avec les USA et pays impérialistes. Ce ne sera pas atteint sans un développement global économique, social et culturel essentiellement autonome. D’autre part, il s’agit d’une révolution démocratique établissant un Etat civil démocratique sur la base d’une Constitution protégeant les libertés et les droits économiques, sociaux, culturels et politiques des citoyens et assurant le contrôle et la participation populaire ainsi que la liberté de former des partis politiques, des syndicats et associations en mettant l’accent sur la séparation de la religion et de la politique et l’interdiction des partis religieux. Cette révolution, le plus important, a une dimension sociale qui est basée sur la redistribution des revenus et de la richesse dans la société dans l’intérêt de la majorité des masses laborieuses, protégeant les droits des pauvres et des groupes vulnérables dans la société et permettant aux travailleurs et aux paysans de former leurs syndicats afin d’assurer la poursuite de la révolution dans la réalisation de ses objectifs et de les déplacer vers un stade supérieur dans la voie de la révolution sociale au profit des classe travailleuses.

Notre analyse de la nature des contradictions dans le moment présent et la nature des tâches fondamentales de la Révolution du 30 Juin comme une étape décisive importante des étapes de la révolution nationale démocratique nous pousse à la nécessité d’une démarche politique correcte d’alliances au stade actuel . Nous voyons la nécessité de poursuivre l’alliance de toutes les forces démocratiques nationales pour faire face au danger du fascisme religieux et donc la nécessité de maintenir le Front de salut national et son noyau de partis politiques et tendances (libérale, national et de gauche), répondant à des tentatives pour défaire ou affaiblir ce front, sous le prétexte de la fin à sa mission, qui ne sera réalisée qu’après avoir réussi à éliminer le risque de forces fascistes, en mettant l’accent en permanence sur le fait que l’alliance des forces socialistes et progressistes et l’unité de leur lutte est la garantie de la poursuite de ce large front, en stoppant l’hésitation de toutes les forces qui ne veulent pas faire face au pouvoir des Frères musulmans. Encore une fois, l’unité des mouvements révolutionnaires de la jeunesse et des coordinations, empêchant l’escalade des contradictions internes entre eux, est une question très importante pour assurer une orientation correcte pendant la période de transition avec la nécessité d’impliquer efficacement les jeunes dans l’évaluation des institutions pour être formés pour prendre les responsabilités de base dans la phase suivante.

Nous devons évaluer ce qui s’est passé le 30 Juin objectivement et correctement, rejetant toutes les positions tendancieuses, visant à fausser le résultat historique du peuple égyptien, des forces de la contre-révolution représentée par Frères musulmans et leurs alliés, des forces de la droite religieuse fasciste dans le pays et leurs alliés à l’étranger des pays impérialistes des États-Unis et en Europe. Ce sont ceux qui se sont empressés de décrire ce qui s’est passé comme un "coup d’Etat militaire" ... C’est normal de la part des ennemis de la révolution et c’est compréhensible de la part de nombreuses forces et mouvements centristes pour atteindre leurs propres intérêts étroits et des objectifs égoïstes. Pourtant, il est curieux qu’ils partagent ce même point de vue avec certaines forces qui se prétendent de gauche révolutionnaire sur la base de catégories de dogmes rigides historiques, discours stéréotypés et des clichés fixes qu’ils réitère l’armée, le régime militaire et le coup d’Etat militaires sans analyser la réalité et la vérification concrète des faits de la vie réelle et les pratiques réelles sur le terrain, qui soulignent que ce qui s’est passé était une révolution populaire avec laquelle l’armée égyptienne se range. Nous devons également analyser les attitudes historiques de l’armée égyptienne au lieu de l’application arbitraire de textes rigides sur le terrain. Dans ces moments, nous devons tirer les leçons et les expériences fournies par notre peuple égyptien de sa sagesse et de son sens révolutionnaire. Le plus dangereux est que cette mauvaise position détourne l’attention de l’ennemi principal des masses populaires à l’heure actuelle, qui est le risque de la droite fasciste religieuse et leurs régimes terroristes dans le Sinaï et le déploiement de leurs partisans dans des tentatives sérieuses désespérés pour attaquer la révolution du peuple égyptien et contourner leur volonté de renverser la domination des Frères musulmans et de corriger le cours de la révolution et de mettre une nouvelle constitution et de prendre des décisions sociales urgentes.

