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 l'impérialisme échoue en Iran

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Xuan
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   Posté le 14-06-2009 à 23:45:38   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les impérialistes occidentaux ne digèrent pas la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.
Aux USA :
"Vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, la manière dont les gens sont traités, il y a de vrais doutes" sur la légitimité de la réélection du président sortant, a jugé dimanche le vice-président, Joe Biden , dans une interview à la chaîne de télévision NBC. "Il y a énormément de questions concernant la manière dont cette élection a été menée" en Iran, a-t-il ajouté.Toutefois, "nous n'avons pas assez de faits pour établir un jugement définitif" et "nous devons attendre de voir" , a-t-il tempéré.
La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton , avait exprimé la veille l'espoir que le résultat de l'élection présidentielle en Iran reflète "la véritable volonté et le désir de la population"

En France :
L'ex-premier ministre Dominique de Villepin a souhaité samedi que la communauté internationale aille "beaucoup plus loin dans la recherche du dialogue" avec l'Iran, en réagissant à la réelection du président Mahmoud Ahmadinejad. "Ne tombons pas dans les pièges qui nous sont tendus" , a-t-il répondu au sujet des provocations, notamment antisémites, du président iranien. "A bien des égards, ces provocations ont vocation à faire l'unité d'un certain nombre des groupes les plus radicaux en Iran derrière Ahmadinejad. Il faut forcer cela par des propositions qui rallieront le gros de la population iranienne derrière une ligne plus modérée" , a-t-il dit.

Le Parti communiste français s'inquiète, dans un communiqué, de la réélection du "plus dur, celui qui apprécie les provocations antisémites, celui qui n'a fait qu'accentuer une répression brutale dans son pays, multipliant les condamnations à mort, écrasant les libertés et les droits de l'homme sur son passage". "Malgré cette réélection, qui n'est pas de bon augure pour le peuple iranien, on attend de la nouvelle administration américaine, des Européens et de la France une attitude de responsabilité et l'ouverture à un dialogue nécessaire afin d'apaiser les tensions et agir collectivement pour la sécurité internationale, pour le désarmement et la non-prolifération nucléaire" , conclut le PCF.

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Xuan
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   Posté le 14-06-2009 à 23:45:58   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

lu sur
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-32627300.html

Les élections en Iran : une lourde défaite de l'impérialisme


« ILS » attendaient, la mine réjouie, la défaite de Mahmoud Ahmadinejad. Depuis des jours, les médias, télés, radios, journaux, les porte-paroles du CAC 40 - Bernard Guetta et Le Monde, en premier - annonçaient le « désamour » des Iraniens pour leur président. Celui-ci aurait déçu ses propres supporters, les « pauvres » se seraient détournés de lui, faute d’avoir touché des « dividendes du pétrole », les « femmes » attendaient les élections pour gagner leur « libération », les « jeunes » n’en finissaient pas de manifester contre Ahmadinejad.

C’est du moins ce que les journalistes, « experts » et autres « spécialistes » de l’Iran nous contaient jusqu’à la veille des élections. Les « correspondants sur place » confirmaient ces heureuses prédictions. .

Les ennemis de Mahmoud Ahmadinejad s’étaient mis à rêver, pris au piège de leur parti pris et de leurs mensonges.

En fait, comme à l’accoutumée, méprisant et ignorant le peuple – celui-là et les autres - les médias, dans leurs reportages, n’interrogeaient que « l’élite » iranienne, la bourgeoisie citadine. Ils ne recueillaient ainsi que des témoignages « unanimes », hostiles au président sortant. Et de prétendre qu’il s’agissait de l’opinion générale de la population. De « ceux qui comptent » parmi celle-ci, évidemment.

Interroger les « pauvres », quelle idée « populiste » ! Depuis quand, en France, interviewe-t-on les « Contis » à Compiègne, les ouvriers de Caterpilar, les étudiants de Censier ou de Nanterre, les pêcheurs de thon rouge ou les petits producteurs de lait, à la veille d’élections ?



Et samedi matin, à Téhéran, la «nouvelle», tant redoutée, leur est tombée sur la tête.

Voici le président sortant élu, dès le premier tour avec 63% des suffrages sur 85% de votants. Mir Hussein Moussavi, le candidat « rassembleur », pour reprendre une formule du Monde…ne « rassemblait » que 33% des suffrages.

Le coup asséné, il fallait bien en expliquer les raisons.

D’abord, les journalistes retrouvaient leurs arguments habituels : « Ahmadinejad, avec l’argent du pétrole, a favorisé les couches populaires les plus défavorisées ». Les médias prétendaient le contraire, la veille…Peu importe, le président, plus « populiste » que jamais, prouvait par là, non seulement sa démagogie, mais son inculture économique : au lieu d’enrichir les plus riches, comme il se doit dans un pays civilisé, grâce à un « bouclier fiscal », il privilégiait le peuple !

A-t-on vue chose pareille préconisée par le FMI ?

Justement celui-ci et sa maison-mère, les Etats-Unis, marquent leur désapprobation vis-à-vis du vote des Iraniens. Ils avaient misé sur le perdant. Ce n’est pas de jeu. Aussi, les manifestations violentes à Téhéran, « de centaines » de partisans de Mir Hussein Moussavi, contestant la défaite de leur poulain, tombe à pic. Et si les élections avaient été truquées, comme celui-ci le prétend ?

En effet, on a du mal à croire qu’un peuple fasse, démocratiquement, la loi chez lui, alors que cette loi est contraire aux intérêts étasuniens et européens. « L’opinion occidentale » peut elle accepter, sans réagir, un verdict populaire qui contrarie les objectifs de Washington, de Paris et de Bruxelles ? Les violences qui se déroulent dans la capitale iranienne viennent à point nommé pour délégitimer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Et servir de justification à une nouvelle politique de sanctions à l’égard de l’Iran.



En clair, le peuple d’Iran, le 12 juin, a marqué sa volonté d’exercer sa pleine souveraineté face aux appétits des capitalistes US et européens, et son souci de défendre son indépendance nationale contre les interventions étrangères.

Le choix des Iraniens leur appartient.

C’est la défaite de l’impérialisme que nous saluons ici.


*************************************************************************************************************
REACTION DU POUVOIR, A PARIS, CE DIMANCHE :

"Le maintien au pouvoir du leader ultraconservateur, officiellement réélu avec près de 63% des voix, n'est pas une bonne nouvelle, a commenté pour sa part le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

"UNE BONNE NOUVELLE POUR PERSONNE"

"Ce qui se passe en Iran n'est évidemment une bonne nouvelle pour personne, ni pour les Iraniens ni pour la stabilité et la paix du monde", a-t-il déclaré au Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien/Aujourd'hui en France.

"Les moyens d'action directe sont évidemment très limités", a-t-il ajouté. "Nul ne peut juger d'ici de ce qu'a été la régularité ou non de ces élections mais nous sommes en face d'un fait politique majeur : M. Ahmadinejad, avec ses excès, avec ses outrances, et ça ne simplifie pas la tâche de tous ceux qui dans le monde veulent prendre en considération l'Iran, le respecter et dialoguer avec lui".


LIRE EN COMPLEMENT SUR LE MÊME SUJET :
"QUAND LE MONDE ET BERNARD GUETTA GUERROIENT CONTRE LE MAL"
Par Jean Lévy - Publié dans : Contre l'impérialisme

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   Posté le 14-06-2009 à 23:50:37   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

lu sur Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article87495

LE SACRE D’AHMADINEJAD : l’Iran acteur majeur du Moyen-Orient
dimanche 14 juin 2009 (23h29)

«(...) il y a un moi dans l’infini d’en haut comme il y a un moi dans l’infini d’en bas, ce moi d’en bas c’est l’âme, ce moi d’en haut c’est Dieu. Mettre, par la pensée, l’infini d’en bas en contact avec l’infini d’en haut, cela s’appelle prier». Victor Hugo (Les Misérables)

Le président iranien sortant, Mahmoud Ahmadinejad a remporté l’élection présidentielle avec 62% des voix dès le premier tour, dominant son principal rival Mir Hossein Moussavi qui a dénoncé des «irrégularités». Des heurts violents ont eu lieu et monsieur Moussaoui a demandé l’annulaiton des élections. Les pays occidentaux pour qui la réelection est une mauvaise surprise suivent d’asez pr^ès ce qui se passe en Iran comme ils le font depuis plus d’un siècle ’ingérant à qui miex mieux dans les affaire internes de L’Iran

Point d’orgue d’une campagne qui a duré trois semaines et qui, de l’avis des Occidentaux, s’est passée dans la bonne humeur parlant même de révolution verte en adoubant implicitement Mir Hussein Moussaoui, qui, dit-on dans la terminologie occidentale, est un «islamiste modéré» de loin préférable au «sulfureux et infréquentable» Ahmadinedjad ce trublion qui ose déranger l’Occident et son «ordre». Un sondage publié à Washington et commandité par un, «New America Foundation» expliquerait en partie la vicoire d’Ahamdinejad. Les priorités des Iraniens sont dans l’ordre : l’économie (90%), des élections libres (87%), la liberté de la presse (84%), les relations avec l’Occident (75%), le soutien au Hamas et au Hezbollah (60%) et en dernier, l’arme nucléaire (49%). - 52% des Iraniens sont favorables à ce que leur pays possède l’arme atomique (40% sont contre).

