| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 23-07-2009 à 23:08:23
| Le blog « ouvalacgt » publie un article de Ouest-France sur une grève dure en Corée du sud. La lutte de classe pourrait y prendre un tour violent et s'élargir :
Corée du Sud : affrontements violents ouvriers/police contre les licenciements
En Corée du Sud, la crise économique fait aussi rage. Depuis maintenant deux mois à Pyeongtaek, dans le sud du pays, des salariés de Ssangyong Motor, un constructeur automobile local, occupent leur usine depuis lannonce de leur licenciement par la direction. La situation semble bloquée et un climat de violence s'est installé. Lundi, plus de 3 000 policiers sont intervenus pour tenter de déloger les 800 salariés. Résultat : des affrontements particulièrement violents. Les forces de lordre ont utilisé des canons à eau avant de bombarder les salariés frondeurs de gaz lacrymogène. Pas en reste, les ouvriers ont répondu par des jets de cocktails molotov et de gros boulons.
Menaces de liquidation judiciaire Une nouvelle étape dans un conflit qui dure depuis deux mois et ne cesse de senvenimer. A lorigine : Ssangyong Moto, un constructeur automobile pris dans la tourmente de la crise économique et menacé de liquidation judiciaire. Pour tenter de rétablir la barre, la direction annonce en début dannée quelle prévoit de licencier 36% de sa masse salariale. Pour protester, les salariés se mettent en grève, une première fois, début janvier, avant doccuper leur entreprise quelques mois plus tard. Depuis la situation na fait que senvenimer. Dans un premier temps, « la direction de lentreprise avait fait couper le gaz et leau aux salariés retranchés dans lusine et supprimé les livraisons de nourriture et de médicaments », explique le quotidien de gauche Sud coréen, The Hankyoreh dans son édition en ligne de ce mardi. En juin, la tension était montée d'un cran. De violents heurts avaient éclaté quand la direction de Ssangyong avait décidé de passer à loffensive en embauchant des « gros bras » pour déloger les salariés. Les affrontements avaient fait entre 10 et 20 blessés. « Il ne doit plus y avoir de victimes » La direction n'entend pas se laisser émouvoir et s'estime dans son bon droit. Dans un communiqué de presse, les responsables de lentreprise annonçaient, lundi, que loccupation aurait déjà coûté plus de 180 millions de dollars de perte à lentreprise. En ajoutant que si elle persistait, les pertes continueraient à augmenter. Des déclarations qui ne semblent pas entamer la motivation des ouvriers. « Nous résisterons jusquà la mort », annonçait lundi, au téléphone à l'agence Reuters, un responsable syndical. Pour The Hankyoreh, les torts sont partagés dans la dégradation de la situation. « Les salariés ne sont pas innocents dans la manière dont on est arrivé à cette situation, mais nous devons dire que la responsabilité du gouvernement et de la compagnie, qui évite le dialogue, est encore plus grande". Aujourdhui la situation semble bloquée. Le climat de violence monte crescendo. Pour sortir de limpasse le journal The Hankyoreh ne voit quune seule solution : la négociation. « Depuis que la grève a commencée, cinq ouvriers sont morts et hier, la femme dun des meneurs sest suicidée. Il ne doit plus y avoir de victimes. (
) Le gouvernement et la compagnie doivent arrêter de tenter de résoudre la crise en envoyant aux salariés la police, mais à l'inverse chercher à ouvrir le dialogue. » ________________________________________ Complément issu d'un article de WorldPress :
Après que nous ayons terminé léquipe de nuit à 05h30 ce matin (mardi 21 juillet) nous nous sommes rendus à la porte de lusine Ssangyong où la lutte continue comme hier. Entre 09 h 00 et 10 00h du matin, de nombreux cars bourrés de flics anti-émeute sont arrivés devant cette porte, en même temps quune vingtaine de camions de pompiers. Alors que 2000 flics anti-émeute essayaient de sapprocher du Département peinture, les ouvriers ont riposté avec un énorme lance-pierres et parfois des cocktails Molotov. Ce lance-pierres tire des clous et des boulons. Sa portée est de 200-300 mètres et traumatise lennemi. Des pneus enflammés ont été installés par les ouvriers pour empêcher les flics davancer, et le ciel au-dessus de lusine était noir de fumée. Lentreprise a coupé leau et le gaz et a imposé un blocus total de lusine, empêchant les ouvriers de recevoir toute aide matérielle extérieure, y compris médicale. La direction semble tenter une stratégie dépuisement, pour faire sortir les ouvriers de lusine spontanément. En rentrant du champ de bataille pour reprendre le boulot en équipe de nuit, jai appris quun hélicoptère des flics lançait des gaz lacrymogènes contre des ouvriers qui se battaient sur les toits des maisons. Aujourdhui, mardi 21 juillet, la KCTU (Korean Federation of Trade Unions, la centrale syndicale la plus importante) a décrété une grève générale, principalement dans le but de soutenir la grève de Ssangyong du 22 au 24 juillet, et a décidé dorganiser des manifestations ouvrières dans tout le pays samedi 25 juillet. Le KMWU (Korean Metal Workers Union syndicat des métallos, qui organise les ouvriers de Ssangyong), syndicat le plus important affilié à la KCTU, lancera lui aussi une grève les 22 et 24 juillet pour soutenir Ssangyong et les négociations en cours. Donc demain plus de 5000 ouvriers seront à la porte principale de Ssangyong, et de nouveaux combats auront lieu.
-------------------- contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit |
| | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18571 messages postés |
| Posté le 05-08-2009 à 23:43:41
| les forces anti-émeute assiègent lusine Ssangyong de Pyeongtaek. Après 2 mois doccupation, fin juillet, 3000 policiers, 30 véhicules, des hélicoptères ont été envoyés et ont investi lusine pour déloger les grévistes qui ont une nouvelle fois violemment répliqué. Attaqués au gaz lacrymogène, aspergés de produits chimiques, certains ont abandonné le siège, mais environ 600 se sont retranchés dans un entrepôt de peinture contenant beaucoup de produits dangereux et/ou inflammables et ont répondu avec des cocktails Molotov et des pneus enflammés. Ils affirment "vouloir résister jusquà la mort". Depuis, le début du conflit, 5 salariés sont morts et la femme d'un des meneurs viendrait de se suicider.
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