D’autre part, nous devons aussi tenir fermement face aux symboles de partisans du régime de Moubarak et de leurs organes médiatiques qui veulent faire une croix sur la révolution de Janvier et la déformer afin de justifier les crimes du régime de Moubarak et d’échapper à leur responsabilité en charger les Frères de tous les problèmes de la situation précédente. Nous assurons que si le peuple n’avait pas été pour la Révolution de Janvier 2011, il n’aurait pas réussi la Révolution du 30 Juin et ne serait pas en mesure de révéler les crimes du pouvoir obscurantiste faisant de la religion. Par conséquent, nous réitérons notre position que la révolution du 30 Juin est la deuxième vague plus profonde et plus mûre de la révolution du 25 Janvier. Il s’agit d’une correction de sa trajectoire. Le renversement du pouvoir des Frères musulmans n’a jamais signifié le retour aux pratiques et aux crimes du régime de Moubarak. La révolution du 30 Juin doit compléter ce que la révolution du 25 Janvier n’a pas réussi à accomplir et lutter pour balayer tous les préjudices du régime de Moubarak et celui des Frères musulmans. C’est une confirmation que nous voulons faire tomber le noyau de ces régimes et de démolir les fondations sur lesquelles elles ont été établies et construire un nouveau système pour atteindre les objectifs et les aspirations de notre peuple et de ce qu’il exige de changements radicaux dans les politiques, les pratiques et les institutions, pour jeter les bases pour de nouvelles situations basées sur la libération éclairée de notre culture nationale, la libération des gens de tous les aspects de la paupérisation, de l’exploitation, de l’arriération, de l’ignorance et de l’extrémisme, mettant fin aux discriminations sur la base de la religion, du sexe ou de l’origine ethnique.

2. Notre position sur la phase de transition et son programme

Nous pensons que la phase de transition et de la Déclaration d’une carte de l’avenir, en dépit de nos réserves sur certains aspects ainsi que sur les points clés de la récente déclaration constitutionnelle, jette les bases d’une nouvelle ère et est basée sur la légitimité révolutionnaire de millions de révolutionnaires du peuple égyptien, le 30 Juin. Elle peut être le principal objectif légitime révolutionnaire de renverser la domination des Frères musulmans et leurs alliés, et en même temps de travail pour construire un nouveau système pour atteindre les objectifs nationaux démocratiques de la Révolution de Janvier.

Par conséquent, nous ne devons pas perdre de vue le fait que la lutte pour mettre fin au régime des Frères et des restes de régime de Moubarak est la tâche principale de cette légitimité révolutionnaire en plus de la quête pour la formation d’un régime alternatif et des actions concrètes pour installer et développer la base sociale de la révolution. Il faut comprendre aussi que le gouvernement, qui a été formé sur la base de cette légitimité révolutionnaire doit être d’abord fidèle aux exigences de la volonté populaire qui a pris les rues le 30 Juin et 26 Juillet et son rôle principal consiste à utiliser tous les moyens pour mettre en œuvre cette volonté et compenser les obstacles devant sa réalisation. Notre opinion est que les politiques du gouvernement de transition sont encore loin de l’esprit de cette légitimité révolutionnaire. Il a toujours ce rythme lent traditionnel comme si il arrivait dans des conditions normales. Cela se reflète également dans des positions clairement d’indécision et d’inaction face aux forces de la terreur et de l’extrémisme. Certains hauts fonctionnaires des institutions de l’Autorité provisoire parlent de réconciliation nationale et de la nécessité d’intégrer les Frères musulmans dans le processus politique sans faire de distinction entre cadres meurtriers terroristes et dirigeants de Frères musulmans et leurs supporters, d’une manière incompatible avec la légitimité révolutionnaire et contredisant la volonté du peuple. Nous insistons sur la nécessité de corriger ces situations rapidement parce qu’en continuant dans cette situation, l’hésitation et la lenteur conduiraient à l’érosion et à l’affaiblissement de la révolution et donneraient une chance à ses adversaires et ennemis pour reprendre progressivement leur équilibre. Ce ne serait pas permis par le peuple égyptien et les forces politiques révolutionnaires des jeunes qui doivent rester présents dans les champs et sur les places de la révolution supervisant la performance du gouvernement pour garantir l’exécution de leur volonté révolutionnaire. D’autre part, il doit y avoir une forte expression claire de l’autorité de transition pour l’indépendance de la décision égyptienne et le respect de la souveraineté nationale, libre de toute dépendance de l’Amérique et de commencer à diversifier les sources d’armement et se rapprocher d’autres conglomérats mondiaux afin de rétablir l’équilibre dans nos relations internationales d’une manière nous aidant à protéger notre révolution dans la phase suivante.

Nous devons continuer strictement face au terrorisme et résoudre les sit-ins armé de Rabea et Nahda, parce que le retard à faire face à ces avant-postes terroristes aura des pertes beaucoup plus importantes que la résolution rapide dans le cadre de la loi. Nous sommes d’accord avec les forces exigeant la dissolution Frères musulmans comme groupe reconnu, et la nécessité de lutter contre le terrorisme, l’extrémisme religieux et la pensée obscurantiste et les politiques de discrimination contre les femmes et les Coptes, complètement dans la sécurité, les aspects politiques, culturels et les médias et au sein de chacune des institutions de l’État, de manière à assurer le succès dans la construction d’un Etat civil moderne, démocratique et construire un régime démocratique national pour atteindre les objectifs et les aspirations du peuple égyptien.