Pour comprendre la spécifcité de l’Iran , il faut revenr à l’histoire mouvementée prodigieuse et unique de ce pays . L’histoire remonte à plus de 6000 ans avant Jésus-Christ, avec l’apparition de Sialk sur le plateau iranien, l’un des premiers systèmes urbains de l’humanité à avoir inventé un procédé d’écriture. Cette très ancienne civilisation fut souvent occupée par les empires conquérants : grec, romain, byzantin, arabe, afghan, mongol, ottoman, russe, et bien plus tard, britannique. Culture millénaire, elle se développa dans tous les domaines : religieux (elle est le berceau du zoroastrisme, fondé au VIe siècle avant J.-C.), littéraire, technologique militaire ou scientifique. Société paradoxale, elle avança et continue à avancer selon une dialectique de mouvements contradictoires : les tentatives de modernisme engendrèrent du repli sur soi, tandis que les retours au fondamentalisme se sont souvent accompagnés de fulgurances technologiques...La grande majorité des savants de l’Islam sont perses.

Pendant la période 1848-1896 : arrivée au pouvoir de Nasir Ed Din Shah, modernisation du pays. En 1848 : première école scientifique (Dar al-Fonoun). A la fin du XIXe siècle, elle entra de plain-pied dans l’ère industrielle, aux côtés des grandes puissances occidentales. En 1906 : une révolution née de manifestations contre des réformes fiscales aboutit à la convocation d’un Parlement par Muzzafaradine Chah et à l’adoption d’une Constitution (suspendue en 1909), l’une des toutes premières du monde musulman. En 1907 c’est la première ingérence de l’ère moderne. Il faut lire Samarcande d’Amine Maâlouf pour comprendre la détresse des premiers nationalistes perses qui ont eu toute l’Europe contre eux. La Russie et la Grande-Bretagne se partagent la Perse en zones d’influence.

Un découpage qui permettra la création de l’Anglo-Persian Oil Compagny (renommée plus tard la British Petroleum «BP»), chargée de la prospection, de l’exploitation et de la vente du pétrole iranien. Le pétrole sera d’ailleurs l’argument invisible de toute la politique occidentale et impérialiste du XXe siècle.

En 1921, au sortir de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, force occupante du pays, impose un officier cosaque, le colonel Reza Khan à la tête du Royaume. Il sera couronné le 25 avril 1926, sous le nom de Reza chah Pahlavi. En 1951 le progressiste Mohammad Mossadegh devient Premier ministre. Il consolide les nationalisations et entreprend des réformes sociales. Il sera renversé en 1953 par un coup d’État, fomenté avec l’appui des États-Unis (et regretté aujourdhui par Barack Obama). En 1979 raz-de-marée de la révolution de l’imam Khomeiny qui avait exploité les grèves sociales En 1988 la guerre avec l’Irak soutenu par les roitelets du Golfe et les Etats-Unis cesse. La guerre aura fait un million de morts. 1997 : le réformateur Mohammad Kathami est élu président de la République. Il sera reconduit en 2001. Signature d’un programme de coopération avec l’Aiea (Agence internationale de l’énergie atomique).

En 2002 : George Bush désigne l’Iran comme appartenant à «l’Axe du mal». Le 12 juin 2005 : élection présidentielle ; Mahmoud Ahmadinejad l’emporte sur l’ancien président, Hachemi Rafsandjani. En 2006, le président Ahmadinejad annonce que l’Iran «a rejoint le club des pays disposant de la technologie nucléaire». Une résolution de l’ONU exige la suspension des activités nucléaires.

Le 8 mai 2006 : Mahmoud Ahmadinejad écrit à George W.Bush pour proposer de «nouveaux moyens» de régler les tensions dans le monde, geste sans précédent depuis la révolution en 1979. Les 11-12 décembre : l’Iran organise une conférence internationale sur l’holocauste, rassemblant soixante-sept historiens et chercheurs de trente pays. Le 3 décembre 2007 : plusieurs sources occidentales annoncent l’arrêt du programme d’armement nucléaire iranien depuis 2003 dont le rapport remis par les agences américaines NSI au président George Bush qui n’en tient pas compte.

Le fils du dernier Shah Reza Pahlavi, parlant de la chute du régime de son père écrit : A l’origine, ce sont certains religieux qui ont répandu ce rejet de l’occidentalisation parce qu’ils étaient farouchement opposés à la réforme agraire et à l’émancipation des femmes, deux réformes majeures que mon père avait promues. Il y a eu progressivement une alliance entre les différentes tendances marxistes, qui étaient très en vogue parmi les intellectuels, et le clergé. Pour autant, personne ne se posait de question au sujet de Khomeiny, personnage qui ne disposait, au départ, d’aucune aura particulière. Très peu d’Iraniens avaient lu son livre, Velayat-e Fakih, dans lequel il exposait ses théories théocratiques. La gauche antioccidentale cherchait un leader porteur d’un concept simple parce que le message marxiste était trop difficile à expliquer dans une société aussi traditionnelle que l’Iran. C’est pourquoi le slogan «Allahu Akbar» («Dieu est le plus grand» a fini par l’emporter sur le reste, Khomeini les a tous dupés. Ahmadinejad est exactement ce qu’il dit de lui-même. C’est un cavalier de l’Apocalypse qui ne songe qu’au retour du douzième imam. Il croit vraiment à cette perspective eschatologique.(1)

Quel est le poids de l’Iran? L’Iran est un immense pays riche en toute énergie. La consommation de l’énergie électrique en Iran est actuellement de l’ordre de 33.000 mégawatts par an. 75% de cette énergie est produite par le gaz, La consommation dans les vingt prochaines années devrait doubler et se situer entre 70 à 80.000 mégawatts. En ce qui concerne le pétrole, les réserves iraniennes sont évaluées à 133 milliards de barils. La production actuelle est de 4 millions de barils par jour dont 2,6 à 2,9 millions sont exportés. L’exportation du pétrole constitue 80% des recettes en devises et 40% du budget de l’Etat. Il s’avère donc nécessaire pour l’Iran, dans le cadre de sa stratégie énergétique, de réduire d’ici vingt ans la part du pétrole dans la production de l’énergie électrique L’Iran dispose de 26.376 milliards de mètres cubes de réserves de gaz [ses réserves le placent au deuxième rang mondial après la Russie. La production actuelle est d’environ 84 milliards de mètres cubes dont 53% sont consommés pour la production d’électricité. En ce qui concerne l’énergie nucléaire, l’Iran possède les plus grandes mines d’uranium au Proche-Orient, l’équivalent de 43 milliards de barils de pétrole. L’objectif des autorités iraniennes est de réduire d’ici 2021 la part du gaz dans la production de l’énergie électrique de 75% actuellement à 65%, et celle du pétrole de 18 à 5%, et d’augmenter celle de l’hydroélectrique jusqu’à 20% et de produire les 10% restants par l’énergie nucléaire. La consommation pétrolière se situe en 2007 à 1,6 mb/j. On peut citer l’accroissement du parc automobile iranien qui est passé d’un million de véhicules en mars 1991-1992 à 8,5 millions en mars 2006-2007 ; la quasi-totalité de ces véhicules est produite en Iran.

