| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18513 messages postés |
| Posté le 17-09-2009 à 23:26:10
| Sur le site de Michel Collon, l'article de Mohamed Belaali publié le Mercredi, 16 Septembre 2009 :
Lhumanitaire et la guerre: deux moyens complémentaires pour servir le capital « Nous avons les meilleures relations avec les ONG, qui sont un tel multiplicateur de forces pour nous, une part si importante de notre équipe de combat. (...) Car [nous] sommes tous engagés vers le même but singulier, aider lhumanité, aider chaque homme et chaque femme dans le monde qui est dans le besoin, qui a faim (...), donner à tous la possibilité de rêver à un avenir qui sera plus radieux » disait Collin Powell[2]». ________________________________________ «Les Etats démocratiques doivent se mobiliser et exiger ce qui nest au fond que le début de la démocratie, que des personnels humanitaires dautres pays puissent porter secours à des populations innocente.» renchérit Nicolas Sarkozy à loccasion du 90e anniversaire de la Croix Rouge .. « Ensemble pour lhumanité : 90 ans et au-delà» lui répond Juan Manuel Suárez del Toro son président. Bernard Kouchner, lui, parle de « lidéologie occidentale des droits de lhomme » et du « droit dingérence humanitaire » . Mais ce droit nest, en fait, que le droit du plus fort cest-à-dire du non droit. Lhumanitaire, quelques soient sa forme et ses acteurs, sert de prétexte et de couverture à des visées hégémoniques et impérialistes. Il est strictement au service du capital et des classes dominantes. Hier on envoyait les missionnaires pour civiliser les « sauvages » en leur apportant lumière et civilisation, aujourdhui on « singère humainement » pour leur offrir démocratie et liberté. Lhumanitaire a remplacé le missionnaire. Un homme comme Bernard Kouchner, principal promoteur du « droit dingérence humanitaire », symbolise très bien lhypocrisie, le cynisme et la violence de cette vision « humanitaire » du monde utilisée par les pays riches. Il est lincarnation vivante de ce que représente ce droit. Payé par Total, il rédige un rapport niant, si lon peut dire, totalement le travail forcé et les traitements inhumains infligés par le groupe pétrolier aux ouvriers birmans. Kouchner lhumanitaire, était également un farouche partisan de la guerre contre lIrak dont le nombre de victimes dépasse le million de morts. Kouchner, après Bush et Sarkozy, préparait aussi le monde au « pire » cest-à-dire à « la guerre » contre, cette fois, lIran .. Son amour pour lhumanitaire na dégal que son admiration pour la guerre ! On fait la guerre au nom de lhumanitaire Lhumanitaire et la guerre sont deux moyens contradictoires mais complémentaires avec un seul objectif :servir les intérêts des classes dominantes. Il est difficile de distinguer clairement lhumanitaire du militaire tellement les deux instruments sont imbriqués lun dans lautre. On fait la guerre au nom de lhumanitaire et on invoque lhumanitaire pour justifier la guerre. Mais lhumanitaire reste souvent subordonné au militaire comme le rappelle Stéphane Sisco membre du Conseil dadministration de Médecins du Monde, « La coopération sopère à tous les niveaux sous la conduite du Pentagone, seul capable dassurer le rôle de leader. Comme nous le voyons en Irak les forces armées fixent lordre des priorités et maîtrisent le déroulement de la mission, du pré-déploiement à la sortie de crise (exit strategy). Le contrôle est laissé au militaire, subordonnant lacteur civil et humanitaire ». Idem en Afghanistan « La militarisation de laide, les ERP [Équipes de reconstruction provinciales dirigées par lOrganisation du Traité de lAtlantique nord, OTAN], le trop grand nombre de services de sécurité et la confusion croissante des rôles ont contribué à réduire lespace humanitaire et à véhiculer de fausses images sur le travail des ONG » , confiait à lIRIN (un département dinformations humanitaires des Nations Unies) Ashley Jackson, chercheur pour Oxfam à Kaboul .. Les mêmes raisons engendrent les mêmes comportements au-delà des convictions des militants. Cest au nom du droit dingérence humanitaire que les pays occidentaux (États-Unis,Union Européenne notamment) souvent avec laide de lOTAN, leur bras armé, que le Kurdistan irakien fut envahi en 1991, lopération « Restore hope » menée en Somalie en 1992, ou lenvoi dune force dintervention de lOTAN au Kosovo en 1999 etc. Quant à lopération « Turquoise » menée par la France au Rwanda en 1994, toujours au nom de lhumanitaire, après le génocide des Tutsis auquel elle a largement contribué, voilà ce quen pensent les prêtres catholiques rescapés de cette tragédie humaine : « Les responsables du génocide sont les soldats et les partis politiques du MRND et de la CDR, à tous les échelons, mais plus particulièrement aux échelons supérieurs, appuyés par la France qui a entraîné leurs milices. Cest pourquoi nous considérons que lintervention soi-disant humanitaire de la France est une entreprise cynique » . Le droit dingérence est le droit du plus fort [3] Ainsi le droit dingérence, sous des prétextes humanitaires, permet et facilite lingérence impérialiste. Le droit dingérence est le droit du plus fort. Seuls les États les plus puissants peuvent intervenir et envahir militairement les pays pauvres sous la bannière humanitaire pour mieux piller leurs richesses. Cest pourquoi les pays du sud ont rejeté ce « droit dintervention humanitaire » à la Havane en 2000 lors du sommet du G77 (qui représente tout de même environ les 4/5 de lhumanité). Les pays capitalistes ne font appel au droit dingérence humanitaire que pour mieux servir leurs propres intérêts. Dans le cas contraire, ils invoquent le droit de non ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Cette vision sélective de lhumanitaire conduit ces États à intervenir massivement par exemple au Kosovo et à rester passif face aux massacres perpétrés par larmée israélienne à Gaza. Cest de lhumanitaire à géographie variable ! Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et autres associations liées à lhumanitaire, quelque soit par ailleurs la sincérité de leurs militants, ne peuvent que se mouvoir dans les limites de ce cadre général tracées par les intérêts économiques des classes dominantes. La plupart des ONG humanitaires dépendent financièrement de leurs propres États, des instances européennes comme le service daide humanitaire de la Commission Européenne (DG-ECHO) ou des institutions internationales. Ainsi par exemple Save the Children USA, International Rescue Committee et World Vision ont reçu un financement de 2 millions de dollars de USAID, [4] lagence américaine pour la coopération et laide humanitaire, pour « soulager » la population irakienne . Cest le cas également des ONG humanitaires scandinaves, belges et hollandaises où la part du financement public reste prédominante . Et même lorsque ces ONG et associations sont financées essentiellement par des fonds privés comme cest le cas de Médecins sans frontières(MSF), Médecins du monde(MDM), La Fédération internationale de la Croix-Rouge, Action contre la Faim etc , linfluence de lÉtat reste déterminante ne serait-ce quà travers les très généreuses exonérations dimpôts liées aux dons. Lhumanitaire pour redorer le blason des entreprises La collecte de dons justement (fundraising comme elles disent) devient, de plus plus, lune des priorités pour ne pas dire la priorité des grandes associations humanitaires. Pour atteindre cet objectif vital pour elles, les ONG humanitaires recourent aux mêmes techniques de gestion que les entreprises privées. Pour séduire le généreux donateur, toute une panoplie de techniques est utilisée : marketing (humanitaire ?), publicité commerciale, recours aux agences spécialisées dans les techniques de communication, alliance avec les fondations comme celle du milliardaire bill Gates par exemple et surtout avec les multinationales (on dit partenariat cela fait plus moderne) qui à leur tour instrumentalisent ces associations pour améliorer leur image de marque etc... Mais au-delà de ces techniques, ce qui est frappant cest cette marchandisation croissante et sans scrupules des principes même de lhumanitaire. Celui-ci, là encore, se révèle un outil intéressant au service de lentreprise et, partant, du capital. Les entreprises se servent volontiers également de la loi du 4 février 1995 sur le congé de solidarité internationale qui leur permet denvoyer leurs salariés en mission humanitaire à létranger. Le Crédit Agricole, le Club Méditerranée, Price Waterhouse Coopers, IBM, LOréal, SFR, Areva etc. ont bien compris lintérêt de cette opération de relations publiques qui leur permet, à peu de frais, de redorer leur blason bien terni par des scandales sociaux, écologiques et éthiques liés à leur recherche effrénée du profit. Humanitaire et grands médias La misère du monde est régulièrement projetée sur la scène médiatique non pas pour expliquer aux citoyens ses véritables causes et dénoncer ses responsables, pourtant connus, mais pour augmenter laudimat en exploitant les bons sentiments altruistes du téléspectateur. La souffrance humaine se transforme en spectacle. Artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques etc. sont ainsi utilisés dans ce show médiatique. Le malheur des autres, lémotion, la détresse humaine attirent le public et, par conséquent, augmentent les recettes publicitaires des chaînes télévisuelles. Les acteurs de lhumanitaire, eux, avec leur rationalité capitaliste de gestion, tentent de « vendre » les souffrances des victimes, à travers les médias, aux précieux donateurs qui sont en quelque sorte leurs « clients ». Lhumanitaire ne fait que soulager, dans le meilleur des cas, très momentanément la détresse humaine. Il ne sattaque pour ainsi dire jamais aux racines des malheurs des hommes cest-à-dire au capitalisme et son fonctionnement. Dans ce sens, il est non seulement au service de lordre établi, mais il le perpétue. Lhumanitaire dans un système inhumain, est donc une illusion pour ne pas dire une absurdité. Notes 2 - Conférence à Washington, 26 octobre 2005, cité par Rony Brauman « Mission civilisatrice, ingérence humanitaire » in Le Monde diplomatique de septembre 2005 . 3 - Jean Bricmont : Un monde plus juste et la « responsabilité de protéger » 4 - CUBA : plus que jamais, lUSAID continue dentretenir la subversion Source: decrypt-infos
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
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