La décision d’éradiquer ces avant-postes terroristes soi-disant "sit-in" demande que le peuple entoure le nouveau pouvoir, qui a été assuré clairement le 26 Juillet. Pourtant, ce ne sera pas définitif et sans appel, tant que cette autorité montre décision et clarté dans l’application de la loi sur le terrain, une assurance significative dans le maintien de la sécurité et la régularité des services, et alléger les souffrances des travailleurs du peuple égyptien sous la forme d’actions concrètes directement : comme la loi du salaire minimum et maximum le maximum ne devant pas dépasser 15 fois le salaire minimum, un contrôle strict sur les prix, l’exemption des petites et moyennes exploitations agricoles de leurs dettes accumulées, le rétablissement de l’emploi temporaire, la restauration et l’exploitation de sociétés détenues par le secteur public, avec des décisions judiciaires émises pour leur retour... etc, des actions possibles pour faire en sorte que la grande majorité du peuple égyptien sente que la révolution qu’il a faite était en sa faveur, afin qu’il lui redonne plus de soutien.

Nous insistons sur la nécessité de réécrire la Constitution complètement sans greffage, révision ou amendement. C’est au premier rang des tâches de la phase de transition. La Constitution des Frères Musulmans et des Salafistes de 2012 est déformée, sectaire et contre les libertés individuelles et publiques, la liberté de pensée et d’expression, les droits des femmes et des enfants et les droits des travailleurs, des paysans et des ouvriers. Dans la nouvelle constitution, l’article II de la Constitution de 1971 doit revenir. Il stipule que les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation sans aucune augmentation ou addition [1]. Aussi doit être stipulé la nécessité de ne pas créer des partis sur une base religieuse, et l’annulation de tous les partis existants ne remplissant pas ces conditions, ainsi que mettant l’accent sur la séparation entre la religion et la politique. Il doit également être un texte clair et explicite pour maintenir la propriété publique et coopérative protégée par les dispositions constitutionnelles nécessaires. Le droit des peuples à choisir la voie de leur développement économique et social doit être respectée et aucune mesure pour la perpétuation du système capitaliste ou de tout autre système ne doit être dans la Constitution. Nous voyons la nécessité de stipuler des moyens efficaces de contrôle populaire sur les institutions de l’organe exécutif et l’activation du rôle de la participation populaire, en s’assurant que les lois ne transgressent pas de droits et libertés constitutionnels. Enfin, les droits économiques et sociaux des citoyens doivent être soulignés clairement et être contraignants pour l’Etat et en particulier le droit à la santé, l’éducation, l’emploi, le logement et la protection des droits des travailleurs et des paysans, comme producteurs de la richesse et des biens dans tout le pays.

3. Unir les efforts des forces de gauche

Tous ces défis, les actions et les événements nécessaires à la prochaine étape, notamment la période de transition, nécessitent une présence effective et des efforts unifiés des forces de gauche égyptiennes face à des forces de droite fascistes, ainsi que face aux forces de droite capitalistes en général . Les partis et les forces de la gauche n’auront aucune possibilité d’influencer et d’agir sans unité et cohésion. Nous insistons sur la nécessité d’accélérer le rythme de l’unité et de la formation d’une direction unifiée des partis socialistes comme la première étape nécessaire et urgente dans les circonstances actuelles. Tout retard dans la formation de cette direction aura de graves conséquences non seulement pour l’avenir des forces de gauche, mais aussi sur l’avenir de la révolution égyptienne.

Vive la révolution du grand peuple égyptien

Vive les révolutions du 25 Janvier et du 30 Juin !

3 août 2013 Le Comité central - le Parti communiste égyptien


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[1] version anglaise à vérifier


Edité le 17-08-2013 à 23:59:56 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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Source : Histoire et société -Danielle Bleitrach

NB : cette interview n'est pas visible sur le site d'AlgériePatriotique (?)


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Samir Amin à Algeriepatriotique :
«Oui, Morsi et les Frères musulmans allaient céder 40% du Sinaï»


26. juillet 2013

Samir Amin : «Les Frères musulmans se sont inventé neuf millions de voix supplémentaires».
D. R.

Algeriepatriotique : Trop d’hypothèses sont faites autour de l’éviction du président égyptien Morsi par l’armée. Quelles en sont les véritables raisons ?

Samir Amin : La seule et véritable raison est que Morsi était rejeté par le peuple égyptien. La preuve en est donnée par la campagne de signature de Tamaroud qui avait réuni, avant le 30 juin, vingt-six millions de signatures demandant le départ de Morsi. Ces signatures n’ont pas été ramassées n’importe comment. Elles représentent un chiffre vrai. La manifestation du 30 juin était bel et bien attendue. Seulement, elle a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer. Les chiffres indiquent que dans toute l’Egypte, et non seulement à la place Tahrir, il y avait trente-trois millions de manifestants, le 30 juin. Pour un pays de 85 millions, si vous retirez les enfants, qui sont très nombreux, et les quelques vieillards qui sont moins nombreux, cela représente pratiquement tout le pays. Face à cela, évidemment, le commandement de l’armée a été très sage ; il a déposé Morsi et confié la présidence intérimaire à qui de droit, c’est-à-dire au président du Conseil constitutionnel, Adli Mansour, qui est un juge, mais pas un juge révolutionnaire ; c’est un homme conservateur, connu pour être parfaitement honnête et démocrate. C’est la seule raison. Il n’y en a pas d’autres.
Quand on dit que l’armée en a profité pour faire un coup d’Etat, je dirai que si l’armée n’était pas intervenue, cela n’aurait pas été une bonne chose qu’on continue à voir Morsi qui se comportait comme un brigand et sans aucun respect des règles les plus élémentaires de la démocratie. Ayant armé des milices de Frères musulmans, ce n’était pas acceptable. L’alternative, c’est-à-dire la non-déposition de Morsi, n’aurait pas été acceptable non plus. Je dois ajouter – tout le monde le sait en Egypte, et c’est dit aujourd’hui avec beaucoup de force – que l’élection qui avait porté les Frères musulmans et Morsi au pouvoir a été une fraude gigantesque. Une fantastique fraude sur la fabrication des listes électorales, où les Frères musulmans se sont inventé neuf millions de voix supplémentaires.