C’est donc un pays sûr de lui qui vient de réélire Ahmadinejad. «Pour rappel, la stratégie de Barack Obama vis-à-vis de l’Iran, écrit Karim Pakzad, est désormais relativement connue. En quelques mois après son investiture, la rupture avec l’idéologie des néo-conservateurs américains et son émanation, la politique de George Bush, qui divisait le monde entre le "bien" et "le mal" créditant ainsi l’idée d’une "guerre entre les civilisations". Le président Barack Obama semble vouloir tenir compte du poids de l’Iran dans la région et du rôle que ce pays peut jouer pour la résolution du conflit au Proche-Orient, la stabilité en Irak et dans l’ensemble de la région, et la paix en Afghanistan. (...). Une politique de détente et de dialogue avec l’Iran suppose que les Etats-Unis ont désormais abandonné l’idée d’un changement du régime par la force. Barack Obama s’est adressé à l’occasion de Newrouz (le nouvel an iranien, le 21 mars), la fête la plus populaire en Iran au peuple et à tous les dirigeants iraniens avec un ton respectueux envers un pays qui est l’héritier d’une civilisation plusieurs fois millénaire, une puissance régionale, et une société qui est l’une des plus dynamiques du monde musulman». Karim Pakzad,Iran : la nouvelle stratégie américaine. Iris 2 juin 2009

«Les gestes d’ouverture de Barack Obama, écrit François Nicollaud, ancien ambassadeur de France en Iran, en direction de la République islamique d’Iran, marquent-ils la fin du blocage du dossier nucléaire? L’usine d’enrichissement de Natanz, qui a soulevé l’émotion internationale n’a jamais été conçue comme une installation clandestine. S’ils avaient voulu la dissimuler, les Iraniens ne l’auraient jamais construite en plein désert, où elle est aisément repérable et destructible. Jusqu’à présent le jeu occidental s’est concentré sur un objectif principal : conduire l’Iran à fermer Natanz, et à renoncer à toute activité d’enrichissement, qui est en effet l’une des deux voies d’accès à la Bombe. Mais là, c’est aller au-delà du Traité de non-prolifération, qui n’interdit aucune activité nucléaire sensible tant qu’elle ne débouche pas effectivement sur des applications militaires et qu’elle reste bien soumise aux contrôles de l’Aiea». «De fait, la vocation du programme d’enrichissement iranien, qui est au coeur de la crise, n’est pas encore affirmée : pacifique peut-être, mais de façon virtuelle tant que l’uranium légèrement enrichi de Natanz n’est pas utilisé dans une centrale électronucléaire ; Quelqu’un a dit une fois qu’on ne pouvait pas "désinventer la bombe atomique", même si cela serait une excellente chose. Dans le même esprit, si l’on veut avancer, il faut être prêt à admettre que l’on ne convaincra pas l’Iran de "désinventer" la technologie de l’enrichissement, qu’il a acquise à grand peine, et dont sa population tire une grande fierté. L’Iran peut en revanche comprendre qu’il s’agit d’une technologie sensible, dont l’usage doit être spécialement encadré. (...) Une nouvelle négociation, pour réussir, devrait partir sur de toutes autres bases. (...) Les Occidentaux doivent aussi abandonner le discours selon lequel il ne serait pas possible de discuter sérieusement avec l’Iran, tant qu’il n’aurait pas restauré leur confiance par toute une série de gestes que l’Iran juge précisément inacceptables.» (2)

Il est regrettable que l’ouverture tant vantée ne se soit pas concrétisée. Aucun pays occidental, Etats-Unis en tête, n’a appelé le président Ahmadinejad pour le féliciter. Au contraire on attend la réaction de la rue et de la presse au lieu d’être un honnête courtier qui ne rapporte que les manifestations des opposants, elle ne rapporte pas, on l’aura compris, celle des autres, des miséreux des sans-grad qui ont voté pour Ahmadinejad. On va jusqu’à parler de «révolution de velours», appelant de ses voeux l’arrivée d’une équipe dite «modérée», en comprenant par cela celle qui accepte l’Ordre des pays occidentaux, principalement l’Europe et les Etats-Unis. L’Occident a plus que jamais besoin de l’Iran. C’est lui qui détient la clé de la stabilité au Moyen-Orient. Les Etats-Unis qui «officiellement» s’interdisent toute ingérence, n’ont pas hésité à peser de tout leur poids en déclarant par vice-président interposé, que l’aide au Liban dépendra du scrutin. Si le peuple vote mal, il n’aura rien, heureusement pour lui le peuple a bien voté. L’Europe est dramatiquement pauvre en énergie.

De plus, elle est prise à la gorge par la Russie (épisode de l’Ukraine), elle cherche des sources d’approvisionnement externes, mise à part l’Algérie, qu’elle a «fidélisée» sans contrepartie, elle veut développer un gazoduc pour ramener le gaz d’Asie centrale : «le Nabucco» qui ne sera rentable que si l’Iran accepte de vendre du gaz à l’Europe. Le problème du nucléaire iranien pourrait trouver une issue dans le cadre d’une dénucléarisation du Moyen-Orient. Obama y a fait allusion dans son discours du 4 juin. On l’aura compris, le programme nucléaire israélien sera aussi à mettre sur la table d’autant que spectaculairement la Russie vient d’annoncer qu’elle serait d’accord pour un désarmement total. Il est fort à parier que Ahmadinejad sera beaucoup plus réaliste. Il a aussi ses contraintes. L’achat de matériels sophistiqués nécessaires à l’exploitation des hydrocarbures, se heurte à des réticences de plus en plus fortes

L’Iran, conscient de son isolement, pourrait accepter une solution de compromis sur l’enrichissement, sans affecter sa «souveraineté nucléaire». Le fait d’avoir imposé sur la scène internationale l’Iran est une victoire n’en déplaise aux potentats arabes et au Pharaon d’Egypte qui voient le train du progrès passer à vive allure, qui s’accrochent frénétiquement à leur «koursi» pendant que leurs peuples assoiffés de liberté et de savoir se demandent s’il y aura un jour une vraie démocratie sans verser naturellement dans le mode de vie occidental, l’Iran s’ouvre à son rythme après la chape de plomb du Shah et sa révolution blanche après l’autre chape avec les mollahs dont on sait que le sacerdoce est indexé sur le «bazar».

Tout doucement, Ahmadinejad donne une perspective d’ouverture vers la modernité sans rien abdiquer de son identité plurimillénaire et de son identité religieuse. Le développement technologique de l’Iran qui a, faut-il le rappeler, une industrie de haut niveau, produit ses avions, ses voitures, son armement et est même rentré avec panache dans le club fermé des pays ayant une technologie spatiale.

Quel pays arabe peut défier l’Iran si ce n’est par procuration américaine?.. Il est à souhaiter seulement que l’Iran ne tente plus d’exporter sa révolution. Elle redeviendra la patrie millénaire de la sagesse et du savoir, celle de Omar Kheyyam et naturellement de Djallal Eddine Roumi.

1.Christian Makarian Reza Pahlavi : Ahmadinejad est un cavalier de l’Apocalypse. L’Express. 20/02/2009
2. François Nicoullaud, Iran nucléaire : quelle sortie de crise? Iris 2 juin 2009

Pr Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechniqe Alger


Edité le 14-06-2009 à 23:51:19 par Xuan




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   Posté le 21-06-2009 à 01:02:29   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

communiqués de l'agence Xinhua :

Iran : le Conseil des gardiens de la Constitution prêt à recompter 10% des voix

20 juin 20:01:37 (Xinhua) -- Le Conseil des gardiens de la Constitution de l'Iran s'est déclaré samedi prêt à procéder à un recompte de 10% des voix des urnes, choisies au hasard, de la présidentielle du 12 juin, a rapporté la télévision nationale iranienne.
"Le Conseil des gardiens est prêt à recompter des voix des urnes contestées en présence des représentants des trois candidats vaincus à la présidentielle", a déclaré le porte-parole du Conseil, Abbas Ali Kadkhodaï, cité par la télévision.
"Le Conseil des gardiens n'est pas juridiquement obligé (de le faire)", a souligné le porte-parole, avant d'ajouter : "Nous allons recompter des voix des urnes en présence des trois candidats (vaincus)."
Le Conseil annoncera sa décision définitive quand les opérations du réexamen et du recomptage s'achèvent, a dit le porte-parole.
L'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi et l'ancien président du Parlement Mehdi Karroubi, deux candidats à la présidence vaincus, ne se sont pas présentés samedi devant le Conseil des gardiens, sans donner aucune raison.
Y a été présent l'ancien commandant des Gardiens de la révolution iraniens, Mohsen Rezaï, troisième candidat présidentiel vaincu.
Selon Abbas Ali Kadkhodaï, MM. Moussavi et Karroubi ont un délai jusque mercredi prochain pour s'exprimer devant le Conseil des gardiens.
Le 13 juin, le ministre iranien de l'Intérieur, Sadeq Mahsouli, a annoncé la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinedjad avec 62,63% contre 33,75% pour son rival Mir Hossein Moussavi.
M. Moussavi a ensuite protesté "fermement" contre les "irrégularités flagrantes" qu'il a dénoncées. Il a demandé au Conseil des gardiens de la Constitution d'annuler les résultats électoraux.
Suite à des manifestations en Iran, le dirigeant suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au Conseil des gardiens d'ouvrir une enquête sur les allégations de fraudes lors de la récente élection présidentielle.
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Iran : un seul candidat à la présidentielle se présente devant le Conseil des gardiens de la Constitution (IRNA)