D’où tenez-vous ces chiffres ?

Tout le monde le sait en Egypte. Et la preuve va être donnée par la justice bientôt. Nous ne l’avions pas appris hier ; nous le savions au lendemain de l’élection déjà. Nous connaissons des quantités d’exemples dans lesquels un même Frère musulman avait cinq cartes électorales, avec le même nom et inscrit dans cinq bureaux de vote dans des quartiers voisins. Et comme de surcroît cet électeur détenait les pouvoirs donnés par sa femme, ses enfants adultes ainsi que sa grand-mère, il pouvait voter cinq fois pour dix personnes. C’est comme cela que les choses se sont passées. D’autre part, les milices des Frères musulmans ont occupé les bureaux de vote et se sont donné, à eux seuls, le droit de voter et ont empêché, avec leur foule, les autres de voter, à tel point que les juges égyptiens qui généralement surveillent les élections et qui ne sont pas – je le dis encore une fois – des révolutionnaires, ont refusé en masse d’entériner ces élections. Le président de la commission électorale qui était un Frère musulman, par ordre de Morsi, a déclaré Morsi gagnant avant même que le dépouillement fût terminé. L’ambassade des Etats-Unis a proclamé Morsi vainqueur d’élections «démocratiques» et, évidemment, trois minutes après, les ambassades de Grande-Bretagne, de France et des autres pays européens ont suivi. La commission des soi-disant observateurs étrangers, principalement des Européens, a entériné ces élections-farce. Le régime ne bénéficiait, donc, d’aucune légitimité. Cependant, le fait qu’ils aient exercé le pouvoir pendant un an fut bien, parce qu’ils ont montré leur vrai visage. Ils ont poursuivi la même politique néolibérale que celle de Moubarak, dans une version encore plus brutale à l’égard des classes populaires et, d’autre part, ils ont violé toutes les règles les plus élémentaires de la démocratie. C’est pour cela que cette déposition n’est pas un coup d’Etat militaire et c’est pourquoi cette déposition et la chute de Morsi est une victoire du peuple égyptien. Cela va de soi que ce n’est pas une victoire finale. C’est une étape dans une longue bataille politique qui va continuer des mois, voire des années.

Avec les graves débordements qui ont suivi la destitution de Morsi, pensez-vous que l’Egypte s’achemine vers une guerre civile ?

Il n’y a pas de guerre civile et il n’y a pas de danger de guerre civile (en Egypte). Il y a eu trente-trois millions de manifestants au Caire contre Morsi, lequel avait le pouvoir de l’Etat et les milliards de dollars du Golfe. Seulement, il n’a même pas pu mobiliser deux millions de partisans. On parle de danger de guerre civile quand l’opinion est véritablement divisée et partagée. Ce n’est pas le cas en Egypte. Ce qu’il y a, par contre, ce sont des actions terroristes. En Egypte, tout le monde sait que les Frères musulmans sont au nombre de cinq cent mille à six cent mille. Parmi eux, il y a une centaine de milliers qui est armée. Ce sont ceux-là qui peuvent créer des troubles, non une guerre civile. D’ailleurs, dans les manifestations populaires, ceux qui arrêtent les Frères musulmans et les battent à plate couture, ce ne sont pas les forces policières, mais plutôt les manifestants eux-mêmes. Dans le quartier de Boulaq, quand une manifestation des Frères musulmans a voulu, le 30 juin, se déplacer, ce sont les gens de Boulaq qui leur ont barré la route et qui les ont véritablement, à coups de pierres, repoussés.
Morsi avait menacé : «Si on me destitue, je vous promets la guerre civile !» Il n’y en aura pas. Les médias occidentaux, hélas !, répètent de leur côté : «L’Egypte est divisée.»
Si nous voyions en France vingt millions de manifestants contre le Front National et cinq cent mille pour, dirait-on que l’opinion est divisée ?
C’est grotesque de parler d’opinion divisée en Egypte et de risque de guerre civile. Concernant ces groupes djihadistes, ils viennent de deux endroits. De l’ouest de la Libye.
Depuis que les pays occidentaux ont «libéré» la Libye et l’ont détruite, ce pays, aux mains de seigneurs de la guerre, est devenu la base de tout ce qu’on veut. D’ailleurs, les actions contre le Mali et l’Algérie sont venues de Libye. De la même manière, l’armée vient d’arrêter dans le désert occidental un groupe djihadiste venu de Libye, armé de missiles sol-sol. Alors, évidemment, avec cela, ils peuvent créer des incidents relativement graves.
L’autre source d’attaque des djihadistes est le Sinaï. Parce que les accords malheureux, dits de paix entre l’Egypte et Israël interdisent une installation importante de l’armée égyptienne au Sinaï, elle a droit – je ne sais plus – à sept cents hommes, portés peut-être à deux mille. Ceci est un chiffre très petit pour une province désertique aussi vaste et montagneuse de surcroît. C’est un peu comme l’Adrar des Ifoghas. Venus avec le soutien financier de certains pays du Golfe et avec la tolérance – pour le moins qu’on puisse dire – d’Israël, ces groupes ont une existence au Sinaï. Ils l’ont d’ailleurs démontré immédiatement par une démonstration violente à Al-Arich, qui est la capitale du nord du Sinaï.

Vous venez de parler des groupes djihadistes. Sachant le caractère transnational de la violence salafiste, pensez-vous que l’armée égyptienne a les moyens d’y faire face ?

Nous, en Egypte, sommes comme vous en Algérie. L’islam politique n’a pas disparu. Il est un peu derrière nous parce qu’il a démontré sa vraie face. Chez vous, il a coûté 100 000 personnes assassinées par les terroristes. Et l’armée algérienne a fini par avoir raison d’eux. En Egypte, ça n’a coûté qu’un pouvoir civil d’une année, mais désormais l’opinion est très claire en Egypte. Bien sûr, la grande masse des Egyptiens, comme des Algériens, restent des musulmans croyants et même les coptes chrétiens en Egypte sont généralement croyants. Cependant, ils ne croient plus du tout à l’islam politique. Ce que nous entendons dans les rues du Caire – j’y étais récemment – sans arrêt, c’est : «Ihna mouch ayzin islam el baqala» «nous refusons l’islam d’épicerie» .
Mais, évidemment, il reste que nous sommes dans une société comme la vôtre, où il y a encore des gens qui n’ont pas encore compris. Et il y a, malheureusement, une base objective avec la misère et le désœuvrement des recrutements possibles. D’autant qu’ils peuvent recruter ailleurs, comme ce qui se passe en Syrie, où nous savons que tous ces groupes islamistes ne sont pas syriens et qu’il y a beaucoup de Tunisiens, d’Egyptiens, d’Afghans et de Turcs. De la même manière, ils peuvent toujours opérer.
Je fais confiance aux forces de l’armée égyptienne qui sont capables de faire face avec succès à ces menaces, parce que, même si dans le haut commandement, certains peut-être qui ont été des alliés des islamistes ou qui avaient fait des calculs d’alliance avec eux dans le passé existent, une grande partie des officiers égyptiens sont avec le peuple égyptien contre Morsi. Pour ce qui est des moyens face à ce genre de situations, il n’est pas facile d’éradiquer d’un coup, d’autant, comme je le disais, qu’ils ont des bases objectives en Libye et dans les pays du Golfe.

Les médias évoquent un deal conclu entre Morsi et les Américains qui consistait à céder 40% des territoires du Sinaï aux réfugiés palestiniens. En contrepartie, les Frères musulmans auraient empoché huit milliards de dollars. Qu’en est-il réellement ?

Oui, cette information est exacte. Il y avait un deal entre Morsi, les Américains, les Israéliens et les acolytes riches des Frères musulmans de Hamas à Ghaza. Les Etats-Unis ont soutenu Morsi jusqu’au bout, comme ils ont soutenu Moubarak. Mais les pouvoirs politiques aux Etats-Unis sont, comme partout, réalistes. Quand une carte ne peut plus être jouée, ils l’abandonnent.
Le projet de Morsi était de vendre 40% du Sinaï à des prix insignifiants non pas au peuple de Ghaza, mais aux richissimes Palestiniens de ce territoire, qui auraient fait venir des travailleurs de là-bas.
C’était un plan israélien pour faciliter leur tâche d’expulsion des Palestiniens, en commençant par ceux de Ghaza vers le Sinaï d’Egypte de manière à pouvoir coloniser davantage et plus aisément ce qui reste de la Palestine, encore arabe de par sa population. Ce projet israélien a reçu l’approbation des Etats-Unis et, de ce fait, celle de Morsi également. Sa mise en œuvre avait commencé.
L’armée est entrée en jeu et a réagi de manière patriotique, ce qui est tout à fait à son honneur, et a dit : «On ne peut pas vendre le Sinaï à quiconque, fussent-ils des Palestiniens et faciliter le plan israélien.» C’est à ce moment-là que l’armée est rentrée en conflit avec Morsi et les Américains.

Selon une étude récente, une gigantesque vague d’émigration d’Egyptiens aurait lieu vers les pays du Maghreb, dans les mois à venir. Y a-t-il des signes avant-coureurs d’un tel scénario ?

Je ne sais pas d’où vient cette information. Il y a une pression migratoire très forte en Egypte comme dans tout autre pays arabe. En Egypte, il y a un chômage et une pauvreté qui sont énormes. Par conséquent, beaucoup de gens, surtout parmi les jeunes, mais pas seulement parmi les jeunes, quand ils ont l’occasion et la possibilité d’émigrer, partent n’importe où. Ils préfèrent par contre émigrer en Europe. Maintenant, les pays du Golfe, l’Irak et la Libye leur sont pratiquement fermés. Quant à la destination vers le Maghreb, je n’ai jamais entendu cette nouvelle et je ne sais pas ce que vaut cette étude.

Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi

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   Posté le 17-08-2013 à 23:56:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

On lira avec intérêt la position de Kouchner dans son interview au Parisien.
Elle démontre a contrario le caractère révolutionnaire démocratique et anti-impérialiste de l'indispensable éviction par la force des Frères Musulmans.

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   Posté le 18-08-2013 à 19:44:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

On verra aussi le communiqué du 17 août du PCOF :
"Nous condamnons les massacres perpétrés par l’armée égyptienne".
On y lit : "Alors que le régime de Morsi et des Frères musulmans commençait à perdre sa crédibilité dans les couches sociales qui leur étaient jusqu’à présent acquises, la politique de répression, de terreur, pratiquée par l’armée égyptienne ne peut que retourner ces franges de la population, souvent les plus pauvres, vers les Frères musulmans."

Et la déclaration du 14 août du Parti des Travailleurs de Tunisie sur les événements en Egypte, publiée aussi sur le site du PCOF.
Cette déclaration n'est pas indépendante de la situation en Tunisie, il faut la relier à la déclaration du mois dernier "Le Parti des travailleurs appelle à juger Sahbi Atig pour ses déclarations sur la légitimité".
D'autres éléments sur les appels au meurtre de Sahbi Atig (chef du bloc parlementaire du mouvement islamiste Ennahdha) ici.


Edité le 18-08-2013 à 20:25:10 par Xuan




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   Posté le 18-08-2013 à 20:23:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Ria Novosti :

Egypte: Le Caire rejette toute ingérence extérieure


LE CAIRE, 18 août - RIA Novosti

Le Caire n'admettra aucune ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie égyptienne Nabil Fahmy.
"Ce qui se passe actuellement en Egypte est une affaire interne. Nous rejetons les tentatives d'entraîner des Etats étrangers dans une discussion sur ce problème. Ceci n'aboutira qu'à une polarisation et à des tensions encore plus excessives et freinera la trêve nationale" , a indiqué le ministre.

Il a en outre commenté les récentes déclarations faites par une série de pays occidentaux et portant sur leur intention de réviser leur aide à l'Egypte.
"Le Caire apprécie l'aide qu'on lui octroie depuis de longue années, (…) mais ces cadeaux ne sont pas désintéressés" , a souligné M.Fahmi avant d'ajouter que les autorités égyptiennes avaient chargé des spécialistes d'évaluer la nécessité de percevoir l'aide occidentale.

L'Occident a condamné la répression sanglante des manifestations pro-Morsi en Egypte. L'UE a promis de réviser dans les jours qui viennent ses relations avec Le Caire, quant aux Etats-Unis, le président Barack Obama a chargé les départements responsables de réviser le programme d'aide financière et militaire annuelle à l'Egypte. Washington a par ailleurs annulé des manœuvres militaires conjointes pour sanctionner la répression de manifestations.
L'Egypte est secoué depuis plusieurs jours par des affrontements opposant les partisans du président déchu Mohamed Morsi à l'armée. Plus de 750 personnes sont mortes depuis le début des heurts. Un millier d'islamistes ont été arrêtés.

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   Posté le 18-08-2013 à 20:24:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le Monde de vendredi appelait à suspendre l'aide européenne à l'Egypte, au nom de la "démocratie piétinée" .

Ultimatum européen :

"Les dirigeants de l'Union européenne, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, ont averti dimanche le gouvernement égyptien que l'UE était prête à "réexaminer" ses relations avec l'Egypte s'il n'y était pas mis fin aux violences.
Après l'ONU, Londres, les Etats-Unis, le Qatar, l'Allemagne, la Bolivie, Cuba et la Turquie, c'est au tour de l'Union Européenne de lancer un avertissement à l'Egypte plongée dans un bain de violences depuis quatre jours. Si la situation ne se calme pas, les dirigeants de l'Union européenne, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, ont averti dimanche le gouvernement égyptien que l'UE était prête à "réexaminer" ses relations avec l'Egypte.
..."


A propos de la position de Cuba :
Cuba condamne la violence envers les "civils innocents" en Egypte sur 'Maghreb émergent'.
"Cuba a condamné samedi "les actes de violence" qui ont causé la mort de "civils innocents" en Egypte et appelé à trouver une "solution sans aucune ingérence étrangère" à la crise qui secoue ce pays, dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères..."


Edité le 18-08-2013 à 20:35:35 par Xuan




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   Posté le 18-08-2013 à 23:20:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le nouvel Obs revoit sa copie intitulée initialement suivant l'hyperlien « les islamistes appellent de nouveau à manifester » , elle devient « 36 détenus islamistes tués dans une tentative d'évasion » , et sous-titrée «A l'issue d'une semaine meurtrière, les pro-Morsi ont par ailleurs annulé plusieurs manifestations au Caire pour « raisons de sécurité».