TEHERAN, 20 juin 18:57:38 (Xinhua) -- L'ancien commandant des Gardiens de la révolution iraniens, Mohsen Rezaï, a été le seul candidat à se présenter samedi devant le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a convoqué les quatre candidats à la présidentielle à une réunion, selon l'agence de presse officielle IRNA.
L'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi et l'ancien président du Parlement Mehdi Karroubi, invités à cette réunion, n'y ont pas été présents, sans donner aucune raison, selon l'agence IRNA.
Le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé du contrôle législatif et électoral, est toujours "prêt" à les recevoir, selon IRNA.
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Le chef de la police iranienne met en garde contre les rassemblements illégaux

TEHERAN, 20 juin (Xinhua) 2009-06-20 20:34:29 -- Le chef de la police iranienne, le général de brigade Ahmad-Reza Radan, a averti samedi que la police traitera avec fermeté tous rassemblements illégaux à partir de maintenant et poursuivra ceux qui sont à la tête de ces activités, a rapporté la chaîne de télévision de langue anglaise, Press TV.
« Je devrais souligner qu'à partir de maintenant, tout rassemblement ayant pour but de critiquer l'élection sera illégal », a expliqué M. Radan.
« La police s'occupera avec fermeté et détermination des manifestations », a-t-il insisté, avant d'ajouter : « Ceux qui provoquent les manifestations de rue doivent savoir qu'ils seront arrêtés et poursuivis ».
D'après l'agence de presse officielle IRNA, le ministère iranien de l'Intérieur a annoncé qu'aucune permission n'a été accordée pour organiser les rassemblements dans le pays samedi.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé vendredi au calme et à la patience et a appelé les candidats vaincus à porter plainte par des canaux légaux.
Le 13 juin, le ministre de l'Intérieur Sadeq Mahsouli avait annoncé que le président sortant Mahmoud Ahmadinejad avait remporté la présidetnielle du 12 juin avec 62,63 % des voix, par rapport à 33,75 % des voix pour son rival Mir Hossein Moussavi.
Après la déclaration officielle, M. Moussavi a protesté « fermement » contre les infractions pendant l'élection présidentielle. Il a également appelé le Conseil des gardiens de la constitution à annuler les résultats de l'élection.
Les partisans de M. Moussavi ont participé aux rassemblements massifs à Téhéran et dans d'autres villes ces derniers jours.

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   Posté le 21-06-2009 à 19:02:29   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article de Thierry Meyssan met en cause directement les manipulations US dans la confusion sur le résultat des élections, et apporte un éclairage nouveau sur la "fraude électorale".
Sans partager le point de vue de T. Meyssan sur les classes qui dirigeant la société iranienne, il me paraît nécessaire de publier cet article, compte tenu du matraquage médiatique et des ingérences manifestes des pays occidentaux dans les affaires iraniennes :


De Mossadegh à Ahmadinejad
La CIA et le laboratoire iranien


par Thierry Meyssan*
La nouvelle d’une possible fraude électorale s’est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l’ayatollah Rafsanjani contre ceux de l’ayatollah Khamenei. Ce chaos est provoqué en sous-main par la CIA qui sème la confusion en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires. Thierry Meyssan relate cette expérience de guerre psychologique.

En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a admis que l’administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l’hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].

À l’époque, l’Iran est contrôlée par une monarchie d’opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l’officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l’aide de l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu’il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l’Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l’aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l’époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.

L’opération Ajax fut dirigée par l’archéologue Donald Wilber, l’historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l’opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l’impression d’un soulèvement populaire alors qu’il s’agit d’une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l’Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].

L’Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l’Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l’administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l’action secrète. À l’issue de l’élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d’un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l’autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.
Une nouvelle fois, l’Iran est un champ d’expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s’appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.

Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’interception des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].

Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».

C’est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].

À l’inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l’opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s’agit là d’un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c’est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l’opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l’intérêt des Israéliens.

Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].
Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].

Cette méthode vient d’être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.

En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n’a paru possible, même s’il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.

Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s’abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l’évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d’État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].



Messages describing death threats, police bursting into homes, etc. sent by authors who cannot be indentified or located.

Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :
régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic).

Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de créer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.
Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l’évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n’est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu’ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu’ils n’ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.


Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban


[1] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.
[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.
[3] Sur le coup de 1953, l’ouvrage de référence est All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l’or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.
[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.
[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.
[6] « NSA offering ’billions’ for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.
[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.
[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.
[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.
[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.
[11] L’auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.
[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.
[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.
[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.

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Cet article est également extrait du réseau Voltaire.net
Il appartient aux communistes iraniens de faire l'analyse des différentes fractions de la bourgeoisie iranienne. L'expression "national-populiste" ne me paraît pas la plus appropriée pour définir quelle partie de la bourgeoisie représente Mahmoud Ahmadinejad, mais là n'est pas l'essentiel.
A l'évidence, nous assistons à une opération de déstabilisation de la même eau que lors des émeutes au Tibet.
L'impérialisme américain n'a pas changé de nature mais tente d'utiliser des manœuvres de subversions plus sournoises, calquées sur les "révolutions oranges" en Europe de l'est.


La réalité de classe et la propagande impériale
Iran : le bobard de l’ « élection volée »


par James Petras*

L’analyse des résultats de l’élection présidentielle iranienne, au vu des votes précédents et des sondages commandés sur place par les États-Unis, ne laisse pas de doute : Mahmoud Ahmadinejad est largement réélu. Ceci n’est guère surprenant, observe le professeur James Petras : le peuple a voté pour un national-populiste, tandis que seules les élites occidentalisées ont voté pour le candidat libéral, chouchou des médias occidentaux. Le même phénomène a déjà été observé dans d’autres pays.


« Pour les pauvres, le changement, cela signifie avoir à manger et avoir du travail ; ça n’est une question ni de code vestimentaire branché, ni de récréations mixtes… En Iran, la politique a énormément plus à voir avec la lutte des classes qu’avec la religion »
Editorial du Financial Times, 15 juin 2009.

Il n’est quasiment pas d’exemple d’une élection dans laquelle la Maison-Blanche ait eu un intérêt important, et dans laquelle la défaite du candidat pro-US n’eût été dénoncée comme « illégitime » par l’élite politique et médiatique (occidentale) dans son entièreté… Dans la dernière période, la Maison-Blanche et l’arrière-ban de son camp ont crié au scandale après des élections entièrement libres (et supervisées par des observateurs internationaux) au Venezuela et à Gaza, tout en fabriquant allègrement un « succès électoral » au Liban, en dépit du fait que la coalition emmenée par le Hezbollah y a recueilli plus de 53 % des suffrages.

Les récentes élections, le 12 juin 2009, en Iran sont un classique du genre : le président sortant nationaliste-populiste Mahmoud Ahmadinejad a recueilli 63,3 % des suffrages (soit 24,5 millions de voix), tandis que le candidat de l’opposition libérale soutenue par l’Occident, Hossein Mousavi, a recueilli 34,2 % des suffrages (soit 13,2 millions de voix).

Cette élection présidentielle a motivé plus de 80 % de l’électorat, avec notamment un vote outre-mer sans précédent de 234 812 électeurs, dans lequel Mousavi a remporté 111 792 suffrages, et Ahmadinejad, 78 300. L’opposition, emmenée par Mousavi, n’a pas accepté sa défaite, et elle a organisé une série de manifestations de masse, qui ont pris un tour violent, entraînant l’incendie et la destruction d’automobiles, de banques, de bâtiments publics, ainsi que des affrontements armés avec la police et d’autres services d’ordre. C’est la quasi-totalité du spectre des décideurs politiques occidentaux, y compris tous les principaux médias papier et électroniques, les principaux sites ouèbes libéraux, radicaux, libertaires et conservateurs qui ont fait écho à l’allégation faite par l’opposition iranienne d’une fraude électorale généralisée. Les néoconservateurs, les conservateurs libertariens et les trotskystes ont joint leurs voix à celle des sionistes, saluant les protestataires de l’opposition iranienne, voulant y voir une garde avancée d’on ne sait trop quelle « révolution démocratique ». (Aux États-Unis), les Démocrates et les Républicains ont condamné le régime actuel en Iran, refusant de reconnaître le score de ces élections et saluant les efforts des protestataires visant à en renverser le résultat.