On lit notamment :
« Londres et l'ONU ont dénoncé un "usage excessif de la force", alors que Berlin a appelé au "dialogue" pour éviter la "guerre civile", la chancelière Angela Merkel estimant qu'un arrêt des livraisons d'armes était un moyen de pression approprié.
Des sénateurs américains, dont l'influent républicain John McCain (*) , ont demandé que les Etats-Unis coupent la substantielle assistance militaire --1,3 milliard de dollars par an-- à l'Egypte après le "massacre"...


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(*) Selon Algérie Patriotique, Mc Cain aurait des liens avec les Frères Musulmans, plus précisément avec «Huma Abedin bras droit d’Hillary Clinton, épouse d’un sioniste notoire candidat à la mairie de New York, Anthony Weiner, et fille de Saleha Mahmood Abedin, membre des Frères Musulmans, précisément de sa branche féminine «les Sœurs musulmanes», et qui siège au sein du bureau avec la femme du président égyptien déchu Mohamed Morsi, dont elle est l’amie personnelle.» .

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   Posté le 24-08-2013 à 23:37:12   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Silence radio

On pourrait croire que l'enfumage sur le gaz sarin en Syrie fait passer l'intense mobilisation des Frères Musulmans au second plan. Il n'en est rien.
Les médias n'en ont guère fait état, mais les dernières manifestations des Frères Musulmans en Egypte ont fait un flop.
Les agences occidentales incriminent la répression. En fait c'est leur présence au gouvernement qui les a discrédités.

radio canada en fait un petit compte rendu où on peut lire :

Les partisans des Frères musulmans moins nombreux dans la rue comparativement aux précédentes manifestations. Photo : AFP/MOHAMMED ABDEL MONEIM
La « Journée des martyrs » a fait long feu vendredi en Égypte où les Frères musulmans, apparemment toujours « sonnés » par la répression mise en place par le pouvoir militaire depuis le 3 juillet, n'ont pas réussi à mobiliser les foules.
...les prières de la mi-journée ont en fait été annulées dans certaines mosquées et peu de manifestations de quelque ampleur que ce soit ont eu lieu au Caire, même si des témoins ont parlé d'une marche d'un millier de personnes dans le quartier de Mohandissine.
...« Nous n'avons pas peur : c'est la victoire ou la mort », affirme Mohamed Abdel Azim, un cadre du secteur pétrolier à la retraite qui défilait en compagnie d'une centaine de personnes au sortir d'une mosquée proche de l'université du Caire....
...Quelques dizaines d'islamistes, dont beaucoup de femmes, ont défilé dans un quartier du vieux Caire.
...Près de la mosquée de Rabia al-Adaouiya, site du principal campement des Frères démantelé le 14 août par les forces de sécurité au prix de centaines de morts, la police n'avait déployé qu'un seul camion
...


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CMC
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   Posté le 25-08-2013 à 09:47:18   Voir le profil de CMC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à CMC   

LE ROCML SUR LES DERNIERS EVENEMENTS DU MOIS D’AOUT 2013 EN EGYPTE

Le 3 juillet 2013, après des manifestations monstres rassemblant des millions de personnes, et suite à des affrontements meurtriers quotidiens entre les Frères musulmans partisans de Morsi (élu président de la république de manière controversée le 30 juin 2012), et ses opposants, l’armée égyptienne a repris toutes les rênes du pouvoir en Egypte.
Cette destitution est le résultat d’une mobilisation massive de la majorité de la population contre le gouvernement des Frères musulmans.
Les Frères musulmans n’ont en effet répondu à aucune des aspirations populaires nationales, économiques, sociales, politiques et morales qui ont entraîné la chute de Moubarak.
Cette destitution répond donc à la volonté du peuple égyptien. Les communistes marxistes léninistes de France ne pleureront donc pas le régime réactionnaire des Frères musulmans ni ses dirigeants destitués et arrêtés dans la foulée.
Nous ne nous lamenterons pas non plus sur la méthode utilisée par l’armée pour renverser le gouvernement Morsi. L’islamisme politique radical n’a en effet rien à envier sur le terrain de la démocratie aux autres formes de violence. Ce type de débat n’est qu’un prétexte pour les petits bourgeois humanistes et les médias des pays impérialistes pour condamner le « coup d’Etat » de l’armée égyptienne contre le gouvernement des frères musulmans et s’élever contre une atteinte à la démocratie bourgeoise. Les communistes marxistes léninistes ne les suivront pas sur ce terrain.
En revanche, le ROCML pose la question : Pourquoi l’Etat major de l’armée égyptienne a-t-il décidé de destituer Morsi, de réprimer dans le sang les manifestations de ses partisans et d’arrêter les dirigeants des Frères musulmans ?
Est-ce pour réaliser les revendications populaires ?
Ou n’est-ce pas plutôt, comme ce fut le cas en février 2011, pour mettre un terme aux désordres provoqués par la révolte populaire et la remise en cause de l’état et du régime bourgeois et entretenir l’illusion qu’elle est du côté du peuple?
La théorie marxiste-léniniste nous nous éclaire à ce sujet. L’armée, en tant que force principale de l’Etat bourgeois, intéressée matériellement (1) par le maintien de cet Etat et ses bailleurs internationaux ne peut pas être l’expression des intérêts fondamentaux du prolétariat et des couches populaires exploitées.
Faire confiance à l’armée égyptienne pour faire avancer les intérêts du prolétariat et des couches populaires exploitées est une erreur et une faute politique.
Entre les Frères musulmans et la hiérarchie de l’armée, il n’y a pas de différence de nature, mais des intérêts concurrents. Le peuple égyptien n’a rien à attendre ni des uns ni des autres.
Sur un autre plan, les positionnements internationaux critiques ou favorables aux Frères musulmans ou à l’armée égyptienne ne visent qu’à conforter les intérêts des uns et des autres, à ne pas s’engager trop, pour continuer à tirer profit de ceux qui continueront à exploiter le peuple égyptien et ouvrir les richesses du pays aux appétits impérialistes.
Faute de perspective claire de révolution populaire à court terme, la classe ouvrière et les autres couches exploitées du peuple risquent une fois de plus d’être floués. Tant qu’il n’existera pas de parti communiste fort pour les unir dans la lutte, même s’ils sont des millions à manifester ils resteront soumis à la politique de la bourgeoisie. Seul un tel Parti peut organiser les travailleurs et les exploités autour d’un programme populaire anti capitaliste, anti impérialiste et de démocratie populaire. C’est une nécessité et c’est notre conviction.
Vive la lutte révolutionnaire du prolétariat et du peuple égyptien contre la misère, contre les affameurs, l’impérialisme et la dictature quelle que soit son nom !