Le New York Times, CNN, le Washington Post, le ministère israélien des Affaires étrangères et toute la direction du Conseil des Présidents des Plus grandes Associations Juives Américaines (Presidents of the Major American Jewish Organizations) en ont appelé à des sanctions renforcées contre l’Iran, proclamant l’ouverture faite par Obama en vue d’un dialogue avec ce pays « morte et enterrée ».

Le bobard de la fraude

Les dirigeants occidentaux ont rejeté les résultats des élections iraniennes parce qu’ils « savaient » que leur candidat réformiste ne pouvait perdre… Depuis des mois, ils publiaient quotidiennement des interviews, des éditoriaux et des reportages depuis le terrain, « passant en revue » les échecs de l’administration d’Ahmadinejad ; ils citaient le soutien de clercs, d’anciens responsables gouvernementaux, de commerçants du bazar et, par-dessus tout, de femmes et de jeunes bobos urbains parlant couramment l’anglais, comme gage de la victoire inéluctable de Mousavi, dont ils nous annonçaient qu’elle serait de l’ampleur d’un raz-de-marée. Une victoire de Mousavi nous était présentée comme une victoire « des modérés », telle était tout du moins la présentation de ce cliché vide de sens dont la Maison-Blanche nous a gratifiés. Des universitaires libéraux éminents en ont déduit que les élections avaient nécessairement été bidonnées, le candidat de l’opposition, Mousavi, ayant été mis en minorité dans son enclave ethnique, parmi les Azéris… D’autres universitaires ont prétendu que le « vote de la jeunesse » - en se basant sur leurs interviews d’étudiants des classes supérieure et moyenne habitant dans les quartiers huppés du nord de Téhéran étaient, dans leur écrasante majorité, favorables au candidat dit « réformiste ».

Ce qu’il y a d’étonnant, dans la condamnation occidentale unanime du résultat de cette élection, présenté comme frauduleux, c’est le fait qu’il n’y ait pas le commencement du début de la moindre preuve, ni sous forme écrite, ni sous forme d’observations, qui nous ait été présentée, ni avant, ni une semaine après le dépouillement des bulletins de vote. Durant toute la campagne électorale, aucune accusation crédible (ni même, d’ailleurs, aucune accusation douteuse) de tripatouillage électoral n’avait été émise. Aussi longtemps que les médias occidentaux ont continué à croire à leur propre propagande concernant une victoire immanente de leur candidat-fétiche, le processus électoral a été présenté comme hautement libre, animé de débats publics enflammés et de niveaux sans aucun précédent d’activité publique, sans aucune entrave attribuable à un excès de prosélytisme public. Les dirigeants et les mass media occidentaux étaient à ce point persuadés d’avoir affaire à des élections totalement libres et ouvertes qu’ils étaient persuadés que leur candidat chouchou ne pouvait que gagner.

Les médias occidentaux se sont reposés sur leurs reporters couvrant les manifestations monstres des partisans de l’opposition, ignorant et minimisant l’énorme score réalisé par Ahmadinejad. Pire : les média occidentaux ont ignoré la composition sociale des manifestations opposées, celles des partisans d’Ahmadinejad – le fait que le candidat élu bénéficiait du soutien de la classe bien plus nombreuse des ouvriers pauvres, des artisans et des fonctionnaires, alors que l’essentiel des manifestants de l’opposition appartenait aux étudiants de la haute et de la moyenne bourgeoisies, ainsi qu’à la classe des hommes d’affaires et des professions libérales.

De plus, la plupart des leaders d’opinion et des journalistes occidentaux basés à Téhéran ont extrapolé leurs projections à partir de leurs observations dans la capitale – ils sont très rares à s’aventurer dans les provinces, dans les villes, petites et moyennes, et dans les villages où Ahmadinejad bénéficie de l’essentiel de ses soutiens. S’ajoute à cela le fait que les partisans de l’opposition constituent une minorité agissante d’étudiants facilement mobilisables pour des manifs dans les rues, alors que les soutiens à Ahmadinejad se situent dans la majorité de la jeunesse ouvrière et chez les femmes au foyer, qui allaient pouvoir s’exprimer dans les urnes et n’avaient ni le temps ni l’envie de se lancer dans la politique de la rue.

Un certain nombre de mandarins de la presse, dont Gideon Rachman, du Financial Times, avancent en guise de preuve qu’il y a eu fraude, le fait qu’Ahmadinejad a remporté 63 % des suffrages dans la province turcophone peuplée par des Azéris, ce, au détriment de son adversaire, Mousavi, qui est lui-même d’origine azérie. L’on a affaire, là, à ce présupposé simpliste selon lequel l’identité ethnique ou l’appartenance à un groupe linguistique (et non les intérêts sociaux, ou de classe) seraient les seuls facteurs possibles permettant d’expliquer un comportement électoral…

Un examen plus approfondi des résultats relevés dans la région orientale azerbaïdjanaise de l’Iran révèle que Mousavi n’a obtenu la majorité que dans la seule ville de Shabestar, dans les classes moyenne et supérieure (et avec seulement une faible marge), alors qu’il s’est fait laminer dans les zones rurales, bien plus importantes, où la politique de redistribution sociale du gouvernement Ahmadinejad avait aidé les Azéris à se désendetter, à obtenir des crédits à des taux modiques et, pour les paysans, à accéder sans difficulté à des prêts. Mousavi a effectivement gagné dans la partie occidentale de la région de l’Azerbaïdjan iranien, en se servant de ses attaches ethniques pour conquérir les votes des citadins. Dans la province très fortement peuplée de Téhéran, Mousavi a battu Ahmadinejad dans les centres urbains de Téhéran et de Shemiranat grâce aux voix des circonscriptions où habitent les classes moyennes et supérieures, alors qu’il a été laminé dans les banlieues ouvrières voisines, ainsi que dans les petites villes et dans les districts ruraux.

L’accent mis de manière brouillonne et délibérément fallacieuse sur le « vote ethnique », invoqué par des journalistes du Financial Times et du New York Times afin de justifier le fait qu’ils qualifiaient la victoire électorale d’Ahmadinejad d’ « élections volées » n’a d’égal que le refus arbitraire et délibéré, par les médias, de reconnaître un sondage d’opinion publique effectué à l’échelle de tout l’Iran et de manière scientifiquement rigoureuse par deux experts états-uniens, trois semaines seulement avant le vote, qui montrait qu’Ahmadinejad avait une avance telle qu’il pouvait remporter plus du double des voix de son adversaire —c’est-à-dire une marge encore plus importante que celle de sa victoire électorale, le 12 juin—. Ce sondage montrait que chez les électeurs d’origine azérie, Ahmadinejad bénéficiait de deux fois plus de voix que Mousavi, ce qui démontrait à quel point les intérêts de classe incarnés par un candidat sont capables d’occulter l’identité ethnique de l’autre [1]. Le sondage a également démontré à quel point les questions de classe, en fonction des groupes d’âges, avaient plus d’influence sur la formation des préférences politiques des personnes interrogées que des considérations de « style de vie » de telle ou telle génération. Selon ce sondage, plus des deux-tiers des jeunes Iraniens étaient trop pauvres pour avoir accès à un ordinateur, et ceux ayant entre 18 et 24 ans « constituaient le bloc électoral le plus puissant en faveur d’Ahmadinejad, parmi toutes les autres catégories d’électeurs » [2]. Le seul groupe qui soutenait avec constance Mousavi était celui des étudiants d’université et des diplômés, des entrepreneurs et de la classe moyenne supérieure. Le « vote jeune », que les médias occidentaux nous encensent en nous le présentant comme « favorable aux réformistes », représentait une minorité nette, atteignant moins de 30 % des intentions de vote, mais originaires de milieux sociaux très privilégiés, très largement anglophones, bénéficiant d’une sorte de monopole dans les médias occidentaux. Leur présence envahissante dans les informations présentées en Occident a généré ce qui a pu être qualifié de « Syndrome de Téhéran-Nord », partie de la capitale où se trouve l’enclave de la classe supérieure friquée dont la plupart de ces étudiants sont les enfants. Ces bobos ont beau avoir la langue bien pendue, être tirés à quatre épingles et parler l’anglais d’Oxford, ils ont été totalement balayés, dans le secret des urnes.

De manière générale, Ahmadinejad a fait de très bons scores dans les provinces pétrolifères dotées d’industries chimiques. Cela peut être un reflet de l’opposition des travailleurs de la pétrochimie à un programme « réformiste », qui comportait des propositions de « privatisations » d’entreprises publiques. De la même manière, le président élu a eu de très bons résultats dans toutes les provinces frontalières, en raison de son insistance sur le renforcement de la sécurité nationale contre les menaces américaines et israéliennes, dans le cadre de l’escalade des attaques terroristes transfrontalières sponsorisées par les États-Unis, venant du Pakistan, et des incursions soutenus par Israël depuis le Kurdistan irakien, qui ont entraîné la mort de dizaines de citoyens iraniens. La sponsorisation et le financement massif des groupes responsables de ces attaques terroristes sont une politique officielle des États-Unis, héritée de l’administration Bush, mais que le Président Obama n’a nullement répudiée ; de fait, cette politique a connu une escalade durant les semaines ayant précédé les élections.

Ce que les commentateurs occidentaux et leurs protégés iraniens ont ignoré, c’est le puissant impact que les guerres et les occupations désastreuses des États-Unis en Irak et en Afghanistan ont eu sur l’opinion publique iranienne : la position extrêmement forte d’Ahmadinejad en matière de défense contrastait avec la posture de défense molle de la plupart des propagandistes de l’opposition, dans ces élections.

L’immense majorité des électeurs du président actuel ont probablement eu le sentiment que les intérêts de leur sécurité nationale, l’intégrité du pays et le système de sécurité sociale, en dépit de tous ses défauts et de ses excès, seraient mieux défendus et améliorés avec Ahmadinejad au pouvoir, qu’avec de jeunes technocrates des classes aisées, soutenus par l’Occident, qui placent leur style de vie égoïste boboïsé au-dessus des valeurs et de la solidarité partagées par le peuple iranien.

L’analyse démographique des électeurs met en évidence une réelle polarisation de classe, qui dresse des individus bénéficiant de hauts revenus, partisans du libre marché, capitalistes et individualistes, contre une classe laborieuse ayant de faibles revenus, fortement solidaires entre eux, partisans d’une « économie morale » dans laquelle l’usure et le profit sont strictement limités par des préceptes religieux. Les attaques ouvertes d’économistes oppositionnels contre les dépenses sociales du gouvernement, contre sa politique de crédit accessible et de très généreux subventionnement des produits alimentaires de première nécessité ne les ont pas vraiment fait apprécier par la majorité des Iraniens, qui bénéficient de ces programmes sociaux du gouvernement. L’État était considéré (par ceux-ci) comme le protecteur et le bienfaiteur des travailleurs pauvres contre le « marché », qui représentait à leurs yeux la richesse, le pouvoir, les privilèges et la corruption. Les attaques de l’opposition contre la politique étrangère « intransigeante » du régime et contre ses positions « lui aliénant » l’occident n’ont trouvé d’écho qu’auprès des seuls étudiants ultralibéraux et des affairistes de l’import-export. Aux yeux de l’immense majorité des Iraniens, la mobilisation et la menace d’escalade militaires du régime ont évité à l’Iran une attaque armée des Etats-Unis et/ou d’Israël.

L’ampleur du retard électoral de l’opposition devrait nous dire à quel point cette opposition est totalement coupée des préoccupations quotidiennes vitales de son propre peuple. Cela devrait rappeler à ses membres qu’en se rapprochant de l’opinion occidentale, ils ne font que s’éloigner d’autant de l’intérêt quotidien de ceux qui vivent moins bien que la classe moyenne et en-dehors des grilles du campus hyper-privilégié de l’Université de Téhéran pour leur sécurité, leur logement, leur boulot et les prix des produits alimentaires subventionnés qui leur rendent la vie tolérable.

La victoire électorale d’Ahmadinejad, vue sous une perspective historique comparative, ne saurait nous surprendre. Dans des contextes électoraux similaires, opposant des nationalistes-populistes à des libéraux pro-occidentaux, ce sont toujours les populistes qui l’ont emporté. Les exemples passés incluent Peron en Argentine et, plus récemment, Chavez au Venezuela, Evo Morales en Bolivie et même Lula da Silva au Brésil, qui, tous, ont fait preuve d’une capacité à s’assurer près de 60 % des voix, voire davantage encore, lors d’élections parfaitement libres et démocratiques. Les majorités d’électeurs, dans ces pays, préfèrent le bien-être social à la liberté débridée des marchés, ils préfèrent la sécurité nationale à l’alignement sur tel ou tel empire militaire.

Les conséquences de la victoire électorale d’Ahmadinejad peuvent désormais faire débat. Les États-Unis peuvent en conclure que le fait de continuer à soutenir une minorité, certes fort en voix, mais néanmoins battue à plate couture, ne présage rien de bon en matière d’obtention de concessions sur l’enrichissement d’uranium ou l’abandon, par l’Iran, de son soutien au Hezbollah et au Hamas. Une approche réaliste consisterait plutôt à ouvrir un débat extrêmement large avec l’Iran, et à reconnaître, comme l’a fait observer récemment le sénateur Kerry, que le fait d’enrichir de l’uranium ne saurait représenter une menace vitale pour qui que ce soit. Cette approche différerait du tout au tout d’avec celle des sionistes américains infiltrés dans le régime Obama, qui suivent leurs chefs, en Israël, qui poussent à une guerre préventive contre l’Iran, et recourent à l’argument ô combien spécieux selon lequel il n’y aurait pas de négociation possible avec un gouvernement « illégitime », à Téhéran, « illégitime », puisqu’il aurait « volé son élection » !..

Des événements récents indiquent que les dirigeants politiques en Europe, et même certains d’entre eux, à Washington, n’acceptent pas la version des mass médias sionistes, selon laquelle les élections en Iran auraient été « volées ». La Maison-Blanche n’a pas suspendu son offre de négociations avec le gouvernement nouvellement réélu, elle s’est plutôt focalisée sur la répression contre les protestataires oppositionnels (et non pas sur l’élection elle-même). De la même manière, les vingt-sept pays membres de l’Union européenne ont exprimé leur « sérieuse préoccupation au sujet de la violence en Iran », et ils ont appelé à ce que « les aspirations du peuple iranien soient satisfaites par des moyens pacifiques » et à ce que « la liberté d’expression soit respectée » [3]. A l’exception du président « français » Sarkozy, aucun leader européen n’a remis en cause le résultat des élections iraniennes.

Le joker, au lendemain de ces élections, c’est la réaction israélienne : Netanyahu a signalé à ses partisans sionistes aux États-Unis qu’ils devaient recourir au bobard de la « fraude électorale » afin d’exercer une pression maximale sur le régime Obama et de le contraindre à mettre un terme à tous ses projets de rencontrer le régime Ahmadinejad récemment confirmé par les suffrages populaires.
Paradoxalement, ce sont les commentateurs états-uniens (de gauche, de droite et du centre) qui ont gobé le bobard de la fraude électorale en Iran qui ont, par inadvertance, fourni à Netanyahu et à ses pantins états-uniens les arguments et les falsifications qu’ils diffusent abondamment : là où ils voient des guerres religieuses, nous voyons des luttes entre classes ; là où ils inventent une fraude électorale, nous constatons une tentative de déstabilisation impérialiste…

James Petras
James Petras est professeur émérite de sociologie à l’université Binghamton de New York. Intellectuel emblématique de la gauche américaine, il est l’auteur de nombreux ouvrages. James Petras est membre de la conférence « anti-impérialiste » Axis for Peace organisée par le Réseau Voltaire

Traduction Marcel Charbonnier

[1] Washington Post, 15 juin 2009
[2] Washington Post, 15 juin 2009
[3] Financial Times, 16 juin 2009, p. 4.

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Le gouvernement iranien dénonce les ingérences et les manipulations occidentales



[Le Point] Téhéran accuse les "agents étrangers", les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, les médias occidentaux et les "terroristes" d'être les vrais responsables des troubles qui secouent l'Iran depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad. Dernière victime en date de cette offensive, le correspondant permanent de la BBC britannique, Jon Leyne, a reçu l'ordre dimanche de quitter le pays sous 24 heures.

La diplomatie iranienne se met ainsi au diapason du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, du président Mahmoud Ahmadinejad et du chef adjoint de la police Ahmad-Reza Radan, qui avaient mis en cause la presse internationale dans les manifestations. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi est allé dimanche jusqu'à qualifier la Voix de l'Amérique, la radio financée par le Congrès américain, et la BBC britannique de "poste de commandement des émeutes".