le 20 août 2013

1 L’armée égyptienne est aussi une force économique qui contrôle de 25 à 40% de l’économie du pays et reçoit une manne de 1,3 milliard de dollars des USA (aide maintenue après le « coup d’état »
Xuan
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   Posté le 30-08-2013 à 20:36:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le blog Les 'Z'infos publie un long article intitulé EUROPE/EGYPTE: L'Europe et ses importations de gaz, enjeu majeur du dossier sur les gisements de gaz au large d'Israël.

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   Posté le 31-08-2013 à 17:31:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'éviction de Morsi et la question syrienne


On comprend davantage l'attitude de l'Egypte aujourd'hui et son refus de soutenir l'intervention en Syrie en revenant quelques semaines avant le soulèvement du 30 juin.
Le 16 juin Morsi rompait les relations diplomatiques avec la Syrie. A cette occasion le Quotidien du Peuple commentait le lendemain :

La décision d'Egypte de rompre ses relations diplomatiques avec la Syrie s'accorde avec les politiques occidentales

( Xinhua )
17.08.2013 à 10h26

La récente décision prise par le président égyptien Mohamed Morsi de rompre les relations diplomatiques avec la Syrie est "harmonieuse" avec les politiques occidentales contre le président syrien Bashar al-Assad, notamment qu'elle intervient après que les Etats-Unis ont approuvé la fourniture d'armes à l'opposition syrienne, selon des analystes.

Samedi soir, M. Morsi a déclaré lors d'une conférence de presse tenue au Caire qu'il a décidé de fermer l'ambassade de Syrie au Caire et de rappeler le chargé d'affaires de l'Egypte à Damas.

"C'est une mesure qui se conforme à la récente décision américaine d'armer les rebelles syriens contre l'administration Assad et s'accorde avec sa délibération sur sur l'imposition d'un zone d'exclusion aérienne en Syrie", a déclaré Gamal Salama, chef du Département de science politique à l'Université de Suez, à l'agence Xinhua.

L'Egypte est un des pays "évoluant dans la sphère américaine", et les alliés des Etats-Unis prennent toujours des décisions qui sont en harmonie avec les plans américains, a indiqué M. Salama.

M. Morsi a également appelé les pays arabes et islamiques à tenir un sommet d'urgence sur les dernières évolutions du conflit en Syrie.

"Ce sommet est destiné à fournir une couverture arabe pour toute escalade occidentale contre l'administration Assad", a souligné l'expert politique, citant les attaques occidentales contre les gouvernements de l'Irak et de Libye comme exemples.

Momen Kouifatie, un exilé syrien basé au Caire et figure de l'opposition, a indiqué que la récente décision américaine d'armer les rebelles syriens et celle de Morsi de rompre les relations avec M. Assad montrent un accord international-arabe visant à mettre fin au règne d'Assad.

"C'est un signe qu'il existe une entente entre la communauté internationale et la communauté arabe pour mettre fin à l'administration Assad et pour mettre fin à l'intervention de Hezbollah en Syrie", a indiqué M. Kouifatie à l'agence Xinhua.

M. Morsi a réitéré qu'"il n'y a pas de place pour le gouvernement syrien actuel dans l'avenir de Syrie", ajoutant que la direction, le peuple et l'armée de l'Egypte soutiennent du peuple syrien, tout en soulignant la non-ingérence dans les affaires intérieures de Syrie.

Jabr al-Shufi, chef du bureau du Conseil national syrien au Caire, un groupe d'opposition majeur contre Assad, a déclaré que la décision américaine d'armer les rebelles syriens et celle de Morsi de rompre les relations avec Assad "ne sont pas nécessairement liée", tout en estimant que la position américaine a encouragé M. Morsi à prendre de telles décisions.

Depuis mars 2011, le conflit en Syrie a coûté la vie à plus de 93.000 personnes, selon l'ONU.


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