Dimanche également, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a accusé Londres d'avoir comploté contre le scrutin présidentiel. "La Grande-Bretagne a comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans", a déclaré le ministre lors d'une rencontre avec des diplomates étrangers, cité par la chaîne officielle satellitaire de langue anglaise, Press TV. "Nous avons observé un afflux (de Grande-Bretagne) avant les élections", a-t-il avancé, évoquant la présence d'éléments "liés aux services secrets britanniques". La Grande-Bretagne voulait que "personne n'aille voter", a-t-il ajouté, "c'était la ligne des médias britanniques". La Grande-Bretagne a nié "catégoriquement" ces accusations.

Le spectre du terrorisme

L'Iran a aussi très mal pris les critiques croissantes des pays occidentaux sur le déroulement du scrutin et la répression des manifestations. La France n'a pas été oubliée, M. Mottaki qualifiant d'irresponsables des propos de son homologue Bernard Kouchner, et demandant à cet effet des excuses de Paris. Le ministre avait évoqué une "expression de révolte démocratique" pour parler des manifestations de l'opposition.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a "recommandé" à Washington et à Londres de "corriger" leur "position d'ingérence" . Téhéran avait fait part de son déplaisir en convoquant en milieu de semaine les ambassadeurs de France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, ainsi que de Suisse qui représente les intérêts américains. Les autorités ont aussi ranimé le spectre du terrorisme depuis quelques jours en diffusant sur les télévisions publiques des reportages sur les Moudjahidine du peuple (OMPI), la principale force d'opposition, en exil. Le guide suprême avait averti vendredi que des agents pourraient "se cacher dans les rangs du peuple (pour commettre) un acte terroriste". Les autorités ont fait état le lendemain d'un attentat suicide survenu au mausolée de l'imam Khomeiny, à Téhéran, acte dont l'auteur serait mort en faisant trois blessés.


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   Posté le 19-07-2009 à 23:59:26   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L’alliance Téhéran-Moscou-Pékin et les élections iraniennes :


Rafsandjani acclamé au cri de « Mort à la Russie ! Mort à la Chine ! »


lu sur le site Voltaire

La prière du vendredi 17 juillet 2009, à Téhéran, conduite exceptionnellement par l’ayatollah Rafsandjani a relancé le mouvement de contestation en présence de son candidat défait à l’élection présidentielle, Hussein Mousavi.

Pour redynamiser l’opposition, les partisans de l’ancien président Rafsandjani ont choisi d’assumer publiquement leurs liens avec les États-Unis et de contester la politique étrangère de l’actuel président Ahmadinedjad.

L’ayatollah Rafsandjani, homme le plus riche d’Iran, a construit une partie de sa fortune personnelle sur les commissions versées lors de contrats secrets d’armement avec les États-Unis et Israël, connus sous le nom d’Irangate.

Pendant la campagne électorale, M. Mousavi s’était prononcé pour l’apaisement avec Washington, l’arrêt du soutien au Hezbollah et au Hamas, l’ouverture à la globalisation économique et la privatisation des ressources pétrolières.

Lors de la prière du vendredi 17 juillet, les partisans du courant Khamenei-Ahmadinejad ont scandé « Mort à l’Amérique ! », tandis que ceux du courant Rafsandjani-Mousavi sont parvenus à couvrir leur voix en scandant « Mort à la Russie ! Mort à la Chine ! ».

Pour l’analyste politique états-unien Webster Tarpley, ce nouveau slogan montre que les organisateurs US de la « révolution verte », à défaut de placer leurs partenaires au pouvoir, sont parvenus à imposer leur problématique. L’objectif de Washington, maintes fois formulé par Zbigniew Brzezinski (le formateur de Barack Obama), est non seulement de prendre le contrôle du pétrole iranien, mais surtout de casser l’alliance Téhéran-Moscou-Pékin et de faire voler en éclats l’Organisation de coopération de Shanghai.

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   Posté le 26-08-2009 à 00:51:51   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

«Nous suivions Clotilde Reiss avant son arrestation»

Propos recueillis par Emeline Cazi | 25.08.2009, 07h00
le parisien


Libérée sous caution le 16 août, mais tenue de demeurer à l’ambassade de France à Téhéran, Clotilde Reiss, 24 ans, est toujours dans l’attente d’une libération définitive. La justice iranienne soupçonne l’étudiante d’avoir participé à une manifestation contestant l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin et l’accuse même d’« espionnage ».

«Je crois que le procureur et le juge iraniens vont nous faire attendre en reportant la date du verdict », déclarait la semaine dernière Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères. Pour la première fois, Medhi Miraboutalebi, ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, accepte de s’expliquer sur ce dossier et sur les relations entre la France et son pays.

Qu’est-ce que l’Iran reproche à Clotilde Reiss ?
Medhi Miraboutalebi. Mme Reiss a fait des études de géopolitique, elle s’intéresse à l’Iran, elle parle persan, mais elle n’est pas professeur de français. A partir de là, trois questions se posent. Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d’un professeur de langue ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d’enrichissement d’uranium ? Et enfin, pourquoi choisit-elle une université technologique où l’on n’étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité ?

Vous ne croyez donc pas qu’il s’agisse d’une simple étudiante ?
Cette jeune femme a effectué entre juin et septembre 2007 un stage sur les technologies nucléaires à la direction des applications militaires du CEA (Commissariat à l’énergie atomique). Elle a rédigé un mémoire intitulé : « Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire ». Ce document justifie nos doutes à son égard.

Faites-vous une relation avec le fait que son père travaille au CEA ?
Nous étions au courant, mais nous ne prenons pas en compte cet élément.

Pour autant, vous ne disposez que de soupçons, vous n’avez rien de concret contre Clotilde Reiss…
Son dossier compte huit chefs d’accusation. Elle les a tous reconnus lors de son procès. Cette dame est partie en Iran avec un visa de trente jours pour enseigner le français. Sur place, elle a fait une demande de prolongation. Lorsque son visa a expiré une deuxième fois, elle aurait dû quitter le pays, mais elle a continué à séjourner illégalement. En apparence, elle est partie pour donner des cours de français à Ispahan. Alors pourquoi s’est-elle retrouvée pendant quinze jours dans les manifestations de Téhéran ?

Etait-elle surveillée en Iran ?
Oui, nous la surveillions dès lors qu’elle était sur le territoire iranien. Sinon, comment aurions-nous pu l’arrêter ?

Selon vous, c’est donc une espionne ?

C’est l’un des chefs d’accusation, mais personne ne peut se prononcer à la place du magistrat.

Vous affirmez qu’elle a tout avoué. En France, on pense qu’elle y a été forcée…
Ces pratiques n’existent pas en Iran pour une raison simple : nos croyances religieuses nous interdisent de mentir et de faire avouer sous la contrainte. L’ambassadeur de France a rendu visite à M m e Reiss et a pu constater que ses conditions de détention étaient tout à fait confortables.

Sait-on quand le jugement sera rendu ?

L’accusée a été interrogée et a pu être libérée sous caution (NDLR : 300 000 $, soit 213 000 € en attendant le verdict, comme l’autorisent les lois iraniennes. A présent, c’est au juge de décider entre la prison, la liberté ou l’amende. Pour la date, je vous invite à lui poser vous-même la question. Ce qui est certain, c’est que ce sera moins long qu’en France.

Les relations entre la France et l’Iran sont extrêmement tendues…

Le ministre français des Affaires étrangères dit que la France n’a pas de relations avec les autorités iraniennes. Cela veut dire quoi ? N’est-ce pas justement de sa responsabilité ? Que fait la France pour améliorer les liens ? Depuis deux mois, je fais tout mon possible pour que le climat s’apaise et éviter que les choses ne dégénèrent. La France a choisi de s’ingérer dans les affaires iraniennes immédiatement après l’élection et diffuser ses messages de propagande à l’opinion publique.


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   Posté le 10-10-2009 à 20:29:49   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Confirmation : Hillary Clinton admet que les USA ont manipulé la « révolution verte » en Iran



voltairenet

Les articles de James Petras et Thierry Meyssan, publiés par le Réseau Voltaire, dénonçant la « révolution verte » en Iran comme une manipulation des États-Unis pour déstabiliser ce pays ont fait le tour du monde et soulevé bien des polémiques. De nombreux médias se sont indignés de leurs analyses qui, par « anti-américanisme primaire », ne sauraient pas apprécier le grandiose soulèvement des Iraniens luttant pour leur liberté. Aux États-Unis, le département d’État a nié avoir connaissance de quelque ingérence que ce soit

(photo : à Téhéran, les manifestants brandissent des pancartes… en anglais).
Sur cette base, l’opposition républicaine a vivement critiqué la passivité de l’administration Obama.

Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.

En voici le script :

— Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en-bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?


— Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.

voir la video


Le département d’État étend son dispositif de déstabilisation dans le Golfe


voltairenet

L’administration Obama a décidé de renommer l’Iran Democracy Fund. Ce programme, créé par l’administration Bush en 2006 en vue de la « révolution verte » s’appellera désormais Near East Regional Democracy Fund (NERD).

Cette décision vise avant tout à ne plus mettre l’opposition iranienne dans l’embarras. Il était en effet difficile de nier que les « réformateurs » et leur « révolution verte » étaient subventionnés par Washington quand une ligne ad hoc apparaissait officiellement dans le budget du département d’État.

Il se peut aussi que ce changement de nom autorise de nouvelles opérations de déstabilisation dans d’autres États de la région. On pense notamment au Bahrein, un État sunnite à population majoritairement chiite. Bien que cette monarchie constitutionnelle soit alliée des États-Unis, il serait intéressant pour Washington d’y susciter une révolution de manière à créer artificiellement des leaders révolutionnaires chiites concurrents de Téhéran.

Quoi qu’il en soit, Hillary Clinton devrait prochainement arbitrer entre l’USAID, le Bureau des affaires proche-orientales et le Bureau pour la démocratie qui se disputent la gestion du nouveau fond. Au demeurant, —récession économique oblige— celui-ci ne dispose pour le moment que d’une dotation de 25 millions de dollars pour 2009 (contre 66 millions de dollars pour son prédécesseur, l’Iran Democracy Fund, en 2008).


Edité le 10-10-2009 à 20:38:52 par Xuan




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   Posté le 30-12-2009 à 23:19:23   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Publié par l'agence Xinhua aujourd'hui :

Le président iranien accuse les Américains et les Israéliens d'êtrederrière les événements de Téhéran




TEHERAN, 29 décembre (Xinhua) -- Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé les Etats-Unis et Israël d'être derrière les manifestations antigouvernementales à Téhéran, rapporte l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Selon les médias iraniens, huit personnes ont trouvé la mort et plus de 300 autres ont été blessées dans les affrontements entre les manifestants antigouvernementaux et la force de sécurité dans la capitale, lors de la commémoration de l'Achoura des musulmans dimanche.

"Les Iraniens ont vu beaucoup de telles pièces. Les sionistes et les Américains qui sont commissionnaires de ces pièces seraient les seuls spectateurs" , a indiqué le président Ahmadinejad.

Il a critiqué le président américain Barack Obama et le gouvernement britannique pour leurs positions sur les manifestations de Téhéran, affirmant que " nous leur avons conseillé plusieurs fois" .

Lundi, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a demandé à l'Iran de "respecter les droits humains de leurs propres citoyens" . Le même jour, M. Obama a condamné la répression des manifestants en Iran.


Iran: le chef du parlement recommande "la plus sévère peine" pour les manifestants pendant la fête de l'Achoura


TEHERAN, 29 décembre (Xinhua) -- Le président du Majlis ( parlement) iranien, Ali Larijani, a recommandé vivement "la peine la plus sévère" pour les manifestants antigouvernementaux lors de la fête de l'Achoura, a rapporté mardi la chaîne de télévision satellitaire locale Press TV.

"Le Majlis invite les officiels des ministères de l'Intérieur, des Renseignements et de la Justice à arrêter les profanateurs de la rzligion et à infliger la peine la plus sévère à ces individus hostiles au gouvernement" , a indiqué Larijini selon le reportage.

Des affrontements sporadiques ont été enregistrés dans certaines parties du centre ville de Téhéran dimanche et les forces de police ont tiré en l'air et utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants antigouvernementaux, selon Press TV.

L'Achoura est le jour de commémoration chez les musulmans chiites du décès du petit-fils du prophète Mohammed, l'Imam Hussein, tué et enterré à Karbala en 680.

Les pèlerins d'Iran et de certains autres pays s'habillent généralement en noir et effectuent une marche dans les rues ou se rassemblent dans les mosquées pour commémorer la journée.

Les officiels religieux iraniens considèrent le soulèvement d'un tel jour comme une profanation des valeurs religieuses.


Edité le 30-12-2009 à 23:23:14 par Xuan




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   Posté le 31-12-2009 à 23:54:09   Voir le profil de Xuan (Online dans la catégorie Ecrit un message)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Mise à jour 31.12.2009 - agence de presse Xinhua


Le Venezuela accuse les Etats-Unis de déstabiliser l'Iran



Le Venezuela a accusé mercredi les Etats-Unis de déstabiliser l'Iran en fomentant des manifestations violentes dans ce pays asiatique.

Le Venezuela dénonce les tentatives de déstabilisation "promues par le gouvernement américain à l'encontre du gouvernement et du peuple iraniens" , a indiqué le ministère vénézuélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Le Venezuela s'étonne qu'un groupe de pays, dirigé par l'Empire d'Amérique du Nord, se fasse l'écho d'une campagne visant à diviser et semer la violence parmi les Iraniens, ce qui viole les normes fondamentales des principes de paix, de non-ingérence et du respect de la souveraineté" , poursuit le communiqué.

Le Venezuela a aussi exprimé sa solidarité avec l'Iran, "dans sa lutte pour la consolidation de la révolution islamique."

Lors de la commémoration annuelle de l'Achoura, célébrée par des musulmans chiites dimanche à Téhéran, des manifestants antigouvernementaux ont affronté les forces de sécurité. Huit personnes ont trouvé la mort dans les heurts.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi que les manifestations antigouvernementales de dimanche à Téhéran ont été orchestrées par Israël et les Etats-Unis.



Les Etats-Unis préparent des sanctions contre l'Iran



Les Etats-Unis préparent des sanctions contre l'Iran en ciblant probablement le Corps des gardiens de la révolution, ont rapporté mercredi les médias locaux.

Au fur et à mesure que la date limite de la fin de l'année fixée pour que l'Iran coopère avec les grandes puissances se rapproche, l'administration Obama a établi que Téhéran ne changera probablement pas son refus de coopérer, et examine actuellement les contours précis des sanctions, selon le journal américain The Washington Post qui citait des sources anonymes de l'administration.

Figurent en bonne place sur la liste des probables cibles le Corps d'élite des gardiens de la révolution, qui joue un rôle de plus en plus important à la fois sur le plan politique qu'économique. Le papier a indiqué que cette unité paramilitaire se trouve aussi au coeur des affrontements entre manifestants antigouvernementaux et les forces de sécurité éclatés récemment à Téhéran et ailleurs.

Les Etats-Unis vont probablement renforcer les sanctions en les déployant de façon simultanée dans trois directions. Premièrement, à travers le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a imposé trois séries de sanctions déjà sur l'Iran. Deuxièmement, avec les pays favorables à l'idée de sanctions. Troisièmement, de façon unilatérale.

Les sanctions unilatérales de l'administration sont probablement traitées au niveau du ministère du Trésor. Le sous- secrétaire au Trésor, Stuart A. Levy, et son équipe rassemblent les munitions depuis l'année dernière pour un assaut financier sur l'Iran, selon le reportage.

Levy, qui s'est fait le défenseur de la thèse de l'ancienne administration Bush qui prenaient les Gardiens de la révolution et leurs neuf compagnies comme cibles d'éventuelles sanctions sur Téhéran, a joué un rôle central dans l'imposition des amendes rudes aux compagnies financières qui violent les sanctions contre l'Iran, dont une amende de 536 millions de dollars sur le Credit Suisse.

Le reportage a cité un responsable américain de haut rang qui affirmait que l'administration voulait éviter le peuple iranien, et les sanctions seraient utilisées pour faire pression sur l'Iran afin qu'il revienne sur la table de négociations.

L'Iran est au centre d'un différend international sur ses ambitions nucléaires. Les puissances occidentales le soupçonnent de tenter de développer des armes nucléaires. Toutefois, Téhéran affirme que son programme nucléaire est destiné à produire de l'énergie nucléaire pour des objectifs civils. Les Etats-Unis ont menacé d'imposer des sanctions contre l'Iran s'il n'accepte pas l'enrichissement de son 'uranium à l'étrangere proposé par l'ONU d'ici la fin de l'année.

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